FORME CHRONIQUE
Rétrécissements de l’intestin. — ■ Nous étudierons dans ce groupe tous les phénomènes produits par une diminution de calibre quelconque de l’intestin, amenant une gêne dans la circulation des matières.
Contrairement à l’occlusion intestinale aiguë, la survenue des symptômes se fait ici d’une façon graduelle et chronique.
Il y a cependant parfois des anomalies dans la marche de cette variété d’occlusion intestinale, et les deux principales sont les suivantes :
A. L’obstruction débute par des phénomènes aigus et évolue ultérieurement d’une façon chronique.
B. Le rétrécissement persiste à l’état chronique pendant un long temps, et alfecte subitement une allure aiguë sous l'influence de diverses conditions. Les symptômes de la forme chronique de l’occlusion intestinale varient selon le siège, la cause anatomique et le degré du rétrécissement, et obéissent dans tous ces cas à certaines règles générales que nous devons signaler.
I)E L’OCCLUSION INTESTINALE
La sténose, toutes choses égales d’ailleurs, donne lieu à des symptômes d’autant plus évidents et plus précoces, que le contenu de l’intestin est plus dur lorsqu’il doit passer par le point rétréci : de sorte que les rétrécissements du côlon et du rectum s’annoncent de bonne heure et présentent des symptômes plus immédiatement graves que ceux de l’iléon, même lorsque ceux-ci sont aussi serrés, parce que les matières qui passent dans l’iléon sont plus fluides.
Les rétrécissements de l’iléon restent plus longtemps latents et ne donnent des signes que lorsque la sténose est très marquée : mais alors ils évoluent d’une façon plus aiguë.
Les rétrécissements du gros intestin et du rectum, même peu marqués, se traduisent par des signes précoces et marchent chroniquement.
La sténose donne lieu à des manifestations d’autant plus vives qu’elle se produit plus brusquement, car l’hypertrophie musculaire compensatrice n’existe pas.
Symptômes. L’obstruction intestinale débute généralement d’une façon insidieuse, par des troubles digestifs, des douleurs abdominales mal définies, une constipation de plus en plus opiniâtre.
Lorsque le rétrécissement existe, le contenu intestinal est plus ou moins arrêté, l’intestin se dilate au-dessus de l’obstacle, le météorisme se produit :
D’ailleurs, ce météorisme a la même valeur au point de vue du diagnostic du siège du rétrécissement, que précédemment dans l’occlusion aiguë.
Le seul caractère qui, peut-être, le distingue nettement, c’est sa mobilité. Dans un très court espace de temps, il peut varier d’intensité ; il suffit qu’une évacuation se produise après un arrêt de longue durée, pour qu’il disparaisse.
Il est accompagné communément d’un sentiment de plénitude dans l’abdomen, de renvois fétides, de dyspnée; de coliques paroxystiques, lorsque l’arrêt des matières date de loin.
11 n’est, pas rare que l’intestin soit animé de violents mouvements péristaltiques, qui attestent très nettement la nécessité d’efforts très grands et persistants pour surmonter l’obstacle.
Ces mouvements s’accompagnent de borborygmes. On peut très fréquemment sentir à travers la paroi abdominale les matières fécales accumulées au dessus d’un rétrécissement.
Le symptôme le plus important de cette variété d’occlusion intestinale est :
L 'évacuation irrégulière et anormale des selles. — Souvent, le rétrécissement n’est marqué que par une constipation excessive. Sous l’influence d’un écart de régime (légumes indigestes, fruits, noyaux de fruits...), cette constipation qui ordinairement peut céder à un purgatif, devient absolue et l’occlusion est complète.
Dans d’autres formes, le rétrécissement est accompagné de diarrhée chronique. — (Rétrécissements syphilitiques ou cancéreux du rectum.) Les matières fécales s’accumulent au-dessus du rétrécissement , peuvent entretenir un catarrhe chronique de la muqueuse intestinale ; quelquefois même on trouve du pus dans les selles.
Très fréquemment, dans les rétrécissements du rectum surtout, les fèces ont une forme particulière.
MALADIES DE L’INTESTIN
Elles sont aplaties, rubanées, ovillées. On peut observer, à leur surface, un sillon manifeste surtout dans les polypes de l’intestin, parce que la saillie de la tumeur s’imprime sur les matières.
Il n’est pas rare de rencontrer du sang dans les évacuations, ce phénomène se rencontre surtout dans certains rétrécissements : intussusceptions, néoplasmes malins, polypes, tumeurs villeuses de l’intestin.
Les renseignements que peuvent donner le toucher vaginal ou rectal, seront souvent importants pour le diagnostic. Nous y reviendrons à ce moment.
Terminaison. — Durée. — Pronostic. — Les phénomènes généraux peuvent manquer ou n’apparaître qu’à la fin.
Tout rétrécissement peut tôt ou tard, progressivement ou tout à coup, aboutir à l’occlusion définitive , souvent même après une longue période de latence.
L’occlusion progressive se produit presque toujours par le stase des matières.
Leur accumulation arrive à être telle que les mouvements de l’intestin sont impuissants à les faire passer.
Quelquefois, après des symptômes alarmants, une débâcle se produit; après laquelle s'installe presque toujours une diarrhée fétide qui dure pendant plusieurs jours : puis la diarrhée alterne avec la constipation.
La mort peut survenir, comme dans l’occlusion aiguë, par un mécanisme identique (perforation, fistule stercorale, thrombose veineuse, anus contre nature, etc.).
La guérison peut arriver par élimination d’un calcul biliaire, stercoral, d’un corps étranger, d’un polype, ulcération d’un néoplasme rétrécissant, etc....
La durée et le pronostic d’un rétrécissement de l’intestin sont donc très variables.
Beaucoup de formes de sténose peuvent persister pendant des années.
La forme chronique répond aux causes suivantes : coprostase , obstructions de l'intestin par corps étrangers , compressions larges par organes abdominaux hypertrophiés , par tumeurs, rétrécissements cancéreux , brides résultant de péritonites antérieures.
Pronostic. — Le pronostic de la forme chronique est infiniment moins grave que celui de la forme aiguë.
L’obstruction, lorsqu’elle est due à l’accumulation des matières fécales, à la coprostase, peut guérir. Les autres formes entraînent la mort, mais souvent après un long temps, et le traitement est susceptible d’enrayer les phénomènes.
Étiologie. Formes cliniques. — Les occlusions dé l’intestin sont
congénitales ou acquises.
Des premières, nous ne dirons presque rien. — La plupart du temps, il s’agit d’une oblitération congénitale du rectum, d’une agénésie ou d’une atrésie de l’anus.
Dans ces deux cas, 40 fois sur 100, on trouve l’abouchement de l’intestin dans la vessie, ou le vagin.
Il est plus rare de rencontrer l’atrésie congénitale du côlon ou de l'intestin grêle.
DE L’OCCLUSION INTESTINALE
L’atrésie congénitale du côlon siège surtout au niveau de l’S iliaque, elle es. due alors à une péritonite fœtale.
Les atrésies de l’intestin grêle s’observent plus souvent sur le duodénum, au niveau de l’abouchement du canal cholédoque, à l’union du duodénum et au jéjunum.
Lorsque l’atrésie siège sur l’intestin grêle lui-même, c’est presque toujours au niveau de la valvule iléo-cæcale, là où part le conduit omphalo-mésentérique.
Les occlusions intestinales acquises sont sous la dépendance de causes extrêmement multipliées, qu’il faut classer par catégories, si l’on veut mettre quelque ordre dans la description.