II
Viabilité, monstruosités.
Brunner (J. C.). Fœtus monstrosus et biceps. Strasbourg, 1672.
ScHOEPFFER (J. J.). Resp. S. J. GuTZMER, D. de gemellis concretis.Rostock, 1709.
Waldschmied (J. J.). Resp. F. L. Curds. De jure monstrorum. Giessên,
Schulze (J. H.). Resp. J. J. Latjffer. De infanti sine cerebro nato. Halle, 1740, in-4.
Bianchi (J. B.j. De naturali in corpore humano vitiosâmorbosâque generatione historia. Turin, 1741 , in-8.
Hedler (J. C.). De juribus hoihnis bicipitis. Wittemberg, 1754.
Jacobi (S.) præs. J. D. Metzger. D. de monstris qüoad medicum forensem. Halle, 1791-1793.
Bauch(J. C.)præs. J. D. Metzger. De monstris. Kœnigsberg, 1794.
Tiedemann (E.). Anatomia der Kopflosen Missgeburten-Landshut , 18Î3.
Meckel (J. L.). De duplicitate monstrosâ commentarius. Halle et Berlin, 1813, in-fol.
Elben (E.). De acephalis sive monstris corde carentibus. Berlin, 1821) in-4, fig.
Geoffroy-Saint-Hilaire (Isidore). Des anomalies de l’organisation, t. I. Paris, 1832, in-8.
RAPPORTS SUR LA VIABILITÉ DU fOETCS.
Premier rapport. jS^ous soussigné, etc. Arrivé dans la chambre, on nous a présenté le cadavre d’un enfant du sexe masculin, né depuis six jours, et mort la veille. La mère nous a dit être enceinte de sept mois lorsqu’elle était accouchée, qu’elle n’avait jamais étémalade, et que l’accouchement avait été facile ; M. X., accoucheur, a également attesté que le travail avait été de courte duréeelsans accident; il croyaitpouvoir attribuer la monde l’enfant à ce qu’il aurait été imprudemment exposé à l’action d’un air très froid, troisjours après la naissance.
Nous avons procédé à la visite et à l’ouverture du cadavre, et nous avons reconnu qu’il était long de 42 centimètres; qu’il pesait 1 kilogramme 568 grammes ; que la moitié du corps répondait à 3 centimètres environ au-dessus de l’ojnbilic ; que le cordon ombilical était tombé depuis peu ; que la peau était rosée et recouverte d’uii enduit sébacé ; que les ongles étaient déjà assez consistans ; que le cerveau, d’un blanc jaunâtre, n’offrait aucune trace de matière grise ; que les poumons étaient bien développés, qu’ils étaient gorgés de sang et comme hépatisés, et que néanmoins ils étaient plus légers que l’eau ; que la membrane muqueuse qui les revêt, était d’un rouge vif : du reste, tous les autres organes étaient sains ; le cadavre était froid, les membres raides, et on n’apercevait aucun signe de putréfaction.
Ces faits nous portent à conclure : 1° que l’enfant dont il s’agit était âgé d’environ sept mois ; 2° qu’il a vécu ; 3° qu’il est mort depuis peu ; 4“ que s’il est vrai que la plupart des enfans de cet âge périssent, il en est qui vivent, et que celui-ci était assez bien conformé pour qu’il fût permis de 1« considérer cùmxi\& viable ^ d’autant plus que pendant trois iours il avait exercé librement ses fonctions ; 5° qu’il a succombé à une inflammation des poumons, occasionnée probablement par l’action du froid. En foi de quoi, etc.
Deuxième rapport . Nous soussigné, etc. Arrivé dans la maison n”..., nous avons trouvé un enfant vivant, du sexe masculin, né la veille, que l’on nous a dit être à terme, et que l’on supposait
ne pas être viable, parce qu’il était resté pendant deux heure-: dans un état de mort apparente, et qu’après être parvenu à force de soins à le ranimer, il était retombé dans cet état, d’où il avait été difficile de le retirer. Du reste, nous avons appris que la mère était primipare , que le travail avait duré trente-six heures, et qu’au moment de la naissance , la face du nouveau-né étaittuméfiée et violette, et qu’on avait à peine laissé saigner le cordon ombilical avant de le lier.
Nous avons procédé à l’examen de l’enfant, et nous avons reconnu qu’il offrait le volume et la grosseur d’un fœtus à terme -, que le cordon ombilical répondait à-peu-près à la moitié du corps, que les cheveux et les ongles étaient bien formés, mais qu’effectivement il n’exécutait aucun mouvement , et que la respiration était suspendue ; la face était rouge et tuméfiée. Après avoir détaché la double ligature du cordon ombilical, et avoir laissé écouler environ deux cuillerées dé sang, nous avons remarqué de légers mouvemens dans les membres ; des frictions faites sur le thorax et sur la colonne vertébrale ont bientôt amené les changemenssuivans : la respiration s’est rétablie, l’enfant a poussé des cris, ses mouvemens sont devenus plus forts et plus étendus, elle sang a cessé de sortir par les vaisseaux ombilicaux. Au bout de deux heures, la face était décolorée, et rien n’annonçait que le nouveau-né dût éprouver encore les accidens dont il vient d’être fait mention.
Il résulte de ce qui précède : 1“ que l’enfant soumis à notreexamen est à terme ; 2» qu’il est viable ; 3® que si la vie a paru suspçndue pendant quelque temps , cela doit être attribué à la durée du travail de l’accouchement, et à ce que l’enfant n’a pas été secouru convenablement. En foi de quoi, etc.