‹ Traité de médecine légale, contenant le traité des exhumations juridiquesChapitre 51 sur 55 · tome m des Mémoires de V Académie de Toulou^ey et · texte numérisé non relu

tome m des Mémoires de V Académie de Toulou^ey et

la notice de Vieq-d’Azyr sur les corps déposés dans les caveaux des Cordeliers de la même ville (Histoire de la Société royale de médecine^ année 1779).

Les corps ou momies étaient rangés debout dans l’un et dans l’autre caveau, et adossés au mur. La charpente osseuse et la peau qui les recouvre étaient parfaitement conservées, et leur permettaient de se soutenir dans cette position. Toutes les parties internes de ces corps, musculeuses, tendineuses, cartilagineuses, le foie, le poumon et tous les viscères contenus dans les trois grandes cavités, ressemblaient à de l’amadou et prenaient feu comme lui, mais n’avaient point la même souplesse ni la même solidité ; elles tombaient en poussière quand on les pressait entre les doigts, par l’effet de l’attaque constante des mites qui les dévoraient. Les paupières, les lèvres, les oreilles, la langue, étaient bien conservées, mais ne ressemblaient plus qu’à un cuir sec et ridé ; il en était de même de la peau qui recouvrait ces momies. Le tissu cellulaire avait cependant encore dans la plupart sa souplesse et son intégrité. Le nez et ses cloisons intérieures, les dents et les ongles étaient aussi à-peu-près comme dans leur premier état. Les ongles de certains corps avaient même conservé toute leur fraîcheur. Les ligamens et les tendons résistaient au tranchant du scalpel ; il fallait une force considérable pour les diviser. Le nerf médian supportait la dissection jusqu’au doigt ; l’artère radiale avait été poursuivie jusqu’à la paume de la main, et sa cavité avait permis l’introduction d’un stylet plus gros qu’une soie de porc. Les recherches que l’on fit pour découvrir les veines furent inutiles. Le périoste était détruit en partie ; les portions qui ne l’avaient pas été étaient desséchées et recouvraient les parties dures ; mais on l’en détachait avec un peu de patience. Les os étaient très légers ; ils avaient la solidité ordinaire ; l’acide azotique les attaquait. Quelques-unes de ces momies, surtout celles du caveau des Jacobins, avaient les parties de la génération bien entières et parfaitement conservées ; le seul scrotum existait dans les autres, mais sans nulle apparence de testicules. La partie dont la conser\'ation était la plus frappante, était la

face : tous les traits de la physionomie étaient coiiserVésaùpoiüi de reconnaître les personnes.

Le cerveau de presque toutes ces momies était réduit en une poudre jaune et grossière, sans odeur ni saveur; elle réssentblaît à de la sciure de bois, et prenait feu comme elle, mais avec quelque détonation.

Le poids moyen de ces momies était de 5 kilog. ; tandis que la pesanteur moyenne des sujets vivans devait être de 75 kilogramines. .

Indépendamment des corps conservés dans éeS deux caveaux, on en voyait encore une vingtainè rangés à la file, et placés debout dans une tribune qui est dans le porche de l’église dè Saint- Nicolas. Ces corps étaient enterrés dans un terrain sablonneux. « Il est très singulier, dit M. de Puymàürin, qu’exposés au graiid air depuis un grand nombre d’années, ils sé soient aussi bien èônservés qu’ils lè sont^ du reste, les cadavres ntaigreé et pè'd chargés d’humeurs Sont surtout ceux qui restent sans s’altérer ; lé sable absorbé leurs parties hunîideS, tandis qUè la chaléur du soleil opère Une prompte dessiccation (V. p. 131).

Voici maintenant les observations faites par Vicq-d’Azyr stir plusieurs, mémbres des momies dè Saint-Nicolas qu’il â dîssëqûés avec soin. Lorsqu’on enlevait la peau desséchée, comnië iannéé ét noirâtrë de cës corps, on trouvait dans les endroits ouïe tissu cellulaire était le plus lâche, quelques dépouillés d’insecfés ; partout ailleurs il n’en èxistait point ; tout ÿ était affaissé , mais plein et comme collé â l’os. On voyait sous la peau deux èspêceS de substances différentes : i’une présentait dés plaques minces, cdtonnetises, jaunâtrès, irrégulières; l’autre était composée de fibres parallèles et sèmblables à celles qué l’on aperçoit dans lés écorces des arbres desséchés. Parmi ces dernières, on en remarquait aux condyies de l’humérus, dans lesquelles la forme blanchè tendineuse était très reconnaissable. Les fibres que l’on trouvait ainsi soUs la peau se ployaient cependant sans se rompre, et brûîâfént à la manière des poils et des cheveux, lorsqu’on les exposait à la flamme d’une bougie. Mais ce qui fixa surtout l’attention de Vicq-d’Âzyr, cè fut le tendon du muscle biceps, dans réqiïêi les troùsseaüx dé fibres ligamenteuses et pârâllèîës étaient ires

disiicicts ; èîles bpposaiènt mêmë bëailcotip de résistance lorsqrfoii Yonlarît ïés coüpèr àvec des ciseaux.

CamëÊ dé tii ina7nîfiùatîon naturelle des cadavres ktiitiahiè. Il est diM'cîle de ne pas admettre que les càdâtres de certains iùdiiidüs èè momîôeht par des causes qui nous sont eïicèré inconnuès, èt qui potiri*aiént bien dépendre jtrsqu’à un beétain point de la constiiutiOii de ces mêmes îndividiis ; comfméht eYpîiqüër èn èlfet ces momifications sèches, observées à Dunkérqué et datts le cimetière dès înuocens, à Paris, à côté dé cadavres qtii subissaient des transforniations d’un genre toüi dilTéreiif, et sous deS influencés' pfoprés à développer la saponîficaiiôn, ou U réduiré lés corps en squelettes? Mais Sr,- dàiis qüeiqüès circonstances, nouS ne pouvons pas apprécier les càttsèS qui opèrent la inomifîcaiiofl séché dès corps, sôuvènt nous pouvons l’attribuéf , SànS craîfitè de nous tromper, à la flatUré du terrain et à la chaleur de Fatinosphèéé : ne saii-oii pas qité des caravanes entières enterrées dans les sablés brûlariS dé Fjàrab'îé s’ÿ sont complètement desséchées? Chardin ne nous parlé-l-ii pas de la conservation ët dé la momification sèche de certains cadavres dans les sablés du Corassah (Perse), où ils sont ènéévelis depuis deux mille ans ? Combien ne poürrais-jé pas citer encore de faits à l’appui dé cette manière dè voir?

Quoi qu’il en soit, je suis loin de regarder l’excès de froid comme une cause de momification ; nul doute que lès corpà ùe se conservent au milieu des glaces, mais ils n’ éprouvent alors" aucune altération ; tandis que, pendant leur transformation èil momies, ils sont pour le moins desséchés : que l’on vienne à retirer des glaces du Kamtschatka les cadavres des poissons qui y sont restés plongés pendant plusieurs mois, ôn verra qu’ils 'ne seront pas pourris ; mais à peine seront-ils en contact aved’aiî-, à la température de 10° à 15°-r0", la putréfaction se développera et parcourra la marche ordinaire.

La momification des cadavres dans les caveaux de l’oulouse peut-elle être expliquée par la nature du sol et par la chaleur de l’atmosphère, ou bien dépend-elle de quelque autre cause? Avant de chercher à résoudre celle question, établissons, 1“ que le caveau des Cordeliers était une petite chapelle souterraine, de la

forme à-peu-près d’un ovale allongé, longue de 6 mètres, . large de h et haute de 2 mètres 50 cent. ; que l’on y descendait par un escalier très étroit qui avait quinze marches , et qui n’avait d’autre ouverture que celle de cet escalier; 2° que les cadavTesde tout sexe et de tout âge qui étaient conservés dans ce caveau, avaient été retirés de quelques tombeaux de l’église et du cloître, qui ont seuls le 'privilège de les garantir de la dissolution ordinaire : en eflet, à l’ouverture de ces tombeaux oh trouvait les corps entiers, on les portait au clocher, on les y laissait quelque temps, et quand ils étaient parfaitement desséchés, on les déposait dans le caveau des Cordeliers ; 3“ que les cadavres des Cordeliers, que l’on ensevelissait dans un caveau qui 7i était destiné que pour eux, n’avaient pas l’avantage de se conserver entiers ; ces cadavres étaient simplement enterrés dans des fosses creusées dans la terre nue, et étaient recouverts ensuite de la terre qui en avait été tirée ; 4° que le caveau des Jacobins était moins enfoncé que celui des Cordeliers ; il était ovale, aussi long que le précédent, mais il avaitl m. 85 c. déplus de large et 1 m. de plus de hauteur; il était mieux éclairé etmieux aéré que le précédent; 5° qu’il ne renfermait que les corps des religieux de la maison, les seuls de tous ceux qu’on enterrait dans le cloître ou dans l’église qui ne fussent -pas détruits. Ces religieux étaient enterrés dans des tombes en briques et empierre de taille, maçonnées à chaux et à sable, et tous n’étaient pas égalemeutbien conservés,, ce qui paraissaittenirà la constitution des individus, aux maladies auxquelles ils avaient succombé, etc. ; 6“ que les corps des individus enterrés dans des tombes ordinaires ne se conservaient pas dans l’église ni dans le cloître des Jacobins.

Il paraîtrait, d’après ce qui précède, que la momification sèche observée à Toulouse, pourrait très bien reconnaître pour une des principales causes l’inhumation dans des toynhes hermétiquement fermées, puisqu’on ne l’a jamais remarquée dans les corps enterrés dans la terre nue. On avait été tenté d’abord d’attribuer la conservation des cadavres exhumés etportésau caveau des Cordeliers, à ce que la chaux qui avait servi à la construction de l’église où ils étaient primitivement inhumés, avait été éteinte sur les terrains où les tombeaux étaient placés, et qu’elle y avait séjournmlong-

temps ; mais alors pourquoi Péglise et le cloître des Jacobins, qui ne conservaient point les cadavres, comme je l’ai déjà dit, et sur lesquels la chaux avait été également éteinte, se comportaient-ils autrement?

Quoi qu’il en soit, M. de Puymaurin n’est pas éloigné d’admettre que la pulréfaction’avait été suspendue, et la dessiccation opérée dans les tombes hermétiquement fermées, parce que la masse d’air pur qui y était contenue ne pouvant pas se renouveler, était bientôt viciée, et le corps se trouvait enveloppé d’une atmosphère en quelque sorte conservatrice. « Si on met de la braise dans un four dont la bouche soit close, dit-il, l’air pur y étant bientôt absorbé, il ne reste plus que le méphitique ; les lumières s’y éteignent, l’huile de tartre s’y cristallise, la braise cesse alors de se détruire et redevient un charbon ordinaiie » (page 130).

DE LA PUTRÉFACTIOX,^DES CADAVRES DANS l’eAU.

Ici, comme pour la terre, je ferai connaître en détail un certain nombre d’ouvertures de cadavres qui étaient restés plus ou moins de temps dans l’eau ; la description de ces nécropsies sera précédée de qüelques expériences qui m’ont paru propres à éclairer la question.

Expérience 1>’«.

Le 12 mars 4 830, on plongea dans un grand baquet à moitié plein d’eau de Seine le cadavre d’un enfant nouveau-né, âgé de sept jours, mort depuis cinquante bèures : la coloration générale était naturelle, excepté que les paupières, l’oreille droite, la partie postérieure et supérieure des cuisses, et le scrotum étaient rouges ; le dos élait légèrement violet ; le ventre commençait à verdir, et les ongles étaient Bleuâtres ; du reste, le corps offrait le volume, le poids et la longueur ordinaire.

4 3 mars. La peau est d’un blanc mat; les paupières sont décollées et de couleur rosée ; l’oreille droite et les autres parties que j’ai dit être rouges avant l’immersion, sont aussi beaucoup moins colorées. L’épiderme est d’un blanc mat aux membres, surtout aux mains et aux pieds, où il est déjà ridé, mais non détaché. Il existe à la partie antérieure du tronc des petites écailles épidermiques, comme on en voit chez les nouveau-né.s chez lesquels la chute du premier épiderme n’a pas encore eu lieu .

20 mars. Le cadavre est toujours au fond de l’eau et beaucoup plus paie; toutefois, on voit à la région épigastrique une plaque violette d’environ 6 centimètres; l’abdomen est légèrement verdâtre ; les taches des fesses et des testicules sont d’un violet plus clair qu’auparavant. L’épiBenne de la paume des mains commence à se détacher. 24 mars. La partie supérieure delà face, les parties latérales du col, le haut du thorax et les épaules se colorent en gris très légèrement vardâtre, quoique le cadavre soit toujours resté au fond de l’eau ; le scrotum n’est plus que d’un blanc rosé très clair. 26 mars. La fesse gauche offre une coloration verdâtre. 27 mars. Cette couleur est plus intense et s’étend'plus bas sür le côté externe de la cuisse. La joue droite est légèrement colorée en rose; le front et les paupières sent d’un gris verdâtre ; les parties latérales <et inférieures du col sont violacées; je cadavre est toujours dans l’eau. 28 mars. 1,’abdomen est d’un bleu ardoisé, excepté un peu au-dessus de l’ombilic, où il est livjde. Il n’y a hors de l’eau qu’une partie delà Tesse gauche, et elle' est d'un vert clair ; cette couleur s’étend mêmè à la cuisse ccrrespondanté ; la fesse droite qui est sous l’eau ést rosée; l’épidèrrne se détache facilement partout. 36 mars. Le côté gauche de l’abdomen, la cuisse et la jambe correspondantes, sont hors de l’eau et colorés en vert; le côté droit et l’autre membre inférieur restent dans l’eau et ifôsont point colorés; la couleur de la partie antérieure du ventre est plus foncée. L’épiderme se sépare partoutau plus léger effort; celui des j)ieds ne tient pas moins que celui des autres parties. 34 mars. De larges lambeaux d’épiderme se sont détachés des parties latérales du ventre et du col; l’abdomen paraît moins coloré, 3 avril. L’épi- 4errrie flotte dans l’eau sous forme de larges plaques translucides et incolores; toutefois, les parties qui recouvraient les portions que j’ai dit être colorées en bleu, en vert, etc., offrent une teinte olivâtre. La peau, dépouillée de sa cuticule, est déjà décolorée, ( td’un blanc mat dans plusieurs des parties qui étaient fortement .colorées avant la chute de l’cplderme; toutefois, elle est d’un bleu ardoisé et noirâtre à la partie antérieure de l'abdomen, d’un rouge vineux sale à la tête, et d’un rouge vineux très pâle aum.enton et entre les sourcils. 5 avril. Les parties qui avaient perdu leur épiderme le 3 avril, et qui étaient encore colorées, sont d’un blanc d’ivoire. Le tissu cellulaire commence à être distendu par des gaz. 6 avril. Le col quiavaitété complètement décoloré, redevient bleu, violet clair, et même rouge ; maisle cadavre.est beaucoup plus ballonné, et pqr conséquent plus près de la surface du liquide. Le bras gauche est hors de l’eau. 8 avril Une plus grande partie du corps est en contact avec l’air; le tissu cellulaire sous-cutané est très emphysémateux; la peau des membres est soulevée, comme si elle .eût été soufflée ; lorsqu’on la presse, on ne sent pas la crépitation ordinaire du tissu cellulaire emphysémateux. On voit sur différentes parties du corps des plaques jaunes là où le derme n’est pas cgloré, et %ercâtres dans les parties qui offrent cette teinte ; ces plaques sont de grandeur et déformé variables ; les plus petites ressemblent à des

lentilles ; le plus grand diamètre des autrœ est a-peü-^près de 3 ceeiiç. ; dies sont entourées d’nn cercle de petits points idanehâtres, durs, comme sie’était un dépôt calcaire. La couleur générale du cadavre est blanchâtre; la portion de l’abdomen qui était assez fortement colorée, se décolore sengBiement, quoiqu’elle soit en contact avecimr. 9 avril. Les plaques dèviennent de plus en plu,s nombreuses; le cadavre est plus emphysémateux ; les membres abdominaux présentent encore une certaine résistance, tandis que dans les membres supérieurs il ne reste plus que quelques traces de muscle^, et les os semblent à nu dans le sac formé par la peau qui les pnveloppe. Dans plusieurs endroits, cette peau est corrodée, et lorsqu’on presse dans les environs de ces corrosions, il s’écoule une sanie d’un blanc rosé sale, qui est un r-este de tissu cellulaire détruit par la putréfaction. Il avril. De nouvelles corrosions se sont formées, et celles qui existaient sotitbeaucoup plus larges; une d’elles située au niveau du bord su|)érieur de l’os coxal droit, ést très considérable, et donne issue à des gaz et même à des portions de viscères abdominaux ; la peau environnante est fortement plissée. En général, ces corrosions se remarquent là où il y avait des plaques, et la déchirure de la peau semble correspondre à l’auréole calcaire que j’y ai indiquée. 43 avril. Presque tous les visoèùes s’échappent, sous forme de bouillie, par les déchirures que je signale.

Expérience 2®.

Le 4 2 mars 4 830, on a mis dans un grand baquet presque plein d’eau de Seiue le cadavre d’un enfant nouveau-né, âgé de huit jours, et mort depuis trente-six heures ; sa couleur était naturelle, excepté la partie postérieure du tronc qui était légèrement' violette, l’oreille droite qui était rouge, et les ongles qui étaient bleuâtres ; il y avait tout autour de l’ongle de l’indicateiir gauche une ulcération ; du reste, le poids, le volume et la longueur de cet enfant n'offraient rien d’extraordinaire.

43 mars. Le corps est d’un blanc mat; les paupières et les oreilles ne sont que légèrement rosées ; ie dos offre à peine des traces de la couleur tdolette dont j’ai fait mention; l’épiderme des membres, d’un blanc inat, commence à se rider, surtout aux mains et aux pieds, mais il ne se détache pas. On remarque à la partie antérieure du tronc des petites lames blanchâtres, véritables écailles provenant du premier épiderme qui n’est pas encore tombé.

4 4 mars. Le genou droit est la seule partie qui soilhors de l’eau ; il offre une couleur rosée. 17 mars Cette couleur est légèrement jaunâtre ; le ventre est un peu ballonné; l’épiderme ne se détache qu’autour de l’ongle ulcéré. 2ü mars. Le cadavre est près de la surface de l’eau ; il est en général de couleur blanche tirant sur le violet l.rès clair ; les deux genoux Ibiit saillie hors de l’eau, et sont colorés en rose légèrement jaunâtre, moins intense que les jours précédens : l’épiderme est soulevé aux mains. 24 mars. La 45,

majeure partie de l’abdomen est verdâtre et hors de l’eau depuis deux jouiï; l’épiderme de la paume des mains et de la plante des pieds se déchire plus facilement. 25 mars. Les genoux, qui étaient devenus rouges par leur exposition à l’air, sont complètement décolorés; la cuisse gauche est rosée; l’abdomen et même la partie inférieure du thorax sont verts. 26 mars. Le col et le haut du thorax offrent une teinte violette ; les paupières, le nez et les lèvres sont d’un rose jaunâtre; les membres inférieurs sont également rosés, excepté à la partie antérieure des jambes. 27 mars. Le cadavre est toujours près de la surface de l’eau, excepté l’abdomen, une partie du thorax et les genoux, qui sont à l’air. 28 mars. Le ventre, généralement vert, présente une tache ardoisée d’environ \ 5 millim, dans son plus grand diamètre; le col et le thorax deviennent plus violets ; les membres supérieurs offrent déjà cette même teinte, mais claire. 30 mars. Le poignet gauche est hors de l’eau et verdâtre ; on observe la même. couleur au-dessus du genou droit, immédiatement à côté de la portion qui est en contact avec l’air, et qui par conséquent est à peine couverte par le liquide ; la face antérieure des jambes est déjà rosée, f “avril. Les genoux sont jaunes, presque desséchés; ils ne sont jamais devenus verts, quoiqu’ils aient été presque constamment à l’air. 3 avril. Le ventre et le thorax sont toujours hors de l’eau et colorés en vert. Le col est d’un rouge violet, la face d’un rouge cuivré ; on voit au côté gauche de la tête une tumeur sous-épidermique produite par des gaz ; les membres abdominaux sont rouges, excepté les genoux;ces diverses colorations ne dépendent pas de l’épiderme, car on peut enlever celui-ci par larges lambeaux et s’assurer qu’il est incolore ; il existe comme aux pieds et aux mains, mais il se détache par le moindre frottement. 4 avril. Toutes les portions dépouillées d’épiderme, qui étaient rouges hier et qui sont restées dans l’eau, sont presque incolores. 5 avril. Ces portîons sont d’un blanc d’ivoire ; le tissu cellulaire sous-cutané est déjà notablement distendu par des gaz. 8 avril. Le ventre, qui est en contact avec l’air, est plus ballonné et beaucoup moins coloré, quoiqu’il soit encore couvert d’épiderme ; la portion qui est hors de l’eau est entourée de petits mamelons jaunâtres, mous, comme mucilagineux, qu’on enlève facilement ; les parties dépouillées d’épiderme, qui sont dans l’eau, continuent à être incolores; le bras gauche et la partie postérieure des membres abdominaux sont le siège de petites pl aques semblables à celles que l’on a remarquées le 8 avril chez l’enfant qui fait le sujet dé l’expérience précédente. 9 avril. Toute la portion thoraco-abdominale qui est en contact avec l’air, est desséchée; i’épiderme adhère encore fortement ; celui des pieds n’est pas détaché, mais il s’enlève par la moindre traction ; les petites plaques indiquées hier sont plus marquées; le tissu cellulaire est moins emphysémateux que chez l’autre enfant (V. page 706); les membres conservent toutes leurs parties, en sorte que lorsqu’on les touche à travers la peau, les chairs, offrent encore une résistance sensible. 1 1 avril. On remarque une corrosion au bras gauche, précisément à l’endroit où j’ai dit exister une plaque. 13 avril,

Le cadavre est entier et un peu plus hors de l’eau ; toutes les parties qui jusqu’à ce jour étaientrestées dans le liquide et qui étaient blanches, se sont colorées en jaune sale légèrement ochracé, depuis qu’elles sont eh contact avec l’air. La tête et les bras sont le siège d’autres corrosions, par lesquelles s’écoule une sérosité sanguinolente ; ces pertes de substance s’observent dans les endroits où il y avait eu des plaques. L’abdomen est sec, recouvert dlépiderme, coloré comme auparavant et toujours hors de l’eau ; la partie antérieure du cou est hors de l’eau depuis deux jours; aussi estelle emphysémateuse, et de blanche qu’elle était, est-elle devenue rouge sale tirant sur le rosé. Les pieds sont encore recouverts d’épiderme qui y tient à peine. 17 avril. Les corrosions sont beaucoup plus grandes; on en voit une très large au côté droit du thorax, par laquelle s’échappent des débris des muscles, des côtes dénudées et une partie du poumon. Le lendemain, des portions des viscères du bas-ventre sortent, sous forme d’une sanie, par d’autres corrosions qui existentà l’abdomen.

Eccpérience 3®.

Le 23 mars 1 830, on a mis dans de l’eau contenue dans une grande baignoire, le cadavre d’un homme âgé de cinquante ans, mort trente heures auparavant. L’abdomen était légèrement verdâtre, le cou, les parties latérales de la tête et le dos, offraient plusieurs plaques rougeâtres et d’un violet assez foncé. Le 25 mars, l’épiderme des mains commence à se rider, surtout aux doigts et à la face dorsale ; il est d’un blanc bleuâtre mat à la paume des mains et à la plante des pieds, où il est couvert d’une couche d’une matière blanche, facile à enlever, et semblable à la mie de pain bouillie dans du lait. Le thorax et le bras, qui n’étaient pas colorés au moment de l’immersion du cadavre dans le liquide, commencent à prendre une teinte légèrement verdâtre. 26 mars. L’enduit détaché hier de la paume des mains et de la plante des pieds ne s’est pas reformé. 27 mars. Toutes les parties colorées en rouge avant de mettre le cadavre dans l’eau, sont actuellement d’un violet clair. 28 mars. L’abdomen est moins vert; l’épiderme est très légèrement soulevé aux mains et aux pieds, et ne s’enlève qu’avec peine. 30 mars. Celui de la paume des mains et de la plante des pieds, toujours d’un blanc mat, est beaucoup plus plissé et soulevé, surtout vers les extrémités plantaires des orteils et palmaires des doigts; celui qui recouvre les autres parties du corps ne se soulève pas. Les ongles sont d’un gris verdâtre. On remarque à la face dorsale des mains quelques sillons verdâtres qui répondent aux veines. 31 mars. L’abdomen est à peine coloré. 1er avril. Les diverses teintes vertes et violacées sont encore moins foncées. 3 avril. L’épiderme est plus soulevé, et s’enlève, à l’aide d’une légère pression dans les environs des articulations, à toute la peirtie supérieure de la face, au crâne, aux mains et aux pieds. Il existe des taches verdâtres et violacées dans la région des sterno-cléido-mastoïdiens et au-

(tevantda sternum. 4 avril. Toutes les parties qui ont été dépouillées d’épiderme hier, et qui étaient colorées, sont d’un blanc mat. Les bras sont encore couverts d’épiderme et présentent une teinte rosée. 5 avril. L’épiderme s’enlève par lambeaux énormes aux fesses, et par plus petites portions à la partie postérieure du tronc : on voit, près de la fosse iliaque gauche, une vésicdlé altongée remplie d’eau, qui a pénétré entre l'épiclermeet lé dérme, par un point où le premier de ces tissus était déchiré. L’abdomen s’est coloré de nouveau, et il est aussi vert qu’au commencement de l’expëriênce; cependant le cadavre est toujours resté au fond de Veau, 6 avril. L’êpiderme s’enlève pins facilement; toutefois, il n’est pas encore délachéde la plante des pieds ni delà paüme des mains, quoiqu’il soit excessivement soulevé; plusieurs lambeaux, au contraire, sont déjà séparés de la région dobsale des mains. La jambe gauche est légèrement verdâtre et couverte d’épiderme. On remarque à la partie interne des deux bras des taches d’un rouge vif, en général petites et de forme différente; dans quelquesunes de ces taches, l’épiderme est soulevé par un fluide rougeâtre qui les colore, et que l’on peut déplacer par la plus légère pression ; vient-on à presser plus fort, l’épiderme se sépare et le liquide s’écoule ; dans quelques autres de ces taches, répiderme a déjà été détaché, et alors la couleur rouge sous-jacente 8 disparu; le dermâest blanc, mais il reste souvent tout autour dé ce derme blanchi une ligne circulaire, si la tache avait cette forme FUsüeüSé, adhérente, qui circonscrit en quelque sorte la tache qui existai auparavant. 9 avril. Le thorax et l’abdomen sont en grande partie dépouillés d’épiderme, et on peut dire que partout où le derme est à nu, la couleur est d’un blanc mat; tandis qu’auparavant, lorsque l’épiderme exis' tart, ces parties étaient colorées en violet ou en vert; toutes les portions du COŸps couvertes encore d’épiderme conservent au contraire une coloration manifeste. Les ongles existent et sont solidement attachés 40 avril. L’épiderme est en partie séparé à la jambe gauche, qui s’est déjà décolorée dans toutes les parties dépouillées de cuticule. On voit quelques petites tachés d’un bleu indigo à la partie latérale gauche du thorax et près du téton du mèmè côté, ainsi qu’à la partie droite du cou; Le cadavre commence à avoir une tendance marquée à venir à la surface. 4 4 avril. Le moignon de Tépaulé gauche et une petite portion de rnêma côté du thorax font saillie hors de l’eau, et déjà l’action de l’air se fait sentir, car ces parties sont coloréès en vent -de -gris, si eè n’est le sommet de l’épaule qui est jaunâtre ; tout ce qui est sous l’eâu est décoloré, excepté les taches rouges et bleues dont j’ai parlé. 4 IT avril. On renouvelle l’eau .de la baignoire, et pendantcètte opération, d’énormes lambeaux d’épiderme qui tenaient à peine ati corps, sont détachés ; le derme mis à nu est d’un blanc mat, même à l’abdomen ; toutefois, la cuisse droite et la jambe gauche sont d’un ilîèa Hàir ; on rèniàrque èn outre çà et là quelques petitès plaques, couleur 8è café au lait clair, sans dureté ni élevufe. Le cadavre est un peu plus horSdé rèan, et lès parties qui ont le côntact de l’air sbnt plus colorées et

notablement emphysémateuses. M avril. Le tissu cellulaire sous-cutacé est infiltré dé gaz dans plusieurs endroits ; le ventre est ballonné, et le corps tend de plus en plus à surnager ; déjà la presque totalité du côté gauche du thorax et de l’abdomen sont hors du liquide ; les plaques jaunes sont plus rares. 19 avril. Le ballonnement est augmenté ; la portion de la partie antérieure du thorax qui a surnagé la première, est devenue d’un gris verdâtre, età-peu-près semblable, par sa consistance, à du parchemin mouillé. 2i avril. Les parties qui sont hors de l’eau sont jaunâtres, aurores ou d’un vert plus ou moins foncé ; partout où des gaz ont soulevé la peau qui est en contact avec l’air, celle-ci est desséchée. avril. Le menton, le cou, le thorax, la plus grande partie de l’abdomen, et la partie antérieure de la cuisse gauche, sont hors de l’eau ; cette cuisse est d’un bleu très clair; le genou est aurore, tandis qtie les autres parties qui sont à l’air et qui sont desséchées, sont colorées en rouge, en brun, en noir, en vert clair ou foncé et par plaques. Toutes les portions du cadavre qui sont sous l’eau sont d’un blanc mat, ^excepté là où j’ai dit exister des taches bleues ou roussâlres. En pressant la peàu des bras, des pieds et des jambes, l'empreinte des doigts reste. On voit au pli de l’aine droite une coloration violette, comme pointillée, de forme triangulaire, et large d’environ 6 centimètres vers sa base; le derme qui la forme est très aminci, comme soulevé, et semble prêt à se déchirer ; dans cet endroit, la peau commence évidemment à se corroder. 25 avril. La coloration des parties qui sont hors de l’eau est plus intense ; l’aine droite est le siège d’une grande quantité de petites corrosions qui répondent aux divers points violets indiqués hier; quand on presse dans les environs de ces points, on fait sortir un liquide sanguinolent, et l’ouverture de la peau paraît régulière, comme si elle eût été faite avec un emporte-pièce. Les petites plaques bordées d’un cercle rougeâtre qui existaient aux bras et aux épaules, n’offrent plus de traces de rougeur; elles sont d’un jaune sale. 26 avril. Les petites corrosions de l’âine sont réunies et forment une large ouverture, très régulière, dont les bords ne sont nullement frangés, et au milieu de laquelle on aperçoit le tissu cellulaire qui est infiltré de sérosité sanguinolente. La peau environnante est extrêmement amincie. On remarque également à la région sacrée, près de l’épaule gauche et au bras du inênâe côté, plusieurs excoriations d’un autre aspect que les précédentes, qui ressemblent assez aux cicatrices des ulcérations varioleuses, et qui ne s’étendent pas à toute l’épaisseur du derme'; celui-ci n’est ni soulevé ni coloré ; elles sont arrondies ou ovalaires, et les plus larges 8 ou 10 millimètres de diamètre. 27 avril. Les parties qui sont hors de l’eau brunissent de plus en plus; les autres sont comme les jours précédons, si ce n’est que la cuisse droite est lesiéged’une multitude de petites taches pointiliées de violet, et qui sous peu vont devenir des corrosions semblables à celles du pli de l’aine droite. Il existe à la partie gauche du cou une large corrosion intéressant dqà tout le corps de la peau, et qui a commencé comme celles de l'aine; on voit aussi sept ou huit petites

taches violettes de même nature, en avant de l’épaule droite, au milieu de la peau qui recouvre le grand pectoral. 28 avril. Les taches pointillées de la cuisse et de l’épaule droite forment aujourd’hui de larges corrosions, offrant les mêmes caractères que celles de l’aine. Les autres que j’ai dit exister au sacrum, etc., sont plus larges et plus profondes; aussi voit-on à leur centre le tissu cellulaire sous-cutané qui est jaunâtre, infiltré, et recouvert par les bords irréguliers et frangés de l’ouverture.

OBSEBVATIONS ET NÉCROPSIES.

Observation \ re.

Quatre cadavres de noyés qui n’étaient restés dans l’eau qu’une , deux ou trois heures, h’oËfraient aucune altération à l’extérieur, même dix heures après la mort; la couleur de la peau était naturelle; l’épidermè n’était ni détaché ni soulevé ; les paupières étaient fermées, la bouche béante; la langue n’avançait pas jusqu’au bord des lèvres ; les doigts des mains étaient assez fortement contractés ; on ne voyait qu’une petite quantité de vase entre les ongles des mains et des pieds et la peau qu’ils recouvrent; il n’y avait aucun indice de putréfaction ni de tuméfaction (La température était à '! 7° th. centigr.) .

Observation 2®.

Trois cadavres de noyés qui étaient restés cinq à six jours dans l’eau furent examinés deux heures après avoir été retirés dè la rivière; ils étaient à peine tuméfiés; la peau était de couleur naturelle partout, excepté près des genoux , où l’on voyait deux ecchymoses livides ; les paupières, la bouche, la langue, les doigts étaient comme dans les observations précédentes ; toutefois , les ongles des pieds contenaient une beaucoup plus grande quantité de vase ; l’odeur était peu désagréal^e et difierente de celle qu’exhalent les cadavres qui se décomposent à l’air. Le lendemain à midi, la face était déjà tuméfiée d’une manière sensible ; les paupières surtout étaient gonflées et d’un rouge brun ; les lèvres offraient une couleur verdâtre ; les joues étaient brunâtres ; la poitrine et l’abdomen étaient d’un vert sale ; les membres n’étaient pas colorés. Le jour suivant, la tête était énormément tuméfiée et verte ; le gonflement de la face surtout était remarquable ; les yeux sortaient presque entièrement des orbites ; le corps, extrêmement ballonné, était marbré de jaune et de vert, et le système veineux superficiel se dessinait à travers ces marbrures ; les genoux étaient d’un brun noirâtre ; la paume des mains et la plante des pieds conservaient leur couleur blanche , tandis que la face dorsale de ces parties était verdâtre ; la couleur du dos , sur lequel le cadavre avait été couché , était à peine altérée; l’épiderme se détachait facilement dans plusieurs endroits ,

p{ il était séparé dans beaucoup d’autres ; l’odeur était infecte (La température avait varié de 16» à 18°, tb. centigr., depuis que le cadavre était exposé à l’air).

NÉCROPSIE

N...., âgé de quarante-cinq ans, tomba dans la Seine le 19 décembre 1829 à midi ; il fut retiré le lendemain à huit heures du matin , et soumis à mon examen le même jour à deux heures. Il était raide. La face était à peine gonflée, d’un rouge violet dans toute son étendue , mais surtout aux lèvres (1). Les paupières étaient fermées avec force, l’œil plein et brillant. La bouche était entr’ouverte, et laissait échapper une assez grande quantité d’eau. La langue de couleur naturelle ne sortait pas de la bouche. La peau des autres parties du corps était blanche et dans l’état naturel. Il est bon de faire observer que le cadavre ne fut déshabillé qu’à deux heures , et par conséquent que l’air extérieur n’avait agi que sur la face depuis la sortie du corps de l’eau. Le 22 décembre , même état de coloration et de raideur.

Ouverture du cadavre le 23 à midi. La raideur est à peine sensible ; le corps n’exhale point de mauvaise odeur (la température était depuis trois jours de 0“ à 4:-J-0°)j la coloration de la peau n’a pas changé ; on ne trouve point de vase dans l’interstice des ongles ; à la vérité ceux-ci sont très courts. Le cerveau est dans l’état naturel , sans injection notable ; il en est de même du cervelet et des méninges. Les poumons offrent une teinte violacée, surtout à leur partie postérieure : ils sont très crépitans , et contiennent peu de sang ; lorsqu’on les comprime , il en sort un liquide rougeâtre écumeux ; les ramifications bronchiques , jusqu’à une très grande profondeur, renferment beaucoup d’écume aqueuse mêlée de vase, de débris de végétaux, de petits morceaux de bois et autres ordures ; la trachéeartère contient aussi beaucoup d’écume semblable ; la membrane muqueuse présente çà et là quelques points rouges. Le cœur est très volumineux ; le ventricule droit est rempli de sang fluide, noir. Les veines caves et jugulaires contiennent aussi beaucoup de sang noir fluide. Le diaphragme est refoulé en haut. L’estomac renferme environ 250 grammes d’un liquide aqueux, jaunâtre, trouble ; les intestins en contiennent â peine : du reste, ces organes paraissent dans l’état naturel, si ce n’est que l’intérieur des intestins offre çà et là quelques points rougeâtres. Le foie et la rate sont un peu gorgés de sang. Les reins sont dans l’état naturel. La vessie , peu distendue , renferme à-peu-près deux cuillerées à bouche d’urine presque limpide.

(1) J’appris par les personnes qui avaient retiré le cadavre de l’eau, que la face était pâle an moment où on le sortit de l’eau.

NÉCROPSIE 2®.

Le 4'*^ janvier 4827, à dix heures du matin , on retira du canal Saint- Martin le cadavre d’un homme âgé de Soixante-dix ans, qui s’était noyé la nuit précédente. Examen du corps le même jour à midi. La peau est de couleur naturelle ; les paupières ainsi que la bouche sont en tr’ou vertes; la langue, de couleur ordinaire , ne dépasse pas les dents. On voit dans l’inter^ice des ongles des mains une certaine quantité de vase. Ouverture du cadavre le 5 janvier à une heure. Le corps n’ejihale point de mauvaise odeur ; la face n’est point tuméfiée ; la peau n’est point colorée ; on remarque seulement au dos quelques lividités cadayériquès (La teoipérature avait yarié dans les ciriq jours préc.édens de 0° à 5° — 0")., Les veines de la dure-mère sont injèçtées de sang noir. Le sinus longitudinal supérieur est gorgé de sang noir fluide. Les vaisseaux de la pie-mère sont presque dans LétatnatureL Lq cerveau , de consistance et de couleur ordinaires, présente, lorsqu’on le coupe , plusieurs points rougeâtres dont pn fait sortir un peu de sang par une légère compression. Les venirieules: sont vides, eycepté le Aatéral droit , dans lequel existe une petite quantité de sérosité Ifanpidp. Le Geryeie.i est dans l’état naturel.

Le larynx est rempU .qe glaçons iucplores assex volumineux^ on voitatt opminencement de, la trachée-artère une petite quantité de mucus rougeâtre^ nïêlé de quelques grains sablonneux ; du reste, i! n’y a aucune trace d’écume. Les poumons sont d’un brun noirâtre dans toute leur étendue; ils sont crépitans et gorgés de sang, surtout à leur partie postérieure; en ne découvre dans leur substance ni vase , ni aucune matière terreuse. Le coeur contient, surtout dans le ventricule droit et dans l’oreillette du même côté une certaine quantité de sang noir fluide. L’aorte et la. veine cave descendante renferment aussi du sang noir fluide en assez grande propoP'^ tion. Le diaphragme est refoulé en haut.

On trouve dans l’estomac 500 gr. environ d’une bouillie claire, livide, évidem.qient composée d’eau , de vin et d’alimens à demi digérés r sa tunique péritonéale est marbrée de rouge ; sa membrane muqueuse est rouge et ulcérée dan? beaucoup de points. Les intestins , d’un rouge violacé à l’extérieur, contiennent des matières fécales molles. La rate est dans l’état naturel. Le foie et les reins, de couleur foncée, renferment plus de sang qu’à rordinaire. La vessie est distendue par environ 250 grammes d’urine aqueuse, d’un blanc légèrement jaunâtre.

NÉCEOPSIE 3®.

Le 4 8 janvier 4 827, à 4 heures de l’après-midi, on a retiré des eaux du canal Sâint-Martin lé cadavre d’un homnaé inconnu, âgé d’environ soixante-cinq ans, d'une forte constitüliôn ; tout semblait aûrioiicéf qué là

submersion avait eu lieu peu de temps avant. Le corps n’offirait aucune ti^ce de lésion extérieure : la couleur de la peau était naturelle , les paupières étaient entr ouvertes, la face n'était point tuméfiée, la bouche était îégèâement béante ; la langue, de couleur et de volume ordinaires, dépassait un peu les dents,- et était un peu serrée par les incisives moyennes supérieures et inférieures ; on voyait un peu de vase dans l'interstice des ongles des mains et des pieds- Ouverture du cadavre le 22 janvier. Le cadavre n’exhale point de mauvaise odeur; la peau n’est ni colorée ni tuméfiée; on remarque seulement quelques lividités cadavériques au dos et aux fesses (La température a varié depuis le 1 8 janvier de 0“ à 3° — 0®L Les veines de la dure-mère et celles qui rampent à la surface externe du cerveau sont légèrement injectées de sang noir liquide. Le cerveau et le cervelet sont de couleur et de consistance naturelles ; les ventricules ne sont le siège d’aucun épanchement; on ne remarque point d’injection des vaisseaux qui se distribiteDt dans l’intérieur du cerveau. La trachée-artère et les bronches contiennent une quantité notable d’un liquide aqueux jaunâtre, mêlé dé grumeaux blanchâtres, peu consistans, semblables à dés alimeus. gras mal digérés; du reste, on ne. voit aucune trace d’écume; la membrane muqueuse de ces organes paraît dans l’état naturel. Les poumons, fortement adhérens à la plèvre costale, n’étaient point gorgés de sang; ils étaient crépi tans, ^ de couleur naturelle , et n’oCraient aucune trace de vase , ni de la matière grumeleuse qui existait dans la trachéeartère et dans les bronches. Le eosur, très volumineux, contenait une quantité notable de sang noir, fluide, dans toutes ses cavités. Le didphmgme n’était pas refoulé en bas. L’estomàc renfermait quelques morceaux de viande, une matière chymeuséet une assez grande quantité d’un liquide jaunâtre grumeleux, semblable à celui que l’on avait déjà trouvé dans la trachée-artère et dans les bronches. Les intestins grêles étaient distendus par de l’eau mêlée d’excrémens liquides et jaunâtres ; la membrane séreuse du canal intestinal était rougeâtre, comme injectée, tandis que la mémbrane muqueuse était saine. L’estomac, la rate, les reins et la vessie étaient sains ; ce dernier organe contenait une cuillerée à bouché d’urine jaunâtre et trouble. Il y avait du sang fluide et noir dans les gros troncs veineux et artériels, mais, surtout dans les premiers.

NÉCRonsiE

N***, âgé de 24 ans, est tombé dans l’eau de la Seine , le 23 janvier 1827, à une heure de l’après-mid! , et en a été retiré vingt minutes après. Ouverture du cadavre faite le surlendemain à midi (La température de l’atmosphère avait varié pendant ces trois jours de 0" à 4° — 0°). Là face est pâle , les paupières sont rapprochées, les yeux sont pleins , l’humeur aqueuse est légèrement opaque ; les lèv res sont écartées l’une de l’autre ; leur bord libre est d’un rouge assez vif; les arcades dentaires, rapprochées

postérieurement , ne sont séparées à leur partie antérieure que par la langue qu’elles resserrent assez fortement , et qui dépasse les dents de quelques millimètres ; du reste, cet organe est dans l’état naturel. La peau et la partie postérieure du tronc et des membres, |surtout celle des membre abdominaux, est d’un^rouge violet ; on remarque sur les parties latérales du tronc des plaques larges comme la paume de la main, de couleur violacée.; enfin la partie antérieure du thorax est le siège d’un assez grand nombre de taches de la largeur d’une pièce de vingt sous, d’un rouge violet j les intervalles qui les séparent sont pâles et de couleur naturelle ; on trouve aussi quelques taches semblables à l’abdomen. Les vaisseaus de la dure-mère sont gorgés de sang noir fluide ; les sinus longitudinal et latéraux renferment une assez grande quantité du même liquide ; les veines arachnoïdiennes en contiennent à peine. La couleur et la consistance du cerveau et du cervelet n’offrent rien d’extraordinaire ; les ventricules sont vides ; mais lorsqu’on coupe le cerveau par tranches horizontales, on voit un très grand nombre.de petits points rougeâtres dans la substance blanche, et par la compression, on en fait sortir du sang noir fluide.

Le cœur , peu volumineux, renferme du sang noir dans les deux ventricules. Le larynx n’offre rien de remarquable, si ce n’est que sa membrane muqueuse est d’un rouge violet ; cette couleur s’étend à toute la membrane interne de la trachée-artère ; on voit au commencement de ce conduit aérien deux morceaux de chou ; près de la division des bronches on trouve une assez grande quantité d’un liquide aqueux qui ne devient écumeux que lorsqu’on comprime le poumon. La bronche droite renferme un assez grand nombre de fragmens d’alimens (choux , pain), et de l’eau qui ne devient écumeuse aussi qu’en comprimant le poumon ; la membrane muqueuse qui la revêt est d’un rouge violet ; la bronche contient aussi de l’eau et des matières alimentaires , mais en quantité moins notable. Les poumons sont un peu adhérons à la plèvre costale; quand on veut détacher ces adhérences, il sort un peu d’écume par la bouche ; ils sont moins crépitans et d’une couleur plus foncée que dans l’état naturel ; lorsqu’on les incise et qu’on les comprime , il s’en écoule un peu de sang noir fluide, et il se forme aussi une écume rosée. Ls diaphragme est légèrement refoulé en haut.

L’estomac, très dilaté, renferme une grande quantité de liquide mêlé a <Jes alimens non digérés (choux et pain). Les intestins contiennent des matières molles. Le foie est gorgé de sang noir fluide , qui s’écoule en grande quantité lorsqu’on incise cet organe. La rate et les reins sont à-peuprès dans l’état naturel. La vessie, comme rétractée, renferme environ une cuillerée et demie à bouche d’urine opaline trouble. La veine cave contient une grande quantité de sang noir, fluide : l’aorte abdominale et les iliaques en renferment également, mais en moindre quantité (1 ).

(1) La présence des alimens dans la trachée-artère des individus qui font le sujet

NÉCBOPSIE 5®.

Le 20 juillet 4770, on trouva sur la route de Courcelles à Dijon le cadavre d’un homme inconnu ; il était couché de son long, à plat, sur la face antérieure du corps , ayant la tête tournée du côté de la ville , les mains élevées vers les côtés de la tête, appuyées par les paumes sur le terrain , et le visage , jusque près les oreilles , plongé dans une large et profonde ornière remplie d'eau bourbeuse et blanchâtre. Tout portait à croire que la mort du sujet datait au plus de vingt-quatre heures.

La face était légèrement tuméfiée et livide. Cette couleur était bornée à l’épaisseur de la peau. Les yeux étaient saillans, les pupilles resserrées ; il sortait par les narines, surtout en comprimant la paroi antérieure de la poitrine, une mucosité écumeuse et sanguinolente. On voyait sur la portion saillante de la joue droite une légère excoriation ou éraillement circulaire de 2 centimètres de large, entièrement borné à la peau. La partie externe de la peau de toute la face antérieure du corps qui appuyait sur le sol était d’une couleur livide violacée. Les organes contenus dans le crâne étaient dans l’état naturel ; seulement les vaisseaux sanguins du cerveau étaient gorgés de sang. Les poumons étaient gonflés, de couleur brune, plus foncés sur leur face antérieure que dans leurs autres parties ; la trachée-artère et les bronches contenaient un fluide muqueux, écumeux, dont on augmentait la quantité en comprinaant les poumons. Le cœur était gros et mou ; le sang contenu dans ses cavités droites, ainsi que dans les grandes veines, était noir et entièrement fluide. Les cavités nasales et l’arrière-bouche étaient remplies de mucosités écumeuses, sanguinolentes, mêlées à quelques molécules terreuses blanchâtres, de la même nature que l’eau bourbeuse de l’ornière dans laquelle la face était plongée. Tous les organes de l’abdomen affectaient la disposition qui leur est propre (4) ; seulement l’estomac était très distendu par une grande quantité de fluide rougeâtre, d’une odeur acescente, fortement vineuse, et par diverses substances alimentaires encore reconnaissables ; là membrane muqueuse de ce viscère était dans l’état naturel. — Il ne fut, pas difficile de conclure que cet homme était tombé dans l’ornière, étant dans un état d’ivresse, et que n’ayant pu se relever, il avait péri suffoqué par défaut de respiration. (Chaussierj.

de cette nécropsie et de celle qui précède, ne tiendrait-elle pas aux eflorts de vouiissement déterminés par l’impression de l’eau très froide sur l’épigastre, au moment où la digestion stomacale était à peine commencée? Il serait impossible d’attribuer ce phénomène à la putréfaction , ppisque les cadavres n’offraient aucun indice de décomposition putride.

(1) Ce qui tend à faire croire que le diaphragme n’était pas refoulé en bas.

NÉCROPSIP 8®.

Une femme âgée de trente ans, noyée le lundi 21 mai 4821, fut retirée de l’eau le surlendemain, et ouverte le 26 du même mois.

Examen du cadavre. On remarque quelques blessures assez légères sur le front, et quelques ecchymoses au-dessus, des sourcils; l’œil est parfaite- ment fermé ; la pupille est dans un état de dilatation ordinaire; la face est encore incolore; la langue ne sort pas de la bouche ; il n’y a pas d’écorchures aux mains ni aux . doigts ; on trouve du sable et de la vase dans le creux de la main et entre les ongles et la peau des doigts.

Ouverture du crâne. A l’ouverture du crâne, le sang qui s’est écoulé était assez fluide ; le corps calleux a paru dans son état naturel. Les vaisseaux veineux de la dure-mère et de l’arachnoïde étaient injectés. Les ventricules latéraux renfermaient environ une petite cuillerée de sérosité sàhguinplènte ; les plexus choroïdes étaient injectés; les veines de Galien étaient gorgées de sang ; les substances corticale et médullaire étaient à-peu-près dans l’état naturel ; leurs petits vaisseaux étaient plus injectés.

Ouverture du thorax. Les poumons étaient volumineux et crépitans (plus livides à leur partie postérieure); le sang des veines pulmonaires et des autres veines était noir et fluide. Ôn a trouvé un mucus rougeâtre, et une petite quantité d’écume dans la trachée-artère; la bronche droite contenait une plus grande quantité d’écume ; le mucus rougeâtre communiquait sa couleur à la membraiie muqueuse de la trachée-artère ; aussi, en enlevant ce mucus, la membrane paraissait avec sa couleur naturelle : par la pression, on faisait sortir de l’air du poumon. La trachée-artère et les bronches ne renfermaient ni eau ni vase. Le cœur contenait du sang noir fluide ; il y en avait beaucoup plus dans le ventricule droit que dans le gauche, qui en renferm-ait à peihe. Le sang aortique était très fluide et noir.

Ouverture de l’abdomen. L’estomac contenait une quantité péu considérable de liquide {450 ou 4 80 gr. environ) ; les intestins renfermaient une grande quantité du même liquide.

NÉCEOPSIE 7®.

Le mardi 47 avril 4 827, on a retiré de la Seine le cadavre d’un commissionnaire âgé de quarante-cinq ans, qui y était depuis la veille. Le 20, à huit heures du matin, ilprésentait l’état suivant la température avait varié pendant ces trois jours de 1 1" â li-j-^O”) : il n’exhalait aucune odeur désagréable; la peau était de couleur naturelle, excepté à la région frontale droite, au nez, à la commissure droite des lèvres, à la partie gauche et inférieure de la poitrine, près du genou gauche, et au niveau du bord an-

térieui' du tibia du même côté, où l’on voyîdt dæ plaques colorées, d’une largenr variable, mais qui ne dépassaient pas celle d’un écu de six francs. Parmi ces plaques, les trois premières et la dernière étaient de véritables contusions, ou des plaies contuses avec épanchement de sang dans le tissu cellulaire sous-çutané correspondant ; la plus remarquable était celle qui occupait le bord antérieur du nez, où il y avait dénudation des os et de la partie supérieure du cartilage. Les deux autres plaques, de couleur jaune et brunâtre, étaient le résultat de la dessiccation de la peau qui avait été dépouillée d épiderme. Quoique la peau du col et de la région massétérienne droite ne présentât aucune coloration insolite, si ce n’est une légère tache brune à droite, un peu au-dessus de l’angle de l’os maxillaire inférieur, tache qui était aussi le résultat de la dessiccation de la peau, on a trouvé des ecchymoses profondes et considérables derrière la clavicule droite, au niveau du corps thyroïde, mais surtout dans l’épaisseur du muscle masséler droit, qui était en quelque sorte le siège d’une tumeur sanguine (t). Les paupières et la bouche étaient fermées; la langue ne dépassait pas les lèvres, quoiqu’elle fût légèrement serrée par les dents. La face n’était pas tuméfiée. Le cadavre n’offrait plus . de traces de raideur.

Ouverture. La peau du crâne, le périoste et la dure-mère étaient dans l’état naturel. Les veines de la pie-mère. étaient presque vides. Le cerveau, de couleur et de consistance ordinaires, présentait à la partie qui correspondait à la contusion de la région frontale, une légère teinte rosée ; on remarquait une coloration semblable à la partie postérieure du même côté. Il y avait dans les ventricules latéraux et dans le canal rachidien une quantité assez notable de sérosité. Le cervelet était dans l’état naturel.

Le diaphragme était refoulé en /lout jusqu’au niveau de la sixième côte sternale. Le larynx, la trachée-artère et les bronches, dans l’état normal, n’offraient point d’écume; la trachée-artère renfermait une matière pulpeuse, grisâtre, mêlée de points rouges, sans gravier, et une petite quantité de liquide aqueux. Les poumons, d’une couleur ardoisée naturelle, libres d’adhérence, étaient très crépitans et ne s’affaissaient point par l’action de l’air ; iis contenacnldu sang fluide, sans en être gorgés : lorsqu’on les pressait il en sortait du sang écumeux. On voyait dans chacune des cavités des plèvres environ 100 gr. de sérosité sanguinolente. Le péricarde et le cœur étaient dans l’état naturel ; il c’y avait qu’une petite quantité de^ng

ç(4) Tous les renseignemens recueillis sur cet individu portent à croire qu’il s’est suicidé, et que les contusions et les ecchymoses dont je viens de parler, peuvent bien être le résultat d’une ou de p usieurs chutes qu’il aura faites avant de tomber dîms la rivière ; la quantité de vin trouvée dans l’esmmac -embie annoncer en effet que cet lionnne | ouvait être dans un état d’ivresse lurscju’il est entré dans l’eau; mais il faut l’avouer, ces lésions sont assez graves, et de nature tel'e qu’il ne serait pas impossible qu’elles eussent été produites par des coups reçus dans une rixe.

liquide dans l’oreillette et le ventricule droits. L’aorte était vide et de couleur naturelle. La veine cave inférieure contenait un peu de sang fluide; ses parois n’étaient pas rouges.

Le foie, la rate, le pancréas, les reins, les uretères et la vessie étaient dans l’état normal ; il y avait dans ce dernier organe environ 1 00 grammes d’urine. La vésicule du fiel renfermait de la bile rougeâtre. L’estomac, de couleur naturelle à l’extérieur, non distendu, contenait une quantité ordinaire d’une matière grisâtre, pulpeuse, comme chymeuse , semblable à celle qui existait dans la trachée ; cette matière nageait dans un liquide vineux rougeâtre ; la membrane muqueuse de ce viscère était rosée dans toute son étendue, ce qui paraissait tenir à ce que l’individu était mortpendant la digestion. Le pharynx renfermait aussi une grande quantité de matière pulpeuse, grisâtre, semblable à la précédente. Le duodénum et le jéjunum paraissaient sains : le dernier de ces intestins contenait beaucoup de liquide blanchâtre, épais. L’iléon et les gros intestins étaient le siège d’une inflammation évidente ; leur membrane interne était d’un rouge vif ; on voyait dans une partie de leur étendue un liquide gluant, rougeâtre, ayant l’aspect de gelée de groseilles; la partie inférieure du rectum était distendue par une matière fluide bourbeuse.

NÉCROPSIE 8*^.

' Le 1 1 avril 1 827, dans la matinée, on a retiré de la Seiné le cadavre d’un homme athlétique, âgé de vingt-cinq ans, qui s’y était jeté huit jours auparavant. Examiné deux heures après, il était de couleur naturelle et nullement gonflé, excepté la face, qui était légèrement tuméfiée et d’un rouge foncé. Le 43, à onze heures du matin, la peau du crâne est d’un brun verdâtre; la face est très tuméfiée, d’un vert foncé et d’un rouge ochracé foncé par parties : les lèvres déformées sont très tuméfiées, et laissent entre elles un espace de quelques millimètres; la langue dépasse les dents de 6 à 8 millim. ; le nez est d’un vert foncé ; les paupières sont fermées et très tuméfiées ; en les séparant* on voit les yeux pleins, humides et peu saillans. La peau du col est d’un vert bouteille, excepté à sa partie antérieure et moyenne, qui est d’un rouge assez intense, et qui est dépourvue d’épidermé. Le thorax est d’un vert un peu moins foncé que le col; on y voit des lignes violacées qui suivent la direction des vaisseaux sous-cutanés; cette teinte verte est d’autant moins marquée, qu’on s’approche davantage de la région hypogastrique, dont la peau n’offre guère qu’une couleur blanc verdâtre ; on remarque sur les flancs et sur les parties latérales du thorax des plaques d’un rouge brun peu intense. Tout le tronc est emphy-. sémateux. Les membres thoraciques, d’un blanc verdâtre, sont également emphysémateux et sillonnés de lignes vertes qui suivent la direction d» veines sous-cutanées ; quelques-unes de leurs parties sonf dépouillées d’épiderme. Les cuisses ont à-peu-près la couleur naturelle ; la droite, privée

d’épiderme dans son tiers inférieur et antérieur, offre une couleur jaune d’ochre sale, résultat de la dessiccation de la peau ; l’épiderme de la cuisse gauche est enlevé dans toute sa face interne. Les jambes, de couleur àpeu-près naturelle, offrent çà et là des taches verdâtres et rougeâtres remarquables, surtout à la partie supérieure et antérieure et à la malléole interne. Les pieds sont pourvus d’épiderme. Le scrotum est excessivement distendu par des gaz (la température avait varié depuis le H , de 1 0 à 20‘’-f-0® th. centigr.)

Ouverture. Le tissu cellulaire du crâne est infiltré d’un liquide rouge assez clair, beaucoup plus abondant à la partie postérieure, où il est d’un rouge foncé et fétide ; lorsqu’on le sépare des parties voisines, il s’en dégage des gaz fétides. Le périoste ne se détache pas facilement. Les muscles temporaux sont assez résistans, d’un rouge violacé peu foncé et infiltrés de liquide, mais non macérés. En enlevant les os du crâne, on déchire le sinus longitudinal supérieur, et il s’en écoule une assez grande quantité de sang fluide noir. La dure-mère offre une teinte à peine violacée, si ce n’est le long du sinus longitudinal , où elle est plus prononcée ; du reste , elle n’est pas soulevée par des gaz. L’arachnoïde et la pie-mère ne sont pas colorées ; on remarque seulement des stries rouges qui correspondent aux vaisseaux ; plusieurs ramifications de ces vaisseaux contiennent du sang noir foncé. L’extérieur du cerveau est d’un gris légèrement verdâtre ; il en est de même de toute l’épaisseur de la substance corticale ; la partie médullaire est blanche à-peu-près comme dans l’état naturel, et n’est le siège d’aucune injection vasculaire; il n’y a point de sérosité dans les ventricules cérébraux ; la consistance de cet organe est à-peu-près comme dans l’état normal. Le cervelet, beaucoup moins consistant que le cerveau, offre aussi moins de blancheur dans sa partie médullaire. En coupant les sinus latéraux , il s’écoule une assez grande quantité de sang noir fluide mêlé de quelques, caillots peu consistans et de beaucoup de gaz.

Lacavitédes plèvres contient de l’un et rautrecôté,mai3Surtout à gauche, quelques décagrammes d’un liquide rouge foncé. Les poumons sont adhérons £ur plusieurs points à la plèvre costale droite; ils sont libres à gauche ; leur couleur est rouge, marbrée de brun, comme dans l’état naturel , leur volume est ordinaire ; ils sont très crépitons, et beaucoup moins mous que ceux des cadavres qui sont restés long-temps dans l’eau; lorsqu’on les comprime, il s’en écoule des gaz et un liquide sanguinolent : on ne voit sur aucun point de leur surface que la plèvre soit soulevée par des gaz ; leurs vaisseaux contiennent du sang noir assez épais. Le larynx, la trachéeartère et les bronches ne renferment ni vase, ni écume, ni aucune autre matière ; leur membrane interne est d’un rouge violacé. Le péricarde, distendu par des gaz, contient environ 30 grammes d'un liquide sanguinolent. Le cœur, dont la consistance est normale, n’offre point de sang dans ses cavités gauches, tandis qu’il y a un caillot peu consistant dans le ventricule droit ; la face interne de ce ventricule est de couleur lie de vin très

claire; la eoiilenr de la siiîTare interne du ventricule gauche est naturelle Le diaphragme est refoulé en haut.

Le tissu cellulaire des parois de l’abdomen est' d'un Jaune verdairé. Les inuscles sont rouges. La cavité du péritoine renferme beaucoup de gaz et fort peu d’un Inpiide rouge peu foncé. L’é.->lomac est distendu pardes^azsa membiane séreuse, généralement peu colorée, offre cependant ça eiià quelques plaques jaunâtres, roiig!'â:res et violettes ; il est légèrement emphysémateux dans toute l’éiendue de sa face aniéi ieure ; il ne renfertne qu’une petite quantité d’un liquide vineux mêlé de quelques portions d’^limens; sa me-s brane muqueuse, diver^cnlellt colorée, est jaune, rosée, rouge et violette p. r plaques; il y a un emphysème sous-muqueux çonsidéraljle. Les intestins sont affaissé.-; 'es iri èles, de couleur naturelle, offrent danscertains points des ramifications vasculaires injectées, et dans d’aulnes un emphysème sou-s-iiéri onéal a.-S('Z manîué; le colon est; verdâtre, le reciimi decou'eur ordinaire. La tiinitpie interne du canal intestinal est dans l’étal normal ; on trouve des malierés fécales uiolles, ve dàtros, dans lecülon eldans le rectum. L’épiploon np{)résenie rien de remarquable. Le fuie contient une a.ssez grande quantité de sang fluide mèlédegaz ; il offre la couleur et la consistance ordinaires ; on distingue, dansbeaucoup d’endroits la substance jaune qui entre dans sa composition. La véhicule biliaire,, d'un jaune orangé foucé , renferme de la bile de même couleur. Le p.incréas eal un peu [dus rougeâtre ([uo dans l éiat naturel. La rate, d’un vcil foncé. à rextérieur, lie de vin foncée à l’intérieur, est très emphysémateuse, se déchire assez facilement, et contient une assez grande quantité de liquide d’un violet foncé. Les reins so.nt à-peu -près dans l’état naturel; loulefois, leur couleur lire un peu plus sur le violet, et lor.-qu’oa les presse il en sort un hq ûde semblable à l’huile Les uretères sont d'un violet clair La vessie, non contraciée sur elle-même, est vide ét daiis l'état naturel Les vaisseaux veineux contiennent en génénd une assez grande quantité de sang, moitié. fluide, moitié coagulé; mais- les caillots sont peu consislans : on voit à. la surface de ce sangdes goultolettes d’huile. L’aorle abdominale et thoracique renferme aussi du sang, mais en quantité moindre ; leurs parois sont rougeâtres.

NÉCROPSIE 9®. .

Wolf, âgé de vingt-six ans* se jeta à l’eau le premier décembre 4 826 ; il. en fut retiré le 20 du même mois dans la matinée. Examen du corps ce même jour à midi. La face est légèrement gonflée, dreoiorée, excepté à la pariie moyenne du front depuis la racine du nez jusqu’à l’implantas ion des cheveux , où elle piésenle, dans une ésendue de 7 centimètres environ , une teinte u’un louge cchrueé; la partie inicrns de chaque paupière supérieure et la partie postérieure du bord, libre des lèvres offrent aussi une teinte analogue. Le menton et la lèvre supérieure sont lesseiiiei

parties dè là face recouvertes d’épiderme, et encore est-il très ramolli et comme retenu par la barbe. Les paupières sent fermées et sans gonflement. La bouche est enlr’ouverte , la langue est dans la bouche; elle 'est de couleur nalurt Me et peu gcnfîée; les gencives sont livides; la peau du Cou, dépouillée d’épidr-rme, est de couleur naturelle, à l’exception de qHe!<;ue3 légères marbrures rosées ; celle qui recouvre les deux grands pectoraux est livide, si ce n’est près du sternum, où elle offre une couleur rbiige cerise- La partie antérieure des bras, des épatiies, des cuisses, est d’uii blanc tirant légèrement sur le violacé; celle teinte est encore moins sensible dans la peau de la partie postérieure du corps. Les mains et les pieds sont en partie dénudés d’épiiU rme, qui est blaiicbâtre, gonflé et ramolli; i! va delà vase entre les ongles et le.s doigts; le pénis et ie.'Crotnm sont dans l’étal naturel ; la peau est encore consistante dans les endroits fù elle est â nu, car elle résiste assez lorsqu’on cherche à rarrach< r avec des pinces. Le cadavre est flasque Le 21 décembre, à onze heures f l , la pèaii correspondante au pectoral et an bras droit est presque entièrement âééolorée ; oti renéarque près de la clavicule gauche une f)!aque verdâtre ; la iice et les antres parties du corps soiit à-|)eu-près dans le même état, ié 23 décembre, la face est un peu [dus rouge ; on ii'obsarve aucun autre èhangêmenl notable.

Oahei ture du cadavre. Le cadavre exhale à peine une odeur fétide ; on voit une infiilralion séro-sanguinolente considérable au-dèssbus des tégùmensdù crâne, et notamment à la partie supérieure et latérale gauche. La dure-mère est imbibée de sang, surtout dans le trajet des vaisseaux, qui sont vides et. parfaitement dessinés en noir parla matière colorante du sang qui y est restée attachée. Les veines de la pie-mièie cérébrale sont légèrement injectées p<ar un sang très noir, un (uu poisseux, leurs parois sont affaissées. Le cerveau ne paraît [.las jmtréfié ; sa substance grise est pulpeuse; la substance médullaire est plus molle que dans l’état naturel, et d’un blanc tirant un peu sur le jaunâtre. Il n’y a point de sérosité dans les ventricules. On ne découvre point d’épanchement sanguin. L’arachnoïde et la pie-mère qui recouvrent la base du cervelet sont rouges, effet dë rimbibiiion sanguine. Les poumons sont crépitons, non livides, èt sans aucune trace d’écume ni de liquide écumeux; celui du côté droit est adhérent à la plèvre costale ; l’autre e-'t libre : aussi treuve-t-on dans le côté Quelle de la poitrine environ 230 grammes de sérosité sanguinolente, tàndis qu’il n’y en a pas à droite. Il n y a point d’écume dans la trachëedrtère ni dans les bronches; les dernières ramifications brcnchiqües contiennent un peu de liquide non spumeux, rougeâtre : la membrane muqueuse de la Irachée-arièie et des bronches est d’un rouge brun, couléur qui tient évideaiUicnt à une imb-biiioa sanguine postéiieiii e à la mort.' Le

(1) Depuis deux eu trois jours, là témpérature variait de 0° à 4* g- <1*.

coeur est mou;' sa cavité droite, ainsi que les gros troncs vasculaires, sont remplis d’un sang noir peu liquide. Le diaphragme est refoulé en haut. L’abdomen contient environ 300 grammes de sérosité rougeâtre. L’estomac et les intestins sont d’un rouge de vin à l’extérieur, ce qui est encore l’effet d’une imbibition cadavérique.. Les membranes muqueuse et musculeuse de ces organes sont de couleur blanchâtre L’estomac renferme environ 250 grammes de liquide. Le foie, de couleur et de consistance ordinaires, est assez gorgé de sang. La rate et les reins sont dans l’état naturel. La vessie contient environ trois cuillerées à bouche d’urine teinte en rouge, offrant la même couleur que la sérosité abdominale dont j’ai parlé.

NÉCROPSIE 10*.

N***, âgé de trente ans, d’une forte constitution, a été retiré de la Seine le 9 avril 4 827 au soir ; tout porte à croire qu’il était dans l’eau depuis trois semaines environ. On l’a examiné le lendemain à deux heures de l’après-midi. La face est tuméfiée, et d’un rouge d’ochre assez foncé dans presque toute son étendue ; la couleur du nez est encore plus foncée; la peau qui recouvre la mâchoire inférieure est décolorée, si ce n’est qu’on y voit çà et là des vergetures verdâtres. La bouche est entr’ouverle; la langue, de couleur naturelle, est serrée entre les dents ; les lèvres sont d’un vert peu foncé; les paupières, très rapprochées l’une de l’autre, paraissent être pressées en avant par le globe de l’œil ; les yeux sont pleins ; la peau du crâne est d’un rouge d’ochre. Les membres sont à-peu-près dans l’état naturel ; seulement ils présentent quelques lignes rougeâtres qui suivent le trajet des vaisseaux sous-cutanés. Le cou, gonflé, verdâtre, offre çà et là en avant des taches d’un violet assez foncé, non circonscrites. Au milieu de la face antérieure du thorax il y a une plaque d’un rouge ochracéqui s’étend depuis la fourchette du sternum jusqu’à 4 2 centimètres au dessous, large de 4 0 centimètres en haut et de 5 en bas, ce qui lui donne une forme d’un triangle tronqué ; à l’un des angles de ce triangle, la partie rouge est privée d’épiderme; sur d’autres parties du thorax, on remarque des taches verdâtres qui sont d’autant plus foncées et d’autant plus larges, qu’elles sont situées plus près du cou : toutes ces parties sont couvertes d’épiderme. L’abdomen, quoique tendu, est peu volumineux; il est à peine coloré, si ce n’est vers les parties latérales, où l’on aperçoit quelques taches vertes peu considérables. Le scrotum est tuméfié; la verge est dans un état d’érection molle. L’épiderme des pieds et des mains est adhérent; il avait été enlevé sur différentes parties du corps lorsque celui-ci avait été nettoyé par les garçons de la Morgue. Le 42 avril, à dix heures du matin, ie cadavre était bien plus tuméfié; la face, d’un volume considérable, est d’un vert brun foncé dans presque toute son étendue; il en est de même de la peau du crâne et du cou. L’œil droit est très saillant entre les paupières ; le gauche est toujours fermé. Le thorax est

d’un vert plus foncé que le vert-pré ; il y a des portions de peau desséchée au niveau des muscles pectoraux. L’abdomen présente une teinte moins uniformément verte que le thorax; les flancs sont d’une couleur plus foncée. Les membres thoraciques sont d’un vert clair dans les parties qui ne sont pas desséchées ; celles-ci sont d’un jaune plus ou moins foncé ; on observe aussi quelques lignes d’un bleu foncé qui suivent la direction des vaisseaux. Les membres inférieurs offrent çà et là des plaques vertes; il y a plus de parties jaunes desséchées qu’aux membres thoraciques ; o» remarque aussi à la partie supérieure des cuisses, et à la partie interne et inférieure du pied droit, des taches d’un rouge ochracé. La peau du creux des aisselles et de la portion du cou sur laquelle la tête appuyait, n’est pas colorée.

Le tissu cellulaire de la partie antérieure de la tête ne présente rien de remarquable ; celui de la partie postérieure est gorgé de sang fluide très noir et très fétide. Le périoste se détache avec facilité ; il est d’un rouge violet postérieurement, et dans cette partie il recouvre une certaine quantité de sang semblable au précédent. En ouvrant le crâne, il s’exhale une odeur infecte, due probablement à des gaz qui étaient situés entre la dure-mère et les os : en effet, on trouve cette membrane assez éloignée de la voûte crânienne. La dure-mère est d’un violet foncé; elle est soulevée en forme de vessie par des gaz qui se trouvent en assez grande quantité entre elle et le cerveau dans la région frontale. La surface externe du cerveau est d'un rouge brun, tandis que la couleur de la substance corticale est vert grisâtre et celle du tissu médullaire verdâtre ; la consistance de ce viscère est assez diminuée , puisqu’il coule comme une bouillie épaisse et très fétide lorsqu’on l’abandonne à lui-même après en avoir coupé quelques lambeaux. Le cervelet, d’un vert plus foncé que le cerveau, est encore plus mou.

Le tissu cellulaire des parties antérieure et latérale du thorax est infiltré de gaz ; il en est de même de celui qui sépare les muscles de cette région. Le diaphragme est refoulé en haut jusqu’à la cinquième vraie côte. On trouve dans la cavité des plèvres, plus à droite qu’à gauche, une certaine quantité, d’un liquide rouge foncé, fétide. Le médiastin ne présente pas l’aspect humide qui lui est propre. Les poumons, libres de toute adhérence, sont d’un rouge peu foncé à la partie postérieure, et verdâtres en avant ; leur surface externe, surtout à la base, offre une multitude de vésicules, véritables bulles formées par des gaz développés entre le tissu du poumon et la plèvre, qu’ils ont soulevée ; ils sont crépitans ; lorsqu’on les presse, il en sort à peine un liquide sanguinolent, mais il se d^age assez de gaz. Le larynx, la trachée-artère et les bronches, d’un rouge violet à l’intérieur, ne contiennent aucune trace d’écume : on n’y trouve qu’une petife quantité d’un liquide rouge semblable à celui qui existe dans la cavité des plèvres et du péritoine et dans l’estomac. Le péricarde ne contient ni gaz ni liquide. Le cœur, flasque, n’est point desséché ; ses

ventricules sont vides; le droit est d’un rouge brun dans presque tonte ^ ëpaiss'eur; le gaiiché est d’un rouge moins foncé, et la rougeur s'étend à peine à un demi-millimètre dans le tissu charnu. , .....

L'a cavité du péritoine est distendue par une grande quantité de gaz fétides, ce qui augmente le volume de i’abiionien ; elle contient aussi de 9 à <2 décàgrahimes d'un liquide rouge, sangiiinolent, d’une odeur insupportable. La surface exiei ne de rcsiomac est -d’un.brun violet à sa partie antérieure, et d’iïn rouge moins foncé en arrière; sa menihrane muqueuse, d’un rouge violacé, offre çà et là des plaques assez larges d'un vert noirâtre,' que l’on, n’enlève pas en frottant avec le scalpel ; on voit près du cardia un em{)bysème sous-iniu|ueux de peu d’élèndue: ce viscère ne contient guère que 9 à 12 décagrammes d’un liquide rouge foncé, sem-r b'able à celui qui existait dans la trachée-artère et daris la. cavité des plèvres. Los intestins sont dislemhis par des gaz; ils sont d’une couleur rosée à l’extérieur, excepté le colon gauche, qui est verdâtre ; leurs tuniques sont emphysémateuses; lorsqu’on les incise, il en;Ç.ort des ga? très fétides; leur méfubrane interne est d’un rouge violet, résultat prçr bable de l’imbibllion cadavérique. L’épiploon est légèrement verdêfr^ La rate est vôiurhinènse, distendiie par des gaz, d’un vert gri.s foncé, à. l’exlérieur ét noirâtre à l’intérieur, facile à déchirer par la pressien, og en fait sortir un liquide qui a la couleur du bis:re. lorsqu’il est .étepd.il eu couches minces. Le foie offre n né couleur verte p.j us foncée eneppe. que cêlle de lâ rate, surlcut à l inlérieur; il est assez consisia.ui : on nO-di^ tinguepiusla sti'bslance jaune. La vésicule biliaire est «ipphv'jsémateu.-^, èt renferriie de la bile assez fluide, de couleur de sàÇrqn rpugeâîre. La couleur desreihsest un peu plus fcncée que dans réïatpaturel;. les. diverses su^sÀ.nccs qui les conoposent sont assez, .distinctes ; Ils s.e déchirent assez facilemeiit. Les uretères sont violets! La vessie a’est pas çcuiractée si.r elle-même et ne renfc'rme point d’urihé;'sa membraiie intorneest incolore eîsoiiie\ée çà et'là par des gaz, ce qui lui.dcnne une apparence vésicufèusé; ' ses vaisseaux sont pmii; la plupart injeciés en rouge clair . Aucun des organes abdominaux n’esl desséche. L’aprle est vide. La veine cave inférieure cohli£'n.t.' un peu de sang fluide; les jprois de ses vaisseaux sont "d’un rouge foncé {Du 9 au 12 avril, la iempérature avait varié delià 2e"'-^G“ ih. centigr.)

KÉcr.OPSis 11% .

militaireijj.âgé vingf-stx an.s-, s’est jeté à l'eau le 1®*' mars LS2:T, et en a été.retiré le S9 du nvéme uicis- Au sortir de la Seine, le cadavre, quoique légèrem.eiiL tuméfié, était pâle ; mais ayant été eiposéà l^ MorgMe pendant I roi;» jours, il n’a pas tardé- à se cilorer et à se gonfler.. Le 2 avril, à trois heures, il offrait i’élat suivant (1-).

(1 j Pendant ces trois jours là température de l’atmosphère a varié de 7® à Ü1-. eeiitigi*.

— Tll —

face tuméfiée et d’un rouge lirun, beaucoup plus foncé et presque noir auprès des lèvres, au nez -et aux paupéres; celles-ci sort fermées du côté gauche, landis qu'à droite elles son; ccartées par la saillie que forme lo glube oculaire qui est repoussé au dehors. La langu'', fcrtemenf serrée ejàreles deu's, sort de la bouche d’environ 4 niilUin ; la pcrtion qui n’est pas-en coulact avec l’air conserve sa couleur naturelle, taudis que la partie qui fait saillie est brune La peau des jiariies anténeuje et latérale du CDU et de la poitrine est d’un vert foncé.; celle de l’ablomen et des membres est d’un vert plus clair ; mais il est à remarquer que les parties postérieures du corps qui reposent sur la pierre, les portions ialernes des cuisses qui sont appliquées l’une contre l’autre , et la parue interne des bras qui louche le tronc, sont presque incolores, ce qui Ueni évidemment à ce que l'air n’a pas agi immédiatement sur ces parties. Le scrotum est tuméfié, emphysémateux et incolore, fresque toute la surface du corps est dépouillée d’épiderme, non pas qu’il en fût ainsi quand le cadavre a été retiré de l'eau, car alors l’épiderme couvrait une grande porlie de la peau; mais il était tellement ramolli cl soulevé, qu’il a été lacüemtnt détaché par les lotions qui ont été faites pour nettoyer le corps. Pat tout où l’épiderme manque, les veines sous-cuîcnées soulq^arfidleinent dessinées par la.trM^udatipn.diU .sang au travers de leurs parois. La consistance de la î^au est à;peu de ,chose près la menig. que clans l’état naturel. f.e tissu cgyulairesoiis-c.utané.est généralem,eni emphyîÿina'eux.

.Le tissu, cellulaire des tégu.mens.du çrâne est infiltré de sérosité sanguinpjçiite.Le périoste se détache- avec la plus grande facilité, et sa facé inférieure est égalemenlsoulevée et colorée par de la sérosité rouge. La durémère du côté gauche est d’un rouge brun dans t<atte son étemiue, land,;s que de l’autre côté on n’observe (p.i’ime.injection très prononcée de l’artère méningée moyenne. Le sinos longitudi! al supérieur et les veines qui s’y jrenikHit s.ont (li.'teivLus paT (les. gaz. On voit au-dessmis de la pie-ntère cérébrale du côté gauche une infiltration considé able de sang noir sa-1 lyV.ux., Le cerveau, est verdâtre,, très raipoUi, et {uêi à se décliirer iorsr qii’oTç ik; le sGutlenl pas; les deux substances tjui lecnnstitueîil sonttrè^ distinides ; la biancùie offre plus fiarliculièrement l’aspect verdâtre doai j'ai parle. Le cervelet est encore plus mou que le cerveau, dont il partage la. couleur.

Les ntus.-‘lç.s des paroi.» thoraciquo.s ^ont mous et se déclnrejd facile- Bîcn!.; il cxisjp des gaz ejd re les poumons et scs parois. Les cavités des plèvres rcn ferment. charuiieenxûon de 18 à âidécàgr. d’un liquide rougeâtre, sangiiinoicnl et. fétide. Les [\ouinons sont d’un i-ouge brun , peu crépitans et .emphysémateux, au point que la plèvre qui les recouvre est Soidêvée ç > et là par des gaz, et forme d(‘s vésicules de la grosseur de pér tiles rtoiseUes; ils contiennent peu de sang ; toutefois, lorsqu '.on lespn sse, on fait refluer un liquide rougeâtre, écunieux, et il sort d'une des bro»eb.es gros comme une petite lentille d’une matière bianebe, jaunâtre, &'é-

crasant facilement, et ressemblant à une portion de haricot cuit. La face ÎTiterne du larynx , de la trachée-artère et du commencement des bronches, est violette, parfaitement lisse, sans la moindre trace d’écume. On voit à la partie supérieure du larynx quelques parcelles de cette matière molle d’un blanc jaunâtre , que j’ai déjà signalée en petite quantité dans une des bronches. Le cœur est très volumineux et flasque ; il ne renferme point de sang ; il est d’un violet foncé à l’intérieur : cette couleur teint tes parois charnues de l’organe dans l’épaisseur dè2 millim. environ. L’aorte contient un peu de sang fluide; il y en a encore moins dans la veine cave : la membrane interne de tous les vaisseaux sanguins est d’un rouge violet.

L’abdomen est distendu par des gaz. Le diaphragme est refoulé vers la poitrine, surtout à droite, où l’on remarque entre lui et le foie une’quantité notable de gaz. La rate est volumineuse, molle, remplie d’une sanie brunâtre liquide. Les reins, de couleur ordinaire , ont perdu un peu de leur consistance. Le foie est à-peu-près dans l’état naturel , si ce n’est qu’il est verdâtre à sa surface. La vésicule du fiel est blanchâtre, emphysémateuse, et renferme de la bile rougeâtre. L’estomac, très ample, est distendu par des gaz: il contient environ 36 décagr. d’une' bouillie claire, au milieu de laquelle nagent des débris de haricots semblables à ceux que contenaient le larynx et une des bronches ; sa membrane interne est injectée en violet. Le canal intestinal est rougeâtre à l’extérieur et un peu injecté ; il contient aussi des matières molles grisâtres. La vessie n’est pas affaissée sur elle-même ; elle ne renferme guère qu’une cuillerée à café d’urine d’un jaune citrîn : sa membrane muqueuse est dans l’état naturel.

NÉCBOPSIE 42®.

N...., âgé de cinquante ans, a été retiré de l’eau le 8 avril à huit heures du matin, trente-deux jours après s’être jeté à la rivière. On l’a examiné le lendemain à trois heures de l’après-midi (la température de l’atmosphère avait été de 44 à 48° -|- 0° th. centigr. pendant ces deux jours). La surface du corps était presque entièrement dépouillée d’épiderme; là où il en restait encore , on pouvait le détacher très facilement avec la pointe d’un scapel ou avec l’ongle. Il y avait de la vase dans l’interstice des ongles des mains. La face était tuméfiée , diversement colorée par plaques vertes , rouges , brunes ; la peau du crâne était d’un rouge brun ; les veines sous-cutanées de la tête étaient distendues par des gaz et par une sanie fétide. Les paupières de l’œil droit étaient enlr’ouverteS^ ; celles de l’autre œil étaient rapprochées. La langue ne dépassait pas les dents et n’étâit pas serrée par elles. La peau du thorax et de la partie supérieure de l’abdomen était d’un vert jaunâtre ; celle du bras gauche offrait çà et là des plaques d’un vert foncé et des lignes d’un brun foncé qui suivaient le trajet des veines so'.;s-cutanées. Les membres inférieurs étaient moins

colorés. Le scrotum était dans l’état naturel. Il est à remarquer que la portion de la peau du cou sur laquelle appuyait le menton, et qui n’avait pas eu le contact de l’air, n’était pas colorée; il en était de même de la peau du creux de l’aisselle. Le derme n’oiïrait aucune trace de corrosion. Le tronc, mais surtout la poitrine et le cou, étaient le siège d’un emphysème considérable.

Les muscles temporo-maxillaires étaient ramollis et comme imbibés d’une sanie rougeâtre mêlée de gaz ; le tissu cellulaire de la région mastoïdienne droite était également infiltré d’un liquide sanguinolent, ce qui lui donnait au premier abord un aspect gélatineux. La dure-mère de la région frontale était séparée de la portion correspondante du cerveau par une quantité considérable de gaz, en sorte qu’il semblait y avoir là une vessie gonflée d’air, et divisée en deux parties par la faux du cerveau. Lorsqu’on incisait la méninge dans cet endroit, il en sortait une grande quantité de gaz d’une fétidité insupportable: du reste, cette membrane offrait une couleur rougeâtre. Le cerveau présentait la même nuance à l’extérieur, effet de l’imbibition cadavérique ; il était vert à l’intérieur, où l’on remarquait plusieurs petites cavités remplies de gaz; il était ramolli; cependant les deux substances médullaire et corticale étaient bien distinctes. Le cervelet était beaucoup plus mou et de la même couleur ; toutes les parties de l’encéphale situées à la base du crâne étaient diffluentes.

Le diaphragme était refoulé en haut. Le cœur est flasque , d’un violet foncé à l’intérieur; cette couleur teint les parois charnues de l’organe dans l’épaisseur d’unmillim. environ, surtout dans les cavités droites; le ventricule pulmonaire renferme une petite quantité de sang noir liquide. On voit çà et là dans le larynx et dans la trachée-artère des corpuscules blanchâtres , ressemblant au premier abord à des grains de sable, mais qu’on écrase facilement, comme si c’étaient des haricots cuits ou du fromage ramolli. On n’aperçoit aucune trace d'écume ni de liquide. La membrane interne qui tapisse ces organes ainsi que celle des bronches , est d’un rouge violet uniforme. Les poumons sont très adhérens ; aussi ne trouve-t-on pas de liquide épanché à leur surface ; ils offrent une couleur brun verdâtre foncé, et sont gorgés d’un liquide sanguinolent ; lorsqu’on les presse, il en sort une assez grande quantité de sang liquide, d’un brun foncé mêlé de gaz. On ne remarque aucune vésicule gazeuse entre la plèvre et le poumon. L’aorte, l’artère pulmonaire, les veines caves et pulmonaires, sont d’un rouge violet : on y trouve à peine du sang fluide noir, mais il est mêlé de beaucoup de gaz.

La cavité du péritoine est considérablement distendue par des.gaz. La face externe de l’estomac est d’un rouge cerise; les veines coronaires sont également distendues par des gaz ; la membrane séreuse des intestins offre une couleur légèrement rosée ; le colon est notablement distendu par des gaz. L’estomac renferme environ 4 8 décagrammes d’un chyme liquide.

dans Ijer^nel OR voit nager des flocons blanchâtres analogues à ceux q\it Q3ntetiajent lo larynx et la frachéej sa rnembrane muqueuse est légèrement violacée, tandis que la tunique interne dos intestins est dans Tétât naturel. Le foie est d’un congé bnin uniforme ; on ne peut plus distinguer ia substance jaune de la brune • sa consistance est ordinaire. La rate est verte à l’extérieur et brune à Tintéricur ; elle ne se déchire pas plus faciler ment que dans les cas où ia mort o.-t réçenl.e. Les reins sont d’un violet foncé; du reste, leur consistance , est ordinaire, et on y distingue Lien encore les diverses substances qui les fornvent. La vessie est disiendue, -et renferme environ 12 déçagrammesd’urme ciLrine; sa meaforane muqueuM est de couleur oatureUe-

NÉcnopsîE 13e. , r

-de soixante ^ns, s’estjefo | l'eau le 1" janvier 1 327, et en a étq retiré ie 8 avril, ifaéfo examiné sjx heures après, lors, (le son arrivée à Ja ^Iprgue, La était entièrement cîéppuillée d'épidenrie ; .elle pffr©iiLype|einte (i’un blanc rosé au tronç, aux bras.et aux cuisses , et était par^einée çàet là d^i plaques larges cpmme la main,, d’un roi|ge assez vif; les jainbes élaieot çolorées en blei^ . d’indifp dans toute leiu’ étendue, la face, légèremen t tuniéfiÔQ). é! lût d un bla nc gr bâ: re, ru gueuse^ consis^ tante, ayant l’aspect du gras de cadavre, surtout au bord libre des lèvres et au menlpn. On ne saui'ait mieux comparer la couleur grise de la .peau de là face et.du crâ^ne, qu’à ceihi de la .façp. des cada-\Tcis..g(û sont restés pendant quelque temps, dans une dissnliiti(j!i de subïiîné.ccrrpsif.. Les yeux éla.ipat saili.ans,ies;paupières tçès. écartées et fonune reçroqueviT.ées. Scrqtiwn (distendu per des gaz. 1.1 n’y a frlas d’ongles. On rc.nvr.rqîife, à 1% 4ï%ride jsOgîéEjeure ^fesses . et des^ cuisses, un , assez grand .npinhr.e dç Êg/rpsipn#, de 8 à,l6 miUiq]. do longueur, de 4 à tS milüm. .de largedans plusieurs d,e c,es poi iqàipns, seniblabk^s du reste à celles qui pnl dé^ été décrites en paplantple la pu'réldctiQn.,dariS Jleêu s:tagn|iul.e|to|/. p 7ü|i)j Je dprme est entièrement dftruit. rtancljs (}ue dans d’autres la desfruciion est moins avancée • la parl je anléi ieure d(^s cnisscs est é,.;alementle siéàÇ de semblables corrosions; mais elles sont pUjs petites, circiilaire.s et moins noinbreus('S- Lprsiju’.tin cherche à arradier la peau avec des pinçç-s .fiiios fouleauîre j^rlie que là cù elle est con pdée, un s’apeicoit (ju’elle ne sP déchire pas .fi;0,iienient..... Le 9 avril, la face est dans le même éUit,,si ee n’est qu’elleest un peu |))us tuniéfiée ; la couleur bleue des jambes a f resque entièrement disparu, et est remplacée par une puancp d’i.n vtTt sale qui existe diqà «l’une iinmière inégolière sur toute la surface du corps, excepté O la face, et qui alterne avec des plaques rouges Le cadavre exhale une odeur bien plus fétide que la vrille Le 10 avril, la couleur verte est beaucoup plus foncée ; toute la sut face du corps est luisantu et couverte d’une màtièf.e huileuse. Le ventre est ballontié. Une sanie rou-

geâtre sort de la bouche. La face, quoique luméSée, consen'e à-peu-près i’aspect qu’elle avait le premier Xour, si ce n’est qu’elle a légèrement bruni. Il est diïSciie d’imaginçr une pdeur plus insupportable que celle qu’esinde le corps ( } ).

Ouverture du cadavre Le périoste est déjà entièrement décollé ; il existe entre lui et la ijeau un liquide sanguinolent qui infiltre le tissu eellulaire et lui donne raspecl d'une gelée rouge. Il n’y a point de sang entre la duremère et le crâuè. La niouinge, d’une coiuleur violette claire dans toute sqa étendue, est notaLdement soulevée par des gaz à la région fronlale;ceuïci se dégagent en répandant une odeur excessivement fétide lorsqu’on incise là nieinbranp. La sur ace du cerveau offre yne teipte rougeâtre, surtout en avant, là où les gaz étaient accunuilés ; la couleur, beaucoup mpin^ foncée en arrière, laisse apercevoir la teinte grise verdâtré de la substance cérébrale. Quoiqu’il en soit, la surface dç rencéphaie p’fst pas desséchéer comme cela a lieu pour d’aytres organes. En coupant le cerveau, on le troiiye Irès ramolji, mais on peut dislingHor les deux subslauces : la mér dullaire est d’un gris verdâtre, la. cçriicale est un peu plus, foncée. Le ra?. moliissement des parties inférieures de. eet orgfiue eiiçore plu^, c,onsît! déra^fe. Le cervelet est difïluent, pultacé et sou^ foEuxe d’qùd -saoie d’ua pis roiigeàltx', .. g ^ ^ ^ ^ ^ ^ ' l ' ' ' , î-

" [La poil rino,. le cou et l’abdotueu sont ’ie siège d’un emphysème; considé-? rahje. Les. deux çavilés des, plèvres renferment ilPe quantltémoblblst d© P? très fétides et quelques çuü’erées d’uo liquidie brygiâlre sanguiuolejjtg (^'ui est un peu pbisabünUuntàigi;Uçbe- Les- poumonsg nuliemeuL àtlhéçpiSyr sont peu dilatés et comme revenus sur eu.K-tiuèJoes, d’yn vert fo0e^^il?t surface, bruns entre les lobes, créi itans ; leur tissu ressemble à celui d'une rate ramollie; lorsqu’un les comja‘uue., jlà fournissent des gaz et'iin liquide d’un rouge brun fétide. Le larynx, la tracliée-arlère et le» bronches ci nti^nnent une assez grande qui nlilé de çorpu.scu!es cl’up blanc grisâtre, faciles à écraser, et semblables à de Li pulpe do uariGOls. cuits. Qn rdy aÿee^ çoff aucune trace d’écume ni de liqmde, La m..embrane interne qui les ta:» pisse, est d'un rouge violet uniforme. La portion dumédia^in qui qori;espon||, au péricarde, le bord ajiiérieur deaq oumons et une partie rie la face suf^ lieure du di.qjhragme, n'offrent pas l'aspect liumirle. qu’ils présentent dhiairemcnt ; ils paraissent çgxnirie, desséshés- On, remarque ua état df de.<siccali.on seinbiiible à la.srirfitte in.terne du péricaide .et à la surface ev terne du coeur, qui semblent çoliées : du reste, cg dernier orgaim esj^ mou, facile à déchirer, d’un brun très foncé, à l’intéi ieur du. yentriçulg^ crcît, un peu moins çoloré dans fe. yentricule gaïu he. On remarque u,§.e lÿtite quaiiLUé do ^pg. noir çoliée aux parois i ut eriies de çes. yeutricules. Le diaphragme est refoulé en. hauU surtout à; droite.,, où fl est séparé, du fgie par des gaz fétides.

' (I) Du 8 au 10 avril, la température a varié dç Ità 18° +.0° tb. centigrade. -

Les parois abdominales sont très épaisses, et contiennent beaucoup de graisse, dont les globules sont séparés par des gaz. La face interne du péritoine est desséchée et collée au grand épiploon ; il existe aussi beaucoup de gaz dans la cavité péritonéale. L’estomac est d’un rouge violet à l'extérieur; ses parois sont emphysémateuses. La surface externe des intestins grêles est d’un rouge brun, tandis que cette couleur est moins foncée à l’extérieur des gros intestins- L’épiploon est desséché dans plusieurs points, qui offrent une couleur brune. On trouve dans l’intérieur de l’estomac trois ou quatre cuillerées seulement d’une matière pultacée grisâtre, dans laquelle nagent des flocons semblables à ceux que l’on a retirés du larynx, de la trachée-artère et des bronches ; sa membrane muqueuse .est moins rouge que la séreuse, tandis que la tunique interne des intestins offre à-peu-près la même couleur que l’externe. Le foie est d’un rouge brun uniforme ; on ne peut plus distinguer la substance jaune de la brune ; il se déchire facilement; sa face supérieure est desséchée dans une as.sez grande étendue. La rate, couleur de lie de vin, est aussi très desséchéeaussitôt qu’on cherche à la séparer, elle se déchire et se réduit en une sanie rougeâtre. Les reins sont d’un violet foncé, très mous ; on a de la peine à distinguer les diverses substances qui les composent. La vessie, non contractée sui* elle-même, ne renferme qu’environ une demi-cuillerée à café d’urine rougeâtre; sa membrane interne, légèrement rosée, est soulevée sur plusieurs points par des gaz, ce qui constitue des vésicules de la grosseur d’une noisettè. L’aorte contient à peine un atome d’un liquide rougeâtre peu foncé. La veine cave inférieure est vide ; les parois de ces vaisseaux sont d’un brun foncé.

NÉCROPSIE 44®.

L„., noyé le 4 5 décembre 4826, fut retiré de la Seine le 20 avril 4827, dans la matinée, et examiné le même jour à deux heures. La peau du crâne ét le périoste étaient détachés de manière à laisser voir à nu tout le coronal et la moitié des muscles temporaux qui étaient d’un blanc grisâtre; cette peau était assez résistante ; la face interne qui recouvre le périoste était d’un rouge violacé. Les parties osseuses, dépouillées, étaient d’un rouge lie de vin peu foncé, excepté aux bosses frontales, dont la couleur était à-peu-près naturelle. On remarquait sur les portions de peau non détachée des plaques d’un rouge ochracé, et un assez grand nombre de corrosions. Les paupières existaient encore; elles étaient écartées et comme mâchées. Les yeux étaient vides ; presque toutes les parties molles du nez étaient détruites; il en était de même de la lèvre supérieure, de sorte que l’on voyait tout le bord alvéolaire supérieur. La lèvre inférieure, renversée en dehors, était amincie, comme desséchée et mâchée. La peau du menton présentait plusieurs lambeaux; celle dès joues était détruite dans l’étendue de 27 millim. environ, à partir de la commissure des lèvres. L’oreille

gauche était en lambeaux ; on ne voyait qu’une partie du cartilage de l’oreille droite ; en général, la peau de la face était le siège de corrosions nombreuses, et offrait çà et là une nuance grise, noire et rougeâtre. Le thorax et l’abdomen étaient très distendus par des gaz ; leur couleur était d’un vert foncé, excepté çà et là, où l’on remarquait des taches d'un rouge brun ou d’un jaune verdâtre. Les membres thoraciques avaient une couleur moins foncée; on y voyait quelques lignes vasculaires bleuâtres. La main droite, presque blanche, était le siège de corrosions, surtout aux environs du poignet. La main gauche, grisâtre dans certaines parties, d’un rouge brun peu foncé dans d’autres, offrait à sa face dorsale une corrosion large et profonde, qui mettait à nu les tendons des extenseurs. La couleur des cuisses était jaune verdâtre ; leurs parties supérieures toutefois étaient d’un vert plus intense. On remarquait sur la cuisse droite un grand nombre de corrosions en général fort larges. Les faces antérieure et externe des genoux étaient aussi le siège de corrosions profondes; la moitié externe de la rotule gauche était mise à nu. Les jambes étaient d’un jaune verdâtre en dehors, et d’un vert peu foncé en dedans ; la gauche présentait supérieurement une marque circulaire de 6 millim. de large, d’un rouge d’ochre, où l’on voyait plusieurs corrosions ; la droite offrait une corrosion delà grandeur d’un écu de trois livres, qui laissait voir le tibia à nu ; plus en dedans et au même niveau, il y en avait une autre moins large, mais qui occupait toute l’épaisseur de la peau. Les pieds avaient la couleur ochracée dont j’ai déjà parlé; le gauche était entièrement dépouillé d’épiderme, et la peau était comme desséchée : le droit conservait encore des ongles et une grande partie de son épiderme ; ils n’étaient le siège d’aucune corrosion.

Le lendemain à deux heures, la face et le tronc étaient dans le même état ; la couleur verte des cuisses, ainsi que les diverses taches rouges, étaient plus foncées (1).

Ouverture du cac/aure. A l’ouverture de la tête, il s’échappa une grande quantité de gaz fétides, qui étaient logés entre la dure-mère entièrement décollée, et la face interne des os qui forment la voûte du crâne. La méninge représente une espèce de poche d’un vert foncé à sa partie antérieure, violette en arrière, retenant la substance cérébrale à demi liquéfiée, dont elle reçoit un mouvement de fluctuation quand on agite la tête du cadavre. Le cerveau, malgré sa diffluence, laisse encore apercevoir une différence dans la coloration de ses deux substances : la corticale est d’une couleur rouge violette à l’extérieur et ardoisée à l’intérieur; la médullaire est grisâtre. L’une et l’autre exhalent une odeur insupportable.

Toutes les parties molles de la région antérieure du thorax sont imbibées d’un liquide rougeâtre mélangé avec des gaz d’une fétidité repoussante. Les muscles de cette région sont encore rouges, mais très ramollis.

(t) La température avait varié pendant ces deux jours de 10 à 18® + 0“ tli. cent.

(Î1 en est de mêmè de ceux des autres parties du corps ). Des gaz se dt^ga. gent au moment où l’on ouvré lé thorax et le péricarde; toutes lesp-arties i^i étaient èh contact avec ces gak paraissent avoir perdu leur humidiié. Lè cœur est mou, flasque, d’une couleur violet té; ses parois offrent la iiîè.iie teitilè violette dans toute leur épaîsséur; ses cavités sent vides, ainsi que celles dèè gros vaisseaux de la poitrine, dans lesquelles la couleur vio éttë est très miarqiMe.

Il n’y a pas de liquide dans les plèôres. Les poumons sont emphysémalèùx ; On voit à leursut face de grosses bulles de gaz retenues par la plèvre. Gés organes sont reloulès en haut Ou en arrière ; ils ne sont pas gorgés de séfig ; leur cbùletir ést brune. La irâchée-àricré est d’une mollesse exlréine, cë qui vieht, de cë que les cerceaux Cartilagineux ont ealièrement perdu îéur élaSli. ilé. L’inléneür de ce conduit et célui du larynx offrent une couîëtir brune tiès foncée ; ces parlies Ùi irmférménl pas à’ écume} deux petits graviers noirâtres offl été V lis' dans la trach'éè.

L’incision des parois dë Vâbdoihen doiine lieu à là sortie des gaz qui ofëiipaiént la cavité du péritoine. Celui-ci parait, dans les points où il était en contact avec, ces gaz, un peu moins humide que dans ceux où les organes sont contigus les uns avec les aulrës. Les épiploons sont noirâtres. La portion de [ éritôitie qui revêt la face supérieure de restomac est soulevée par de.-; gaz, au point de piréseuter une buile de la grosseur d’un œuf. Les Vëînescüi o'naîres sont aussi disleiidues par des gaz La cavité de l’eslcm-.C ïie contient^u’uhe peiiié quantité' de liquide do cüiiieur lié de vin, épais et très fétide ; la roembrane niUipieuse est géiirralemenl nuire ; sa portion ëpfëriiquè séuié Offre une couleur rouge violette; raclée avec un scalpel, elle conserve sa couleur. Les inles:ins gros et grêles sont distendus par des gaz ; les prébiiCrs sont verdâtres à l'intérieur; les seconds sont d’un rouge CiOlacé peu fônc.>, surtout dans les parlies qui n’étaient pas en contact avec les gaz du piéritoine. La face supérieure du foie est desséchée et préëente une plaqué hlanchâtfe semblable à de la moisissure ; ses deux faces s‘ônt recouvertes dè granulations blanchâtres, opaques; on voit aussi de semblables granulations à la face interne des veines du foie. Le tissu de cet organe est mou, flasque et .se déchire comme celui de la rate; il est d’aune cou lëur olive salé, triOins foncée à l’extérieur qu’à l’intérieur; on n’ÿ distingue plus t’unè de l’autre les deux-substances qui le fonuent. La rate, verte â l’eiiélièur, de couleur lie de vin à rinlérieur, est réduite en Lôniilie.

Les reins sont bruns tànt à l’extérieur qu’à l’intérieur,- où les deux substances ue sont pliis distinctes l’une de l’autre. La vessie est. entièrement vide - sa face interne est violetlè dans quelques poinLs, rosée dans d’autres ; la inènibrahe inuqùeusè est soulevée par des gaz.

La veine cavè inférieure est vide et péu chlorée; il eu est de même de la portion abdominale de l’aorte.

SÊéROPSlK

fêrrfmë â^éè d’&ûTiron frerite ans, retirée de Teau lé avril, à' huil liéures, est exariiiiié'e le mênie jour à deux heures ; elle s’élaiC jetéedans la Seine c/ng inoig huit jours auparavant. Le cràivë est dépoüiilé dans les. deux tiers aiilérieurs el latéraux ; la i>ean n’est plus adhérente daïis le tii rS phstérieur ; cette peau est dure, d’un bland jaunâtre, semblable au gras de cadavre; on y remarque qtn l.jues plaques rdugcâlieS r>a peau’ delà face pi évente la riicine couleiir et <ies p'aqnés seri)Wabies, mais d'im ronge plus clair. Les yeux sont iVirgeuicnt ouxh^rts; les paupières sém- Blent ne pKis existér; nuvis en examinant avec attention, dm voit que leur largeur seule a diminué' : roeibgiHH-lu»- est enticroment; vide: le droit est plein et peu saillant. Li s parties molles du nez sont détruites; la lèvre supéri< lire-rest égalenuml; de sorte que ton voit à découvert toute la partie antérieure du bord alvéolaire supérieur, et les ouverturesnntéricuri s des fesses na.sales tp'ii . sont séparées par leur ck.ison osseuse et par le, cartilage qui- est prés, jue desséché. La. peau delà mâchoire inférieure est en partie détruite;, ccllequi res e, et qui estsunhante pour que l’on reconnaisse- la fonne du- menton, est. réiiarée de l’o.-, et piésenJedans toute son épaisseur r.aspcct du gras de cadavre^. Le bord libre de la lèvre, inférieure est déhniti fees.oreil!essontd’un blonc niât, minces, et comme mâchLes.

Lecqu et la partie supérieure et moyenne dii thorax jusqu’aux maraelfes-î, d’un rouge ocliracé,toiit le siège de corrosions nombreuses, dotd le foad ala môme couleur. La partie supérieure cie.s imimeiles est d’un vert bleuâtre; ceiles-ci sont distendues par des gaz. Le reste dtr tronc en avant est d’une fOUhur blanchâtre, et présente çà et là dés plaques verdâtres dé pets (fétendüé; le ventre, ballonné, offre à sa parté inférieure' des'érâillur® sehiblablés a celles qui existentà l’abdomen des femmes qui ont eu desenfans'. Entre ro.mbiüc evlè pubis, on observe un grand nombre de coirr'rd6n's\ dont quelques-unes sont très larges et laissent voir la-graissesdüs^tanéèânii. La moitié supérieure du dos est d’un blanc rosé ;- au-déssous de cettet portion, la peau est blanche dans l’étendue de 1 6 centimètres environ. ï.es- Ibinbes et les fesses sont aussi le siège de corrosions nombreuses, qui oecupént presque toute l’épaisseur de la peau, et dont le fond présente une-mh' tière roiissâtre et fluideV

tes mènibres thoraciques sont d’ün blanc verdâtre süpérieurement; la partie antérieure ries avaut-brasjuSques auprès du poignet offre ù ne cotllétir bleue indigo clair; l<ï peau du poignét estdélniite, etl’oil'voit les tendons â nu ; on iroüve encore des corrosions nombreuses' sur le'dos et dans“ lapaume de la main. Les cuissès, d’un blanc sale, présentent aussi beaucoup de corro-sions; il en est de même de la jambe gauche qui est d’un 6'ieü dgndigp; la jambe droite est en partie dépouillée-; le tibia est dénudé dans, presque toute sonétendue; il èri eât dèmèine dè' la face supérieure dü pieffl^

jusque près des orteils, en sorte que l’on voit les tendons des extenseurs a nu. Les portions de peau qui restent sur ce membre sont également colorées en bleu, et cette couleur ne cesse des deux côtés qu’à 42 millimètres de la première phalange des orteils. Les muscles des cuisses sont un peu moins rouges que dans l’état naturel, mais ils se déchirent facilement; ceux des jambes sont verts à la surface et d’un rouge vermeil à l’intérieur, excepté dans les endroits où les corrosions sont très fortes, car là leurs parties profondes sont d’un rouge pâle ; on les déchire avec facilité. Les parties génitales externes sont comme mâchées.

Il n’y a d’épiderme nulle part; la peau du tronc et des membres thoraciques est assez résistante ; celle de la face, du crâne et du cou, s’enlève par morceaux lorsqu’on la tire avec des pinces ; on trouve à la surface de la peau une matière jaune liquide semblable à l’huile d’olives.

Crâne. Le périoste se détache avec la plus grande facilité. La duremère, d’un violet très clair, est séparée antérieurement du cerveau par des gaz, qui forment une vessie de la grosseur d’un œuf de poule, et qui se dégagent en exhalant une odeur fétide lorsqu’on incise la méninge. L’arachnoïde, la pie-mère et la surface du cerveau offrent une couleur lie de vin claire. L’intérieur de l’encéphale est d’un gris verdâtre; on peut encore distinguer les deux substances ; la corticale est d’une couleur beaucoup plus foncée que la médullaire ; la consistance du cerveau est singulièrement diminuée ; il coule lorsqu’on l’abandonne à lui-même ; sa fétidité surpasse tout ce que l’on peut imaginer. Le cervelet est encore plus ramolli que le cerveau.

Thorax. Le tissu cellulaire sous-cutané et intermusculaire est emphysémateux; l’odeur qui se dégage lorsqu’on incise les parois de la poitrine est des plus insupportables. Les muscles pectoraux, dentelés, stërno-cléidomastoïdiens, sterno-hyoïdiens, etc., sont d’un beau rouge et assez consistans. La cavité des plèvres renferme une grande quantité de gaz fétides, qui s’échappent avec bruit (sorte de souffle) lorsqu’on ouvre la poitrine; on ■y trouve aussi, de chaque côté, environ 15 décagr. d’un liquide rouge foncé, d’une odeur infecte; la plèvre pulmonaire est soulevée çà et là par des gaz; en sorte qu’il y a plusieurs vésicules à la surface des poumons; ces organes adhèrent par places à la plèvre costale ; ils offrent une couleur rouge brun comme dans l’état naturel ; ils sont peu volumineux, crépitans et se déchirent facilement ; pressés fortement entre les mains, après avoir été coupés en morceaux, il n’en sort que des gaz et une petite quantité d’un liquide rougeâtre. Le larynx, la trachée-artère et les bronches sont vides; on n'aperçoit aucune trace d’ écume ni de liquide ; leur membrane muqueuse, d’un violet foncé dans toute son étendue, est cependant marbrée de taches d’un vert sale au larynx et à la partie supérieure de la trachée. Le péricarde n’offre dans sa cavité ni gaz ni liquides. Le cœur est flasque ; le ventricule gauche, vide, est presque de couleur naturelle; le

droit contient un peu de sang fluide, d’un brun foncé; sa face interne présente la même couleur, qui ne s’étend qu’à 2 millim. environ dans l’épaisseur des parois de.ce ventricule. Aucun des organes contenus dans le thorax ne paraît avoir été desséché. Le diaphragme est refoulé en haut.

La cavité de l’abdomen renferme des gaz excessivement fétides ; plusieurs portions de la face interne du péritoine sont desséchées; d’autres sont soulevées par des gaz, ce qui leur donne une apparence vésiculeuse. Les muscles sterno-pubiens (droits) sont d’un vert foncé, et se déchirent avec la plus grande facilité. L’estomac, distendu par des gaz, est d’un rouge violet assez foncé à l’extérieur et en avant ; la partie postérieure offre la même fmance vers le grand cul-de-sac, tandis qu’elle est de couleur naturelle à la région pylorique ; on reniarque dans cet endroit plusieurs bulles gazeuses entre les tuniques péritonéale et muqueuse. On n’aperçoit aucune trace de dessiccation. La membrane muqueuse de ce viscère est comrfie granulée, jaune d’ochre dans plusieurs points, d’un rouge violet vers le cardia, et recouverte d’un enduit olivâtre assez épais. On ne trouve à l’intérieur de ce viscère que des gaz très fétides. Les intestins sont également distendus par des gaz d’une odeur insupportable; le duodénum, le jéjunum et l’iléum sont d’un rouge clair à l’extérieur dans une certaine étendue, et de couleur naturelle sur d’autres points ; les gros intestins sont verdâtres : on voit çà et là dans la longueur du canal intestinal des plaques œdémateuses ; la membrane muqueuse est rouge dans les parties qui correspondent aux portions extérieures colorées, et pâle sur les autres points. L’épiploon gastro-colique, d’un jaune verdâtre, est moins humide que dans l’état naturel ; il se déchire assez facilement. Le pancréas est violet, peu consistant, et ne présente plus de granulations distinctes. Le foie, couleur de chocolat à l’eau, est le siège d’une altération remarquable : on voit à sa face supérieure, çà et là et sous forme, de bandes, une matière granulée, comme desséchée, d’un blanc assez -éclatant ou d’un blanc jaunâtre, ayant l’aspect du gras de cadavre : cette matière existe aussi, mais moins abondamment, dans le tissu de î’organe : du reste, la consistance de ce viscère est très molle; on ie déchire avec beaucoup de facilité, et il n’est plus permis de reconnaître la substance jaune ; la membrane péritonéale qui le recouvre est soulevée par des gaz et forme des ampoules très volumineuses, surtout en haut. La vésicule du fiel, d’un blanc sale à l’extérieur, est vide et très emphysémateuse ; sa surface interne est recouverte d’un enduit épais d’un vert d’oseille cuite. La rate, de couleur vert foncé à l’extérieur, est lie devin à l’intérieur; elle contient beaucoup de gaz, et se déchire très facilement : lorsqu’on la comprime, on la transforme en une sanie épaisse et livide. Les reins sont d’un violet foncé ; ils se déchirent facilement, et ce n’est qu’avec peine que l’on peut distinguer les diverses substances qui entrent dans leur composition. Les urttères sont d’un brun viulet. La vessie n’est pas contractée, elle est vide ; sa membrane interne, d'une couleur violette, est soulevée dans plusieurs points par .^es gaz qui fcr- I. 47

ment (les vésicules. La matrice est assez consistante, d’une couleur violette dans teute son épaisseur.

NÉenopsiE 46®.

JJadame X*** n’a été retirée de la rivière qu’ environ un an après s'être noyée. 11 idexistait plus de cuir chevelu ; toute ia calotte osseuse était dénudée; les orbites étaient remplis par une masse dupe, solide, presque enlièrément composée de gras de cadavre, figurant assez bien un cône dont la base, placée en avant, paraissait offrir les débris d'une cavité, et dont le âommet, dirigé en ari ière, était formé par le nerf optique. Le centre de dette masse semblait fornié par le paquet de tissu cellulaire qui remplit la partie postérieure de la cavité otbitaire. Sur le pourtourde la masse, on apercevait la trace des nerfs qui se distribuent aux parties accessoires de roeil, ainsi que les débris des muscles qui l’environnent. La peau du nez, de la lèvre supérieure, et celle de la partie inférieure de la face, étaient détruites; les mâchoires étaient dépourvues de dents, en parties désarticulées; il n’ÿ avait aucune trace de langue ; la bouche était remplie par de la vase. Les parties molles qui unissent le cou à la poitrine étaient entièrement dé=^ sorganiséés par l’eau; les cavités des plèvres çommuniquaientàl’extérieur par de larges ouvertures ; le sternum et une partie des cartilages des côtes étaient tout-à-fait à nu. Le tronc était séparé en deux portions, à la hauteur de la ceinture, probablement par la pression exercée sur les parties molles par les liens des vétemens que celte femme avait portés. Les deux jambes et les pieds ne consistaient plus que dans les os qui en forment la partie solide; les mains et les avant-bras ayant été entraînés par l’eau, les menibres supérieurs formaient deux moignons, à la partie inférieure deaguels l’humérus venait faire saillie.

La psau présentait une disposition bien remarquable : dans toute la rérgipn antérieure du corps, elle avait acquis une dureté considérable, plus prononcée aux joues, aux mamelles, à l’abdomen et à la partie antérieure des cuisses. Elle donnait un son très clair quand on la percutait avec un corps dur, tel qu’une clef ou un scalpel. En arrière, elle était encore molle, lisse, ne présentant aucun tubercule, fortement comprimée, et donnant la preuve la plus évidente que le cadavre était resté couché sur le dos. Toute la surface de la peau était hérissée de mamelons ou petits tubercules, dont les uns. placés sur l’abdomen, avaient le volume et la formede petits tuyaux de plume couchés les uns sur les autres, et se superposant en partie; ceux des cuisses étaient arrondis, moins saillans; sur les épaules et à la parbe supérieure du dos, ils étaient beaucoup plus petits, pyramidaux, et très pp.nlus à leur sommet. Cette disposition tuberculeuse ne se remarque ja^ mais que sur les parties de la peau et du ti<su cellulaire saponifiées, et pa^ rait dépendre de la décoDiposition du gras de cadavre ammoniacal (stéarate, oléate et margarate d’ammoniaque), par le carbonate et lé sulfate de chaux, qui sont dissous dans l’eau ; il se formerait alors, par suite dç dpurr

blés décompositions, du sulfate ou du carbonate d’ammoniaque solubles, et du stéarate, de l’oléate et du margarate de chaux insolubles, qui se déposeraient sous forme de mamelons ou de tubercules : c’est du moins ce que tendent à prouver les recherches de Barruel, qui, ayant analysé ces sortes d’incrustations, a trouvé qu’elles constituaient effectivement un savon calcaire. Néanmoins, pour former la couche calcaire qui recouvre la surface de ces mamelons, il est probable qu’une portion des sels de la rivière s’y dépose, ou au paoins qu’une grande quantité de chaux fait partie de la couche superficielle du savon. Il résulterait de là que plus une rivière serait chargée de sels, plus l’incrustation calcaire serait facile.

Le tissu cellulaire graisseux était saponifié dans toute son étendue ; seulement il offrait quelques différences dans ses propriétés physiques. Celui de la région antérieure du corps était dur, solide, très léger, ne paraissant contenir que très peu de liquide, remplissant toutes les cellules du tissu cellulaire, et dessinant parfaitement ces cellules. Celui de la partie postérieure du tronc était au contraire mou, jaunâtre, pesant, imprégné de liquide, offrant l’aspect du lard, recouvert par la peau dont l’épaisseur était plus considérable que dans l’état habituel ; on n’y distinguait aucune cellule ; c’était un tout homogène qui paraissait résulter d’une pression exercée pendant long-temps sur ces parties.

En général, tous les muscles superficiels qui ne sont pas recouverts par des aponévroses denses, et dont la trame celluleuse a beaucoup de communications avec le tissu cellulaire sous-cutané, étaient convertis en gras de cadavre, et confondus avec le tissu cellulaire graisseux. Tous ceux au contraire qui étaient enveloppés d’aponévroses denses avaient conservé leur état musculeux.

Dans un très grand nombre de points, les muscles avaient acquis line couleur rose vive, très prononcée, en même temps qu’ils étaient amincis et imbibés de beaucoup de liquides, et que leur tissu était plus dense.

Parmi les vaisseaux, les artères offraient une tendance à la saponification, quand les veines étaient denses, d’un tissu serré et résistant, se laissant difficilement déchirer ; elles paraissaient avoir acquis plus de solidité. Le ventricule droit du cœur offrait à peine des traces de saponification, tandis que le ventricule gauche presque entier avait éprouvé ce genre d’altération.

Toutes les membranes séreuses avaient résisté à la putréfaction, et paraissaient encore avoir acquis plus de solidité par leur contact avec l’eau. Le cerveau, réduit à un volume bien inférieur à celui qu’il a ordinairement, était totalement converti en gras de cadavre ; la forme de toutes ses parties était conservée ; seulement, à sa surface, existait une matière pultacée d’un odeur infecte. Les os du crâne étaient extrêmement cassans.

Les poumons étaient réduits au dixième environ de leur volume, du reste parfailèment conservés- En les insufflant, on leur donnait un volume six ou sept fois plus grand. La trachée artère consistait dans une série de cerceaux encore en place, quoique totalement dépourvus en ayant des mem- 47,

hranesqui les unissent. L’estomac et toute la couche superficielle des intestins étaient détruits ; il ne restait que des cavités peu distinctes les unes des ■autres. Les intestins profonds étaient conservés; ils contenaient encore des matières fécales.

Il est important de noter que les deux cavités du thorax communiquaient avec l’eau par deux ouvertures très larges existant au sommet de la poitrine, et résultant de la destruction des parties molles de la région inférieure du cou ; la cavité abdominale communiquait aussi avec le liquide^ par une destruction analogue placée sur le tronc à la hauteur de la ceinture (Alph. Devergie. Annales d’hygiène publique et de médecine légale, page 480. Octobre 4829) (4).

RÉSUMÉ

DES CHANGEMENS PHYSIQUES Qu’ÉPROUVENT LES TISSUS QUI SE POURRISSENT DANS l’eau.

J^eau. Les changemens qu’éprouve la peau peuvent être rapportés à sa coloration, à sa consistance et à sa saponification.

A. Coloration. La couleur de la peau des cadavres qui sont restés plus ou moins long-temps dans l’eau, pouvant ne pas être la même au moment où l’on retire les corps, que lorsque déjà ils ont été exposés pendant un ou deux jours à l’air, il importe de distinguer ces deux cas.

Coloration de la •peau des cadavres au moment où ils sortent de l’eau. On conçoit combien il est diflîcile , pour ne pas dire impossible , de décrire ces changemens de couleur, d’après des observations faites sur les cadavres des noyés que l’on relire de l’eau ; il faudrait pour cela s’être trouvé plusieurs fois, et aux heures convenables, sur les points des fleuves où l’on pêche ces corps : aussi cette description, que je sache, n’a encore été donnée par personne. J’ai pensé pouvoir résoudre le problème, en plaçant dans dé grandes baignoires des cadavres nus d’enfans nouveau-nés et d’adultes les Expériences 1''®, 2® et 3%

(î)Tl est à regretter que, dans celte observation, il n’ait point été fait mention de l'état des épiploons, du foie, de la rate, du panrréas, de la vessie, des organes génitaux, ni des tissus earûlagineux, tendineux et nerveux.

page 705). Il résulte évidemment de ces expériences, 1* que les parlies colorées en verdâtre ou en violet au montent de l'immersion dans l’eau, se décolorent graduellement par leur séjour dans’ ce liquide; 2° que peu de temps après que celte décolora lion a eu lieu, il se manifeste sur certaines parlies une leinie rosée, rougeâire, bleue et même verte, dont riniensité va en augnn ntant de plus en plus, quoique ces parlies restent conslamim ut sous l’eau ; 3° qu’aussilôt que l’éîpiderme des parlies ainsi î'olorées se détache, le derme mis à nu présente la même couleur, mais qu’il suffit ordinairement de vingi-quaire heures pour qu’il soit complètement décoloré ; 4? que, dans cet état, il ne se colore plus facilement tant qu'il reste sous l’eau, si l’on en excepte toutefois certaines petites taches bleues et d’autres blanchis, bordées d’un cercle rougeâtre, dont il est souvent le siège; 5“ qu’au contraire, il se colore constamment, avec promptitude et avec des teintes différentes, si, après avoir été dépouillé d’épiderme, il est en contact avec l’air (1).

Coloration de la peau des cadavres des noyés quelque temps après leur exposition à l’air. Il faudrait encore distinguer ici les cadavres garantis par leurs vêtemens , de ceux qui étaient tout nus ; on conçoit facilement en effet que l’air atmosphérique doit exercer une action différente, surtout si le cadavre n’est déshabillé que long-temps après avoir été retiré de l’eau. Quoi qu’il en soit, je me bornerai à parler des corps des noyés garantis par leurs vêtemens , et que l’on déshabille une , deux ou trois heures après leur extraction de l’eau : c’est le cas le plus ordinaire des noyés qui sont apportés à la Morgue, où j’ai fait mes nécropsies (2).

On n’observe aucun changement de couleur à la peau , si les cadavres ne sont restés que quelques heures dans l’eau, et qu’on les examine au bout de dix ou quinze heures d’exposition à l’air,

(1) D’après le docteur Giintz (ouvrage cité), les gaz qui se dégagent pendant la putréfaction des cadavres dans l’eau, sont de l’acide carbonique (eu moindre f roporlion qu’avec le contact de l’air), de l’hydrogène carboné (en grande quantité), de l’acide sulfhy Jrique et de l’hydrogène phosphoré.

(2) La Mojpie est un établissement où l’on expose les corps des noyés, et de tous les individus inconnus qui ont succombé à quelque genre de mort violente que ce soit : l’exposition dure ti’ois jours, à moins que les cadavres ne soient reconnus plus tôt.

la ténipérature de l’atmosphère variant de à i0° -î- 0*. Il pourrait eu être autrement si le thermomètre marquait de 18“ à 20° + 0° ; alors la peau du cadavre pourrait se colorer promptement en rouge, en vert, etc., par places.

Après quelques jours d’immersion, chez les adultes, la peau, examinée peu d’heures après la sortie de l’eau, peut n’offrir aucune coloration insolite, comme elle peut être colorée ; toutefois, même dans le cas où j’admets qu’elle ne sera pas coloi ée, il faudra en excepter la face , où elle est d’un blanc plus mat, et l 'épiderme des mains et des pieds qui commence à blanchir; on observe d’abord cette coloration à la partie interne des doigts et à la paume des mains, puis à la face dorsale de celles-ci, et, à-peuprès à la même époque, à la face plantaire des pieds, et plus tard à leur partie dorsale. Les cadavres sont-ils exposés à l’air pendant quinze ou vingt heures, la température de l’atmosphère ne dépassant pas 6" ou 8“ 4- O", il n’y a aucun changement notable, tandis que si la température de l’air a varié de 16° à25° -f 0“, la face , la poitrine, l’abdomen sont plaqués de rouge, de vert, de brun, etc. (Voy. Observation 2® et Nécropsie 8°,p. 712 et72Ô).

L’action de l’air sur la peau des submergés, comme on le voit, est des plus remarquables ; les effets en sont d’autant plus sensibles que la température de l’atmosphère est plus élevée, et que le séjour des cadavres dans l’eau a été plus prolongé, comme Je m’en suis assuré par des expériences directes. On peut établir que jusqu’au moment où la peau se saponifie, ces effets de coloration sont d’autant plus marqués que l’extraction des corps s’est faite plus tard. La peau prend une teinte brune, qui rie tarde pas à passer en partie au'vert foncé, et il est à noter, comme je l’avais signalé dès l’année 1828, que cela se manifeste plus rapidement à la poitrine qu’au bas-ventre; ce qui est le contraire de ce que l’on observe sur les cadavres qui n’ont point été submergés : chez ces derniers, la putréfaction commence par l’abdomen, pour gagner la poitrine, le cou , la face et les membres , tandis que chez les noyés la face, le sternurn, et la partie inférieure du cou, sont les premières parties pourries. Plusieurs portions d’épiderme, tant à la face qu’à la poitrine, sont soulevées par un liquide d’un bleu rougeâtre, et forment des taches qui contras-

têût avec d’autres nuances. En été , la colotaiîôn dont jé parle est déjà très sensible quelques heures après la sortie des cadavres de l’eau^ tandis qu’en hiver elle ne se manifeste pas aü bout de plusieurs jours , même lorsque les corps sont restés pendant vingt ou vingt-cinq jours dans la rivière. Du reste , on peut prouver que celle colorai ion est due à l’action de l'air, parce que les parties de la peau qui sont préservées du contact dè cet agent conservent leur pâleur î telles sont les aisselles, la partié interne des bras, lorsque ceux-ci sont appliqués contre la poitrine, la partie du thorax qui est en rapport avec le bras, lé dos, la partie interne des cuisses, si celles-ci sont appliquées l’une contre l’autre.

Plus tard, les cadavres que l’on retire de l’eau présentent, au sortir du liquide, des phénomènes de coloration de la peau ana^ Ipgues à ceux que j’ai dit être le résultat de l’action de l’air; eela lient, dans quelques cas, à ce que les corps, devenus plus légers, sont venus, du moins en partie , à la surface du liquide , où iis ont été frappés par l’air ; mais dans un beaucoup plus grand nombre de cas, la coloration tient à d’autres causes, puisque les cadavres ne sont pas venus à la surface du liquide. Déjà, à celle époque, les membres, qui jusqu’alors avaient été incolores, offrent des plaques verdâtres , jaunâtres. Après trois ou quatre mois de séjour dans , l’eau , j’ai souvent vu la peau des jam^r bes revêtir une couleur d’indigo très foncée, nuance qui dis^ paraissait peu-à-peu quand le corps du noyé était exposé à l’air, et alors la couleur devenait brunâtre.

Lorsque la peau se saponifie, ce qui a lieu à une époque très variable, suivant l’âge, le sexe, etc., elle prend une couleur d’a* bord jaunâtre , puis d’un blanc mat, et les parties ainsi saponifiées ne se colorent plus sensiblement par l’influence de l’air atmosphérique. Alors, c’est-à-dire entre deux mois et demi et quaire mois pour les adultes, la peau présente des nuances très variées, les parties savonneuses ayant l’aspect du gras dé cadavre, tandis que les autres portions sont colorées en jauné, étt rouge, en vert, en brun, éi même en bleu.

Il arrive enfin, comme dernier phénomène de coloration de la

peau, qu’elle se recouvre d’une croûte blanche calcaire, dont j’ai déjà parlé (^oye^^NÉcnopsiE 16® page 738).

B. Consistance. Les changemens que la peau éprouve dans sa consistance ne sont pas moins remarquables que ceux qui tiennent à sa coloration.

La peau, déjà dépouillée de son épiderme, se ramollit de plus en plus, et tend évidemment à se détacher par lambeaux; elle résiste d’abord beaucoup à la pointe des pinces ; cette résistance va en diminuant et bientôt on remarque à sa surface une multitude de points très rapprochés-^-eômme ulcérés, qui ne tardent pas à constituer de véritables corrosions. Ces pertes de substance, indiquées pour la première fois par moi, sont évidemment de deux sortes : 1° celles qui se forment dans les parties où il y a des plexus vasculaires très considérables , et où le tissu cellulaire sous-cutané est très lâche, comme aux aines, dans la région sous - çlavière , à la partie supérieure et interne des cuisses. Ces corrosions commencent par des taches pointillées, violettes ou d’un rouge brun ; il semble qu’un liquide de même couleur soulève la peau ; bientôt après, cellerci se perfore dans toute son épaisseur, le liquide s’écoule, et alors l’ouverture est régulière , comme si elle avait été faite avec un emporte-pièce, sans que les bords soient frangés. Un ou deux jours après, plusieurs de ces ouvertures qui se touchaient presque, sont réunies et forment une corrosion plus ou moins large, aussi régulière que les points qui lui ont donné naissance ; ce n’est que quelque temps après , et par suite de l’action de l’eau sur les bords très amincis, que ceux-ci sont en partie détruits et d’une manière inégale , ce qui leur donne un aspect à-la-fois frangé et filamenteux: dans cet état, le tissu cellulaire sous-cutané, mis à nu, est infiltré , comme gélatineux , d'une couleur violacée ou grisâtre ; 2° celles qui se développent dans les parties où la peau recouvre un tissu cellulaire dense et serré, et où il n’y a pas de plexus vasculaires considérables , comme au dos , vers l’omoplate , etc. Ces corrosions commencent par une destrucjion du derme , qui n’a pas été préalablement coloré ni soulevé , et ressemblent à des ulcérations cicatrisées de petite-vérole ; leur fond est blanc, leurs bords réguliers ou irréguliers ; leur partie ceutr?ile

est plus corrodée que leur circonférence, ce qui leur donne un aspect légèrement creux : plus lard, la destruction ayant augmenté, la perforation du derme arrive et commence par le centre; alors on voit le tissu cellulaire sous-cutané qui est jaunâtre, inüliré, humide, et recouvert par les bords irréguliers de l’ouverture; dans cet endroit, les franges de la peau ont une couleur bleuâtre due aux parties sous-jacentes que Ton aperçoit à travers les portions amincies et transparentes du derme qui n’ont pas été détruites.

La peau des diverses régions du corps peut être le siège de semblables corrosions ; je les ai vues indistinctement partout, et je ne saurais partager l’opinion de M. Devergie, qui les place plus particulièrement aux yeux, au nez, à la bouche, aux aines, à la partie antérieure de la poitrine, et à la partie interne des jambes. L’époque à laquelle paraissent ces corrosions est extrêmement variable; je les ai observées chez des enfans nouveaunés, après un séjour de seize jours dans l’eau, par une température qui avait varié de 11“ à 17° R., et chez des adultes qui avaient été retirés de l’eau au bout de trois mois (en hiver ) ; tandis que je n’en ai trouvé aucune trace chez des hommes de trente à cinquante ans, qui étaient restés dans l’eau pendant six ou sept semaines, par une température atmosphérique de 8° à 16° R. Quelquefois on voit à la surface dé la peau une matière jaune liquide semblable à l’huile d’olives. Lorsque les cadavres sont restés long-temps dans l’eau, la peau, au lieu de présenter dans toute son étendue ce ramollissement qui est le prélude des corrosions dont je viens de parler, est saponifiée par parties, et ressemble au gras de cadavre, ou bien est dure et extrêmement dense par places {Voyez Nécropsie 15°, page 735).

Saponification. Indépendamment des changemens de coloration et de consistance, la peau en éprouve d’autres qui se rapportent à la saponification ; elle change de nature et se transforme en gras de cadavre, véritable savon composé d’acides gras qui sont fournis par la décomposition de la graisse, et d’ammoniaque qui provient de l’union de l’azote et de l’hydrogène de la peau. Cette saponification commence dans les parties de la peau placées sur le tissu cellulaire le plus chargé de graisse; c’est

cé qui fait qu’on l’observe plutôt chez la fetnme que èhcz Î’hôimîàe, le tissu cellulaire de ce dernier contenant, en général, beauconp moins de graisse. Je ne l’ai jamais remarquée Chez Vhùmim adulte avant la fin du troisième mois en.hiver, et elle availcommencé par la face. {Foyez Nécuopsie 13®, page 730). Du reste, On ne peut rien préciser sur l’époque de son apparition, tant il y a de variétés.

Je ne terminerai pas tout ce qui se rapporte aux altérations de la peau, sans parler des expériences déjà anciennes de Bichat. Mise en macération dans î’ean, à un degré moyen de température, dit ce célèbre anatomiste, la peau humaine se ramollit, ne se gonfle presque point, hlanckit sensiblement, reste long-temps sans éprouver aucune autre altération qu’une putréfaction iuflnimenl moindre que celle des tissus musculaire, müqiieux, glanduleux, etc., soumis à la même expérience. Celte putréfaction enlève l’épiderme et paraît beaucoup plus marquée du côté de cette membrane. Au bout de deux mois, la peau n’a encoreperdtt que très peu de consistance ,• elle n’est point pulpeuse, comme le sont à cette époque les tendons ut les muscles macérés; elle ne commence à se réduire en pulpe fétide qu’au bout de trois ou quatre mois. Un échantillon, conservé depuis huit mois, offre encore sa forme primitive , mais il flue sous les doigts dès qu’on le presse un peu {Anat. générale, tome ii, page 682).

Épiderme. Si l’on étudie l’action de l’eau sur l’épiderme isolé de la peau, on le verra blanchir, devenir mou, plus opaque, et ne point se rider ni se putréfier; il s’élèvera seulement à la sur^ face du liquide une foule de molécules qui, en se réunissant, formeront une pellicule blanchâtre. Après un séjour de deux ou trois mois dans l’eau, l’épiderme se ramollit, ne se gonfle point, et se déchiré avec une extrême facilité; il ne se réduit point en une pulpe analogue à celle des autres organes que l’on a également fait macérer. Après les cheveux et les ongles, l'épiderme est la substance animale la plus incorruptible {Anat. générale, t. n, p. 768).

Quant à l’épiderme qui fait encore partie du cadavre, après avoir blanchi, il se plisse de plus en plus; celui des mains et des pieds s’imbibe plus aisément que celui des autres régions

du corps : aussi remarque-t-on les changemens dont je parle d’abord dans ces parties où il deviint d’un blanc mat,' et où il ressemble à celui qui aurait été pondant long-temps en contact avec des cataplasmes émolliens; plus tard il se soulevé et finit par se détacher au plus léger efibri; dans les eaux qui ne sont pas stagnantes, le courant suffit pour l'enlever par lambeaux plus ou moins larges : ce sont les portions qui avoisinent les articulations qui m’ont paru se séparer les premières ; toujours est-il que, dans mes néeropsies, il était déjà détaché dans plusieurs parties, quand celui de la paume des mains et de la plante des pieds tenait encore assez fortement. En général, il ne se colore pas lors même qu’il recouvre des parties de derme fortèmeni colorées ; quelquefois cependant je l’ai vu offrant une teinte olivâtre..

Ongles. Les ongles des mains se détachent les premiers, puis ceux des orteils, sans qu’on puisse dire, même d’une manière approximative, l’époque de leur chute. Chez le sujet de la nécropsie 13% qui était resté dans l’eau pendant quatre-vingt-dixhuit jours (en hiver), il n’y avait plus d’ongles, tandis qu’on en voyait encore au pied droit d’un individu qui avait été retiré de l’eau cent vingt-cinq jours après y être tombé {Voyez NécropsiE 14®, page 733).

Cheveux et poils. Ils deviennent de moins en moins adhérons, mais ils ne se pourrissent pas. « La macération, dit Bichat, qui rend l’épiderme extrêmement facile à se rompre, quoiqu'elle le ramollisse peu, laisse les cheveux avec leur résistance ordinaire, à moins qu’elle ne soit poussée à un degré que je n’ai point éprouvé. »

Imiterai-je M. Deyergie, qui, dans un mémoire intitulé Recherches sur les noyés (V)., a cru pouvoir reconnaître, au moins d’une manière approximative, et principalement d’après les caractères que présente la peau, l’époque de la submersion. «Quelques médecins légistes pensent, dit-il, qu’il sera toujours impossible de rien préciser à ce sujet. J’avoue qu’il serait difficile de tracer des descriptions rigom’euses ; mais de ce que l’on prévoit

(î) Annales d’hrgiène publique et de médecine légale, n° d’octobre 1829.

un but difficile à atteindre, est-ce une raison pour ne pas faire quelques efforts pour y parvenir? J’ai la conviction que si les médecins veulent tenir compte des altérations que j’ai uotées pour tel ou tel séjour dans l’eau, ils ne commettront plus des erreurs aussi choquantes que célies que je viens de signaler. Je dois prévenir que tout ce qui suit se ratmebe à la putrcfaciioa que subissent les cadavres des noyés eiUnver. Plus tard, je chercherai à établir la marche de la putréfaction en été » (p. 163).

Convaincu qu’il est de la possibilité de résoudre Jusqu’à un certain point un pareil problème, ]M. Devergie reconnaît neuf époques : la première indique si la submersion date de trois à cinq jours ; la deuxième, de quatre à huit jours ;Ja troisième, de huit à douze jours ; la quatrième, de quinze jours environ ; la cinquième, d’un mois environ ; la sixième, de deux mois environ ; la septième, de deux mois et demi j la huitième de trois mois et demi, enfln la neuvième, de quatre mois et demi.

Loin de partager l’opinion de ce médecin, je m’attacherai à la combattre, et par des faits, et par des raisonnemens que je crois très fondés ; il ressortira évidemment des uns et des autres que l’entreprise est au -dessus des forces humaines, et que le lecteur aurait tort de prendre pour guide des tableaux, où l’on semble vouloir resserrer la nature dans des cadres plus ou moins étroits. Et d’abord remarquons d’une manière générale que le travail dont il s’agit présente une laeiine capitale ; on n’indique nulle part l’époque à laquelle il faut examiner les corps après leur sortie de l’eau, pour constater les phénomènes de coloration sur lesquels on fonde souvent la solution du problème : est-ce immédiatement après l’extraction des cadavres de la rivière, ou plusieurs heures et même plusieurs jours après? Les noyés n’étant apportés à la Morgue quelquefois que plusieurs heures et même un ou plusieurs jours après avoir été retirés de l’eau, et le médecin qui reut les observer n’arrivant souvent que lorsque déjà les corps sont exposés à l’air depuis plusieurs heures, il en résulte évidemment que les observations de M. Devergie portent à-la-fois sur des sujets dont les uns peuvent n’avoir été en contact avec l’air que pendant quatre, cinq ou six heures, tandis queles autres y ont dû rester dix-huit, vingt-quatre, trente ou un

plus grand nombre d’heures. Ce fait, Je l’aueste, pour avoir moimême suivi avec assiduité et pendant long-temps tout ce qui se rapporte aux travaux et aux usages de la Morgue. Or, parmi les quarante-sept nécropsies qui ont servi de base au travail de M. Devergie, dix buit ont été recueillies en mars, et vingt-neuf en avril, et je vois que pendant ces deux mois la température de l’atmosphère est quelquefois montée jusqu’à 17“ et 19° ; certes, pour peu qu’on ait vu quelques cadavres de noyés, on comprendra facilement qu’une exposition à l’air déjà chaud, dont la durée a été si variable, a dû amener des changemens notables dans la coloration de la peau. C’est, du reste, ce que mettront en évidence les faits suivans :

A huit jours , dit M. Devergie, «la peau de la face est d’un blanc plus mat que celle du reste du corps. » Or, j’ai vu la face d’un rouge foncé et le reste de la peau de couleur naturelle chez un individu qui était resté huit jours dans l’eau (pendant le mois d’avril), et dont je fis l’examen deux heures après l’extraction du cadavre (Nécropsie 8°, page 720) (1).

Au quinzième jour, «la partie moyenne du sternum présente une teinte verdâtre » (page 167 du Mémoire cité). Or, chez un individu qui resta dans l’eau depuis le 1“^ décembre jusqu’au 20, et qui fut examiné quatre ou cinq heures après l’extraction du cadavre, la peau qui recouvre les deux grands pectoraux était livide, si ce n’est près du sternum où elle offrait une couleur rouge cerise (Nécropsie 9°, page 723).

A un mois. « On voit nne plaque d’un rouge brun de 16 à 21 centimètres de diamètre au centre et à la partie supérieure du sternum; celte plaque est bordée d’une aréole verte ; les bourses sont énormément distendues par des gaz ; les paupières et les lèvres sont vertes (Mémoire cité, page 168). » Or, chez un individu âgé de vingt-six ans, noyé le 1'"*’ mars, retiré de l’eau le 30 du même mois, et examiné le 2 avril, la peau des parties antérieure et latérale du cou et du thorax était d’un vert foncé,-

(1) Les diverses citations que je vais faire pour combattre le travail de M. Deverpe, sont toutes tirées des nécropsies publiées en 1828, dans mes leçons de Médecine légale, par conséquent un an avant i’im|'.ressiou de son mémoire. Il est assez remarquable que M. Devergie n’ail pas cru devoir eu prendre connaissance.

les paupières étaient presque noires ( Foy. Nécropsie il' page 727). Chez un autre noyé, qui était resté trente-deux jours dans r#^au, d’où il fut retiré le 8 avril, et que j’examinai le lendemain, la peau du thorax était d’un vert jaunâtre, et le scrotum dans Y état naturel (^Foy. Nécropsie 12^, page 728).

A trois mois et demi. «Le tissu cellulaire n’offre plus celte teinte rouge des époques précédentes; le foie, ramolli, est d’un hrun verdâtre; la peau des membres présente le même aspect que celle du centre de l’abdomen, c’est-à-dire qu’elle est opaline; les ongles sont tombés (Ménmire cité, page 176), » Or, chez un individu que l’on relira de là Seine le 8 avril, et qui s’y était jeté le 1^*^ janvier, on remarqua, six heures après sa sortie de l’eaü, que le tissu cellulaire du crâne offrait l’aspect d’une gelée rouge; le foie était d’un rouge hrun uniforme ; la peau des jambes était eolorée en hleii d'indigo dans toute son étendue, tandis que eelle du tronc était hlanc rosé, parsemée çà et là de plaques Jarges comme la main, d’un rouge assez vif; les ongles, il est vrai, étaient tombés (^Foy. Kécropsie 13', page 730). Mais ehez le sujet de l’observation suivante, le pied droit conservait encore des ongles, et pourtant le cadavre était resté dans l’eau quatre mois cinq jours ( Foy. Nécropsie 14', page 732).

A quatre mois et demi. « Il n’existe plus que quelques débris des paupières ; les lèvres désorganisées par la putréfaction^^ la peau du tronc est d’un vert grisâtre, parsemée de taches noires; la couleur des cuisses jaunâtre; les jambes présentent des taches d’un hleu foncé ; la trachée-artère est d’une Idinie. verdâtre ; les cavités splanchniques paraissent contenir encore plus de liquide d’un rouge brunâtre ; on remarque un commencement d’incrustation calcaire sur les cuisses (Mém. cité, page 177). «Or, chez un individu noyé le 15 décembre 1828, et retiré de l’eau le 20 avril 1827, ou voyait quelques heures après, que les paupières et la lèvre Inïénewe existaient encore, que la peau du thorax et de l’abdomen était d’un vert foncé, excepté çà et là où il y avait des taches d’un rouge hrun ou d’un jaune verdâtre; que la couleur des cuisses était verdâtre et d'un vert plus fo7icé en haut ; que les jambes ne présentaient aucune trace de hleu ; que la trachée -artère était d’un brun très foncé;

qn'il o’y avait aucun liquide dans les cavités des plèvres ni de l’abdomen ; enfin qn’il n’exisiait aucune trace d’incrustation calcaire (iS'ÉCROPSiE IZi®, page 732). ®

A cinq 77iûis et demi. LecadaN re d’une femme ouvert à cette époque a fait voir à M.Devergie que les paupières étaient détruites., que la peau était dqns K état natu^'el, ou présentait des iflcrusiaiions calcaires ou plaques rosées (Mém. cité, page 179). Tandis que dans la néci’opsie 15® (voyez page 735), qui a pour objet une femme qui était restée cinq mois huit jours dans la §eine, les paupières existaient , leur largeur seule avait diminué, et la peau du corps était colorée en bleu, en vert, en blanc rosé et en blanc sale. On ne voyait aucune incrustation.

Maintenant que je viens de prouver par des faits combien les caractères sur lesquels M. Devergie a voulu s’appuyersonl sujets à varier aux époques qu’il a indiquées, ét combien par conséquent on doit y attacher peu de valeur, il ne sera pas inutile de présenter en abrégé rénuméraiion des principales causes qui influent sur la marche de la putréfaction dans l’eau 5 l’impossibilité de calculer, môme d’une manière approximative, la part dé chacune de ces influences, me fit bientôt renoncer à l’idée que j’avais eue de dresser un tableau semblable à celui que je viens de combattre.

Age. Dès qu’il est prouvé que les enfans nouveau-nés sont arrivés, au bout d’un mois de séjour dans l’eau, au terme de désorganisation que les cadavres des adultes n’ont même pas atteint au bout de six ou huit mois, on ne saurait contester l’influence de \ àge sur la marche de la putréfaction des noyés.

Çotîstitution de l’individu. On comprendra facilement l’influence que doit exercer la consiiiuüon des individus sur la putréfaction des cadavres des noyés, en consultant ce que j’ai dità la page 666 lorsque j’ai examiné l’influence de cette inênie constitution sur les cadavres déposés dans la terre.

Sexe. Les mêmes causes qui m’ont fait établir ailleurs que les cadavres des femmes se poui-rissent en général plus vite dans la terre que ceux des hommes, me portent à émettre ia môme assertion à Voecasion des noyés : j’aj juterai en outre que la dif-

férence est surtout marquée, dans l’eau, par rapport à l’époque où la saponification commenc<^

État de maigreur ou Obésité'. '\>Si putréfaction dans l’eau, comme dans tout autre milieu, marche plus rapidement quand les corps sont gras que lorsqu71s sont maigres; l’influence de l’obésité doit même être plus marquée sur la putréfaction des noyés; en effet, plus ceux-ci seront gras, plus ils tendront à quitter le fond du liquide pour se rapprocher delà surface et même pour surnager : or, en été, la température du liquide devant être souvent plus élevée vers les couches supérieures, surtout lorsque l’eau est peu agitée et assez abondante, la putréfaction de ces cadavres sera hâtée; elle le sera surtout s’ils surnagent, et qu’ils soient à-la-fois sous l’influence de l’air et de la chaleur atmosphérique. Par des raisons contraires, la tendance à la supernatation, par suite de l’obésité, fera que les cadavres se pourriront moins vite, surtout s’ils n’arrivent pas tout- à-fait à la surface de l’eau, dans les cas où les couches les plus inférieures du liquide pourront être plus chaudes que les supérieures. J’ajouterai que, la saponification arrivant plus promptement chez les sujets gras que chez ceux qui sont maigres, la peau et le tissu cellulaire présenteront cette transformation à des époques fort différentes, chez des individus qui n’offrent pas le même degré d’obésité, et sur lesquels je supposerai, pour un instant , les autres influences agir de la même manière.

Etat de santé ou de maladie. S’il ne m’est pas permis de démontrer qu’un individu malade depuisquelques jours seulement, et atteint d’une affection aiguë, se pourrit dans un espace de i^mps différent de celui qu’il emploierait s’il était tombé dansl’eau dans un état de santé parfaite, je puis néanmoins assurer qu’il en est ainsi dans les cas où la maladie durant depuis, long- temps, les individus sont parvenus à un état de marasme, et pour ainsi dire de dessèchement, qui doit les placer dans des conditions moins propres à parcourir rapidement les diverses phases de la putréfaction. Je ne prétends pas que ce soit là le seul genre d’influence que puissent exercer les maladies ; jelesignale parce qu’il est le plus facile à constater.

État vivant ou mort de V individu qui se jette ou que l’an

jette à Veau. L’époque à laquelle la rigidité cadavérique se manifeste , et la durée de cette rigidité n’étant pas les mêmes, suivant la température du milieu dans lequel sont plongés les cadavres, et la putréfaction ne se développant que lorsque la rigidité a cessé, il est évident que le moment où les cadavres commenceront à se pourrir variera beaucoup chez les individus qui sont tombés dans l’eau vivans, et chez d’autres qui y ont été jetés après la mort, pendant qu’ils étaient encore raides, et même lorsque déjà ils subissaient un commencement de putréfaction.

Tenipe'rature du liquide dans ses différentes couchas. Dès qu’il est prouvé qu’en été les couches supérieures pourront être plus chaudes que les inférieures, surtout dans les eaux stagnantes et dans celles dont le courant est à peine sensible, il est évident que la température des couches moyennes différera aussi des précédentes. Dès-lors les cadavres qui, par une cause quelconque, séjourneront plutôt dans telle région du liquide que dans telle autre, se pourriront plus ou moins vite , tout étant égal d’ailleurs. L’influence de la différence de température se fera surtout sentir en été, parce qu’alors, à raison du peu de conductibilité des liquides, l’équilibre tardera beaucoup à s’établir entre l’eau de la surface et celle du fond, notamment lorsque la température de l’atmosphère prendra tout-à-coup un accroissement subit, et que la rivière ou les lacs seront profonds; en hiver, au contraire, les couches inférieures plus chaudes, en se déplaçant communiqueront plus facilement de la chaleur à celles qui sont situées au-dessus.

Température atmosphérique . L’influence de la température de Tatmosp’nère est incontestable, quoique beaucoup moins prompte que sur les cadavres qui se pourrissent à l’air; en effet, la température de l’air n’exerce d’influence que par l’intermède de l’eau, qui se trouve échaufiee ou refroidie suivant que la saison est chaude ou froide : or, comme les effets de la chaleur atmosphérique sur de grandes masses d’eau ne sont pas instantanés, il en résulte que ce n’est qu’au bout d’un certain temps que l’influence des changemens de température atmosphérique peut se faire sentir sur les noyés.

Profondeur de la rivière. Tout étant égal d’ailleurs, des caî 48

davres, placés au fond de rivières qui offrent des profondeurs différentes, ne se pourrissent pas avec la même vitesse : plus la rivière est profonde, plus les corps sont pressés, et moins ils sont disposés à se pourrir , plus aussi la couche du liquide qui les entoure est-elle à l’abri des variaiinus de température atmosphérique, c’est-à-dire plus elle lardera à s’échauffer en été : or, nous savons que la chaleur est un des éléniens qui favorisent le plus la putréfaction.

Etat renouvelé ou tranquille du liquide. Il résulte des expériences que j’ai faites en 1823, que les cadavres se décomposent beaucoup plus rapidement dans l’eau renouvelée que dans l’eau stagnante. Il est donc évident que de deux noyés, chez lesquels toutes les autres conditions seraient les mêmes, et qui resteraient pendant un mois dans l’eau, celuilà se pourrirait plus vite qui aurait été mis dans une eau incessamment agitée par des vents; cet effet serait surtout sensible, si la masse du liquide qui recouvre le corps n’éiail pas très considérable.

Etat eontus ou sain du corps. Il paraîtra sans doute inutile de dire que les individus vivans, qui ont été eontus en tombant dans l’eau, parce qu’ils ont heurté contre des pilotis, de grosses pierres, etc., ou parce qu’ils sont tombés de très haut, ou enfin parce qu’ils ont été meurtris par des coups, se décomposeront plus vile que ceux qui sont arrivés dans l’eau dans des conditions opposées, le sang épanché dans lé tissu cellulaire sous-cul ané s’altérant beaucoup plus vite que lorsqu’il est enfermé dans les vaisseaux.

Nature du terrant sur lequel reposera le corps. Si le terrain est vaseux, mou, nullement anguleux, le corps s’y enfoncera en quelque sorte^ et n’en recevra aucune atteinte ; tandis que s’il est anguleux, raboteux, il pourra déchirer la peau, et déterminer des solutions de continuité, qui hâteront la décomposition putride.

Poissons , animaux vorace^, etc. On conçoit que ceux des cadavres dont la peau sera aiiaquée,^ déchirée ou érodée par ces sorü s d’animaux, seront pourris beaucoup plus vite, tout étant égal d’ailleurs, que les autres.

Efoque àlaquelle le cadavre paraît à la surface duliquide ou près de cette surface. Cette influence, qui est incontestable, rentre dans ce qui a été dit à l’occasion de Ycbésite des corps, et de la température des différentes coüches du liquide et de l’air (p. 752).

État nu ou hahitlé du cadavre. Si les vêtemens ne sont pas serrés, et que l’eau puisse être en contact avec la peau, cette influence est nulle ou presque nulle ; mais elle est très puissante dans le cas contraire, lorsque des corsets ou des bottes, appliqués d’une manière serrée sur le corps, empêchent, du moins pendant fort long-temps, le contact du liquide ; toutes les parties couvertes et en quelque sorte à l’abri de l’eau, se conservent presque intactes,

Nature du liquide. Il suffit de jeter un coup- d’œil sur les nombreuses expériences rapportées dans l’ouvrage de madame d’Arconville (1), pour être convaincu de la différence que présentent les mêmes matières animales qui se pourrissent dans Teau distillée Ou dans celle qui contrent telle ou telle autre espèce de sel, les unes se décomposant beaucoup plus vite que les autres (2).

Tiésu cellulaire. Lés chângemèris qu’éprouve le tissu Cellu-

(î) Essai pour servir à l’histoire de la putréfaction^, par madame d’ Arconville. Paris, 1766.

(f) Le lecteur sera peut-être tenté de m’accuser de plagiat, lorsqu’il trouvçra les plus gO' des ressemblances entre les faits qui constituent l’article que j’ai intitulé ; Résumé des changemens physiques qu éprouvent les tissus qui se pourrissent dans l’eau, et ceux qui font la base du mémoire déjà cité de VI . Devergie. Je dois à cet égard Une explication. Mon résumé est fon lé sur les vingt-six nécropsîes qui le précèdent : or, vingt-trois de ces nécropsîes étaieut publiées en entier 'dans mou traité de ilédecine légale dès l’année 1828, c’est-à-dire, vingt mois avant la publication du travail de M. Devergie. A l’excépiion des incrustations calcaires signalées par pe médecin, et dont je n’avai-i pas parlé, parce que je n’avais jamais ouvert de cadavres qui fussent restés plus de cent soixante jours dans l’eau, il n’est point un seul fait essentiel du mémoire de ce médecin qui ne se trouve dans mes observations. A la vérité, je n’avais pas, comme lui, résumé ces faits dans le but de déterminer l’époque de la submersion, parce que j’avais préféré ne rien dire que d’induire les experts en erreur ; je n’ai pas non plus déduit de mes observations les altérations successives qu’éprouvent les divers tissas dans l’eau, parce qu’alors je ne voulais éclairer que la question médico-légale, relative à la submersion pendant la vie ou après la mort. Mais qu’importe? Les faits devant servir à tracer ce résumé n’étaient pas moins publiés par moi. Je me serai» bien gardé de réclamer ia pri rite pour un

îaire peuvent , comme ceux de la peau, être rapportés à sa coloration, à sa distension par des gaz ou par des liquides, à sa consistance et à sa saponification. Dans les premiers temps la couleur An tissu cellulaire ne change guère; plus tard, lorsque, par suite de la putréfaction et du développement des gaz, la sérosité rougeâtre du sang transsude à travers les parois des vaisseaux, il se colore, par son mélangeavec ce liquide, d’abord en rose, puis en rouge groseille, et même quelquefois en rouge brun. J’ai vu aussi le tissu cellulaire de l’abdomen d’un jaune verdâtre, tandis que déjà celui de quelques autres parties du corps était rouge et rouge brun. A une époque plus éloignée, à-peuprès lorsque les corrosions paraissent à la peau, ou quand la saponification commence, le tissu cellulaire, surtout celui qui est sous-cutané, tend à se décolorer et à devenir d’un blanc grisâ-

ohjet aussi minime, n M. Devergie, en citant mon travail, n'en eût pas donné au public une idée inexacte : « M. üriila, est-il dit, a tenté quelques essais dans le but de parvenir à une détermination approximative » Tel n’a pas été mon but, et j’avais eu soin de le dire à la page 198 de la Médecine légale, deuxième édition; je me proposais seulement de faire connaître les différenc* s produites dans la putréfaction par des milieux différens. Plus loin : « Les expériences faites avec des portions de fœtus ou d’adu tes, dans de petites quantités d’un liquide toujours U même ou renouvelé bien rarement, ne l’ont pas, je crois, assez rapproché de la vérité. » Or, j’avais dit, page 211 du même ouvrage, avoir agi sur des fœtus entiers, et avoir renouvelé l’eau jour eX. nuit pendant vingt-deux jours... Plus loin: «M. Orlila a relaté vingt-deux ouvertures de noyés, d’où l’on peut déduire quelques données propres à éclairer le sujet qui nous occupe. » Il eût été plus exact de dire: « A un très petit nombre d’exceptions près, les faits contenus dans notre mémoire ont été connus de M. Orfila, qui les a décrits dans les vingt-deux ouvertures de noyés qu’il a publiées ; mais il ne les a pas fait servir à la détermination des époques auxquelles la submersion a eu lieu. »

Ces inexactitudes ne sont pas les seules qu’ait commises M. Devergie, à l’occasion de mon travail sur les noyés. Il dit, en effet, à la page 571 du tome iir du Dictionnaire de médecine et de chirurgie : « M. Marc est un de ceux qui ont le mieux précisé ce que l’on pouvait attendre des signes de la submersion pendant la vie : depuis cette époque, M. Orfila a fait de nouvelles recherches; elles ont confirmé ce que M. Marc avait annoncé. On doit cependant de plus à M. Orfila d’avoir éclairé, par des expériences sur les animaux, des faits importaus. »

Or, je vois, en comparant quelques-unes des assertions de mon savant confrère aux miennes, qu’il existe entre elles des différences capitales.

1“ « I.a certitude, que nous avons acquise, dit le docteur Marc, qu’il ne peut entrer de liquide dans la trachée-artère que du- vivant du submergé, ne peut s’en introduire après la mort, le cadavre eût-il même passé plusieurs jours sous r’eau, doit nous faire considérer, etc... {Manuel d’autopsie ceda-.érique, de Rose,

ire ; apparemment que le sang qui l’avait infiltré jusqu’alors fe décompose pour fournir l’ammoniaque nécessaire à la formatictt du gras; je dirai toutefois que déjà, dans plusieurs parties, ce tissu est arrivé au point de blancheur dont je parle, que dans d’autres il est encore très rouge ; c’est particulièrement au crâne que l’on remarque la teinte rouge du tissu cellulaire.

La distension de ce tissu par les gaz qui se développent pendant la putréfaction dans l’eau, ne présenterait rien d’extraordinaire, si elle n’était pas poussée à un degré extrême, surtout lorsque les cadavres ont été exposés à l’air après avoir été retirés de l’eau (1). Plus tard, lorsque la saponification est prête à s’opérer, au lieu de continuer à se distendre, le tissu cellulaire s’affaisse. La distension de ce tissu par le liquide rougeâtre qui transsude des vaisseaux , est ordiuairemeni beaucoup moins

traduit par Marc, page 175). Or, j’avais étabii que les liquides peuvent s’introduire après la mort, non-seulement dans la trachée-artère, mais jusqu’aux dernières ra^ mifications bronchiques (Médecine légale^l. ii, page 345). M.Devergierépétera-l-il ce qu’ila dit a la page 574 du diciionnaire déjà cité, « que la conclusion dont il s'agit n’est pas tout-à-fait rigoureuse, attendu que nous concluons de ce qui arrive chez les chiens, ce qui doit surs enir chez l’homme.’ » Je répondrai que plusieurs mois avant la | ubiicalion de l’article où M. Devergie fait celte singulière remarque, j’avais inséré dans les Archives générales de médecine une note dans laquelle je prouvais le même fait par des expériences sur des cadavres humains (Voyez tome wir).

2° K Le diaphragme est refoulé dans l’abdomen : ce cara> tère est essentiel . dit le docteur Marc, et manque chez tous ceux qui ont été submergés après leur mort.» (Ouv. cité, page 177.) J avais annoncé au contraire que lediaphragmen’était jamais refoulé dans l’abdumen lors de la submersion pendant la vie (Voyez Médecine légale, page 350, tome n).

3“ « Les cavités droites du cœur sont gorgées de sang, et les cavités gauches vides, ainsi que ltsvaissea<<x correspondans » (\Jarc, p. 475). J ’avais dit avoir foq/ours vu les cavités du cœur et celles des gros vaisseaux entièrement ou presque entièrement vides à l’autopsie d^-s cadavres ü’individus siibmer..és tivans, et qui avaient longtemps séjourné dans Ÿ esM (Médecine légale, tome ir, page 349}.

Il aurait fallu reconnaître ces différences, tout en rendant justice au mémoire important de mon honorable et savant cou&ère, Marc, dont j’ai souvent cité les travaux sur d’autres points, avec éloge.

(1) Outre les fluides aériformes qui remplissent les interstices et le tissu même des muscles, outre ceux qu’on tnmve dans le canal imestinal , dans les vaisseaux, et principalement dans les veines, j’eu ai vu distendre la dure-mère comme un ballon, enfler le scrotum, et causer l’érect on du pénis, occuper la cavité des membranes séreuses, former au-dessous "de tes membranes des bul es arrondies et multipliées , 'donner lieu aussi à im emphysème sous-muqueux, soit dans le canal intestinal, soit dans la vessie.

sensible que la jprécédente, et n’offre rien de remarquable.

La consistance du tissu cellulaire varie aux différentes époques de la submersion ; à l’état normal dans les premiers temps, il est plus mou lorsque déjà les sucs rouges l’abreuvent ; quelquefois même, surtout à la tête, il présente la mollesse et l’aspect d’une gelée à moitié fluide. Plus tard, il devient plus dense, sec et filandreux; alors il commence à se saponifier. La safonifr cation change complètement sa nature; il se transforme en gras de cadavre, et n’offre plus l’aspect celluleux ; il devient quelquefois solide et même dur, tandis que dans d’autres circonstances, il est mou. Jaunâtre, et semblable à du lard. Ce n’est guère qu’au bout de trois ou quatre mois, pour les adultes, que ce changement a lieu.

S’il est vrai qu’en général les changemens que je viens de signaler se manifestent d’abord à là face et au scrotum, puis au cou et au thorax, et en dernier lieu aux membres, il est également pertain qne j’ai quelquefois vu ia face et (^’auireg parties du corps distendues et colorées outre mesure, tandis que le scrotum était dans Félat naturel,

Bicliat, après ayolr éiabli qpe iê tissu cellulaire sp pourrit moins vite à Vaiv que les organes glanduleux et musculaires, parle de Faction de Feau sitr çe même tissu. Au bout de trois jnoia de séjour dans l’eau à la température des paves , le tissu cellulaire extérieur aux artères ne paraissait avoir subi aucune altération. Lé sous-cutané , le sous-séreux et Fintermusculaire se pourrissent plus yite, mais moins à proportion que celui de beaucoup d’autres organes. La résistance opposée par ce tissu à Faction de l’eau est moindre quand on le fait macérer avec des organes qui se résolvent facilement çn pulfilàgej que Iprsqu’pfl Fy expose seul ou avec des tissus qui ne s’altèrent presque pas par l’eau, comme les nerfs , par exemple; et en effet, après six rnois de macération, Bichat a vu le tissu cellulaire qui sépare les faisceaux nerveux aussi ferme et aussi distinct qu’auparavant {Anat. gén.^Xùmc, i, p. 69).

^Inscles. Je trouve encore dans les muscles des changepieni ée coloration, de consistance et de nature- La couleur se conserve en général pendant plusieurs mois, et devient même

pius foncée, puis elle passe au rose , et tend de plus en plus à pâlir, jusqu’à ce qu’elle soit devenue d’un blanc grisâtre , jaunâtre ou rosée , comme le gras de cadavre ; à celle époque, les muscles sont effectivement transformés en savon ; quelquefois cependant la couleur rose persiste fort long-temps ; certains muscles résistent en quelque sorte à la saponification, tandis que d’autres sont déjà saponifiés et confondus avec le tissu cellulaire sous-cutané; il est des cas où les muscles sont d’un vert foncé; les sterno- pubiens offraient cette couleur chez une femme qui fut retirée de l’eau cinq mois huit jours après s’être noyée, tandis que les pectoraux étaient rouges, et ceux de la face saponifiés (^Foy. Nécropsië là®, page 732). Les différences de consistance ne sont pas moins remarquables que celles de coloration et de nature ; en effet, les muscles se ramollisent d’abord par leur mélange avec la sérosité rougeâtre qui transsude des vaisseaux, et peuvent être déchirés avec assez de facilité : toutefois, j’ai vu à cet égard des variations extraordinaires : chez le sujet qui vient d’êire cité, les muscles pectoraux étaient assez consislans , tandis que les sterno-puhiens se déchiiaient à la plus légère traction ; et chez un noyé qui n’était resté qu’nzi mois dans l’eau J c’est-à-dire quatre mois huit jours moins t|ue le précédent, les muscles pectoraux se déchiraient avec grande facilité: à la vérité, ce sujet ne put être ouvert qu’après trois jours d’exposition à l’air. Plus tard, lorsque les muscles sont sur le point de se saponifier, ils deviennent plus minces et beaucoup plus denses.

Bichat, après avoir établi que les muscles se pourrissent beaucoup plus vite que les tissus fibreux , cartilagineux et fibro-cartilagineux , ajoute qu’ils se ramollissent dans l’eau au bout d’un temps assez long , et qu’ils se changent en une espèce de putrilage différent de celui qui se forme à l’air libre. D’autres fois, dit-il, ils se transforment en une matière analogue au blanc de baleine; alors leurs fibres sont dures et solides; mais il s’en faut de beaucoup que tous les muscles conservés dans l’eau présentent ce phénomène. Quand il se manifeste, très souvent une espèce de produit rougeâtre, disséminé d’espace en espace sur la surface du muscle, et qui est un effet évident de la décomposition.

aononce et ensuite accompagne cet état, sans lequel il a aussi souvent lieu {Anat. gén., tome ii, p, 237).

Tissu fibreux. Il résulte de toutes mes observations, que le tissu fibreux résiste long-temps à la putréfaction. Voici ce que Bichat avait déjà établi à cet égard. Quand on fait macérer ce tissu, il se ramollit, sa densité diminue, mais il ne se boursoufle point comme on l’a dit; ses fibres alors peuvent s’écarter les unes des autres; on voit distinctement entre elles le tissu cellulaire qui les unit. Enfin , au bout d’un temps très long, elles fiuisseni par se changer en une pulpe mollasse, blanchâtre, qui paraît homogène. Les tendons sont les premiers à céder à la macération; viennent ensuite les aponévroses: parmi celles-ci, celles <iui sont formées par répahouissement d’un tendon , se ramollissent plus vile que celles qui sont destinées à envelopper les membres , que le faseîa lata par exemple. Les membranes fibreuses', les capsules et les gaines de même nature sont plus résistantes. Enfin, ce sont les ligamens qui cèdent le plus tard à l’action de l’eau, qui tend à les ramollir; cependant, lorsqu’ils viennent primitivement d’un tendon, comme le ligament inférieur de la rotule, ils sont plus prompts à être macérés (Anat. gén. tome ii, p. 155).

Os. Presque toujours les os ont une tendance marquée à passer au rose; je les avais vus d’un rouge lie de vin peu foncé dans certaines parties, après quatre mois cinq jours (wy. Nécropsib 10e, p. 724); quelquefois cependant ils deviennent verdâtres et même noirâtres. Ces changemcns de couleur, qui sont en général plus manifestes dans les os longs que dans les autres, ne s’observent guère que long-temps après la submersion , lorsque déjà les os ont été en contact immédiat avec l’eau. Un séjour prolongé dans ce liquide rend aussi les os beaucoup plus friables.

Cartilages. Après le tissu osseux, aucun ne résiste autant à la putréfaction et à la macération; les cartilages peuvent se conserver fort long-temps dans l'eau sans éprouver d’autre altération qu’une légère coloration en jaune. Bichat dit, avec raison, qu’il faudrait plus d’un an pour les réduire à celte pulpe mollasse, muqueuse, fluente, où la macération amène la plupart des organes.

Membranes séreuses. Les membranes séreuses résistent

ioDg-tenips à la putréfaction ; du moins puis-je assurer qu'ellœ n’étaient pourries dans aucune des nécropsies que j’ai faites : on peut même dire qu’elles préservent, jusqu’à un certain point, de la putréfaction, plusieurs des organes qu’elles enveloppent d’une manière serrée. Dans certaines circonstances, elles se dessèchent. Je n’ai pas vu sans étonnement , sur des cadavres qui avaient séjourné de trois à cinq mois dans l’eau , la plèvre, le péricarde et le péritoine , desséchés et endurcis comme du parche7nin, sans que j’aie pu me rendre raison du phénomène j quelquefois les cavités formées par ces membranes séreuses endurcies contenaient un liquide sanguinolent; d'autres fois il n’y en avait pas ; il n’est donc pas exact de dire que toujours les cavités dont il s’agit offrent une collection de sérosité sanguinolente; cela a lieu, il est vrai, surtout dans la plupart des cas où, les noyés étant restés long-temps dans l’eau, le sang a pu transsuder abondamment des vaisseaux, à moins cependant que la durée de l’immersion n’ait été assez prolongée pour que la peau du cou, de la poitrine ou d’une partie de l’abdomen , ayant été détruite, les liquides épanchés dans les cavités séreuses aient pu s’écouler. Bichat avait déjà vu, en soumettant le tissu séreux à la macération, combien il était difficile de le réduire en pulpe : la plus mince , la plus fine de ces membranes , dit-il , l’épiploon y a résisté pendant un temps très long. Les tendons , qui sont si résistans et qui supportent de si grands efforts pendant la vie, étaient déjà pulpeux dans l’eau , que l’épiploon était intact.

Épiploofis. Après s’être long-temps conservés , ils finissent probableuîentpar se saponifier. L’épiploon gastro-colique, après un séjour de trois semaines dans l’eau, était verdâtre ; après trois mois et huit jours, il était desséché, et brun dans plusieurs points, tandis qu’il était noirâtre après quatre mois cinq jours. L’epipîoon gastro-colique était jaune verdâtre et facile à déchirer chez uiî sujet qui était resté cinq mois huit jours dans l’eau.

Membranes muqueuses. Le tissu muqueux est, après le cerveau, celui qui s’altère le plus vite par l’action de l’eau, d’après Bichat. Il se réduit alors en une pulpe rougeâtre très differente de celle qui se formé pendant la putréfaction du même tissu à l’air. Lorsqu’on fait macérer tout l’estomac, déjà cette pulpe s’est

détachée , que le tissu musculeux et la membrane séreuse n’ont subi que peü d’altération.

Encéphale. La substance corticale du cerveau est la première partie qui se pourrit ; elle devient d’un gris verdâtre : je l’ai vue de cette couleur chez un individu qui n’était resté que huit jours dans l’eau {Foyez Nêgropsie 8®, p. 721); la substance médullaire était encore blanchp. Quelque temps après, celle-ci acquiert la même couleur; elle était verte chez trois individus, dont l’un n’était resté dans l’eau que trois semaines, et les autres un mois (en hiver), ce qui prouve l’inexactitude de l’assertion émise par M.Devergie, savoir, que cet effet n’a guère lieu qu’à trois mois (F. les NÊcnopsiEslOe, et 12e, p. 725,727 et 729). Assez souvent la partie la plus extérieure de cet organe est d’un rouge plus ou moins foncé, effet de la iranssudation du sang des vaisseaux et de l’imbibilion cadavérique. Après cinq mois huit jours de séjour dans l’eau, j’ai encore pu distinguer deux nuances manifestes dans les deux substances de l’encéphale. La consistance de cet organe diminue de plus en plus, au point que je l’ai vu une fois, au bout de trois semaines, couler comme une bouillie épaisse , lorsqu’on l’abandonnait à lui-même après en avoir coupéquelques lambeaux; la fétidité surpassait tout ce qu’on peut imaginer. Plus tard,ii se saponifie: dansîaNÉCR0PsiEl6'’,p.7S9, il était réduit à un volume bien inférieur à celui qu’il a ordinairement , et totalement réduit en gras de cadavre ; la forme de toutes ses parties était conservée ; seulement à sa surface existait une matière pultacée d’une odeur infecte; chez la femme, qui n’était restée que cinq mois huit jours dans l’eau, il n’était pas encore saponifié. Le cervelet subit les mêmes altérations que le cerveau , et en général d’une manière plus prompte. Les méninges se colorent promptement en rouge , en rouge violet, et même en brun, du moins dans une partie de leur étendue ; assez souvent la dure-mère est séparée du cerveau par des gaz qui forment une ou plusieurs vessies quelquefois plus grosses qu’un œuf de poule ; du reste, le tissu fibreux de cette membrane n’est détruit qu’au bout d’un temps fort long. Nerfs. Ils ne subissent aucune altération sensible , même au bout d’un temps fort long. Toici ce que disait Bîchat à l’égard du système nerveux : « La

substance cérébrale et celle de la moelle se putréfient avec une extrême facilité quand on les soumet à l’action réunie de l’air et de Veau; elles prennent alors une couleur verdâtre, et cependant acquièrent de X acidité et rougissent le papier bleu. Ce sont même, je crois, parmi les substances animales, celles qui présentent le plus vile ce phénomène. La substance médullaire nerveuse paraît au contraire résister beaucoup plus à la pourriture j les nerfs sont même une des parties de l’économie animale les moins putréfiables. Pendant la vie , on les trouve souvent intacts dans un membre gangréné , au milieu d’un dépôt, etc. : sur le cadavre qui se pourrit, ils gardent leur blancheur et leur consistance au milieu de la noirceur et du ramollissement général. J’ai observé que l’eau de la macération du système nerveux donne très peu d’odeur, tandis que celle du cerveau est fétide. Ces phénomènes n’auraient pas lieu évidemment, si la substance médullaire du nerf était aussi putréfiable que celle du cerveau. Cependant il est manifeste que c’est spécialement au névrilèrae que les nerfs doivent, cette espèce d’incorruptibilité ; car j’ai observé que l’optique où la substance médullaire prédomine, que l’olfactif et l’auditif, qui paraissent dépourvus de ce névrilème , se pourrissent plus facilement que les autres. J’ai remarqué aussi constamment que tandis que la substance blanche de la moelle épinière se pourrit, son enveloppe est intacte » (Anat. gén., t. I , p. 145).

Organes de la respiration. Quelque temps après que les cadavres sont dans l’eau, il s’opère un dégagement de gaz dans les poumons., et ceux-ci ne tardent pas à se distendre et à remplir la totalité de la cavité de la poitrine : j’ai vu quelquefois, au bout d’un mois de séjour dans l’eau en hiver, les poumons emphysémateux, au point que la plèvre qui les recouvrait était soulevée çà et là par des vésicules grosses comme de petites noisettes. Après avoir été ainsi distendus, les poumons s’affaissent, leur volume se trouve considérablement diminué et leur densité augmentée ; du reste, leur couleur, leur aspect ne diffèrent pas de l’état normal. Dans l’observation où le cadavre était resté à-peuprès un an dans l’eau (p. 789), ils étaient réduits audixième environ de leur volume, et bien conservés ; on pouvait les insuffler et les

dilater six ou sept fois autant. Quelquefois les poumons contiennent dans leurs dernières ramifications bronchiques une plus on moins grande quantité d’un liquide semblable à celui dans lequel la submersion a eu lieu : c’est particulièrement lorsque les cadavres ne sont restés que quelques jours dans l’eau ; mais encore faut-il presque toujours, pour la découvrir, examiner les poumons peu de temps après la sortie des corps de l’eau, autrement elle disparaît promptement. Le larynx, la trachée-artère^ les bronches et leurs divisions, conservent leur aspect lisse, mais se colorent très promptement. Leur membrane interne était d’un rouge violacé chez un individu qui n’était resté dans l’eau que huit jours pendant le mois d’avril; d'autres fois elle est d’un rouge brun et même brune; dans certains cas, j’ai trouvé dans ces conduits des parcelles de matières molles, comme graisseuses, véritables débris de matières alimentaires. Jamais je n’ai vu d’écume ni de liquide écumeux dans les conduits respiratoires, si les cadavres étaient restés dix ou douze jours dans l’eau ; je n’en ai aperçu que lorsque la submersion était fort récente, et que les cadavres étaient examinés peu de temps après leur sortie de l’eau. Du reste. Je crois avoir suffisamment expliqué ces phénomènes ailleurs (Voyez article Submersion, tomeii). Plus tard, les cerceaux cartilagineux perdent leur élasticité, se déforment, et finissent par se réduire aux fibro-cartilages, les tissus membraneux intermédiaires ayant été détruits les premiers par la putréfaction.

Organes de la circulation. Le cœur tend de plus en plus à se ramollir ; il finit par être toul-à-fait flasque ; sa couleur se fonce et passe successivement au rouge violet et au rouge brun presque noir, surtout dans l’intérieur des cavités droites et pendant les temps chauds ; quelquefois sa surface, au lieu de rester humide, se dessèche d’une manière rtimarquable ; enfin il se saponifie, notamment dans sa partie gauche. Gliez la femme qui fait le sujet de la Nécropsie 16®, p. 739, et qui éîaît restée environ un an dans l’eau, le ventricule gauche du cœur presque entier était saponifié, tandis que le droit offrait à peine des traces desaponificaiiou ; on n’en apercevait pas non plus chez le sujet delà KécropsiE 15®, p.7S6, qui était resté cinq mois huit jours dans la rivière-

Les artères et les veines^ mais surtout ces dernières, coU" tiennent du sang ; elles sont le siège d’un développement considérable de gaz {V. Kécropsie 12®, p.729) qui ne tardent pas à déterminer la transsuda lion du sang à travers leurs parois, et à les colorer en rouge, en violet ou en rouge brun ; d’où il suit que celte coloration sera plus intense dans les portions des vaisseaux où il y avait plus de sang et où il s’est dégagé plus de gaz. J’ai vu, chez un individu qui était resté plus de quatre mois dans la rivière, la veine cave et l’aorie abdominale peu colorées, tandis que chez d’autres sujets qui n’étaient restés dans l’eau que deux ou ü’ois semaines,' ces vaisseaux étaient fortement colorés. Indépendamment de cette coloration, les artères et les veines se ramollissent, deviennent flasques, et leurs parois s’affaissent à la longue; alors elles ne contiennent plus de gaz ; plus tard les artères finissent même par se saponifier, tandis que les veines acquièrent plus de densité. Chez la femme qui était restée dans l’eau pendant un an environ («ot^e^NÉCROPSiE 16®, p. 7S9), les artères offraient une tendance à la saponification, tandis que les veines présentaient un tissu serré, résistant, et paraissaient avoir acquis plus de solidité. Bichat, après avoir établi que les artères exposées à l’air se pourrissent presque aussi difficilement que les cartilages et les fibro-cariilages, dit que l’eau dans laquelle ont macéré des artères exactement isolées de tout tissu voisin, n’est pas fétide; en comparant celte eau à celle qui a servi à la macération des muscles, la différence est tranchante. Une preuve manifeste de la résistance des artères à la putréfaction et à la macération, c’est ce qu’on observe dans les viscères qui ont longtemps macéré ou qui sont pourris, comme daiis le foie, la raie, les reins. Dans l’un et l’autre cas, dans le premier surtout, ces viscères se trouvent réduits à une espèce de pulrilage. Eh bien ! leurs artères ont conservé leurs tissus encore très durs, dans le ramollissement générai. Sur le vivant, ces vaisseaux sont aussi infiniment moins susceptibles de putréfaction que la peau, le tissu cellulaire, etc. Le tissu veineuse se pourrit plus facilement que l’artériel, mais bien moins que d’autres, par exemple, que le musculaire. L’eau où il a macéré isolément est beaucoup moins fétide que celle où une portion égale de tissu musculaire aurait

séjourné {Anatomie gène'rale , tovoQ i*% pages 286 et 409).

Sang. La quantité de sang contenue dans le cœur et dans les gros vaisseaux varie beaucoup ; toutefois, elle n’est pas très considérable, et je n’ai jamais pu vérifier cette distension des ventricules du cœur et des vaisseaux par le sang, dont parlent les auteurs : à l’ouverture des cadavres qui avaient long-temps séjourné dans l’eau, j’ai toujours vu les cavités du cœur et celles des gros vaisseaux entièrement ou presque entièrement vides; du reste, le sang est d’un rouge brun noirâtré, etpresque toujours fluide. Cette fluidité en effet manque rarement chez l’homme ; une fois s.eulement, dans mes nombreuses nécropsies de noyés, j’ai trouvé quelques caillots fibrineux dans le sang.

Organes de la digestion. Le canal digestif est décoloré chez les noyés qui ne sont pas restés long-temps dans l’eau ; mais il ne tarde pas à rougir, au point qu’il suffit quelquefois d’un séjour de deux ou trois semaines dans la rivière pour que V estomac soit d’un rouge violacé ou même d’un brun violet {voy. NÉcuopsiElOe, p.726) ; cette rougeur, qui s'étend bientôt à toutes les tuniques du viscère, pourrait en imposer d’autant plus pour une phlegmasie, que dans plusieurs de ses points il existe un emphysème sousmuqueux, emphysème que l’on a par conséquent trop exclusivement considéré comme le résultat d’un travail inflammatoire. J’ai vu, dans un cas, la portion de péritoine qui revêt la face supérieure de l’estomac soulevée par des gaz, au point de présenter une bulle de la grosseur d’un œuf. Les subissent les

mêmes altérations que l’estomac ; mais eu général elles se manifestent plus promptement dans les intestins grêles que dans les autres. Tous ces viscères finissent par se ramollir, deviennent grisâtres et se détruisent. Chez la femme qui était restée un an daasreau(z702^. Négropsie 16®, p. 740) , l’estomac et toute iacouche superficielle des intestins étaient détruits ; il ne restait que des cavités peu distinctes les unes des autres. Les intestins pre/ÔMÉfe étaient conservés et contenaient encore des matières fécales.

Organes glanduleux. Avant de parler des organes glanduleux en particulier, il ne sera pas inutile de mentionner les principaux résultats obtenus par Bichat. Les glandes, dit-il, cèdent diversement à l’action de l’eau : le foie y résiste plus que le rein.

qui, au bout de deux mois d’expériences faites dans des vaisseaux ptecés dans des caves, a été réduit en une bouillie rougeâtre nageant dans l’eau, tandis que le premier conservait, à la même époque et un peu plus tard, sa forme, sa densité, et avait seulemeUt changé sa couleur rouge en uu brun bleuâtre, caractère opposé à celui du rein, qui reste dans la macération tel qu’il est. Les glandes salivaires contiennent beaucoup de celle substance blanchâtre, onctueuse et assez dure, que présentent toutes les parties celluleuses long-temps macérées (gras de cadavre) , ce n’est pas le tissu glanduleux qui a changé, mais uniquement la graisse contenue dans la cellulosiié ici très abondante {Anat. génerj^, tome ii, page 680).

Foie. Le foie se ramollit de plus en plus, ce qui empêche de bien distinguer les diverses substances qui le composent ; sa couleur se fonce aussi et présente diverses nuances, suivant que le foie était primitivement de telle ou telle autre couleur. J’ai souvent vu, après trois mois de séjour dans l’eau en hiver, sa face supérieure desséchée dans une assez grande étendue, offrant çà et là des plaques blanchâtres semblables à de la moisissure; d’autres fois et plus tard, c’était une matière granulée, comme desséchée, d’un blanc assez éclatant ou d’un blanc jaunâtre; ayant l’aspect du gras de cadavre ; ces matières existaient aussi, mais moins abondamment, à l’intérieur de l’organe, dont la consistance était diminuée.au point de se laisser déchirer très facilement; la membrane péritonéale qui le recouvre était soulevée par des gaz, et formait quelquefois des ampoules très volumineuses. La vé&ieule du fiel se conserve long-temps, blancMt quelquefois, et devient souvent emphysémateuse. La rate tend aussi à se ramollir, à se foneer en couleur et à devenir emphysémateuse : dans un cas, je l’ai vue très desséchée à l’extérieur, et aussitôt qu’on cherchait à la séparer elle se déchirait et se réduisait en une sanie rougeâtre {voy. JVécropsie lâ®, p.7â2) ; e^z l’individu qui était resté pendant quatre mois cinq jours dans l’eau, elle était lie de vin à l’intérieur et réduite en bouillie. Le créas aussi se fonce en couleur, devient violet, perd de sa consistance, et n’offre plus de granulaiions distinctes.

Organes urinaires. Apres trois mois de séjour dans l’eau en

hiver, j’ai toujours vu les reins d’une couleur plus foncée, quelquefois même bruns ; leur consistance était tellement diminuée qu’on les déchirait avec la plus grande facilité, et l’on ne pouvait plus distinguer les deux substances qui les composent. Leswretères deviennent rouges d’abord , puis d’un brun violacé. La vessie conserve long-temps sans altération, puis sa membrane muqueuse devient rosée, rouge, violette, et se soulève par des gaz qui se dégagent dans le tissu cellulaire sous-muqueux. Je n’ai jamais remarqué ces altérations pendant le premier mois du séjour des cadavres dans l’eau.

Organes génitaux. La matrice tarde beaucoup à perdre sa consistance ; sa couleur devient également rouge violeiieV

Après avoir fait connaître les altérations successives que présentent les divers tissus qui se pourrissent dans l’eau à une tem~ pérature moyenne, je crois devoir indiquer, d’une manière succincte, les faits /es plus remarquables observés par le docteur Güntz, en plongeant des enfans nouveau-nés dans de l’eau très froide et dans le même liquide chaud.

Action de l’eau froide. Si l’on place dans l’eau qui est sur le point de geler, ou qui est déjà en partie glacée , le cadavre d’un enfant qui vient de mourir, l’eau pénètre promptemént dans les oreilles, dans la bouche et dans les narines ; il se dégage des balles d’air, et, quelques instans après, la raideur cadavérique se manifeste et ne tarde pas à s’emparer de toutes les parties ; le corps paraît gelé et immobile au fond du liquide et au milieu de la glace. Une heure après la submersion , le doigt, appliqué sur la peau, n’y laisse aucune impression ; le thorax cède légèrement, le ventre a encore moins d’élasticité ; les cartilages des oreilles, du nez, et le cordon ombilical, ainsi que le pénis, sont si fragiles, qu’ils se brisent par un choc un peu brusque et restent dans la glace ; les membres s’arrachent en entier, si on essaie de fléchir violemment leurs articulations.

Le corps a perdu beaucoup de son volume ; le globe Oculaire et le scrotum paraissent surtout bien diminués ; la diminution est moins sensible dans les autres parties. Le poids du cadavre , débarrassé de la glace qui adhère à sa surface, est aussi moindre qu’avant la submersion. La peau est blanche, luisante , et mar-

qaée çà et là de taches brillantes ; on voit rarement des parcelles colorées en rouge pâle. La cornée , qui n’est pas encore tout-àfait terne, permet de voir l’iris a travers ; le cercle de la pupille, d’une grandeur ordinaire, est gris noir ; les lèvres sont d’un rouge pâle , les bords des gencives d’un rouge clair, l’émail des dents blanchâtre, et le dos de la langue rougè pâle , tandis que sa face inférieure est d’un gris bleu; les mamelons sont bleuâtres, le cordon ombilical nacré, et tacheté de points d’un bleu foncé ; sa surface incisée offre une couleur rouge clair; le pénis, le scrotum et la peau des grandes lèvres sont d’un blanc rougeâtre ; les ongles des doigts sont d’un violet pâle ; ceux des orteils ont une teinte plus claire ; les bouts des dernières phalanges offrent souvent une nuance de sang.

Le cadavre ne répand point d’odeur ; la température est à zéro ou au-dessous. Le scalpel ne peut diviser qu’avec beaucoup de peine, et, si l’on emploie un instrument plus fort, on voit que toutes les parties intérieures sont raides et luisantes ; des fragmens de glaçons, quelquefois colorés en rouge , se déposent sur les bords des parties incisées et les rendent brillantes. La circonférence de tous les organes est diminuée. Le cerveau se rompt facilement par petits fragmens , et offre des fissures irrégulières qui paraissent partir des ventricules. Le thymus , un peu plus dur que les autres viscères , n’a presque pas diminué de volume. Le péricarde adhère au coeur et se déchire quand on veut l’en séparer; le cœur contient souvent beaucoup de sang congelé. Les poumons qui n’ont pas encore respiré sont très petits, durs, unis, et se précipitent rapidement au fond de l’eau ; quand au contraire ils ont respiré, iis remplissent la cavité pectorale, sont granuleux à la surface , tendus , élastiques , et surnagent , quoique difficilement. Lé diaphragme est ridé et présente des enfoncemens du côté du ventre ; celui-ci n’est gonflé que lorsqu’on a introduit des aiimens dans.l’estomac après la naissance ou lorsqu’il s’est dégagé des gaz ; dans le cas contraire , les intestins sont affaissés , et forment aux endroits qui contiennent du méconium des cylindres durs et élargis. Le foie est volumineux , plus convexe qu'à l’ordinaire ; les bords des lobes droit et gauche, sont un peu plus courbés; sa face concave est luisante à raison des gouttelettes I. «

de sang qui se sont congelées. La cavité de la vésicule biliaire est fortement ridée. La rate est arrondie, tendue, dure; le pancréas facile à déchirer; les reins sont consislaiis et raides; les parties génitales internes sont ün peu dures et moins volumineuses.

La couleur des viscères est en général plus claire que si lé cadavre eût été exposé à l’air. Le derme est d’un rouge blanc, ta graisse est d’un blanc jaiinàiré, les muscles d’un brun clair, les os d’un rouge clair, excepté les pariétaux qui sont d’un rouge tirant sur le bien ; les cartilages sont blancs , légèrement rosés en piusienrs endroits. La substance* coriicale du cervéaii est blanche; la substance médullaire est d un jaune brunâtre, et couverte de points rouges; la moelle épinière et les nerfs sont d’un blanc rougt'àtre. Le cœur, couleur d«^ chair, lire cependant un peu sur le rouge; les poumons qui ii’out pas encore respiré sont d’un rouge bleu , et d’uu Jaune clair si la respiration a eu lien. L’estomac et le. canal intestinal sont d’un rouge pâle , marqués çà et là de taches j:iunes provenant de la bile ; le foie est brun toucé , bleu noir, et marqué en Jaune; la vésicule biliaire est d’un Jaune foncé et d’un blanc rougeâtre. La rate est noire ou bleue ; le pancréas est d’uu rouge blanc , la surface des reins d’ini blanc brunâtre. Tonies ces parties reub rmenl du sang gelé, d’uu rouge foncé, qui passe 'au rouge clair par le dégel.

La durée de celte période est indélerm inêe; tant que le corps est dans les mêmes conditions, il ne change point délai; on n’observe dono pas les périodes uliérieur es de la df composiiion. Mais si le cadavre est en outre sous l’iiiflueiice de quelques agens mécaniques, tels que de s glaçons mobiles, des animaux voraees, etc., il éprou\edes ohaiigemens notables; les glaçons déiaehciit quelques frygmens des pai lies molles, que lques doigls; quelques orieils et même des membres eniiers ; ils compl iment les parois des trois cavités, 1. s perce nt, et finissent par broyer les os. Les animaux aquatique s et vorae-cs euleve ul les pai lie's charnues. Le courant cemli ibue égalomeni a détruire la connexion desdiver.es parties et â les disséminer; il éteve le cadavre t’u fond de i’eau j et il reuiraîiie plus ou moins haut avec les glu- ^ns, *

Action de Veau très chaude. Quand on verse de l’ean très chaude sur le corps d’un enfant nouveau-né, que l’on laisse dans ce liquide jusqu’à ce que la lempératui e ne soit plus que de 30* R., on remarque que l’épi lerme se soulevé et se détache tacilemenl, qu il est ridé, rétiforme, surtout là où la chaleur a exercé sa princijrale influence ; les poils peuvent êtr e facilement arrachés ; les cheveux ne sont plus solidement implantés; les os du crâne peuvent être déplacés ; la fontanelle frontale est molle ; les cartilages des oreilles et du nez sont souples et les paupières toujours ouvertes ; les yeux sont lâchement maintenus dans les orbites; le cordon ombilical est très ramolli, l’anus relâché, et les articulations très mobiles- Les ongles des doigts et des orteils tiennent encore solidement parleurs racines.

Le cadavre exhale uné légère odeur de gibier trempé dans l’eau bouillante, et ne présente point de taches cadavériques; il est d’un blanc jaunâtre, rouge dans quelques endroits; les points du réseau cutané soulevés tirent sur le blanc de lait; les yeux ont perdu leur éclat ; les bords des lèvres sont d’un rouge brun clair; la langue et les parois de la bouche sont brunâtres ; le cordon ombilical est d’un blanc sale, sans aucune tache bleue; les ongles des doigts sont d’un gris pâle, et blancs aux extrémités ; ceux des orteils sont blancs. En ouvrant le corps, on voit que toutes les parties sont dans un état de flaccidité remarquable ; c’est- même à ce seul caractère qu’on peut les distingin r de celui d’un enfant nouveau-né, ujorl depuis peu de temps.

L’eau dans laquelle le corps a été plongé est d’un rouge pâle, trouble et mêlée de cheveux.

Quand, au lieu d’agir ainsi, on fait bouillir le cadavre pendant une demi-heure dans l’eau, l’épiderme se détache par grands lambeaux d’un blanc de lait ; le corps, dont les parties paraissent avoir moins de cohésion, a conservé ses formes, quoique cependant la tête soit plus anguleuse et que le menton et le nez soient aplatis ; mais cei i d<'*pend de la pi-ession (exercée par les paroisdu vase; les cheveux s’arrachent avec facilité ; les poils sont en partie suspendus dans l’épiderme détaché, en partie légèrement implantés daus le derme; les os de la tête se déplacent avec peine. Les deux oreilles et même les cartilages du nez adhèrent fuible- 49,

ment à leurs points d’insertion. Le ventre est flasque, le cordon ombilical et l’anus relâchés, les articulations très mobiles : le derme reçoit facilement et conserve les impressions du doigt; aucune partie du corps n’est élastique. Les parties, dépouillées d’épiderme, sont d’un jaune gris clair, entremêlé de rose et même de rougeâtre ; les parties colorées sont d’un blanc grisâtre, les lèvres d’un brun clair, les parois de la cavité buccale et la langue d’un brun encore plus clair, les mamelons d’un rouge brun clair. Le cadavre ne répand aucune odeur désagréable.

L’eau dans laquelle le corps avait bouilli était trouble et tirait sur le rouge ; en en mettant un peu dans un verre, on voyait de la graisse et de l’écume surnager, des grumeaux de méconium se précipiter, des cheveux et des poils rester mêlés avec le liquide.

Quand, après avoir examiné rapidenient les corps que l’on a fait bouillir pendant une demi-heure avec l’eau, on les plonge de nouveau dans ce liquide bouillant, et qu’on prolonge l’ébullition pendant une heure et demie, en ayant soin de renouveler l’eau à mesure qu’elle s’évapore, on remarque que la surface de l’eau est épaisse, écumeuse, mêlée de graisse, de cheveux, de fragmens d’épiderme, de sang, de mücus, et même de quelques parcelles de tissu cellulaire. En essayant de retirer le corps, on voit que ses formes sont considérablement changées et en partie détruites; la tête se détache; le cuir chevelu se déchire en plusieurs endroits ; les commissures membraneuses sont déchirées, et livrent passage à des lambeaux de la dure-mère et du cerveau, qui est ramolli et d’un blanc grisâtre, excepté vers les parties in tèriies qui sont rougeâtres. L’oreille droite et le nez n’existent plus. Les ouvertures des paupières et de la bouche ressemblent à de longues fentes étroites ; la langue est petite et épaisse. Les tégumens elles muscles sont déchirés obliquement sans être frangés ; les artères sont proéminènies sur les parties déchirées, comme des pointes tuberculeuses, longues deS centim.; les vertèbres sontséparées dans un ou plusieurs endroits, et l’on voit sortir une portion de l’enveloppe de la moelle épinière. La cavité pectorale est ouverte ; l’on aperçoit des déchirures profondes et transversales qui pénèU enljusqu’aux muscles intercostaux. L’abdprnen, tiraillé et

affaissé, était fendu depuis le nombril jusqu’à la région pubienne; celle fente donnait issue à une partie des inlesiins en bouillie et à du méconium ; il n’y a plus ni cordon ombilical ni scrotum ; le pénis est réduit à un petit boulon, et l’ouverture de l’anus rempliirespace limité parles ligamens sous-sciatiques. Les extrémités supérieures sont presque dépouillées de parties molbs; la main droite et les doigts de la main gauche n’existent plus, et l’on ne trouve dans l’eau que les noyaux ossifiés des os qui les formaient. Les extrémités inférieures, presque entièrement dépourvues de parties molles, ont éprouvé des altérations encore plus considérables. La jambe droite est séparée de la cuisse l’extrémité gauche, dont le pied n’existe plus, s’est détachée de la cavité cotyloïde au moment où l’on a retiré le corps de l’eau La plus légère traction suffit pour désunir les articulations. Les épiphyses cartilagineuses sont détachées de quelques os, notam ; ment de ceux qui ne tiennent plus à l’ensemble. Les muscles, presque complètement dissous, ne présentent que çàet là un peu de solidité et une structure fibreuse : le derme et le tissu adipeux sont séparés des muscles, et comme renversés dans plusieurs endroits. Le cerveau, les nerfs et les gros vaisseaux sont assez consisians, surtout si on les compare aux autres parties.

Les couleurs sont nn général plus pâles que lorsque l’ébullition n’avait duré qu’une demi-heure; l’épiderme est gris jaune, les muscles d’un brun clair, et les os d’un gris jaune. A l’intérieur, on voit que Jes poumons, le foie et la rate ont été dissous et comme fondus ; que le thymus et les reins sont durcis et tenaces; que le diaphragme est réduit à son aponévrose centrale, et que tout le sang a été enlevé par l’eau.

PüTRÉFACTIOX DES CADAVRES DANS DES FOSSES d’ AÏS ANGES.

Je suivrai ici la même marche que précédemment ; je ne ferai connaître l’état des organes des cadavres qui ont séjourné plus ou moins long-temps dans Ce milieu, qu’après avoir rapporté les expériences que j’ai cru devoir tenter.

-EXPÉRIENCE i''*.

X***, pnfànt du séxe féminin, â ;é de six jours fût placé le 7 août 1859 dav$ les matières fécales en partie liq lides et exposées à l'air : ces matières étaient renfermées dans iin tonneau d'un mètre de haut, qui en contenait jusqu’à la hauteur de 50 centimètres, et qui était constamment fermé par un couvercle; de sorte que les corps déposés dans ce milieu étaient évidemment placés dans les mêm< s conditions que ceux que l’on jette dans les fosses d’aisances, si ce n’est que le tonneau donti! s’agit était en plein air et que par conséquent sa température n'était pas pi écisément la même que celle de ces fosses. Voici quel était l'aspect du cadavre au moment de l’immersion dans ces matières : maigreur générale; chute et cicatrisation iinparfaiie du cordon ombilical ; la peau est ridée aux membres, au cou et à la face; les grandes lèvres sont rougeâtres et flasques; le \entre est aplati, et présente une légère coloration verdâtre vers la partie inférieure ; il y a une petite ulcération lenticulaire de la peau au-dessus de la malléole droite ; les ongles ont une coloration bleuâtre foncée ; on voit quelques cheveux bruns peu longs. Le 9 août, rien de remarquable. I.elî, lu (ace est gonflée, de couleur violacée en liaut et ni milieu, plusclaN vers la partie inférieure, où elle est même presque blanche ; les yeux font saillie à cause des gaz qui se sont dégagés dans l'orbite ; l’épiderme s’enlève facilement à la tète et à la face, et l’on voit alors que la peau du crâne a une teinte rouge vineuse. Le ventre est ballonné, taché en bleu et en violet lie de vin ; l’épiderme qui le recouvre se détache aisément; la peau de rubdomen offre une teinte bistre clair Le dos est pâle et recouvert d’épid.erme qui y adhère encore notablement. Les membres sont pâles, ridés; ^eur épiderme ne s’enlève pas aisément. Le 1.5, la tète surnage en partie et: est entièrement dépourvue d’épiderme, d’une couleur légèrement olivâtre dans la région frontale et sur les pariétaux, d’un rouge vineux à la partie postérieure et aux oreilles; le cou présente une couleur semblable.; la face eslid’un jaune cuivré; les yeux font toujours saillie, surtout le droit; le tissu cellulaire de ces régions est remplidè gaz; le tronc est aussi très emphysémateux, et le thorax très bombé. L’épidormeest enlevé en partie, et là où il existe encore il semble n’être qu’apposé ; dans les parties correspondantes aux deux mamelons, on aperçoit une couche jaune cuivrée, moins foncée quo celle fei face : vers la partie moyenne du thorax, on trouve une tache rouge vineuse, qui a environ la largeurde3ceiitim.,et qui s’étend du cou à la partie inferieure du sternum. L'ab Ion en est gonflé, et présente différentes, nuances de couleur bleuâtre, et d’un laune cuivré comme aux mamelons; les membres sont un peu plus gonfl'S qu'avant-hier ; ils ^nt pâles, et leur épiderme offre la ntiême disposition que celui des autres parties. Pendant les neuf jours qu’a duré l’expérience, la température de l’atmosphère a t>arîé de 46“ à 22“ + 0".

Çn autre enfant du sexe féminin, âgé de douze jours, ayant été placé dan» les matières fécales ie 22 juillet 1829. ne présentait rien de remarquable le lendemain (temi éralure de ralmosphère, 19“ + 0“ R ). Le 2i, à midi, le ventre était sensiblt inent ballonné. Le 25, la tempéralure de l’atniOéphère était de 23° R.; l’épiderme était riélarlié dans plusieurs parties et s’i nlevait facilement ; dans les antres, il était blanc, ain&i que la peau; le ventre était cni-ore plus b; bont é. Le 27, le cadavre était venu à la surface du liquide; une grande partie du thoiax et de rabdoincn était en eoulact avec l’air.

EXPÉBirNCE 2e.

J***, âgée de sept jours, fiit placée le 24 avril 1 830 dans les matières fécales que contenait le tonneau dont il a été parlé à la paie 774. Au moment de rimntersion. la coloration çénèiale était naturelle, si ce n't'St que l'abdomen était verdâtre et le dos légèrement rosé; (fu res e, le cordon omb li‘-al n'était pa.-* encore cicair sé. *

Examen le quatre mai, dix jours après le commencemet t de l’expértet'co; pendant ce temps là ternj ératnre de ralmo-iphère avait varié de 4“ + 0” à 1 9“ -î- 0" R. Le cadavre est entier, decoidenr paie tirant légèrement snr l’olive très claire ; la panie anféi ieure et latérale gauche du thorax. ainsi que tcutlecôlé gauche de l’abdomen, ëlaien! hors de là matière, et éiaienl recouverts d’une couche liemi desséchée d'excrémens brunâtres que l'on pouvait aisément enlever avec de l’eau.

Épiderme. Excepté dans un petit nombre de points, l’épiderme existe partout ; mais il est plissé, ridé, soulevé, et en géuéral facile à détacher; il est même probable que celui q»i manque dans certaines |>î=r ics a été séparé pendant qu'on lavait !ë corps 11 èsl blanc, translucide, assez ntince et peu résistant ; celui de la plante des pieds et de U paume des mains n’est ni jiliis ni moins facile à enlever que oe'ui des autres régions; mais ii est bien pins plissé et d’un blanc mat, comme s’il eût été en contact pendant quelque temps avec un cataplasme émollient. Les ony les qu't ne> ioat paa encorè tombés, sont d’un blanc grisû re, de con^istance presque normale et faciles à arracher ; le derme qu'ils recouvrent est lisse et d’un rouge groseille.

La peau, dépouillée d'épiderme, offre partout les mêmes teintes que celles qni ont déjà été indiquées, excepté cependant à la plante des pieds, où elle est d’un rose pâle, êt à la région étugaslriqüe, qui est marbrée de blanc et de bleu, comme du savon. Nulle part on n’aperçoii la teinte rouge qui se manifestera plus lard. La consistance et la s'ruclure de ce tissu paraissent naturelles.

Lr tissu cellulaire sous-cutané est très humide sans être infiltré, assez résistant et d’un aspect ordinaire. Lesmuscles, sai-sen excepter ceux de l’afe. domên, sont très pâles; ils sont un peu ramollis et sans apparence d’infil-. trétièà. Les nerfs sont légèreôïent rosés et assez résistans. Les tendons et

les aponévroses sont moins brillans que dans l’état naturel. Les Ugamm$, les os et les carhVag'és sont à l’état normal; ces derniers n’offrent aucuae teinte rosée.

Tête. La face est parfaitement reconnaissable; les sourcils, les cils et les paupières sont entiers ; celles-ci sont appliquées l’une contre l’autre, sans être poussées en avant ni enfoncées dans les orbites, en sorte que les yeux sont fermés et dans leur position ordinaire ; la cornée transparente est devenue opaline; les membranes sont dans l’état naturel ; les humeurs aqueuse et vitrée présentent déjà une teinte légèrement rougeâtre. Les oreillessont un peu ramollies et colorées comme le reste de la peau, en pâle tirant sur l’olive claire. Le nez est entier et non déformé ; il en est de même des lèvres qui sont aussi un peu ramollies, et dont le bord libre est rougeâtre. Labou» che est béante. Des cheveux nombreux et longs sont encore accolés à la tête et se séparent quand on enlève l’épiderme; la peau sous-jacente n’est pas rouge, elle offre la même teinte que dans les autres régions ; le tissu cellulaire sous-cutané n’est ni coloré ni infiltré. Le cerveau est entier, Tougeâtre à l’extérieur et d’un blanc rosé intérieurement; on distingue parfaitement les circonvolutions, les sillons, et même çà et là les deux substances ; cependant il est assez ramolli pour qu’on ne puisse pas reconnaître les divers objets qui sè trouvent dans les ventricules latéraux. Le cervelet est encore plus mou que le cerveau. La dure-mère est d’un blanc légèrement rosé, et à-peU'près de consistance et d’aspect ordinaires.

Thorax. Le péricarde contient environ une cuillerée à café d’un Jiquide sérô-sanguinolent; il n’est pas sensiblement ramolli ; sa couleur est rosée. Le cœur, de volume et de couleur ordinaires, contient du sang écumeux en partie coagulé ; il est à peine ramolli, et laisse apercevoir toutes les parties qui le constituent. Les valvules sygmoïdes sont rosées ; l’aorîe, qui offre cette même teinte, surtout à l’intérieur, contient aussi du sang écumeux liquide et coagulé. Les poumons sont volumineux, déjà emphysémateux par parties, crépitans et de couleur naturelle; ils nagent sur l’eau, même après avoir été très fortement pressés à plus de vingt reprises ; ils sont un peu ramollis; toutefois, leur structure est encore parfaitement reconnaissable. La trachée-artère et le larynx sont entiers; leur membrane interne est olivâtre à la partie supérieure du canal et rougeâtre en bas, surtout entre les cerceaux cartilagineux, dont la couleur est simplement rosée. Le diaphragme est ramolli et bleuâtre dans les parties correspondantes au foie et à la rate ; sa structure est normale, et l’on y reconnaît très bièn le centre tendineux.

Organes digesiifs. La membrane muaueuse buccale est couleur d’ardoise à la partie moyenne de la voûte palati. e ; partout ailleurs elle est d’un.gris rosé, un peu plus pâle que dans l’état naturel. La langue, à cela près d’un peu de mollesse, paraît aussi ne pas différer de ce qu’elle est à l’état normal. Le voile du palais, ses piliers, la luette et le pharynx sont d’un gris rosé pâle. La membrane interne de l’aesophage est grisâtre, pointilléeçà et

]à de petites taches rougeâtres, surtout à la partie inférieure. L’œtomacest tellement ramolli, qu’il est impossible de le séparer sans le déchirer et sans le réduire en quelque sorte en une masse gélatineuse, état qu’on ne saurait attribuer à la putréfaction, et qui tient évidemment à une maladie à laquelle l’individu avait succombé : du reste, il est d’un rouge violacé par parties, et grisâtre dans d’autres ; les trois tuniques qui le composent peuvent être distinguées, partout où le ramollissement n’a pas été porté à un si haut degré. Le canal intestinal est très pâle et paraît dans l’état naturel. Le foie est rougeâtre aux deux tiers internes de sa face inférieure, et de couleur ardoise à sa face supérieure et au tiers externe de sa face inférieure ; sa structure ne présente rien de remarquable, quoique l’organe soit un peu ramolli. La rate, d’un bleu ardoisé à l’extérieur, est d’un rouge sale là où elle répond à l’estomac; elle est assez molle; cependant on peut encore la presser assez fortement sans la réduire en bouillie, et on y reconnaît bien sa structure. Le pancréas diffère peu de l’état naturel.

Organes urinaires et génitaux. Les reins sont verdâtres à l’extérieur et d’un rouge brun à l’intérieur ; ils sont un peu ramollis, mais leur structure normale est parfaitement reconnaissable, La vessie est entière et dans l’état naturel ; elle renferme un peu d’urine. L’utérus, d’un gris bleuâtre à l’intérieur, n’offre rien de particulier; les organes génitaux externes sont à l’état normal.

Le cadavre n’exhale pas une odeur très désagréable, et il n’y a point de vers.

EXPÉRIENCE 3e.

N***, enfant du sexe féminin, âgé de dix jours, mortle 4eravriH830, fût mis le surlendemain dans la matière des fosses d’aisances contenue dans un tonneau semblable à celui dont il a été parlé à la page 774. Au moment de l’immersion, l’abdomen était verdâtre, la partie postérieure du tronc violacée, les organes génitaux et le pourtour de l’anus rouges, les membres rosés,, tirant légèrement sur le violet ; le thorax et la face étaient dans l’état naturel, et les ongles bleuâtres.

Examen du corps le 25 avril, vingt-six jours après le commencement de l’expérience : la température moyenne de l’atmosphère pendant ce mois a été de + 0“ th. cent.

Le cadavre est entier ; le côté gauche de la tête, du thorax et de l’abdomen, qui depuis quelques jours étaient hors du liquide, sont recouverts d’une légère couche d’excrémens non encore parfaitement desséchés, et que l’on enlève facilement, après avoir trempé le corps dans l’eau, en raclant avec un scalpel. La coloration est très variée ; d’un violet clair dans beaucoup d’endroits, elle est blanchâtre vers le haut du thorax, d’un vert bleuâtre très clair au bas et sur tout le côté gauche de l’abdomen; toutefois on voit à la partie supérieure et antérieure decette région latérale gauche une plaque marbrée de blanc et de bleu, large de 35 centimètres environ

çn fows sens, et qui a l’aspect du savon marbré. Le coude et l’épàale gaoches, qui étaient également hors du liquide, sont wrts; les genoux, lei paumes des mains, les plantes des pieds, les doigts et 1rs or' eilsso::t blanchâtres; les organes génitaux, les fesses et le pourtour de l’anus sont d’un blanc jîunâtre.

Épiderme. 11 existe partout, et il n’est soulevé nulle p''rt. A la plan'e des pieds, aux orteils^ à la paume des mains et aux d( igLs, il est ridé, plissé, d’un blanc mat, comme s’il rùl éié pen 'anl quelque temps en conta t avec des cataplasmes émolliens. II s'enlève aisémi nf à la partie poslériéuredurou, au dos et dans toutes les paities qui étaient hms du liiitiide, tandisqu’ii tient fortement partout ai leurs; il est blanc, Iran, lucide, facile à déchirer, et semblable â celui qoi a macéré dans l'eau tiendarit quel jué temps Les ongles ne sont pas encore tombés, et quoique leurs extrémi-és libres se déchirent par le phis léger effort, ils ne se ia-ssenf pas arnicher très facilement; loittefois, on |»eul les sépanu-, et alors oit voit qu’ils sont assex ramollis, ti’un blanc jaunâtre, trari.-ilucides, et que le derme qu’ils recouvient est couleur dé lie de vin très foncée.

Le derme est diversement coloré : à la cuisse et à la jambe gauche.^, il est d’un rouge oc'aracé, plus ou moins clair, et offre çà et là, surtout à la partie supérieure de la cuisse, dos plaques de cotileiir vert d’Iiei be; à la jambe droite, il e.sl d’un rouge ochracé plus cir.ir, et à la cuisse du meme cété, d’un gris tirant légèrement sur la même couleur; au tronc, il est gris ou d’un gris verdâtre; aux bras et aux avant-bras, il est rougeâtre : il conserve partout, son épaisseur etsa lexliire norittales.

Le tissu cellulaire sous-cutané des membres et de la partie antérieure du tronc, est dans l’état naturel, si ce n’est qu’il est d’un jaune légèrement safrané; il est rougeâ.'re àla partie inférieure du dos et jaunâtre en haut; celui de la tète est infilfrc dé gaz el d'un liquide sanguinohml, d'un rouge a§spg foncé et comme gélatineux ; nulle pari il n’est saponifié.

Lès muscles, excepté ceux de l’abdomen, sont à peine ramollis et obt conservé tous leurs rapports; leur cruleiir t'St à-peu-près naliirere. Ceux dé l’abdomeu sont plus mous, verdâtres et même noirâtres dans quelques parties; cependant ils offrent encore à-peu-près leur aspect normal vers là partie gauche de l’abdomen et dans la région hypogastrique. Les /endotij et les nerfs sont légèrement rosés, les cartilages j/;unâlres; du reste; tous ces organes, ainsi qne \e?,Ugamens et les os, soûl dans l’état naturel.

Télé. La teinte générale de la face est d'un vert olivà're clair; le nez, qui était jaunâtre quand on a retiré lecorpsdela matière, esldéveiiü verdâtre; il est entier. Les paupières sont rapprochées et en quelque sorte adhér rentes; elles sont poussées en avant par lés globes oculaires, qui le sont eux-mêmes par des gaz développés dans le fond des orbites; leur tissu cellulaire est infiltré ; du reste, ell s sont lin peu ramollies. Le paquet graisseux qui est en arrière du globe de l’oèil est rougeâtre et un peu pliisnaou qu’à i’ordiaaire ; les muscles de celle région sont très ramollis et de cou-

leur violacée. Les yeux sont entiers, et on y disfingue toutes les parties qui les composent ; la rétine et la choroïde ont notablement perdu de leur consirlance; la sclérotique, légèrement rosée, p; raît du reste à l’étal naturel; la cornée tninsp irente, un peu raniollie aussi, est d’un rouge clair; le cristallin est jaunâtre, et les humeurs aqueuse et vitrée, rougeâtres. La bouche est à moitié ouverte; les ièvi es sont entières et verrîâlres; leur bord libreesi d’un ronge brun. Les oreilles sont légèrement ramollies eldecouleur rosée liranl sur le violet. Le cerveau e» le cervelet sont entiers et de volume or.ünaire; mais ils sont sous forme d’une bouillie fluide, très fétide, de couleur rouge, grise et violacée par places, et qui s'écoule pour peu que l’on penche la pailie du crâne qui a été ouverte; il est impossible rie distinguer dans ces organes aucune des parties qui les con.stiluent. La du e-mère, la seule ries membranes qu’il soit aisé d’ap rcevoir, e-*! légèrement violacée dans certains points, mais du reste dans l'état naturel.

Thorav. Le péricarde contient une certaine qitanülê d’un l'quide sanguinolent; if est d’un gris verdâtre et encore résistant. Le cœur, de volume ordinaire et d’un rouge violacé, est légèrement ramolli • il renferme beaucoup de sang noir en partie coagulé ; l’intérieur, dont la coloration est normale, laisse facilement aperceveir les valvules et les colonnes charnues que l'on y voit habituellement. Les vaisseaux sanguins renferment du sang fil des gaz ; l’aorte est d’un^jaune rosé, surtout à l’intérieur Les poumons sont très volîiminenx, d'un rouge clair, très emphysémateux, crépitans et plus légers que l’eau ; ils nagent sur ce liquide, même après avoir été fortement pressés ; ils sont un peu infiltrés de sérosité sanguinolente, surtout à leur partie postérieure ; du reste, leur st-ruclure est parfaitement reconnaissable, quoiqu’ils soie, t un peu ramoHis l.a membrane muqueuse du larynx et de la trachée-artère est lisse et rosée, principalemenf entre les cerceaux cartilagineux ; elle est très adhérente et peu ramollie. Le diaphragme, refoulé en haut, est violet dans S(‘S parties latérales et bleuâtre dans son milieu ; sa face iuférieuré est brunâtre ; quoique ramollie et infiltrée, on y di -tingue encore bien les fibres musculaires et le centre tendineux, dont la nuance est un peu moins, foncée que celle des autres portions. On n'aperçoit aucune granulatiüiu

Organes digestifs. La membrane muqueuse de la bouche, de couleur jaunâtre, s’enlève facilement ; la portion qui recouvre la voûte palatine offre à sa partie ir.oy’etine et antérieure une tache arrondie d’un vert bleuâtre qui s’étend jusqu’aux os. Le voile du palais, les piliers et la luette sont plus pâtes que dans l’état naturel. L’estomac, dans toutes les parties qui avoisinent le foie et la raie, est d'un rouge foncé; ailleui-s il est d’un Jaune vcrdâ’re ; il renferme une petite quantité d’un liquide blenâtre; sa membrane muqueuse est souie\ép par des gaz qui forment de grosses vésicules; elle est rougeâtre dans certains points, verdâtre et jaunâtre dans d’autres; les portions ronges ne sont le siégé d’aucune arborisation vasculaire ; elle est üés mince et ramollie'; on peut aisément la séparer dé la

tunique musculeuse ; celle-ci présente à-peu-près les mêmes nuances. Les intestins sont d’un jaune verdâtre ou brunâtre à l’extérieur ; leur membrane interné est jaunâtre. Le foie est aussi volumineux qu’à l’état normal, de couleur bleu foncé à re.\lérieur et brune à l’intérieur; il est gorgé de liquides et ramolli ; on distingue à peine ses granulations, et déjà sa structure diffère sensiblement de celle qu’il offre ordinairement. La vésicule biliaire est entière, et renferme un peu de bile jaunâtre. Larate, d’un bleu presque noir, est plus ramollie que le foie, et, par la plus légère pression, se réduit en une bouillie fluide de la même couleur, qui s’échappe à travers la membrane extérieure de l’organe. Le pancréas est grisâtre et assez ramolli ; du reste, on reconnaît bien sa forme et sa structure.

Organes urinaires et génitaux. Les reins sont entiers, ramollis et d’un rouge brunâtre ; on y découvre toutes les parties qui les constituent. La vessie est à l’état normal. L’utérus est légèrement violacé à sa surface externe et brunâtre à l’intérieur ; il est jaunâtre dans son tissu propre, notamment vers le col; sa structure est la même que dans l’état naturel, ainsi que celle du vagin et des parties génitales exterjies.

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