‹ Traité de médecineChapitre 12 sur 144 · SPASMES · texte numérisé non relu

SPASMES

Symptômes. — Les spasmes du pharynx peuvent atteindre les muscles contricteurs pharyngés, ou se limiter à ceux du voile du palais. Ils sont toniques ou cloniques.

Dans le cas de spasme tonique des muscles constricteurs, la déglutition peut devenir tout à fait impossible, soit qu’elle soit entravée dès son début, ou bien seulement au moment où le bol alimentaire va pénétrer dans l’œsophage. Le spasme de ce conduit accompagne d’ailleurs presque toujours celui du pharynx.

Lorsque le spasme tonique est limité au voile palatin, celui-ci s’applique plus ou moins fortement contre la paroi pharyngée postérieure, en même temps que les piliers se rapprochent de la ligne médiane.

Quand il s’agit au contraire de spasmes cloniques du voile, ce sont surtout les muscles péristaphylins et l’azygos de la luette qui sont atteints. Il se produit alors une série de secousses à chacune desquelles le voile du palais est soulevé et tendu, en même temps que les orifices des trompes d’Eustache s’ouvrent en faisant entendre au malade le claquement qu’on perçoit physiologiquement à chaque mouvement de déglutition. Ces secousses peuvent être très fréquentes, et se répéter jusqu’à quatre-vingts et cent fois en une minute.

Étiologie. — En dehors de la rage confirmée, maladie dont les spasmes toniques des constricteurs pharyngés sont un symptôme constant, et du tétanos où ils se voient assez fréquemment, les spasmes du pharynx, surtout ceux qui sont limités au voile du palais, s’observent très rarement.

Ils peuvent apparaître chez des personnes très nerveuses à la suite d’une impression psychique, d’une auto-suggestion ; ainsi les a-t-on vus chez des personnes mordues par un chien qu’elles croyaient à tort enragé (Trousseau).

On les voit encore chez des nerveux dyspeptiques ou atteints de pharyngite aiguë ou chronique. Mais c’est chez les hystériques qu’on a le plus souvent l’occasion de les observer : la dysphagie hystérique intermittente est le plus souvent due à des spasmes toniques des constricteurs du pharynx et de l’œsophage.

Les spasmes cloniques du voile du palais peuvent apparaître comme une complication des formes graves de la névralgie du trijumeau, surtout de celles qui sont dues à des lésions du nerf au niveau du ganglion de Gasser.

Diagnostic, pronostic et traitement. — Le diagnostic des spasmes cloniques ne présente aucune difficulté. En cas de spasme tonique des constricteurs, il est important d’en rechercher la cause avec soin ; et, si celle-ci paraît être locale et que lage du malade fasse penser à la possibilité d’une affection maligne, de s’assurer qu’il n’y a pas de lésion de mauvaise nature à l’entrée de

MALADIES DU PHARYNX ET DE SES ANNEXES

l’œsophage. Si une angine antécédente, survenue chez une personne nerveuse, ou hystérique, ou quelque autre cause pouvait faire croire à la possibilité d’une dysphagie paralytique, on aurait recours au cathétérisme pharyngoœsophagien pour trancher la question.

Le pronostic varie avec la cause de l’affection. Il est sans gravité chez es hystériques et chez les personnes nerveuses atteintes de pharyngites subaiguës ou chroniques pouvant être convenablement soignées.

Le traitement, dans ce dernier cas, devra consister tout d’abord à améliorer ou à faire disparaître les lésions locales ayant pu provoquer les accidents. En cas de dysphagie hystérique spasmodique, les douches froides, les bromures, et le cathétérisme méthodiquement pratiqué avec la sonde œsophagienne, amèneront plus ou moins rapidement la guérison. Dans tous les autres cas, on aura recours au traitement causal lorsqu’il pourra être institué avec quelque chance de succès. Il sera parfois nécessaire de recourir à l’alimentation artificielle à l’aide d’une sonde œsophagienne en gomme, de petit calibre.

Page 1