‹ Traité de médecine légale, contenant le traité des exhumations juridiquesChapitre 13 sur 55 · CONSULTATION DE^LOÜIS · texte numérisé non relu

CONSULTATION DE^LOÜIS

RemLficwQîief, né le 18 mai 1717, quitta son payssà l’âge de vingt-^einq ans, et ne fut de retour que vingt-deux ans aprèsu La veuve JLamort.,' sa sœur, qui avaitreQueilli sa portion d’boirie, ne voulut point le reconnaître, quoique plusieurs personnes affirmassent positivement que c’était lui. Elle imagina, de concert avec le curé de la paroisse, de le faire passer pour le fils de François Babiîot, qui était absent depuis plusieurs années. Babilot hésite d’abord : mais bientôt après il cède aux insinuations de l’intrigue, et l’on publie partout qu-lii ^t le pèrerde :Bû«’onet;; oeluwîf e&tiléfi-i, et condamné aux, galères peojpétuelles par le baiUiagede BLeimSâ; faussaire

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et spoliajteïH* de suceessiens rsous un nom supposé- Baronet avait déjà subi deux années de la peine, lorsqu’on demanda que le proeès fût révisé au pariement de Paris, parce qu on eut lieu de soupçonner la fouri)m'ie de la veuve Lamort etde ses conseils, d’est alors que Louis fut requis de donner son avis sur les chefs suivans ;

4° En 47T7, Baronet avait soixante ans, tandis que Babilot, qui était né en 4 734 , n’en avait que quarante six. Est-il possiblede prendre un homme de soixante ans pour un homme de quarante-six ans ? Ici, Louis déclara que le condamné paraissait avoir réellement soixante ans.

2° Babilot üls.avait.à la cuisse une tache de vinaigre delà largeur d’un écu de 6 francs, tandis que Baronet ne l’avait pas. On demanda si ces taches {envies, â^rances) pouvaient établir une distinction, cc De pareillesmarques sont indélébiles, répondit Louis, et l’on ne peut les faire disparaître qu’à l’aide de cauBtiques qui laissent après eux des cicatrices , ou en peignantla couleur de la peau : or rien ne prouve-que de pareils moyens suent été mis en usage chez jBoronet. »

3° Babilot ne boitait pas ; il était bel homme, bien fait, quoique ses épaules fussent hautes- Baronet était voûté, dîune taille au-dessous de 3 pieds; il avait une jambe plus courte ique l’autre, et les malléoles très grosses. On voulut savoir s’il était possible de se tromper aux traits de ressemblance répandus sur le corps de ces individus.* L’élévation des épaules de Babilot^ répendit Louis, ne saurait êtreconfomiue avec les vices de conformation dont est atteint ; chez. celui-ci, en effet, la colonne

de l’épine est contournée, ce qui tient , peut-être à l’habitude qu’il a contraotôe.de marcher incliné .de côté pour corriger en partie Les inconvéniens de la claudication. Quant aux traits du visage, ils ont pu être altérés par l’àge au point défaire naître chez les personnes qui sont restées plusieuEs années sans voir ces individus, des idées extrêmement iconfuses. On assure, il est vrai, que Baronet avait eu une épaule luxée^et un bras fraxv turé par une chute, et pourtant l’individu soumis àJ’oxamen ne présente aucune itraee de smablahles lésions ; mais il est possible, dit Louis, que Bmemt ait cru avoir tebras fracturé parce qu’on le lui aura dit.

J°L’un etï’autreavaientdes cicatricesàla joue et à la gorge, mais^jBorawet /Kl avait une au sourcil, suite d’ün coup de pierre attesté par celui qui l’avait lancée. « Suivant tous les récits, répondit Lmis^ Babilot àoitavoir àila partie droite 4u visage, prfe du cou, une cicatrice provenant d’àtirmuvs froides/guéries ; cette cicatrice suecédantà l’ouverture spontanée des fanées du cou, dontiengorgement scrofuleux s’est terminé par suppuraratiDn, -doit êtreronde et se trouver à la région eorrespondante à ces glandes. L’individu soumis à Eexamen présente, au contcaire, une cicatrice longue, s’éteBdîBïtlel(ing delà lèwe externe du bord de la mâchoire inférieure depuis, l’angle jifâqu’auprès ;du menton ; sa largeur et la manière dont la ccœsdidatioB S’e^.^érée annoncent qu’elle aétéfaite par un corps contondant, tel qu’un coup de pied de cheval, et l’on sait que 5aro»e^

avait reçu un pareil coup. En outre, Babilot devait avoir une cicatrice à la joue, que Tonne voyait point sur le condamné. »

Cette consultation donna lieu à un arrêt du 26 août 1778, par lequel Baronet fut déchargé de toute accusation, et reconnu pour tel qu’il se disait {Causes célèbres^ vol. xxvi, cause 256).

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