CAS DE NULLITÉ DE MARIAGE
Parmi les articles du Code civil relatifs aux demandes en nullité * de mariage, le suivant est le seul qui intéresse le médecin :
« Le mariage qui a été contracté sans le consentement libre des deux époux, ou de l’un d’eux, ne peut être attaqué que par l’époux, ou par celui des deux dont le consentement n’a pas été libre. Lorsqu’il y a eu erreur dans la personne, le mariage ne peut être attaqué que par celui des deux époux qui a été induit en erreur » (Livre I®'', art. 480).
Ainsi, l’homme de l’art peut être appelé pour décider , 1® si le consentement donné par les contractans est valable , vu qu’ils pouvaient se trouver dans un état de démence Maladies
simulées) ; 2" s’il y a erreur dans la personne, c’est-à- dire si l’un des époux est impuissant ou s’il appartient à un sexe contraire à i celui dont il avait cru faire partie ; d'où l’on voit que je suis naturellement conduit à faire l’histoire de X impuissance et de certains vices de conformation des organes 'génitaux qui donnent à un individu V apparence d’un sexe dont il ne fait point ■partie. Toutefois avant d’entamer ce sujet, je ferai remarquer que si le Code civil n’autorise pas expressément îes demandes en nullité de mariage pour cause d’impuissance, des jurisconsultes célèbres pensent avec raison que le mariage doit être annulé de plein droit dès qu’une cause physique s’oppose à la propagation de l’espècé; or, les principales de ces causes sont l’impuissance et certains vices de conformation des parties sexuelles. Le fait suivant vient à l’appui de ce que j’avance.
Une femme est accusée d’impuissance, quoique ayant cohabité pendant neuf mois avec son mari ; le tribunal de première instance déclare le demandeur non recevable par divers motifs. La cour d’appel séant à Tièves est saisie de l’atTaire, et rend l’arrêt suivant : Attendu, 4“ que les causes physiques et le défaut de conformation qui s’opposent au but naturel et lé^ gai du mariage sonhdes einpêchemens qui l’annulent de plein droit ; 2® que les nullités dont il est mention dans le Code NSfiEaSfïS^n’ont évidemment rapport qu’aux cas prévus par le même Code, et qu’ainsi la fin de non-recevoir oppctéa par l’intimée, n’est dans l'espèce d’aucune considération ;
par ces motifs le procureur-général impérial entendu : la cour, sans s’arrê- 1er à la fin de non recevoir opposée par Tintimée, et avant faire droit au principal, tous moyens des parties demeurant saufe et réservés, ordonne que, par des gens de l’art, dont les parties conviendront dans le délai de trois jours, ou qui faute de ce, seront nommés d’office, l’intimée sera vue et visitée, à l’effet de constater si son état physique et sa conformation s’opposent au but naturel et légal du mariage; et dans le cas où il existerait nn obstacle à cet effet, s’il existait déjà avant le mariage ou s’il est survenu depuis, et s’il est possible d’y remédier, pour ce fait, etc.; du 27 janrier 1808 [Rectieil général des lois et des arrêts, par J.-B. Sirey, t. vin, p- 246).
A l’occasion de cet arrêt qu’il attaque, et de ma manière de voir sur V impuissance, M. Devergie a fait une longue dissertation pour prouver que j’avais eu le plus grand tort de considérer l’impuissance comme étant un cas à' erreur dans la personne. «L’ancienne jurisprudence, dit-il, procédait ainsi, et quoique Merlin l’ait appuyée de son talent et de sa renommée, la jurisprudence actuelle proscrit toute recherche d’impuissance lorsqu’il s’agit de questions de ce genre, et se borne, pour ce qui concerne X erreur dans la personne , à déterminer si l’on a épousé un homme lorsqu’on croyait épouser une femme, et vice versa. Voyez plutôt, ajoute-t-il, les opinions émises par Toullier, Tronchet, Duvergier, etc., et surtout voyez l’arrêt de la cour de Gênes, rendu trois ans après celui de la cour de Trêves, et qui est dans le sens contraire. ,.> Il ne sera pas inutile de transcrire et de commenter la partie de cet arrêt qui se rapporte plus spécialement à notre profession, afin de montrer la faiblesse de ses eonsidérans, et de faire déjà pressentir le vide des argumens mis en avant par M. Devergie pour condamner l’opinion qu’il n’adopte pas.
« Attendu que si les auteurs du Code avaient reconnu cette cause de nullité (l’impuissance), ils auraient déterminé, comme ils l’ont fait à l’égard decelles dont ils se sont expliqués,' par qui et dans quel délai elle pouvait être proposée, et surtout qu’ils auraient spécifié le genre de preuve auquel on pourrait recourir pour constater l’impuissance, puisque ces législateurs ne pouvaient ignorer qu’un pareil moyen avait été, sous l’ancienne jurisprudence, sujet aux vicissitudes des temps et des lieux, et qu’il y avait eu dans les différens temps incertitude sur la manière de le vérifier : et ce serait faire injure à leur sagesse que de supposer qu’ils ont voulu abandonner
cela à l’arbitrage destribanaBX,et perpéôier ainir tme pgffeüïe iae»^ tiinde eLtoas les abus qu’eüe a produits- »■
La niilliié de ce considérant saute aux yeux ; eoffirnent, patte que les auteurs du Code ne se sont pas expliqués sur la qualité des experts, sur le délai dans lequel l’expertise devait être faite, et sur le genre de preuve auquel on pourrait recourir pour constater rimpuissauce,^ il faudrait conclure qu’ils n’ont voulu tenir aucun compte de cette impuissance? Comme si le silence de la loi, sur ces divers points, n’était pas au contraire la règle quia présidé à la rédaction de la plupart des articles de nos Codes. Parcourez ces Godes, et voyez si dans les questions relatives à l’infanticide, à rempoisonnement, aux blessures, etc., le légisfetleur a senti le besoin de s’expliquer sur ces mémes^ points ? Nullement, et d’ailleurs le bon sens n’indique-Ml pas, comme l’a fait l’arrêi de la cour royale de Trêves (p. î 73)', que l’examen de ces questions est exclusivement du ressort des gens de Fart, lesquels constateront si Vé/at -physique et eoniformatidn dés parties génitales s’opposent au but naturel et légal du mariage! ! 1 J’ajouterai, ce qui est encore plus conel'uant, que lé Code civil garde absolu ment le même silence sur les moyens dé constater X erreur dans^ la personne dans le cas où uh individu que l’on cioit appartenir à un sexe appartient â un autre^ ainsi que cela a lieu dans les cas d’hermapbrodisme , et pourtant la cour de Gênes ne saurait contester que ce^ soit là dès cas de nullité de mariage.
« Attendu que du silence qu’ils ont gardé à cet égard, il est au contraire bien plus raisonnable de conclure qu’ils n’ont pas trouvé cette cause suffisante pour entraîner la dissolution du nœud conjugal, parce qu’Hs'Soat demeurés convaincus qu’il n’y avait rien de sûr dans tout ce qu on avait ima-jinè pour vérifier V impuissance naturelle; que d’ai Heurs el le est un phénomène qui ne peut avoir lieu que fort rarement, et qu’ainsiil est préfétrable de laisser subsister un petit nombre de mariages dont- la consommar lion ne serait pas possible, plutôt que de fournir un remède qui avait été long-temps la source de procédures scandaleusesi dont la raison et les mœurs s- indignaientégaleraent » (Jurisp. dela G. de mss.^ t. ii, p. 2, p; t9S).
Comment, il n’y a rien de. sûr,, lorsqu’on a constaté qu’un individu a point de -verge que le& tmtieules manqiier^p^'t&à
(pi'yisontété extirpés, gally a exstropki& vessiej absence de vagin J etc,, et peai-on alléguer sériensemeot que parce que^ ces Tîces de coofomiation sont rar^, il vaut mieux ne pas s’en> ocaq>er, plutôt que de fournir matière à des procédures scanda-' leuses,. comme s’il y avait quelque chose de bien scandaleux et
bien contraire aux mœurs à vérifier à hms^-et&s qu’un indîvidan’a point de verge ou de; vagin, etc.? Sans doute il serait scandaleux d’avoir rceours;àIaroéthodeditedu congrès, qui avait poar objet de mesurer en quelqne sorte la puissance génératrîee'^ en présence de témoins; ce moyen, anciennement pratiqué, aussi immoral qu’insuffisant pour établir la vériié de l’impuissance, n’cst heureusement plus dé nos jours qu’un fait Msto-rkjue. Après ces considérations, est-il nécessaire dé réfuter l’assection de Tronehet émise dans lé procès-verbal dé la discussiondu Gode civil dm 14. thermidor an x. Toicîla phrase de ce jurisconsulte t <c Qn. n’a pas fait de rimpuissance , à l’occasiom de-la paternité et delà ôliation^j. f objet S une aetiom en TtuUifé ; et ce? silence absolu de la loi est fondé eu raison, ear if n’ést pas de' moyen de recexœ^'kv&aneé ceTfit^ude rimpuissance. En general, il était dans, l’esprit du projet d’anéantir cette cause sous tous les rapports. »
Au reste,, qirelle que soit la dissidence entre les jurisconsultes les plus c-élèbres de nm jkmrs sur Fmterprélation Âs mots erreur dans leu personne, et alors même que le Code civil n’ënvisagerait pas l’impuissance commé une cause de nullité de mariage, voyons si en dehors de la discussion d'à point de droit, AE Devergie s’ést conformé aux principes de saine logique qu’il anrait pu puiser dans la science médicale. Il n’en est rien. « En « résumé, dit-il, en envisageant les conséquences de celte doc- « trine, on voit qu’il y a deux cas possibles où les intérêts des « époux peuvent être lésés ; mais la loi a préféré laisser subsis- « ter celle cause dé dommage, plutôt que de* conserver l’impuis- « sance comme motif dé nullité de mariage. Elle Fa fait par « deux motifs : lé premier qu il est presque toujours
i(. impossible de constater d’une manière certaine Timpuisiosance, soit naturelle' soit accidentelle ; le*^ second parce « qu’elle a senti que dans les cas où la personne réputée impuis-
« santé voudrait s" opposer à l’examen des causes d’impuissance, « elle mettrait les j uges dans l’impossibilité de porter un ju- « gement ; et par cela même l’applicaiion de la loi ne pourrait « pas avoir lieu (^Médecine légale ^ 1840, tome i", p. 415). Je dirai d’abord qu’il n’est pas vrai qu’il soit presque toujours impossible de constater d’une manière certaine l’impuissance, car ainsi que je le démontrerai à la page 177, rien n’est aisé comme de s’assurer de l’absence de la verge^ des testicules, du vagin^ et M. Devergie lui-même, en parlant de l’exstrophie de la vessie, débute par ces mois : voici encore une cause réelle et manifeste d’impuissance. D’ailleurs, pour être conséquent avec lui-même, M. Devergie n’aurait pas dû considérer l’hermaphrodisme neutre comme constituant une erreur dans la personne, puisqu’il dit à la page 433 : « Il est des cas (d’hermaphrodisme) dans lesquels « il a été impossible de déterminer le sexe d’une manière « certaine. » Le deuxième motif mis en avant par M. Devergie pour proscrire l’impuissance, est tellement dénué déraison qu’on ne concevra pas qu’il ail pu être articulé : si la persakne réputée impuissante refusait de se faire examiner, les juges ne pourraient pas prononcer. Soit, mais alors pourquoi M. Devei gie se complaît-il à traiter de l’hermaphrodisme, qu’il considère comme constiiuant ï erreur dans la personne , et qui ne saurait être pour 4a loi l’objet d’aucune4ncertitude (page 425 du tome i®' ). M. Devergie pense-t-il par hasard que l’on puisse constater l’hermaphrodisme sans examiner les organes sexuels, et que devient alors l’argument qu’il veut tirer contre l’impuissance élu refus de la personne de se faire examiner? Les médecins, à coup sûr, repousseront ce nouveau genre de logique et concluront, avec moi, qu’au milieu de tant d’assertions contradictoires qui se réfutent les unes les autres, il y a lieu de ne pas adopter les vues irréfléchies de mon confrère. Ils laisseront les jurisconsultes se débattre sur le sens réel des mots erreur dans la personne , et ils demanderont qu’on leur fasse con-, naître les données médico-légales relatives à l’impuissance, afin de les mettre à même de répondre aux magistrats qui pourraient un jour les interpeller sur ce point; c’est ce qui m’engage à traiter de l’impuissance, comme je l’ai fait dans les éditions pré-
cédentes, et comme l’a fait du reste M- Devergie, alore même qo’il avait cherché à établir que jamais les tribunaux ne devaient s’enquérir de l’impuissance à l’occasion d’une question 6! erreur dnns la fer sonne ; un excellent moyen de prouver qu’il avait foi dans ce qu’il avait écrit, c’était de passer sous silence tout ce qui se rapporte au sujet qu’il proscrivait.
DE l’impuissance.
La fécondation ne salirait avoir lieu sans coït : celui-ci peut être fécond eu stérile ; donc la stérilité peut atteindre des personnes en état d’exercer cet acte. Or, comme je crois devoir définir Ximpuissance, X impossibilité physique d’ exercer le coït, U est évident que l’impuissance diffère de la stérilité. Ainsi je rejetterai toute idée d’impuissance dès que le coït pourra s’exercer, et je rapporterai à la stérilité les autres causes qui s’opposent à la fécondation.
Les causes de l’impuissance ont été distinguées en physiques éL morales. Les premières sont, pour ce qui concerne l’homme, apparentes et non apparentes tandis quelles sont toujours apparentes chez la femme. Je vais les examiner tour-à-lour dans les deux sexes.
Des causes physiques apparentes d’impuissance chez le sexe masculin.
• Ces causes entraînent nécessairement l’impuissance ; elles consistent dans l’absence de la verge ou des testicules, et dans l’imperfection du membre viril avec exstrophie de la vessie ; les auteurs en ont indiqué d’autres que je ferai connaître plus bas ; mais je dirai qu’elles ne déterminent le plus souvent qu’une impuissance relative ou momentanée.
Absence de la verge. L’absence de la verge entraîne nécessairement l’impuissance ; toutefois, comme la fécondation peut avoir Heu dès que le sperme est déposé à l’entrée des parties sexuelles féminines, et que le membre viril, est assez long pour exciter chez là femme le degré d’éréthisme convenable, on aurait tort d’accuser d’impuissance un individu, bien conformé d’ailleurs, dont là
Terge consisterait en une saillie des corps cavemenx , perfOTée, et ponvant être introdoite dans les ifârties génitales les pift extérieures. auteurs s’accordent à dire que l’impuissaflce Yirile ne pourrait être admise , dans des cas de ce genre , que lorsqu’il y aurait une imputation de viol ; l’erreur est manifeste; car l’individu que l’on accuse de défloration violente peut tta être incapable de la produire , sans qu’il doive être déclaré impuissant ( Voyez Viol).
Absence des testicules. Les testicules étant les organes, secréteurs du sperme, et le coït ne pouvant s’exercer complètement sans celte liqueur, il est évident que l’absence des testicules entraîne nécessairement l’impuissance, quoique dans certains cas la verge soit susceptible d’érection , et qu’il puisse y avoir un simulacre de coït. Mais il ne suffit pas, pour déclarer l’absence des testicules, de ne point les trouver dans le scrotum , car on sait que chez les crypsorcJiides ils restent cachés pendant toute la vie derrière l’anneau inguinal, et que chez d’autres individus ils n’arrivent dans le scrotum qu’à un certain âge. Le défaut de testicules, loin d’être congénital , peut être encore le résultat de leur ablation, et il importe, pour la médecine légale, de savoir à quelle époque cette extirpation a eu lieu. Ces considérations m’engagent à faire l’exposition des caractères pouvant servir à reconnâître , 1° s’il y a absence absolue et congénitale des testicules ; 2° si ces organes sont restés derrière l’anneau inguinal ; 3° s’ils ont été extirpés.
A. Caractères d’un individu chez lequel il y a atrophie ou absence absolue et congénitale des testicules. En général, les organes génitaux sont peu développés ; le pubis est tapissé par une grande quantité de graisse ; les individus sont faibles de corps et d’esprit , et n’éprouvent jamais de désirs vénériens ; la peau est beaucoup plus molle et plus fine qu’elle n’ost ordinairement chez les autres hommes; les formes féminines prédominent; il n’y a point de barbe, la voix est grêle, les mamelles sont volumineuses, les mains courtes et potelées, les euisses et les jambes semblables à celles des femmes. On ne remarque aucune trace de cicatrice au scrotum ; quelquefois même cette enveloppe ^est lisse, sans raphé ni rainure 4ans la partie nmyenne.
B. Carasière^ des sry.^sorehides e esP-èk-dire des individus detret les testicules nont pohit franchi Vanneau inguinal. Le développement des organes génitaux est au moins aussi parûdt que chez les individus dont les testicules sont dans le scrotum; les formes de la virilité sont en général très pro- Boncé^. Je dis en général, car qn a pu constater chez un petit nombre de crypsorehides quelques-uns des caractères appartenant au sexe féminin ; toutefois , l’ensemble de ces caractères n’a jamais- été.aussi complet et aussi tranché que chez les personnes privées de lesiicules. Le scrotum ne présente aucune trace de cicatrice ni de mutilation.
C. Caractères d’un individu dont les testicules ont épé extirpés. Que la perte des testicules soij le résultat de la vengeance, de la jalousie, du fanatisme, de l’ignorance, de la cupidité ou de quelque maladie , elle détermine des cbangemeps considérables si riadividu n’est pas encore puhère. Le scrotum se contracte et se réduit à un petit volume , la verge conserve èpeu-près les dimensions qu’elle avait à l’époque de la muti-^ lation. Les castrats sont impropr.es à la fécondation, mais ils peuvent exercer un simulacre de coït eî excréter une eerrtaine quantité de l’humeur de la prostate. Le squelette est tcfc^ talement altéré dans sa configuration et se rapproche de celui de la femme , ainsi que toute la conformation extérieure du corps ; la peau est lisse et douce ; le volume du ventre et dess jambes est beaucoup plus considérablè que chez les autres hommes ; 1^ ganglions et les vaisseaux lymphatiques tendent à s’engorger ; les capsules des articulations s’abreuvent aisénàeat de synovie ; le menton ne se couvre point de barbe ; le volume du larynx est diminué; la glotte n’a qu’une très petite circonférence; les cartilages laryngiens ont peu de développement; la voix conserve le même timbre aigu que dans l’adolescence; elle acquiert seulement un peu plus de force à mesure que la pottrlne s’agrandit. Les facultés intellectuelles sont peu développa ; doués à peine d’intelligence, les^ castrats sont en général apathiques,, moroses, insensibles, pusillanimes et incapables , à peu
|1) Cijpsorctvide dérive de stpiwrrw, je cache, et de Pesticide.
d’exceptions près , de grandes actions. En examinant attentivement le scrotum, on découvre des traces de cicatrice. Si l'ablation des testicules n’a eu lieu que dans Xâge viril, la verge pent encore entrer en érection, et le coït est possible ; l’habitude virile ne subit aucun changement, en exceptant toutefois ce qui est du ressort des fonctions sexuelles ; aussi la barbe se conserve-l-elle, mais elle devient moins longue et moins épaisse. Le caractère moral change, et il n’est pas rare de voir les êtres ainsi mutilés tomber dans une noire mélancolie et finir par se suicider. On découvre aisément des traces de cicatrice au scrotum.
Un individu châtré après l’époque de la puberté est-il encore capable d’engendrer quelques jours après l’opération? Cette question agitée il y a quelques années en Allemagne, a été qualifiée à tort d’oiseuse dans un ouvrage anonyme; je crois qu’elle peut se reproduire et qu’elle mérite de fixer mon attention. Marc pense que l’individu doit être considéré comme impuissant. « Le temps qu’exige la guérison d’une blessure aussi grave semble être plus que suffisant pour reporter dans le torrent de la circulation la liqueur prolifique, qui alors ne peut plus être remplacée ; et en supposant même que l’individu fût capable d’engendrer quelque temps après l’accident, cette faculté devrait, après deux ou trois émissions séminales, nécessairement se perdre pour toujours ; elle ne pourrait donc être considérée juridiquement que comme tem-poraire » (Articles Castration et Impuissance du Dictioniiaire des Sciences médicales'). Il faut l’avouer, nous manquons des faits nécessaires pour établir à cet égard quelque chose de positif; toutefois je ne vois aucun inconvénient à admettre la puissance temporaire dans le petit nombre de cas seulement où les testicules extirpés étaient sains ; car il est évident que si l’ablation a été nécessitée par un état tuberculeux ou squirrheux de ces organes , comme cela arrive le plus souvent, la sécrétion du sperme était viciée ou ne se faisait plus depuis long-temps ; celte distinction me paraît essentielle.
Imperfection de la verge avec exstrophie ou extroversion de la vessie. Ce vice de conformation consiste en une tumeur rouge, molle, située à la région pubienne, d’un volume variable, ordi-
nairemenl de la grosseur d’une mûre ou d’une cerise à la naissance, oCFrant sous la forme de deux petites ouvertures les extrémités des uretères, par où l’urine suinte continuellement : celte tumeur est inégale, bosselée, et semblable à une framboise, lorsqu’elle est petite ; elle est lisse et comme bilobée si son volume est plus considérable ; elle diminue par une douce compression, semble rentrer dans l’abdomen et disparaître, au point de ne laisser au dehors qu’une ouverture arrondie, dont les bords sont formés par la peau qui est adhérente et qui est placée au bas-éle l’abdomen entre les muscles droits (sterno-pubiens); elle reparaît aussitôt que4a compression cesse, et son volume augmente dans tous les cas de contraction forte du diaphragme, comme dans la toux, l’éternument, les cris, etc. Un examen plus approfondi fait voir que la vessie est à nu, que sa partie antérieure est ouverte et détruite, tandis que la postérieure est renversée au point de présenter au dehors sa face interne recouverte par la membrane muqueuse : il résulte de ce renversement que les intestins peuvent s’engager dans la poche formée par la partie postérieure de la vessie : cette sorte de sac herniaire s’échappe de l’abdomen à travers un écartement accidentel des muscles droits ( sterno-pubiens). L’orifice urétral de la vessie est oblitéré, les pubis sont disjoints et plus ou moins écartes l’iin de l’autre, l’ombilic est placé assez bas pour que, dans certaines circonstances, il soit caché par la tumeur, ce qui a pu donner lieu à une erreur grave : savoir, que les enfans ainsi conformés étaient nés sans cordon ombilical. Presque toujours l’extroversion de la vessie est accompagnée d’une disposition vicieuse des organes génitaux, ce qui rend diflicile la détermination du sexe. La déformation dont il s’agit est surtout remurquatde dans les mâles, comme l’a observé Cliaussier. Le pénis, dît ce professeur, est court, sans urètre; quelquefois il est élat gi et creusé en gouttière à sa face supérieure ; le scrotum est souvent rapetissé, vide; les testicules restent dans l’abdomen ; les vésicules spermatiques manquent quelquefois. Diverses observations recueillies par Bonn, Mowat, Goupil, Tenon, J. Cloquet, etc., sur des enfans et sur des adultes, confirment le fait important que, dans l’extroversion de la vessie, le pénis est imperforé , et que dans le cas où T’urètre
était ouvert, il n'aboutissait à aucune cavité. Isenflam a vu ^ homme de quarante-cinq ans affecté d’exstrophie de la vessie^ et qui était né sans pénis {ReehereJies anatomiques. Erlangeft, 1822). M. Ristelhueber a décrit un cas de ce genre, qui avait pour objet un homme de quarante ans chez lequel on ne tronvait, au lieu d’une verge, qu’une protubérance saris eweerture, ayant la forme du gland {Bihliathèque médicale. Déc. 1823).
Les autres causes physiques apparentes d’impuissance chez le sexe masculin, rapportées par les auteurs, sont : ï imper foration de V extrémité du gland,, la bifurcation, 1&?, vices de dimension et la direction vicieuse de la verge, le rétrécissement de l’urètre , le phymosis, le paraphymosis, les hernies s&rotales, le sarcoçèle et V hydrocèle. Ces causes, comme je Tai déjà dit, n’entraînent pas nécessairement l’impuissance; quelques-unes ne donnent lieu qu’à une impuissance momentanée, puisqu’on peut les faire cesser ; il en est enfin qui ne déterminent jamais qu’une impuissance relative.
U imperforation de l’extrémité du gr /«ne? que l’on remarque chez les hypospades et les épispades n’est pas une cause nécessaire d’impuissance; en effet on désigne sous le nom à'hypospor dias une affection dans laquelle l’urètre s’ouvre, soit à la base du gland, soit à la partie de la verge qui fait angle avec le scrotum, ou dans quelque point intermédiaire, mais toujours audessous de cet organe ; on nomme au contraire épispadias ce vice de conformation des parties génitales dans lequel l’urètre s’ouvre à la partie supérieure du pénis, plus ou moins près de l’àreade du pubis^ dr, il est évident que les individus aiteints de cte vices de conformation ne pourront être déclarés irnpuissüns qu’autant que l’ouverture de l’urètre sera assez près du pubs peair que le sperme ne puisse pas arriver dans le vagin : hors cé cas,, iis doivent être reconnus capables d’exereer un coït féeond j à moins qu’il n’y ait absence des autres signes de la virilité, Hunter allait encore plus loin; il disait avoir rendu fécond un hypospadiaque dont le sperme sortait par le périnée, en faisant reCBBeillir ce fluide dans une seringue au momeait de réjaculartieo, et en l’injectant dans le vagin peadant l’éréthisrae véiiériea; dola femme. Cette assertion est-elle admissible î
La restriction que je viens de rostre à-la puissance des byposjades pourrait toutefois ne pas être adoptée par les médecûœs qui embrasseraient l’opinion de quelques autorités célèbres ; en dfet, Eschenbach, Teichmeyer, Faselius, Hebenstreit, Haller, Mahon , etc., refusent aux hypospades et aux épispades la faculté d’exercer un coït fécond. Zacchias partage cet avis , excepté dans le cas où l’orifice de l’urètre serait peu éloigné du gland. Mais qu’il me soit permis de faire remarquer que dans les observations rapportées postérieurement par Kopp , Friebe et Siméons , la faculté de procréer des hypospades est mise hors de ' doute ; d’ailleurs le raisonnement seul devrait conduire à l’admettre dans tous les cas où le sperme peut être déposé dans le vagin , dès qu’il est prouvé que des femmes ont conçu quoique ce conduit fut presque fermé , et que d’autres conservaient encore la membrane hymen au moment de l’enfantement , membrane qu’il a fallu inciser pQur permettre à la tête de l’enfant de sortir.
La hifureation ou la duplicité de. la verge ne peut être con-^ adérée comme cause d’impuissance , que lorsqu’elle ne permet à aucune des extrémités du membre de s’introduire dans le vagin ; encore faudra-t-il rechercher, avant de porter un jugement , si le pénis bifurqué qui ne peut être introduit dans un vagin étroit, ne pourrait pas se loger dans un vagin plus ample, ou s’il ne serait pas possible, par un simple changement de position des époux , d e le faire arriver dans la même cavité qui naguère lui refusait l’entrée ; il est évident que dans le premier cas l’impuissance n ; serait que relative. A celte occasion M. Devergie s’écrie : (c Nous voilà arrivés à l’impuissance relative, alors que la loi <t n’admv l même pas rimpuissance absolue. » J’ai déjà démontré {F. p. 1' -)que celte assertion de M. Devergie n’est pas exacte.
Fiees de dimension de Va tierce. Ce que j’ai dit à la p. 177, à l’occasion de l’absence de la verge , prouve qu’il est impossible de regarder la petitesse du naembre viril comme une cause d’impuissance. Sa longueur démesurée ^ quoique pouvant occasionner la contusion du col dè l’utérus et d’autres accidens, ne doit cependant pas être considérée comme un motif d’impuissance, puisqu’il sulFit de certaines précautions pour que le coïti ne soit pas douloureux ; d’ailleurs la longueur des vagins n’est
pas la même , et si le col de l’utérus d’une femme est atteint par un long pénis , celui de plusieurs autres pourra ne pas l’être. La grosseur excessive de la verge donne quelquefois lieu à des douleurs vives pendant le coït ; mais comme le vagin est susceptible de se dilater beaucoup , soit par l’acte vénérien , soit par des efforts lents et gradués , et que d’une autre part la largeur des vagins est loin d’être la même chez toutes les femmes , je ne regarderai point la grosseur du membre viril comme une cause d’impuissance , malgré l’opinion contraire de Fodéré.
La direction vicieuse de la verge y consistant en ce qu’elle est courbée en haut , en bas , à droite ou à gauche , n’est pas un motif d’in)puissance s’il est possible de faire parvenir le sperme dans le vagin ; d’ailleurs ce vice de conformation n’est pas toujours congénital; il peut être la suite d’un état variqueux, d’un engorgement ou d’une iiiduration des corps caverneux, etc., comme l’a très bien observé De la Peyronnie : or il est quelquefois permis d’y remédier.
Le rétrécissement de V urètre. S’il est vrai qu’à la suite des blennorrhagies l urètre peut être tellement rétréci qu’il refuse de livrer passage au sperme, et que celui-ci ne sort qu’en bavant et par gouttes lorsque déjà le membre viril est hors du vagin , il est également certain que l’art possède des moyens de. guérir la maladie , ou du moins de rétablir assez bien le cours du sperme pour qu’il ne soit point permis d’admettre l’impuissance.
. 'phymosis et le paraphymosis sont deux affections congénitales ou acquises , auxquelles on peut facilement remédier, et qu’il serait par conséquent absurde de ranger parmi les causes apparentes d’impuissance.
Les hernies scrotales peuvent être tellement volumineuses que la verge soit presque effacée et le coït impossible ; néanmoins on aurait tort de les regarder en général comme un motif d’impuissance , non-seulement parce qu’il est des cas où le coït peut s’exercer dans certaines positions du corps dé l’homme et d J la femme , mais surtout parce qu’il n’est presque point de hernie qui ne puisse être réduite en totalité ou en partie au bout d’un certain temps , à la faveur du repos , de la diète , et de l’a-
maigrissement qui en est la suite (1). La verge peut également être effacée par une hydrocèle volumineuse; mais comme celte affection est susceptible de guérir radicalement , et qu’il est du moins permis de vider la tumeur, on ne saurait la considérer comme un motif d’impuissance.
Le sarcocèle. Si les deux testicules sont squirrheux , la sécrétion du sperme ne se fait plus , il y a nécessairement impuissance. Il n’en est pas de même si la maladie n’a atteint qu’un seul testicule, car alors l’autre peut fournir assez de liqueur séminale pour rendre le coït fécond. Dans les cas excessivement rares où le sarcocèle consiste dans une induration et un épaississement de la tunique vaginale et de la membrane fibreuse qui la recouvre, l’individu jouit de la faculté de procréer, mais il est impossible de reconnaître du vivant de l’individu celle variété du sarcocèle. Quoi qu’il en soit, avant de prononcer sur une question d’impuissance qui reconnaîtrait pour cause un sarcocèle , il faut éviter de confondre avec lui l’indùration et le gonflement du scrotum, et cette affection du testicule dans laquelle on remarque plusieurs petites tumeurs qui suppurent , et que l’on guérit facilement en ouvrant les abcès.
M. Devergie, après avoir reconnu qu’il y aura impuissance lorsque les deux testicules seront squirrheux, parle des diflicultés que pourront éprouver les gens de l’art à établir dans certains cas le diagnostic de cette affection et déplore les erreurs qui pourraient être commises si les tribunaux accueillaient celte affection comme cause d'impuissance. Singulière manière de raisonner que de dire : le squirrhe des testicules constitue un cas d’impuissance, mais il ne faut pas l’accueillir parce qu’il n’est pas toujours possible de le constater ; et, si malgré ces difficultés on le constate, que devient la négation de M. Devergie ?
Cq^ses -physiques cachées d’impuissance chez le sexe -masculin.
Ces causes sont de deux ordres: tantôt il existe certains vices
(i) Les licrnies qui ne sont susceptibles d’aucun genre de réduction sont fort rares : on ne les observe que lorsque les parties déplacées adhèrent intimement au collet du sac herniaire, et que celui-ci est lui-même très adhérent à l’ouverture aponévrotique à laquelle il correspond.
fltrganiqnes des parties génitales qu’il est impossible d’appréci© pendant la vie: tels sont l’endurcissement du nerumontamm, r«igorgement de la prostate, etc.; tantôt il y a absence d’énergie nerreuse, soit générale , soit locale. Ces causes d’impuissance, pour ne pas pouvoir être appréciées par le médecin, n’en sont pas moins réelles, et il imparte qu’il en ait connaissance parce que s’il ne parvient pas à établir la réalité de l’impuissance d’après des faits apparens, du moins pronvera-t-il que l’impuissance n’est pas impossible, ce qui n’est pas indifférent pour les magistrats chargés de prononcer le jugement.
Ici, M. Devergie s’écrie : « nous ne saurions adopter cette « manière de voir ; ce serait ouvrir une porte à des abus sans « nombre, car sous des prétextes aussi spécieux , on pourrait « rendre les jugemens les plus iniques. Il fauten médecine légale a ées preuves Tnatérielles ^ et là où on ne peut plus les pro- « duire, la loi ne doit plus être appliquée. » Jamais principe plus funeste n’a été mis en avant ; heureusement qu’il n’est appliqué parpersonne, pas mêmepar M. Devergie. Comment iln’arrivepas tous les jours que les gens de l’art consultés par des magistrats sur un fait scientifique relatif à rempoisonnement , à l’asphyxie,auxafifeciions mentales, répondent : « nous n’avons pas de preuves matérielles à apporter à l’appui de notre manière de voir, la question étant des plus ardues , mais à défaut nous exprimoas une opinion fondée sur les données que nous fournit la science , et nous estimons que.., etc.» Le magistrat enregistre cet élément et en tient tel compte que de raison ; souvent il attache une grande importance au renseignement donné et il fait bien ; queh quefois ce renseignement ne lui paraît pas tpul-à-fail inutile, quoiqu’il ait moins de valeur à ses yeux.
Vices orga7viques. Dans un mémoire sur quelques obstacles qui s’opposent à l’éjaculation natürelle de la semence. De la Peyronnie parle d’un homme qui avait déjà eu trois enfans , et qui, à la suite d’une gonorrhée dont il négligea le traitement , faisait de vains efforts pour éjaculer le sperme, qui ne sortait qu’en bavant, peu de temps après le coït ; Turine cependant était rendue sans difficulté, ce qui ne permettait pas de supposer un rétrécissement ou tout autre obstacle dans i’urèïre. 4 rouvertare
âH cadavre, on trouva une cicatrice sur l’éminence de la portion veru montanum qui regarde la vessie : les brides de celte dcatrice avaient changé la direction des vaissemix éjaculatoires, de manière que leurs ouvertures, au lieu d’être dirigées comme eBes le sont naturellement vers le bout de la verge, rétaienl dans le sens contraire, c’est-à-dire vers le col de la vessie ; aussi le sperme, ne pouvant plus se diriger vers le bout du gland, était-il réfléchi vers leeôté droit du colde \diye&s,\& {Mémoires de T Académie de chirurgie, t. I®’'). Plusieurs auteurs rapportent également des exemples dans lesquels les vaisseaux éjaculatoires étaient remplis d’une matière comme pétrifiée, ou dont l’extrémité urétrale était bouchée et endurcie par une substance analogue.
Absence d'énergie nerveuse. Quelque complète et parfaite que soit en apparence l’organisa tiondes parties génitales, l’homme peut cepjendant être impuissant par cela seul qu’il est épuisé. Cet épuisement est général ou borné aux organes de la génération; il dépend de l’âge, des excès de tout genre, de certaines maladies débilitantes, d’une trop forte contention d’esprit, etc. Mais s’il est incontestable que l’âge doive être regardé comme une cause d’épuisement, faudra-t-il refuser, avec quelques auteurs de médecine légale, la puissance généra tive atout individu qui aura atteint la soixante-dixième année? L’observation nous apprend tous les jours le contraire, en nous montrant des hommes plus âgés qui jouissent encore de la faculté de procréer, tandis que des libertins de trente et de quarante ans sont énervés et hors d’état de propager l’espèce. On ne peut donc pas établir d’une manière précise l’époque à laquelle eesse la faculté d’engendrer. Quant à l’épuisement déterminé par les autres causes dont j’ai parlé, M importe de distinguer s’il est général ou partiel : ne voit-on pas en effet des individus épuisés par dé v’astes jbyers purulens qui ont leur siège dans lés poumons ou dans d’autres organes, satisfaire leurs désirs vénériens avec la plus grande énergie, et exercer un coït fécond? Les phthisiques sontpariicunèrement dans ce eas. îDaus d’miires circonstances au coniraîre tout semble annoncer une censtitution assez vigoureuse, tandis que les organes génitaux, et particulièrement les muscles ërecteurs, sont fraisés d’unes M-
blesse que l’homme de l’art n’aurait pas osé soupçonner avau que la partie intéressée en eût fait l’aveu. Ces détails , sur lesquels il serait inutile d’insister, prouvent combien il doit être difficile d’assigner l’absence d’énergie nerveuse comme cause d’impaissance, et par conséquent combien il y aurait témérité de la pan du médecin qui ne se bornerait pas à émettre des doutes.
Des causes physiques apparentes d’impuissance chez lesext féminin.
Il en est de ces causes comme de celles qui déterminent l’impuissance chez le sexe masculin : les unes s’opposent nécessairement à la reproduction, tandis que les autres ne doivent être considérées que comme des motifs d’impuissance temporaire et relative : je vais les exposer succinctement.
^'absence du vagin entraîne nécessairement l’impuissance.
Les parties génitales externes peuvent présenter une bonne conformation et le vagin n’exister que dans la partie inférieure. Tel est l’exemple rapporté par M. Andral, dans son précis d’anatomie pathologique.
Une jeune fille de dix-sept ans, qui était entrée à l’Hôtel-Dieu, avait un vagin de 3 centimètres de profondeur ; derrière- le cul-de-sac qui le terminait, existait le rectum : au-dessus de la vessie et derrière elle, on voyait les ligamens larges dans l’épaisseur desquels se trouvaient des trompes volumineuses et des ovaires très développés. Au point de réunion des deux trompes existait un petit renflement qui n’offrait ni cul-de-sac, ni cavité, et qui ne ressemblait en rien à l’utérus. Cependant, chez cette femme, les mamelles étaient bien développées, les parties génitales externes très bien conformées ; mais ta menstruation n’avait jamais eu lieu.
’U oblitération des organes génitaux^ acquise ou congénitale, produite par la réunion des grandes et des petites lèvres ou des caroncules myrti formes, par la persistance et la dureté de l’hymen, ou par la présence d’une autre membrane située beaucoup plus haut et qui peut exister eu même temps que l’hymen, ne saurait être un motif d’impuissance, puisqu’on peut y remédier facilement par une incision. L’oblitération du vagin qui serait irrémédiable ne devrait même pas être regardée comme cause d’impuissance, si l’extrémité supérieure du vagin communiquait
âTecle reclum, ou que ce canal vînt s’ouviir dans la paroi antérieure de l’abdomen. Les faits suivans sont propres à éclaircir ce sujet :
k ^ Barbant rapporte que, dans deux cas de communication du vagin avec le rectum, raccouchement eut lieu, une fois au moyen d’une déchirure qui s'étendit jusqu’au méat urinaire, et l’autre fois à l’aide d’une incision qui , favorisa la sortie du fœtus {Cours d’accouchemens, page 59).
2° Une jeune Piémon taise était au moment d’accoucher, lorsqu’on s’aperçutqu’il y avait une tumeur volumineuseà l’endroit correspondant à l’orifice du vagin. Le professeur Rossi crut distinguer la tête de l’enfant à travers la tumeur qu’il incisa, etl’accoucbementeutiieu.Il s’agissait de savoir comment la conception avait pu s’effectuer, et il résulta des aveux de la femme que son mari, n’ayant pas trouvé ce qu’il désirait, avait suivi une route opposée. L’éclaircissement fut complet, lorsqu’on eut constaté qu’il existait une communication congénitale et directe entre le vagin et le rectum (Article Impuissance du Dictionnaire des sciences médicales). A la vérité, si par suite de cette communication, le vagin est sali, enflammé ou érodé par l’urine ou par les excrémens, il est à présumer que la copulation n’aura pas lieu ; mais il y a loin de là à déclarer la femme impuissante. Ou lit dans Morgagni que Gianella fut appelé pour donner des soins à une femme enceinte, d’environ quarante ans, dont le vagin s’ouvrait à la paroi antérieure de l’abdomen; il fut obligé de dilater l’ouverture extérieure, pour qu’elle permît le passage de l’enfant {Liber quintus, epist. lxvii, tome ni, page 368).
Les faits dus a Barbaut et à Rossi démontrent jusqu’à la dernière évidence que la fécondation est possible, dans les cas d’oblitération du vagin avec communication entre celui-ci et le rectum, et par conséquent que les individus qui étaient atteints de cette difformité ne pouvaient pas être déclarés impuissans. Dans des cas pareils, ce serait aux magistrats à juger si une semblable union ne répugne pas à la morale et à la nature , pour que les tribunaux l’autorisent en maintenant le mariage.
Le resserrement excessif du vagin doit être regardé comme cause d’impuissance si l’art ne pàrvdent pas à dilater convenablement ce canal ; il faut donc, avant de porter son Jugement, savoir que ce vice de confprmation peut dépendre d’une dépression considérable et irremédiahle des os pubis, d’une hypersarcose, de callosités, de tumeurs, de brides, etc., qui résistent quelquefois aux efforts de l’art. Dans la plupart des cas cependant l’étroitesse du vagin ne tient à aucune de ces causes, et l’on peut y
remédia*. Ici les oteervations se présentât «a foule; je meb(»L nerai à citer la suivante :
Benevo-îi est appelé pour traiter une femme mariée depuis plus de tr«s ans, au moment où le mariage devait être annulé parce que le vagin n’éiai; pas plus large qu’une plume à écrire de moyenne grosseur, malgré les efforts d’un mari vigoureux ; les parois de ce canal étaient dures et comaie calleuses ; l’usage des fomentations émollientes et de pessaires de dif&efr tes grosseurs, faits avec la racine de gentiane, procura une dilatation adfîsaale pour permettre le coït (Van Swietten, t7owmeîîtana, etc., morJi mrginum, § 4290, tome rv, page 386).
Il est des cas où l’étroitesse du vagin disparaît d’elle-même; voici un fait de ce genre extrait des Mémoires de V A cadérm des sciences de Paris (année 1712).
Une jeune fille, mariée à l’âge de seize ans, avait le vagin assez étroit pour permettre à peine l’introduction d’une plume à écrire ; les règles coulaient difficilement et avec douleur ; tout portait à croire que l’extrémité ! supérieure du vagin était plus étroite encore que l’inférieure ; la copulation avait été déclarée impraticable par les gens de Tart; cependant, après onze ans de mariage, celte femme devint grosse, quoique le rétrécissement da canal n’eût point diminué ; vers le cinquième mois de la grossesse, le vagin commença à se dilater, et finit par acquérir les dimensions convenables pour que l’accouchement eût lieu.
Maïs si les faits qui précèdent prouvent que le rétrécissement excessif eiirremédiahle An vagin est une cause d’impuissance, il en est d’autres qui me forcent à admettre qu’avec un rétrécissement même assez considérable de ce canal, la copulation peut avoir lieu, surtout lorsque le membre viril n’est pas gros: dès-lors ce rétrécissement ne saurait être considéré que comme un motif d’impuissance relative. ,
A l’ouverture du cadavre d’une jeune fille de treize ans, que l’on savait s’être livrée à la masturbation et n’avoir jamais été réglée^ on découvrit plusieurs parties d’un foetus dans l’ovaire gauche; cependant on apercevait la membrane hymen, et le vagin était assez étroit pour permettre à peine Tintroduclion àn petit doigt. Le bassin, les mamelles el les organes génitaux, excepté le clitoris, avaient les mêmes dimensions que dans l’enfance- (Nysten, Journal de médecine, okirurgie et pkarnwcie de etc.,-
tûBoe V, brumaire an xi).
ampleur du vagin a été regardée à tort comme iine cause
d'impuiàsaBce ; il est vrai que lorsqu’elle est le résultat de la rsplure du périnée, et que le vagin communique avec l’anus, l’affection est trop dégoûtante pour que l’on suppose la eopulaüon possible; mais si elle a lieu, le coït peut être fécond.
Ije prolapsus du vagin et de l’utérus^ les antéflexions , les antéversions, les rétroflexions et les rétroversions de ce dernier organe ne sont pas non plus une cause nécessaire d’impuissance; car on a vu, rarement à la vérité, des femmes accoucher la matrice étant pendante entre les cuisses, et dans un état de prolapsus complet; d’ailleurs on sait que l’on peut remédier dans beaucoup de cas aux affections que je viens d’indiquer , et que certains prolapsus utérins ont été guéris par la fécondation.
Est-il nécessaire de réfuter l’erreur dans laquelle sont tombés plusieurs médecins, en attribuant rimpuîssance aux dimensions excessives du clitoris et des nymphes ?
U état squirrheux ou carcinomateux de la matrice n’est point un motif d’impuissance, puisqu’il ne s’oppose même q>as à la fécondation, comme je le dirai en parlant delà stérilité: toutefois il faut avouer que la douleur qui accompagne alors cet acte doit détourner la femme de s’y livrer. Je ne regarderai pas non plus comme un motif d’impuissance ï occlusion complète de l’orifice de l’utérus {Voyez Stérilité).
La sensation douloureuse que produit le coït , et qui tient dans beaucoup de cas à un des vices de conformation dont je viens de parler, ne saurait être regardée comme cause d’impuissance, qu’autant que la douleur serait assez vive pour que l’approche de l’homme ne pût être supportée; cette impuissance d’ailleurh pourrait n’être que temporaire ou relative^ puisqu’il serait possible dans certains cas de faire cesser la douleur en employant des médicamens appropriés, et que dans d’autres circonstances, il serait permis de croire à la possibilité du coït avec un individu dont le membre viril aurait de plus petites dimensions.
Quelques auteürs rangent encore parmi les causes physiques apparentes d’impuissance chez la femme la conformation très vicieuse des oe du hassin^ et am,e tumeur interne rétrécissant ses diamètres f parce qu’il est difficile de concevoir la possibilité
que la femme {juisse accoucher naturellement et sans le pius grand danger pour sa vie, ainsi que pour celle du fœtus (Marc;. Je pense qu’excepté le cas où le défaut de conformation ne permet pas l’entrée du membre viril dans le vagin, cet état ne peut être regardé comme une cause d’impuissance; c’est un motif d’opposition au mariage.
Deg causes morales d* impuissance.
Indépendamment des causes physiques impuissance dont J’ai parlé, il en est d’autres que l’on appelle morales, et dont l’action peut se faire sentir chez le sexe masculin , lors même que les organes génitaux sont parfaitement conformés.
Ne sait-on pas en effet que la haine, le dégoût, la timidité, des désirs trop vifs, des écarts de l’imagination, peuvent rendre l’homme incapable d’exercer le coït? Mais dans ces cas l’aptitude à la copulation n’est que suspendue ; l’impuissance, si elle pouvait être admise, serait tout au plus temporaire et relative; le plus léger repos du corps et de l’esprit , ou la simple vue d’une autre femme qui n’inspire aucun sentiment pénible , suffiraient pour réveiller la puissance génératrice. Ce serait à tort que l’on àécVdvevàit impuissarit l’individu qui serait soumis à l’influence de ces causes, parce que l’art ne possède aucun moyen d’apprécier leur existence ni leur degré d’influence. Il n’en est pas de même chez la femme; aucune de ces causes morales ne peut la faire déclarer impuissante, parce qu’il y a des exemples de coït même fécond chez des femmes qui, loin d’y avoir pris ijine part active, étaient restées dans la plus parfaite immobilité, et que citez d’autres on a vu l’acte vénérien se consommer au milieu de la haine, de l’épouvante et de la douleur.