C. Influence de V électricité. L’électricité accélère le dé
Yeloppement de la putréfaction 5 on sait avec quelle rapidité, les substances organiques animales se décomposent dans les temps d'orage ; l’électricité atmosphérique imprime alors aux tissus une modification pariiéülière quil est impossible de préciser, mais qui est certaine. Si l’on soumet, au contraire, le corps d’un muscle à un courant électrique, on peut analyser le phénomène ; quand l’action de ce fluide a été prolongée pendant un temps suffisamment long, les sels sont décomposés ; les oxydes se rendent au pôle négatif et les acides au pôle positif. L’expérience suivante de M. Mateucci est fort intéressante, relativement à ce sujet. Des morceaux de viande ayant été placés sur des plaques de zinc se sont conservés frais pendant long-temps ; la matière organique s’était électrisée positivement et avait repoussé l’oxygène, corps éminemment électro- négatif, dont l’action sur la putréfaction est si grande, tandis que la plaque de métal était chargée d’électricité négative.
D. Différences f revenant de l’état du cadavre. Les corps de plusieurs individus qui ont cessé de vivre à la même heure, transportés dans la même salle, exposés aux mêmes conditions dé température et d’humidité, présentent quelquefois des différéncès Considérables dans l’époque et la marche de leur décomposition putride. Quelques-unes des circonstances auxquelles ces variétés se rattachent sont parfaitement apprédables^ quelques autres ne peuvent être ni calculées ni prévues. Voici ce que l’observation et le raisonnement apprennent à ce sujet : lorsque la mort à été prômpte j lorsqu’elle est survenue après une maladie aiguë, le cadavre sè putréfie, toutes choses égalés d’ailleurs, plus promptement que si elle est Survenue après uUe maladie chronique qui a exténué le corps; Les cadavres des Jeunes enfans se putréfient plus facilement que ceux des adultes j ceux-ci plus rapidement que ceux des vieillards. Les cadavres d’individus replets se décomposent beaucoup plus rapidement que ceux des individus maigres. Il est facile de se rendre compte de ces faits par ce qui précède ; il est évident que la prédominance des humeurs sur les solides du corps chez les homm^ replets e^^ enfans, explique suffisamment leur décomposition rapide. G’est en raisonnant toujours d’après ces données que l’on comprend pour-
quoi la putréfaction s’empare plus lentement du cadavre d’un individu mort par hémorrhagie que de celui dont les vaisseaux sont distendus par le sang, comme on le voit après quelques asphyxies; pourquoi les parties dans lesquelles l’irritation, l’inflammation avaient attiré le sang se pourrissent promptement, pourquoi le même phénomène se développe avec plus de vitesse dans les organes contus,ecchymosés, engorgés. La putréfaction marche aussi plus rapidement dans les régions qui ont éprouvé des solutions de continuité, soit que les plaies aient été faites pendant la vie ou après la mort, comme on le verra par les expériences dont les résultats seront consignés plus loin.
La destruction des cadavres est encore avancée dans plusieurs cas par les larves qui proviennent de la ponte de quelques insectes, et notamment de la mouche carnière.
E. Influence de la nature du milieu dans lequel le corps est plongé. J’examinerai successivement ici l’action de l’air atmosphérique, de l’oxygène, de l’azote, de l’acide carbonique, de l’hydrogène, du chlore, du bi-oxyde d’azote et de l’acide sulfureux. Et d’abord la putréfaction peut-elle s’opérer dans le vide? C’est une question que M. Gay-Lussac résout négativement, tandis queFourcroy etGuntz adoptent une opinion affirmative.Quoi qu’il en soit, il est certain que la présence de l’air atmosphérique est une des conditions les plus favorables au développement de la fermentation putride ; il agit par l’oxygène qu’il renferme ; suivant Bœckman et Hildebrand, de tous les gaz l’oxygène est celui qui favorise le plus la putréfaction. A l’oxygène ajoutez l’azote, la décomposition est encore plus rapide ; de là l’influence de l’air atmosphérique ; cependant l’azote est antiseptique, car des matières animales plongées dans ce gaz se conservent long-temps ; il agit donc quand il est mélangé avec J’oxygène, en dissociant les molécules de celui-ci pour favoriser son action. Ce que j’ai dit de l’azote s’applique entièrement à l’acide carbonique comme Hildebrand l’a constaté dans ses expériences. L’hydrogène même saturé d’humidité, augmente la cohésion de la chair, et retarde la putréfaction. Le chlore, le bioxyde d’azote et l’acide sulfureux, s’opposent puissamment à la production de ce phénomène. Les corps plongés dans l’eau se décomposent moins rapidement
que ceux qui sont exposés à l’air (V oyez plus loin pour les divers phénomènes de la putréfaction dans l’eau).
II. Théorie de la putréfaction. Quatre substances simples sont les élémens des matières animales, l’oxygène, l’hydrogène, le carbone et l’azote. Le soufre, le phosphore, quelques autres corps simples et quelques sels s’y trouvent aussi dans certaines parties. Ces élémens réunis par l’action organique, dans des proportions variées, mais toujours telles que la nature inorganique ne nous les offre jamais, constituent les corps qu’on nomme principes immédiats des animaux, qui, à leur tour, entrent dans la composition des humeurs et des solides organiques. Les quatre premiers corps élémentaires que j’ai nommés, mis en présence les uns des autres, hors de l’influence de la vie, ne se combineraient jamais que dans des proportions définies, et de manière à donner naissance surtout à des composés binaires, comme l’oxygène avec l’hydrogène pour faire de l’eau, l’azote avec l’hydrogène pour faire de l’ammoniaque, le carbone avec l’oxygène pour faire de l’acide carbonique, etc. ; ou si ces produits devenaient plus complexes, ils résulteraient de la réunion encore en quantités définies de deux composés binaires en un seul, comme l’ammoniaque avec l’acide carbonique, etc. Dans les corps organisés, au contraire, la force assimilatrice luttant contre les afiinités chimiques, réunit trois à trois, quatre à quatre, et d’une manière qui nous est peu connue, les élémens primitifs pour donner naissance aux principes immédiats. Ceux-ci sollicités à-la-fois et par le mouvement nutritif qui tend à les maintenir, et par les lois physiques qui tendent à les dissoudre, céderont à la dernière de ces forces, lorsque la mort aura anéanti l’action de la première ; leurs molécules constituantes engagées dans de nouvelles combinaisons retourneront à la classe des corps inertes dont elles avaient cessé de faire partie, et qu’elles abandonneront peut-être encore pour jouir d’une existence éphémère dans quelque nouvel organisme. Macbride, chirurgien de Dublin, avait donné une autre théorie, ingénieuse pour l’époque à laquelle elle parut ; le dégagement abondant de gaz pendant la putréfaction lui avait paru prouver que la décomposition était due à ce que Xair fixe (acide carbonique) abandonne les ma-
tières animales ; la restitution de ce gaz aurait pu, suivant loi, opérer la restauration des chairs pourries. Il est évident qte Macbride a pris l’effet pour la cause, et qu’en outre il s’est trompé en ne faisant mention que du dégagement d’acide carbonique. Celte théorie a eu de l’influence sur l’étiologie et la thérapeutique de quelques maladies. C’est ainsi que la gangrène fut regardée comme une conséquence du dégagement de l’air fixe, et l’on trouve dans les mémoires et les prix de l’Académie de chirurgie plusieurs articles rédigés dans l’esprit de cette doctrine.
III. La putréfaction peut-elle se développer au milieti des corps jouissant de la vie ? Il faut considérer ici les solides et les liquides . On ne peut supposer que les premiers puissent éprouver les phénomènes de la décomposition avant que leur action vitale soit anéantie. Ceux qui pensent que la décomposition du corps peut précéder la cessation de la vie, ont cité les observations faites sur certains agonisans dont l’abdomen paraissait verdâtre avant qu’ils eussent rendit le dernier soupir ; mais ces observations, eussent-elles été recueillies avec le plus grand discernement, prouveraient tout au plus qu’une mort partielle a été suivie d’an commencement de décomposition partielle avant la mort et la décomposition générale. Mais qui ne sait que là couleur verte et même l’odeur cadavérique ne sont pas des signes constans de putréfaction ? Quant à la question de l’altération putride des liquides pendant la vie, elle exige que l’on établisse une distinction entre ceux qui sont entraînés plus ou moins rapidement par le mouvement circulatoire, comme le sang, la lymphe, le chyle, et ceux qui séjournent dans des cavités muqueuses, séreuses ou accidentelles. L’altération putride des premières humeurs admise à diverses époques, était encore la base sur laquelle les médecins fondaient, et la pàlhogénie et la thérapeutique des affections les plus redoutables, lorsque les écrits de Pinel, en dirigeant les esprits vers le solidisme, firent presque entièrement rejeter les maladies huniorales et surtout la possibilité de la putréfaction des liquides avant la mort. L’observ'aiion, le raisonnement, les expériences nous ramènent cependant, sinon aux théories des anciens, sur les maladies pu-
trides, au moins à l’admission des altérations des humeura ; altérations qui , il faut l’avouer, opposent à la thérapeutique des obstacles qu’elle ne pourra guère surmonter que par l’empirisme, et à la médecine considérée comme science, une borne qa’elle ne dépassera peut-être jamais. Les liquides qui séjournent dans les cavités muqueuses y sont quelquefois exposés à la putréfaction j la décomposition de l’urine précède quelquefois son excrétion , surtout chez les personnes affectées d’inflammation chronique des voies urinaires ; l’urine est alors ammoniacale, et celte circonstance est une des causes qui favorisent la formation de certains calculs. Cette opinion, qui est déjà énoncée dans ma Dissertation inaugurale^ a reçu d’un des travaux du célèbre Prout, une confirmation complète; l’ammoniaque devenue libre alors, diminue la solubilité des phosphates contenus dans l’urine, en leur enlevant une partie de leur acide, ce qui entraîne la décompositio i de ces sels dans la vessie.
Les liquides sécrétés accidentellement dans des cavités closes de toutes parts, comme les membranes séreuses ou les kystes, se décomposent rarement, tant que l’air extérieur n’a pas accès dans là cavité qui les recèle ; c’est même une propriété remarquable, que cette force conservatrice dont sont douées les parties animées, à l’égard des humeurs qui sont en contact avec elles. Cependant la putréfaction s’empare quelquefois de ces dernières sans le contact de l’air. Le pneuino-thorax, sans communication de la cavité des plèvres avec les divisions bronchiques, pourrait bien, dans quelques cas, reconnaître pour cause la décomposition des matières exhalées pendant une pleurésie chronique. Laennec admet cette cause du pneumo-thorax. Le pus accumulé dans un foyer non ouvert y subit quelquefois des altérations sensibles. La putréfaction se développe constam- .ment, lorsque l’air pénètre dans les sinuosités d’un abcès froid ou d’uu abcès par congestion. Tous les chirurgiens ont signalé l’influence funeste de la décomposition et de l’absorption du pùs de ces abcès.
La putréfaction s’établit encore au sein de l’économie animale, et toujours avec des résultats défavorables , dans beaucoup
d'autres circonstances sur lesquelles je ne puis pas m’arrêter. Je me bornerai à citer : 1“ celle qui s’empare des membranes couenneuses qui recouvrent le gosier dans quelques angines, de manière à simuler la gangrène de ces parties ; 2° celle qui, chez des individus dont les fosses nasales sont mal conformées, donne au mucus cette odeur repoussante qui constitue une des espèces d’ozène ; 3° celle qui se développe dans les matières du canal digestif sous l’influence de certaines maladies graves,, et qui, suivant quelques pathologistes , serait la cause occasionnelle des ulcérations intestinales qu’on remarque si fréquemment chez les individus qui succombent à ces maladies ; 4“ celle qui suit l’extravasation de quelques matières irritantes, comme l’urine, les matières fécales liquides, et qu’accompagne un dégagement assez abondant de gaz, d’où résulte une crépitation marquée dans les parties qui en sont le siège. On observe encore cet emphysème dans quelques inflammations de mauvaise nature ; mais il pourrait bien plutôt alors être le résultat d’une sécrétion gazeuse, que de la putréfaction des liquides que l’irritation a altérés ; 5° celle qui décompose la portion de l’épichorion qui reste dans l’utérus après l’accouchement, et à laquelle on attribue l’odeur spécifique des lochies ; 6“ celle enfin qu’on voit s’établir dans les polypes de l’utérus ou de la gorge après que leur pédicule a été étranglé par une ligature.
Divers états d’u7i individu vivant, quoir serait tenté de confondre avec la -putréfaction. On pourrait être souvent induit en erreur, si l’on jugeait qu^un corps est putréfié, seulement d’après l’odeur qu’il exhale et d’après la coloration de la peau ; car on sait relativement à l’odeur : 1° qu’elle varie considérablement suivant le milieu dans lequel est plongé le corps qui se décompose; 2» que quelquefois elle est à peine sensible; 3“ que dans beaucoup de circonstances, l’odeur du milieu domine tellement, qu’il est impossible de saisir celle qui appartient à la matière animale putréfiée ; 4° que pendant la putréfaction à l’air libre, l’odeur est presque, nulle à une certaine époque, et qu’il existe un moment où elle n’est pas désagréable ; 5° qu’il est des individus vivans qui répandent une odeur infecte ; il pourrait doue arriver que ces individus fussent dans un état de mort ap-
parente et qu'on les crût pourris, si on n’avait égard qu’à ce caractère. Relativement à la coloration de la peau, j’établirai qu’elle diffère beaucoup aussi, suivant les milieux, l’époque de la putréfaction, la partie qui se pourrit, etc., et que dans certaines maladies inflammatoires et nerveuses, on observe des taches rouges, \iolettes ou livides, offrant jusqu’à un certain point l’apparence de celles qui se développent pendant la décomposition putride. Fodéré rapporte que le corps d’une jeune femme était couvert de taches violettes et noires quatre heures avant qu’elle succombât à un accès d’hystérie. Ces considérations permettent de conclure que, si dans la plupart des cas l’odeur putride et la coloration de la peau sont des phénomènes propres à établir que les cadavres se pourrissent, il est des circonstances, fort rares à la vérité, où ces caractères sont insufïisans, et dans lescîuelies il faut attendre que l’épiderme soit soulevé et détaché, et même que le tissu de la peau soit ramolli, ces altérations étant constamment l’effet de la putréfaction, quel que soit le milieu qui environne le corps.
Conclusions sur les signes de la mort.
1® La putréfaction est un signe certain de la mort, si elle est parfaitement établie; un commencement de putréfaction ne suffit pas pour affirmer que la vie a cessé, puisqu’on a vu des personnes se rétablir dans l’espace de quelques heures, quoique la peau fût couverte de taches violettes, qu’elle répandît une odeur Infecte, etc.
2” Comme il pourrait être dangereux pour les assistons d’attendre, pour. inhumer le cadavre, qu’il fût entièrement pourri, on doit également conclure que l’individu est mort, si les membres ont présenté la rigidité désignée sous le nom de cadavérique, pourvu toutefois qu’on ait bien distingué' cette raideur de celle qui a quelquefois lieu chez le vivant.
Aucun des autres signes pris isolément ne suflat pour prononcer qu’une personne est morte ; mais leur ensemble pft’me^ d’établir de fortes présomptions.
BE 7LA BïîTB.jÉrAC;TÎOM SAKS ESS BIFFÉElEMS BSZEXEUX.
J’ai donné à l’histoire de la putréfaction dans les divers milieux les dëveloppemens que nécessitait' l’importance du sujet. Il ne faut pas perdre de vue que c’est à l’occasion des signes de la mort que j’ai été conduit à en présenter lès phénomènes et les résultats ; il importe donc de résumer les faits auxquels doit s’attacher le médecin légiste.
PUTRÉFACTION DANS l’aIR ET DANS LE GAZ DES FOSSES
d’aisances;
Pour bien apprécier les phénoinèhes de la putréfaction dans ces conditions^ j’ai cru devoir faire pourrir en même temps les parties des membres d’un même cadâvre placées dans l’air atmosphérique et dans le gaz des fosses d’aisances.
Je ferai remarquer toutefois, avant d’indiquer les résultats de ce travail j combien on serait induit èn èrrèur si l’on croyait que les changemens qui vont être signalés doivent se manifester précisément aux jours énoncés dans les expériences dont je vais rendre compte ; car la putréfaction peut être accélérée, retardée ou suspendue, suivant plusieurs circonstances dont j’ai déjà fait mention (voyez page 489) ; d’ailleurs, ces résultats n’ont trait qu’aux phénomènes que présentent les matières qui se pourrissent dans les gaz, et à l’ordre suivant lequel ces phénomènes se manifestent.
4 ° Dans Vair atmosphérique. L’avant-bras et la main d’un fœtus mort la veille ont été mis en contact avec l’air atmosphérique le 6 mai 4823, à dix heures du matin : la température a varié dans la journée de 44° à 47“ thermomètre centigrade (4). Le 7 mai, les ongles et le pouce sont livides, point d’odeur. 8 mai, teinte violacée générale ; odeur à peine sensible. 9 mai, couleur verte livide, notamment aux articulations ; l’épiderme commencé à se' détacher et à être soulevé par Une petite quantité de sérositéj
(1)- Température depuis le 7 mai jusqu’au 13 juin inclusivement : 7 mai de 16° à ai» ; le 8, de 14 à 16° ; le 9, de 12 à 13° ; le 10 , de 13 à 14° ; lè 11 , de 11 à 16° ; le 12. de 13 à 14° ; le 13, de 14 à 13° ; te 14; de 11 à 12° ; le 13 , de 11 à 12° ; le 16, 15° ; lé 17, de 13 à 16° ; le 18, de 14 à JS" ; le 19, de 12 à 13° ; le 20, 17° ; le 21, de 14 à 13° ; le 22, de 13 à 13° ; le 23, de 12 à 13" ; le 24, 14“ ; le 23, 14° ; le 28, de 10 à 12° ; le 29, de 14 à 16" ; le 31, de 13 à 18° ; lel"*' juin, 20°; 2, idem, -B, de 13 àl8o; S, 43°; 6, 14°; 7, 13° ; 9, 13°; 11, de 13 à 14° ; 43, de 12 à 14°.
Todenr n’est bien manifeste que dans la plaie faite à la partie supérieure de l’avant-bras pour détacher celui-ci du bras. 4Ô mai, la teinte verte est plus prononcée ; l’épiderme s’enlève en totalité ; le membre exhale une odeur fétide ; la plaie est sèche. 1 mai, les ongles sont presque noirs ; la peau est tachetée de plaques brunes, violettes, vertes, rosés 5 on remarque déjà des larves assez grosses ; odeur toujours forte. 12 mai, le ramollissement est tellement sensible, que la surface palmaire contiguë à la table est aplatie, elle fôt assez humide ; sa couleur est vert jaunâtre ; la surface dorsale qui est en contact avec l’air est sèche, d’un rouge foncé : odeur fétide, surtout dans les parties ramollies ; larves plus grosses. ^ 3 mai, les teintes verte et rouge sont plus prononcées; cette dernière annonce que la dessiccation de là portion dorsale ne tardera pas à être complète. M mai, la teinte verte domine. ^ 0 mai, la portion palmaire commence à se dessécher ; les muscles conservent leur couleur rouge ; l’odeur est forte et différente de celle qui s’était manifestée dans les premiers jours. 46 mai, rien de remarquable. Deux ou trois jours après, la dessiccation a fait de tels progrès, que l’on n’observe plus aucun phénomène de putréfaction.
2° Si, au lieu d’agir ainsi, on place la même partie du fœtus au-dessu|/i’un baquet contenant de l’eau, à deux ou trois décimètres de ce liquide, la" décomposition putride marche avec beaucoup plus de rapidité, parce que la matière animale est plongée dans une atmosphère plus humide.
.3“ L’avant-bras et la main ded’autre côté du même fœtus ont été exposés à l’air, après avoir éié profondément incisés dans trois endroits : la putréfaction a marché beaucoup plus rapidement, comme le prouvent les détails suivans. Le 7 mai, odeur légère. 8 mai, plaies de la face dorsale légèrement desséchées, répandant une odeur déjà fétide ; leurs bords sont d’un rouge violacé; plaie de la face palmaire contiguë à la table, humide, beaucoup: plus fétide ; ses bords sont verdâtres. 9 mai, l’odeur de cette dernière plaie est très désagréable ; bords livides; les plaies de la face dorsale commencent à se dessécher et ne répandent presque plus d’odeur. 4 0 mai, l’épiderme qui avoisine la plaie de la face palmaire se détache en totalité; on voit des larves nombreuses et déjà très grosses ; les autres plaies sont desséchées. 4 1 mai, le fond de la plaie de la face palmaire est brun ; l’odeur est très fétide. 42 mai, la plaie de la face palmaire est d’un gris verdâtre; les muscles sont en partie rongés, les os sont dénudés, lœ larvés très voluinîneuses ; la peau est rouge et sèche et l’odeur très fétide. 43 mai, les larves sont arrivées jusqu’aux plaies de la face dorsale. 4 4 mai, les muscles sont détruits; la peau enveloppe le radius et le cubitus à la manière d’une écorce sèche. 4 6 mai, on ne voit plus qu’un étui de peau desséchée rempli de larves.
4“ Le 6 mai, on a exposé à l’air deux fœtus à terme morts la veille ; l’un d’eux avait le thorax et l’abdomen ouverts ; mais les viscères de ces cavités étaient couverts en grande partie par la peau. Fœtus ouvert. 7 mai, depuis l’ombilic jusqu’au pubis, le lambeau de peau est tacheté de vert ;
les viscères répandent Todeur qui leur est propre. 8 mai, le lambeau est uniformément vert; cette couleur s’étend jusqu’aux clavicules; la portion de viscères non recouverte se dessèche; les portions couvertes sont humides et commencent à exhaler une odeur putride. 9 mai, le lambeau est d’un vert plus foncé ; son épiderme se détache ; dessiccation complète de la portion des viscères qui est en contact avec l’air; odeur plus forte de ceux qui sont recouverts ; on voit un nombre prodigieux de larves. \ 0 mai, le lambeau se dessèche ; les larves sont encore plus nombreuses ; l’odeur est très prononcée. 4 \ mai, lambeau rongé jusqu’à la peau ; celle-ci est sèche et racornie ; les poumons, le cœur et le canal digestif sont presque entièrement dévorés par les larves; odeur ammoniacale très pénétrante ; toutes les parties exposées à l’air sont noires. 42 mai, la peau du ventre était détachée, les muscles abdominaux détruits et les viscères réduits à quelques lambeaux noirâtres d’une odeur excessivement fétide.
Fœtus non ouvert. 7 mai, à partir de l’ombilic jusqu’au pubis, la couleur de la peau est verte ; l’abdomen est ballonné ; le thorax paraît dans l’état naturel. 8 mai, abdomen plus ballonné et vert dans une plus grande étendue ; on voit sur chaque côté du thorax une plaque verte; la région du sternun, est incolore; odeur cadavéreuse légèrement fétide. 9 mai, la teinte verte est plus foncée, et s’étend un peu sur le sternum et sur les mamelons; l’abdomen est plus ballonné; l’épiderme ne se détache pas encore, t Ornai, odeur un peu plus fétide ; couleur d’un vert brunâtre ; la région du sternum n’est guère plus colorée; l’épiderme ne se détache que difi5cilement et par petits lambeaux. ^ \ mai, on fait l’ouverture du cadavre ; les intestins, l’estomac et tous les autres viscères offrent la couleur et l’odeur qu’ils auraient présentés si l’ouverture eût été faite le 5 mai.
Voici comment Fourcroy décrit les phénomènes de la putréfaction à l’air libre : « La substance animale se ramollit, dit-il, si elle était solide, devient plus ténue, si c’est un liquide ; sa couleur change et tire plus ou moins vers le rouge brun ou le vert foncé ; son odeur s’altère, et, après avoir été d’abord fade . et désagréable, elle devient fétide et insupportable. Une odeur ammoniacale se mêle bientôt à la première, et lui ôte une partie de sa fétidité : celle-ci n’est que temporaire, tandis que l’odeur putride existant avant elle, reste encore après et subsiste pendant toutes les phases de la putréfaction. Les liquides se troublent et se remplissent de flocons ; les parties molles se fondent en une espèce de gelée ou depuirilage; on observe un mouvement lent, un boursouflement léger qui soulève la masse, et qui est dû à des bulles de fluides élastiques, dégagées lentement et en petite
(juantité à-la-fois. Outre le ramollissement général de la partie animale solide, il s’en écoule une sérosité de diverses couleurs gui va en augmentant. Peu-à-peu toute la matière fond j ce léger boursouflement cesse, la matière s’affaisse, la couleur se fonce ; à la fin l’odeur devient souvent comme aromatique, et se rapproche même de celle que l’on nomme ambrosiaque ; enfin la substance animale diminue de masse, ses élémens s’évaporent et se dissolvent, et il ne reste qu’une sorte de terre grasse, visqueuse , encore fétide » {Système des connaissances chimiques j tome IX, page 101).
Boissieu a divisé le travail de la putréfaction en quatre temps : 1“ tendance à la putréfaction ; 2° putréfaction commençante ; 3° putréfaction avancée ; putréfaction achevée.
La description de Fourcroy présente les phénomènes de la putréfaction à l’air libre dans leur plus grande généralité, mais leur développement dans un cadavre entier donne lieu à une multitude de phénomènes secondaires provenant de causes diverses. Les gaz ne pouvant se dégager au moment de leur formation, distendent les organes creux, tels que le cœur, les poumons, l’estomac, les intestins, ou s’infiltrent dans le tissu cellulaire sous-cutané ; de là le soulèvement de la peau, la disparition à la périphérie des membres, des saillies musculaires et osseuses, l’augmentation du volume du corps. Par leur tension élastique, ces gaz provoquent une sorte de circulation des fluides, d’où résultent diverses excrétions, quelquefois l’ascension des alimens dans la cavité buccale. Le sang, décomposé, reflue dans tous les vaisseaux veineux, superficiels, et ceux-ci se dessinent à l’extérieur par des traînées d’un rouge livide comme si elles avaient été injectées; de là, l’injection sanguine de quelques parties, les épanchemens séro-sanguinolens dans les cavités séreuses, la cruentation des plaies, etc. De ce que les liquides du corps sont devenus plus ténus et les solides plus perméables, il peut arriver que diverses colorations, des ecchymoses et des épanchemens sous l’épiderme soulevé se manifestent.
La couleur verte et la distension par les gaz commencent ordinairement à se montrer à la partie abdominale; le cou, la face, la poitrine, sont successivement envahis, là peau des membres se
colore un peu plus tard. On enlève quelquefois les ongles ejtj même temps que l’épiderme. La peau conserve encore sa consistance au commencement de cette période, et si pn la tiraille avec des pinces, elle résiste; si l’on fait des incisions ailleurs qu’au bas ventre, on trouve les muscles encore colorés en rouge, mais ils sont déjà ramollis et s’altèrent promptement par le contact de l’air ; ils deviennent gluans , verdâtres , et rougissent le papier de tournesol. Les membranes muqueuses exposées à l’air y prennent une teinte grisâtre et se transforment bientôt en une bouillie qu’on enlève en la grattant.
La putréfaction continuant, les yeux s’affaissent de plus en plus et la sclérotique devient brune. L’abdomen s’ouvre et une plus ou moins grande quantité de matières putrides et degaz s’e® échappent. Enfin lés parties molles de la poitrine , de la tête et du cou tombent peu- à-peu, laissent les os à nu, et la matière cérébrale sort de la cavité crânienne par les orbites.
Toutefois si la paatière animale est parfaitement sèche, elle ne se pourrit pâs; sa décomposition est au contraire accélérée si elle est humide. L’air sec, abstraction faite de toute autre influence, retarde là putréfaction, parce qu’il s’empare de l’eau de la matière animale ; cette action est encore plus manifeste de la part de l’air sec qui se renouvelle souvent; les momies égyptiennes ne sont autre Chose que des cadavres durs, inflexibles, imputrescibles, cassans, de Couleur jaunâtre ou brunâtre, ayant perdu une grànde partie de leur poids, pour avoir été eipôsés à des courans d’air séc et chaud dans les déserts de l’Afriqué. L’air humide et stagnant favorise la putréfaction.
il résulte de ce qui précède que, lorsqu’on voudra juger^ d’après l’état plus on moins avancé de la putréfaction, l’époque de la mort de l’individu dont on examiné le cadavre, il faudra, pour apprécier à sa juste valeur l’influence que l’air a dû exercer, avoir égard à son état thermométrique et hygrométrique pendant les jours qui ont précédé celui où l’on examiné le corps.
B. Dans le gaz des fosses d’ aisances :
Désirant comparer la marche que suit la putréfaction dans Voir atmosphérique et dans le gaz des fosses d’aisances, j’ai fait plonger, dans le gaz d’une
fosse, le membre inférieur d’un enfant à terme, mort la veille ; ce membre était attaché à un cordon, à l’aide duquel on pouvait le retirer facilement pour l’examiner ; la cuisse et la jambe du côté opposé ont été laissées à l’air atmosphérique et placées à 6 centimètres environ au-dessus d’un baquet rempli d’eau, afin de prévenir leur dessiccation, et de rendre l’atmosphère qui les entourait à-peu-près aussi humide que celle du gaz de la fosse.
Eospérience commencée le 24 juillet. Air atmosphérique. 25 juillet , peau d’une couleur vert sale, par parties ; odeur fade; la plaie est brune, sèche et couverte d’œufs de mouches (température, 1 4° th. centig.). 27 juillet, tendance à la dessiccation ; couleur plus verte ; plaie couverte de larves; épiderme du pied soulevé par^ces animaux , partout ailleurs il se détache facilement; ongles d’une couleur livide, légère odeur de putréfaction (temp. 4 3“). 28 juillet, les parties dépouillées d’épiderme sont brunes et sèches; les larves ont gagné l’intérieur du membre; l’odeur putride est beaucoup plus sêosildè (temp. idem). 30 juillet, la peau est brune et sèche; l’épiderme entièrement boursou^é ressemble à des mimosités desséchées, et se réduit presque en poussière ; les larves . sent encore dans la peau qui leur sert pour ainsi dire d’étui (temp. 25“). 2 août, dessiccation complète; il ne reste plus que les os dans la peau ; les larves sont mortes ou tombées dans l’eau (temp. 4 6°). 4 août, idem. Gaz des fosses d’aisances. 25 juillet, peau d’un blanc sale, excepté dans ^quelques points où elle offre une teinte verdâtre; plaie couverte d’œufs ; point d’odeur. 26, couleur verte très prononcée ; larves peu voJumineuses et nombreuses; l’épiderme qui recouvre les parties vertes se détache facilement ; les ongles du pied sont légèrement livides; le membre est à peine odorant. 27, les portions dépourvues d’épiderme sont brunes : partout où il existe, il est altéré par les larves. 28, ramollissement considérable ; odeur putride très manifeste; chair en partie détruite par les larves. 29, larves grosses, nhairs presque entièrep,ent détruites; odeur plus forte. 30, il n’y a plus d’épiderme; le genou et le pied ne tiennent plus que par les hgamens et les tendons ; l’odeur est înr supportable. 2 août, il nè reste plus que les os, les tendons et une petite quantité de peau ; presque toutes les larves sont mortes. 4 août, on ne retire de la fosse qu’un fragment de peau.
f Pf %Ép4ÇT|tpiV ,PAΫS. pf TERUp.
L’étude de la puteefaction des cadavres dans la terre est d’autant plus importante, que le médecin légiste est souvent appelé par le ministère, public à faire des ephumaiions Juridiques. Elle a été pour moi l’objet de longues recherches (1), et j’ai cru, pour
(1) -Ce qui sera dit désormais sur la putréfaction dans les différens milieux est extrmt du ’fraité Am eadHmat 'wjis juridique^ nous avons publié nn l831, M, Lesttegr et moi.
traiter convenablement ce sujet, devoir examiner successivement la putréfaction des cadavres ensevelis dans des fosses particulières, et de ceux qui sont entassés dans des fosses communes.
Piitrêfaction des cadavres ensevelis dans des fosses ■particulières.
J’ai pris en considération les circonstances diverses qui peuvent apporter quelques modifications dans les résultats de l’observation, et j’ai étudié
1° La putréfaction des cadavres de vieillards nus ou enveloppés d’une serpillière, et enterrés au cimetière de Bicêlre;
2° La putréfaction des cadavres de vieillards enterrés au même cimetière dans des bières de sapin neuf de è à 6 millimètres d’épaisseur;
3° La putréfaction des cadavres de vieillards enveloppés d’une serpillière ou d’un drap, et enterrés au même cimetière dans des bières de sapin neuf de 27 millim. d’épaisseur;
4“ La putréfaction des cadavres d’enfans âgés de quelques jours, enveloppés d’une serpillière ou d’un drap, et enterrés au même cimetière dans des bières de sapin neuf de 27 millim. d’épaisseur, ou dans des boîtes plus minces ;
0° La putréfaction des cadavres d’adultes nus ou renfermés dans des bières de 4 à 6 millim. , et enterrés dans un coin du jardin de l’hospice de la Faculté de médecine de Paris ou ailleurs ;
6“ La putréfaction comparée de fragmens des cuisses d’uii même cadavre dans des terres de différente nature.
Voici les expériences qjie nous avons faites, ÎVI. Lesueur et moi, pour éclairer ce sujet :
NÉCROPSIE ê®.
Lançon, âgé de quatre-vingts ans, mort le S mars 4840, à la suite d’une double pneumonie, et inhumé le 8 du même mois au cimetière de Bicêtre, fut exhumé le 23, quinze jours après l’inhumation ; il avait été simplement enveloppé dans une serpillière, sorte de grosse toile claire, bien différente,
par conséquent, des draps ordinaires (1). Quelque temps avant d'enterrer ce cadavre on avait tiré un coup de pistolet à bout portant dans la bouche, pour savoir jusqu’à quel point l’os maxillaire inférieur pouvait se fracturer.
La serpillière est entière et recomTe tout le corps, excepté à la partie antérieure et moyenne du thorax, où ses bords sont légèrement écartés ; sa couleur est un peu plus brune qu’avant l’inhumation, et elle résiste encore beaucoup quand on veut la déchirer.
Le cadavre est également entier ; mais en relevant la serpillière on détache, dans quelques endroits, de petits lambeaux d’épiderme, dont quelques-uns adhèrent à peine à cette toile, et que l’on peut facilement en séparer : ces lambeaux offrent les caractères de l’épiderme qui est encore attaché à la peaü, et dont je parierai bientôt. La partie antérieure du corps est couverte de terre qui y adhère çà et là, et y est comme massée; on ne peut l’enlever qu’en détachant l’épiderme sous-jacent.
La coloration générale de cette partie du cadavre, débarrassée de terre, est d’un blanc jaunâtre tirant légèrement sur le rose dans certains points ; toutefois l’abdomen est d’un vert clair; en arrière, la couleur est violette. On trouve quelques vers sur le ventre, mais particulièrement au dos. Le corps exhale une odeur assez fétide.
V épiderme existe presque partout ; il est ridé, très légèrement soulevé, et facile à détacher en petits lambeaux, excepté dans certaines parties où il ne peut être séparé que sous forme d’un enduit ; ces lambeaux sont minces, translucides, d’un blanc grisâtre, même lorsqu’ils proviennent de l’abdomèn, qui est coloré en vert, comme je l’ai déjà dit; on voit toutefois à la partie interne et inférieure de la jambe gauche un de ces lambeaux d’un vert pré, et la peau sous-jacente est bleuâtre et comme ecchymosée. L’épiderme de la face plantaire des pieds est très adhérent, plus sec et plus mat que partout ailleurs ; celui de la face dorsale n’offre rien de remarquable. La paume des mains et les doigts sont recouverts par cette cuticule qui ressemble assez à celle de la face plantaire des pieds; la face dorsale du carpe et du métacarpe en est presque entièrement dépourvue. Les ongles s’arrachent avec facilité ; ils sont assez élastiques, un peu ramollis et à peine translucides^ la peau qu’ils recouvrent offre déjà une teinte rosée et même rougeâtre dans certains points.
La peou, colorée, comme il a été dit en parlant de la coloration générale du corps, est dans l’état naturel, si ce n’est qu’elle est un peu ramollie. Le tissu cellulaire sous-cutané et intermusculaire ne diffère pas de l’état normal, excepté à la partie postérieure du crâne et à la partie moyenne et supérieure du dos, où il est sensiblement ramolli sans être infiltré, et à la partie inférieure du dos, où il est le siège d’une infiltration sanguinolente qui lui donne l’aspect d’une gelée rouge.
(1) Pendant ces quinze jours, la température avait presque constamment été de 10® à 14® thermomètre centigrade, à midi.
Les musçl^, sont gn géiiéral d’un rouge pâle, ramollis et faciles à d&hirer; ceux de rabdomen sont de couleur livide et verdâtre ; ceux de la partie inférieure du dos sont plus ramoUis, infiltrés de séi'osité sanguinolente, et rougeâtres.
Les nerfs, les tenions, les aponévroses, les cartilages et les ligamens^nt dans l’état naturel,
Tête. La tête est couverte de cheveux gris assez adbérens. La face est encore très reconnaissable ; elle est de couleur jaunâtre au front, au menton et à droite ; la partie latérale gauche est légèrement verdâtre, comme ecchymosée. Les orbites paraissent pleins ; les paupières sont appliquées sur la partie antérieure des globes oculaires qui est un peu affaissée; elles sont entières, un peu aoiincies et légèrement ramollies. Les yeux offrent encore toutea les parties qui les composent ; la cornée transparente est la seule membrane qui soit affaissée ; elle est notablement obscurcie; l’humeur vitrée présente une teinte bistre clair ; à cela près, les membranes et les humeurs de l’oeil paraissent dans l’état naturel. Les muscles destinés à mouvoir les globes oculaires sont pâles et ramollis, tandis que le paquet graisseux qui les environna est à l’état normal. Le, nez est entier .et decouleur jaunâtre; ses ailes sont légèrement déprimées. La bouche .est largement ouverte, Les lèvres sont ramollies, amincies, d’un gris yerdâtre à gauche, et d’une teinte plus cluire à droite. Le nrenton et les joues sont couverts de barhe hlanohe ; les os maxillaires offrent encore quelques dents. Les oreilles sont pn partie dépuiilées d’épiderme; le derme, misa nu, est d’un rouge yif- La peau du crâne, débarrassée de cheveux, est d’un rouge vi.f tirant sur Je violet; celle des régions temporales est d’un rougi moins .foncé Iprsqu’pn r.inêisg, on voit qu’.ellp adhère encore fortement, ai que le tissu ceUuîai.re sous-^jacent est humide et a une grande • s’infiltrer, Surtout eu arrière et au? parties postérieures latérales.
Le, cerveau, si ce p’est qu’il est un peu ramolli, est daus î’étUt naturglj le ramollissement est plos mar,qtté jlaus la .substance grise. Le .cervelet, ; dans lequel .00 trouve p.roportiPnnelleinent beaucoup plus de substance grise., est sensiblement plus raraplîi ; la protubérance annulaire a égalçntept perdu de sa consistaflee ; toutefois, ees divers organes sont assez bien conservés pour pouvoir servir à l’étude anatpm.ique. J#a moelle .épinière gst à-peu-^près dans l’état naturel,,
Thorax, La ^r.t.ié antérieure xlu thorax estèouverte du poilè qui y sont peu adbérens . Les deux .cavités du thorax renferment une assez grand^ quantité de sérosMé .sanguimolèote ; il y g desadhéreaues, gurtoutàgaU" che. Les poumons^ d’un volume et d’un aspect ordinaires, nagent sur l’eau, sont crépi taps, excepté dans certaines parties du Jobe moyen droit, qui sont rouges, dures et au premier degré d’hépatisation, et dans une grande partie du lobe supérieur gauche, qui est le siège de l’hépatisation grise. Les plè\Tes, aux ad.hére,nces près, dont j’ai parlé, SPnt dans l’état naturel. La nièmbrane muqueuse de la trachée-^art^p est .d’up vert noi^
râtre plus foncé du côté des bronches et dans les divisions de celle^i, que du côté du larynXj où elle est à peine colorée en gris rougeâtre et piquetée de quelques points noirs. L’intérieur du larynx et la face inférieure de l’épiglotte sont d’un gris légèrement violacé et parsemés çà et là de taches noirâtres. La membrane muqueuse laryngo-trachéale n’est pas sensiblement ramollie ; le tissu cellulaire qu’elle recouvre, surtout à la base de l’épiglotte, est infiltré. Les cartilages du larynx et de la trachée-artère sont dans l’état naturel.
Le péricarde, lé gèrement ramolli , contient quelques décagrammes de sérosité jaunâtre ; du reste, il est â l’état normal. Le cœur, très volumineux, renferme beaucoup de sang noir, en partie coagulé, et n’offre rien de re^ marquable ; les valvules sigmoïdes sont ossifiées. L’aorte et les autres artères contiennent du sang noir en partié coagulé ; leur membrane interne, de conleiir naturelle, ne présente encore aucun indice de cette teinte rouge qui annonce une imbibition cadavérique, La veine cave inférieure renferme aussi du sang noir fluidp, et n’est pas plug colorée qqe les artèreg.
Le diaphragme est dans l’état naturel,
Canal digestif. Il y a dans la cavité de l’abdomen une certaine quantité d’un liquide comme bilieux. Labouche offre, dans presque toute l'étendue de la voûte palatine^ une couleur bleuâtre qui correspond à l’endroit par lequel avait pénétré la balle du pistolet. Le voile du palais, ses piliers, la luette et le pharynx sont d’un rose yiolacg, tirant sur.le pâje, et présentent çà et là de petites tacbes blenâtres, dups peut-être à des grains de poudre. La langue, d’une couleur violacée pâle, est .sensibleînent ramollie^ on voit, vers sa partie postérieure, des taches noirâtres comme celles qui existaient au voile du palais. L’œsophage, légèrement ramolli, paraîtàl'état normal, si ce n’est qu’on y remarque à l’intérieur- plusieurs petites tumeurs vari^ queusps remplies de san^ noir liquide, tumeurs qui constituent évidem= ment une lésion pathol^ique. .contient environ deq?; cuillerée
d’un liquide brunâtre assez épais et fétide ; la membrane muqueuse, dans sa partie pylorique, présente une large plaque d’un gris bleuâtre, semblabie à l’onguent méfcuriel, qui s’étend jusqu’à 6 centimètres âu-delâ du pylore; dans lès autres parties, elle est jaunâtre, excepté toutefois vers le grand culde-sac, et dans l’étendue d’environ 9 centimètres carias, où elle est rougeâtre et piquetée d’un rouge vif, sous forme d’une arborisation extrêmement fine, ce que l’on doit attribuer à une lésion existant avant la mort. On remarque aussi au-dessous des autres parties de cette membrane muqueuse, qui ne sent pas çglQréçs en. gris bleuâtre, l’arbofisatiop vasculaire gui s’y trouve ' habituellement": du resté, cette mémbraue est sensiblement ram.od.ie., surtout dans sa partie splépigpe. La tunique inu|cùleuse g^i,, Sâtre et ne participe nuÛemeut delà Jointe bleue gue fou remarque pr^ du pylore. La membraue séreuse est jaunâtre, et d’un jaune rose par places. Les épiploons sent un peu plus gris qu’à l’état naturel' Les intestins grêles, d’uu gris légèremeut roug^tre à rextérjeur, u’ offrent que la pre.^^e de
ces coaleurs à leur face interne ; on n’y découvre aucune trace de rougeur; leur membrane muqueuse est un peu ramollie ; les valvules conniventes sont très apparentes. Les gros intestins sont dans l’état naturel.
Le foie, de couleur verte à l’extérieur, surtout à droite, est un peu ramolli et ne présente rien d’extraordinaire. La vésicule biliaire est distendue par Une grande quantité de bile. La rate et le pancréas sont un peu ramollis.
Organes urinaires et génitaux. Les refns sont à l’état normal; il en est de même de la vessie, qui renferme beaucoup d’urine. La verge est très molle ; les corps caverneux sont affaissés et ne contiennent point de sang. Le scrotum est dans l’état naturel et couvert de poils, ainsi que le pubis. Les testicules, quoique ramollis, ont conservé leur forme, leur structure ; il en est de même des épididymes, des cordons testiculaires et des vésicules séminales.
Remarque. Cette observation est remarquable par la teinte noirâtre de la membrane muqueuse de la partie moyenne et inférieure de la trachée-artère et des bronches, teinte qui n’est certainement pas le résultat d’une lésion qui aurait existé avant la mort ; d’une autre part, elle ne me paraît pas devoir être considérée comme un phénomène cadavérique, puisque je ne l’ai jamais constatée, et qu’au contraire les cadavres qui sont restés quinze, vingt-cinq ou quarante jours dans la terre, offrent une coloration rougeâtre de la membrane muqueuse des voies aériennes. Tout porte à croire que cette couleur est due à l’introduction dans le larynx et dans la trachée-artère, de la portion la plus fluide des matières noirâtres que l’arme à feu avait laissées dans la bouche; ces matières, ramollies par les mucosités et la salive, auraient cheminé vers les bronches, comme l’eau pénètre lorsque les cadavres sont plongés dans ce liquide, comme la terre s’y introduit elle-même lorsque les corps sont ensevelis tout nus.
NÉCROPSIE 2®.
N***, âgé de soixante-dix ans, mort le 5 mars \ 830 à la suite d’une pneumonie qui avait duré quatorze jours, fut inhumé le 7 du même mois au cimetière de Bicêtre, à la profondeur d’un mètre , après avoir été siinpiement enveloppé'dans une serpillière. L’exhumation eut lieu le 12 avril, trente-sept jours après l’inhumation. Un thermomètre centigrade, laissé pendant quelques minutes à 33 cent, environ au-dessous de l’endroit où reposait le corps, marquait 9° -f- 0“, tandis qu’il s’élevait à 10° dans
l’atmosphère : mais je ferai observer que la température, qui avait été de 18“ à 22° iherm. cent., avait notablement baissé depuis deux jours. La température moyenne, pendant le mois de mars avait été de 8,9 -j- o° therm. centigr., et pendant les douze premiers jours d’avril, de 1 3 à 22° à midi. Le cadavre est entier, couvert de terre et d’une grande partie de la serpillière, les autres portions de cette toile ayant été détruites ; plusieurs des lambeaux restans peuvent être facilement séparés; d’autres, au contraire, et ils sont assez nombreux, sont entièrement mélangés avec la terre avec laquelle ils sont comme massés, et adhèrent tellement au corps, que pour les enlever il faut gratter assez fortement avec le scalpel, et alors on détache aussi de larges plaques d’épiderme qui restent étroitement unies avec le mélange de terre et de serpillière dont il s’agit. L’odeur qu’exhale le cadavre est assez fétide ; son aspect est humide et luisant ; on ne découvre ni vers ni mouches à sa surface. Sa partie antérieure offre une teinte générale d’un jaune sale tirant sur le rose ; cependant on remarque plusieurs plaques vertes à la partie antérieure des jambes et aux aines, et d’autres d’un rouge assez foncé disséminées çà et là ; l’abdomen est vert dans toute sa moitié inférieure ; il est jaunâtre, plaqué de vert dans sa partie sus-ombilicale ; les parties latérales et inférieures du thorax, surtout à gauche, sont d’un gris verdâtre. En arrière, le tronc est rougeâtre, parsemé de plaques vertes et d’un rouge foncé.
L’épiderme existe partout, excepté dans les portions que l’on a été obligé de gratter fortement pour enlever la serpillière et la terre; mais il se détache avec la plus grande facilité par longs lambeaux d’un blanc grisâtre, translucides, se déchirant par la plus légère traction; toutefois, celui qui recouvre la paume des mains et la plante des pieds est presque opaque, beaucoup plus épais et d’un blanc tirant légèrement sur le jaune ; sa face interne, dans quelques parties, est colorée en rouge ou en vert par un liquide séreux que l’on entraîne par le lavage, et alors on voit reparaître la couleur blanche du tissu. Les portions d’épiderme détachées avec la serpillière ne peuvent plus en être séparées que sbus forme d’un enduit extrêmement mince, rouge, brun ou verdâtre. Les ongles qui recouvrent encore la plupart des doigts et tous les orteils, s’enlèvent aisément à l’aide de pinces; ils sont de couleur ordinaire, faciles à couper, comme s’ils avaient été trempés dans l’eau, et translucides; le derme qu’ils recouvrent est d’un rouge cerise, humide et luisant.
La peau, diversement colorée suivant les régions où on l’examine, offre les mêmes teintes que la surface du corps ; du reste, elle ne diffère de l’état naturel que par un certain degré d’amincissement. Le tissu cellulaire n’est pas saponifié ; il est un peu ramolli, moins élastique et plus sec ; aussi forme-t-il, entre la peau et les parties sous-jacentes, une couche moins épaisse que de coutume ; sa coulem- est à-peu- près la même qu’à l’état naturel ; celui de la partie inférieure et postérieure des jambes est infiltré par-^ une sérosité rougeâtre qui lui donne un aspect gélatineux.
Les muscles sont ramollis, d’un rouge pâle aux cuisses, aux bras, aux avant-bras, mais surtout au thorax, où les grands pectoraux sont presque décolorés ; ceux des jambes et des pieds sont d’un rouge un peu plus foncé; dans les portions de l’abdomen qui correspondent aux parties que j’ai dit être vertes, ils sont d’un>rouge assez pâle; enfin, ceux du dos sont encore plus ramollis, infiltrés de sérosité sanguinolente et d’un rouge plus foncé qu e partout ailleurs.
Les tendons et les Ugamens sont dans l’état naturel ; il en est de même des cartilages, si ce n’est qu’ils offrent une couleur rosée dans quelques points. Les os n’ont éprouvé aucun changement notable ; toutefois, à la face interne des tibias, ils sont rosés, ce qui tient sans doute à ce que la peau qui les recouvrai t était plaquée de rouge foncé .
Tête. La face est reconnaissable, en sorte que l’identité pourrait être constatée ; elle est généralement d’un rouge sale dans son milieu, et d’un rouge violacé sur les côtés. Le front est jaune, plaqué de rouge cerise; les paupières sont d’un blanc grisâtre rosé, amincies, entières, dépourvues de cils. Les globes oculaires sont très afi’aissés et paraissent vides au premier abord; la cornée transparente est notablement obscurcie; cependant on trouve dans ces organes toutes les membranes parfaitement reconnaissables aux caractères qui leur sont propres, et toutes les humeurs ; à la vérité, parmi ces dernières, le cristallin seul a conservé ^a forme et ses propriétés; les autres sont remplacées par un fluide peu consistant, de couleur bistre qui semble être due à la choroïde. Les paquets graisseux qui occupent le fond des orbites sont imprégnés d’une matière huileuse jaunâtre, et nullement .saponifiés. Les muscles destinés à mouvoir les yeux sont tellement pâles et ramollis, qu’on a de la peine à. apercevoir leurs fibres. Le nez est entier et fortement déprimé sur les côtés ; la peau qui recouvre les os propres est d’un brun noirâtre ; dans le reste de son étendue, elle est d’un blanc jaunâtre. Les lèvres sont entières aussi, un peu ramollies et d’un jaune terreux ; la bouche est ouverte ; la membrane gingivale est d’un blanc grisâtre et presque décolorée ; les os maxillaires sont encore garnis de quelques dents. Le menton est d’un jaune terreux ; les joues sont jaunâtres dans leur moitié antérieure, et d’un rouge violacé en arrière et en haut. Les oreilles sont entières, en partie. dépouillées d’épiderme, et de couleur jaune rougeâtre sale ; la gauche est sèche, la droite est humide et assez ramollie. Des cheveux sont accolés sur la peau du crâne, 'mais on les enlève facilement ; après avoir gratté dans cette région avec un scalpel et avoir détaché les cheveux et l’épiderme, on voit que la. peau est lie de vin; le tissu cellulaire est humide et légèrement infiltré par un liquide rougeâtre à la partie postérieure et inférieure ; du reste, on distingué très bien l’aponévrose crânienne.
Le cerveau ne remplit pas la avité du crâne ; il est réduit à-peu-près aux sept huitièmes de son volume, et il existe entre lui et la dure-mèredes gaz assez fétides. Il semble réduit en une bouillie d’un violet verdâtre à
FeHérieur; en l’incisant, on s’assure qu’il est en effet très ramolli, et qu’il coule comme une bouillie très épaisse, d’ün gris violacé dans quelques parties, d’un gris de ferdans d’autres et d’une grande fétidité. On peut encore distinguer les deux substances grise et blanche, mais avec peine, et il serait impossible de reconnaître aucun des organes qui entrent dans la composition des ventricules, etc. Le cervelet est encore plus mou et plus putréfié que le cerveau. Lès nerfs sont d’un gris rosé et très résistans. La dure-mère èst entière, de couleur bleue tirant sur le vert à l’extérieur, et d’un violet verdâtre à sa face interne ; sa structure et sa consistance ne paraissent point changées.
Thorax. Il existe dans les cavités des plèvres une petite quantité d’un liquide sanguinolent ; ces membranes sont un peu raùiollies et grisâtres. L’intérieur du larynx, de là trachée-artère et des bronches est de couleur olive clair, surtout à l’épiglotte et sur les cerceaux cartilagineux ; quand on lave la membrane muqueuse, là teinte verdâtre diminue d’intensité et semble prendre un reflet livide ; en énlèvant cette membrane, on voit que la tunique musculaire est rougeâtre et ramollie ; les cartilages du larynx et de la trachée-artère se coupent et sè cassent facilement. Les poumons sont mous, emphysémateux, crépitans, excepté dans quelques parties, de couleur et de volume ordinaires, ét nageant sur l’eau ; leur partie postérieure est gorgée de sang, ce qui dépend en grande partie d’un engorgeihent qui avait eu lieu pendant la vie ; quelques portions de cette même région présentent les caractères de l’hépatisation rouge et grisé ; du reste, dans toutes les autres parties, la structure de cet organe est parfaitement reconnaissable. Le péricarde renferme un peu de sérosité sanguinolente ; il est légèrement rougeâtre, par suite de l’imbibition du sang, et se déchire assez facilement. Le cœur, de volume et d’épaisseur ordinaires, est ramolli et contient du sang en partie fluide, en partie coagulé , la couleur de ses parois internes est un peu plus foncée qu’à l’état naturel ; la valvule triciispide présente quelques taches noirâtres, qui sont aussi l’effet de l’imbibition, et qu’on pourrait, jusqu’à un certain point , confondre avec celles que déterminent certains poisons ; du reste, on reconnaît toutes les parties qui composent l’organè dont je parle. L’aorte , l’artère et les veines pulmonaires renferment du sang moitié liquide, moitié coagulé ; leurs parois internes sont à peine colorées en rougeâtre clair , et cette teinte peut s’enlever en grande partie par le lavage; les tuniques sont ramollies et se séparent facilement les unes des autres. Les artères des membres cofttiennent aussi du sang noir épais ; leur membrane interne est beaucoup moins rouge que celle des veines correspondantes, et se détache avec la plus grande facilité. Les veines des membres renferment également un peu de sang noir épais ; leur tunique interne est d’un rouge assez foncé, même après avoir été lavée; du reste, elle est lisse, et paraît dans l’état naturel. Le diaphragme est un peu ramolli et de couleur ordinaire.
Canal digestif. La membrane muqueuse de la bouche est d’un gris légè-
rement verdâtre, surtout en arrière ; en avant, sa couleur est un peu pio» claire ; du reste, elle est ramollie. La langue a perdu beaucoup de sa consistance; elle est d’un vert pré plaqué de livide en haut dans sa moitié postérieure, tandis qu’elle est d’un gris rouge antérieurement; sa face inférieure est pâle dans toute son étendue ; sa structure ne paraît avoir subi aucun changement. L’arrière-bouche offre aussi une teinte verdâtre. L’œsophage est, d’un rouge cerise à l’extérieur ; intérieurement il est d’un vert pré sale, comme la langue dans son tiers supérieur; la membrane muqueuse est au contraire d’un rouge pâle dans ses deux tiers inférieurs ; on voit çà et là, dans toute son étendue, des taches ou plutôt de petites élevures comme lenticulaires noirâtres, qui sont de véritables ecchymoses formées par du sang épanché'et coagulé entre les membranes muqueuse et musculeuse ; cette dernière tunique est d’un rouge violacé, et peut être facilement séparée des autres, qui sont toutes sensiblement ramollies. Il es! évident, d’après ce qui précède, que l’œsophage ne saurait être considéré comme étant le siège d’une inflammation.
Uestomac renferme à peine une cuillerée d’un liquide lie de vin ; il est rouge à l’extérieur, surtout en bas dans une assez grande étendue delà grande courbure ; cette surface externe est très lisse ; la membrane muqueuse, après avoir été lavéfe, est généralement grise, tirant un peu sur le rose ; dans les parties qui correspondent à la grande courbure, elle est d’un rouge assez foncé. Près du pylore, on remarque une injection vasculaire très fine d’un rouge cerise vif ; on y voit aussi de grosses veines remplies de sang noir; cette arborisation est un effet évident d’une lésion de l’estomac; du reste, la membrane muqueuse gastrique est encore assez adhérente et peu ramollie. On ne voit pas, dans la région pylorique, ces plaques vertes tirant sur l’ardoise, que j’ai constatées dans d’autres nécropsies (F. page 507). La membrane muqueuse esf un peu ramollie et de couleur naturelle ; la tunique séreuse paraît à l’état normal. Les épiploons sont aussi un peu plus mous ; quelques-uns de leurs vaisseaux sont gorgé.s de sang noir. Le canal intestinal est très distendu par des gaz; sa couleur extérieure est naturelle, excepté dans les portions qui correspondent au foie et à la rate, où elle se rapproche de celle de ces deux organes; la membranemuqueuse est grisâtre; dans certaines parties, cependant, elle est rosée et même violacée ; là où elle est couverte par des excrémens, elle offre une teinte jaunâtre ; mais quand on la lave, on détache un enduit de cettecou* leur, et on voit qu’elle est aussi grisâtre , mêlée dj violet et de.rose.
La rate est noire, extrêmement ramollie, au point qu’on la déchire en l’enlevant; il n’est plus possible de reconnaître sa structure. Le /ofe ressemble tout-à-fait à celui des cadavres que l’on ouvre peu de temps après la mort, si ce n’est qu’il est un peu plus mou et d’une couleur plus brune. La vésicule du fiel est à l’état normal ; la bile qu’elle renferme est épaisse, jaunâtre, et communique cette teinte à la tunique interne.
Organes urinaires et génitaux. Les reins sont très ramollis: on ensé-
pare aisément !a membrane externe ; ils sont d’une couleur foncée, mais on y distingue encore bien les trois substances. La vessie est ample et d’une couleur rosée à l’intérieur; du reste, elle ne paraît pas avoir subi d’altération. La verge est entière , ramollie, en partie dépouillée d’épiderme; son extrémité libre est violacée; on distingue parfaitement la structure des corps caverneux, du canal de l’urètre, des testicules, etc., mais ces organes sont très ramollis ; la tunique albuginée est très légèrement violacée.
NÉCBOPSIE 3e.
T*** âgé de soixante-huit ans, mort le 49 janvier 1830, d’une attaque d’apoplexie, fut inhumé tout nu le surlendemain au cimetière de Bicêtre, dans une fosse particulière, creusée à 1 mètre et demi environ; depuis longtemps cet individu était en proie aux symptômes d’une hypertrophie du cœur. L’exhumation eut lieu le 9 mars 1 830 à dix heures du matin, c’est-àdire quarante-sept jours après celui de l’inhumation. La température moyenne de l’atmosphère avait été, du 24 au 31 janvier, de 4 ,6 — 0° ; pendant le mois de février , de 4 °,2 — 0° (4 ), et pendant les neuf premiers jours de mars, de 4 0,2-t-0° au maximum. Examen du corps. Le cadavre est entier, ni affaissé ni tuméfié, un peu humide et couvert de terre qui est comme massée à sa surface. On enlève cette terre avec précaution à l’aide d’un scalpel, et quelque soin que l’on prenne, on détache presque partout en même temps des lambeaux d'épiderme. Lorsque le corps est ainsi débarrassé de la terre qui le recouvrait, on voit que la face est assez peu altérée pour qu’on puisse constater l’identité, que la couleur générale du cadavre est d’un blanc pâle antérieurement, si l’on en excepte la partie latérale du thorax et de l’abdomen, qui est d’un rose légèrement violacé ; cette couleur est d’autant plus foncée que l’on s’approche davantage du dos : on remarque aussi aux parties internes des cuisses, des jambes, des bras et des avant-bras, des plaques d’un rouge violet. En somme, au premier abord, l’aspect de ce cadavre diffère à peine de celui d’un sujet mort depuis peu de jours, et qui n’a pas encore commencé à se putréfier. La partie postérieure du tronc est couverte, comme la partie antérieure, de terre massée, mais plus humide; la peau de cette région est d’un blanc rosé tacheté de violet à sa partie supérieure ; partout ailleurs elle est violette.
L’épiderme tient à peine au derme et a été enlevé presque partout avec la terre qui couvrait le cadavre. En examinant les portions de terre massée, qui font pour ainsi dire corps avec les lambeaux de l’épiderme, on voit que celui-ci ne saurait être séparé de la terre, et que sa surface libre, celle qui correspondait à la peau, est grise, sillonnée et légèrement humide; il
(1) Sur ces quarante jours, le thermomètre centigrade marqua, pendant vingtdeux jours, depuis 1 jusqu’à 16" au-dessous de zéro.
semblerait que dans toutes ces parties l’épiderme a déjà éprouvé une altération qui l’a rendu légèrement graisseux, et qui aurait probablement fini par former cet enduit que l’on aperçoit plus tard à la surface de la pean, et dont je ferai mention en temps opportun. Les parties où l’on trouve encore l’épiderme sont les paumes des mains, les plantes des pieds, entre les doigts et les orteils; tandis que la face dorsale des mains, des doigts, des pieds et des orteils, en est complétement.dépouillée, excepté toutefois vers les dernières phalanges des doigts et des orteils, où l’on en trouve encore quelques lambeaux. Cet épiderine çstgoulevé à la paume des mains; il est rugueux, plissé et semblable à celui de la même partie sur lequel on aurait appliqué pendant long-temps un cataplasme .émollient : dtr reste, il est blanc, sillonné, épais, légèrpjnent traqsluçide, et .se déchire à la pjijs légère traction. A la plante des pieds, fl çst beaucoup plws soylfvé qu’au? mains, et prêt à loriiber ; son aspest gst le même, Les QnglM existent par»tout et se détachent avec la plus grande laçililéj iis sont légèrement rarapllis: le derme qu’ils couvrent est d’ufte couleur rouge sembiable à celle de la gelée de groseille.
La peau de couleur naturelle , si ce n’est àux parties déjà, meutioufléeg en parlant de la coloration extérieure du corps, ojBfrg la même consistauçe et le même aspect qu’à rétat normal. Le tissu çellulaire et les masgl^s sont dass l’élat naturel , si ce n’est que le tissu celitüaire de la partie postérieure du crâne est infiltré d’une asse? grande quantité de sérosité saugiânolente ; que celui de ia région lombaire est encore plus infiitré, et o|freap aspect comme gélatineux; que les muscles fessiers et les portioiis de Cem qui sont à la partie inférieure du dos, sont livides; et fu’il en eetfie même de ceux de la partie postérieure des cuisses qui SôBtjd’une CpulêUT beaucoup plus foncée que ceux de la partie antérieure. Les 1^
aponévroses, les Ug^mens et les os spnt à l’état normal, .Les nerfs présentent une teinte rosée; du reste/ils re.sgeinb!ent parjaitement à CÇUS #3 cadavres récgns.
La tête est garnie de cheveux que l’on pe.iit enlever facilement, bes orbites sontfermé? par les paupières qui sont rapprochées et enfoncées, en sorte qu’au premier abord les cavités orbitaires ne paraissent qu’à mPifié pleines, JSn écarfant les paupières qui sont amincies , et au^uellas sont ençpre attachés quelgues cils, on aperçoit le globe de rmü Ifès affaissé , .et ^Ont la cornée transparente est singulièrement obscurcie; du resté j on reconnaît toutes les parties qui le cproposept, ainsi que les muscles et le paquet graisseux qui spnt logés dans les orbites- Le nez n’est que très légè^ re.raept atfaissé. Les lèvres, les joues , le menton sont dans l’étât naturel , si ç.a n’est qu’ils sont légèrencmnt ramollis , et que leur couleur, lorsqu’on en a bien enlevé la terre qui les recouvre, est d’un gris jaunâtre. La bouche est béante, et renferme de la terre très humide. Les oreilles sont entières, ramollies et à peine déformées. Le cerveau est mou , surtout du côté gauche, où le ramojlissement semble dépendre d’une lésion pathologique ; eu
rfet, en levant l’hêmispîière de ce côté par tranches , on voit, afa^-s avoir séparé les parties les plus extérieures qui sont saines , que près du ventricule latéral correspondant, il existe une certaine quantité de sérosité sanguinolente, et que la masse encéphalique est jaunâtre et comme pultacée : on trouve aussi une grande quantité de sérosité sanguinolente à la base du crâne ; les vaisseaux cérébraux sont en grande partie gorgés de sang noir. La dure-mère est dans l’état naturel ; il en est de même du cervelet , qui paraît seulement un peu ramolli par suite de la décomposition putride.
Thorax. Il n’y a point de sérosité épanchée dans les cavités des plèvres ; on ne voit non plus aucune trace d’adhérences : au premier abord, les organ«s renfermés dans ces cavités paraissent à i’élat normal. Les poumons sont gris , marbrés de rose et de noir en avant ; ils sont légèrement empbysémateux , crépitans , et leur structure n’offre rien d’extraordinaire. Postérieurement ils sont d'un violet foncé, ce qui semble tenir autant à ce que le cadavre s’est refroidi étant couché sur le dos, qu’à la difficulté avec laquelle la circulation pulmonaire s’était exercée pendant les derniers temps de la vie; du reste, la structure de cette partie postérieure des poumons diffère un peu de celle des autres parties : en effet, ils sont plus denses , d’un rouge homogène , un peu gorgés de sang , tandis qu’il y en avait à peine en avant ; on dirait que postérieurement les poumons avaient subi un commencement d’hépatisation avant la mort. Quoi qu’il en soit, ces organes sont dans un état de conservation tel, qu’on reconnaîtrait parfaitement toutes les altérations pathologiques dont iis pourraient être le siège.
Le larynx el la trachêe-arlère sont entiers et à l’état normal, si ce n’est que la membrane muqueuse qui les tapisse intérieurement a une couleur rouge foncé, surtout entre les cerceaux cartilagineux. On trouve à l’intérieur de ces organes et Jusqu’aux divisions bronchiques une quantité notable de terre imbibée de liquide et en bouillie, qui a pénétré par la bouche. Le péricarde ne renferme pas de liquide. Le cœur, très voluipineux , est légèrement ramolli , et contient dans ses ventricules comme dans ses oreillettes du sang noir en partie coagulé ; les parois du ventricule gau^ che offrent à-peu-près 20 raillim. d’épaisseur, et sont évidemment hypertrophiées; la couleur intérieure de ce ventricule est naturelle, tandis que celle du ventricule droit est d’un violet foncé ; cette teinte semble même pénétrer toute l’épaisseur de ses parois. On ne remarque aucune granulation à la surface de cet organe, dans lequel, du reste, on reconnaît à merveille toutes les parties. La crosse de Vaorte contient du sang en partip coagulé; sa membrane interne est d’un rouge clair, effet de l’imbibition qui ne s’étend cependant pas au-delà de celte membrane. Les artères des membres renferment du sang coagulé ; leur membrane inte^'ne est légèrement fusée. La veine caye cpntient du sang noir à naoilié coagulé; elle est fpugeâtre à. l'intérieur, ce qui lient encore à une imbibition cadavérique. Le diaphragme est dans l’état naturel.
Organes de la digestion.. La langue est entière , ramollie , dépourvue
d’épideime ; on y remarque encore les papilles lenticulaires qui se trouvent à la partie postérieure de sa face supérieure , et qui forment le V, dont la pointe est tournée en arrière. Entre la base de la langue et l’épiglotte , on voit une certaine quantité de terre imbibée de liquide et en bouillie, qui pénètre dans le larynx, comme je l’ai déjà dit. L’cesophage renferme dans sa moitié supérieure de la terre molle et en bouillie ; sa membrane muqueuse est d’un gris rougeâtre , plaquée et piquetée de violet ; la moitié inférieure de ce conduit musculo-membraneux ne contient point de terre , et la tunique muqueuse qui entre dans sa composition est un peu plus rouge qu’à la partie supérieure ; du reste, elle est lisse partout : les diverses teintes dont je parle s’étendent aux autres membranes. Vestomac renferme environ deux cuillerées d’un liquide brun rougeâtre ; sa membrane muqueuse , généralement d’une couleur aurore tirant un peu sur celle de l’ocre , est grisâtre dans certains points et de couleur vert-bouteille tirant sur le bleu près du pylore , où l’on voit une plaque longue de 80 millim., offrant cette dernière couleur ; cette tunique interne est ramollie et se détache très facilement ; ainsi enlevée, elle présente les diverses teintes dont je viens de parler. Rien dans cette coloration n’annonce une inflammation, tandis qu’à l’extérieur ce viscère est généralement rouge, surtout dans les parties correspondantes aux portions intérieures de couleur aurore : cette rougeur pourrait simuler jusqu’à un certàin point une inflammation. L’intérieur du duodénum est d’un rouge brun jaunâtre , tandis que le jéjunum est grisâtre , excepté dans quelques points où il est jaune; ces portions jaunes sont emphysémateuses et soulevées par des gaz épanchés dans le tissu cellulaire sous-muqueux , de manière à simuler au premier aspect de petits paquets graisseux. La membrane muqueuse des autres intestins est d’un gris légèrement jaunâtre- A l’extérieur, tout le paquet intestinal offre une teinte grise légèrement rosée, teinte qui s’est surtout manifestée depuis que l’air atmosphérique a agi sur les viscères de l’abdomen. Les gros intestins contiennent des matières fécales.
Le foie, la vésicule biliaire, les épiploons sont dans l’état naturel. La rate est un peu ramollie , le pancréas un peu plus gris qu’à l’état normal.
Organes urinaires et génitaux. Les reins et la vessie qui est vide , sont dans l’état naturel. La peau du pubis est couverte de poils qui s’enlèvent avec beaucoup de facilité. La verge est ramollie, flasque, mais entière ; on y reconnaît toutes les parties qui la composent. Les testicules, leurs enveloppes , les cordons testiculaires et les vésicules séminales sont dans l’état naturel , si ce n’est qu’ils sont légèrement ramollis.
Remarques. Cette observation me paraît devoir fixer mon attention sous plusieurs rapports. 1“ Le cadavre, quoique enterré nu dans un terrain qui hâte beaucoup la décomposition des corps, s’est parfaitement conservé, ce qui dépend en grande
partie de rabaissement notable de la température pendant une grande partie du temps qu’a duré l’inhumation ; 2° l’introduction d’une certaine quantité de terre Jusqu’aux divisions des bronches et jusqu’à la moitié de l’œsophage ; 3° la possibilité de constater encore les diverSés altérations pathologiques du cerveau, du cœur, des poumons, etc. ; 4“ la rougeur de la membrane interne du larynx, de l’œsophage et de l’extérieur de l’estomac, et l’engorgement des poumons ; celui-ci paraît reconnaître pour cause à-la-fois le genre de mort auquel le sujet avait succombé, et l’inhumation prolongée.
NÉCROPSIE 4*.
N..., âgé de soixante-dix ans, mort à la suite d’une péricardite chronique, le 20 janvier 4830, inhumé le lendemain au cimetière de Bicêtre, après avoir été simplement enveloppé d’une serpillière, fut exhumé le 46 mars suivant, cinquante-quatre jours après l’inhumation. La température moyenne de l’atmosphère pendant ce temps a été marquée à la page SI 3.
Le cadavre est entier et couvert de terre humide et comme massée. Lorsqu’on enlève la majeure partie de cette terre, on voit que la serpillière est détruite sur les parties latérales des bras, des jambes, à l’abdomen et à la partie postérieure du tronc ; les portions de toile qui restent et qui sont appliquées sur le corps, ne peuvent être détachées sans enlever en même temps l’épiderme sous-jacent. Le cadavre, débarrassé de toute la terre et des débris de la serpillière, est maigre ; l’abdomen est notablement enfoncé, au point que les fosses iliaques sont parfaitement dessinées; la face, quoique déformée, est encore assez reconnaissable pour qu’on puisse constater l’identité. On ne découvre ni vers ni mouches ; l’odeur n’est pas très fétide. La coloration générale de la partie antérieure est rosée ; cependant l’abdomen et la pqrtie interne de la jambe gauche sont d’un bleu verdâtre, et l’on remarque des plaques assez larges, d’un rouge vif, vers les malléoles internes, à la partie interne des genoux et des cuisses, vers le haut de la poitrine, sur les deux côtés du col et vers la région zygomato- maxillaire droite. La partie postérieure du tronc offre égalementune couleur gris rosé, excepté à la région lombaire du côté gauche, où il existe une plaque verdâtre, ayant à-peu-près 4 0 centim. carrés.
Épiderme. La majeure partie de l’épiderme, ainsi que je l’ai déjà dit, a été enlevée avec la serpillière, partout où celle-ci existait. Cet épiderme peut encore être détaché de la serpillière à l’aide du scalpel, et alors on voit qu’il présente différentes nuances qui peuvent être réduites aux
eonlenrs grise, rosée et pelure d’ôignoii rouge ; il est translucide, râmolK et très -facile à déchirer. Dans les parties que la serpillièrte ne recouvre plus, et dans celles qu’elle recouvre sans adhérer à la surface du corps, l’épidermé existe encore : ainsi, on le trouvé à l’aDdomêri, â la paflié intênié dés èüisses, sur lès parties latérales do thofhx èt internés des bràsetavântferas : il ést à noter qüè lès tnembres thoracîqüés étaient immédiàlèraëttt appliqués contre le thorax, et le touchaiènt par conséquent. On troare encore l’épiderme à la plante des pieds et entre les orteils, où il est soulevé en grande partie et prêt à se détacher ; sa coulèur ést blanche, tirant lég^ rement sur le verdâtre ; sa consistance inoindré que dâns l’état nàîurèi; ïès po'hiidTïs ïpaî lié sofat ^aâ èncôré ënlèvéés sont ridëëS et plisséés. paumes des mains et les doigts aussi sont entièrëifiëhi ëottvërts par cuticule, qui est d’un blanc mat, ridée, fortement plissée, et semblable à celle qui aurait été pendant long-temps en contact avec des cataplasmes émolliens. Lorsqu’on cherche à sépàfër l’épiderme de la face, on n’en obtient qùe de très petits lambeaux, et on le détache sous forme d’un endüit gris rosé, cOhimë onguentacé.
Lés mgles éxistëht, mais ils adhèrent assez faiblement aux doigts'et aas dhêils pdur pouvoir êtresépatéspaf là plus légère traction; ils sont raràoliié et la pëan qu’ils recouvrent ést rouge comme de la gelée de groseille.
La pëait' diversement colbréè , comme jé l’ai déjà dit, laisse apercevoir les empreintes de la serpillière partout où celle-ci adhérait et pressait : aussi fëmarqüë-t-on, par exemple, à la partie antérieure des cuisses; feur la poitrine, etc., dés lignes transversales et parallèles aussi rapprochées l’une de l’autrë qùe lé sont les fils de la serpillière. Dans plusieurs parties privées d’épidërihë, et notamment à la partie antérieure des cuisses; là peau offre un iüisaht remarquable, qui, au premier abord, paraît dépendre éxcluSiveméut d’üri eridüit graisseux qui ta recouvre, mais qui tient réellement â la peau elle-^même, puisqu’il persiste après avoir enlevé cét enduit. Du resté, la pèau ne diffère pas, par sës autres propriétés^ de ce qu’elle est à l’état normal Chez des individus maigres.
Lé tisèii cellulàîré sOüs-cutarié est dans l’état naturel, excepté à la partie inférieure du dos, à la région massetériennei temporale et cervicale droite, et à la partie postérieure ët latérale de la tête, où il est rougeâtre et même lîtidë et infiltré de sérosité sanguinolente.
Les iHüscles dOS cuisses, et surtout eetîx Ûesjdmbés, Sont un peu ramollis êt offrent unë teinte livide tirant légèrement sur le vert; ceux de i’abdêttféfl sont ehebre plus ramollis ët d’ùrté èoülëur semblable à ceux de la jainbe; ceux du thorax ët dès raembfes thoraciques sont moins altérés, et parai^ent même dans l’état naturel ; leur ceuléUr est d’üh fOugè vif, ët leur ramollis^ sëâiènt à péine marqué : il ëh est de mêmê dë ceux du col, excepté toutefois à la partie latérale droite, où ils sont tiës râiriollis et tividês; parce que là tête a été penchée de ce côté pendâàt tout lé temps dë l’inhUmatiOn ; eëùi dê la partie supérieure dü dos sont à l’etàt normal, tandis qu’inférieur#^
ment §t dans les régions fessières ils sont infiltrés, livides et très ramollis.
Les fendons et les aponévroses sont à l’état naturel : il en est de méifie des nerfs, des Ugamens et des cartilages, si ce n’est qu'ils ofirent un légère teinte rosée.
Tête. Elle est couverte de cheveux gris, assez peu adhérens pour qu’ôn les enlève facilement avec le scalpel, longs d’environ 3 centim. , entremêlég de moisissure blanche, fine, qui est aussi en partie appliquée sur eux. La peau du crâne, dépouillée de cheveux, est d’un jaune rosé au front, d’un rouge vif au sommet de la tête et à la région occipitale, où la couleur est même plus foncée : du reste, elle n’offre rien de remarquable. Ainsi que Je l’ai déjà dit, le tissu cellulaire sous-jacent est infiltré d’une sérosité sanguinolente, notamment à la partie latérale droite. Les sourcils sont entiers, noirsi Les paupières ne sont que légèrement déprimées et enfon-»* cées ; en sorte que les orbites paraissent presque pleins : elles sont amincies et de couleur rose pâle, excepté au grand angle de l'œil, où elles sont d’un rouge livide : la droite est dépourvue de cils, tandis qu’on en observé encore quelques-uns à la gauche. Les globes oculaires sont affaissés, ternes, mais entiers ; on y reconnaît toutes les parties qui les composent : la eôrnée transparente, qui est pMliculièrement obscurcie, offre de légères granulations 5 le paquet graisseux qui se trouve à la partie postérieure de là cavité orbitaire est dans l’état naturel ; les muscles de l’œil sont ramollis et pâles. Le ne% est entier et de couleur grisâtre ; ses parties latérales sont un déprimées. Les lèvres sont également entières, jaunâtres, rapprochées l’une de l’autre et ramollies. La bouche est fermée ; les os maxillaires sont garnis de dents ; le menton, qui est d’un jaune légèrement rosé^ est couvert de barbe, ainsi que la lèvre supérieure. Les oreilles sont entières aussi : la droite, dépouillée d’épiderme^ est d’un rouge livide, hu- Dîide et ccanme infiltrée 5 la gauche est affaissée, comme desséchée, jaunâtre, et enduite d’une espèce de pommade : cette différence tient, commé jè l’ai déjà dit, à ce que la tête était penchée du côté droit. La jàuo droite est jaunâtre en haut, d’un blanc grisâtre en bas, et rosée vers le milieu ; elle est humide et luisante : les régions parotidienne, temporale ét auriculaire du mênie côté sont tuméfiées, d’un rouge cerise, humides et in- Sltréés d’une grande quantité de sérosité sanguinolente, tandis qu’à gauche toutes ces parties, en y comprenant la Joue, sont d’un blanc jaunâtre, comme desséc’nées et ternes, exeepté vers la commissure, où l’on remarque une petite partie humide et un peu luisante.
Le cerveau remplit la cavité du crâne ; le sinus longitudinal supérieur paraît fortement injecté. Après avoir incisé la dure-mère, on aperçoit les Vaisseaux qui rampent à la surface du, cerveau, et qui sont fort injectés} Coupé par tfançhes, cet organe paraît ramolli, surtout à la partie antérieure des hémisphères, où la substance grise o&e déjà une teinte verdâtee ; toutefois, ce rarnollissemeïit est eneore loin d’être porté au pœût
de rendre la masse cérébrale diffluente : partout ailleurs les deux substances, parfaitement distinctes, sont de couleur naturelle. Les deux ventricules latéraux ne renferment aucun corps étranger, et l’on y distingue tellement bien les parties qui les composent, que l’on pourrait faire servir cet organe à l’étude de l’anatomie. Le cervelet est entier, mais beaucoup plus ramolli, surtout inférieurement et postérieurement où il est livide ; toutefois, il n’est pas diffluent, et on peut encore y reconnaître les deux substances. La dure-mère et les deux autres membranes de l’encépbale semblent dans l’état naturel.
Thorax. Sa conformation est ordinaire -, lorsqu’on l’ouvre, on voit qu’il est presque entièrement rempli par les viscères, qui, au premier abord, paraissent dans l’état naturel. Les poumons, de volume ordinaire, d’un gris ardoisé à leur partie antérieure, sont d’un vert-bouteille en arrière; ils sont crépitans, légèrement emphysémateux et gorgés de sang; dans quelques-unes de leurs parties, surtout à la base, ils offrent la densité et l’aspect d’un poumon au premier degré d’hépatisation ; du reste, et partout ailleurs, leur structure est parfaitement reconnaissable. Les plèvres sont dans l’état naturel; il n’y a aucun liquide épanché dans leurs cavités; on observe seulement quelques légères adhérences. ' Le larynx et la trachée-artère sont entiers, et ne contiennent point de terre comme chez le sujet de la nécropsie 3® {voy. page 515) ; mais il faut noter que chez celuici la tête était encore entière, enfermée dans la serpillière au moment de l’exhumation, tandis que l’autre cadavre avait été inhumé tout nu. La membrane muqueuse qui tapisse ces organes est rougeâtre, surtout dans les parties qui correspondent aux cerceaux cartilagineux ; cette rougeur est un effet évident de la putréfaction.
Le péricarde est entier et distendu par 380 gr. environ d’un liquide séro-sanguinolent ; sa surface externe n’offre rien de remarquable ; mais à l’intérieur il est le siège d’une multitude de fausses membranes ayant beaucoup d’analogie avec celles que je vais décrire en parlant du cœur. Cet organe, d’un volume considérable, est d’un rose pâle; les parois du ventricule gauche sont à peine épaissies ; le ventricule droit est aminci et très dilaté ; l’un et l’autre renferment un peu de sang en partie coagulé ; intérieurement, surtout à droite, les cavités du cœur offrent une couleur rouge assez foncée, ce qui est le résultat d’une imbibition cadavérique ; du reste, on ne remarque aucune granulation sur cet organe. Sa surface externe est recouverte, dans toute son étendue, d’une couche épaisse de 2 à 4 millim., d’apparence et de nature plastique, d’une couleur blanche jaunâtre, analogue, pour la coloration, à la couenne qui se forme souvent à la surface du sang tiré de la veine d’un individu affecté de certaines phlegmasies aiguës ; seulement sa consistance paraît plus grande ; elle adhère partout au cœur. A la surface qui correspond à la cavité du péricarde, elle est villeuse et surmontée d’une grande quantité de petites éminences coniques, semblables aux papilles de la langue
des chats. Cette couche pseudo-membraneuse s’étend également a la surface des gros vaisseaux revêtus par le feuillet séreux du péricarde. Sur le feuillet pariétal de cette enveloppe, on remarque également cette même fausse membrane ; seulement elle offre dans cette parfie de son trajet moins de résistance, parce que son épaisseur est d’environ moitié moindre. Sa surface est aussi chagrinée d’une autre manière ; au lieu d’éminences coniques, ce sont des saillies qui forment des cloisons laissant entre elles des enfoncemens réguliers et à-peu-près égaux, qui donnent à cette fausse membrane l’aspect ridé de la membrane muqueuse de la vésicule biliaire, ou mieux, ce qui lui donne en petit l’aspect de la face interne de la panse du bœuf. ,
Cette production pseudo-membraneuse est évidemment le résultat d’une péricardite bien développée. Le laps de temps écoulé depuis la mortde l’individu jusqu’à l’ouverture du corps, ne semble avoir altéré en rien les caractères anatomiques de cette inflammation.
Au quatrième jour de l’exposition de la pièce au contact de l’air, la fausse membrane a perdu sa couleur, ses formes, s’est détachée d’ellemême des surfaces auxquelles elle adhérait, et est tombée en déliquium putride. A cette époque, le péricarde a paru lisse et résistant encore à la putréfaction. Sa couleur, ainsi que celle de la surface interne du cœur, était d’un violet livide.
V aorte, à son origine, ne diffère de son état naturel que par une couleur rosée de sa membrane interne ; les artères des membres, qui renferment une certaine quantité de sang noir fluide, sont également colorées à leur intérieur. La veine cave inférieure contient aussi du sang noir, en partie fluide et en partie coagulé, et offre la coloration rougeâtre dont j’ai parlé, surtout dans leur membrane interne. Le diaphragme est dans l’état naturel.
Abdomen et canal digestif. Ainsi que je l’ai déjà dit, les parois abdominales sont verdâtres ; après les avoir incisées, on s’assure que les viscères remplissent toute la cavité abdominale , qu’ils présentent une teinte générale d’un gris rougeâtre, et qu’il n’y a aucun liquide épanché, ni aucune trace d’adhérence. La bouche, la langue, le voile du palais, le pharynx, sont verdâtres, parsemés de plaques livides; tous ces tissus sont sensiblement ramollis. V œsophage est d’un gris verdâtre supérieurement ; à sa partie moyenne, et inférieurement, cette teinte est piquetée de rouge et de violet. V estomac est rougeâtre à l’extérieur; il est d’un- vert foncé sale à l’intérieur; cette teinte n’intéresse que la membrane muqueuse qui est ramollie, surtout vers le grand cul-de-sac et à la grande courbure : toutefois la couleur verte dont je parle est marbrée, surtout à l’extrémité splénique, de taches d’un rouge brun, qui, au premier abord, pourraient faire croire à une inflammation, et qui sont évidemment un effet cadavérique. Les tuniques musculeuse et séreuse sont d’un gris rosé. Les épzplooTis sont également rosés et dans l’état naturel. Les
intestins ©firent cette même eonleur à l’extérienr ; leur snrfâce interné, an contraire^ est diversement colorée : dans les premiers intestins grëcÉ elle est grisâtre, parsemée de points ronges ; dans ceux dé ces infestiM qni répondent à la partie droite dn cadavre, elle est d’un ronge livide, uniforme, qui simule au premier aspect nne inflammatron intensé ; maÊ on n’y voit aucune arborisation, aucune trace de vaisseaux injectés : on trouve aussi dés portions des gros intestins dont la membrane interne est colorée en violet ; tontes les parties ainsi colorées sont enduites d’une petite quantité d’an liquide épais cOUléuf lié de viri, que l’on peut entêter sans que la membrane mUquetise perde sa couleur.
Le foie, à peine ramolli, est dans l’état naturel, si ce n’est que lâ membrane péritonéale se détacbe fâcîlementi La vésicule biliaire êst à rêmt flormaL
La faW ést éütîèfe, ^■amGllîé, d’un grii ardoise â l’extérieur, et d’un l’ouge brun à l’intérieur.- Lé pàîicréas eSt grisâttéi
Of 'gànËs ui-ift&if-és ët gêûttdu£-. Lës feins, Un peu fâôïOtlîS. sUât dans l’état Uattifèt, §i Ce lï’est qui les bassmets paraissent un peu plus dilatés. La mëèîè est disteudué et contient une assez grande qnahlite d ufiné sârtgififieiêfité I élis est- de couleur rosee a 1 exteneUf et a l interieUF j lèS fîbrfe dé lâ méfllbrânê âuseuléüse sont reii mes en coton nés cyliftdrrquBS entrecroisées, d’un jaune rose, semblables jusqu a un certain pôiUt aoi éëiéüBès OBârôUës du cœur ; en un mot, c est cè qil on appelle vulgairefflêiït usé vësêie à éolonneS: La verge, quoique ramollie, pFesênte teatéS lës pârtîés ^Ul la composent, et dans leur rapport nëtUrel ; les testicUlêS SôM eUtiéféi ndtâblement ramollis aussi, et de couleur livide ; oh peutépièméit r^ôfenaîtrè leS vésieuleS spermatiques ét les cordons t^tiCtl* lâifes.-
Remarque^ Gette observation est remarquable par la eonsérvâtion du péricarde èt du cœur^ des poumons et de k véssie, dont les lésiodè ôut ptt étrè Upprëéiéfô ët défttitëSf âîïssi bîêô qtt’éliéé i’ëüsàefît été dèüx oit trois jotirë après la lîiôrt : ëê fsît répond suffisamment à ceux des auteurs qui ont prétendu que les exhumations juridiques tentées long-temps après la mort ne pouvaient être d’aucune utilité.
Mcropsiê 8®.
1*‘*, âgé de soixânlé-dii-ftüît ans, mortiers novémbrè 4è28^, futéâ-^ tërrè sâns bière, étéfivâèppê sèkléménf d’une sêrpiilièré, lë 29, vif^îquatrè Meures après la üôrt; il âvàit succombé â ürté pnéumônié ijui avait duré un mois. L’êthhihâtiofi éut lieu le 3 avril 1329, qüatrè mois quatre jours après l’inMümatiOfi. Lâ température mOyéntté dè l’atmosphêfè
aTait été en décembre de 4^+0° ; en janvier, de 2+0“ ; en février, d® 2j7+ô“ ; en mars, de 5,7 0° tbertn. cent.
Le cadavre est entier • la têtel renversée en arrière, est penchée sur le côté droit ; la face est couverte de terre à un point tel qu’on ne peut distinguer ni ses cavités ni ses saillies, excepté celle qui est formée antérieurement par une partie du bord alvéolaire supérieur ; l’os maxillaire infé^rieur; séparé de la tête, est resté dans la fossei La cavité buccale est rentplie de terre molle, humide. Des cheveux assez nombreux sont aecelés aux os du crâne, sur lesquels il y a à peine des traces de parties molles.
Il existe encore au cou une certaine épaisseur de parties molles; d’une couleur gris fauve sur les parties antérieure et moyenne, et livide ver-’ dâtfe Sur les parties latérales • la coloration gris fauve représente ua triangle dont la base; de 8 eu 4 0 eentim. de large, est en haut; et correspond à 6 ou 8 millim. au-dessus de l’os hyoïde ; et le sommet à la jonction des muscles slerno-cléido-mastoïdiens, près de la fourchette du sternum. La coloration livide verdâtre des parties latérales offre au^ une forme triangulaire dont la base occupe les deux tiers internes de là clavicule, et dont le sommet s’élève jusqu’à la hauteur de la partie supé-^ rieure du lârynx; à 55 millim. à-peu-près en dehors de cet organe.
Le lârynx et la trachée-artère sont presque entièrement dénudés au, coa; lès clavicules sont à nu, excepté à la partie interne du côté droit, où l’en veit une couche extrêmement mines d’une matière ramollie, eoname gfaisseuse; dans laquelle on ne trouve plus de traces ni de fibres ni de peau.
Le thorax est entier, affaissé ; la partie supérieure du sternum, et l’extrémité interne de la premièré et dé la seconde côtes, sont entièrement dénudées. Les autres côtes sternales sont couvertes par une membrane très minée, un peu hütriiàe, qui est évidemment le reste des parties molles qui les couvraient dans l’état ordinaire : on n’y découvre plus de fibres musculaires. Lès parties latérales; qui correspondent aux deux tiers externes des muscles pectoraux, présentent une coloration livide tirant sur le vert-bou-= teille; il existe aussi sur d’autres parties du thorax, et surtout latéral©^ ment, un enduit d’un jaiirie fauve visqueux, semblable à de la pommâde.-
Les parois abdominales sont déprimées, appliquées sur la colonne vertébrale, et entières, excepté à la partie droite, où eliés présentent, au niveau des deux dernières faussés teôtes, une ouverture irrégulière qui a 3 centiaiètres de diamètre environ; dans presque toute leur étendue, elles ont une eedienr verdâtre, à-pen-près analogue à céile qtte j’ai déjà signalée peüf la région Ihôi'aeiquè externé et supérieure ; cette couleur est rempià^ éée, vers l’ombilic, dans uhe étendue ovalaire, de 42 à 45 centimètres dans ion diamètre vertical, et de 6 â 8 centimètres dans le tràhsvêrséd, Mr nue teinte d’un gris jaunâtre. L’épidèrmê n’existè plus sur ces parties.
Les pubis sont dépourvus de poils ; on en voit qaëlques-üns d’ùnë
leur blanche, accolés aux parties latérales du scrotum. Il est facile de distinguer le sexe auquel appartient le cadavre. On ne remarque sur la partie antérieure des crêtes iliaques qu’une membrane mince semblable à du périoste épaissi.
Aspect extérieur des membres. Les cuisses sont entièrement recouvertes de parties molles, très affaissées, nullement infiltrées, plissées longitudinalement, et d’une couleur verte livide . Les rotules sont à nu vers leur partie moyenne et antérieure. Les tibias sont entièrement dénudés à leur partie antérieure et latérale interne ; il existe encore des parties molles en dehors et en arrière ; mais elles sont en partie détruites dans les espaces interosseux, surtout en avant; il n’y a plus de traces de peau. Les jambes et les pieds sont couverts, dans quelques parties, de terre et de quelques fcnnsde serpillière pourrie. Les pieds sont entiers, si ce n’est que les dernières phalanges des orteils, du côté gauche, sont tombées, et que le gros orteil du côté droit, est le seul qui soit conservé ; il existe encore sur ces parties des membres inférieurs, des restes de la peau très visibles vers la plante, où l’on trouve de larges portions épidermiques séparées du derme par une substance molle, demi-fluide, roussâtre. Les bras sont accolés aux parties latérales du thorax ; les avant-bras en demi-flexion s’avancent sur l’abdomen, de manière que les mains sont appuyées sur les pubis; les uns et les autres sont recouverts de parties molles , la grosse tubérosité de l’humérus gauche est la seule partie decet os qui soit dénudée. Les mains sont entières, dénudées aussi à leur face postérieure ; ou y trouve cependant encore les tendons durcis et desséchés. La face palmaire est pourvue de peau sans épiderme.
Les diflerentes articulations des membres supérieurs et inférieurs ont parfaitement conservé leurs rapports; elles tiennent encore assez fortement entre elles.
Le corps, en général, surtout là où il existait encore de la peau, avait un aspect luisant et humide.
Tête.hes, os du crâne sont presque entièrement dénudés ; toutefois, à la partie antérieure ou coronale, on aperçoit une membrane mince qui est évidemment formée parles restes de la peau et du muscle occipüo-frontalj et sur laquelle il y a quelques cheveux blancs accolés .
Les fosses temporales sont vides ; les os y sont à nu et couverts de quelques cheveux ; il n’y a plus de traces de peau ni de muscles. Le bord supérieur des apophyses zygomatiques est tout-à-fait à découvert.
Après avoir enlevé la terre qui couvrait la face, on trouve des sourcils gris, qui tiennent à peine à une membrane mince qui recouvre la fosse orbitaire; les yeux n’existent plus, et on n’aperçoit dans la fosse orbitaire, qui est en partie vide, qu’une masse ayant la forme d’un cône creux, dont la base est en avant, rédûite en gras de cadavre, et au milieu de laquelle on voit quelques fibres d’un rouge pâle, indice des parties musculeuses qui entourent ordinairement l’oeil.
Sur la région molaire et canine de l’os maxillaire supérieur, on trouve une membrane demi-dénudée, reste des parties molles, que l’on détache avec facilité, et dans laquelle on ne peut reconnaître d’organisation ; le bord alvéolaire et les apophyses montantes sont à nu ; il n’existe plus de dents; les alvéoles sont oblitérées.
Le nez est réduit à ses os propres, qui sont en partie recouverts par une membrane mince, reste de la peau, et que la plus légère traction fait tomber. Les fosses nasales sont remplies de terre ; il n’y a plus de cavité buccale, l’os maxillaire inférieur étant tombé. On ne voit aucun reste de la langue : cette disposition permet d’apercevoir la face antérieure des corps des vertèbres supérieures.
Cou. Une membrane peu épaisse, molle, humide, débris des parties molles qui unissaient l’os hyoïde et le maxillaire inférieur, se trouve comme plissée au-dessus du premier de ces os ; il est impossible d’y distinguer des traces de muscles, mais la peau y est bien manifeste. On y voit aussi quelques fibres d’un blanc grisâtre, assez résistantes, semblables à des restes de portions celluleuses épaissies ; cette membrane est d’une couleur brunâtre en dedans ; vers la portion qui correspond à la partie inférieure du pharynx, on y remarque aussi quelques vers blancs.
L’os hyoïde existe encore en entier, et tient au larynx par une membrane celluleuse, blanchâtre, au-devant de laquelle on ne trouve pas de fibres musculaires.
Sur la partie latérale droite du cou, on découvre les restes du tendon du digastrique, dont les fibres musculaires ne sont plus visibles.
Le larynx est entier, en partie recouvert par une membrane mince, nullement musculaire, assez molle, humide, reste évident des parties qui couvraient cet organe. Le cartilage thyroïde, qui est entièrement ossifié, est comme vermoulu au centre de ses faces latérales. Le cartilage cricoïde est également ossifié, et se brise avec la plus grande facilité ; il est uni à la trachée-artère et au cartilage thyroïde par une membrane sèche qui ne ressemble plus à celle qui unit le cartilage thyroïde à l’os hyoïde. Celle-ci étaitmolle, humide, d’un blanc grisâtre, semblable en quelque sorte parla couleur à la face interne d’un morceau de peau qui a macéré pendant longtemps ; l’autre était sèche et d’une couleur jaunâtre assez foncée.
La trachée-artère est entièrement à nu à sa partie antérieure ; on distingue parfaitement les anneaux qui la composent ; quelques-uns ne tiennent plus entre eux; et dans les endroits où la membrane inter-annulaire existe, elle est considérablement amincie. En séparant la partie latérale gauche de la trachée-artère des parties molles qui y sont accolées, on distingue très bien l’œsopbage, qui est aminci, mais intact. Les parties latérales du cou sont recouvertes par la peau qui a une couleur verdâtre, luisante, humide ; les parties sous-jacentes sont formées par des débris de matière celluleuse, et d’autres parties molles, humides, comme infiltrées, brunâtres, qui sont évidemment des restes de muscles, mais au milieu des-
qnelies on ne reconnaît qu’imparfaitement îa structure fibreuse. Toutetsis, ’ on distingue bien ia partie inférieure du muscle sterno-cléido-mastoïdien:
OH voit très bien aussi, après avoir éloigné le larynx et la trachée-artère de la colonne vertébrale, les muscles longs du cou, dont la structure fibreuse est on ne peut plus évidente. L’artère carotide du côté droit est bien visible; sa membrane interne est très friable et s’enlève par le plus léger frottement en fragmens membraneux, que l’on écrase entre les doigts comme de la graisse ; la carotide gauche est détruite.
Les parties molles qui recouvrent supérieurement ia face antérieure de ia colonne vertébrale, s’enlèvent avec la plus grande facilité, et les os restent à nu. Presque tous les corps des vertèbres cervicales sont soudés entre | eux.
Thorax. Les parois thoraciques sont formées par une partie des muscla grands et petits pectoraux, et par les côtes, qui sont en partie recouverte? par une membrane mince d’un jaune fauve un peu foncé ; les e spaçes intercostaux ne sont pas perforés , ils sont remplis par la membranp dont je viens de parler, par les débris membraneux des muscles intercostaux, dont il n’existe plus que des traces très imparfaites de fibres musculaires, et par la plèvre qui est lisse à l’intérieur, légèrement hurnide et d’une couleur verdâtre sur les parties latérales et un peu pps.té.rieurçs, La surface interne du thorax est aussi légèrement colorée en verdâtfe. La portion (^[ui reste des muscles pectoraux est très amincie, yerdâtre àl’^térieur comme à l’intérieur, et4’une structure évidemment fibregse. Ençuvrant le thorax, pn s’assure que les clavicules ' tiennent encpr.e aq sterjijuni par des parties ligaoienteuses très peu résistantes et desséchées..
Poumons. Les poumons sont aplatis et légèrement crépitans,eequifôt sans doute dû à des gaz produits par la putréfaction, et dent quelques bulles soulèvent ia plèvre pulinonaice; ils ont une couleur verdâtre, ibdâfi, beaucoup plus foncée du côté droit que du côté gauche : on ne peut reconnaître leur organisation. Lorsqu’on ouvre le poumpn gauche, sa substance peu humide est cependant loin d’êtie desséchée, et présente une surface d’un vert bleuâtre, un peu ardoisé, et des filamens blanchâtres enlrecrcHsés. Le poumon droit offre au contraire surtout vers la base, lorsqu’op le coupe, un aspect gélatineux d’un bleu livide mêlé de rouge lie dé vin: il est très humide, et il s'en écoule un liquide brun noirâtre. Les diverses parties des poumons surnagent, à l’exception de celles qui sont coupées â la base du poumon droit.
 l’intérieur, la trachée-artère à une coloration légèreinent yerdâtre, et renferme des granulations grisâtres, comme graisseuses, de la grosseur de deux têtes d’épingle à-peu-près, de forme irrégulière, et qui semblent dues à une réunion de granulations beaucoup plus petites. On suit avec facilité les divisions des bronches, dont la faêeïhtèrhe êsf colorée en rouge livide. Il n’existe pas de liquide dans le côté gauche de la poilriHé, tandis
qae dans le droit il y a environ trois ou quatre cuillerées d’un liquide brun noirâtre épais, qui occupe la partie inférieure.
Le péricarde est intact, d’une couleur rouge livide, claire à l’extérieur ; sa consistance est à-peu-près celle qu’il a ordinairenaent : cependant il est nn peu moins résistant ; il renferme deux cuillerées environ de sang épanché, fluide et noir ; sa surface interne est d’une couleur rouge brunâtre, surtout vers la partie inférieure et postérieure qui a été le plus en rapport avec le sang épanché .
Le coeur est aplati et flasque ; il est encore assez volujnineux ; sa surface externe, colorée en rouge foncé par le sang contenu dans le péricarde, présente peu de graisse ; les cavités sont vides, d’une couleur brune, tirant sur le chocolat ; les colonnes charnues sont bien manifestes, et ont dans certains endroits une couleur moins foncée ; le ventricule gauche présente vers la partie inférieure une perforation dont il est difficile d’assigner la cause, et qui certainenaentadonné passage au liquide qui se trouvait dans Ip péricarde.
L’aorte renferme une certaine quantité d§ spug poir qui a èoipmuniqué une couleur brypâlre ÙM. surface interne; ceJle-ci esl eopime ulcérée dans uge j^aiîde partie de son étendue ; le? trois megibranés qui forment les parois de ce yaisseauppuyent être facilement séparées.
1^3 pacois abdominales sont entièrement eoasei’véeSj à l’ex^ ception de rouverlure dpnt j’ai déjà parlé» Elles offrent peu de gFàisaej goût peu épaisses et assez souples ; on y reconnaît très bien }a peau, sans épiderme, des aponévroses, des fibres musculaires et la membrane péritonéale.
La cavité abdominale renferme peu de graisse ; les intestins sont entièrement conservés et aplatis, encore assez humides à leur surface. Il n’existe pas de liquide dans cette cavité.
L’estomac se déchire avec facilité ; ses parois sont amincies ; il contient une petite quantité d’un liquide brunâtre, épais, fétide. Il n’a pas été possible d’en séparer les trois membranes ; mais on en a trouvé deux bien distinctes. La surface de cet organe , d’une couleur grisâtre vers la partie moyenne, est verdâtre à droite •; cette coloration est due à i’imbibition de la hile.
L’intestin grêle présente une eoioralïon analogue vers son commencement ; il est parfaitement intact, humide, et renferme une matière brune visqueuse, verdâtre, moins foncée et plus épaisse que celle qui existe dans l’estomac. Les valvules sont bien conservées. Les parois très amincies de eet intestin, beaucoup moins épaisses que celles de l’estomac, peuvent néanmoins être divisées facilement eu deux feuillets membraneux.
Les gros intestins contieiment une certaine quantité d’une matière demifluide, Jaune, verdâtre, reste des fèces; iis sont aussi bien conservés que les précédons. Peur mieux faire juger de l’état d’intégrité du canal intestinal.
je dirai qu’il n’a pas été très difficile de l’enlever dans toute son étendue, à l’exception de l’estomac qui a été déchiré.
La rate est en bouillie noire, très foncée, semblable à du cambouis; cette bouillie imprègne un peu les parties voisines, et leur communique une couleur semblable à la sienne.
Le foie est très ramolli ; sa membrane externe est en partie détruite, et ce qui en reste se déchire avec la plus grande facilité. La substance de l’organe, d’une couleur vert foncé, ne présente plus de traces de sou organisation primitive. La vésicule biliaire est entière et presque pleine d’un liquide ayant la couleur ordinaire de la bile, mais plus épais et moins visqueux.
Les reins sont très ramollis, en partie dépourvus de membrane extérieure, et se déchirent avec la plus grande facilité ; leur coloration est généralement rosée, excepté supérieurement, et surtout à gauche où ils sont noirâtres. Les bassinets et les calices sont faciles à reconnaître; mais les substances corticale et tubuleuse sont entièrement confondues.
Les uretères qu’il est facile de suivre jusqu’à la vessie, sont diminués de volume, et leurs parois très amincies.
Vessie. Elle est distendue par des gaz, et renferme environ deux cuillerées d’un liquide jaunâtre, fétide, dans lequel nagent quelques mucosités; elle est blanchâtre, ou du moins à peine colorée, et présente à-peu-près le même aspect qu’elle a dans l’état sain; elle est un peu amincie dans quelques parties ; on y reconnaît très bien des fibres charnues.
La verge est flasque et aplatie ; le gland et les corps caverneux, à leur terminaison, sont tombés en putrilage, et de couleur lie de vin ; lorsqu’on coupe la verge transversalement, on y distingue parfaitement l’orifice urétral, et la membrane fibreuse qui sert de cloison et d’enveloppe aux corps caverneux ; ceux-ci sont petits, d’un brun foncé; leur structure spongieuse n’est plus apparente.
Les testicules extrêmement petits ne présentent rien qui dénote leur organisation primitive ; l’épididyme, au contraire, est dans un état presque complet -de conservation ; cependant il est un peu moins volumineux que dans l’état naturel ; mais la conservation, ici, contraste d’une manière bien tranchée avec l’exiguïté du .testicule.
Membres supérieurs. Ils tiennent encore au tronc par des parties molles, musculeuses, tendineuses et ligamenteuses. La capsule articulaire scapulohumérale est déchirée et en partie détruite. La peau, dépourvue d’épis derme, molle, assez résistante, recouvre d’autres parties molles, formées par des muscles, des fibres aponévrotiques, etc. Les vaisseaux et les nerfs sont parfaitement conservés ; oii pourrait facilement suivre le trajet des troncs principaux ; ils forment, dans les aisselles, les plexus qu’on y remarque ordinairement : il en est de même à l’avant-bras. Les os des mains, comme je l’ai déjà dit, sont entièrement dénudés à la face dorsale; ils sont seulement recouverts en partie par des tendons desséchés et dé-
nndés également. En incisant la peau privée d’épiderme qui se trouve à la face palmaire , on aperçoit des tendons, des parties musculeuses, des nerfs et des vaisseaux. Les extrémités des doigts sont dépourvues d’ongles.
Les articulations de l’épaule avec le bras, du bras avec l’avant-bras, et celles du poignet, sont maintenues parles parties molles et des fibres ligamenteuses moins résistantes que dans l’état normal. Les surfaces articulaires sont encroûtées de cartilages amincis.
Membres inférieurs. La peau des cuisses est dans le même état qu’aux bras et aux avant-bras ; seulement la couleur en est plus foncée. Lorsqu’on incise, on trouve les muscles ramollis, diminués de volume, humides, de couleur plus foncée que celle des tégumehs ; du -reste , ils ont conservé leur aspect fibreux. Les vaisseaux et les nerfs sont très distincts. La rotule, dont une portion est à nu, tient encore au reste du membre par les ligamens. Les jambes sont en partie dénudées, dépourvues de peau; mais il existe des parties molles dans les espaces interosseux, et un peu en dehors sur le péroné; elles sont moins foncées que celles de la cuisse ; mais -elles sont tellement pourries qu’on ne peut y distinguer positivement des fibres musculaires. Les tendons sont très évidens. Les pieds sont dans un état analogue à celui des mains ; ils sont moins entiers. La partie dorsale est sèche, dénudée ; on y voit des tendons également desséchés, qui sont appliqués à la surface. La peau existe'encore à la région plantaire, où Ton trouve aussi des portions d’épiderme, qui, il est vrai, ne tiennent plus au derme ; les parties sous-cutanées diffèrent à peine dé celles qui existaient soiis la paume de la main.
Les articulations sont dans un état semblable à celles des membres supérieurs; les ligamens croisés sont conservés, mais facilement déchirables.
Lés vertèbres, en partie dénudées, sont presque toutes soudées ^.celles qui ne le sont pas tiennent peu entre elles.
Partie postérieure du tronc. Elle est d’un vert livide peu foncé, et presque entièrement couverte par la peau qui est détruite dans quelques parties. Les tissus sous-jacens sont ramollis, infiltrés d’un liquide rougeâtre et de gaz, ce qui donne un aspect gélatineux aux parties musculaires ; cellesci sont de couleur lie de vin, mêlée de vert foncé. Les tendons sont très distincts.
Cavité crânienne. La masse encéphalique occupe les trois quarts de la cavité crânienne; la dure-mère est bien conservée et a unecouleur verdâtre livide. Le cerveau est très mou, fétide, d’un gris verdâtre plus foncé à l’extérieur qu’au centre, ce qui fait qu’on distingue les deux substances. Le cervelet est entièrement réduit en bouillie d’un vert grisâtre. Il est impossible de reconnaître sa forme et son organisation.
Les os se cassent assez facilement ; ils sont un peu moins humides que dans l’état ordinaire : la substance médullaire est plus jaune que dans l’état naturel.
§2ii-
Putréfaction de cadavres de vieillards, enterrés au cimetière de Bicétre, dans des bières de sapin neuf, de 5 à 8 millimètres d’épaisseur.
NÉCROPSIE 6®.
N***, âgé de soixante-cinq ans, d’un embonpoint médiocre, connu pour son ivrognerie, fit une chute le 4 octobre 482l7, étant dans un état complet d’ivresse. Le 7 du même mois, il éprouva du rnalaise, se dirigea vers le cabaret, où il s’enivra de nouveau avec de l’eau-de-vie. Il mourut subitement dans la journée avec tous les signes extérieurs d’une apoplpri? foudroyante. Il fut enterré le lendemain, après avoir été placé dans une bière de sapin neuf.
Exhumation le 22 décembre 4 827, à midi, deux mois quatorze jours après l’zn/tumarion. La température moyenne avait été enoctob.43,4-j-0o; en novembre, 5,8, et en décembre, 6,9 th. c. La bière, en sapin assez mince, est entière, de couleur naturelle à l’extérieur, si ce n’est à sa partie inférieure, où l’on voit plusieurs taches noirâtres produites par l’humidité qui a transsudé de l’intérieur ; sa face interne et inférieure, d’un gris noirâtre, est enduite d’une sorte de moisissure, notamment sur la partie où reposent la tête et le dos ; là aussi il existe une assez grande quantité d’une bouillie brunâtre très fétide, recouverte elle-même çà et là de vers, de larves, d’œufs.
On reconnaît encore parfaitement la serpillière, qui est couverte dans plusieurs points d’œufs, de larves, d’insectes, et de la même sanie dont j’ai déjà parlé : cette bouillie brunâtre forme , notamment au niveau du cou, de la tête et des épaules, des espèces de plaques noires , semblables à de la poix fluide, ou grisâtres comme de la sanie purulente mêlée de poix liquide. Du reste, la serpillière se déchire assez facilement, surtoüt vers la tête, où elle est presque en lambeaux. En général, les effets que je signale sont beaucoup plus marqués à la partie supérieure de la face postérieure du corps, qu’en avant et en bas.
Examen du cadavre. Le cadavre est entier, recouvert de peau, excepté dans certaines parties de la tête, qui est sensiblement penchée du côté gauche. L’altération des traits de la face, et surtout la destruction de quelquesunes de ses parties, empêchent de reconnaître l’individu.
La tête est presque entièrement dépouillée de cheveux qui restent adbérens à la serpillière ; on en voit cependant quelques-uns, de couleur grisâtre, à la partie postérieure et inférieure, près l’occipital, et à la portion correspondante à la tempe droite. La peau du crâne est détruite depuis l’arcade surcilière gauche jusqu’à ,6 centim. au-dessus , et dans l’étendue transversale , de 9 centim. : dans cet endroit , le coronal est enduit
d'une légère couche d’une matière comme graisseuse, couleur de bistre. La portion de peau qui reste de ce même côté se détache facilement en lambeaux mous, d’un vert noirâtre à l’extérieur, d’un rouge grisâtre à l’intérieur. On voit entre cette surface interne de la peau, encore reconnaissable à sa teinte, et les os du crâne, une bouillie très liquide, d’un vert noirâtre. Lemuscletemporaldece côté, et le périoste qu’il recouvre, s’enlèvent avec facilité. Du côté droit, la peau du crâne recouvre les os dans toute leur étendue ; elle est vert noirâtre à l’intérieur, comme desséchée, et semblable par sa consistance à de la peau qui commencerait à se tanner : si on l’incise, on voit qu’elle est violette dans une certaine étendue, et qu’audessous il y a une couche de gras de. cadavre, d’un blanc grisâtre, d’environ 8 millim. d’épaisseur. L’aponévrose occipito -frontale adhère au gras dont je viens de parler, et fait tellement corps avec lui , qu’il est impossible de l’apercevoir; les fibres du muscle du même nom sont transfor-' mées en gras. Les cartilages de V oreille droite, recouverts de peau en arrière, sur le lobule, et un peu à la partie supérieure et antérieure, sont dénudés partout ailleurs, peu consistons et couleur de bistre. L’oreille gauche est presque entièrement détruite ; la portion qui reste est verdâtre et transformée en gras.
Face. Le front est dépouillé. Les paupières droites sont presque entièrement détruites; on n’aperçoit que des traces de matière grasse. Le périoste de l’orbite se détache avec la plus grande facilité. L’œil de ce côté est vidé ; on en distingue quelques vestiges, entre autres une portion de la choroïde et de la sclérotique. Les muscles droits et obliques, quoique transformés en gras, laissent encore apercevoir çà et là des fibres rosées ; le nerf optique est très reconnaissable et d’une couleur rosée : on dirait qu’il a une tendance à passer au gras. Les paup^ëres gauches exisiml sous forme de deux lames assez épaisses, d’un vert noirâtre, recouvertes d’une matière de même couleur, de consistance de cambouis. L’œil de ce côté est moins altéré que l’autre; quoique vidé, on distingue parfaitement la cornée transparente, la sclérotique et la choroïde ; les muscles et le nerf optique sont dans le même état que de l’autre côté. II n’y a point de larves dans les orbites. Les parties molles du nez sont entièrement détruites; la portion antérieure de la cloison est en lambeaux pultacés, couleur de fie de vin, mêlée de vert. La lèvre supérieure est également détruite dans toute sa moitié droite ; la partie qui reste est amincie, couleur de bistre, mêlée de vert-bouteille, et très facile à déchirer. La lèvre inférieure, entière, est amincie, desséchée vers la commisaBre droite, humide vers la gauche ; sa couleur est analogue à celle de la peau fumée. La joue droite, affaissée, sèche, couverte de poils gris (restes des favoris et de barbé), et d’une grande quantité d’œufs, conserve assez bien les reliefs habituels de cette partie de la face, comme la saillie de la pommette, l’angle de la mâchoire, etc. : la peau peut en être disséquée, et alors on voit au-dessous les fibres musculaires d’une couleur roséé, mêlées de beaucoup de gras. La
joue gauche fait saillie; elle est humide, molle, recouverte d’un enduit vert noirâtre à la surface, et lie de vin un peu au-dessous ; si on détache cette couche lie de vin, on trouve du gras de cadavre d’un blanc rosé. La peau de la partie supérieure de cette joue est détruite, tandis qu’elle est encore visible à la partie inférieure, où elle est parsemée de poils grisâtres. La peau du menton est desséchée, comme tannée, couleur d’ochre sale j on reconnaît la barbe.
Depuis le cou Jusqu’aux genoux, la peau de la partie antérieure du corps offre une teinte ochracée , tachée çà et là , surtout au cou, par des plaques violettes, brunes, dont quelques-unes présentent la même couleur que les momies. Les jambes sont déjà de cette dernière nuance. Les parties latérales du thorax et la partie interne des bras conservent leur couleur et leur apparence partout où elles répondent les unes aux autres. Postérieurement, la peau du tronc , de couleur ordinaire , est recouverte de taches et de plaques noires très larges , enduites d’une matière visqueuse brune : on y voit aussi les traces de la serpillière; dans plusieurs parties des cuisses et des jambes la peau est détruite ; dans d’autres elle est transformée en gras. L'épiderme est soulevé et se détache par lambeaux dans les parties humides, telles que les aisselles, les parties latérales du tronc et la partie interne des bras ; celui des pieds s’enlève en totalité : du reste, il ne présente rien de remarquable. Les parties du corps qui sont sèches semblent en être privées. On remarque encore quelques ongles aux pieds et aux mains; mais on peut les détacher avec la plus grande facilité.
Muscles. On reconnaît très bien les muscles du tronc et des membres à leur structure et à leur couleur, qui cependant est beaucoup moins vive : dans plusieurs points déjà les fibres musculaires sont séparées par du gras de cadavre. Les tendons et les aponévroses paraissent dans l’état naturel ; quelques-unes de ces dernières , toutefois , se confondent avec le gras et avec la peau. 'Les articulations sont sèches , les cartilages souples, peu élastiques et de couleur légèrement jaunâtre. Les ligamens sont de couleur naturelle.
Organes génitaux. La verge est aplatie , semblable à une peau d’anguille, n’offrant nullement l’aspect de cet organe. Les poils sont nombreux, très visibles et faciles à arracher. Le scrotum est très développé et desséché comme une vessie (4). Les testicules sont entièrement transformés en gras ; on ne peut plus distinguer leur structure.
Ouverture du thorax et de l’abdomen. Lorsqu’on incise les parois de la poitrine et de l’abdomen, on remarqi^ un vide considérable produit par Taffaisseraent des organes : ce vide est au moins des quatre cinquièmes. II ù’y a point de liquide épanché ; au contraire, les divers viscères paraissent dans un état de dessiccation remarquable.
(1) Cet individu avait une hernie inguinale épiploïque du coté gauche, et il était aisé de la reconnaître à la présence d’uue partie de l’épiploon dans le scrotum,
Appareils digesUf et urinaire. La langue dépasse les arcades dentaires d’environ A centimètre; la portion qui fait saillie est d’un vert bouteille, et assez consistante ; on y remarque des traces de papilles : le muscle lingual, quoique rosé et taché d’olivâtre , peut être facilement aperçu ; on voit çà et là du gras de cadavre sous la membrane muqueuse. L’autre portion, celle qui est dans la bouche, est d’un jaune sale : la membrane muqueuse qui la recouvre se détruit et tombe en putrilage. Les dents sont dans l’état naturel ; celles de la mâchoire supérieure, en petit nombre, sont mobiles; celles de l’autre mâchoire, qui existent toutes ne le sont pas, excepté les incisives. Le pharynx est olivâtre et couvert d’un enduit de même couleur. Uœsophage est noir dans sa partie supérieure, tandis que plus bas il offre une couleur grise légèrement rosée. L’estomac est vide, affaissé, de couleur ordinaire, excepté dans les parties correspondantes au foie et à la rate, qui sont d’un vert ardoisé ou couleur de cambouis. La membrane muqueuse, d’une teinte rosée, est enduite vers le grand culde-sac d’une bouillie couleur de lie de vin foncée. On distingue bien les trois membranes ; l’interne est soulevée dans certains points par des gaz qui forment des bulles du volume de’têtes d’épingle. Les intestins sont vides, très distincts, secs dans plusieurs points, humides dahs d’autres, grisâtres à l’extérieur, excepté vers les parties qui correspondent à la vésicule du fiel, et qui sont jaunes. La membrane muqueuse des intestins grêles est colorée en jaune, surtout celle du duodénum et du jéjunum, ce qui paraît dépendre de la bile : on peut séparer cette tunique de la musculeuse, et celle-ci de la séreuse. On remarque çà et là qu Iques points emphysémateux. Les gros intestins contiennent des matières écales, reconnaissables à l’odeur et à la couleur : du reste, leur membrane muqueuse semble dans l’état normal. L'épiploon et le mésentère offrent l’aspect ordinaire, si ce n’est que dans plusieurs points ils sont déjà transformés en gras. Le foie est affaissé, d’un vert-bouteille foncé : on ne distingue plus les deux substances qui le composent ; mais on aperçoit très bien les gros vaisseaux qui sont enduits intérieurement d’une sanie lie de vin foncée ; il n’y a point de sang. La vésicule biliaire, revenue sur elle-même et vide, est d’un jaune très foncé, surtout à sa face interne. La rate n’offre plus l’aspect ordinaire, mais bien celui d’une bouillie d’un veç}; noirâtre, semblable à la boue d’égout.
Les reins conservent leur forme ; ils sont ramollis, de couleur livide ; mais on distingue bien les trois substances qui les composent. La vessie paraît dans l’état naturel, si ce n’est qu’elle est un peu rétractée, et que sa membrane muqueuse est soulevéapar des gaz, de manière à former une grosse ampoule ; on distingue très bien le trigone vésical.
Appareils de la respiration et de la circulation. A l’intérieur, le thorax est d’un vert olive à droite, rosé à gauche, d’un vert-bouteille très foncé en arrière et blanc en avant. La plèvre costale, transparente et de couleur naturelle, existe dans toute son étendue. Il n’y a aucun liquide épanché dans la cavité des plèvres. Le poumon droit est très affaissé, aplati, comme
membraneux, d’un vert noirâtre, peu crépitant dans quelques points seulement, et tapissé par la plèvre ; il ne contient pointée sang. Le gauche est moins affaissé, de même couleur que le droit, si ce n’est en arrière, où il est violet : on y remarque une cavité qui était remplie de gaz (1) : du reste, ce poumon était aussi recouvert par la plèvre, et n’ofifrait aucune trace d’emphysème. Coupés par petits fragmens et mis sur l’eau, ces poumons surnagent, si l’on excepte quelques parties qui vont au fond du vase. La membrane muqueuse bronchique est ramollie, d’un vert olive, foncé, mêlé de petites plaques noires ; elle est lisse et sans la moindre apparence de-liquide ni de gaz à sa surface. Les cerceaux de la trachée-artère conservent leur forme et leur aspect ordinaires ; ils sont un peu ramollis. Le larijhx offre la même coloration à l’inténeur que les bronches; on n’aperçôit plus la, glotte. U épiglotte est bien conservée, amincie, d’une couleur olive foncée, et se laisse couper facilement. Le diaphragme, très aminci, présente la souplesse d’un parchemin humecté ; il est blanc à ses deux faces, et a une tendance manifeste à passer au gràs. Lé cœur est vide, ramolli, affaissé, de couleur livide; on reconnaît toutes les parties qui le composent; quelques-unes des colonnes charnues sont fosées : on voit à la face interne de l’oreillette droite et de la veine cave quelques petites granulations blanches, semblables à du sablon. Le péricarde est un peu ramolli et légêrèment rougeâtre. Le système artériel, de couleur légèrement rosée, est vide, excepté toutefois dans une portion de l’aorte thoracique, où l’on trouve une petite quantité d’un liquide rosé. Le système veineux, également vidé, présente à l’intérieur, dans quelques gros troncs, et çà et là, des taches et des stries noirâtres.
Appareils nerveux. Le crâne se brise très facilement : oh remarque ün vide très considérable, suite de l’affaissement du cerveau. La surface ex- .terne de la dure-mère présente différentes couleurs; ici elle est blanche; là elle est ochracée, verdâtre ; sa texture ést fibreuse, comme dans l’état naturel, sa consistance un peu moindre ; à l’intérieur, elle est enduitè d’une bouillie couleur de lie de vin très pâle, h’ àrâchnoïdè et la pie-mère sont réduites èn lambeaux putrilagineux très moüs. Le cerveau et lè cèrveîit sont difûuens et tellement mous, qu’ils se détachent pùr leur poids, et tombent, lorsqu’on penche la tête. Sous forme d’üne bouillie épaisse, couleur de lie de vin ; dans quelques parties seulement, par exèmplè dans les lobes postérieurs, on petit encore distinguer les deux sübstances. On voit eâ et là dans la massé de l’encéphale, desfilamens entourés de granulations graisseuses, qui semblent être des vâisSeaùx. On aperçoit les nerfs optiques àu moment de leur entrecroisement. Là moelle allongée et la partie Supérieure de la moelle épinière offrent la même consistance et la même couleur que le cerveau et le cervelet. Lés nerfs nè diffèreiit guère de l’état naturel que par line coulèùr tirant un peu sur le rose.
(1) Cette cavité ii’èst pas le résultât de la putréfaction, mais bien 'd’iine maladie da poumon.
NÉCROPSIE 7e.
N***, âgé de soixante- dix ans, mort le 6 février 4 828, à dix heures du matin, à la suite d’une hypertrophie du cœur et d’un catarrhe pulmonaire avec infiltration /considérablé des extrémités inférieures, fut enveloppé dans un drap blanc de toile assez fine, et în^uiné le 7 du même mois, à sept heures du matin. L’exhumation eut Jieu le 24 avril A 828, à huit heures dû matin, deux mois dix-sept jours après l’inhumation. La température atmosphérique, pendant ce temps, a été eh moyenne de 3° -f- 0°.
Bière et drap. La bière, en s^pin mince, était entière et avait conservé sa coulèüh ; lë bois était hümid^ efôffrait à peine de l’altération. Le drap était entier et ses coutures intactes ‘ il était haouillépâr une assez grande quantité d’ün liquide sanguinolent qui existait entre lui et lé cadavre ; à sa surfiice ifatèrne, dans toute la moitié supérieure et dans toute la portion sur laquelle reposait lelcadàvre, adhéraient des matières putrides de couleur vâtiée, r'oügeS', blœes, jaunes^ fauves, verdâtres, grisâtres, recouvertes çà et là de matières slmblables, pour la couleur et la consistance, à celles que l’on voyait â l’extéffieur du cadavre ; ces sortes de taches, épaisses en plusieurs endroits de Æcentim., pimvaient être enlevées, tantôt par couches mollasSes, tant® s^s forme de 'matières diffluentes. En plusieurs endroits, cettè espècë d’®dMt, attaché au linge, était évidemment formé par l’épidérrne altéré ; c^t^ surtout sensible à la partie du drap qui correspondait aux pieds, àon|^ës;^rteiIs étaient comme dégantés. Ce drap n’avait con- Sërvé sa blanchir que dans la portion qui répondait aux jambes, et encore présentait-il les^êmes taches dans la partie postérieure de cette région. Extérieürèmènt,|on voyait dans plusieurs points une matière humide, nrollé, comme glutiaètiSë, jaune, rougeâtre, résultat de la putréfaction, qui avait transsudé, et qui affectait la double forme de boutons lenticulaires Ctàhflüens, de stalactitéÈ, etc., ce qui donnait à là surface externe du drap une apparence singulière.
Extériéûr dû cadavre {Voy. planche 2.e). Lé cadavre baigne dans un liqüide sanguinolent, très fluide, dont la surface présente des gouttes d’huile faune; üüe partie de Cè liquide s’est écoulée^ et ce qui reste encore, à partir des épaules jusqu’aux jambes, offre à-peu-près 4 Centim. 3 millim. de hauteur. La putréfaction est très avancée; toutes les parties extérieures sont ramollies et humectées ; elles sont de couleur aussi variée què celles qui imprégnaient le drap, d’un aspect luisant, dépouillées d’épiderme en certains endroits, et de peau en d’autres ; cet épiderme, simplement soulevé par places, unit entre elles les parties du cadavre qui se touchent, comme par exemple les flânes ét les bras. On n’aperçoit aucune trace devers ni de gras de cadavre : le corps exhale une odeur des plus infectes.
La tête tient au tronc par les parties molles du corps qui sont entières ; les cheveux, en partie détachés, adhèrent au drap ; üy en a même un assez
grand nombre d’implantés dans la peau du crâne. En quelques endroits, et particulièrement à la partie antérieure et supérieure, le cuir chevelu est réduit à une membrane épaisse de 4 millimètre , qui se détache facilement, et qui laisse à nu le crâne, d’une blancheur éclatante. En arrière, il existe, dans l’épaisseur de la peau du crâne, une infiltration abondante de sérosité sanguinolente, que l’on trouve aussi entre le péricrâne et les os, et qui est le résultat de la situation du cadavre sur le dos; là, par conséquent, les parties molles se détachent très facilement, quoique les tégumens aient encore assez de consistance.
Les paupières, très amincies, se déchirent à la plus légère traction, et laissent un vide au fond duquel se voit l’œil réduit à ses membranes ; les muscles et le tissu cellulaire qui l’environnent sont transformés en gras. On aperçoit aussi sur les paupières quelques traces de cils et de sourcils.
Nez. Des peaux informes sont les seuls restes des parties molles du nez, et les cartilages de cet appareil sont détruits. V oreille externe est altérée et en putréfaction ; cependant elle conserve en partie ses formes. Les parties molles, musculeuses et cutanées, qui unissent les deux os maxillaires, et qui constituent les joues, sont conservées, moins humides et moins putréfiées que le reste. Les poils de la barbe apparaissent, mais ils s’enlèvent avec l’épiderme au moindre, frottement, et cet épiderme a un aspect mollasse et comme huileux; au-dessous est le chorion, très résistant. La 6ouche est grandement ouverte ; la lèvre inférieure est enfoncée et repliée sur le bord alvéolaire ; la lèvre supérieure est en partieMétruite. La langue est m liasse, portée en arrière, et couverte supérieurement d’une sorte de pommade couleur de chair. L’ensemble de la face est marbré de jaune fauve, de vert pistache clair, et de rougeâtre mêlé de gris.
Le cou est vert bronze à droite, et la peau existe de ce côté sans épiderme ; à gauche, il est revêtu d’une matière de consistance de pommade, d’un rose briqueté, qui, étant soulevée, laisse voir le derme coloré aussi en bronze, et sur lequel il existe un très grand nombre de petits grains, adhérens, d’un blanc grisâtre, et comme lichénoïdes.
La partie antérieure du thorax est marbrée de bleu et de vert bronze, si ce n’est à gauche , depuis la troisième côte sternale jusqu’aux dernières côtes psternales , où elle est d’un rose Jaunâtre , beaucoup plus humide, et couverte de cet enduit épais et huileux dont j’ai déjà parlé. A la surface du thorax, et surtout près du sternum, on remarque une quantité prodigieuse de ces petits grains blanc grisâtre, que j’ai dit exister au cou.
Les bras sont entiers, atlachés au torse, adhérens aux flancs par des lambeaux d’épiderme ; ils offrent la même teinte vert bronze mêlée de rose. Les mains, posées sur le devant du bassin, présentent, à la région des doigts, le soulèvement de l’épiderme, et pour quelques doigts, le détachement des ongles; leur coulem- est jaune et rouge ochracée par places.
L’abdomen est afifeissé ; mais ses parois sont intactes et de couleur jaunâtre, marbrée de vert du côté du thorax ; il n’y a d’épiderme que depuis le pubis jusqu’à l'ombilic.
Organes génitaux. On reconnaît facilement le sexe. Le pénil est couvert de poils. 1.3 verge est excessivement molle, aplatie, sans épidermej le scrotum est presque détruit; on distingue émerveille le gland, le prépuce, les corps caverneux, le canal de l’urètre et les testicules. Ceux-ci, très mous, de couleur rougeâtre et peu volumineux, présentent encore les vaisseaux séminifères et les épididymes.
Membres abdominaux. Les parties charnues des cuisses, considérablement affaissées et comme macérées dans le liquide sanguinolent qui baigne le cadavre, semblent se toucher en dedans et constituent une masse humide, vert bronze, dans laquelle on aperçoit la verge et les poils des parties génitales ; l’épiderme se soulève au moindre contact. Extérieurement, les cuisses présentent cette même couleur vert bronze, et plusieurs petits grains blanc grisâtre comme ceux qui existaient au thorax et au cou: et chose remarquable, là où le cadavre baigne dans le liquide, la peau a toutes ses apparences , si ce n’est qu’elle manque d’épiderme. Les jambes sont comme les cuisses, c’est-à-dire que les parties molles sont de même affaissées, et que les deux tibias saillent comme saillaient les deux fémurs, et ne sont couverts que par la peau. Celle-ci est d’un jaune fauve, sauf quelques taches rares d’un vert bronze. Aux pieds, quelques orteils sont dépouillés d’épiderme et d’ongles. A la plante de ces pieds, l’épiderme n’est que soulevé ; leur couleur est d’un jaune fauve foncé, et ils sont recouverts çà et là de cette matière humide, molle, glutineuse, affectant la forme de boutons, dont j’ai parlé à l’occasion du drap. On remarquait aussi quelques-uns de ces boutons à la partie supérieure du thorax et du cou.
La partie postérieure du tronc est privée d’épiderme ; la peau, d’un vert bronze olivâtre à droite, est nuancée de rose brique à gauche ; cependant à la partie inférieure elle est à-peu-près de couleur naturelle à droite, et lie de vin à gauche ; elle offre aussi quelques-unes de ces granulations grisâtres que j’ai dit exister au thorax et au cou. La peau des membres est beaucoup moins colorée en arrière.
Muscles, nerfs, cartilages, ligamens, os- Le tissu musculaire est infiltré de sérosité sanguinolente, vert dans beaucoup de parties, violet dans d’autres, et dans quelques-unes d’un vert violet ; il est très ramolli, facile à déchirer et à reconnaître, et n’offre aucune apparence de gras de cadavre. Les nerfs sont bien conservés. Les ligamens, les cartilages et les os présentent à-peu-près la même consistance et la même texture que dans l’état naturel.
État des viscères. — Tête. Il existe peu de vide dans le crâne ; la duremère est d’un bleu verdâtre ; les vaisseaux sont vides, affaissés. La substance blanche du cerveau est grisâtre, l’autre est verdâtre; elles peuvent être facilement distinguées l’une de l’autre. Le ramollissement de l’encé—
phàlé est très considëràblè ; le cervelet est presqué diffluent. Il eüstë de la sérosité sanguinolente dans les ventricules latéraux du cervéàu.
Thorax. Les parties molles thoraciques externes së détachent avëc facilité dès os sous-jâcens qiiànd bn les incise ; lès ihusclès sont d’un vert bronze ; le stèrnum étant soulevé laisse voir la cavité thoracique vidé d’un tiers ; les viscères sont très réconnaissables par leur formé, leur situation et leur apparéncè. Les poumons sont d’üii vèrt-boutèille, très hümidës et glaireux à la surface, crépitàns, eihphySématèux, faciles à déchirèr, plus légers que l’eau ; ils renferment un liquide bruri Couleur de bistré. Lè làrÿnx est eiitiefi d’tih jaune verdâtre supérieurement et à sa fâcé interne, d’iin vert-bouteille très foncé â sa partie inférieure, ainsi que dans tout l’intérieur dé là trâchéé-aftèrë. On trouvé çà ët là. Sur là membraiië mifqiiéüsè larÿhgéé et trachéale, dés petits grains bîanChàtres noii adhérèàSêt assez durs ; cètte membrane ne sé détaché pas eh lames pultâcées, coinÉè cëla avait lieu dans la nécropsie süivàhtë [Voyez p. 541 ). Lé péricarde, otf- Vertj né contient pioiiit de liquide ; il est dè cotilëür lie de vin à l’iritérieur, ét vèrdâtre à l’extériétif . Le éœttr est mou, affaissé, ramolli, d’üh violet fônè'é, et récbàhaiSsable dàns tbtitës sés parties ; il fén fermé un peu dé Sàiig ri'bîf dans lés v'ëhtriculëS, fhàis il ne présente aucune trace dë grânülatiou. ti ÏÏîaphràgiïie est -àiiiihci; bh y distingue lés Ëbfès apbhévrotiqués et müsëtiiëüses.
Abdomen. Lés intestins, refoulés vérS là piartié postérieure, bA’éot âpëu-près l’àspect nàtiifèl ; ils ne rëhferméiit qu’une petite quantité dë gaz. L’estOmaC contient environ un verfé d’un liqüidë noirâtre, sémblàble â dé là boüè délayée ; sa mèrnbfanë muqueuse, de cbüleüf vërt-boütëillè, ést emphysëihàtëüSe par placés. Lé foië est très iOmblli, d’un vért-bûütèillé foncé; sa membrane êxtërnë Së détaché fàcilëment; il est impossible dè distinguér les diverses sübs'tàncèS qui fè composent. La Vëèicüle biliaire est prësque vidé ; le péü dé liquide qu’ëllè fênfërme est épàis ét d’un vèrt olive. La ràtë ëst tellement diffluenté, qu’on ne petit là rèCorinaîtrë qu’à sà sitiiàtidh ; ellé resseiiilale â du sàhg décomposé. Lés reins soiiitrës ramollis, de coüiëür ün peu Verdâtrè pàr placés, violacée dans d’autres endroits ; bn ne peut pas bien apercevoir les substances cOrticalè et mamelonnée, inâîs on reconnaît bien lés Calicés èt le baSsihët. Lès üf etèrès he pàrâisSéht qu’un pêù râinOllis. LàvëSsië est très âmplé; bh n’ÿ trouvé qü’üne ëüilléflèàcâfé environ d’un liquidé bistre ; du resté, ëllé est dans l’état naturël. Le hïïMn ‘cbhtiënt environ un Vérrë d’tm liquide jàtiné safrànë Clair, sürnâgé pàr beaucoüp d’huile.
L’àbfte thorâciqüé et àbdôminàre Côhtiènt àSséz dè sâng hoir, en pàrlîé coagulé. La veine cave descendante est vide : du reste, les parois internés de ces vâisséâüx sont d’üh rouge violàcé, effet dë rimbibitioh sân-
gnihé‘(1).
(1) Ce cadavre ressemblait, sous plusieurs rapports , à ceux des individus qui,
NÉCROPSIE 8®.
P***, âgé de soixante-six ans, atteint depuis cinquante jours d’une pneumonie à laquelle il succomba, le 25 janvier 1828, au soir, fut inhumé le surlendemain matin.
Exhumation le 1 9 avril 1 828, à onze heures du matin, deux mois \dngtquatre jours après l’inhumation. La température moyenne de l’atmosphère avait été, pendant le mois de février, de 5°, 2 0° ; en mars, dè 7 -f- Ô° ; et en avril, de 10,8 -4- 0° therm. cent.
La bière, en sapin assez mince, est entière, peu altérée, et à peine moisie, si ce n’est dans son fond, où elle est recouverte d’une couche de matière brunâtre, humide. La serpillière est entière, de couleur presque naturelle , excepté à la partie postérieure du corps , où elle est noirâtre , et à la portion correspondante à la partie ântériëürè du thorax , qui est couverte de moisissures blanches : du reste , elle est humide et se déchiré avec assez de facilité. Oii n’aperçoit de «ers ni dâhsla bière, ni sur la serpillière.
Le cadavre est éiitier, d’tme odeür infecte, ët d’un aspect qui annoncé que la décomposition à fait déjà beaucoup de progrès dans les parties extérieures; cependant toutes ces parties sont encore liéës entre elles.
Tète. Le cuir chevelu existé et forme une couche épaisse jusqu’aux Os ; on peut, par la dissection, ÿ distinguer la peau, lés couches musculairés ët àponévfotiqües qui lë forment. La peau, dans certains points, manquë d’épidërmë, à la place duquel ontfOuvë une couché putride, rougeâtre, semblable à Celle dont je parlerai plus bas, et que jë dirai affecter une forme boutonneuse à la partie supérieure du thorax.
Là face est couverte d’ünë moisissurë blanchei humide, cotonneuse, mêlée en plusieurs points dé débris de serpillière, à travers laquelle sortent les sourcils et les favoris. Les yeux, au premier abord, ne paraissent plus exister dans les Orbites, où l’on trouve une naatière molle et humide, comme membraneuse, forinée par les deux paupières collées, munies encore de leurs cils et enfoncées. En fendant cette membrane, on trouve à droite l’œil vidé, affaissé et réduit à ses trois membranés concentriques; à gauche, lës paupières, à peine collées, n’offrent presque pas de cils, et sont en partie détruites ; l’œil est cordme le précédent, si ce n’est qüë la cornée n’existe qu’en partie, ét que l’on f aperçoit encore le cristallin ; les muscles des deux yeux conâméncent déjà à Se transformer en gras de cadavre. Lë nez est comme écrasé, ses ailés amincies et déformées ; les ouvertures des na-
après avoir été submergés, se sont pourris dans l’eau ; toutefois, il n’y avait pas identité parfaite. La ressemblance que je signale tenait sans doute à ce que l’individu qui fait le sujet de cette nécropsie était mort dans un état d’anasarque, et que le corps était resté plongé dans une certaine quantité de liquide.
rines sont très visibles. La 6ouc/ie, largement ouverte, laisse voir la entière, d’un vert noirâtre, mollasse, acculée au fond de la cavité, à raison de la position du cadavre ; l’intérieur de cette cavité est d’un vert parsemé de brun, de jaune et de blanc; le voile du palais est très ramolli et aminci; on y voit les quatre piliers et la luette. Les lèvres sont enfoncées et minces; on y distingue encore quelques fibres du muscle orbiculaire ; on trouve aussi les parties molles de la face, et quand on les dissèque, on peut reconnaître la peau, le tissu cellulaire, les muscles zygomatique, buccinateur, etc.; mais ces muscles présentent déjà un commencement d’altération putride, caractérisée par plus de mollesse, par une couleur rouge vineux et une infiltration d’une sorte de matière sanguinolente qui simule une contusion : lorsqu’on lave ces muscles ainsi imbibés, ils conservent leur couleur violette et se déc’nirent facilement. Les oreilles^ dont on n’aperçoit que des traces, sont déformées et humides ; on les reconnaît surtout à leur situation etàla saillie qu’elles forment: toutefois, on peut bien distinguer le pavillon et toutes les parties qui les constituent, après avoir enlevé une couche de matière putride, brunâtre, qui les recouvrait, et qui en masquait les apparences extérieures. L’articulation iemporo-maxillaire est conservée, et ne se sépare pas par une traction assez forte. Les muscles qui forment la paroi inférieure delà bouche, et qui unissent l’os maxillaire inférieure au cou, sont également conservés ; cependant le moindre effort les sépare de l’os que l’on peut ainsi dénuder. Le cou est humide, dépouillé d’épiderme, de couleur rouge vineux dans certains points , jaunâtre dans d’autres ; les muscles sous-jacens ont l’aspect vineux et l’apparence d’une partie contuse. La partie supérieure et antérieure du torse, jusqu’au milieu du sternum, ainsi que la partie antérieure et latérale des bras, sont couvertes de moisissures blanches et d’une couche de matière humide, comme glutineuse, jaune rougeâtre, disposée sous forme de boutons lenticulaires, confluens, mous, s’enlevant facilement avec le scalpel, et qui est évidemment le résultat de la putréfaction. Sur cette partie du torse, on détache facilement des plaques d’épiderme, recouvertes et de cette moisissure et de cette matière qui je ven s de décrire ; ces plaques d’épiderme sont d’un rouge hyacinthe à leur face interne ; le reste du thorax et la partie supérieure de l’abdomen sont d’un vert bronze, et plus ou moins humides. Les deux bras, placés sur les côtés du corps, se croisent sur l’abdomen de manière que chacune des mains repose sur le pubis, et qu’entre les deux mains se trouvent les parties génitales : aux côtés du torse, sur lesquels appuient les bras, la peau a conservé à-peu-près sa couleur naturelle. Partout où les membres thoraciques touchent le corps, comme au thorax, à l’abdomen et au pubis, il existe une mucosité gluante, rougeâtre, qui semble unir ces parties, et lorsqu’on vient à les séparer, l’épiderme se détache; les poignets, là où ils se croisent, semblent également unis entre eux par cette sorte de glu. La partie extérieure des hanches, d’un rouge cerise foncé, est dépouillée d’épiderme et humide ; les cuisses sont entières, et recouvertes
entièrement de la même moisissure et des boutons déjà indiqués; à leur face interne, la peau est à nu, d’un gris verdâtre. Les jambes sont comme les cuisses, c’est-à-dire moisies à leurs parties antérieure et externe, et verdâtres à l’intérieur. Les poils des membres inférieurs sont très apparens. Un des pieds est dépouillé d’épiderme, qui a été probablement enlevé lorsqu’on a ôté la serpillière ; l’autre pied en est presque entièrement couvert, mais il forme des plis comme s’il était prêt à se détacher.
Partie postérieure du cadavre. Le cuir chevelu est détaché du crâne, et on trouve de la sérosité sanguinolente semblable à de l’eau rougie, entre le crâne et le périoste, et entre celui-ci et les parties mollesqui lerecouvrent. On pourrait aisément confondre cette altération cadavérique avec les résultats de certaines contusions faites pendant la vie. La peau existe sur toutes les autres parties de cette région du corps ; elle est de couleur brune, tachetée çà et là en jaune d’ochre ; on y voit une multitude de petits grains comme' sablonneux, dont on ne peut pas assigner l’origine, qui ont quelque rapport avec ceux que je dirai exister sur le fpie et sur le cœur, et qui certainement ne viennent pas du dehors. Lorsqu’on incise la peau, on aperçoit les muscles encore plus imbibés de sang , plus ramollis et plus faciles à déchirer que ceux de la partie antérieure du corps, ce qui tient évidemment à la situation du cadavre. Au dos , par suite du travail de la putréfaction, la peau s’est presque décollée d’avec les parties sous-jacentes, et paraît leur former une poche, comme le fait la peau du crapaud.
Nulle part on ne découvre sous la peau, ni dans les muscles, de matière saponifiée, si toutefois on en excepte les orbites.
.Ericép/iaZe. La dure-mère est conservée et intacte; quand elle est fendue, on voit le cerveau très ramolli, mais formant encore un tout, d’une couleur gris verdâtre plus foncé que dans l’état naturel ; on distingue parfaitement des circonvolutions, ainsi que les deux substances médullaire et corticale, bien qu’altérées l’une et l’autre; la première est grisâtre et l’autre olivâtre; l’altération putride est assez grande pour qu’il ne soit plus permis de reconnaître les diverses parties qui composent le cerveau ; il serait également impossible de pouvoir constater une apoplexie, un ramollissement, une arachnitis, qui auraient existé pendant la vie. Le cervelet est plus altéré que le cerveau, à raison de sa position plus déclive; il en est de même de la moelle épinière. Les nerfs sont parfaitement conservés.
Thorax. En ouvrant le thorax , on voit que toutes les articulations des côtes et du sternum sont intactes, que les muscles , surtout à droite , sont d’un rouge vineux et comme imbibés de sang. Les poumons et le cœur, ainsi que le médiastin , présentent leurs apparences et leurs volumes ; ce-' pendant les poumons sont un peu affaissés et de couleur verdâtre ; ils sont crépitans , plus mous, plus faciles à déchirer, et plus' imbibés d’un fluide sanguinolent que dans l’état naturel. La trachée-artère et le larynx sont en-
tiers ; leur membrane muqueuse , notablement altérée par la putréfactiœ, est d’un rouge lie de vin foncé dans presque toute son étendue, et se détache en lames pultacées d’un gris verdâtre dans certains endroits : ces lames, formées seulement par l’épithélium, présentent çà et là l’apparence de grumeaux, que l’on pourrait prendre de prime abord pour des corps étrangers introduits du dehors , comme de la boue , par exemple. Le cœur est flasque, affaissé, de couleur brunâtre, plus mollasse, plus facile à déchirer et plus imbibé de sang qu’à l’ordinaire ; on voit çà et là , à sa surface, quelques petits grains de consistance et de couleur de gravier, gros en général comme de petites têtes d’épingle. Le ventricule gauche contient une assez grande quantité de sang épais ; d’un rouge amaranthe foncé : on aperçoit encore la membrane interne de ce viscère . Les gros vaisseaux veineux et artériels contenus dans le thorax et dans l’abdomen contiennent également du sang , qui a teint en rouge la tunique interne de ces vaisseaux. Le diaphragme est plus mince qu’à l’ordinaire 5 on y reconnaît parfaitement les parties aponévrotiques et musculeuses. Il est aisé de conclure de ce qui précède , qu’un assez grand nombre des affections des organes thoraciques auraient pu être reconnues.
Abdomen. En ouvrant cette cavité , on voit que les viscères ne diffèrent pas de ce qu’ils sont lorsqu’on fait l’ouverture quelques jours après la mort : seulement les intestins sont très distendus par des gaz , et leurs formes par conséquent bien dessinées : ils sont vides. L’estomac n’est point distendu; il ne contient point de liquide; sa membrane muqueuse est tapissée d’une couche peu épaisse d’un liquide couleur de bistre qui, étant détaché par le lavage, laisse voir cette membrane d’une couleur rougeâtre, effet d’une imbibition cadavérique; on distingue parfaitement aussi les tuniques musculeuse et séreuse. V épiploon paraît dans l’état naturel. La rate est d’un vert-bouteille foncé , très ramollie , et comme pultacée ; le fluide qui l’infiltre , de couleur de bistre très foncé, en est facilement exprimé. Le foie - est entier, ramolli , et d’un vert-bouteille foncé ; on en sépare facilement la membrane externe, sur laquelle on remarque plusieurs petits grains semblables à ceux que j’ai dit exister sur le coeur : il est impossible de reconnaître les diverses substances’ qui composent ce viscère. La vésicule du îfiel contient de la bile couleur de safran. Les rems sont dans l’état naturel , mais un peu ramollis; leur membrane externe se sépare facilement. Les uretères et la vessie ne présentent rien de remarquable.
Organes génitaux. Gn reconnaît facilement le sexe ; le pénil est couvert de poils. La verge est molle, aplatie, sans épiderme ; on y aperçoit le gland, le prépuce, les corps caverneux et leur cloison médiane, ainsi que le canal de l’urètre , qui peut même être sondé. Le scrotum est presque entièrement détruit. Les testicules, très ramollis, de couleur vineuse, sont réduits à un plus petit volume. Gn distingue très bien les vaisseaux séminiferes et les épididxTnes.
Toutes les articulations sont conservées; les ligamens et les tendons ne paraissent pas avoir subi d’altération.
On n’a pas découvert un seul ver dans aucune partie du corps (t).
NÉCBOPSEE 9^.
N. âgé de cinquantei-cing ans, dans un état dimbécillité profonde , très maigre, mort le 4 septembre 4827, des suites d’une pneumonie, fut inhumé le 48 du même mois , dans un état de putréfaction assez avancé. Une des jambes avait été enlevée, et une des joues dépouillée de la peau.
Exhumation le 5 janvier 4 828, à onze heures , trois mois dix-huit jours après l’inhumation. La température moyenne de l’atmosphère avait été , pendant le mois de septembre , de 46“,2+0°; en octobre, de 4 3,4+0°; eh novembre, de 5,8, et en décembre, de 6,9, therm. cent. La bière, en sapin assez mince, ^st de couleur naturelle à l’extérieur, excepté à sa face inférieure , qui est brun noirâtre dans toute son étendue. En. l’ouvrant , on remarque que ses parties latérales sont déjetées en dehors et comme pliées, qu’elles sont brunâtres, grisâtres par plaques, et en quelque sorte tapissées de larves ; que le fond est perforé en plusieurs endroits , et comme rongé par des vers ; que la couleur générale de ce fond est brunâtre , que dans les environs des parties perforées le bois offre un aspect gras et la couleur du charbon : que plusieurs parties de cette face' inférieure sont enduites, d’une matière brillante moins brune , quelquefois grisâtre , comme graisseuse et mêlée de larves ; qu’ enfin on découvre, au milieu de ce fond , une quantité innombrable de vers ayant environ 4 2 millimètres de long.
La serpillière très lâche est loin d’être remplie par le cadavre. Postérieurement, on voit une quantité considérable de gros vers blancs, peu de larves et de nombreuses chrysalides rougeâtres. La partie qui correspond au tronc est enduite d’une matière de consistance de cambouis, noire au dos, et couleur de terre d’ombre vers les lombes ; à la tête et au cou elle est brunâtre; sa couleur est presque naturelle à la partie correspondante à la jambe qui manque, tandis qu’elle est brunâtre et graisseuse derrière le membre qui n’avait pas été amputé : du reste, cette toile se déchire facilement, surtout dans les endroits où elle est plus humide et graisseuse. Antérieurement, elle est beaucoup moins altérée ; aussi sa couleur est généralement moins foncée, et sa consistance un peu moins faible ; on voit sur la partie correspondante à la région hypogastrique un très grand nombru de chrysalides.
Examen du cadavre. En incisant la serpillière, on est frappé de l’aspect du cadavre, qui n’est plus qu’un squelette en partie désarticulé , et recou-
(1) S’il est vrai qu’il n’aurait pas été facile de constater l’identité de ce sujet d’après l’état de la face, il n’en est pas moins certain que l’on aurait pu reconnaître plusieurs blessures, l’empoisonnement, etc.
vert çà et lâ de quelques débris de parties molles. La peau est détruite, excepté au pouce droit où elle est brune, comme tannée, et appliquée immédiatement sur l’os. On voit aussi un lambeau d’épiderme sur la portion de serpillière correspondante au pied ; cet épiderme est demi-transparent, couleur de bistre clair, et se déchire facilement. Il n’est plus possible de reconnaître un seul muscle ; seulement on trouve çà et là quelques anciens restes de masses inusculaires, sous forme de membranes et de filamens, d’une couleur brunâtre. La plupart des os des membres, des côtes, les vertèbres, les clavicules, une partie de la tête, etc., sont recouverts d’un enduit graisseux de couleur cendrée, et comme pulvérulent à sa surface, brun à l’intérieur, débris évident des muscles qui ont été détruits.
Tête. La face est réduite à l’état de squelette ; il n’y a plus de nez, de joues, de lèvres ni d’yeux; la mâchoire inférieure est détachée; on y voit quelques dents que l’on peut facilement enlever. Il n’y a plus de périoste, excepté à gauche vers la région temporale, où l’on voit aussi une grande portion de l’aponévrose de ce nom : on remarque çà et là quelques cheveux bruns, qui adhèrent à la surface des os. Le crâne tient tellement peu à la colonne vertébrale, qu’on le sépare facilement à l’aide d’un seul doigt. La cavité de' cette boîte osseuse n’est remplie qu’à moitié par le cerveau et le cervelet. Ces organes, d’une fétidité extrême, sont d’un gris ardoisé, humides, pul lacés à l’extérieur ; ils sont plus ramollis à gauche qu’à droite (c’est sur le premier de ces côtés qu’était couché le corps). Une coupe étant faite à droite, on distingue très nettement les deux substances : la grise, comme je l’ai déjà dit, est ardoisée; la blanche, beaucoup plus consistante qu’elle, a presque sa couleur naturelle : du reste, la destruction est assez avancée pour qu’on ne puisse apercevoir aucun des organes qu’on y voit à l’état normal ; et chose remarquable, on ne trouve plus que quelques légers débris des méninges, tandis que dans les autres parties du corps les tissus fibreux et ligamenteux étaient assez bien conservés (4).
Rachis. Le rachis est tellement peu solide, qu’on peut séparer les vertèbres avec la main ; ces pièces ne tiennent entre elles que par le moyen des cartilages inter-vertébraux, les ligamens de ce nom étant amincis et peu résistans. La gouttière vertébrale est à nu, et à la place des muscles qu’elle loge dans l’état normal, on trouve une matière noirâtre, semblable à du cambouis, au milieu de laquelle on voit une grande quantité des tendons appartenant à ces muscles. Il n’y a plus de vestiges de moelle épinière.
A la place du larynx et de la trachée-artère, on ne découvre que les cartilages cricdide et thyroïde, séparés l’un de l’autre, comme vermoulus, demitransparens, de couleur jaunâtre, spongieux, cassans, et quelques anneaux de la trachée-artère, flexibles comme des cartilages, et d’un brun jaunâtre.
Le thorax est tellement affaissé , que le sternum semble toucher à la
(1) Le cerveau dont il s’agit était beaucoup moins altéré que celui du sujet ouvert le 22 décembre, qui mourut apoplectique ( Vovez Nécropsie 6®, page 534).
cdonne vertébrale ; on enlève facilement cet os avec |a main. La deuxième, la troisième et la quatrième côtes gauches sont séparées de leurs cartilages ; les autres tiennent assez bien aux cartilages correspondans. Les espaces intercostaux, surtout à droite, sont occupés par une membrane grisâtre, sèche, qui réunit une côte à l’autre, et qui est le débris de la plèvre que l’on reconnaît encore très distinctement dans plusieurs points, et de quelques portions de muscles intercostaux déjà méconnaissables. La plèvre, isolée des parties environnantes, est mince, transparente, d’un jaune sale , et facile à déchirer. Le corps des vertèbres dorsales est à nu.
L’intérieur du thorax paraît vide ; il est tapissé d’une sorte de membrane ressenoblant, par sa couleur et sa consistance , à du papier gris mouillé, sans- que l’on puisse dire au juste de quels organes cette membrane est le débris. Il n’existe ni poumons, ni cœur, ni bronches ; on voit sur les côtés et au-devant de la colonne vertébrale, dans le fond du thorax, une matière grasse, noirâtre, comme du cambouis, reste évident d’une partie des organes qui manquent. Le diaphragnae existe sous forme d’une membrane qui s’attache aux côtes et à la colonne vertébrale j il est aminci , desséché, brun, et présente des traces de fibres musculaires dans un grand état de dessiccation : on remarque à son centre et supérieurement un prolongement membraneux, qui paraît appartenir au péricarde, et qui entoure une quantité notable de cette matière ayant l’aspect du cambouis, reste évident du cœur. Au travers du diaphragme passe l’aorte, que l’on peut suivre depuis la cinquième vertèbre dorsale jusqu’à la deuxième lombaire ; elle est recouverte, à sa face antérieure, de la même matière noire dont j’ai déjà parlé tant de fois ; la face qui correspond aux vertèbres est jaunâtre : après avoir lavé ce vaisseau pour lui enlever la matière qui le salit, on voit qu’il est jaunâtre, qu’il se déchire facilement, et qu’on peut encore en séparer les trois tun’ques qui le composent.
Abdomen. A la place des parois de l’abdomen, on trouve une membrane brunâtre, assez mince, largement déchirée çà et là, reste évident de cette paroi, sur laquelle il y a une multitude de chrysalides ; cette membrane qui, étant soulevée, Imsse voir le vide du bassin et de l’abdomen, adhère en bas à tout le corps du pubis, en haut au bord inférieur des côtes asternales, et latéralement à la crête des os des îles, surtout du côté droit ; elle est formée par le péritoine, et peuhêtre par des portions des muscles droits et obliques fortement desséchées, et en quelque sorte méconnaissablès. On ne distingue aucun des viscères de l’abdomen. A la place du foie, il existe tout au plus gros comme un abricot de bouillie noirâtre, mêlée d’une autre bouillie jaunâtre, semblable par sa couleur à certains sédimens de l’urine. Les reins et la rate sont également remplacés par de petites quantités de bouillie noirâtre, semblable à du cambouis. On voit sur le côté gauche des dernières vertèbres dorsales et des trois premières lombaires, une masse membraneuse de couleur grisâtre, qui , examinée avec soin, se trouve être le reste des intestins et probablement de l’esto- I. 35
mac, du mésentère et de l’épiploon. Les intestins peuvent être reconnus dans une étendue de 6 centim., quoique affaissés sur eux-mêmæ et réduits à la tunique péritonéale ; on s’assure que dans cette portion ils forment un cylindre dont la cavité est distincte et sans aucune trace de fibre musculaire : du reste, la membrane séreuse qui les constitue est grisâtre, transparente et facile à déchirer.
Bassin. Le bassin lient au tronc, et est comme fermé par la membrane que j’ai dit être le débris de la paroi abdominale. On remarque dans l’intérieur la portion du péritoine qui se replie sur la vessie, et qui est brunâire et facile à déchirer. La vessie, de couleur vert olive, est, sans contredit, l’organe intérieur le mieux conservé ; on distingue les trois tuniques, quoique très amincies, et l’orifice de rurètre qui est ouvert; sa cavité est remplie par des milliers devers; il n’y a aucune trace d’emphysème.
Au-devant des parties génitales on aperçoit les os du carpe , du métacarpe et des phalanges de la main droite, séparés en grande partie les uns des autres, et suspendus à leurs tendons qui sont amincis, peu résistansi de couleur brune en dehors , comme s’ils étaient desséchés, mais dont op reconnaît la texture tendineuse en les coupant.
Parties génitales. La verge est méconnaissable : on juge que c’est elle seulement d’après sa situation : en effet, elle est sous forme d’une languette très aplatie, mince, desséchée à sa partie supérieure, humide inférieurement ; lorsqu’on l’incise, on voit qu’elle se réduit à un tube d’un tissu consistant, dont les parois sont appliquées l’une sur l’autre, et qui étant écartées, le réduisent à un cylindre creux de 3 centim. de diamètre. Il est difficile de dire si ce cylindre est formé à-la-fois par l’enveloppe fibreuse du corps caverneux et par la peau ; mais le premier en fait certainement partie, puisqu’on en aperçoit très bien la cloison intérieure. Les poils du pénil, conservés, imprègnent toute la masse qui représente les organes de la génération. On ne trouve à la place du scrotum et des testicules qu’une matière molle, brunâtre, humide, offrant çà et là quelques lambeaux comme membraneux, et recouverte d’un enduit visqueux, noirâtre, et de beaucoup de vers.
Os et articulations. En général , les diverses surfaces articulaires ont conservé leurs formes , et sont pourvues de cartilages. Les os sont entiers- La clavicule est détachée ; l’omoplate est dépouillée. L’articulation scapulohumérale persiste, et est recouverte de quelques débris de parties molles- L’humérus, le radius et le cubitus, ainsi que les os de la main , sont détachés et épars en grande partie sur le bassin du cadavre. On remarque à' l’attache du deltoïde des fibres tendineuses qui offrent encore leur brillant et leur aspect.
Les deux articulations coxo-fémorales , bien qu’en partie dépouillées, persistent. Le ligament capsulaire de l’articulation droite est détruit en partie, tandis qu’il est entier à gauche ; la cuisse est complètement dénu-
dée en avant, où le Héinur est à nu ; en arrière, on voit une masæ moitié filamenteuse, moitié membraneuse , brun verdâtre, seul débris des partie mdles de cette région, qui, étant examinée avec soin, se trouve formée des tendons, des muscles fléchisseurs de la cuisse et du nerf sciatique ; celuipi est de couleur rosée, mais enduit d’une matière verdâtre ; il est encore assez consistant.
L’articulation tibio-fémprale se détacherait par le plus léger tiraillement, si les ligamens croisés n’opposaient une certaine résistance ; toutefois , il suffit d’une traction moyenne pour séparer le fémur des os de la jambe. Les cartilages articulaires sont très amincis, de couleur Jaunâtre ; les semi-lunaires sont détruits postérieurement et latéralement; la portion restante est jaunâtre , amincie et moins élastique que dans l’état normal. Les ligamens croisés se déchirent avec assez de facilité ; ils ont encore l’aspect ligamenteux, et sont entourés d’une assez grande quantité de matière grasse , blanche , comme savonneuse. La rotule , le tibia et le péroné ne sont plus articulés. Il en est de même des os du tarse, du métatarse et des phalanges. Le calcanéum présente lets débris du tendon d’Achille entourés extérieurement d’une matière ayant l’aspect et la consistance d’un cerveau qui aurait été broyé, tandis qu’à l’intérieur cette masse est as^z consistante : on distingue encore dans le tendon dont il s’agit les Upparençes du tissu fibreux .
Le cadavre n’exhale pas une odeur très fétide, si l’on en excepte la naatière cérébrale.
NÉCROPSIE 10®.
.F., âgé de spi^nte-seize ans , atteint d’une gastro-entérite chronique , était à l’infirmerie depuis cinq semaines ; il mourut le 23 avril 4 827, â neuf heures du matin ; on l’inhuma le lendemain à cinq heures du soir.
Exhumation le 4 2 janvier 4 828, à onze heures du matin, huit mois douzt jours après l’inhumation.
Bière : elle est en sapin assez mince ; son couvercle est enfoncé et brisé ,en quatre portions; sa face interne est très humide et brunâtre. Les parties latérales, déjetées en dehors , disjointes , sont couvertes de moisissure à l’intérieur ; mais on n’y voit point de larves. Le fond est rempli de vers, de chrysalides, de mouches et de terre qui a pénétré par les brisures et disjonctions dont j’ai parlé; il est d’un brun noirâtre dans presque toute son étendue, et considérablement moisi, surtout àl inférieur.
La serpillière est détruite en beaucoup d’endroits, savoir, vers le thorax, la face, la partie externe des jambes et aux pieds ; elle est , au contraire , conservée sur les parties latérales du cadavre , au cou, aux épaules , mais elle se déchire avec la plus grande facilité ; sa couleur ressemble à celle du tan ; en beaucoup d’endroits elle est couverte de terre. La partie de cette
toile qui correspond au fond de la bière est déchirée et adhérente à ce fond, de couleur presque naturelle, excepté dans la moitié supérienre , on elle est brune et parsemée de moisissures blanches.
Examen du cadavre. Les débris de la serpillière étant enlevés j le cadavre est assez altéré pour ne pouvoir être reconnu. Il est réduit à un très petit volume ; son poids est aussi fort peu considérable ; il n’exhale pas une odeur très désagréable. Sur beaucoup de points la serpillière ne se détache qu’avec assez de difficulté de la surface du corps. Celle-ci est en grande partie dépouillée de chairs, couverte d’une quantité considérable de terre, surtout à l’abdomen et entre les jambes, où elle est comme massée, et fait corps avec les extrémités. Le sternum est enfoncé et détaché des côtes , moins des deux premières. Les extrémités supérieures sont placées de manière à ce que les mains reposent sur le pubis; celles-ci paraissent entièrement décharnées ; il n’en est pas de même des bras qui sont recouverts en outre d’une moisissure semblable à de la gelée blanche ; des traces de cette moisissure restent adhérentes à la face interne de la serpillière enlevée. Les membres inférieurs paraissent entiers , quoique dépouillés dans quelques endroits de parties molles.
Tête. La face est décharnée à sa partie antérieure. Les orbites sont complètement vides. Les deux mâchoires largement séparées et dégarnies de dents , laissent voir l’apophyse basilaire de l’occipital , à cause de la destruction de toutes les parties molles ; cependant l’os maxillaire inférieur n’est point détaché , parce qu’il existe encore des débris de parties molles sur les côtés de la face ; ainsi, sur l’arcade zygomatique, sur la fosse temporale , sur la branche montante de l’os maxillaire inférieur et sur l’apophyse masloïde du côté gauche , l’on aperçoit une sorte de membrane épaisse de 8 millim. , couverte extérieurement de terre , de débris de serpillière, de quelques poils, et qui est d’un gris brunâtre, et parsemée de traces de la moisissure blanche déjà indiquée : cette membrane ne peut être qu’un débris de la peau et des muscles de cette région, bien que l’altération ne permette pas d’y faire extérieurement la distinction de l’une et des autres. Lorsqu’on la soulève, elle se détache avec facilité des surfaces osseuses , qu’elle laisse nettement dépouillées , et l’on voit alors à sa face interne une masse noirâtre, reste évident du muscle temporal, puisqu’elle passe sous l’arcade zygomatique j et se prolonge jusqu’à l’apophyse coroiioïde; d’ailleurs, examinée avec soin , cette masse laisse apercevoir des libres tendineuses. A la partie latérale droite de la face, la fosse temporale est tellement dépouillée , que l’os est à nu ; les régions zygomatique et parotidienne sont recouvertes d’une masse membraneuse analogue à celle du côté gauche , dont elle diffère cependant , parce qu’elle est parsemée d’une plus grande quantité de moisissures blanches , et parce que les filamens qui la forment, au lieu d’être réunis pour constituer une membrane serrée , sont épars , disjoints et comme spongieux ; la surface externe de cette masse offre des poils châtains qui sont les débris des favoris : on re-
marque une portion membraneuse semblable , également recouverte de poils, vers l’angle inférieur droit de la mâchoire ; cet os tombe dès qu’on a enlevé la couche membraneuse qui était sur les parties latérales delà face •' alors on voit le sommet du rachis séparé de l’occipital et correspondant au milieu de la base du crâne. La tête ne tient au tronc que par les débris des parties molles qui sont sur le côté gauche du cou ; ces débris s’étendent . d’une part depuis l’apophyse mastoïde et la partie gauche de la crête occipitale, et d’autre part depuis l’arcade zygomatique, jusque vers le milieu du cou , où ils se confondent avec ceux des parties molles de cette région; ils offrent une couleur gris noirâtre , et sont parsemés de la même moisissure blanche dont j’ai parlé : quand on les coupe , on voit qu’ils sont formés par une membrane d’un gris blanchâtre, de 8 millim. d’épaisseur, fort dense, fort résistante, multifoliée, et sous laquelle sont des débris de muscles en forme de filamens bruns, comme chevelus, semblables à de l’écorce de bois qui se pourrit. La plus légère traction suffit pour déchirer ces parties et séparer la tête. On voit alors que le crâne est dépouillé de périoste , mais qu’il est sali par des restes de serpillière , par de la terre et par de la moisissure blanche dans certains points , et d’un jaune serin dans d’autres ; on juge au poids , et en regardant par le trou occipital , qu’il est aux trois quarts vide. En l’ouvrant, on s’assure en effet qu’il n’y a guère que le quart de la masse cérébrale, qui est diffluente comme de la bouillie gris verdâtre , d’une fétidité extrême : lorsqu’on la coupe, on peut encore , à l’aide de la couleur, faire la distinction des deux substances. La dure-mère est la seule des méninges qui puisse être reconnue; elle offre la couleur et l’apparence fibreuse qui la caractérisent, quoiqu’elle soit beaucoup moins résistante qu’à l’état normal. *
Le cou n’est pas réduit au squelette et conserve évidemment beaucoup de parties molles massées, d’un brun noirâtre, comme du bitume, et recouvertes d’une grande quantité dç moisissures blanches. On remarque sur la ligne médiane la saillie du larynx; en détachant cet organe, on voit qu’il forme un tout dans lequel on distingue presque toutes les parties qui le constituent : sur le cartilage thyro’ide , à droite, existe une couche membraneuse noire, assez résistante, débris de la peau et des muscles, qui, étant enlevée, laisse apercevoir le cartilage de couleur brunâtre et vermoulu : on découvre une couche 'semblable sur le cartilage cricoïde ; l’un des cartilages aryténoïdiens et les membranes qui unissent les diverses pièces du larynx, sont conservés ; mais ces dernières sont peu résistantes et se détachent facilement. L’intérieur du larynx est couvert de moisissures blanches. En arrière de cet organe, on voit les débris du pharynx , formant un tuyau membraneux affaissé. La masse dont je parle étant enlevée , on aperçoit les vertèbres du cou , qui sont disjointes par la destruction des cartilages intervertébraux, et qui ne tiennent plus entre elles que par les parties molles qui sont sur le côté du cou : celles-ci, plus considérables à gauche qu’à, droite, constituent une masse noirâtre.
membraneuse et dense, à l’extérieur, parsemée de moisissures blancfiés, qui, étant incisée oü tiraillée, se montre filamenteuse, surtout profondément. Les muscles de la partie postérieure du col sont réduits a une substance sèche, d’un br'ùn noirâtre, comme arborisée, qu’on ne peut mieux comparer qu’aux ramifications coralliformes de certains polypiers. Le canal rachidien est vidé.
Thorax. Latéralement tes côtes, presque entièrement décharnées, sont unies entre elles par les débris des niusefes intércostaux, desséchés, atnidds, brunâtres et parsemés de moisissures blanches. En âvant, le sternum est presque entièrement détaché des côtes, enfoncé, brun, et recouvert de la même moisissure ; les cartilages sternaux sont presque tous séparés dü sternum et des côtes ; ceux qui restent sont noirs, percés' de trous, encore souples et faciles à enlever ; on n’éprouvé pas beaucoup de difficulté â lès casser, et alors on entend un léger bruit. La face postérieure du thorax, presque décharnée, est noirâtre et couverte d’un grand nombre de pêtitéi mouchés; les gouttières vertébrales sont remplies par cette sorte dé mémbrane noirâtre dont j’ai déjà parlé tant de fois , et sous laquelle il ÿ a une quantité innombrable des mêmes mouches. La masse moffé répondant aux muscles de ces gouttières, étant incisée, laisse apéfcévoîr des vides,' produits évidens dé la destruction de ces musclés, doht il né reste que quelques portions filandreuses.
En cherchant à soulever le sternum, ôn voit qu’il adhère au médiâ^iû ahtérièur, dont les attaches laissent à la face interne de cét os des débrfé fîlâméntëuX d’un blanc éclatant ; dé éhaque côté de ce niédiastin se fémarqueht deux grands vides dans les cavités du thorax : ces cavités sodt parsemées de moisissures ; à droite, quelques-uns dès mtervallés intefctfStâux sont à jour, par suite de la destruction des parties qui lès remplissaient ; au fond dé chacune dé ceS cavités, près de la colonne vertébralé, oh voit tine sorte de membrane très blanche, adhérente d’une partàüx côtes, et de l’autre au médiâslin ; cétté membrane, comme je le dirai pluS bas, n’est autre chose que le poumon.
Le péricarde et le médiastin antérieur ne font qii’ùn, et le tout constitué une cavité qui semble formée d’une membranè bifoliée, brune â l’intérieur comme à Textérieur, ét qui, étant incisée, laisse voir lé cœur, très aplati, réduit à’ une sorte de languette épaisse d’un céntimètre, largè et haute de centitn. , de couleur brun noirâtre et souple : lors¬
qu’on la coupe, on peut, à Laide des doigts, écarter les parois de manière à recohnaîtrè les deux ventricules; l’organe ressemble alors â une double péché dé gomme élastique : on ne distingue plus la textufé du coeur; toutefois, on découvre çà et là quelques brides noirâtres qui doivent être les restés des colonnés charnues de l’intérieur des ventricules.
La trachée-artère fait encore corps àvéc le larynx et avec les poümôns; elle a la forme d’un tuyau noirâtrè béant, daüs léquél oh dié-.
tingne parfaitement tous les cerceaux cartilagineux, qui sont d’un bran jaunâtre.
Les deux poumons existent et ont l’apparence de deux membranes très aplaties , d’un petit volume , collées contre les parties latérales de la gouttière vertébrale; ils sont noirs en arrière et couverts de moisissure blanche en avant ; ce sont eux qui constituent cette partie blanchâtre dont j’ai déjà parlé à l’occasion des cavités thoraciques ; leur structure, leur couleur et leur forme, diffèrent tellement de l’état normal, qu’on ne peut les reconnaître que par leur situation ; en pénétrant dans leur substance, on les partage en feuillets noirâtres, presque desséchés et séparés par beaucoup de chrysalides rougeâtres. La face interne du thorax est tapissée par la plèvre qui est brunâtre, demi transparente, près-que desséchée et facile à déchirer. On voit l’aorte thoracique sous forme d’un tuyau brunâtre , vide , mince, sec, dont on ne peut séparer que deux membranes. Le' diaphragme occupe la place ordinaire ; il est membraneux , mince d’un brun foncé , desséché, perforé à droite dans la partie correspondante à la- portion où les muscles intercostaux sont à jour.
Abdomen^ La paroi abdominale est réduite à une couche membraneuse, mince, desséchée, , brune, couverte dé terre et de moisissure, très facile à déchirer, collée surtout inférieurement â la colonne vertébrale et au bassin. Lorsqu’on l’enlève , on remarque un vide considérable sur les deux côtés de cette colonne et dans le bassin , qui, du reste', contient une quantité prodigieuse de chrysalides et de mouches. Il est impossible de distinguer, à la première vue , les différens viscères abdominaux : toutefois , il y a une apparence de colon transverse ; car on découvre , au lieu qui est habituellement occupé par cet intestin , une sorte dè cylindre membraneux, à la vérité peu distinct ; en cherchant sous le diaphragme, à droite, on trouve le foie, réduit à une masse aplatie, épaisse de 15 millimètres, d’un brun noirâtre, légèrement desséchée, qui , étant coupée, se subdivise en feuillets , dans l’intervallé desquels il y a une matière solide, brune, comme bitumineuse ; on reconnaît aussi dans cette masse une portion jaune qui répond à la vésicule hiligire ; celle-ci est en effet distincte, et contient plusieurs calculs de cholestérine. A gauche, sous le diaphragme, on voit la rate, aplatie, sorte de languette , ayant 2 millimètres d’épaisseur, d’un brun noirâtre , et d’une forme tellement différente de celle qu’elle présente dans les cadavres ordinaires, qu’il serait impossible de la reconnaître autrement que par la situation. Au-dessous de la rate et du flanc gauche, existe un amas de tuniques membraneuses, affaissées, débris évidens de V estomac et des intestins; car, en les écartant, on refait la cavité du premier et une partie des autres : du reste, ces tuniques , sèches, d’un brun noirâtre, amincies et perforées dans certains points , ne permettraient pas, ni à beaucoup près, de refaire toute fo longueur du canal digestif, nqn plus que d’en distinguer les diverses parties ni les tuniques constituantes , et encore
moins les altérations morbides , si la maladie [qui a déterminé la mort était de nature à en produire (1).
Les reins, probablement très aplatis aussi, sont perdus dans ces débris, au point qu’on ne peut pas les trouver; la veine cave etV aorte abdominale, les veines et les artères iliaques sont brunâtres et sous forme de tuyaux aplatis, mais très reconnaissables et vides-
On aperçoit dans le bassin une membrane brunâtre, [mince, qui forme une cloison derrière le pubis, et qui étant incisée laisse un vide assez considérable, qui par cela même ne paraît pas répondre à la vessie : du reste, on ne découvre point cet organe. Le pubis est garni de poils châtains : la verge, aplatie, desséchée, semblable à une languette, n’est plus reconnaissable extérieurement; lorsqu’on la coupe, on distingue à l’intérieur diverses couches concentriques, de couleur différente, mais qu’on ne peut écarter de manière à réformer les cavités des corps caverneux ; les testicules et le scrotum ne sont plus reconnaissables.
Membres supérieurs. Les mains, situées sur les pubis, décharnées, forment, encore un tout, bien que les os du métacarpe de la main gauche soient désunis et entièrement dénudés ; les doigts sont repliés, blancs, et présentent, sur les phalanges qui les constituent, et qui se tiennent encore entre elles, une couche fort dense, sèche, très résistaftte,. débris évident de la peau et des terminaisons tendineuses des muscles ; l’articulation carpo-métacarpienne est détruite, en sorte que les os du carpe ne tiennent plus au métacarpe, quoique les uns et les autres conservent leur situation respective. L’avant-bras gauche est collé à la portion de l’abdomen sur laquelle il repose ; l’articulation radio-carpienne persiste : le radius, et le cubitus tiennent encore entre eux, et sont recouverts seulement d’une couche desséchée, épaisse de 2 millim., grisâtre, parsemée çà et là de moisissures blanches, se détachant assez facilement, et pouvant être subdivisée en deux lames, dont la plus externe semble devoir être la peau, et l’interne la partie aponévrotique. L’espace interosseux est occupé par une couche semblable, mais plus épaisse, et dans laquelle on voit le reste des tendons. L’avant-bras tient encore au bras. Au coude, comme dans toute la longueur du bras, on trouve une masse spongieuse, filandreuse, de couleur d’amadou desséché, de 1 5 millimètres d’épaisseur dans plusieurs endroits, dans laquelle on ne peut distinguer ni nerfs ni vaisseaux, quoiqu’elle soit évidemment un reste des parties molles. Le bras est collé au thorax : en l’écartant doucement, on remarque très distinctement les débris du grand pectoral, sous forme d’une membrane brunâtre, moisie çà et là. L’articulation cubito-humérale est conservée ; les diverses pièces qui la composent tiennent beaucoup entre elles, et l’on peut reconnaître tous les ligamens ; mais il n’y a plus de cartilage, et les surfaces articulaires sont
(1) Le canal digestif était dans un état tel qu’il aurait été possible de retrouver ope substance vénéneuse dans quelques-uns des points de sa cavité.
très desséchées : l’articulation scapulo-humérale est solide, à cause des parties molles extérieures qui existent en assez grande abondance et qui sont desséchées, et comme membraneuses ; la capsule fibreuse est presque intacte ; on retrouve encore un peu de tissu cartilagineux, à la vérité, fortement desséché et d’un jaune brun.
La main droite est étendue, recouverte 'de terre et de moisissure, qui remplissent en outre l’intervalle des doigts ; elle est comme incrustée dans la masse terreuse que j’ai déjà dit exister entre les membres inférieurs : en la détachant de cette masse, on voit que les doigts sont comme collés entre eux par le mélange déjà indiqué de moisissure et de terre ; ils sont blanchâtres à l’extérieur, et quelques-unes de leurs phalanges sont encore recouvertes de la couche dense dont j’ai parlé à l’occasion de la main gauche ; dans certains doigts, ces phalanges tiennent entre elles ; les articulations du métacarpe et du carpe sont intactes. L’avantbras est moins collé à l’abdomen que celui du côté opposé ; mais il est plus dépouillé que lui ; le radius est séparé du cubitus, et tous les deux ont abandonné l’humérus : on voit à leur surface quelques débris de parties molles, comme à l’autre avant-bras, mais en moindre quantité ; le bras, de ce côté, est à-peu-près comme le gauche, si ce n’est que la portion qui représente le muscle pectoral est moins considérable ; | l’articulation scapulohumérale est moins solide, plus dépouillée que l’autre; cependant elle tient assez fortement, à cause des parties molles qui restent; les cartilages sont plus détruits que de l’autre côté.
Membres inférieurs. Il sont presque entiers, encore articulés,, et conservent beaucoup de parties molles; celles-ci sont imprégnées de terre, de moisissure blanche, de débris de la serpillière, et dont l’apparence d’une matière solide sous laquelle on sent des vides,, matière qui dans quelques endroits laisse les os à nu. En incisant on voit que cette masse molle est constituée extérieurement par une couche membraniforme, épaisse de 6 à 8 millimètres, assez résistante, sous laquelle est un tissu spongieux, filandreux comme' au bras. Les articulations sont plus solides dans toute la longueur de ces membres que dans les extrérnités supérieures, parce que les masses charnues étant plus considérables ont dû laisser plus de débris. La destruction est d’autant plus marquée, que les articulations sont plus inférieures ; aussi les dernières phalanges des pieds sont-ellés tombées. La rotule tient encore à l’articulation, mais elle s’en détache avec facilité ; les surfaces articulaires du fémur et du tibia présentent encore des restes de cartilage jaune rougeâtre ; le ligament semi-lunaire interne existe ; l’autre est presque entièrement détruit, les ligamens croisés sont desséchés et faciles à déchirer. On ne distingue plus de trace d’épiderme au pied ni ailleurs ; les ongles sont desséchés et probablement perdus dans la masse terreuse dont j’ai parlé tant de fois.
NÉCROPSÏE 14*.
P..., âgé de 83 ans, mort lé 27 mars 4827, à neuf heures du matin, â la suite d’une dysenterie qui avait duré cinq semaines, inhumé le 30 du même mois, à cinq heures du soir, fut exhumé le 47 janvier 4828, nèuf mois dix-huit jours après l’inhumation.
Bière. La bière était entière au moment où on la découvrit, mais éllé était assez détruite pour se rompre supérieurement et sur ses côtés pendant les efforts nécessaires pour la retirer de terre (4). Les divers fragmens de ces trois faces, surtout à riütérieür, offraient des teintes variées, jaune, blanche, noire, vineuse, etc., et en certains lieux ressemblaient, par leur coloration, â l’intérieur d’un vieux tonneau ; on voyait aussi çà et là des rnoisissureS. Ces fragmens se rompaient à la main aussi facilement que dû bciis pourri. Le fond de la bière était entier, résistant, et de couleur lidîre à la portion correspondante au dos.
Serpillière. Les parties latérales de la bière ét le couvercle étant enlevés, laissent voir le Cadavre, couvert en quelques points seulement de dé^ bfîs de la serpillière, qui est beaucoup plus altérée que dans les nécropsiés préçédéntes; elle ést naêlée de terre en beaucoup d’endrojts, et s’enïêvé en ffâgméns j éïïè est couleur de fumier aux extrémités inférieures, et noire au torse, où elle est humide et comme enduite d’une matière ayant l’aspect bitumineux. On trouve dans les intervalles qui la séparent de la , bière. Surtout le côté droit du cadavre, et notamment au membre inférieur et à la tête, beaucoup de terre, qui est comme massée et qui fait corps avec ses débris. La partie de cette serpillière qui répond au dos, est imprégnée d’un enduit noirâtre, qui sera signalé en parlant du thorax, et qui recouvré aussi cette partie du fond de la bière. .
Aspect extérieur du cadavre. Le cadavre apparaît entièrement décharné et réduit au squelette; celui-ci est altéré et désuni en plusieurs pointSj d’une couleur jaune foncée, sale â la tête et aux membres, noire au, thorax, et d’une odeur de moisi peu désagréable.
Tête. 'La face et le crâne sont dépouillés dë partiés molles ; ce dernier est recouvert en arrière d’un magma, qui est un mélangé de terre . et de cheveux gris, parfaitement reconnaissables encore. Lorsqu’on enlève ce maguia, on aperçoit les os d’une couleur bistre clair, tachés, çà et là, surtout à la partie postérieure, de larges plaques d’un brun foncé : en râcîant ces parties noircies, on détache la matière qui formait ces plaques et qui est poisseuse. Vers la bosse pariétale gauche, un peu en arrière, cette plaque noire s’enlève sous forme d’un feuillet membraneux très mince, demi-
(i) Cela tient à ce que les planches de ces trois faces ont à peine S millimètres d’épaisseur et sont beaucoup plus minces que celles du fond et des deux extrémités.
trsfflsparërit, qui est évidemment un reste des parties molles extérieurës du crâne, ta fêté se sépare du cou â la moindre traction , l’articulâtidn atloïdo-occipifale étant détruite comme foutes les autres articulations. Le cranèest lourd, et l’on peut voir par le trou occipital, qu’il contient encore dés débris de l’encéphale dans la moitié de sa capacité environ. Lés orbites et les fossés nasales sont vides ; la mâchoire supérieure u’offiré qu’une dént que l’on peut enlever avec le doigt; elle est jaune, demi-transpârente, et sa racine se laisse couper avec effort comme de la corne très dure. La voûte palatine, transparente, se brise au moindre choc; l’oS maxillaire inférieur, séparé du sùpérieuf, est tornbé sur le devant dés vertèbres cen'icalés ; il éüste un intervalle de plus de 3’ Centim. entre son côndyle et la cavité gîénoïde ; on y voit aussi qtiëlqués dents ayant les mêmes caractères que la précédente, et se laissant arracher avec le doigt. Le crâné étant Brisé, on trouve le cerveau réduit au' tiers de son volume, et renfermé encore dans la dure-mère ; il est transformé en une matière trèé molle, non encore pûTtâcée, de couléùr azurée, d’ütié fétidité esttréine, dans laquelle on distingue évidéramentdéux teintés, ét où il né Serait plüS possible d’apercevoir aucune des parties décrités par les ariatomistéé. Quant à la durè-mërè, elle est réconnaissâble, de couleur naturelle et àsSéz résistante, fl n’y à plus de trace de moellé épinière.
Le cou est réduit à la colonne vertébrale, dont les vertèbres’ se détaclîënt au moindre effort, les cartilages iritéryertébrâux étant presque céinplétément détruits, et un vide éntre chacune des pièces du rachis aniionçàût cètte destruction. Les vertèbres cervicales supérieures sont d’un jaune terreux, les inférieures sont noires : cette' dernière teinté est due à ce qu’elles sont imprégnées d’une matière comme huileuse’, qùé cepéndânt l’eau enlève. Le tissu dé cès os ne semble pas altéré encore, COmmè ôâ péuts’en assurer en les scian t ; seulement ils paraissent plus légers et plus faciles à briser. On remarque àu point d’âdhêsion de la vertèbre avec lé fîbro-cartilagé du corps, un commenCérnênt de destruction de la substance compacte ; là le corps de là vèrtèbré est comme criblé ; mais on né péut pas dire que cette altération, qui se retrouve aussi sur lé corpst des vertébrés dorsales et lombaires, soit plutôt l’effet de la décomposition putride que d’une affection morbide dè los, parce qu’on trouve dans quelques points de la colonnë vertébrale dès prôlongemèns dsseux. sorte de petites exostoses qui semblent annoncer une maladie delà partie solide du rachis: sur la partie antérieure et supérieure dû cou, on découvre les débris osseux du larynx, et l’on peut encorè reconnaître les cartilages cricoïde et thyroïde.
Thorax et abdomen. La cage thoracique est détruite. Le sternum, détaché des côtes et séparé en deux pièces, est dans la cavité du thorax. Les côtés, délàchéès aussi de la colotme vertébrale, sont couchées les unes sur les autrés sur les parties latérales dq cadavre ; une seule, la première, séparée postérieurement du rachis, tient encore en avant, et des deux cô-
tés, au fragment supérieur du sternum. Çes diverses côtes sont enduites d’une matière noire semblable à un extrait végétal mouillé, et qui est é\idemment un reste des parties molles détruites ; lorsqu’on les lave, elles perdent à-peu-près toute leur couleur, ainsi que l’enduit qui les revêtait : on voit alors qu’elles ne sont pas plus fragiles que dans l’état naturel ; mais leur intérieur est très sec et très poreux. Deux d’entre elles conservent encore antérieurementleur cartilage sternal, qui n’est plus reconnaissable à l’extérieur comme cartilage ; il est beaucoup plus souple et cependant assez difficile à déchirer dans certains points ; il est recouvert d’un enduit brunâtre un peu moins foncé que celui dont je viens de parler; lavé, il est d’un gris olivâtre et comme vermoulu par places ; il semble qu’une portion de sa substance intérieure soit détruite, d’où il résulte que la coupe paraît plus poreuse. Les vertèbres dorsales et lombaires se détachent les unes des autres, et sont enduites, surtout en avant, de la [matière noirâtre déjà désignée.
On ne découvre aucune trace de viscères ni de muscles dans le thorax ni dans V abdomen; on voit seulement sur les côtés du rachis, et adhérente à ses os, qui en sont teints, une matière noire, humide, avec le luisant du cambouis, formant en quelques endroits des masses épaiæes de 42 millimètres, qui sont évidemment des débris des parties molles ; car en examinant avec soin leur intérieur, on y découvre des feuillets membraneux multiples, que l’on peut encore séparer en certains points ; Cette matière noire est recouverte çà et là de moisissure d’un blanc verdâtre, sous forme de petits globules, et de plaques ressemblant beaucoup à ces lichens d’apparence terreuse qu’on trouve sur les vieux troncs d’arbres.
Bassin. Les articulations coxo-fémorales, les symphyses du pubis et sacro-iliaques sont désarticulées et désunies ; la symphyse du pubis offre un écartement d’environ 42 centim., tandis que cet écartement n’est que de 3 centim. à la symphyse sacro-iliaque. Le sacrum décharné, de couleur très brune, et séparé du coccyx, contient dans sa concavité une couche très épaisse de matière analogue au cambouis, mais moins foncée, et mêlée de chrysalides et de mouches : on voit aussi quelques insectes blancs à la face postérieure de cet os, qui du reste est le seul organe du cadavre où l’on ait remarqué des animaux. L’os des îles offre une masse épaisse de 4 à 5 millimètres, humide, noirâtre, mélange de terre, de débris de serpillière, et des parties molles de cette portion du membre, qui sont méconnaissables. Les surfacés articulaires correspondantes des tibias et des fémurs offrent encore un peu de cartilage brun, humide, aminci. Les fémurs ne sont à nu que dans leur cinquième inférieur : dans le reste de leur étendue, antérieurement et latéralement, ils sont recouverts par une masse feuilletée, et comme cartonnée à l’ extérieur, épaisse de 8 centim. au moins en dedans et postérieurement, plus mince en dehors, plus sèche inférieurement et superficiellement, plus humide postérieurement et profondément : cette masse est un débris évident des muscles de la cuisse, les-
quels se laissent même reconnaître à leur couleur et à leur mollesse vers la partie supérieure et extérieure du bassin, où l’on ne saurait les couper sans qu’il en sorte une quantité considérable de vers et de mouches. Lorsqu’on a incisé cette masse dans quelques-uns de ses points, on voit qu’elle présente à sa surface une croûte d’environ 4 à 5 millimètres d’épaisseur, formée par du gras de cadavres d’un blanc jaunâtre, sorte d’écorce qui est appuyée sur les portions desséchées et feuilletées auxquelles sont réduits les muscles, et qui évidemment n’ont pas l’aspect de ce gras. Ailleurs, les muscles de la cuisse apparaissent sous forme d’une spongiosité filandreuse, d’un gris brunâtre, comme si la masse musculaire proprement dite avait été détruite, et que l’organe fût réduit à ses élémens fibreux et aponévrotiques. Les débris épais dont je parle maintiennent le fémur dans son articulation coxale : partout où ils sont humides et d’apparence musculeuse, ils exhalent une odeur acide et putride fort désagréable. A la cuisse droite, tout est sous forme feuilletée et cartonnée ; rien n’a conservé la nature musculaire humide et rouge, qui, à gauche, existait à la hauteur de la fosse iliaque externe.
Membres supérieurs. Les mains apparaissent sur le devant du pubis, réduites au squelette ; celle de gauche a conservé assez bien sa forme, surtout dans la région métacarpienne, pour pouvoir être reconnue. Les os deces mains, mêlés de débris de serpillière et de terre, sont déjà désunis, ou se désunissent au moindre effort; toutefois, quelques-uns de ceux qui entrent dans la composition du carpe sont comme adhérons à l’avant-bras par un magma qui est un mélange de terre et de débris des parties molles. Les avant-bras, dont le droit est séparé de l’humérus, sont appliqués sur les côtés de l’abdomen, et paraissent réduits aux deux os ; cependant il existe encore dans l'espace interosseux quelques débris de parties molles, feuilletées, desséchées, jaunâtres à l’intérieur, brunâtres à l’extérieur, et semblables à ceuxde la cuisse. Du côté gauche, l’avant-bras tient encore au bras par quelques restes départies molles, légèrement humides. L’humérus, de ce côté, n’est nulle part à nu ; il est revêtu d’une couche de débris de parties molles souillées extérieurement de terre, et offrant le même aspect feuilleté, filandreux, non musculeux, déjà décrit ; l’épaisseur de cette couche est de 3 cent, en dedans, où elle adhère aux parois externes de la poitrine, et de moitié plus mince en dehors ; elle maintient l’articulation huméro-scapulaire, où l’on trouve même un reste de cartilage brun, mince, et un peu humide. L’humérus droit est dépouillé dans sa moitié inférieure et à l’articulation scapulo-humérale : les débris des parties molles qui l’entourent en avant, et qui l’attachent au thorax, ressemblent à ceux de l’autre côté, si ce n’est qu’ils- sont im peu plus humides et plus bruns.
Système osseux. Les os longs sont d’un jaune brun foncé dans certains endroits, et d’un jaune plus clair dans d’autres ; ils sont un peu humides et couverts d’un enduit limoneux peu épais ; ils ne diffèrent point de l’état
nonnal par leur tpxture et leur dureté. Les os courts sont ^a^eax, sec*
jgtuoâtres à l’intérieur.
NÉGROPSDS L2!®.
X***, âgé de soixante-deux ans^ mort le 26 mars 4S27, à dix heures du matin, à la suite d’une apoplexie foudroyante, enterré le 27 du même mois, à deux heures, fut exhumé et ouvert le 21 janvier 1828, à onze heures du matin, neuf mois vingt-cinq jours après l’inhumation.
Bière. Au. rnomentde rinhumation, le couvercle étant perdu, fut remplacé par des planches mal jointes, de sorte que la terre avait pénétré dans rintérieur, et remplissait les vides entre ses parois latérales et le cadavre, et couvrait les jambes, la bouche et les orbites. Les parois latérales de cettë bière, d’environ 10 à 12 millimètres d’épaisseur, étaient entières, quoique brisées inférieurement au côté droit ; l’humidité les avait fait déjeter en dehors seulement dans la partie inférieure, et les avait tellement ramollies qu’elles se rompaient par le plus léger effort de la main ; la terre, les imprégnait presque partout, et il n’y avait de moisissures et décolorations noires que dans les points où la terre manquait. Le ccuyerclej ou, pour mieux dire, les planches qui en tenaient lieu étaient maculées de noir et parsemées de moisissures blanches, comme dans les nécropsies précédentes. ,
Serpillière. Elle étaitpresque entièrement détruite ; les portions restantes s’enlevaient facilement enfilamens comme du fumier.
Aspeot extérieur du cadavre {Voyez planche 3*). Le cadavre n’est pas réduit ausquelette, si cé n’est aucrâne et à la partie supérieure de la face; mais les chairs restantes sont imprégnées de terre dans certains endroits; ces parties molles forment un magma sec, et comme cartonné dans plusieurs points, un peu plus humide dans d’autres ; çà et là, cependant, les os sont en partie dénudés, savoir : au sternum, à l’extrémité sternale des côtes, aux clavicules, aux radius, et à une partie des mains, qui sont appliquées sur la région pubienne, aux rotules et aux tibias. La teinte générale de la partie antérieure du cadavre est d’un jaune terreux brun, parsemé de maculations noirâtres, et de moisissures vertes et blanches; la face postérieure noirâtre et d’un vert foncé, beaucoup plus humide que celle-ci, est remplie de vers; les muscles des gouttières vertébrales humides, souples et réduits à leur partie aponévrotique sont reconnaissables comme muscles, §t contrastent sous ce point de vue ave.c les autres muscles du corps, que j’ai dit être desséchés et comme cartonnés.
Tête. La tête, penchée sur l’épaule gauche, est dépouillée dé parties molles, excepté à la partie inférieure de la face ; le crâne est couvert en arrière de cheveux blanc.s, imprégnés de terre et mêlés de débris de la serpillière, qui forment une sorte de magma appliqué seulement aux os
de cette partie, sans y adhérer. Toute la sur£ace de ee crâne est souillée de terre ; on en détache en plusieurs endroits une pellicule blanchâtre et lisse intérieurement , d’un jaune brun à l’extérieur, où elle est garnie de cheveux qui y sont implantés et non collés ; cette pellicule, qui a l’épaisseur et la consistance du parchemin , est évidemment le débris des parties molles de la région qu’elle occupe. Les orbites , les fosses nasales et la bouche sont remplis de terre : aux fosses temporales, les parties molles qui y existent sont réduites à une masse membraneuse d’un brun peu foncé, poreuse, filandreuse, assez desséchée et qui se continue sur l’arrcade zygomatique aussi bien qu’en dessous ; il est impossible de recou^ naître dans cette masse chacune des parties molles dont elle provierù ; l’arcade surcilière est dépouUlée ; la fosse canine droite présente quelque^ débris de parties molles, mêlées de terre, et toujours sous la formé de cette masse brunâtre dont je viens de parler , et qui se continue jusqu’à la région parotidienne du même côté, où elle offre extérieurement les poils des favoris qui y sont implantés ; la fosse canine gauche, dépouillée, est de couleur noirâtre ; la bouche est-' grandement ouverte j il n’y a plus de lèvres : on trouve dans sa cavité une portion membraneuse bru-, nâtre, desséchée, qui y est tombée, et qui est un reste de la joue droite, car on voit à sa surface les poils des favoris. Au fond de la bouche apparaît la colonne vertébrale , recouverte en partie d’une couche membraneuse de même nature et aspect, et provenant aussi des parties molles dé cette cavité, La mâchoire inférieure est dépouillée dans sa branche montante droite , recouverte encore d’une couche brune membraneuse, mollasse, garnie de barbe dans sa branche horizontale droite, tandis que les deux branches montante et horizontale gauches sont dénudées. Cette mâchoire présente deux dents, que l’on arrache facilement, et qui sont jaunes et demi-transparentes ; leurs racines se laissent couper avec effort comme de la corne très dure. L’articulation temporo-maxillaire est détruite, et les débris des parties molles seuls retiennent l’os. En enlevant l’os maxillaire inférieur, on trouve derrière les apophyses ptérygoïdes une matière noirâtre, plus légère que de l’éponge, semblable à des flocons de suie, et qui provient évidemment des parties musculaires de celte région*, car on distingue encore dans l’intérieur des feuillets membraneux organiques. Le cerveau et le cercelei occupent à-peu-près les deux tiers de la cavité du crâne , sous forme d’une masse excessivement fétide, diffluente, pultacée, de couleur verte et noire par places, dans laquelle il est possible de distinguer çà et là , mais avec peine, les deux substances. J1 n’est plus permis de reconnaître le cervelet, ni à plus forte raison les divers organes qui composent l’encéphale ; on ne trouve plus de traces de l’apoplexie foudroyante qui avait causé la mort. La dure-mère existe sous forme d’une membrane d’un aspect nacré, de- couleur bleuâtre et d’une consistance assez ferme : on dirait presque qu’elle est à l’état normal ; elle est séparée de . l’encéphale par une quantité innombrable de vers
blancs, d’environ 4 2 à 4 4 cent, de long. Il n’y a plus de moelle épinière.
Col. Les vertèbres cervicales supérieures sont visibles, quoiqu’en partie recouvertes par une légère couche membraneuse de couleur d’ochre ; âu niveau de la sixième de ces vertèbres existe une masse brunâtre, faisant saillie, dans laquelle on trouve les cartilages cricoïde. et thyroïde, ainsi que les parties molles internes du larynx saponifiées. Depuis cette saillie jusqu’au sternum, et dans les plis et vides latéraux qui séparent le col deS'Clavicules et de la partie supérieure du thorax, on voit des débris de parties molles , d’un brun foncé, noirâtres , desséchées et feuilletées à gauche, tandis qu’à droite elles sont d’une couleur moins foncée et offirent dans certains points des plaques blanches, comme plâtreuses. Ces diverses masses enlevées, on aperçoit à la partie inférieure du col une ouverture parfaitement ronde, qui correspond à la trachée-artère dont on trouve à peine des traces.
Thorax. Le sternum est enfoncé inférieurement ; il conserve supérieurement, en apparence, ses attaches aux clavicules et aux côtes, dont on peut le séparer avec facilité. La paroi latérale gauche du thorax est entière ; les muscles intercostaux, réunis aux côtes et desséchés, simulent une sorte de cartonnage ; la paroi latérale droite est plus dépouillée , et l’intérieur du thorax paraît à jour dans plusieurs points ; les côtes de ce côté sont séparées, pour la plupart,- les unes ,des autres par la destruction des muscles intercostaux ; les cartilages sternaux sont souples, noirs à l’extérieur, gris et humides à l’intérieur ; lorsqu’on les casse , on voit qu’ils sont criblés de petits trous, et qu’une portion de leur substance intérieure est détruite.
Les deux côtés de là poitrine paraissent vides, si ce n’est qu’ils renferment un peu de terre et beaucoup de petites mouches. Ils sont noirâtres, comme enfumés et charbonnés ; on trouve sur la saillie des vertèbres dorsales une pellicule noire, mince, se prolongeant sur les côtés comme si elle allait tapisser la cavité ; lorsqu’on la soulève, on voit qu’elle offre plus d’épaisseur au fond de la poitrine , et qu’elle se subdivise en plusieurs feuillets, percés de trous, qui leur donnent l’aspect de laines minces d’éponges qui auraient été noircies ; la portion qui occupe le côté gauche est plus épaisse, et les feuillets qui la composent sont plus humides, et ressemblent à du cambouis noirâtre et luisant ; du reste, il est impossible de retrouver dans cette pellicule un vestige reconnaissable des viscères thoraciques dont à coup sûr elle provient. Là où les parois sont mieux conservées, c’est-à-dire à gauche, sous la pellicule noirâtre dont je viens de parler, et en contact immédiat avec les os, on remarque une membrane humide dans certains points, sèche dans d’autres, qui doit être la plèvre : elle est grise par plaques, brune dans <juelques parties , demitransparente et peut être facilement séparée des muscles intercostaux desséchés. Les articulations postérieures des côtes sont détruites et ses os ne sont maintenus dans leurs rapports que par les débris des parties
aftoiles. Les vertèbres tiennent entre elles, bien que plusieurs offrent dus écartemens entre leurs corps.
Abdomen. Il est afEaissé, recouvert de terre, de débris de serpillière et de chrysalides antérieurement, il est de couleur jaune brun , excepté aux fosses iliaques, où l’on voit des moisissures blanches. La paroi abdominale antérieime est collée au rachis ; on la détache sur les côtés, où elle existe sous forme d’une couche membraneuse, feuilletée, d’un rouge noirâtre à l’intérieur et encroûtée de gras de cadavre à l’extérieur. Les organes abdominaux, considérablement diminués de volume, ne sont nullement reconnaissables au premier abord; on les trouve dans chacun des côtés de l’abdomen, sous forme d’une masse feuilletée, desséchée, excepté à l’intérieur, où elle est un peu humide et remplie de vers, et que l’on peut réduire en filamens coralliformes : dans un point de cette masse seulement, on peut découvrir encore comnie un commencement du tube intestinal.
Bassin, Les parties génitales sont détruites au point qu’on ne peut reconnaître le sexe. Le pubis est couvert de poils, qui sont accolés à cette masse feuilletée et carbonée à laquelle sont partout réduites les parties molles. Il n’est pas plus possible de distinguer dans la cavité du bassin les viscë'esquiy sont contenus, qu’on ne l’a fait dans la cavité abdominale; ils sont en effet transformés aussi en cette matière feuilletée et desséchée, déjà signalée tant de fois.
Membres supérieurs. Ces membres sont placés sur les côtés du corps de manière à ce que les avant-bras et les mains reposent sur l’abdomen, sur les os des îles, sur la partie antérieure du pubis et sur le haut des cuisses. Les épaules, les bras, l’avant-bras et les mains tiennent ensemble : les clavicules sont maintenues dans leur position par les parties molles, qui sont réduites à une sorte de cartonnage ; des portions membraneuses, ayant cette même apparence cartonnée et filandreuse, débris évidens des muscles adducteurs du bras, unissent ces membres au thorax. A gauche , l’articulation scapulo-humérale, l’humérus et l’articulation cubito-humérale sont recouverts d’une couche filandreuse, comme celluleuse, grasse au toucher, de 3 centim. d’épaisseur dans beaucoup d’endroits, laquelle, extérieurement, a comme une croûte formée par du gras de cadavre, et qui intérieurement ressemble à du bois pourri, si ce n’est que les filamens sont plus humides, et qu’il est possible de distinguer çà et là qu’ils sont de nature animale. Les os de l’avant-bras sont également couverts d’une couche semblable, mais plus mince et sans croûte savonneuse, et dans l’intérieur de laquelle on distingue des tendons desséchés, jaunâtres et transparens : la surface de cette couche est parsemée de moisissures blanches. La main, comme incrustée, sur la partie du bassin où elle repose, paraît entière, d’un gris bleuâtre mêlé de brun et de moisissures blanches : quand on veut la détacher ses divers os se séparent, et l’on voit qu’il existe dans leurs intervalles du gras de cadavre sec, jaunâtre, qui les liait entre eux, et dans lequel on trouve quelques débris membraneux : ces os laissent au-dessous
d’eux les parties molles de la main, formant une masse uni^jue, mecobraneuse, dont une portion est transformée en gras, et qui se. réduisit es. plusieurs feuillets secs, dans l^uels on reconnaît des tendons. A droite, la main est de couleur plus foncée, et déjà plusieurs de ses os aînt séparés. Les diverses articulations du mémbre droit ne sont maintenues que par les parties molles environnantes, analogues à celles du cèté gauche, mais qui sont un peu moins desséchées. L’articulation seapnla-humérale présente évidemment l’attache de la longue portion du biceps, tandis qu’on ne rer marque rien de semblable de. l’autre côté. On trouve, encore dans quelques articulations du membre droit, des parties de cartilage»
Membres^ mfériems^ Ife sont, entiers m apparence et tiennent ensemiie: on voit à la partie supérieure et latérale de la cuisse une masse musculaire desséchée, offrant la même structmre qu’aux bras, recouverte aussi d’une croûte de pas, avec cette différence qa’ on y trouve de la moisissure Waache, d’ un vert bouteille et même vert-der-grfe. Le fémur est à nuahlérieurement et vers son milieu ;, la rotule et les tibias d^ deux côtés sont.également dénudés ; les masses musculaires restantfis en assez grande jquaHiité àla partie postérieure des jambes , sont beaucoup moins; dess&héj^(pi’à la cui^e. Les articulations du genou, sont remplies do vers; tesIigamHis croisés, de couleur jaunev ont encore, assez, do réslsfeance. ûn trouvodes traces de cartilages sur les surfaces articulaires;; ils sont assez eojasstaas dans certains points, tandis: que dans d autres, ils sontréduits à une sorte de bouillie brune- Les cartilages semi-lunaires sojit en partie détruits. Le pied droitexiste tout entier jusqu aux phalanges, les osquile composeïd;, unis p@r des portions-filameateuses, membraneuses, sap,o;nii.ées, d’unhlaoc ÿmnâtre à l’extérieur, se détachent très facilement II en est de, même pour le pied gauche , qui cependant présente encore les deux premières phalanges.
Système, osseux. Les os longs, d’un jaune brun à L’extérieiar, sont de cnuleur naturelle à l’intérieur ; ils ont conservé leur structure et leur coasistance. On trouve dans le canal médullaire une substance blanche, roôUe et grasse. Les os courts ne sont pas plus spongieus qu’àl’éfôit nGnaal ; mais ils sont plus secs à l’intérieur.
KÉCBPPSIE 43®»
Kf **, âgé de quatre-vingt-trois ans, mort le 47 mars48â'î',:à cinq heures du soir, à la suite d’une pleuro-pneumonio qui avait duré vingt jouis; inhumé le 4 9 du, même mois à deux heures, fut exhumé le-26 janvier 4 828:, à onze heures, dix mois huit jours.après rinhumation»
Bière. Elle est en sapin mince, surtout dans les ais latéraux, qui n’ont guère plus d’un centim. d’épaisseur. 4.u moment où on la découvre , le couvercle s’enfonce, et on ne peut la sortir de terre sans que les planches latérales ne se séparent en plusieurs fragmens, et sans qu’une quantité con-
skiérable de teire ne pénètre dans l’intérieur ; ces diyers fragniens se rompent avec une extrême facilité ; ils sont comme charbonnés à Textérieur ; l’intérieur est maculé de gris, de noir, et surtout de rouge vineux, ce qui lui donne dans plusieurs parties l’aspect d’un vieux tonneau. La séparation de ces fragmens de bière laisse voir le corps, dont la surface est dans beaucoup de points couverte de terre. La tête se détache aussitôt qu’on dierche à retirer le cadavre. Le sternum est enfoncé dans ses deux tiers inférieurs ; en sorte que l’on aperçoit le vide de la poitrine, dans laquelle il y a beaucoup de terre. On trouve çà et là sur les côtés, et inférieurement, les débris de la serpillière sous forme de fungier. On enlève la terre avec précaution ; dans quelques endroits elle se .détache ayec facilité ; dans^ d’autres, elle est comme massée et adhérente à la surface du corps : cette terre,- du reste, est humide et offre le liant et la ductilité de l’argile.
Aspect du cadœore. Le cadavre n’est pas réduit au squelette ; on trouve même aux parois abdominales, aux fesses et au dos , beaucoup plus de débris de parties molles qu’on ne l’aurait cru, d’après les nécropsies précédentes, La partie antérieure présente une couleur généralement brune. Le dos conserve surtout une grande quantité de débris musculaires d’une couleur brune , et même noirâtre, dans presque toute son étendue ; il est couvert de vers blancs, longs d’un centimètre , et offre une coloration toute différente lorsqu’il est incisé ; on voit alors que les parties molles sont d’un blanc jaunâtre ou d’un blanc rosé ; elles ne sont ni cartonnées, ni desséchées , mais humides et très fétides : on y distingue facilement des tendons et beaucoup de fibres musculaires rosées, séparées dans plusieurs points les unes des autres par du gras de cadavre jaunâtre; il existe aussi entre les diverses couches qui composent ces parties molles du dos, une quantité innombrable de vers.
Tête, La tête, comme je l’ai, déjà dit, a été séparée du tronc au moment de l’exhumation. Le crâne est entièrement |dépo.uillé de parties molles ; on n’y voit que quelques cheveux gris, non altérés et accolés à la surface des os : cette surface, souillée de terre, de moisissure blanche et verte, est d’une couleur brun foncé , et même noirâtre par places. La face est couverte de terre qui remplit à droite l’orbite , la fosse nasale et le vide de l’arcade zygomatique ; il n’y a plus de parties molles, et les os ont une couleur beaucoup plus foncée qu’au crâne, surtout dans les orbites- La mâchoire supérieure est dégarnie de dents : on ne trouve plus l’os maxillaire inférieur, ni les deux premières vertèbres du col, qui auront été perdus pendant l’exhumation. Le poids de la tête n’est pas très considérable, et en regardant par le trou occipital, on voit que la cavité du crâne est aux deux tiers vide. Il n’y a plus de dure-mère reconnaissable, Le cerveau et le cervelet, réduits à-peu-près au tiers de leur volume, ne forment qu’une bouillie grise à l’extérieur, offrant çà et là quelques points rosés et blanchâtres dans son intérieur : cette bouillie , d’une fçü-
dité remarquable J ressemble à un cambouis homogène. Jl n’y a pluscie moelle épinière.
Col. La région cervicale du rachis apparaît de suite ; complètement dépouillée en avant, elle n’est formée que de cinq vertèbres cervicales, et ne présente plus de traces de larynx ni de pharynx ; à la partie inférieure existe l’ouverture de la trachée, dont cependant on ne retrouve pasl^ ;mneaux. Sur les côtés du col sont des débris musculeux, noirs à l’extérieur, et amenés à, cet état spongieux et filandreux dont j’ai déjà parlé tant de fois.
Thorax, Le sternum est enfoncé dans ses deux tiers inférieurs. La cavité du thorax apparaît, remplie en partie par de la terre. Du côté droit, les intervalles des côtes sont libres en avant ; le même effet a lieu de l’autre côté, mais d’une manière moins marquée ; dans le reste de la poitrine, des débris musculeux, d’une couleur [brune, réduits àxin état filandreux et spongieux , maintiennent les côtes entre elles, les recouvrent, et font que les parois thoraciques ferment les parties latérales et postérieures du thorax. Les cartilages des côtes, presque entièrement ossifiés, ne se séparent pas de leurs os ; ils sont poreux, vermoulus et fragiles. La paroi interne du thorax est noire : on remarque profondément sur les deux côtés du rachis deux masses de la même couleur, que l’on peut partager en feuillets presque desséchés, spongieux, qui sont le reste des poumons, mais que l’on ne peut reconnaître [que par leur situation. Sur le devant du rachis, on voit une languette aplatie, épaisse d’un cehtim., large et haute de 8 à 1 0 centim., de couleur brun noirâtre et souple : cette languette, déchirée déjà dans quelques points, et très amincie dans d’autres lorsqu’elle est coupée , laisse voir deux cavités dont on peut écarter les parois de manière à reconnaître les deux ventricules du cœur, qui ressemble alors à une double poche de gomme élastique souple ; mais il est impossible de distinguer la texture de l’organe dont cette masse est le débris. On trouve encore une portion d’aorte thoracique, amincie, d’un brun foncé , composée de trois membranes parfaitement distinctes. A la place du diaphragme, on ne découvre qu’une sorte de membrane, légèrement humide, n’offrant plus ni la forme ni la texture de ce muscle.
Abdomen. La paroi antérieure de l’abdomen est entière et couverte de vers et de chrysalides , là où appuyaient les avant-bras ; elle est d’un brun noirâtre, extérieurement comme intérieurement. Coupée et soulevée, on voit qu’elle a de 5 à 4 0 millim. d’épaisseur ; et qu’elle se partage en feuillets, dans l’intervalle desquels il y a beaucoup de vers J ces feuillets humides , d’un blanc jaunâtre, n’ont pas l’aspect desséché de la plupart des parties molles des membres. La cavité de l’abdomen est moins vide que dans les nécropsies précédentes, et renferme beaucoup de mouches et de vers. Les parties contenues forment une masse en apparence unique, homogène, dans laquelle on ne peut distinguer au premier abord nonseulement aucun des organes abdominaux, mais même la forme d’aucun :
cette masse d’un jaune brunâtre, d’un aspect gras, parait sèche au toucher, et ofire çà et là des moisissures blanches. Quand on l’enlève pour voir en quoi elle consiste, on reconnaît qu’elle est composée de plusieurs; couches membraneuses légèrement humides, qui sont les restes des viscères abdominaux, surtout de l’estomac, des intestins, des épiploons et du mésentère sans doute méconnaissables dans leur forme , dans leur structure, mais moins altérés que chez d’autres sujets qui étaient restés, inhumés quelques jours de moins que celui-ci ; en effet, on retrouve dans quelques points de cette masse des portions de cylindre, et même une cavité membraneuse qui , par son ampleur, ne peut être que l’estomac ; du reste, ces organes, réduits à une seule membrane, ne sont reconnus qu’à leur situation. On aperçoit sur les côtés de la colonne vertébrale deux languettes aplaties, noires et comme spongieuses à la surface, membraneuses et humides à l’intérieur, qui doivent être les reins , car elles tiennent aux uretères, qui sont enveloppés de gras de cadavre et encore perméables. A la place du foie et de la rate, on ne découvre qu’une masse aplatie, peu volumineuse, coralliforme, noire, légèrement humide, se séparant très facilement en fragmens par le plus léger effort.
Bassin. La cavité du bassin paraît vide ; cependant , on y voit la vessie desséchée, de 3 millim. d’épaisseur, de la capacité d’un œuf , noirâtre à l’intérieur, couverte de moisissures blanches à l’extérieur, contenant beaucoup de chrysalides dans sa cavité. Le pubis offre quelques débris des poils des parties génitales. Il n’y a plus de traces de parties molles, sur le trou ovalaire.
Organes génitaux. Dans la masse qui existe à la partie supérieure et moyenne des membres inférieurs , on ne discerne rien qui ressemble aux parties génitales ; seulement cette masse graisseuse et mêlée de terre offre également à sa surface une grande quantité de poils.
Membres inférieurs. Les différens os du pied sont désunis et perdus dans une masse de terre et de débris de serpillière , de telle manière qu’il n’est plus possible de reconnaître la forme de cette partie , ni de retrouver tous les os qui la composent. Un des calcanéums présente sur la face qui appuyait sur le fond de la bière un enduit gris brunâtre, humide, épais, seule trace des parties molles de cette région, sauf toutefois quelques débris ligamenteux et tendineux qui unissent encore quelques os. Les jambes, au premier aspect, sont réduites aux deux os ; les rotules se détachent : inférieurement , les pieds en sont séparés ; les tibias et les péronés ne tiennent plus entre eux ; mais les tibias tiennent encore un peu aux fémurs par les ligamens croisés qui se rompent à la plus légère traction. La partie antérieure de la jambe est sèche et réduite au squelette , la partie postérieureet externe présente quelques feuillets desséchés faciles à détacher ; plusieurs portions de ces os, surtout extérieurement , sont teintes en noir, tandis que d’autres sont couvertes de moisissures blanches et jaunes ; aucun d’eux ne paraît altéré dans sa structure. La tête du fémur est parsemée
de DQoisissares vertes et blanches ; le cartilage y existe encore , mais il œt imprégné de ce cambouis noirâtre que l’on trouve partout où il y a des masses considérables de parties molles ; on voit autour du cou et des trochanters de semblables débris sous forme de pellicules très-minces , dans lesquelles il est encore possible de découvrir des filamens : lé corps du fémur est d’un jaune sale , moisi çà et là j lorsqu’on le râcie , on en détache, surtout inférieurement, une pellicule uiince comme une pelüfè d’oigtion de couleur brune ; il reste encore entre lés dent tubérosités Un peu dé cartilage : l’os est très solide.
Aucc membres supérieurs, les os du métacarpe, du carpe et d^ doigts, Sont épars sur lé bassin en avant et en dedans. Les os de l’avant-bras n’adhérent plus entre eux, et sont séparés du carpe et de l’humérus ; celuici ne tient plus au scapulunt ni à là clavicule : du reste , ces différens ôs présentent la Consistance ordinaire , et un aspect analogue à celui du fémur.
Système osseux. Les ôé longs sont d’un jaune brùn foncé dans certains endroits, et d’ün jaüné plus clair dans d’autrés ; ils sont un peu humides, et couverts d’un éndiiit limoneux peu épais; ils ne diffèrent point de l’étât normal par leur dureté. Lés os courts sont spongieux , secs et jaunâtres à l’intérieur.
NÉCÊOPSÎE U®.
P***, âgé de soixante-quinze ans, mort le 20 décèmbre 1826, à dtt heures du soir, à la suite d’une gastro -entérite qui n’avait duré que six purs ; inhtnné lé 22 du même mois à cinq heures dé l’aprèo-midi, fut exhumé lé ^2 janvier 1828, à deux heures, treize mois aprép l’inhumatiOn’.
Siére ët serpillière. La bière, en sapin mince, surtout dans lès parties latérales, ne peut être fëtiréè dé ferre êrifiëre ; lé cOüvercle et les ais latéraux sé séparent én plusieurs fragmenS , lesquels Sont eux-mémes très fragiles. L’intérieur de céfte boite est diverseinent coloré en gris , eu noir et surtout en rouge de vin , comme un vieux tonneau ; l’extérieUr, aü contraire, offre une tèidtë généralement noire et comme charbonuée,- le fond, surtout dans là partie qui correspond au torse, présente en quelques points üné bohillie d’un gris brunâtre, et même noire , qui est mêlée dé terfé ét Qie âéhnsàe serpillière. Celle-Ci, détruite dans beaucoup d’endroits, làiSsé ailléürs des filamens qui s’enlèvent comme du fumier ; toutefois On en trouve encore d’assez bien conservée dans la partie du fond de la bière qui correspond aux jambes-. Quoi qu’il en soit , on parvient à retirer la bière sàns faire pénétrer, ni â beaucoup près, autcuit de terre que dans la nécropSie précédente.
Aspect du cadavre (Voyez pi. 5). Le cadavre est réduit aü squelette' ; là OÙ les os ne sont point en rapport avec des viscères parenchymateux, avec des parties molles vascUlaires , riches en fluîdès , ils sont de couleur jatméd’ochre : tels sofUt lés ôs dés îles, lé sacrum et les vertèbres lombaires
^ avant , ia mâchoire inférieure , là face, etc.; ailleurs, au contraire, ils sont généralement d’un brun pourpre ou noirs. On ne trouve plus un seul Tiâcère dans le thorax, dans i’abdoinen ni dans le bassin.
Tête. La tête, penchée sur le côté gauche, était séparée du rachis, quoiqu’au premier abord on pût penser qu’elle y tenait encore. La face et le (ârânê sont décharnés ; on voit encore sur ce dernier quelques cheveux gris qai y sont accolés ; il est noirâtre à sa partie postérieure, et Jaune -d’^ochré en avant ; cette couleur est aussi céilë de là fàœ. L’Os maxillaire inférîêûr est désarticulé , et les surfaces articulaires Soiil éloignées lés unes des autres ; il y a encore à cette inâchOire quelques dents tjüé l’on peut enlever au moindre effort , et qui sont d’un jaune de cire , trànspàrentes , et beaucoup plus faciles â couper qii’â l’état nàturèl , quoique durês. Là tête est assez légère , et paraît vide àùx deux tiers , lorsqu’on regardé par le trou occipital ; et én effet , lé Cftee brisé , dh rèconnait què rencéphàlè n’occupe guère que le tiers dé la càvité crânienne ; du reste , cèt organe est méconnaissable : réduit à une bouillie d’un bleu azuré, présentant dans son intérieur des points rosés èt d’àUtres blanchâtres , il résseinblê à Un cambouis homogène d’Unè fétidité r^ârquable. On ne découvre plus ni dure-mère, ni moelle épinière.
RâcMs. Gn enlève avec la ^tus grahde facilité toutes les vertèbres du rachis qui sont désunies , ttiàis qui COhservèht encore léurs rapports. Lès vertèbres dorsales , surtout latéralëfnèht et en avant , sont enduites d’Une couche noirë, couirne bitumineusè; qui s’enlève faciletnent par lé lavage, et qui est évidemment le produit dé la décomposition dès viscères thofaelqüès ; cette couleur contraste avec celle de la partie antérieure des Vertèbres lombaires , qui est jaune d’ochié : âü-dèvâüt des vertèbres cervicales on trouve le cartilage thyroïde entièrement dépouillé de parties molles.
Côtes et sternum. Les côtés, âffâisB'é'ès sur les cétés et totoplétehaent dénudées, sont désarticulées en àmèré èt se séparent au moindre effort ; leur inoitiéjpostérieuî'e èst recouverte d’un enduit noir, semblable à celui qui tapisse les vertèbres dorsales et qui reconnaît la même origine. Le stérnüm, détaché du thorax, est tombé dans la poitrine, où on le trouve sur les côtés du rachis ; il est ën deux pièces : ôn Voit aussi, dans cette cavité, quelques cartilages costâüx Séparés dû stérnüni ét dès côtes ; ils sont d’un Vêïtbouteille foncé, et enduits d’Uné matière eordme huileuse épaissie.
Bassin. La symphysé du pubis est éeartéë de 5 èèntim. supérièurêment, et au moindre effort l’os iliaque së détache de ctiaquè côté du sacrum, à cause de la dèstructipn des symphyses sacro-iliaques. Le sacrum , contigu au rachis , n’y adhéré plus ; sa face postérieure est enduite d’une bouillie épaisse , d’un gris brunâtre.
Membres inférieurs. Aux pieds On né trouve qu’un calcanéum ët Un scaphoïde, parce que les autres os ont été perdus lors de l’exhumatiOn : les jambes ne sont formées que par les os qui se détachent les uns dés autres, ainsi que des fémurs ; dans létirs corps lés tibias et lès péronés sont
d’un jaune clair, tandis que leurs extrémités sont d’un brun foncé; il n y a plus de cartilages sur les surfaces articulaires de ces os ; les cuisses sont réduites aux fémurs, qui sont d’un violet tirant sur le pourpre, dans leur corps, surtout à droite, et d’un brun noirâtre aux extrémités; les articulations cpxo-fémorales qui sont en place, et autour desquelles on trouve de légers débris de la serpillière et un peu de terre, sont désunies et se séparent avec facilité : on aperçoit à la partie antérieure des cols des deux fémurs quelques os des deux métacarpes. Les têtes des fémurs sont enduites en partie par une-couche de cambouis brun et en partie par un cartilage brun verdâtre que l’on peut couper par lames, et qui ressemble assez au caoutchouc. ■
Membres supérieurs. Les mains n’existent plus ; quelques-uns de leurs os se trouvent dans l’intervalle des cuisses, sur le fond de la bière, sur la partie antérieure de l’articulation coxo-fémorale et sur le devant du col du fémur. Les avant-bras et les bras sont également réduits au squelette ; leurs os sont séparés et éloignés les uns des autres ; il existe 4 5 millim. d’intervalle entre chacune de leurs articulations : la couleur des os de l’avant-bras est celle des os de la jambe ; celle des humérus ressemblé à celle des fémurs.
Système osseux. Les os longs ne diffèrent point par leur structure et leur dureté de ceux des vieillards dont les cadavres seraient examinés le lendemain de la mort; mais leurs cavités intérieures offrent moins départies médullaires : les os courts sont beaucoup plus spongieux, d’un brun verdâtre à l’extérieur, secs et jaunâtres à l’intérieur.
NÉCROPSIB 45®.
N*** â|é de quatre-vingts ans, mort le 4 3 novembre 4 826, à huit heures moins un quart, à la suite d’une pneumonie, qui avait succédé à un catarrhe pulmonaire; inhumé le- 4 4 du même mois à midi, fut exhumé le 4 9 décembre 4 828, à deux heures , treize mois six jours après l’inhumation.
Bière et serpillière. La bière est tellement altérée qu’elle se brise au moindre effort et qu’il est impossible de la retirer en entier : les fragmens que l’on en obtient sont très fragiles, diversement colorés en noir, en brun, en rouge, plus ou moins moisis et humectés par une bouillie d’un gris brunâtre. La serpillière, comme réduite en un fumier noirâtre, remplit tous les vides de la face, des orbites, des fosses nasales, etc. ; on en trouve aussi ça et là quelques vestiges sur d’autres parties du corps auxquelles elle adhère ; mais on voit qu’elle manque en grande partie, ce qui dépend probablement de ce que ses débris ont été perdus dans la terre qui a pénétré dans la bière au moment de l’exhumation.
Cadavre. On ne peut retirer le cadavre entier et d’une seule pièce que jusqu’aux genoux; mais il faut beaucoup de précaution, et encore la tête
je détache-t-elle du tronc ; du reste, T adhésion des parties qui ie composent tient autant à la terre qui l’imprègne qu’à ces parties elles-mêmes ; sa couleur est brune ; seulement on voit sur une grande partie de sa surface des moisissures blanches. Il ne reste plus de parties molles à Textérieur, et au premier aspect le corps semble réduit au squelette.
Les os du crâne sont recouverts d’un magma qui les salit et qui est sec par places, mollasse et bitumineux dans d’autres endroits, d’une couleur bistre, brune ou jaunâtre, et qui paraît être un débris de serpillière, de cheveux et de parties molles, mêlé de terre. Quelques fibres du muscle masseter, méconnaissables autrement que par leur situation, attachent encore,, surtout à droite, les deux os maxillaires ; en enlevant ces restes des parties molles, qui offrent l’apparence d’un feuillet desséché et brun, on voit qu’elles s’étendent jusqu’à la fosse temporale, que l’on met ainsi complètement à nu. L’os maxillaire inférieur n’offre plus de dents, mais on remarque un grand nombre de poils blanchâtres provenant de la barbe. Le cerveau est réduit au tiers de son volume à-peu-près, et se présente sous forme d’une masse pultacée, très fétide, d’un gris verdâtre, dans laquelle on peut encore distinguer çà et là des parties blanches, qui sont probablement le reste de la substance médullaire ; mais on ne saurait reconnaître aucun des nombreux organes qui le composent ; la dure-mère est parfaitement conservée, si ce n’est qu’elle est légèrement ramollie.
Le thorax est à moitié ouvert par la rupture des côtes et de la partie inférieure du sternum, à laquelle reste attachée une portion de la paroi abdominale, desséchée et affaissée sur le rachis : en coupant cette paroi ou voit qu’elle offre 7 millim. d’épaisseur, que sa texture est très serrée, et qu’intérieurement elle est rougeâtre, indice des masses musculaires qui la composaient. On ne découvre aucun viscère dans le thorax ni dans l’abdomen ; toutefois on trouve de chaque côté de la saillie des vertèbres dorsales et lombaires, une masse ayant l’aspect d’une éponge usée, blanche etmoisie, grise, noire par places, desséchée, feuilletée, filandreuse, et qui est évidemment le débris des divers viscères de la poitrine et de l’abdomen, quoiqu’il soit impossible* d’y rien distinguer (1 ). Les espaces intercostaux sont remplis par une matière semblable, très sèche, qui réunit les côtes ; les vertèbres ne tiennent entre elles aussi que par les débris des parties molles, réduites à cette sorte de cartonnage.
Le bassin ne contient aucun viScère ; il n’y a plus d’apparence de parties génitales : seulement on remarque quelques poils à la région des pubis.
Les diverses articulations des membres supérieurs et inférieurs tiennent encore par les débris des parties molles qui sont desséchées, multifoliées, et comme cartonnées dans plusieurs points, et humides dans d’autres; ces
(1) Si l’individu dont il s’agit fut mort à la suite de l’introduction d’un poison dans l’estomac, il n’aurait pas été impossible de démontrer qu’il j avait eu empoisonnement, en traitant convenablement les débris feuilletés dont je parle.
derniers permettent de reconnaître, sinon leur diverse nature, au moins leur origine animale : .on aperçoit même dans quelques endroits la couleor rougeâtre des fibres. Du reste, il n’existe des membres supérieurs que jusqu’aux coudes, et des membres inférieurs que jusqu’aux genoux.;
Système osseux. Les os ne diffèrent pas, par leur consistance, leur structure, etc., de ceux qui ont été décrits dans la nécropsie précédente {Voyez page §68). Les ligamens existent encore et conservent leurs apparéncès, mais ils sont très desséchés.
A^CROPSIË 16®.
F***, âgé de soixante-huit anSj inort le 28 novembre 1826, à là suité d’une pneumonie qui avait duré deux jours , inhumé le 30 du même riioîs, à midi, fut exhumé le 5 novembre 4828, à midi, vingt-trois mois cinq jours après l’inhumation.
- Bière. On examine lâ)bière avant qu’elle soit retiréè dé la terre; te couvercle est fracturé en huit ou dix morceaux ; il en est de même des aïs latéraux, qui sont un peu déjètés ; la piaroi inférieure sur laquelle reposé lé squelette est bien conservée, et est la seule que l’on puisse retirer en ëfitier. Les fragmèns dé cëttê bière sont sècs, peu rèsistans, d’uné coulétir lie de vio à leur surface interne, et sans aucune trace de cet enduit gras ét humide que j’ai Si^âlé dans beaucoup d’autres ouvertures ; extérieurement ils sont également secé, d’ün gris foncé et recotivërts d’une légère couché de terre. Lé cadavre est entièrement caché par de là teirè sèche I on n’apéreoit que le coronal, qui est complètement dépouillé départies mollés : lorsqu’on cherciie â sortir le fond dë là bière, Sur îeqhél éé trouvé le squelètte, on éprouve beaucoup de difficulté ; une partie dé la terre qüi couvrait le corps tombe dans la fosse avec les os dès niembrœ thoraciques, qui sont séparés les tms des autres, et autour dèêquéls on né rëmârqué aucune partie molle ; il est impossible d’apercevoir les os dès mains.
Serpillîèrei Le corps étant placé avec précaution Sur une table, ët la terré qui lé couvre ayant été enlevée en grande partie, èn voit des restés de serpillière ressemblant â des brins de fumier noirâtre ; ëllè remplit lès fosses orbitaires et nasales, ainsi que la bouché, od elle est méléé avec de là ferre sèche et des chrysalides rougeâtres; il existe encore un peu de serpillièfè, mêlée de terre, sur les parties latérales du cou, entre les membres inférieurs èt au-dessus des malléoles; ici le mélange est plus hümîdê que partout ailleurs.^
Cadavre. La tête n’offre plus de parties molles ; les os qui lâ composent sont entièrement dénudés ; on trouve des cheveux gris, collés aux os de la partie postérieure dn crâne. Comme je l’ai déjà dit, les fosses nasale et orbitaires, ainsi que la cavité buccalé, sont re.mplies par un mélàngé de terre et dé débris dé serpillière ; Oir n’y découvre pas non plus dé tracés dë
parties molles ; l’os maxillaire inférieur, garni de quelques dents molaires et incisives, vacillantes, n’étant retenupar aücun ligament, tombe au moindre contact. La tète tient encore au tronc, au moyen d’une sorte de membrane, comme tannée, qui est évidemment le reste de la peau et de quelqufô feuillets d’un brun bistre, semblables à de l’amadou peu sec : ces diverses parties résistent au scalpel et à des tractions assez fortes, et renferment des chrysalides rougeâtres dans leur intérieur ; il suffit de lès fcouper pour que la tête se sépare du troncj auquel elle n’est attachée par auctei ligament.
Le cavité du crâne renferme â-peu-près le quart de la masse cérébrale ; la surface de cette masse est comme spongieuse ; incisée, elle offre la consistance de la terre glaise ochreuse humectée : on y voit des couches d’un vert grisâtre, séparées par des stries plus ou moins épaisses, d’un rouge d’ochre : en un mot, cette substance ressemble à de la glaise ochréuse.
On ne découvre à la partie antérieure du cou que les débris du larynx ; cependant le cartilage thyroïde est entier ; on ne trouve plus l’os hyoïde : ces parties sont couvertes d’un mélange de terre et de serpillière. Les clavicules, séparées des omoplates, ne tiennent plus au sternum que par un prolongement membraneux comme tanné, qui maintient en outre réunies deux portions osseuses qui forment le sternum : celui-ci est entièrement séparé des côtes dont les cartilages n’existent plus à leur placé ordinaire, et que l’on retrouve en partie dans le thorax.
Thorax. Il ne reste guère que la cage osseuse : les muscles'intercostaux sont réduits à des fibres fauves, semblables à de l’amadou, parmi lesquelles on distingue des débris de serpillière ; toutefois, ces filaràena n’occupent pas toute l’étendue des espaces intercostaux, qui sont en grande partie â jour. La cavité du thorax est presque entièrement remplie par de la terre ét des débris de serpillière qui ont pénétré à, travers ceS mêmes espaces. On y voit aussi des feuillets membraneux presque desséchés, seules traces des organes thoraciques situés sur la colonne vertébrale, dont les vertèbres tiennent encoré entre elles par des fibres ligamenteuses d’un gris noirâtre. Le diaphragme est complètement détruit.
Abdomen. On reconnaît encore la presque totalité de la paroi antérieure de l’abdomen, qui est réduite à une membrane comme tannée, au milieu de laquelle on aperçoit l’enfoncement ombilical, et à laquelle adhèrent des feuillets de couleur bistre, plus ou moins humides ; ceux qui le sont davantage offrent une couleur noirâtre, comme celle des feuilles de tabac préparées et humèctées. Ces feuillets sont réunis entre eux par des filaméns iBoas, semblables à de l’amadou, et se déchirant avec facilité. Il n’y a plus de traces dé viscères : les vertèbres de cette région ne sont pas encore désarticulées ; toutefois les deux dernières lombaires ne tiennent plus entre elles que par trois ou quatre fibres ligamenteuses desséchées.
Bassin. Le bassin contient également des feuillets appliqués lés uns sur les autres, en général plus desséchés que les précédens, au milieu desquefe
on aperçoit une cavité qui semble être celle de la vessie, dont il n’est pins possible de distinguer les diverses parties.
Organes génitaux. La verge se présente sous forme d’un prolongement aplati, desséché, long de 8 à 9 centimètres, sans apparence de gland, et qui étant coupé transversalement laisse apercevoir des feuillets entre lesquels existe une sorte de substance médullaire, comme formée de filamens de tissu cellulaire desséchés, et très fins, et qui paraît être le débris des corps caverneux. On découvre vers la partie inférieure et moyenne de la section transversale dont je parle une petite ouverture demi-béante, de 2 millim. de diamètre environ, qui appartient évidemment à l’urètre. A la place du scrotum on trouve une membrane desséchée double, entre les feuillets de laquelle on aperçoit de chaque côté un corps brunâtre desséché, semblable à une petite figue sèche (débris du testicule), et au sommet duquel est fixé un faisceau composé de fibres sèches, assez résistantes, d’un jaune fauve, se dirigeant vers le pubis. On voit encore quelques poils peu adhérens au scrotum (4 ).
Membres inférieurs. Ils ne tiennent plus au bassin que par une membrane desséchée, comme tannée, qui est évidemment le reste de la peau, et qui s’étend le long des parties latérales et postérieures de la cuisse, jusqu’à la partie supérieure de la jambe ; au-dessous de cette sorte de membrane on trouve des feuillets ayant la couleur et la consistance de l’amadou, et dont quelques-uns sont formés de filamens qui ont une direction semblable à celle des fibres musculaires dont ils paraissent être les débris; plusieurs de ces feuillets se déchirent avec la plus grande facilité; ils sont plus humides et plus foncés en arrière que sur les côtés. Antérieurement, les os de la cuisse sont à découvert : les articulations coxo-fémorales sont dépourvues de cartilages et de ligamens ; il en est de même de l’articulation fémorotibiale droite ; la gauche présente encore des ligamens croisés, desséchés, réunis en un seul faisceau brunâtre, facile à déchirer : le fémur est sec, recouvert d’une poussière grisâtre, semblable à de la cendre, mais qui n’adhère nullement à l’os. Le tibia et le péroné sont séparés l’un de l’autre; à droite comme à gauche, ils sont couverts d’un mélange de terre et de débris de serpillière, qui, étemt enlevé, laisse apercevoir un enduit visqueux, brunâtre, peu épais. Les os des pieds ont été séparés et sont probablement restés dans la fosse.
A la partie postérieure du tronc on trouve çà et là des restes de la peau, d’un brun noirâtre, recouvrant des feuillets membraneux de la même couleur, plus humides que partout ailleurs, se déchirant avec facilité, restes évidens des muscles et des parties aponévrotiques; des chrysalides en assez grande quantité remplissent les espaces qui séparent les lames de ces feuillets ; c’est surtout vers les régions fessières que ces feuillets sont nom-
(1) Il aurait été très facile, dans ce cas, de constater le sexe de l’individu exhumé.
breax; mais ici ils ont une couleui* moins foncée et sont un peu moins huniides qu’au dos.
Système osseux. Les os longs se brisent sans beaucoup de difficulté ; ils sent plus secs et moins blancs que dans l’état naturel ; il en est de même des os courts, qui sont très spongieux. |
§ in.
Putréfaction des cadavres des vieillards et d’un adulte, enveloppés d’une serpillière ou d’un drap, et enterrés au cimetière de Bicêtre, dans des bières de sapin neuf de 27 millim. d’épaisseur.
NÉCROPSIE 1 7®,
X..., âgé de soixante-dix ans, entré à l’infirmerie de ^Bicêtre le l9 novembre 1 827, mort le 6 février 1 828, à onze heures du soir, à la suite d’une hypertrophie du cœur et d’une bronchite; enterré le 8 du même mois, à neuf heures du matin, fut exhumé le 27 novembre de la même année, neuf mois dix-neuf jours après l’exhumation. Le cadavre était enveloppé dans un drap assez fin, et la Uère qui le contenait était en sapin neuf de 27 millim. environ d’épaisseur.
La Uère est entière et paraît neuve;, lorsqu’on enlève les clous qui .tiennent les diverses pièces entre elles, on voit que la partie interne et inférieure de ses parois latérales est humide et d’un jaune bistre ; on remarque sur un des ais latéraux une grande quantité de larves blanchâtres, et un enduit d’un brun noirâtre, comme graisseux ; la face interne de la paroi inférieure, sur laquelle repose le corps, est plus humide et singulièrement tachée en jaune, en rouge, en lie de vin et en brun, et contient un très grand nombre de larves.
Le drap enveloppe tellement le cadavre, qu’on est obligé, pour voir le corps, de couper les fils avec lesquels on avait cousu la toile ; celle-ci offre une teinte fauve, plus foncée par places ; on y remarque aussi quelques taches noirâtres ; toutefois elle conserve sa couleur blanche au-dessus de la tête et au-delà des pieds, où elle avait été nouée ; sa surface externe est presque entièrement couverte de larves d’un blanc jaunâtre, encore vivantes, qui la rendent comme lanugineuse ; lorsqu’on cherche à l’enlever, on voit qu’elle adhère au thorax, mais surtout aux parties externes des membres supérieurs et des cuisses. Il y a sur la partie qui correspond à la main gauche quatre lames cornées qui y adhèrent, et qui sont évidemment des ongles : partout où le drap est fortement accolé au corps, on trouve des lambeaux mous, presque poisseux, qui semblent formés par l’épiderme altéré. La portion de ce drap qui est appliquée sur le fond de la bière est beaucoup plus humide et plus tachée; les taches brunes, jaunâtres et lie de vin, sont d’autant plus foncées qu’on se rapproche davantage doila tête; la portion qui correspond aux membres inférieurs est en outre recouverte
d’une moisissure jaunâtre ; il existe enfin, dans l’intérieur de cette ptatwii du drap, beaucoup de larves qui s’agitent en tous sens, et un enduit graisseux, jaunâtre, semblable à celui dont j’ai déjà parlé. Dans plusieurs parties, ce drap est comme pourri, et se déchire avec la plus grande facilité.
Extérieur du cadavre [Voyez pl. 4®). Le cadavre, placé sur le dos, est entier et ressemble assez, au premier aspect, à une momie : sa face antérieure est recouverte de parties molles dans presque t^ute son étendue ; il exhale une odeur particulière, à peine fétide; dbest diversement coloré dans les divers points : ainsi, les membres sent '(Tun brun violetà leur partie externe, tandis que le tronc est fauve J^ncé, verdâtre et grj.s par places; des larves blanchâtres et brunâtres, appli^uéés |ur“presgue toute la surface du corps, donnent à celui-ci un aspect ^ugindhx; la.face postérieure du cadavre est presque entièrqpfènt jîé'chafti|ê;» il ne reste que quelques ■ débris des tégunqens et des museîes ; ce|,^parties-molles ^t très minces et se déchirent avec facilité : on aperèdit^ çà et 1| des pdrüons brillantes qui sont évidemment le reste des tendons des.nuascles ; les fibres de ceux-ci ne sont distinguées qu’avec peine. »
La tête, inclinée à gauche, est dépouillée de parties mplles dans plusieurs de ses points ; la moitié droite du coronal*esf dénifdée; l’autre moitié est recouverte en bas et en avant d’ijne sort© de mémbfane mince, brunâtre, se détachant avec facilité, reste évident de la p^aUj'sur laquelle on voit l’empreinte du drap et quelques poils* ; là face interne de cette membrane est d’un gris jaunâtre. 'Sur les autres parties du crâne on trouve çàetlà des lambeaux d’une membrane analogue, mais plus foncée, et plus adhérente an crâne , au moyen du tissu cellulaire ; elle est garnie de cheveux blancs ; le périoste s’enlève avec la plus grande facilité. Les deux arcades surcilières sont, couvertes de tégumens semblables aux précédens, et offrent quelques poils qui n’y sont qu’accolés. Les os propres du nez, ceux de la pommette, et les extrémités supérieures des apophyses montantes des os maxillaires sont presque à nu ; les paupières sont entièrement détruites; on voit dans les orbites une masse de gras de cadavre , ayant la forme d’un cône creux, r.este évident des yeux et des parties environnantes. Les portions de la face qui sont recouvertes, le sont par une membrane demi-desséchée, d’un Jaune brun, au-dessous de laquelle il n’existe dfô traces musculaires qu’au niveau des branches de l’os maxillaire inférieur; là, les fibres des muscles sont d’une couleur roussâtre. On trouve des poils accolés sur la peau, au menton et en arrière des joues. Les parties molles qui composent le nez sont entièrement détruites. La bouche est grandement ouverte et laisse apercevoir un appendice membraneux, desséché, mince, aplati, reste de la langue : les. alvéoles sont garnies de quelques dents vacillantes que l’on arrache avec facilité ; le pavillon de l’oreille est entièrement détruit à droite ; à gauche, on peut encore le reconnaître ; mais iT est très ramolli, et il n’y a que la partie cartilagineuse.
La capacité du crâne est remplie dans les denx tiers environ; la substance du cerveau diffluente, d’un gris verdâtre, tres fétide, présente çà et là quelques stries blanchâtres et d’un rose lie devin. H est impossible de distinguer les différentes parties qui composent cet organe. La dure-mère est parfaitement reconnaissable.
On trouve encore les enveloppes de la moelle épinière; mais il ne reste que fort peu de cette moelle, qui est grisâtre, diffluente et très fétide.
Col. La tête tient au cou par une assez grande quantité de parties molles dêsséchéæ. En avant, on distingue bien la saillie du larynx, qui est entièrement recouvert par une membrane desséchée , brunâtre , au-dessous de laquelle il est impossible de découvrir aucune trace musculaire : les membran^ crico^thyroïdienne et thryro-hyoïdienne existent encore ; les cartila^ihyroïde et cricoïde sont entiers et comme vermoulus ; il ne reste plus que des débris des aryténoïdiens.
La trachée^rtère conserve sa forme et est parfaitement reconnaissable ; elle est d’un vert noirâtre à rintérieur comme à Textérieur ; une membrane mince , semblable à celle qui recouvre le larynx , est appliquée sur la trachée-artère. On n’a pas trouvé de corps thyroïde : les parties molles du resteducou sont formées de feuillets membraneux et celluleux, grisâtres ^ presque secs ; toutefois, en arrière, ces feuillets sont humides et comme graisseux.
Thorax. Le thorax est recouvert par des tégumens et des restes de parties molles , excepté au niveau des cartilages des deuxième , troisième et quatrième côtes gauches , et des troisième et quatrième droites ; les cartilages des trois premières côtes asternales gauches sont également à nu : la portion tégumentaire qui correspond au sternum est d’un jaune brun moucheté de blanc , ce qui est dû à une infinité de petites larves et à des petites taches semblables à des lichens. Les parties latérales du thorax sont d’un brun verdâtre , également piquetées de blanc , mais moins que la partie moyenne : du reste, ce thorax n’est affaissé que dans sa portion sternale. En arrière, presque tous les espaces intercostaux sont à jour, et la partie postérieure des côtes qui correspondent au foie est imprégnée d’une matière noire comme du cambouis , semblable à celle qui colore cet organe (Voÿez plus bas).
Les parties molles qui recouvrent les os du thorax se réduisent d’abord à une membrane au-dessous de laquelle se trouvent les feuillets couleur d’amadou, faciles à séparer les uns des autres, quoique dans certains points ils offrent assez de consistance ; plus en dedans on distingue aussi, et toujours sous forme de membrane , deux couches musculaires , ainsi que la plèvre costale : les côtes sont recouvertes de leur périoste , qui est desséché et facile à enlever. Le thorax est presque entièrement vide. Les pou mons, appliqués sur les parties latérales de la colonne vertébrale, constituent deux masses aplaties , d’épaisseur inégale dans les différens points, mais n’offrant que 8 millim. environ dans la partie la plus épaisse, de
couleur jaune foncé , tachetées de noir à l’extérieur, et même d une o>jleur semblable à celle de la boue des égouts dans la portion qui est apfriiquée sur les parois thoraciques ; leur consistance est molle, leur odeur fétide , et leur surface parsemée de petits points blancs formés par des larves ; lorsqu’on les coupe, on aperçoit l’orifice des gros troncs bronchiques et des vaisseaux pulmonaires : ces organes nagent sur l’eau et ne sont plus crépitans.
Le cœur, singulièrement ramolli et affaissé , conserve assez de sa forme pour qu’on puisse y distinguer facilement toutes les cavités et les parties qui le composent ; il est très fétide : il est vert et rosé, violacé par places à l’extérieur, tandis qu’il est d’un vert-bouteille noirâtre à l’intérieur des cavités droites , et d’un vert un peu moins foncé dans les cavités gauches: les colonnes charnues qui tiennent aux parois du ventricule gauche sont d’un rouge brun violacé. On aperçoit à l’-intérieur, comme à l’extérieur du cœur, et çà et là, des petits points blancs non adhérens qui sont des larves. L’aorte thoracique, très distincte, quoique ramollie, est d’un rouge brun à l’intérieur, et renferme une petite quantité d’un liquide rouge foncé , qui paraît être du sang liquéfié : on peut facilement séparer les trois membranes qui la composent. La face interne des portions des côtes qui avoisinent la colonne vertébrale est enduite d’une couche noire semblable à celle qui colore la face correspondante des poumons. Du reste, il n’y a aucun liquide épanché dans le thorax.
Abdomen. La paroi abdominale antérieure est entière, mais tellement déprimée, qu’elle paraît appliquée sur la colonne vertébrale dans sa moitié inférieure ; les flancs sont également déprimés : de cette disposition résulte un creux très prononcé, à partir de l’appendice xyphoïde jusqu’au peu audessous de l’ombilic ; la coloration de la partie moyenne et des parties latérales de cette paroi est semblable à celle du thorax. En arrière sur les côtés et inférieurement, les parois abdominales sont détruites.
^ L’abdomen ouvert, on aperçoit au devant et sur les côtés de la colonne vertébrale une masse comme feuilletée, desséchée à l’extérieur, et presque demi-transparente, dans laquelle on distingue assez facilement l'estomac et les intestins; l’extérieur de cette masse est d’un blanc jaunâtre , semblable à des boyaux a demi desséchés; on y voit quelques petites larves; l’intérieur est plus humide. La membrane muqueuse de l’estomac et des intestins, d’un gris blanchâtre , nullement injectée , facile à détacher, offre à-peu-près l’aspect naturel : on y trouve çà et là quelques petites larves non adhérentes; toutefois, une portion de la membrane interne des intestins grêles est teinte en jaune par de la bile ; le rectum est distendu par des matières fécales. Il est évident , d’après ce qui précède , qu’une substance vénéneuse contenue dans ce canal digestif au moment de la mort , aurait été facilement retrouvée lors de l’exhumation. Le foie est encore reconnaissable par la place qu’il occupe, plus que par sa forme et sa structure ; il est aplati, ramolli, de couleur noire , semblable à celle de la face posté-
rieure des poumons ; on nV distingue plus les substances qui le composent , mais on voit çà et là, en le coupant, les ouvertures de quelques vaisseaux. La vésicule du fiel amincie , ratatinée , ne saurait être méconnue , et présente intérieurement la couleur jaune et l’aspect qui lui sont propres. On trouve sous le péritoine, dont il ne reste que quelques débris , une matière graisseuse brunâtre, semblable à du vieux oing, qui paraît être le résultat de la décomposition des muscles et du tissu cellulaire graisseux des parties environnantes. Au milieu de cette masse, sont comme ensevelis les reins, qui sont très ramollis, violacés, et dans lesquels on ne peut plus distinguer les diverses substances. La rate est tellement fluide, qu’elle ne forme plus un organe.
Organes génitaux. Le sexe est très reconnaissable. Le scrotum est raccourci , desséché , comme membraneux , de couleur brune ; les testicules à moitié détruits peuvent encore être reconnus par la manière dont ils sont attachés aux cordons, et par leur position ; mais ils ne présentent plus la structure qui leur est propre. La verge est aplatie , desséchée ; à la place des corps caverneux, on ne trouve que des filamens celluleux entrelacés , formant ainsi des cellules, au-dessous desquelles est placé l’orifice du canal de l’urètre. Le pénil est garni de poils roux.
Membres. Les clavicules sont recouvertes par une membrane mince presque sèche, d’un brun d’autant pins foncé qu’on l’examine plus près de la partie externe de ces os. Les articulations du bras avec le tronc ne tiennent plus que par une sorte de membrane épaisse formée par la peau et par les parties molles sous-jacentes , dont on ne peut plus reconnaître la structure musculeuse. Les bras , placés à une certaine distance du tronc, sont violets à leur partie externe : au fond du vide qui les sépare du tronc, on trouve une grande quantité de larves qui forment sur le drap une couche à-peu-près de 3 cent, d’épaisseur : on remarqué à la partie inférieure de ces bras une couche assez épaisse de parties molles, très humides et très fétides , d’un rouge foncé , offrant encore l’aspect musculaire ; on y voit aussi des portions tendineuses, peut-être un peu moins brillantes et nacrées que dans l’état naturel. Rien, dans ces organes , n’annonce d’une manière évidente la présence du gras des cadavres. L’avant-bras droit est appliqué en partie sur les côtés du thorax et de l’abdomen ; le gauche est libre; l’un et l’autre sont colorés en brun violet , et tachés de gris jaunâtre ; ils sont presque entièrement recouverts de parties molles , comme desséchées, réduites à un petit volume , et qui , étant coupées , ressemblent assez à du jambon fumé : les tendons ont conservé leurs caractères. Les doigts de la main gauche croisent ceux de la droite, et les deux mains sont appliquées sur le pubis ; du reste, elles sont entières, si ce n’est que les ongles de la main gauche sont séparés en entier ; elles sont presque entièrement dénudées , surtout la gauche , et de couleur jaunâtre comme les oâ ; les parties recouvertes sont d’un jaune brunâtre , et semblables à des tégumens des^ I, ■ ^ 37
i^ehés. Ces mains tiennent beaucoup aux avant-bras , au point qu’il faui employer l’instrument tranchant pour les séparer.
Les membres abdominaux laissent entre eux un espace au milieu duquel on trouve une couche d’un blanc jaunâtre, épaisse de 15 millim. environ, de consistance caséeuse, recouverte de larves grises et de cette matière comme lanugineuse, dont j’ai dit que le drap était enduit dans plusieurs de ses points. La cuisse droite est presque entièrement enveloppée en avant de parties molles d’un brun violacé , tirant plus ou moins sur le violet ; à gauche et en avant, le fémur est légèrement dénudé: on aperçoit encore sur les parties molles de ces régions, et en dehore, la marque de la trame du drap ; lorsqu’on incise, on trouve les muscles réduits à un très petit volume, mous, et de couleur verdâtre ; leurs fibres sont séparées par un peu de graisse, et dans quelques endroits par un liquide fétide, comme huileux. L’articulation coxo-fémorale est assez fortement maintenue par les parties molles ; cependant le ligament rond se déchire facilement lorsqu’on tire la cuisse en bas. Le tissu cellulaire du jarret et l’articulation tibio-fémorale contiennent une grande quantité de ce liquide huileux fétide dont je viens de parler; les ligamens croisés sont très reconnaissables, mais faciles à déchirer. Les régions fessière et postérieure de la cuisse sont extrêmement ramollies, et enduites par places d’un liquide comme huileux et d’une substance grisâtre semblable à du fromage pourri. On trouve aussi sur la presque totalité de la face postérieure des membres abdominaux une couche de larves qui donnent à ees parties un aspect lanugineux.
Les tibias sont presque entièrement dépouillés de parties molles, et là où l’en découvre encore quelques restes de peau sous forme de membranes minces, desséchées, on trouve au-dessous d’elles, lorsqu’on les racle, des fibres blanchâtres formées par le périoste. Les parties nmlles sont moins humides que celles des cuisses , si ce n’est tout-à-fait en arrière, où elles sont comme macérées et d’une couleur verdâtre; en avant -et sur les côtés , elles existent sous forme de feuillets desséchés, entre lesquels on aperçoit une grande quantité de petites larves blanches.
Les pieds tiennent encore aux membres inférieurs par des parties mgoî'braneuses et tendineuses, entièrement desséchées ; les os du pied gauche, excepté les phalanges , sont recouverts par ces parties desséchées; ceux du pied droit , au contraire , sont pour la plupart dénudés ; ils tiennent faiblement entre eux , excepté les phalanges qui sont séparées les un® des autres, et qui sont tombées dans le drap qui enveloppait le cadavre.
Les os se fracturent avec facihté ; leur substance médullaire n’est pas très desséchée. «
nécropsié 48®.
K**^, âgé de soixaTite-qnrnze ans, mort le 'lO février 48S8, à midi, é la suite d’une pneumonie, qui avait duré quinze jours ; inhumé le i t février
4828, à quatre heures de raprès-midi, fut exhumé le 44 avril 4829, à dix heures du matin, quatorze mois après Finhumation. La bière était en sapin neuf, de 3 centimètres d'épaisseur, et le cadavre avait été enveloppé d’une serpillière.
Bière. La bière est entière, mais en la retirant, le couvercle se fend en deux fragmens ; elle est légèrement humide en haut et sur les côtés, où se trouve un enduit léger de terre mollasse glaiseuse , d’une couleur grise qui diffère à peine de celle du bois sec ; la face inférieure du couvercle offre une teinte brunâtre, semblable à celle du bois qui se pourrit , mais qui s’étend peu dans l’épaisseur du bois, et qui peut être enlevée avec facilité par le simple grattage : alors le bois paraît avec la couleur qui lui est naturelle. La face interne des parties latérales présente en général un© teinte analogue ; mais dans certaines parties, surtout dans celles qui se trouvent vers la moitié inférieure de la longueur de cette boîte , on trouve , une légère couche de moisissure blanche , mêlée d’un couche de moisi gris de terre, semblable par la couleur et la consistance à celui qui couvre la croûte de certains vieux fromages durs ; près du fond de la bière, ces parties latérales sont enduites d’une matière graisseuse dont je parlerai plus bas. Ce fond offre la couleur naturelle du bois en dehors ; sa face interne est recouverte par ce même enduit graisseux ; toutefois, dans la portion qui correspond à la tête et au cou, cet enduit est d’un brun foncé et couvert de vers blanCs, au lieu d’avoir la couleur grise mêlée de rose et de vert qu’il présente ailleurs.
Serpillière. Elle est entière , èxcepté à la partie antérieure du thorax et moyenne de l’abdomen, où elle est détruite ; partout elle se déchire avec la plus grande facilité ; elle est peu humide en avant, entièrement pourrie, et de couleur de fumier ; dans la partie qui^avoisine le cou , elle est recouverte de moisissure semblable à une. lég^e couche ■ à^ne poudre blanche/très fine et légère : on trouve encore de cette^moisissure dans les ... portions qui correspondent en avant des mena^res-^sbpérieufS et' infé-» rieiîGsj ifiais ètlé'-estpeu épai^è et en petite quantité. ^La partm^de? œttç toile qui toûche au fondnde la, bj^ .çstç«pdtnte,déïla snlfeîaîicè graisseuse sur laquelle repose -te'ca'Javre, et qui sera décrite à la page 580 (voyez partie postérieure du corps ) : on y trouve aussi quelques vers blancs.
Le cadavre ressemble à une momie, à cause de la dessiccation de presy que toutes les parties antérieures du corps. ïl n’existe pas de terre à sa surface; il est en général d’une couleur jaune bistre plus ou moins claire, moins foncée au thorax qu’au cou , à l’abdomen et aux membres inférieurs. Pour bien voir cette couleur, il faut enlever sur les parties latérales et supérieures du thorax, sur les côtés de rabdomen , sur le côté externe des membres supérieurs, et çà et là sur les parties antérieures du membre inférieur une moisissure d’un blanc éclatant , semblable à du coton très divisé, très pn , qui a &fwiron 2 ndlUm. d'épaisseur.. En avant et dans presque toute son étendue , le cada-VT© est sec : le thorax, l’abdomen, les
faces antérieures et latérales des membres semblent être enveloppés par une lame de carton ; lorsque l’on frappe sur ces parties , on entend nn bruit tout-à-fait semblable à celui que produirait une percussion sur des moules creux faits avec cette substance. Les parties latérales du tronc sont légèrement humides dans les portions qui se rapprochent du fond de la bière; il en est de même de la partie postérieure des membres supérieurs et inférieurs , qui sont en rapport en arrière avec une bouillie fétide, de la consistance de la frangipane ou de l’axonge, grasse au toucher, nullement granuleuse, d’une couleur grise mêlée de vert et de jaune, rosée à sa surface, et laissant écouler une huile jaunâtre qui surnage lorsqu’on la met dans l’eau, à la manière des huiles grasses. L’écoulement de cette huile est favorisé par la séparation des deux parties qui formaient le fond de la bière, et qui ont été divisées par les efforts que l’on a faits pour abattre ses parties latérales, et mettre le cadavre bien à découvert.
Tête. La tête est penchée à droite, et tient au tronc; on trouve sur les parties latérales du cou des enveloppes rougeâtres de chrysalides semblables à celles que j’ai signalées dans les premières descriptions. Les os du crâne sont recouverts, à gauche et dans toute leur étendue, de restes de parties molles, qui forment une membrane ayant presque 2 millim. d’épaisseur postérieurement, plus mince antérieurement, dense, assez résistante, dans laquelle on ne découvre plus de traces de muscles, mais où l’on voit çà et là des cheveux qui y sont accolés ; et là où il n’en existe pas, on trouve une moisissure blanche floconneuse, beaucoup moins épaisse que celle que je décrirai en parlant du thorax. La surface interne de cette membrane est en partie jaune, et en partie d’unbrun rougeâtre, ce qui lui donne assez l’aspect de laface interne d’une peau de mouton desséchée à i’air : on peüt séparpr aisément cette membrane des os. Quelques portions de la surface des os du côté droit du crâne sont dénudées ; celles qui ne le sont pas sont recouvertes par des restes de parties molles nullement musculeuses , sous forme d’une membrane brunâtre , humide , sur les deux faces dejaquelle rampent des vers blancs'. Les os du crâne sont d’une-conieur rouge brün du côté droit (partie ^i se trouvait en rapport avec la bière), et d’une couleur lie de vin claire, mêlée de plaques jaunâtres au côté gauche, là où les légumens étaient comme tannés et desséchés. Les muscles temporaux n’existent plus ; on voit à lêur place une membrane mince, rougeâtre, accolée à un reste de la peau.
Les yeux manquent. Les cavités orbitaires contiennent des chrysalides rougeâtres, vides, sèches, et quelques débris membraneux informes, bru» nâtres, restes de parties molles. Sur les pommettes, il existe une membrane à-peu-près semblable à celle que l’on a trouvée sur le côté gauche du crâne, excepté que sa surface interne est d’une couleur grisâtre. Les os propres du nez sont presque entièrement dénudés, cependant on y aperçoit encore des débris de parties molles. Les os maxillaires supérieurs sont entièrement à nu ; iis ont une couleur brun foncé à droite, et jaune foucé
à gauche, comme celle des os desséchés depuis peu. Les parties molles de la joue gauche sont extrêmement amincies et desséchées, d’une couleur peu foncée, et composées de feuillets membraneux non adhérons aux os, et dans lesquels on trouve des fibres aplaties, luisantes, qui sont évidemment des restes de portions tendineuses des muscles temporaux et masselers ; quant aux fibres musculaires, il n’y en a plus de traces ; la surface externe de ces joues offre des poils courts, raides, et un peu de moisissure blanche peu épaisse. A droite, ces parties sont très brunes, humides, comme floconneuses, réduites en filamens qui forment une masse aréolaire, au milieu de laquelle on trouve des chrysalides et des vers blancs : sur quelques parties de ce côté, on aperçoit encore des poils. La mâchoire supérieure est garnie de quatre dents molaires vacillantes. Les fosses nasales sont vides et réduites à leurs parties dures. L’os maxillaire inférieur, dénudé antérieurement, se détache avec facilité, et ne tient plus à la tête que par les restes des parties molles que j’ai dit exister à la place des joues Il n’y a plus de traces de langue. On découvre à gauche quelques débris de l’oreille ; celle du côté droit est entièrement détruite.
Cerveau. Les restes de cet organe remplissent un quart de la cavité crânienne ; il est impossible de les distinguer du cervelet ; la substance cérébrale est réduite à une bouillie d’un gris verdâtre, mêlée de parties rougeâtres et d’autres plus blanches ; ces dernières se trouvent au centre de cette bouillie, qui est on ne peut plus fétide ; il existe encore des lambeaux de la dure-mère.
Cou. Les parties molles antérieures comprises entre le larynx et l’os maxillaire, sont entièrement détruites, et on ne voit à leur place qu’une substance semblable à du fumier, noirâtre, demi-desséchée, appliquée sur la colonne vertébrale, et au milieu d’elles des détritus de l’os hyoïde. Les muscles sterno-cleïdo-mastoïdiens sont presque entièrement détruits : on n’en aperçoit quelques débris qu’inférieurement, où ils sont confondus avec les tégumens externes, et comme transformés en une membrane dans laquelle il est impossible de découvrir des fibres bien distinctes. Les parties latérale et antérieure du larynx sont à nu ; ses cartilages sont ossifiés, et comme vermoulus ; ils ont une couleur jaune bistre. Sur les côtés du cou, les parties molles ne sont qu’un assemblage de feuillets membraneux brunâtres, parmi lesquels on ne découvre plus de traces de fibres musculaires, et dont l’extérieur est évidemment formé par les restes de la peau ; on n’y distingue ni nerfs ni vaisseaux. Dans les intervalles de ces feuillets membraneux, il existe une assez grande quantité de chrysalides rougeâtres, vides et sèches.
Thorax. Il est très bombé, comme dans l’état naturel (Voi/ez plus haut pour la coloration et l’aspect général). Les clavicules sont recouvertes par
(1) On voit dans la cavité qui se trouve entre les deux mâchoires quelques débris de parties molles, filamenteuses, presque noires . semblables à du terreau.
onè membrané humidè, grasse, comme filamenteuse dans quelles droits, assez résistante, présentant çà et là de la moisissure blanclié ; elles ne tiennent plus au sternum par les ligamens, et sont maintenuès en position sêulemènt par les restes desséchés des parties molles. Le thorax est entier, couvert dans une grande partie de son étendue par cette moisissure d’un blanc éclatant, semblable à ces flocons de neige -très fine, dont j’ai parlé; on voit sur la ligne médiane une certaine quantité de poils qui y sont accolés. Les téguméns sont desséchés, ôn ne peut y reconnaître d’épiderme ; ils sont comme tannés et durs. Il n’y à plus dé muscles ; toutefois, il existe encore quelques traces du grand pectoral, qui est réduit à une membrane mince, comme graisseuse, molle, sur laquelle on aperçoit des sillons qui affectent la direction des fibres : toutes lesautrés parties molles sous-cutahées sont égaleinent remplacées par unè màtièrè graisseuse de la consistance du cambouis, mais d’une couleur jaunâtrè assez clairè dans certains endroits, et oehreüse dans d’autres. Au milieu dè cette matière graisseusè, on trouve quelques filamens celluleux. En général, les parois du thorax ont 4 millim. d’épaissëtrr à-peu-prèè; mais daté quelques endroits, cette épaisseur est de 6ou 8 millim., et là, èllésont, lorsqu’on les coupe, l’aspect d’un morcèàü de l^rd cuit grisàtrè. Presqüi tous les espaces intercostaux sont détruits à leur partie antériëüré, entré les cartilages costaux ; là où ils sont fermés, on ne trouvé plus, après avoir enlevé les parties molleS dont je viens dé parler, qu’une menâbrane très mince, d’un jaune brunâtre à l’intérieur, endüité extérieUrè^ mént d’une sorte de graisse qui existait sous lès tëgumèns tboraciqùes. Les cartilages costaux sont tous séparés du sternum, qui est égalèment récouvèrtd’ün enduit gràiSséüx, et de fibres comme aponévrotiquêsàssèz résistantes. Lès côtes sont entières; et né tiennent plus aux càrtilâgès; cépendant Cêux-ci étaient maintenus ën position par les pârliés environnantes.
La face interne de la plèvre èst enduite d’uné sûbstâflce graisseuse, d’une coulèuf d’ô'chré claire, d’une consistance semblable à cèllé de la pomiffâde, et luisante comme si elle avait été frottée avec de i’huilé. Là portion dé la plèvre qui formé lé médiastin est très distincte, un peu graiSsèUsé, èt dans la position normâlé.
Foürnbns. HS S0nt‘ trèè amincis, appliqué sûr là cdlônnè Vertébrale èt sur la partie postérieiirè dè là cavité thoracique, ét beaucoup moins volummeux que dans l’état naturel ; ils occupent tout au plus un buitièmé dû thorax en épaisseur; leur couleur est d’un bleu foncé; ils ne crépitent pas du tout, sont compactes, et ne présentent plus, par conséquent, l’organisation cellulèüsé ; lorsqu’on les incise, on voit que leur substance est également d’nn bleu foncé à l’intérieur ; ils sont lissés à leur surface, et récouverts par la plèvre pulmonaire. La trachée-artère^ et les bronches sont d’une couiear dé taifâc à l’extérieur, èt moins foncées à' rintérieur ; on ne peut pas suivre les divisons brondhîquës dans une grande éteiïduè ; leurs
raôiificûtioQS sont à rintérieur d’une couleur plus claire que celles de la surface interne des deux divisions primitives de la trachée.
Le péricarde est blanchâtre, lisse à l’intérieur* recouvert à l’extérieur d’une couche graisseuse, semblable à du gras de cadavre. U ne renferme pas de liquide.
Le cœur, aplati et vide, est aussi recouvert d’une assez grande quantité dé graisse, sorte de gras de cadavre , au milieu duquel il y a seulement quelques petits intervalles où l’on aperçoit M substance charnue ; les parois des ventricules et des oreillettes, appliquées l’une contre l’autre, sont très amincies, évidemment musculeuses, et d’une couleur olivâtre cuivrée; on distingue très bien dans leur intérieur les colonnes charnues, qui sont d’un rouge jaunâtre. La paroi interventriculaire est amincie et existe en éhlier.
Vaorté, Vide de sang, d’une couleur vert-bouteille à l’intérieur, est plutôt épaissie qu’amincie. On y reconnaît encore les deux membranes externe et moyenne; i’inlernè est détruite et comme transformée en un enduit graisseux.
La partie thoracique de la colonne vertébrale est recouverte par le ligament Vertébral antérieur, qui est bien conservé et a son aspect luisant. 11 n’y a pas dé liquidé dans lés cavités thoraciques. Le diaphragme se déchire avec assez de facilité ; il est formé par deux membranes, l’une supérieure, la plèvre, l’autre inférieure, le péritoine, entre lesquelles on voit dès fibres musculaires et aponévrotiques.
Abdomen. Lès parois abdominales sont affaissées; vers [leur partie moyenne antérieure, il existe, dans une étendue de la largeur de la main environ, une couche brunâtre dé 4 ou 6 millim. d’épaisseur, formée par une matière qui ressemble beaucoup à des flocons de suie un peu humide; lé fèste de éës parois est couvert par la nmisissure floconneuse, blanche, dont j’aî déjà parlé. Incisées , elles ont tout-à-fait l’aspect du lard cuit, et la surface de la section a une coloration grisâtre; leur épaisseur est de 9 millim. dans lès parties les plus minces, et de 12 millim. àù ttoms dans les plus épaisses , elles stml îormêès par la réunion dès feaîblets aponévrotiques et par quelques fibres musculaires que l’on aperçoit, surtout dans la région des muscles droits ; au milieu de ces parties memhiùtieusès sè trouve placée une grande quantité de matière grasse ; on dîstîngiïe bien la dépréssion de l’ombilic. La face interne de l’abdomen est fàpisSée par le péritoine qui a une couleur blanchâtre et semble un peu épaissi. Lorsqu’on a enlevé les parois abdominales, on voit dans la cavité de l’abdomen une grande quantité de graisse d’un blanc mat, n’ayant plus dans aucune partie cette couleur jaunâtre qu’elle a dans i’étât ordinaire, et qui semble transformée en gras de cadavre ; ces masses graisseuses difierent de la graisse que j’ai signalée dans les parois abdominales en ce qu’elles sont formées de gr anulations et de lobules distincts. Au milieu de cette couche épaisse qui est située sur les partie postérieure de
l’abdomen, se trouvent plongés les reins et la raie ; en l’incisant, on aperçoit dans quelques partie, surtout aux environs des reins, près de la colonne vertébrale, et dans sa partie la plus profonde, une assez grande quantité d’une huile jaunâtre, fétide. On découvre à la région supérieure, et à droite, le foie, dans la région épigastrique l’estomac, et dans le reste de l’abdomen, les intestins d’une couleur grisâtre, le mésentère très gras et offrant la même couleur que la couche de graisse dont j’ai déjà parlé, et à la formation de laquelle il participe nécessairement.
Estomac. L’estomac est entier, comme huileux et grisâtre à l’extérieur, sec à l’intérieur ; ses membranes ont une consistance semblable à celle du parchemin un peu humide ; sa surface interne est couverte d’une quantité considérable de granulations blanchâtres, tirant un peu sur le gris, dures, ce qui lui donne un aspect chagriné (4 ) : ces granulations, assez fortement adhérentes à l’estomac, s’étendent jusque dans le commencement de l’intestin grêle.
Cet intestin, d’une couleur verdâtre bilieuse à son origine, gris dans le reste de son étendue, est très distinct, assez humide et aplati ; il est dans un état tel de conservation, qu’on peut très bien l’enleversans le déchirer, Lorsqu’on l’a coupé, on, distingue facilement sa cavité, dans laquelle sont renfermées des portions de matière brunâtre, à dèmi desséchée, qui semblent être des restes' de matières fécales.
Le gros intestin est aussi bien conservé,flue l’intestin grêle. :
L’épiploon est replié sur lui-même, très gras ; en le déployant, il s’en écoule une huile jaune, fétide ; sa structure est bien évidente, et la graisse qu’il renferme est blanche comme celle des autres parties de l’abdomen.
Le /bfe estpeu volumineux, couvert de sa membrane externe ; sa substance est d’une couleur rougeâtre claire à gauche, fauve et semblable à celle des foies gras cuits à droite : il est impossible d’y reconnaître la structure primitive, quoiqu’on distingue très bien encore les oriBces des canaux vasculaires. Sa face supérieure, surtout à droite, est parsemée de canulations sablonneuses, dures comme celles qui existaient sur le foie d’autres cadavres. La vésicule biliaire est vide, et d’une couleur jaune verdâtre.
Rate. Sa membrane externe, très consistante, a conservé, dans certaines parties, la forme de l’organe ; elle est épaissie, ossifiée même dans quelques points; dans d’autres elle est déchirée; le parenchyme de l’organe, presque entièrement détruit, très ramolli, s’est en partie écoulé par les déchirures de la membrane externe ; il est d’une couleur bleu ardoise très foncée.
Les reins sont aplatis, très mous ; leur membrane externe est déchirée dans un ou deux endroits ; leur substance, d’une couleur lie de vin peu
;i) Au premiw abord, ou aurait pu prendre ces granulations pour de l’acide arsénieux. pulvérisé.
foncée, paraît homogène; la graiæe qui se trouve dans la région du bassinet est molle, demi-fluide, et lorsqu’on la presse il s’en écoule un liquide jaune huileusrCes organes sont plongés au milieu d’une masse graisseuse, épaisse, mélangée aussi d’un liquide huileux, semblable à celui dont je viens de parler.
La vessie est complètement vide, affaissée, sèche, d’une épaisseur ordinaire; ses parois peuvent être seulement divisées en deux feuillets.
Parties génitales. Quelques poils sont épars sur le pubis. La verge aplatie, est réduite à une languette mince, pointue, d’un brun noir, épaisse de 2 millim. environ; il est impossible d’y reconnaître des traces de l’urètre ou des corps caverneux lorsqu’on l’incise. Les testicules et le scrotum sont détruits ; il n’en reste pas même des débris.
Membres supérieurs. Ils sont entiers et accolés au tronc; ils sont recouverts à leur partie antérieure et interne par une espèce de cuirasse de substance cartonnée, détritus des parties charnues de cette région, au-dessous de laquelle on trouve quelques feuillets membraneux brunâtres, nullement musculaires : les parties molles de la région postérieure sont entièrement détruites par les vers, et il ne reste plus à leur place que des filamens noirs, formant des aréoles, au-dessous desquelles on voit les os dénudés etd’ une couleur brunâtre. Les mains sont placées sur les pubis ; leurs faces dorsales sont desséchées et offrent quelques débris de tendons ; aux régions palmaires ces tendons sont moins secs, et d’une couleur brune très foncée. Les doigts sont entiers ; les ongles n’existent plus sur les dernières phalanges. Il y a sur les parties antérieures et externes de ces membres , de cette moisissure blanche dont il a été déjà question. Les articulations, quoique en rapport, ne sont plus maintenues par des ligamens ; aussi en coupant les restes des parties molles qui réunissent les os, ceux-ci se séparent-ils avec la plus grande facilité.
Membres inférieurs. Ils sont entiers, et les parties qui les composent sont réunies. Les cuisses et les jambes présentent dans leurs faces externe, antérieure et un peu interne, la même consistance que les faces correspondantes du membre supérieur ; lorsqu’on incise cette membrane cartonnée qui remplace les tégumens et le. tissu cellulaire sous-jacent, on trouve des feuillets membraneux brunâtres, parmi lesquels on distingue manifestement des traces de muscles ; ces feuillets existent aussi aux jambes, mais on n’y aperçoit pas de fibres musculaires ; quelques tendons desséchés , participant de la couleur générale, sont les seuls restes des organes locomoteurs de ces régions. Les pieds sont entièrement dénudés, excepté vers leur réunion avec la jambe; leur face supérieure est desséchée, ainsi que les tendons que l’on y remarque ; la face inférieure est encore pourvue de parties molles : la masse totale du pied est moindre que dans l’élat naturel ; les orteils sont serrés entre eux, mais entiers et dépourvues d’ongles.
La partie postérieure des membres inférieurs se trouve dans le même état que la partie correspondante du membre supérieur : seulement les
débris dés îüâssès charnues sont enduits de la substance graisseuse qui tapisse le fond de là bièré, et dont j’ai déjà parlé. Les articulations des fiiéiübrès abdominatix sont, relativement aux parties qui les soutiennent, dans üü état analogue â celles des membres supérieurs. Les surfaces articulaires ont conservé leurs rapports.
Partie posUHéuf'e âti eàrps. Elle repose dans toute son étendue sur un enduit épais, graisseux, inélangé d’une huile jaune; cette matière grasse, de cbuleüC grise, mêlée de vert et de rosé à sa surface, de consistance de pôminadë, forine tine coücbé de 3 centim. d’épaisseur environ, qui s’ëlèvé un peu dàrrs les intén^àlles compris entre les membres inférieurs. Là partie postëriéüre du cou est èntièrètneiit détruite pàr les vers, et présente l’aspect d’un polypier ; le reste du tronc est couvert dans une grande partie de Son étendue pàr dès vers blancs vivans. Après avoir èlilevé i’éhduît graisseux, on trouvé la peau dépourvue d’épiderme, Sdoplè, assez résistàète; lë tissu cellulaire SdüS-Jacent est graisseux etcomine infiltré pii* une ifiàtière huiléUSè, jaunè, tdut-â-fait semblable â Celle dont j’ai dëjâ parlé : uhë infiltfutidn sembïabiê existé dans les muscles du dos, dent les fibres Sont ëncoré très distinctés et d’üné Cbulèür rbügéâtré peu fdficêé.
Lés ÔS fbfigs sbht âSSèX résîéîâfis, éi leur canal rènfèrmé Une suBstaiicè jétiné gfaiSsëUsé. '
LeS ‘^ërièiiré's' CervicâlêS tiennent a pëinô ëhtrë èlles, tandis que lés ÿlîtf^ë ^Pnt èâcbrë âssèiâ fortement articulées.
NÉcaopsiE 49*.
X^**, âgé dé èoîXàiité’âiX ans, mort lé 4 6 février 4è28, àJ[à suitéd’iiné pleuro-pneumonie. qui avait duré dix jours ; inhume le 4 7 février âdii neüirës du ïnâtin, fut ëxhümé lé 45 juin 48^9, qùinzè mois vingt-liuit jours après rinhümâtibn.
Lk bîèrë ènsàpîn, Èe Z cènïîrh. d’épaisseur, éstentiéré, à peiné hümidè à i’ëXlérièùr : lès parois internes îatëraîës, et la pàrtiè inférièurè ducouvérciè sont huinideS, d’ühë couleur bistre foncé dans certains endroitâ, plus claire dans d’autres, ét tapissées d’une grande quantüé de petites larves blanches. Le côté droit, dont le cadavre est très rapproché, en présente beaucoup plus què le côté opposé.
Serpillière. Les débris de la serpillière couvrent la totalité du cadawe, sous forme d’un fumier humide brunâtre, non fétide; ces débris sont mêlés de larves blanchâtres et de chrysalides rouges et vides. On voit voltiger autour du corps un assez grand nombre de petites mouches bleuâtres. '
Aspect du corps. Le cadavre est entier, ét les parties qui le composent offrent à peu de chose près les rapports normaux.
Tête. La tête, qui a conservé sa position, se sépare du tronc avec la plus -
gràndè facilité ; elle y tient plus què par quelques débris où restés dé parties molles, humides, dans lesquelles il est impossible de distingué!* ànCôné organisation : le crâne est entièrement dénudé, excepté à la partie postérieure où l’on voit des pèllicüles minces, restes évidens des tégumens, et auxquels sont accolés des cheveux gris. Les portions d’os dénudées sont couvertes d’ün enduit fort mince, un peu humide, qui les colore en jaune foncé (bistre). Les os propres du nez, les apophyses montantes de l’os maxillaire, les pourtours dès orbites, la partie moyenne du bord alvéolaire supérieur sont dénudés, presque secs, et d’une couleur jaunâtre; des débris de parties molles, qui semblent transformées en gras, recouvrent les parties correspondantes aux fosses canines, et une portion des fdssès temporàlès, près dès àpophÿsès zygomatiques. Les masses charnues des joues paraissent également transformées eh gras : elles ont uné épaissëur de 6 à 8 millinâ. Les cavités Orbitaires sont remplies presque en totalité par une matière qui à la forme d’un cône creusé à sa base, èt qui] est évidemment le détritus deS parties molles qui remplissaient ces cavités j elle est èhtièremeht changée en savon, et il est impossible d’y reconnaître les différentes partieS qu’on ÿ voit dans l’état normal. Les fosses nasales sont complètement vides et réduites aux parties osseuses : l’oS maxillairé inférieur est recouvert dans presque toute son étendue par une membràné mince, à moitié desséchée, ayant l’aspect du gras, et reéOu^èrtè dé poils gris et durs, rèstes de la barbe et dès fàVoriS. ïl èxistë encore quelques traces dé l’oreille gauche ; là droite èSt entièrement détruite ; il n’y a plus de parties mOllès dans la cavité buccale, et après avoir enlevé la fcâchôire inférieure dn vOit là base du crâne tôùt-à-fait sèche.
Cerveau. Le cerveau occupe environ la moitié de là cavité crânienne. La dure-mère est eh lambeaux. La substance cérébrale ëst tràhsforhiéè en une bouillie grisâtre à l’èxtérieur, èt lorsqu’on là coüp’ê, oh f reconnaît les deux substances, qui ont, l’uné èt l’autre, unè èoulëur plus Verdâtre que dans l’état normal. Ôn ne peut reconnaître le cervelet.
Cou. On ne remarque d’autres parties molles que Cèâ lângüèttés, que j’ai dit réünir le cOü à la tête, et qui n’existent qu’en arrière. Antérieurement On voit à nu les vertèbres qui ne tiennent plus lés Unes auic autres, et qui sont recouvertes de débris de serpillière, de larves èt de coques de chrysalides ; on trouve aussi, parmi ces débris, quelques pièces du larynx ossifiées, èt quelques anùèaux brisés dè la trachéè-artèré.
Thorax. Lé thorax èst réduit au Squelette dahs là pàrtié antérieure et moyenne ; le sternum est enfoncé et tombé dans là cavité thoraciquë : les cartilages costaux Sont presque tous détachés dès os, et tombés dans cette cavité; on voit une membrane mince, presque desséchée, brunâtrè, sans aucune tracé d’organisation musculaire, qui recouvre les os ét qui remplit les espaces intercostaux. A la placé des musclés grands etpetits pectoraux, il existe des feuillets membraneux desséchési, recouverts par dés restœ .de Il peau, qui est cdihraé tânnéé. LèS clavicule tiennent encore un par
quelques filameus à l’omoplate, et un peu moins à la partie supérieure du sternum (seule portion de cet os qui soit restée en place) : elles sont presque complètement dénudées; dans quelques points seulement die sont couvertes d’une pellicule très mince (débris des tégumens).
Les poumons et le cœur sont presque entièrement détruits : on ne trou>e à la place des premiers que des restes noirâtres feuilletés, peu consislans, très faciles à déchirer, semblables par leur couleur à des feuilles pourries un peu humides. Il est impossible de découvrir même des traces des bronches et de leurs divisions ; il n’existe des canaux aériens que Ifô débris de la trachée-artère, dont j’ai parlé plus haut.
Le cœur est transformé en une bouillie grasse, huileuse, jaunâtre, présentant çà et là des portions rosées, qui semblent remplacer une partie des fibres musculaires de l’organe ; tout est confondu dans cette masse, et sa position seule indique qu’elle provient de la décomposition du cœur. Il n’y a plus de traces de l’artère aorte ni des autres gros vaisseaux thoraciques. La cavité du thorax ne renferme pas de liquide. Sur la ligne médiane on voit les corps des vertèbres dénudés, d’une couleur noirâtre, et dans l’étendue de 8 ou 40 centim. en dehors de la colonne vertébrale, on trouve la plèvre sous forme d’une membrane mince, d’un noir bleuâtre, à peine humide, et recouverte de quelques feuillets qui sont les débris des poumons.
Abdomen. On distingue parfaitement le nombril. Les parois abdominales sont entièrement détruites latéralement, et presque complètement en arrière. Antérieurement, elles sont conservées, et consistent en une membrane assez épaisse, flexible, qui est évidemment formée par les restes de la peau et des muscles de cette région ; sa surface externe est d’une couleur Jaunâtre foncé, et couverte, comme presque toutes les autres portions du cadavre, de larves et de débris de serpillière.
Le diaphragme n’existe plus qu’en partie; il est très aminci, d’une couleur brunâtre ; on ne peut plus y reconnaître la structure musculeuse. A la place de Y estomac et des intestins, on ne trouve plus que des feuillets membraneux très minces, transparens, desséchés et brunâtres dans certains endroits, jaunâtres et humides dans d’autres, se déchirant en petits lambeaux lorsqu’on veut les séparer; il est impossible de distinguer leur structure et de retrouver leur cavité.
Le foie est en partie détruit, et ce qui en reste est réduit en une bouillie noire comme du cambouis. La rate présente le même état que le foie. On n’a pas pu retrouver les reins.
Il est très difficile de reconnaître le sexe ; cependant il existe une petite languette attachée au pubis, qui peut indiquer que le cadavre est celui d’un homme. Quelques poils rares sont collés à cette région, et au milieu d’eux, on voit des coques rouges de chrysalides.
II n’y a plus de vessie.
Les cavités thoraciques et abdominales renferment une grande quantité
de larves et de coques de chrysalides ; c’est surtout dans le petit bassin qu’on les remarque en plus grande quantité ; en effet, cette partie de la cavité abdominale en est presque remplie.
Membres supérieurs. Les bras et les avant-bras, dont les différentes parties ont conservé à-peu-près leurs rapports, tiennent encore au tronc par quelques parties molles, desséchées et brunâtres, réduites en feuillets. Les bras sont placés le long du corps , et les avant-bras dans la demi-flexion , de manière que les mains sont appuyées sur les pubis ; ces mains sont réduites au squelette; quelques-uns de leurs os ont conservé leurs rapports; les autres sont tombés lorsqu’on a enlevé la serpillière. Les bras et les avant-bras offrent à peine quelques fibres musculaires dans certains points, et dans ces mêmes parties, il existe une couche très peu épaisse, qui paraît formée de gras et d’une membrane desséchée , débris évident de la peau. L’articulation scapulo-humérale tient encore assez, ce qui est dû aux restes des parties molles environnantes dont j’ai parlé plus haut. L’articulation huméro-cubitale est moins difficile à détruire , les os qui la composent tenant à peine par quelques filamens desséchés.
Membres inférieurs. Ils laissent entre eux un intervalle assez large, qui est rempli par des larves, des coques de chrysalides et des débris de serpillière. Les différentes parties qui les composent ont conservé leurs rapports. La rotule est à nu. Les jambes et les pieds (dont plusieurs os se sont détachés) n’offrent plus de chairs: Les cuisses seules présentent des parties molles, desséchées antérieurement, réduites à la peau et à des aponévroses qui sont un peu humides postérieurement ; dans certains endroits, on trouve du' gras de cadavre qui est même assez abondant autour du grand trochanter. Dans les vides qui existent entre les feuillets aponévrotiques qui se trouvent vers la partie supérieure de la cuisse , on voit une grande quantité de mouches. Les articulations coxo-fémorale et fémorotibiale tiennent encore par les parties molles dont j’ai parlé ; la dernière résiste beaucoup moins que l’autre. Les pieds, que j’ai dit être réduits au squelette, présentent cependant à la plante des restes de chairs, disposées en feuillets , au milieu desquels on voit quelques tendons desséchés.
ParUe postérieure du tronc. Les parties latérales et supérieures du thorax , et les parties latérales de l’abdomen sont détruites ; sur la ligne médiane , on trouve une masse ayant environ 4 0 centim. de large , molle , humide , d’un blanc rosé , offrant à-peu-près la consistance d’une pâte semblable à du gluten qui aurait été exposé à l’air humide, et au milieu de laquelle il existe des portions tendineuses, seuls restes des muscles de cette région. Les muscles fessiers sont réduits au gras , et en une matière glutineuse semblable à celle que je viens de décrire ; on n’y trouve plus de fibres musculaires, et quand on les incise, il en déceule une petite quantité d’une huile jaunâtre, épaisse.
De toutes les parties du (^davre , le cerveau et les masses (iariiues de la partie postérieure du tronc sont les seules fétides.
Les articulations sont presque complètement dépourvues de cartilages,
Les OS; qui ne sont pas très secs, se brisent assez facilement.
SÉCROPSIE 20?.
âgé de trente ans, port le 25 février 1828, à la suite d’une entérite qui avait duré douze jours , fut inhumé le 26 du même mois à deux heures, dans lecioietière de Bicêtrg. Le corps était envoloppé d’un drap de toile ordinaire; et déposé daes une bière en sapin neuf de 3 cmtirn. d’épaisseur. L’exhumation eut lieu le 6 mers t8,30 , c’est-à-dire deux ans neuf jours après riohumation. Ce jour-là , la température de l’atmosphère était de 9°-i-0“ R., tandis que le thermomètre, laissé pendant un quart d’heure dans le terrain où était la bière, c’est-à-dire à \ mètre 30 centim. environ de profondeur, marquait à peine 4,5° 4“ à°.
La bière est entière , parfaitement cowserüee , jaunâtre à l’extérieur, avec des veines d’un vert noirâtre , comme on en remarque dans du sapin très légèrement humide , d’un jaune roussâtre veiné de brun et de noir à l’intérieur, où elle est plus humide et plaquée de moisi blanc; ces moi^sures sont surtout très larges aux points de jonction du fond de la boîte avec les ais latéraux , et sur ces mêmes ais notamment sur l’un d’eux. La partie du fond de la bière sur laquelle repose le corps est d’un blanc noirâtre, et couverte de moisissures grisâtres ; la couleur noirâtre dont je parle est évidemment due à un enduit graisseux presque seç, inodore, qu’il n’est pas possible de détacher en entier. Les autres portions du fond de la bière sont également noirâtres ou d’une couleur moins foncée, qui ressemble à celle du chocolat ; le même enduit colore toutes ces parties, et peut être enlevé presque complètement, quand on gratte avec le scalpel.
. Cadavre. Le cadavre, qui, au premier abord, paraît réduit au squelette, est couché sur le fond de la bière ; les diverses parties qui le composent offrent encore leurs rapports de situation, quoique la plupart d’entre elles ne soient plus maintenues par les parties molles ; elles sont simplement juxta-posées; on dirait que le corps est entier; il exhale à peine de l’odeur.
Le drap qui l’enveloppait au moment de l’inhumation est en partie détruit; les lambeaux qui restent, et dont quelques-uns sont assez volumineux , cachent une partie du corps , et sont complètement pourris ; leur couleur est brun noirâtre à l’extérieur, où ils sont presque partout recouverts de moisissures èlane&es et d’une quantité innombrable dè chrysalides vides, de couleur roussâtre ; ce mélange de moisi et de chrysalides cache la couleur brun noirâtre dont je parle, et donne à la surface de ces lambeaux un aspect que l’on ne saurait comparer qu’à celui de certains lichens; leur surface interne couvre les os, et offre les mêinfô
Buances qu’à l’extérieur ; ainsi , toutes les portion^ qui cprrespôïÉdêût aux parties es^erne? moisies et blanches , sont dans le même état ; celles qui sont immédiatement au-dessous du naélange de chrysalides et de moisi, sont également couvertes par le même mélange : du reste , ces lambeaux se déchirent par la plus légère traction ; ils sont humides, et lorsqu’on en enlève la moisissure , on voit qu’ils sont imprégnés d’une matière grasse à laquelle ils doivent leur couleur brune. Quand qn cherche à les enlever, pu remarque que sur plusieurs points ils adhèrent aux os , tandis que sur les autres ils se séparent avec la plus grande facilité.
Le corps, ainsi débarrassé des débris du drap, est entièrement réduit au squelette, et tous les os sont désarticulés. On aperçoit encore sur la tête et sur les pubis quelques poils roux qui y sont accolés. Les os ont généralement une couleur jaune safran; toutefois, plusieurs de ceux qui composent la partie supérieure du tronc sont de couleur bistre, ce qui est dû à un enduit peu épais, humide, que l’on détache facilement ; d’autres, notamment ceux des membres abdominaux, sont couverts d’un mélange de chrysalides roussâtres, sèches, et des lanabeaux de drap dont il a déjà été fait mention, ce qui leur donne asseij l’aspect de ces lichens qui recouvrent les branches d’arbres. Quoi qu’il en soit, lorsqu’on enlève ces enduits avec le scapel, on s’assure que ces os, comme les autres, ont une teinte safranée, qui existe même à l’intérieur du crâne et dans le canal médullaire des os longs. La consistance du tissu osseux ne diffère pas de ce qu’eUe est à l’état normal. Les os maxillaires sont encore garnis de dents.
On ne trouve plus de vestiges de cartilages.
Le cerveau est à-peu-près réduit au dixième de son volume ; il est gris, livide à l’extérieur, marbré eà et là de quelques petites plaques roses et vertes : lorsqu’on le coupe , on voit qu’il à la consistance du fromage à la crème , et quoique évidemment saponifié, on distingue encore à leur couleur les deux substances qui le composent ; son odeur n’est pas très fétide. On aperçoit quelques lambeaux de la dure-mère, faciles à déchirer, d’un gris bleuâtre sale, et dont la structure fibreuse est très manifeste.
Au niveau des hypochondres et de la région épigastrique, il existe une couche noire, épaisse de 5 à 6 millim., à moitié desséchée, sentant le moisi , et formée des débris des viscères de ces régions : aussi, à droite , cette couche est-elle plus épaisse, et offre-t-elle dans l’intérieur de sa substance, des calculs biliaires.
Remarques. Cette nécropsîe est remarquable par la destruction presque complète des parties molles, dans une bière neuve ^ épaisse , qui s’est conservée même sans se fendre , et on peut dire presque sans s’humecter à l’intérieur. J’aurais pensé, d’après la marche que suit la putréfaction dans les cadavres enterrés dans des bières minces au même cimetière, que le corps
eut été moins pourri ; non pas qu’il ne soit démontré pour moi que l’épaisseur et l’intégrité de la boîte ont retardé la décomposition ; seulement j’attendais un effet plus marqué de la part de la bière. On dira peut-être que le sujet dont il s’agit, n’étant âgé que de trente ans, devait se pourrir plus vite que les vieillards ensevelis dans le même terrain ; je suis loin de vouloir nier l’influence d’une pareille cause dans la production du phénomène , mais elle ne me paraît pas suffisante pour l’expliquer. Une autre remarque curieuse consiste dans la coloration safranée des os.