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CARACTÈRES GÉNÉRAUX

l’admettait déjà Cohnheim et comme l’admet Metchnikoff, soit qu’elle provienne d’un seul leucocyte dont le noyau se divise par karyokinèse tandis que le protoplasma s’accroît sans se diviser.

En un mot, dès que le bacille arrive dans un tissu, les leucocytes accourent par diapédèse, et le] tubercule initial est formé d’un simple amas de cellules rondes; la lutte s’établit; les leucocytes se multiplient, et, au centre du tubercule, certains se transforment en cellules épithélioïdes et en cellules géantes. Si l’organisme est plus fort que le bacille, le tissu tuberculeux tend à se transformer en tissu fibreux; si, au contraire, le bacille l’emporte, les éléments du tubercule sont frappés de nécrose caséeuse.

Des diverses formes de la tuberculose pulmonaire chez l’homme. — Chez l’homme, la clinique et l’anatomie pathologique nous apprennent qu’il faut distinguer trois grandes modalités de tuberculose pulmonaire :

1“ La jjJitisie ulcéreuse chronique commune, dans laquelle les granulations se développent d’abord au sommet du poumon, et y poursuivent l’évolution classique; c’est-à-dire qu’elles se rejoignent, se ramollissent, s’évacuent, et laissent à leur place des cavités suppurantes qu’on désigne sous le nom de cavernes. Le processus gagne ensuite les parties moyennes et inférieures du poumon ; ce qui explique pourquoi il est en général d’autant plus avancé que l’on considère une région plus rapprochée du sommet. La marche de cette phtisie commune est lente, chronique; quelquefois, cependant, elle parcourt ces diverses étapes avec une grande rapidité, et elle constitue alors la phtisie subaifjuë ou galopante, qu’on doit considérer comme une variété de la phtisie ulcéreuse.

La tuberculose miliaire aiguë ou granulie, dans laquelle l’infection tuberculeuse est générale et assez rapide pour entraîner la mort par intoxication, avantqueles granulations tuberculeuses disséminées dans le poumon et dans le reste de l’organisme aient eu le temps d’évoluer vers la caséification et le ramollissement; aussi la caractéristique anatomique de cette forme est-elle une éruption généralisée de granulations grises. La tuberculose miliaire aiguë constitue la première modalité de la phtisie aiguë.

.> La tuberculose aiguë pneumonique ou pneumonie caséeuse, dans laquelle l’infection bacillaire du poumon est tellement massive qu’elle donne naissance à une infiltration tuberculeuse formant un bloc caséeux d’apparence pneumonique et qui tue rapidement par asphyxie ou empoisonnement avant que la fonte du parenchyme pulmonaire ait pu s’elïecLuer.

Nous allons décrire ces trois grandes formes au point de vue de leurs lésions et de leurs symptômes; mais nous devons chercher auparavant l’explication palhogénique de ces diverses modalités.

Pathogénie de ces diverses formes. — Pour éclairer ce problème, adressons-nous d’abord à l’expérimentation. One nous apprend-elle au sujet de la tuberculose pulmonaire chez les animaux? Que les tubercules du poumon chez les animaux offrent deux types dislincts suivant le mode de pénétration du bacille dans l'organe (Baumgarten, Thaon). 1“ Quand on infecte les animaux par inhalation ou par injection de matières tuberculeuses dans les voies respi-

PHTISIE PULMONAIRE

ratoires, on obtient des tubercules qui, dès le début, ont une coloration jaune opaque, et qui plus tard se fusionnent et produisent une lésion semblable à la pneumonie caséeuse. Si l’animal ne meurt pas rapidement, on peut voir le tissu caséeux se ramollir, s’évacuer, et laisser à sa place une petite caverne. La tuberculose par inhalation peut donc reproduire, suivant les cas, la phthie ulcéreuse ou la pneumonie caséeuse. 2® Quand le virus tuberculeux, déposé en dehors des^ voies respiratoires, arrive au poumon par la voie sanguine, au début on trouve cet organe parsemé de granulations grises, transparentes, miliaires, comme dans la granulie de l’homme. Mais plus tard, les granulations deviennent plus grosses, opaques et jaunâtres à leur centre. On peut observer finalement, si la survie de l’animal est assez longue, la fusion des tubercules et une caséification en masse difficile à distinguer de la caséification produite par l’inhalation.

En rapprochant les résultats de l’expérimentation de ceux que fournissent la clinique et l’anatomie pathologique humaines, on a établi que chacune des trois grandes modalités de la phtisie pulmonaire correspond à un mode spécial de pénétration du liacille.

Lorsque le bacille arrive au poumon par la voie sanguine, lorsque la bacillose est hématogène, on observe une tuberculose miliaire plus ou moins généralisée, et la granulie résulte d’une véritable bacillémie. Lorsque les bacilles arrivent par inhalation (tuberculose exogène), s’ils sont en grande abondance, ils déterminent d’emblée la tuberculose aiguë pneumonique-, s’ils sont en moins grande quantité, ils gagnent le sommet du poumon et vont y produire les lésions de la phtisie ulcéreuse commune.

Mais ces lois ne sont pas absolues.

Il faut d’abord tenir compte de certains autres modes de contamination, plus rares à la vérité. La tuberculose pulmonaire peut être due à la progression des bacilles par la voie lyrnphatique ; c’est ce qui arrive lorsqu’elle succède à une tuberculose des ganglions bronchiques ou des vertèbres. Weigert admet encore un autre mode de propagation, la propagation par effraction-, c’est celle qui s’observe lorsqu’un ganglion bronchique tuberculeux, adhérent au poumon, perfore le parenchyme et y fait pénétrer, traumatiquement en quelque sorte, la matière tuberculeuse. D’ailleurs, si l’infection lymphatique atteint le canal thoracique, le courant sanguin sera vite contaminé, et il pourra en résulter une tuberculose miliaire.

Ensuite, il n’est pas impossible que la tuberculose ulcéreuse commune résulte d’une infection hématogène ou lymphogène, si les bacilles arrivent en petite quantité; il n’est pas impossible, d’autre part, que la granulie ne puisse résulter d’une infection par inhalation qui dissémine les bacilles un peu partout, au sommet et à la base; c’est ce qui doit arriver si les bacilles sont abondants et transportés par une poussière finement divisée.

Dans les pages qui suivent, nous allons d’abord décrire la phtisie pulmonaire chronique (Section III); puis nous étudierons la phtisie aiguë dans ses deux formes principales, granulique et pneumonique (Section IV) ; nous consacrerons ensuite une description spéciale à la phtisie des enfants et des vieillards (Section V); enfin nous étudierons la prophylaxie et le traitement de la phtisie (Section VI).

UiSIONS DU POUMON ET DES VOIES RESPIRATOIRES.

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