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LÉSIONS DU PÉRITOINE

Les lésions augmentent d’intensité, de généralisation et de gravité avec la durée plus longue de la maladie. Elles sont au complet lorsque la péritonite a duré 5 à 4 jours.

A. Inflammation. — Au début, si l’affection ne s’est pas prolongée plus de

24 heures, on ne peut surprendre que les commencements de l’inflammation péritonéale : il n’y a encore ni fausses membranes ni épanchement.

Ce que l’on constate presque exclusivement, c’est sur la séreuse une hypérémie plus ou moins intense, disséminée sous forme de rougeurs par plaques, d’arborisations, de bandes, lesquelles prédominent dans les points juxtaposés aux circonvolutions intestinales.

Cette injection vasculaire est souvent généralisée, mais toujours plus marquée sur le feuillet viscéral et l’épiploon, que sur le feuillet pariétal.

La surface de la séreuse est comme dépolie. Plus tard, après environ 56 heures de maladie, une exsudation fibrineuse vient se faire sur sa surface et s’ajouter à l’hypérémie du début et à l’exsudation interstitielle simple. La séreuse apparaît visqueuse, les feuillets du péritoine adhèrent entre eux; les anses de l’intestin grêle sont comme agglutinées entre elles, puis se collent au grand épiploon et au gros intestin. Ces parties ne peuvent plus être détachées.

Parfois cet exsudât, qui représente la sécrétion pseudo-membraneuse à son début, est disposé sous la forme de bandelettes prismatiques, triangulaires, logées dans l’angle aigu résultant de la juxtaposition des anses intestinales.

B. Fausses membranes. — Puis, si la péritonite a duré pendant un temps plus long, les fausses membranes, d’abord à l’état de simples exsudats, minces, de coloration gris-jaunâtre, finissent par tapisser les organes de l’abdomen, et arrivent à masquer, par leur épaisseur, le foie, la rate, l’utérus.

Quelquefois elles sont libres et nagent dans le liquide. D’autres fois, elles adhèrent aux organes et sont étendues à la surface des intestins et dans les anfractuosités qui les séparent. Souvent elles acquièrent une consistance assez considérable. Leur couleur est habituellement jaune, ou bien verdâtre lorsque l’épanchement est franchement purulent, quelquefois elles sont rouges et teintées de sang. Dans quelques cas elles deviennent d’une épaisseur tout à fait anomale; elles semblent de larges lambeaux qui peuvent être détachés dans leur entier. Ces épaisses membranes sont assez caractéristiques du pus à pneumocoques. Si l’on a affaire exclusivement au streptocoque , le pus est blanchâtre, sous forme de sérosité trouble tenant en suspension des flocons fibrineux.

Si la péritonite suppurée guérit, il reste des adhérences fibreuses entre les parties primitivement enflammées. Ces adhérences, qui se produisent aussi bien lorsque l’exsudât a été séreux ou séro-fibrineux, rétrécissent les intestins, les immobilisent ou les fixent dans une situation anomale. On comprend dès lors sans peine comment des brides cellulaires étendues du grand épiploon au péritoine pariétal ou à l’intestin grêle, entre les deux feuillets du péritoine, peuvent être ultérieurement la cause d’un étranglement interne.

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