CHAPITRE Vil
MARCHE, DURÉE, TERMINAISON, PRONOSTIC ET CURABILITÉ DE LA PHTISIE CHRONIQUE
La phtisie ulcéreuse commune aboutit, dans la majorité des cas, à la consomption et à la mort. Telle est la règle, dont la rigueur n’est malheureusement tempérée que par un petit nombre d’exceptions.
La durée de la maladie dépend de sa forme clinique et des complications qui peuvent surgir et abréger la vie du patient. La phtisie galopante entraîne la mort au bout de 5 à C mois. La phtisie fibreuse peut durer une vingtaine d’années. Entre ces deux termes extrêmes, il existe une série d’intennédiaires. D’après les calculs de Louis, la durée moyenne de la maladie est de un à trois ans.
De la mort chez les phtisiques. — La mort est due le plus souvent à la septicémie consomptive; il suffit d’avoir suivi les derniers jours d’un phtisique pour se convaincre que l’impossibilité de vivre est créée par des causes multiples, par des lésions de tous les appareils, des adynamies ou des ataxies de toutes les fonctions.
D’autres fois la mort est due à une complication qui survient plus ou moins brusquement. Tantôt il se produit une généralisation granuleuse et le malade succombe à la phtisie aiguë; tantôt une pneumonie, une broncho-pneumonie, une bronchite capillaire, un œdème de la glotte, une pleurésie purulente, un pneumothorax, surtout s’il est double, un emphysème sous-cutané généralisé, une gangrène pulmonaire, viennent hâter la terminaison fatale; tantôt c’est une complication plus ou moins éloignée de l’appareil respiratoire, de nature tuberculeuse ou non (méningite, otite et ses complications, péricardite, péritonite, urémie, purpura avec hémorrhagies multiples), qui entraîne rapidement la mort. Dans la phtisie fibreuse, c’est l’asystolie qui termine ordinairement la scène. En étudiant les complications, les infections secondaires, les troubles et les lésions associés à la tuberculose pulmonaire, nous avons étudié ces diverses causes de mort chez les phtisiques; il est inutile d’y revenir.