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URTICAIRE

Outre l'état constitutionnel du sujet, des troubles gastriques divers, et au |u*emier rang la dilatation de l'estomac, viennent souvent favoriser l'apparition de l'urticaire ab ingestis, celle-ci est toujours en réalité une urticaire toxique, la substance ingérée contenant elle-même des produits toxiques ou provoquant, à la faveur d'un trouble des organes digestifs, la formation de produits toxi- <{ues qui, par suite de la prédisposition personnelle du sujet, déterminent le trouble angioneurotique appelé urticaire.

De même, certains produits élaborés spontanément par l'organisme et non éliminés par les voies naturelles peuvent devenir l'origine de cette dermatose ; c'est ainsi qu'on l'observe dans l'urémie et dans les affections à ictère. Les kystes hydatiques donnent également lieu à la production de l'urticaire lorsque, par leur rupture, ils provoquent l'intoxication hydatique dont les belles recherches du professeur Debove ont établi l'existence. Quelques maladies infectieuses, le paludisme en première ligne, puis les pyohémies, peuvent produire l'urticaire, à la faveur des altérations humorales qu'elles déterminent ou des substances toxiques élaborées par leurs micro-organismes pathogènes. En réalité, c'est à une intoxication (hétéro ou auto-intoxication) qu'est due le [dus ordinairement l'apparition de l'urticaire : l'intervention du système vasomoteur, seule invoquée il y a quelques années, n'est pas seule à la provoquer, ou plutôt ce système est mis en action par une cause toxique et l'urticaire est, comme les érythèmes, un phénomène à pathogénie complexe.

Parfois cependant l'influence nerveuse peut seule être invoquée : tel le cas de l'étudiant en médecine qui, après avoir entendu une leçon sur l'urticaire, vint montrer à Hardy son corps couvert de saillies ortiées ; de même, les poussées d'urticaire qui, chez certains enfants de souche arthritico-nerveuse, accompagnent l'éruption des dents, doivent être attribuées à un trouble réflexe dans l'innervation des vaisseaux cutanés ; c'est également à un trouble vaso-moteur qu'il faut rapporter l'urticaire généralisée qui succède aux bains de rivière chez <|uelques sujets prédisposés.

Quant à l'existence d'une urticaire idiopathique, survenant sans cause appréciable, il n'est plus nécessaire actuellement de la réfuter ; les cas auxquels on donne le nom de fièvre ortiée doivent être mis sur le compte de quelque infection ou plutôt de quelque intoxication méconnue, dont il faut rechercher la cause dans les aliments ingérés.

Diagnostic. — L'urticaire est facile à reconnaître. Le développement rapide et la disparition également rapide des saillies blanches à bordure rouge, ordinairement prurigineuses, ne laissent guère de place au doute. Aussi le diagnostic de cette dermopathie se résume-t-il dans la recherche de ses causes.

Pronostic — L'urticaire constitue, lorsqu'elle s'accompagne de prurit, une alfection plutôt pénible que grave ; car les faits d'urticaire avec troubles viscéraux importants sont des plus rares. Cependant la répétition de ses atteintes en fait pour certains sujets un véritable supplice. En outre, l'urticaire est l'indice d'un état constitutionnel dont on ne peut méconnaître l'importance; chez les jeunes enfants, elle peut être la première manifestation d'une dermopathie

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i^ravc et cssenlielleiTKMit rchcllr, le j)riirigo de Ilebra. de sorte que chez eux on ne saurait trop réserver le pronostic d'une urticaire récidivante.

Traitement. — Modifier Torganismc de façon à faire disparaître les causes, lésions viscérales ou all<''ralions Immorales, qui peuvent consliluer une prédisposition à l'urticaire ; en outre, suppi-inier tous les ingesta et les parasites qui peuvent devenir la cause détermiiuinte de cette dermopathie, telles sont les deux indications de la thérapeuti(|ue prophylactique de l'urticaire, et leur observance permet souvent d'en prévenir le retour.

Quand l'éruption s'est développée, si elle ne reconnaît pas une cause purement externe, on doit recourir soit à un purgatif pour évacuer la substance toxique qui la déterminée, soit à l'antisepsie intestinale suivant les préceptes du professeur Bouchard, cl, en outre, aux diurétiques et en particulier au lait. L'emploi des calmants peut être nécessité par l'agitation excessive du malade.

Les médicaments vaso-moteurs, en particulier la quinine, l'crgotine, la belladone peuvent diminuer la dur(«e d'une crise d'urticaire.

Quant au traitement externe, local de l'éruption, il doit consister dans l'emploi des divers anlii)rurigineux, en i)articulier de l'acide phénique en lotions à 1 ou à l/!2 pour lÛU, de lotions à l'acide cyanhydriquc, de lotions ou de pommades au menthol, à la cocaïne, etc., auxquelles on associera de larges applications de poudre d'amidon. Les bains rendent parfois des services, mais d('terminent souvent de violentes poussées; aussi doit-on être prudent dans leur emploi.

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PITYRIASIS

On désigne sous le nom de pityriasis (zi'xupov, son) une série d'aiïections caractérisées par la présence d'une desquamation fine et mince.

Ce groupe est beaucoup moins élendu (|u'aulrefois. depuis qu'on en a disirail pour les rattticher à l'eczéma sec la plupart dos cas compris auparavant sous le nom de pityriasis simj)le, et pour le raj)porler à la séborrhée le pityriasis <lu cuir chevelu.

PITYRIASIS. 405

Outre le pityriasis versicolorc, afl'ection parasitaire, produite par un dermatophyte, on range encore dans le pityriasis :

1° Le pityriasis ru/rra, (pi'il vaudrait mieux désigner sous le nom d'érythrodermie exfoliante, constituant lui-même un groupe encore incomplètement connu d'aflections rares caractérisées par la présence de squames développées sur un fond de rougeur généralisée et à évolution lente; son étude est trop complexe pour trouver place ici.

2° Le pityriasis rubra pilaire, décrit par Devérgie, E. Besnier, Richaud, affection également rare, à évolution lente, caractérisée parla présence desquames épidermiques épaisses formant à l'émergence des poils des cônes résistants et reposant sur un fond de rougeur ditTuse.

5° Le pityriasis circiné de E. Vidal, affection due à la présence d'un champignon spécial, le microsporon anomœon, et constituée par de petites taches circinées, rosées, à peine saillantes, légèrement squameuses, occupant le tronc, les bras ou les cuisses, évoluant lentement et atteignant la largeur d'une pièce de 50 centimes ou de 1 franc, isolées ou confluentes, et formant alors des pla- (jues plus ou moins étendues.

4" Le jjityriasis rosé de Gihert qui, par sa fréquence, réclame une description complète.

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