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NÉVRALGIES

Symptômes. — Bien qu’assez rares, les névralgies du pharynx méritent toute l’attention du médecin. Elles ont été surtout étudiées par Türk et par Morell-Mackenzie. Plus récemment, M. Saint-Philippe (*) s’en est occupé de nouveau. Mais, malgré les travaux de ces divers auteurs, elles sont souvent encore méconnues.

Les malades se plaignent de ressentir des élancements douloureux partant d’ordinaire de l’une des parties latérales de la face postérieure du pharynx, le plus souvent de la région la plus inférieure, et s’irradiant dans la partie correspondante des piliers du voile palatin, quelquefois dans la langue, plus souvent du côté du pharynx nasal, et de l’oreille (plexus tympanique). Ces douleurs atteignent leur maximum dans la soirée. Elles ne coïncident avec aucune lésion du pharynx dans beaucoup de cas; dans d’autres, on observe de la congestion unilatérale, ou encore de l’anémie généralisée.

Étiologie. - C’est surtout chez les femmes, et particulièrement chez les nerveuses, les chlorotiques, et les personnes mal réglées, qu’on est appelé à constater cette forme de névralgie. Chez quelques-unes, lès accès peuvent se reproduire presque à chaque période menstruelle, et alors ils coïncident souvent avec des poussées congestives du pharynx.

Diagnostic et traitement. — Le diagnostic exige un examen objectif très complet, car il faut, avant de s’y arrêter, être tout d’abord certain qu’il n’existe aucune lésion appréciable à laquelle on puisse attribuer les accidents. L’absence de signes objectifs, l’unilatéralité, le caractère paroxystique des élancements douloureux; enfin la constatation, souvent possible, de points douloureux externes, surtout près de la grande corne de l’os hyoïde et au niveau du point d’émergence du nerf laryngé supérieur, feront reconnaître qu’on a affaire à une névralgie. Mais il est souvent difficile de savoir si le point de départ des douleurs est le pharynx ou le larynx.

Le traitement variera suivant la nature probable de la névralgie. Chez les impaludés, et même en dehors du paludisme, d’après M. Saint-Philippe, le sulfate de quinine amènera promptement la guérison. Chez les anémiques, l’opium sera utile; l’aconit conviendra mieux aux névralgies congestives (Gubler), l’antipyrine ou l’exalgine rendront des services dans presque tous les cas. On aura parfois avantage à faire quelques pointes de feu sur la paroi postérolatérale du pharynx ou la base de la langue avec le galvano-cautère. Enfin on devra instituer un traitement général approprié. Dans un cas, chez une femme nerveuse atteinte d’hypertrophie de la muqueuse du cornet moyen de la fosse nasale du même côté, j’ai vu une névralgie pharyngée rebelle disparaître après la guérison de la lésion nasale.

(!) Journal de médecine de Bordeaux, mars 1881

TROUBLES NERVEUX

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