LA CELLULE HÉPATIQUE ET SES FONCTIONS
On décrit en anatomie et en physiologie le foie comme un organe annexe du tractus intestinal; l’embryogénie, aussi bien que la pathologie, viennent confirmer cette vue.
Dès la soixantième heure de l’incubation, chez l’embryon de poulet, on voit, d’après Forster et Balfour, deux diverticules émaner de la portion ventrale du duodénum. Ce sont d’abord de simples prolongements cellulaires pleins, puis ils se creusent en culs-de-sac, et sont formés en dehors par le mésoblaste, en dedans par l’hypoblaste ou feuillet interne. Ils embrassent, dans leur angle de bifurcation, le tronc commun des veines omphalo-mésentériques, représentent les lobes droit et gauche du foie, et sont bientôt reliés entre eux par un pont médian ou lobe moyen.
Vers la fin du 5e jour, le tissu hypoblastique invaginé qui tapisse l’intérieur de ces diverticules émet une série de cylindres pleins qui s’isolent, se divisent et se ramifient en réseaux cellulaires entrelacés avec les mailles des capillaires sanguins.
C’est la première ébauche du parenchyme hépatique, et il faut en retenir ces caractères primordiaux : précocité d’apparition, développement par invagination de l’épithélium hypoblastique, structure initiale tubulée.
Chez l’embryon humain de 8 millimètres, on distingue déjà deux lobules hépatiques, ayant chacun leur veine centrale et leur réseau formé de canalicules anastomosés.
Chez l’embryon de 1 mois, le rapport du poids hépatique au poids du corps est, d’après Huschke, comme 1:1; comme 1 : 3 sur le fœtus de 5 mois ; comme 1:16 sur celui de 5 mois, comme 1 : 22 chez le nouveau-né, comme 1 : 56 chez l’adulte.
Il est probable que les diverticules cellulaires d’origine duodénale donnent naissance à la fois au parenchyme hépatique et aux canalicules biliaires. Ainsi s’affirme, dès les origines de la vie fœtale, l’autonomie de la glanda biliaire , la continuité anatomique et physiologique des voies biliaires et des trabécules hépatiques, continuité dont la clinique et l’anatomie pathologique nous donneront tant de preuves.
La cellule hépatique , examinée à l’état frais, par dissociation, affecte la forme d’un sphéroïde dodécaèdre. Ses dimensions moyennes varient de 18 à 26 g.
Au centre, les réactifs colorants montrent nettement un noyau vésiculeux, ovoïde, avec nucléole, et ayant un diamètre de 9 à 12 [/.. Chez le fœtus, le nouveau-né, le noyau est souvent multiple, et l’on peut observer toute la série des images karyokinétiques.