L ORGANE HÉPATIQUE
d’après Démangé (*), entre 900 et 1100 grammes au lieu de 1400 à 1500 grammes, poids moyen chez l’adulte.
2° Les vices de conformation du thorax, tels qu’on les observe chez les rachitiques, les gibbeux, ont pour résultat d’abaisser le foie, de le chasser, pour ainsi dire, de la cage thoracique rétrécie, lui donnant ainsi une fausse apparence d’hypertrophie. Il en est de même encore chez les grands emphysémateux; le foie, refoulé par le poumon droit dilaté, déborde largement les fausses côtes.
5° La constriclion habituelle de la base du thorax, telle qu'elle existe chez les femmes qui font usage de corsets trop serrés, déprime les fausses côtes, et porte son empreinte jusque sur le foie. La face antérieure de l’organe est comme étranglée par un sillon transversal, avec épaississement laiteux de la capsule de Glisson; le foie regagne en hauteur ce qu’il perd en épaisseur, et descend notablement plus bas que ses limites physiologiques.
4° Sans être hypertrophié, le foie peut se déplacer en totalité, devenir flottant., ou mieux, d’après Landau, tournant, soit en avant, soit en arrière, autour d’un axe vertical fictif qui passerait à mi-distance entre l’ombilic et l’insertion hépatique sur la veine cave inférieure. Le foie ainsi déplacé forme, dans la cavité abdominale, une tumeur volumineuse, assez molle, réductible, fuyant sous le doigt, et qui souvent semble disparaître dans le décubitus dorsal. La forme de la tumeur, sa réductibilité, la sonorité anormale de la région hépatique, feront d’autant mieux reconnaître le foie flottant, que cette lésion ne se montre guère que chez des femmes dont l’abdomen relâché par de nombreuses grossesses est devenu flasque et pendant, et qu’elle coïncide le plus souvent avec d’autres prolapsus viscéraux, tels que l’ectasie gastrique, les déviations et surtout les rétroflexions de l’utérus, l’ectopie rénale.
La mensuration clinique du foie est donc loin d’être toujours facile à déterminer. Pour juger de la diminution de volume, de l’atrophie de l’organe, nous devons nous contenter d’un seul signe, l’amoindrissement de la zone de matité hépatique, à condition que cet amoindrissement soit notable et constant. Mais pour dire qu’un foie est hypertrophié, c’est un ensemble de signes ‘physiques qu’il faut exiger. Non seulement un gros foie donne une matité verticale exagérée, mais de plus il fait souvent dans tout l’hypocondre et le flanc droit, ainsi qu’au creux épigastrique, une saillie plus ou moins globuleuse, que l’inspection directe, faite à jour frisant, peut montrer, que la palpation méthodique permet toujours d’apprécier .
P) E. Dejiange, Etude clinique et anatomo-pathologique sur la vieillesse. — Paris, 1886, p. 74.