DE L.4. STÉRILITÉ
La stérilité diffère de l’impuissance (J^ oyez page 177) et consiste dans une disposition particulière qui s’oppose à la conception. Un homme atteint d’impuissance irrémédiable est néces-
sairement stérile, puisque la fécondation ne saurait avoir lieu sans coït. Une femme peut être impuissante sans être stérile; en effet, si Timpossibilité d’exercer le coït dépend chez elle d’un vice de conformation qui s’oppose à l’introduction du membre viril, il suflBra d’y remédier pour que la conception ait lieu.
Les causes de la stérilité chez la femme sont l’absence de l’utérus, le défaut de cavité dans son intérieur, l’obturation de son orifice (1), le manque des deux ovaires, leur état squirrheux, carcinomateux, ou leur hydropisie, l’absence des deux artères spermatiques, l’oblitération des deux trompes et des conformations vicieuses dans lesquelles le vagin se termine à une certaine profondeur par une sorte de cul-de-sac, ou s’ouvre dans la vessie : il est évident que dans ce dernier cas la conception ne pourrait pas avoir lieu, lors même que le méat urinaire aurait éprouvé une dilatation successive assez grande pour admettre le pénis, comme des auteurs assurent l’avoir vu. L’ouverture du vagin dans le rectum ou dans la paroi antérieure de l’abdomen n’est pas une cause de stérilité {Voyez page 183).
La plupart des vices de conformation dont je viens de parler rendent la stérilité absolue et incurable, tandis qu’il est des vices de situation que l’on ne saurait considérer que comme des causes temporaires de stérilité : ainsi, que l’orifice de l’utérus soit trop bas, trop porté en arrière ou de côté, l’art parvient à le rétablir dans sa position naturelle, ou bien il suffit d’exercer le coït avec certaines précautions pour en faire disparaître les incônvéniens.
Un troisième ordre de causes de stérilité chez la femme, est celui qui tient à une disposition -particulière du tempérament , ou à ym^affeetion générale exerçant une grande influence sur l’utérus. Ici toutes les parties génitales sont en apparence bien conformées, et néanmoins la femme est stérile; il est vrai que la stérilité peut cesser au bout d’un certain temps, soit parce qu’on guérit la maladie qui la produisait, soit parce que le tempérament change avec l’âge. Combien de femmes, par exemple,
(1) Les exemples d’agglutination des parois ou des lèvres du col de l’utérus sont beaucoup plus rares qu’on ne l’a dit : en effet comme le fait observer fort bien Desormeaux, ons’en est laissé imposer par une grandeobliquité antérieure de rntérus, qui 6i avait rendu l’orifice inaccessible au doigt de l’accoucheur.
n’a- t-on pas vues deveuü' fécondes après quinze et vingt ans de stérilité?
Les flpeurs blanches et les règles immodérées ne sont poiat des causes de stérilité; la conception, pour être plus difficile chez les femmes atteintes de ces maladies, n’en a pas moins lieu; j’en dirai autant du squirrhe et du cancer de la matrice; un état même très avancé de ces lésions organiques n’empêche pas les femmes de devenir enceintes et d’accoucher à terme ; enfin, il va long-temps que les médecins s’accordent à ne plus regarder comme causes de stérilité le défaut de menstruation et de sensaüon voluptueuse, plusieurs femmes étant devenues grosses sans avoir jamais été réglées, et d’autres ayant été très fécondes quoiqu’elles ne prissent aucune part aux jouissances vénériennes.
Si les causes de stérilité chez la femme sont souvent si difficiles à apprécier, la difficulté est encore plus grande lorsqu’il s’agit de déterminer les motifs de la stérilité chez V homme qu’aucun vice de conformation ne rend impuissant ; la solution d’un pareil problème est au-dessus des ressources de l’art. Quand il y a impuis^ sance irrémédiable, la stérilité en est une suite nécessaire ; si l’impuissance n’est que temporaire, l’homme pourra ne pas être stérile; aussi je ne partage pas l’opinion dè Fodéré, qui regarde comme cause de stérilité chez . l’homme des cicatrices dans l’urètrc, qui obligent la liqueur spermatique de rétrograder vers la vessie; car il est évident que si l’on parvient à détruire ces cicatrices, le sperme pourra arriver jusque dans le vagin.
Conclusion sur l’impuissance et la stérilité.
1° Il existe chez l’un et chez l’autre sexe des causes appréciables d’impuissance absolue et irrémédiable; il suffit de constater cés causes, qui ne sont pas aussi nombreuses qu’on l’a dit , pour déclarer l’individu impuissant.
Certains vices d’organisation que nos sens peuvent saisir, et auxquels l’art peut remédier, déterminent l’impuissance que l’on doit qualifier de temporaire.
P Dans d’autres circonstances , la disproportion entré les or*gahes génîtau^c de l’homme et de la femme est telle , que si, pai“
des moyens appropriés , on ne parvient pas à la corriger assez pour permettre la copulation , on doit déclarer qu’il y a impuissance relative.
4° Les causes morales ne suflSsent point pour établir l’impuissance ; elles ne peuvent tout au plus que servir d’excuse au prévenu.
5° Le temps a fait justice des prétendus avantages d’une méthode aussi immorale qu’insufflsanie pour constater la réalité de l’impuissance ; je veux parler du congrès qui avait pour objet de mesurer en quelque sorte la puissance génératrice en présence de iémoiijs.
6" Dans une accusation d’impuissance temporaire et relative qui n’existerait plus au moment où le médecin serait requis de donner son avis , comme cela pourrait avoir lieu , par exemple dans le cas d’un désaveu de paternité , il faudrait prouver, par des attestations des gens de l’art, qu’il y avait impuissance à l’époque prétendue du coït.
T II n’est permis de conclure à la stérilité que dans le cas où il y a impuissance irrémédiable.
8“ Dans toute autre circonstance on ne peut établir que de simples conjectures, insuffisantes pour faire dissoudre üh mariage ou pour attaquer la légitimité des enfans.
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Des vices de conformation des organes génitaux qui don nent
à un individu V apparence d’un sexe dont il ne fait point