ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Chez les sujets qui ont succombé à la diphthérie, on trouve, indépendamment des fausses membranes des premières voies, dont le siège et l’étendue sont variables, des altérations anatomiques de presque tous les organes.
Dans l’appareil digestif, indépendamment des lésions de la gorge, on trouve que l’intestin présente une rougeur et une hypertrophie marquée des plaques de Peyer, dans la moitié des cas environ. La rate est congestionnée, de couleur rouge sombre, volumineuse. Le foie présente une augmentation de volume variable, due parfois à une simple congestion, ou bien encore à une infiltration graisseuse.
Dans l’appareil respiratoire, en dehors des lésions possibles du nez, du larynx, de la trachée et des grosses bronches, on trouve souvent des foyers plus ou moins étendus de broncho-pneumonie, ou d’apoplexie pulmonaire, ou bien
la masse serait perdue). On laisse enfin reposer le tout pendant deux jours environ, on décante et on filtre sur du gros papier. Il faut alors procéder à la déshydratation du produit : pour cela, on l’agite avec un peu de carbonate de potasse pur et desséché, et on le filtre à nouveau. Il doit être alors d’un jaune foncé parfaitement transparent.
Cet excipient a l’avantage de former avec l’eau une émulsion d’une finesse extrême; de telle sorte que lorsqu’il est mis en contact avec une surface humide, celle-ci se trouve recouverte intimement d’une couche blanchâtre assez adhérente. De plus, il permet de dissoudre l’acide phénique en proportion très élevée, jusqu’à environ 40 pour 100, sans que la solution soit caustique, tout en conservant son pouvoir antiseptique. Je reviendrai sur ce point à propos du traitement de la diphthérie. Les solutions à 20 et 30 pour 100 sont les plus généralement employées. On les prépare en ajoutant 20 ou 30 grammes de phénol absolu à 80 ou 70 grammes de sulforicinate (le soude préparé comme ci-dessus. La solution peut se faire à froid, en agitant de temps en temps; elle est plus rapide avec une chaleur modérée.
DIPHTHÉRIE.
encore on rencontre de l’emphysème. Les plèvres contiennent parfois un épanchement séreux d’abondance variable.
Les lésions de l’appareil circulatoire consistent en une dilatation générale des vaisseaux, qui se traduit par une congestion de tous les organes de l’abdomen, et des ganglions lymphatiques, surtout ceux du cou, du médiastin et du mésentère. Quelquefois on trouve des ganglions suppurés, avec ou sans foyers purulents dans le tissu cellulaire ambiant. Le cœur paraît généralement sain, mais presque constamment il existe un épanchement séreux plus ou moins considérable dans le péricarde.
Les reins sont souvent volumineux et très congestionnés. Les capsules surrénales ne semblent pas altérées.
Il est rare de constater des altérations du système nerveux.
De ces différentes altérations, une seule, la fausse membrane, est attribuable au bacille de Klebs lui-même. D’autres, on peut même dire presque toutes les autres, sont dues à l’action du poison diphthérique sur l’économie, action à laquelle vient vraisemblablement s’ajouter celle d’autres poisons microbiens, dans les formes de la maladie où celle-ci se complique d’infections secondaires. Quelques-uns enfin reconnaissent pour cause des micro-organismes pathogènes non spécifiques, agents de ces infections surajoutées. Nous passerons successivement en revue ces diverses lésions.