DU MARIAGE
On peut réduire les questions médico-judiciaires relatives au mariage aux deux suivantes ; 1° quels sont les motifs d’opposition au mariage ; 2'’ quels sont les cas de nullité du mariage?
MOTIFS d’opposition AU MARIAGE.
L’article du livre du Code civil est ainsi conçu ; « A défaut d’aucun ascendant, le frère ou la sœur, l’oncle ou la tante, le cousin on la cousine germaine, majeurs, ne peuvent former aucune opposition au mariage que dans les deuxcassuivans; l° lorsque le consentement du conseil de famille, requis par l’article t60, n’a pas été obtenu ; 2“ lorsque l’opposition est fondée sur l’état de démence du futur époux ; cette opposition, dont le tribunal pourra prononcer mainlevée pure et simple, ne sera jamais reçue qu’à la charge par l’opposant de provoquer l’interdiction, et d’y faire statuer dans le délai qui sera fixé par le jugement. » Il est évident, d’après cet article, que l’étal de démence est la seule maladie pouvant former opposition au mariage, et que le médecin requis dans un cas de ce genre doit se borner à statuer sur l’existence de cette aliénation mentale, qui peut être simulée [Voyez Folie).
Mais si la législation . aciuelle ne reconnaît parmi les maladies pouvant s’opposer au mariage que la démence , n’est-il pas du devoir du médecin consulté par les parens ou parles conseils de famille, de les avertir des dangers auxquels ils exposent les futurs époux s’ils sont atteints de certains vices de couformaiion ou de quelques maladies graves ; faudra-t-il , parce que la loi ne s’oppose point à la célébration du mariage, cacher aux contracians les malheurs qui peuvent le suivre, et, si la démence forme une
opposition lé§uîe, les maladies eï les ^ices de conformaiion doat je parie ne doiveat-Us pas être regardé comme de véi ilables oppositions? Je Je pense, et c’est oe qui m’engage à les indiquer.
1® La difformité du hmsin peut être telle que l’ÆKîcoucbmeBt naturel soit impossibte; alors les femmes périssent ou scmi obligées de subir l’opération césarienne, ou leurs en&ns sont dépecés et retirés par parties : toutefois Je ne partage pas l’avis de Fodéré, qui veut que l’on iuterdise de rigueur le mariage aux Allés défit le diamètre sacro-pubien dû détroit supérieur du bassin n’offre pas 4 pouces ; car on sait que i’aecouchement naturel n’est pas impossible , mais seulement plus long et plus douloureux, lorsque au lieu de 4 pouces , ce diamètre présente quelques lignes de moins ; on a même vu l’accouchement se terminer naturellement, ce diamètre n’étant que de 3 'pouces moins un quart ; à la vérité, dans ce cas, la tête de l’enfant était plus petite et beaucoup plus molle qu’elle ne l’estordinairement. Baudelocque ne regarde l’accouchement comme étant constaimnent impossible sans les secours extrêmes de l’art, qu’au tant que les degrés de resserrement ne laissent pas 2 pouces et demi de diamètre. Je pense, d'après cela, que l’on doit interdire ie maiiagc dans an cas d’étroi tesse du diamètre sacro-pubien du déla^it supérieur, sf ce diamètre n’offre pas 3 pouces.
Je ne parlerai pas des autres vices de conformation du bassin tels que i’élroitesse du détroit inférieur , la trop grande capacité du bassin, les exostoses qui s’élèvent quelquefois à la surface interne de cette boîte osseuse, etc., parce qu’ils sobI «i générai moins redoutables que le précédent, et que le médecfai jugera facilement du degré d’importance qu’il doit accorder à ces obstacles. ,
2° Vépilepsie. Il est raalheureusement trotp certain que l’épilepsie résiste presque toujours aux inoyeus curatifs les mieux oombinés. Quelle que soit la cause qui l’a pi oduiie, elle est ag gravée par les plaisirs de l’amour .3 lesenfans aés de païens #ilepiiques peuveatétre atteints de cette maladie,. qui se manifeste mêmequelquefoïscbezrauLreépoax. J’aiété téraoindu faitsuivant :
Une demoiselle de dix-neuî ans, très bien portante et éperdumeat amoureuse, ést saisie de terreur en voyant son amant foudroyé par une
attaqne d’épilepsie; le lendemain elle éprouve un accès de cette maladie : fl^ECCèà se renouvelle tous les jours pendant dix-l’.uit mois, et finit par céder à des saignées souvent réitérées ; au bout de sis mois la maladie recommence. J Ignore CE qui est arrivé depuis.
S® La -phthisie pulmmitdre. Cettè affectitm est évidemment exaspérée par le mariage ; et lors même qu’il serait démontré qu’elle n’est point contagieuse pour l’auire époux, on sait que la plupart des enfans des plilhisiques naissent avec de grandes dispositions à la contracter.
La carie des vertèbres, des os du bassin, etc., suite d’une affection scrofuleuse inwlérée, est assez grave pourfaîre supposer que les enfans qui naîtraient de ce mariage seraient chétifs, mai conformés et peu propres à parcourir une longue carrière.
anévrysme du cœur et des gros vaisseaux. Lorsque celte maladie est assez avancée pour qu’il n’y ait aucun doute sur son existence, elle doit être regardée comme un motif d’opposition au mariage, parce qu’elle est incurable et susceptible d’être aggravée parle coït.
6® La syphilis invétérée, et résistant à toute sorte de traitement. Si la maladie est contagieuse le danger est tellement évident qu’il est inutile de m’en occuper : mais si elle cédait aux moyens convenables, lors même qu’elle se manifesterait pour la vingtième fois, on devrait bien se garder de la considérer comme un motif d’opposition au mariage.
7“ La lèpre^ qui à la vérité ne se communique pas toujours par le contact immédiat, mais qui se développe tôt ou tard chez les enfans des lépreux.
Plusieurs auteurs, et notamment Fodéré, ont encore rangé parmi les maladies que l’on doit considérer comme des motifs d’opposiiion un mariage, les aJffecüons suivantes : l’asthme sec et JwiBiide, l’hypochondrie, l’hystérie, la pierre et la colique népÈréhin^e, la goutte, les rhumatismes ch roniques vioîens etcontînuels, elles daiirés d’une espèce maligne. Je suis loin de partager cette opinion, non-seulement parce que plusieurs de ces maladies peuvent éiieguéiie§,j^jbqu’elles ne s’exaspèrentpas sensiblement par ieceh, «iâ&encaceparee que ks enfans des par^ts qni en(^^ s’ea sont pas toujiours atteints .