‹ Traité de médecine légale, contenant le traité des exhumations juridiquesChapitre 52 sur 55 · EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE

X***, enfant du sexe féminin, âgé de trois jours, mort le 4 7 février 1830, a été plongé le surlendemain dans de la matière des fosses d’aisances moitié liquide , moitié solide, contenue dans le tonneau dont il a été fait mention à la page 774. Au moment du dépôt au milieu de cette matière, le cadavre était maigre, de coloration naturelle, excepté aux membres, où elle était un peu violacée.

Examen du corps le 30 mars 4 830, c’est-à-dire quarante jours après le 'Commenceuiont de l’expérience. La température moyenne de l’atmosphère avait été de 4 0“-l-0° à son maximum, pendant les douze derniers jours de février, et de 8,9+0" th. c. pendant le mois de mars. Le cadavre est entier ; la partie latérale de la cuisse droite de l’abdomen et du thorax est à l’air ; tout le reste plonge au milieu de la matière; les portions qui sont hors du liquide sont d’un brun olivâtre et comme desséchées : c’est une couche d’excrémens durcis, ayant perdu une grande partie de leur humidité, et intimement unis à l’épiderme sous-jacent, en sorte qu’il est impossible d’enlever cette couche sans détacher en même temps celui-ci.

Coloration. Le sommet de la tête, le front et la joue gauche sont d’un gris jaunâtre sale ; la face, les cuisses, les jambes, les bras, sont d’un rose tirant sur le livide ; la partie gauche de l’abdomen et du thorax, celle qui est en contact, avec l’air, est d’un vert ardoisé, tandis qu’à droite ces régions offrent une couleur gris rosé sale le dos présente cette même couleur. Lesplantes des pieds sont blanches ; il en est de même de la paume des mains, si ce n’est que l’on y voit quelques taches verdâtres.

V épiderme existe partout, excepté dans la moitié supérieure de la cuj^

droite, à la jambe gauche et au pariétal de ce même côté ; il c-sl presque partout soulevé, ridé, plissé, et se détache en gros lambeaux de i 2, 15 ou 18 centimètres carrés : ainsi, on enlève facilement en une fois la totalité de celui qui couvre la cuisse, la jambe et tout le pied gauches ; il est mince, translucide, très facile à déchirer et blanc : toutefois, les portions qui recouvrent des parties colorées, paraissent colorées aussi au premier abord-; mais si on les lave, on sépare l’enduit qui tapisse leur surface interne, ou le liquide sanguinolent qui la colorait, et elles reprennent leur blancheur. Les parties d’épiderme que j’ai dit adhérer à la couche d’excrémens desséchés, sont d’un gris assez foncé, tant qu’on les examine lorsqu’elles tiennent encore à cette couche; mais on voit, en les séparant et en les lavant, qu’elles sont également blanches. Tous les ongles existent ; ils sont rougeâtres aux mains et jaunâtres aux orteils ; ils sont ramollis et à peine translucides ; on les arrache avec facilité à l’aide des pinces ; les cheveux aussi tiennent peu à la peau, et peuvent être séparés sans que l’épiderme soit endommagé.

La peau, dépouillée d’épiderme, est de couleur d’ochre aux cuisses, aux jambes, aux pieds, aux parties génitales et au crâne, dont la partie postérieure tire même sur le violet; aux bras, au dos et à la partie droite du thorax et de Tabdomen, elle est d’un rouge moins vif; elle est d’un vert assez foncé, parsemée de quelques taches ardoisées dans la partie gauche du thorax et de l’abdomen, c’est-à-dire dans celle qui était recouverte d’excrémens desséchés, et qui avait été au moins pendant vingt jours en contact avec l’air ; à la face, elle est d’un rose clair tirant un peu sur le jaune; toutefois, les lèvres et les paupières offrent une teinte verdâtre Quoique ramollie et amincie, cette peau présente encore asaez de consistance pour qu’on puisse, en la saisissant avec des pinces, enlever le cadavre sans le . déchirer.

Le tissu cellulaire sous-cutané est infiltré d’une sérosité sanguinolente à la partie droite du thorax et de l'abdomen qui plongeaient dans le liquide, tandis qu’il l’est à peine à gauche- Cette infiltration, peu marquée au dos, à la cuisse gauche et aux bras, l’est beaucoup à la cuisse droite; elle n’esl pas, ni à beaucoup près, aussi marquée à la tête qu’on aurait dû s’y attendre, d’après l’état de la partie droite du tronc. Oh peut dire que, sous le rapportée la coloration et de l’infiltration, le tissu cellulaire ressemble assez à celui des fœtus à terme qui ont séjourné pendant trente ou quarante jours dans l’utérus après leur mort{l). Quoi qu’il en soit, ce tissu cellulaire présente partout l’aspect granulé qui lui est propre ; sa cousistauce est diminuée, surtout aux bras, d’où on le sépare, à l’aide du scalpel, sousforme d’une espèce de pommade qui ressemble à du gras de cadavre.

Les muscles sont ramollis, et en général d’un rouge beaucoup plus foncé que dans l’état naturel, surtout ceux du cou et de la partie droite de l’ab-

(1) La couleur de la peau était semblable aussi à celle des fœtus dont je parie.

domen qui sont même livides; ceux de la face sont moins rouges, et cem de la région abdominale gauche sont verts; ils sont notiiblment infiltrés au côté droit du tronc, au dos et à la partie supérieure de la cuis'e dmiteceux des autres régions, quoique moins infiltrés, se «lè-hirenl pourtant avec facilité. Les tendons, les nerfs, les ligamens et les os sont dans 1 étal naturel. Les cartilages sont légèrement violets et un peu raoiollis.

Tête. Les paupières se touchent et sont amiiicies; le globe de l’œil est saillant et poussé en avant par des gaz; il est entier ; la cernée tran>parente est opaque ; les membranes, excepté la sclérüli(}ii®, sont imbibé d’un liquide rougeâtre, et parmi les humeurs ôn ne distingue bien que le eristallin, qui a conservé sa forme et sa couleur, et qui est seulement un peu ramolli. Le nez, h’S oreilles, les joues et les lèvn;s sont entiers, mais ont perdu de leur consistance. La bouche est ouverte ; la voûte palatine est enduite d’excrémens jaunâtres, presque fluides, qui, étant enlevés, laissent apercevoir des plaques comme pointillées, bleuâtres, et placées sur tes côtés du raphé ; du reste, la membiane nuKjueuse de cette région est pâle, ainsi que la langue, qui est ramollie. Il existe des gaz entre la dure luère et le cerveau ; celui ci est réduit à une ma^se difilaente, à la surface de laquelle on remarque encore des circonvolutions; il est plus diffi-ilede distinguer les deux substances ; cependant on reconnait à l’intérieur des portions d’un gris rosé et d’autres plus blanches. On trouve à la base du crâne une assez grande quantité d’un liquide couleur lie de vin, qui colore la portion correspondante de la dure-mère en rouge; partout ailleurs cette ineinbrane offre son aspect ordinaire- Le cerve/et est encore plus mou que le cerveau. ,

Thorajs, Le thymus est ramolli, grisâtre, et presque en ptilrilage. On ne voit point de matières fécales solides dans lé larynx ni dans la trachéeartère, dont la membrane muqueuse est d’un gris verdâtre, tandis que le tissu sous-jacent est violacé. Le.- poumons sont rouges, avec des plaques rosées et verdâtres ; ils soûl emphysémateux et même vésiciileiix, tiès ramollis, et prêts à tomber en pntrilage; ils coniiennent à peine du sang, et l’on a déjà quelque peine à reconnaîlrè leur structure; ils surnagent quand on les place sur l’eau avec le cœur, et ils coulimient à res'erà la surface (lu liquide, même après avoir été fortement compriniés sous l’eau. Le cœur est entier, très ramolli et d’un violet foncé tirant sur le veri dans certains endroits ; ses venlricides coniiennent un liquide spumeux, très fétide, d’un rouge noir: leurs q^arlies internes, ainsi que celle des oreillettes, offrent cette même couieür ronge noire ; on peut encore reconnaî-^ tre dans cet organe toutes les parties qui le composent Le pér icarde renferme un peu de sérosité rortgeâire; du a-esle, il esi ramolii (>t à peine coloré en iouge clair à sa face i iterne. Les veines et nrènie les artères conliennernt un peu de sang noir- fluide ; leurs parois internes sontcoloréts en rouge.

Cariai digestif et abdomen. Ea ouvrant l’abdomen, on voit que l’estomac

et ies intestins, qui sont distendus par des gaz, offrent une teinte générale verdâtre, sans aucune trace de rougeur L’oesophage est verdâtre. L’estomac présente aussi cette teinte à l'inlérienr comme à l’extérieur; il renferme une petite quantité d’im li |uide également ro!ô;é en vert, qui semble communiquer cette couleur à la membrane muqueuse; èn effet, lorsqu’on l’a enlevé, elqii’dn a lavé cette membrane, on voit qu’elle est d’un gris légèrement rosé ; si ce n’est toutefois près du pylore, où elle conserve la teinte verte, malgré les lavages. La tuni(fue interne des intestins est d’un gris verdâtre, même après avoir séparé les excrémens moitié iiqu'des, moitié solides, dont elle est recotiverle dans plusieurs parties. Les épipLons sont grisâtres et ramollis. Le foie est verdâtre à gauche, brun à droile;il a perdu de sa consistance, et on no peut plus reconn- îire sa structure. La vésicule du fiel est vide, grisâtre, un peu ramollie La rate est livide, et se rédu: ten une bouiliie couleur lie de vin par la plu> légère pressioii.

Les reins et les capsules surrénales sont cxti èmenient ramollis et violets; il n'est plus possible de reconnaître lès diverses substances qui les forment. La vessie est vide et dans l’élat naturel. Le pancréas est séiisîblement ramolli et grisâtre.

Le vagin est pâle. L’ûtérus est notablement ramolli ; sa face interne, de couleur rosée lorsqu’elie eit ralîssée, fournit une espèce de bouillie rougeà re.

X**, enfant du sexe féminin, âgé de quatre jours, mort le 9 mal 18.30 au soir, fut mis le surlendemain dans un tonneau contenant de la matière des fosses d’aisances [V. page 7*4). Le cadavre ii’offrail aucune coloration particu'ière au moment de l’immersion dans ce milieu.

Examen le 26 avril 1830, c’est-à-dire lin mois dix-sept jours après le commencement de l’expérience : la température moyenne de l'atnio-sphère avait élé en mars de 8,9“ -fov et eu a vril, de 12"+0 • therrn. cenlig. Le cadavra paraît entier au umment où on le s6; t du to.mèau ; on le plonge dans l’eau pour le nettoyer et le débarrasser de deux larges croûtes noirâtres d’ext-rémens de:>=iéfhés et durcis, qui occupent, rime, tout le côté gauche de l’abdomen et une partie du thorax, et l'autre la moitié gauche de la tête : cescioùies, en ^e séparant, enlria'neut avec elles l’épiderme sousjacent qui y adhère as?ez ’oriemenl. Les avant-bras, les mains, le front et une partie du thorax et de I abi'omen, sont encore couverts d’épiilenne, tandis ipie le^ bras, les cuisses, ies jan.b sel les pieds en sont dépourvus. Parlou, où c.elie cuticule existe, il suffit du plus léger elfoi t pour !a séparer : après avoir été lavée, elle est blai che, transi, eide, facile à déciiirer, comme si elle avait macéiédaus l’eau pendant long-temps. Lesong esse sont déi. ché- avec l'épiderme ; ils sont uJuces, mous, entiers et d’un blanc légèrc-meiit j.mnàtie.

Le cadavre, q .iau premier abord paraissait cn'ier, offre une large 4vemraiion à la p.irlie inféiieure gauche de i’abdomeh, qui s’étend ea

arrit re jusqu'aux vertèbres, et par laquelle sortent les intestins ; la supérieure de la cuisse gauche , en avant comme en arrière, ainsi que les environs du sacrum, sont le siège d’une excoriation qui met à nu cet os, l’ilium et l’extrémité supérieure du fémur, et au milieu de laquelle se trouve le nerf sciatique : on voit aussi à la partie antérieure et supérieure de la cuisse droite, près de la région inguinale , une large ouverture, résultat de la destruction de la peau, qui est soulevée et très amincie dans les parties environnantes ; le tissu cellulaire , mis à nu dans cette corrosion, est rouge, fortement infiltré de sérosité sanguinolente et comme gélatineux ; il existe encore quelques’ petites corrosions à la partie gauche de la tête. La peau est diversement colorée ; elle est d’un rouge ochracé dans la moitié droite de la tête et d’une grande partie de la face, d'un vert olivâtre dans les autres parties de ces régions, d’un gris verdâtre au cou, à la partie droite de l’abdomen , aux bras et aux avant-bras, ainsi qu’aux dos, où l'on voit pourtant à gauche et à la partie moyenne une large plaque noirâtre ; elle est gris verdâtre plus clair en haut du thorax, bleu ardoisé à la partie moyenne de l’abdomen, blanche tirant légèrement sur le jaune-verdâtre aux cuisses, aux jambes et aux pieds, rougeâtre à la main droite et aux doigts de la main gauche. Elle est lisse , humide et luisante ; on peut la déchirer facilement en la tirant avec des pinces près j^es parties corrodées et dans quelques autres points, tandis qu’ailleurs elle présente encore assez de résistance pour qu’en !a pinçant le corps puisse être soulevé sans qu’elle se rompe. Elle est soulevée par des gaz à la tête, aux bras et au thorax, et l’on sent en pressant ces régions, que les parties sous-jacentes doivent être réduites en une bouillie au milieu de laquelle se trouveront les os. Elle est recouverte à la partie droite et antérieure de l’abdomen, ainsi qu'en arrière et à gauche de cette même région, de petites granulations blanchâtres, dures, que l’on n’enlève paseï; les grattant, et qui sont formées de phosphate de chaux.

Le tissu cellulaire sous-cutané est tellement infiltré de sérosité rouge, qu’il est sous forme d’une gélée ; aux cuisses et aux jambes, celte sérosité est jaunâtre. Les muscles ne sont plus distincts : on trouve à leur place une bouillie rouge, très liquide, au milieu de laquelle cependant il y a encore des morceaux de chair très ramollie, des vaisseaux, des nerfs et les os en partie disséqués. Toutefois , les muscles de l’abdomen sont entiers, et recouvrent toute cette région, excepté dans la partie où j’ai dit exister une éventration ; ils sont d’un vert foncé mêlé de violet, très ramollis et comme gélatineux. Les tendons sont brillans et nacrés, mais se déchirent facilement. Les Ugamens sont assez résistans. Les cartilagesont de couleur lie de vin et un peu ramollis. Les nerfs sont aussi beaucoup plus mous qu’à l’état normal , mais de couleur naturelle. Les os ns présentent t ien de remarquable.

Tête. La face est entière ; les paupières sont enfoncées, amincies et très ramollies. Les orbites paraissent vides ; pourtant on y trouve au fond les

ÿohes oculaires entier? et affa’ssé.- ; la cornée transparente est tellement ramollie, qu’on la déchire par le plus léaer contact ; en incisant la sclérotique, on découvre des restes de la choroïde et un fluide de couleur bistre, sans pouvoir reconnaître ni le cristallin, ni l’humeur vitrée, ni la rétine; quanta la sclérotique, elle est entière, résistante eide couleur ordinaire. Le nez, quoique aplati et ramolli, conserve encore assez bien sa forme. Les lèvres sont entière.? et ont beaucoup perdu de leur consistance. Les oreiLessonf entières et molles; la droite est rougeâlre et humide; l’autre est d’un gris ven'âfre et moins luisante. Le- tissu cellulaire sous-cutané du côté droit de la tète est infiltré de sérosité sanguinolente et comme gélaiineuv; de l’autre côté où la peau présente quelques corrosions, il esta peine infiltré et verdâtre. Le cprreaa occupe presque la totalité de la cavi é du crâne; la dure-n ère est d’un gris rosé, sensiblement ramollie ; la masse cérébrale est réduite on une bouillie assez fluide, grisâtre, mélangée de violet, qui coule aussitôt qu’on sépare les os, et dans laquelle o« ne peut distinguer ni circonvolutions, ni les deux substances grise et bi.:.nche.

Thorax Le péric.arde contient un peu de liquide couleur lie de vin ; ilest mince, demi-transparent et coloré en violet Le cœur est en ier, mais excessivement ramol'i ; sa .couleur est violet foncé, mélangée de vert à l’e-xtérieur, tandis qu’elle est d’un ronge violet obscur à l’intérieur; l’altération de l’organe e«>t portée au point qu’il est impos.'^ible de reconnaître ni ses Cî vité-J, ni >es valvules, ni ses colonnes charnues ; il t e contient point de sang. L’aorte Ihoraoiqiie renferme une petite quantité d’un liquide rouge foncé; elle est très ramollie et d’une couleur rosée à l’intérieur ; !a portion abdominale de ce vaisseau est vide. La trachée-artère et le larynx sont aussi très mous et d’un violet foncé les cerceaux crrlilagineux sont d’un viole' plus clair que les lissii' nm<|ueux et musculeux. Les poumons sont volumineux , de forme ordinaire, frè.- ramollis et emphysémateux; on remarque en plusieurs grosses vé.siciiles à leur surface; leur couleur est rouge clair à rexlérieur, et noirâtre à Tinté ieur; üs nagent surTeau; mais ri on les exprime fortement, on dégage les gaz qui constituaient Temphvrème, et ils se précipitent : or, comme Tenfant qui fait ie sujet de cette observation avait respiré , il est évident que les cellules bronchiques ont été détruites par la putréfaction, et que l’air inspiré en a été chassé : du reste, la structure de ces organes est méeo maissable, et il ne serait guère possiblede constater les altérations pa!hoi= giq'ies don*, iis pouvaient être le siège. Le diaphragme est en partie détruit, très ramolli, de même couleur et de même consistance à peii-près que tes muscles de Tabfiomen ; il n’offre point de granulations, et il est impossible de distinguer ia forme du centre tendineux.

Canal digestif La bouche est béante ; ia membrane muqueuse de la voûte palatine présente vers sa partie moyenne et antérietire une plaque arrondie verte, tirant sur Tardobe, au centre de laquelle existe une exco- I. se

rlatiQQ arrondie, d@ la largeur d’une lentille, et qui laisse les os à nu. Le voile du palais, les piliers, la luette et le pharynx sont rougeâtres et bien distinçts, quoique ramollis. La langue est d’un rouge pâle et excessivement molle. L’esfomqc , les intestins , le foie et la rate sont dans le même âtat que chez le sujet de l’expérience 6® (Voyez page 788).

Organes urinaires et ' génitaux. Les reins sont à peine reconnais^bles ; Us sont emphysémateux, et ne présentent plus à l’extérieur l’apparence lobulaire qui est propre à cet âge de la vie j leur ramollissement est très (Mnadérable, et leur couleur d’un violet très foncé. La vessie est entière, d’un gris rosé à l’intérieur et très ramollie. Les parties externes de la génération existent toutes, et offrent une teinte jaunâtre sale ; elles ne paraissent pas avoir autant perdu de leur consistance que les aute tissus. Le corps de l’utérus est détruit ; le col est entier, d’un blanc grisâtre, et ridé vers son orifice vaginaL

Le cadavre exhale une odeur des plus infectes ; il existe sous les croûtes durcies d’excrémens et dans l’abdomen une quantité considérable de gfros vers (asticots), qui doivent nécessairement avoir dévoré une partie des tissus.

EXPÉRIENCE 6®.j

N. . . . , enfant du sexe féminin, âgé de cinq jours, mort le 4 6 février 4 830, a été plongé le lendemain dans un tonneau contenant la matière des fosses d’aisances, à côté de l’enfant qui fait le sujet de l’expérience 4®. Le cadavre n’était pas coloré au moment où il a été déposé dans ce milieu. On le retire le 25 avril 4 830, deux mois huit jours après le commencement de l’expérience. La température moyenne de l’atmosphère a^elt été pendant les derniers jours de février de 40® -f-0‘> à son maximum^ de 8°, 9 en mars, et de 42° en avril, th. c. Le corps est entier; lorsqu’on le sort du tonneau, on voit que l’abdomen et une partie du thorax, qui depuis long-temps étaient hors de la matière, et par conséquent en contact avec l’air, sont couverts d’une couche assez épaisse d’excrémens secs et noirâtres. L’épiderme est détaché dans beaucoup d’endroits, et là où il existe encore, il est prêt à tomber. On lave le cadavre pour le nettoyer, et ce simple lavage suffit pour séparer le restant de l’épiderme et la croûte excrémentitielle qui recouvrait le ventre ; en se détachant, cette croûte enlève avec elle l’épiderme de l’abdomen qui y est peu adhérent. Quelle que soit la portion de cette cuticule que l’on étudie, on voit qu’elle est blanche, translucide, très facile à déchirer ; et si dans quelques endroits elle paraît colorée, c’est qu’elle est recouverte d’une légère couche d’excrémens, qu’on sépare facilement par le lavage. Les ongles ont tous été détachés avec l’épiderme ; ils sont entiers, très minces, extrêmement mous et d’un blanc tirant légèrement sur le jaune.

En examinant de plus près le cadavre, que j’ai dit être entier, on remarque que la partie moyenne de la face est dépourvue de parties molles,

que les pai^ abdommales soat détruit^ d^uis jusqu'au pub^,

daos pr^ue toute leur étendue, en sorte que les int^tins sont à nu; enfin, que la main droite est dénudée, au point que les os du métacarpe et des phalanges sont à découvert.

La peau est diversement colorée ; elle est d’un rou^oehracé à la partie supérieure et postérieure de la tête, d’un blanc grisâtre à la joué ^uche et à la moitié correspondante du front, piquetée et tadielée de grk, de vert et de bleu, à }a joue droite, à la partie du front et à la région temporale du même côté, ce qui lui donne un aspect marbré ; elle est d’un blanc grisâtre lé^ement rosé au cou, au thorax, au membre thoradque gautàe, aux deux jambes et aux pieds, de même couleur au bras droit , sur lequel on remarque cependant plusieurs taches assez larges d’un vert bleuâtre sale ; elle est d’un bleu ardoisé à l’abdomen, d’un gris légèrement verdâtre à la partie interne des cuisses, d’un vert clair au genou gauche et d’un rouge echracé au dos. Sur plusieurs points, et notamment à la partie antérieure du thorax, à l’abdomen, aux cuisses et sur les parties latérales des membres thoradques, on trouve des granulations dures, isolées ou réunies sous forme de petites plaques blanches, que l’on n’enlève pas facilement eu les grattant, et qui sont formées de phosphate de chaux. Du reste, la peau est très lisse, humide, luisante et d’une consistance différente ; ainsi aux bras, aux cuisses, au thorax, elle résiste assez pour qu’en la pinçant on puisse soulever le cadavre sans le déchirer, tandis qu’à la partie posté-rrieure de la tête et dans les environs des régions où j’ai dit qu’elle était détruite, il suffit d’une légère traction pour la rompre. Elle ne paraît saponifiée qu’aux joues.

Le iissu cellulaire sous-cutaué est granulé d’im blanc grisâtre, infiltré dans plusieurs parties d’une sérosité rougeâtre, surtout à la tête, où il effi-e l’aspect de la gelée de groseille ; il est transformée en gias dans quelques endroits, notamment aux joues.

Les muscles des membres sont d’xm roûge pâle et ramollis ; ils conservent encore leur forme et pourraient servir à l’étude anatomique ; ceux des joues et du cou sont plus mous; ceux de l’abdomen sont d’un yert foncé sale et presque entièrement détruits ; enfin ceux du dos aont réduits eu bouillie lie de vin foncée, au milieu de laquelle il est impossible d’apercevoir autre chose que quelques portions tendineuses.

Les tendons, les ligamens, les os et les cartilages, semUent daifâ l’état naturel ; ces derniers pourtant offrent une touleur lie de vin claire. Les nerfs sont sensiblement ramollis, mais de couleur naturelle.

Tête. Ainâ que je l’ai déjà dit, il ne reste à la partie moyenne de la face que des os ; on trouve encore quelques débris des paupières ss^ieures qui sont très ramollies. Les orbites ne renferment qu’une partie de la sclérotique, du nerf optique et du tissu cellulaire graiæeux non saponifié ; la couleur et la consistance de ces parties sont à-peu-près les mêmes que dans l’état naturel.La partie des joues qui reste est à peine recouverte d’une très

légère cou''1ie de derme, ce tissu étant presque entièrement transformé eo gras. Il n’y a pins de lèvres ni menton. Les os delà partie moyenne de la face, qui sont fi nu, sont presque désarlieuiés ; ils n’ont plus de connexion avec ceux du crâne, et le cerveau s’écoule au plus léger mouvement, sous forme d’une bouillie opaline extiémemcnt fétide , par les diverses fentes qui résultent de la séparation de ces divers os Les oreilles sont entières, très ramollies ; la droite est verdâtre, la gauche d’un rouge ochracé, La cavité du crâne contient encore environ les deux tiers de la masse cérébrale, sous forme d’une bouillie assez fluide, grisâtre, mélangée de violet, au milieu de laquelle il est impojsiblede distinguer les substances grise et blanche, ni les diverses parties qui composent le cerveau. La dure-mère, la seule des membranes du crâne que l’on puisse reconnaître, est d’un gris rosé et ramollie.

Thorax Le péricarde est entier, mince, bleu ardoisé, et ne contient aucun liquide. Le cœur est entier , excessivement ramolli, rouge livide dans sa moitié supérieure, bleu ardoisé intérieurement ; il est vide et rouge lie de vin à l’intérieur, il serait impossible de distinguer les valvules ni les colonnes charnues qui en font partie. L’aorte est ramollie, vide, rosée et facile à déchirer. Le ramollissement de la trachée- artère et du larynx sont tels, qu’on ne trouve à leur place qu’une sorte de membrane couleur de lie de vin, imbibée d’un liquide sanguinolent, et sans la moindre apparence de parties cartilagineuses. Les poumons sont d’un rouge lie de vin et d’un bleu ardoisé par places, excessivement ramollis, n’offrant plus par conséquent la structure qui leur est propre, emphysémateux, présentant à leur surface plusieurs vésicules gazeuses et nageant sur l’eau : après avoir été fortement comprimés sous ce liquide, ils se précipitent et ne reviennent plus à la surface, ce qui annonce que, par suite de la putréfaction , les cellules pulmonaires ont été détruites, et que la supernatation n’était due qu’aux gaz qui produisaient l’emphy.-ème, etqui se sont dégagés, lorsque par la pression on a déchiré la plèvre. ; '

Le diaphragme est entier, vert foncé, tirant sur l’ardoise ; sa face supérieure est le siège de quelques petites gramualions ; le centre tendineux , coloré à-peu-près comme 1; s autres parties de ce muscle, est à peine distinct; la structure musculaire, aucontraire, est facileà reconnaître, quoi-, que le tissu soit très ramolli.

Canal digestif. La bouche est entière, à cela près des lèvres qui manquent. la langue est très ramollie et rosée; le voile du palaiset ses piliers, la luette et l’arrière-bouche sont d’uri gris verdâtre, très mous et très distincts. L’estomac est d’un bleu ardoisé à l’extérieur et gris verdâtre à l’intérieu ; ces couleurs sont en grande partie dues à un enduit que l’on enlève parle l..vage ; en effet, alors ie viscère devient d'un gris blanchâtre quand on l’étend, et d’un bleu beaucoup pluscl.dr lorsqu’il est ramassé. La membrane muqueuse offre çà et là plusieurs points jaune orangé , mous , non saillans, et plusieurs autres grisâtres, rugueux, durs etsaiUans. On ne i^e-

tnafque aucune îrace de rougeur. L’amincissement de l’organe est très notable, et le plus léger effort suffit pour déchirer ses trois tuniques. Les intestins sonten partie détruits ; il ne reste qir*. le duoijénnm le jéjunum et une petite portion de riléiim, d’un bien ardoisé à l extérieur; iis sont grisâtres intérieurement, et tapissés par nue mi tière verdâiie poisseuse qui semble d’abord leur communiquer relie teinte, mais qui s’enlève par le lavage. On n'aperçoit aucune de ces granulations que j’ai dit exister dans l’estomac; il n’y a pas non plus de ro..geur. Le foie est entier et conserve sa forme quoique, aminci et noiablement diminué de volume; il est très ramolli eid’un bleu ardoisé à l’intérieur comme à l’extérieur; quand on le coupe, on ne reconnaît de sa structure que quelques vaisseaux vides. La vésiciiiedu fiel est d’uii vert bout ille à l’intérieur, et contient une très petite quantité d'un fluide épais de même couleur; les villosités de sa tunique interne sont encore très reconnaissables- La rate est noire, très ramollie, presque diffluente, et s’écrase entre les doigts pour peu qu’on la presse. Le pancréas esLgrisâtre et comme pultacé.

Organes urinaires et génitaux, l.es reins, surtout reconnaissables à leur situation, offrent cependant encore l’aspect, lobuleux qui leur est propre à cet âge de la vie ; mais ils sont trèsmous ; leur couleur est ardoise foncée, et on ne peut plus reconnaître leur structure. La vessie est en partie détruite; les portions qui restent sont grisâtres, légèrement rosées et très ramollies. Le vagin et l’ulérns sont d’un jaune ochiacé et parfaitement reconnaissjîbles, quoique ramollis; on remarque dans le premier de ces organes un grand nombre de rides molles qui conservent leur directionnaturelle.

Le cadavre exhale une très mauvaise odeur; des asticots nombreux (gros vers) sortent du ventre et des parties corrodées, et doivent nécessairement avoir contribué à détruire les tissus.

RÉSUMÉ

®ES CHANGEMENS QU’ÉPKOCVENT NOS TISSUS PAR LEUR SÉJOUR DANS LES FOSSES d’aISANCES.

Epiderme. Il commence par se rider, se plisser et se soulever; dans cei étal il est facile à détacher; il est blanc, en général translucide, assez mince et peu résistant; celui de la plante des pieds et de la paume des mains est d’un lüauc mat et tellement plissé, quon croirait qu’il a été pendant quelque temps en cuuiaci avec un cataplasme émodieiu ; mais il n'esi ni plus ni moins facile avulevcr que celui des autres régions, Quelquelci4

lés porfiôBs de eetté cntféulè qui recouvrent des parties colorées, pâraissênt colorées aussi au premier abord ; mais si on les lave, on sépafe l’enduit qui tapisse leur surface interne, où le liquide sanguinolent qui la colorait, et elles reprennent leur blancheur. L’épiderme qui est immédiatement au-dessous des couches d’excrémens appliquées sur lès parties du corps qui sont venues à la surface du liquide, et qui ont été exposées à l’air pendant assez de temps pour se dessécher, est d’un gris foncé tant qu’on ne l’a pas lavé, naais il devient blanc après le lavage. Plus tard il est détaché dans plusieurs endroits, et là où il existe encore, il est prêt à tomber èt conserve les mêmes caractères ; enfin il arrive une époqtie où l’on n’en trouvé plus.

Les ongîéé, d’âbôrd d’un blanc grisâtre, perdent peu-â-peu de leur consistance, et l’on ne farde pas à pouvoir les arracher avec facilité ;; le derme qu’ils recouvrent est lisse et d’un rouge groseille î plus tard celte couleur devient lie de vin très foncée, et les ongles sont rougeâtres ôu noirâtres, et plus ramollis ; enfin ils se dèiaéhent avec répîdèrme.

Pmvi- La peau^ d’abord d’unè teinte pâlè tirant légèrémènt sur l’oUve très clair, ne tarde pas à se colorer de plus en plus et d’une manière très variée. Les principales nuances que l’on remarque peu de temps après, sont le violet et le vert bleuâtre clair, le gris verdâtre, le tert herbe et lé rouge ochrâéé clair ; dans les environs des parties recouvertes d’une couche d’excréméns desséchés, on observe assez ordinairement une plaque plus ou moins large, colorée en blanc et en bleu, et offrant l’aspect du savon marbré. Plus tard, cette plaque est d’un vert assez foncé, parsemé de quelques tâches ardoisées, et les portions de peau qui n’ont pas eu le contact de l’air sent d’un gris rosé, d’un rose livide, blanches, d’un gris jaunâtre, rouges ou couleur d’ochre : assez souvent alors cette teinte rouge est assez générale pour que là peau ressemble, sous le rapport de sa couleur, à celle des fœtus mort-nés qui sont restés plusieurs semaines dans rutérus après leur mort. Plus on avance et plus cés diverses teintes se foncent. Indépendamment dés changeméns de couleur, là peau en éprouve dans sa consistance ; elle s’amincît et offre moins dè résistance ; toutefois , j’ai pü , chez dés noüvéau-

nés qui étaient restés dans les excrémens pendant deux mois, par une température de i0° à ik° -}- 0°; soulever le corps en saisissant avec des pinces les portions de peau éloignées de celles qui n’étaient pas corrodées. Plus tard la consistance du derme a diminué au point de se corroder ; J’ai constaté ces destructions de la peau, un mois dix-sept Jours après le commencement de l’expérience, chez un nouveau-né qui avait été mis dans les excrémens le 9 mars 1830, et déjà l’abdomen offrait une large éventration par laquelle sortaient les intestins ; dans les environs des parties ainsi corrodées, la peau se déchire très aisément : du reste, les destructions de la peau dont il s’agit ressemblent beaucoup à celles qui ont été décrites en parlant de l’action de l’eau sur les cadavres.

Enfin il existe sur quelques parties de la peau, à une époque assez avancée, des granulations dures, isolées ou réunies sous forme de petites plaques blanches, que l’on n’enlève pas facilement en les grattant, et qui sont formées de phosphate de chaux.

Tisgu eellulàire. Il commence par s’infiltrer de gaz et d’un liquide sanguinolent, d’abord rougeâtre, puis d’un rouge plus foncé ; celui de la partie postérieure de la tête et celui de la partie inférieure du dos éprouvent les premiers ce changement qui arrive aussi assez promptement dans celui des parties qui plongent dans le liquide : cette infiltration et la coloration augmentent de plus en plus, ce qui donne au tissu cellulaire Easpect d’une gelée rouge j il ressemble alors à celui des fœtus mort-nés qui sont restés long-temps dans la matrice après leur mort. A une époque plus éloignée, il commence à se transformer en gras.

Tissu musculaire. Les muscles pâlissent et se ramollissent d’abord sans s’infiltrer ; ceux de l’abdomen, toutefois, sont déjà d’une teinte verdâtre et même noirâtre. Quelque temps après, ils deviennent d’un rouge plus ou moins foncé, et même livides dans beaucoup de parties ; ils sont pour la plupart notablement infiltrés et faciles à déchirer; ceux de l’abdomen conservent encore leur couleur verte. Plus tard on ne trouve à la place de quelques-uns d’entre eux qu’une bouillie rouge très liquide, au milieu de laquelle cependant il y a des morceaux de chair très ramollie, des vaisseaux, etc. ; à cette époque même, d’autres

muscies sont encore euliei*s, quoique très ramollis et cùnime gé~ iaiiueux.

Tendons. Les tendons deviennent quelquefois rosés, perdent une partie de leur bi îllanl, et tinisscnl par se déchirer assez fadlenieni; mais il faut bt‘atsconp de lon:ps pour que leur résistance soit notablement diminuée.

Ligamens. Au bout de trois mois de séjour dans les excrémens, je irai remarqué aucun changement notable dans les ligame ns des nouveau-nés soumis aux expériences.

ils comnicnetnt f)ar jaunir et par se’ ramollir, pjuis ils deviemu nl violets, et enlin couleur de lie de vin déplus en plus foncée.

Les os nom pas -^éproiivé de changement pendant le temps qu’opt dure mes expéiiences.

Système uer ceux. Le cerveau ne tarde pas à se ramollir; il devient rougeâtre à l’i xlérieur, et d’un blanc rosé intérieun ment ; .on y distingue encot e les cii couvblutioiis, h s sillons, et même les deux substances. Quelque temps apres, il est sous forme d une bouillie fluide, très fétide, rouge, grise, violacée par places, et qui s’écoule pour peu qu’on penche la partie du crâne qiii a été ouverte; il est impossible d’y. reconnaître ni sillons, ni circonvolutions, ni les deux substances. Le cerreiet suit dans sa décomposition la meme inaiche que le cerveau, seulement elle est plus rapide. Les nerfs se ramollissent déplus vn plus éi deviennent quelquefois légèreau ni rosés. La dure-mère se colore d’abord en blanc rosé, puis en violacé; rprobjucfois même elle devient lie de vin dans certains points; du reste, sa consistaiu e n’est pas sensiblement diminuée au bout de trois mois; ilcstdcs' cas où elle est soulevée par des gaz.

Organes de ta circulution et de ta respiration. Le cœur commence par se ramollir, puis devient d’uji rouge qui se funce de plus en plus, et qui finit par j) sserau violet tiraiit qm Iqiiefuis sur le vert ; jusqu’alors il renferme souvent du sang uuir en partie liquide, eu partie coagulé, et souvent écùmeux. Pins laid le ramollissement et i’altéraiion de cet organe sont portés au point qu’î! est impossible de reconnaître ni ses caviu‘s, ni scs colonnes charnues, ai ses valvules, et il ne çoniieni plus ordi-

Dâirerneût du sang. Sa couleur violette très foncée est souvent joelaiigée alors de bleu ardoise.

hepériea7'de commence par êire rosé ou d’un gris verdâire; plus tard il est violet ou bleu aidoise, et senïibleinent raïuolli ; ii renferme assez souveui une petite quantité d un liquide sanguinolent, dont la couleur se lonce de plus en plus avec le temps.

Les vaisseausp artériels et veineux se ramollissent, et leur membrane interne se colore en rose, puis en rouge; ils contiennent quelquefois une petite quantité de sang,

La membrane interne du larynx et de la trachée-artère acquiert d’abord une couleur olivâtre ou gris verdâtre, surtout à la partie supéii. ure «iu canal ; car ii.féî i( urcnn ut elle est rosée sur les cerceaux cartilagineux, et rougeâtre entre eux. Le tissu sous-jacent est violacé, môme sous les portions olivâtres; plus tard ces organes sont sensiblement ramoSlis et colorés en violet foncé, surtout entre les cerceaux cartilagineux. Il arrive enfin une époque où le ramollissement est porté à. un point tel, qu’on ne trouve à la place de ces pai tii s qu’une sorte de membrane couleur de lie de vin. Imbibée d’un liquide sanguinolent, et sans la moindre apparence de parties cartilagineuses.

Les ramollis et emphysémateux de très bonne

heure, sont crépiiaus et nagent sur l’eau , niême après avoir été très fortement pressés. Qtit Ique temps après , ils sont plus emphysémateux , vésieiikux , et prêts à tomber en pulrilage; leur couleur est verdâtre , et l’on a d('*jà quelque peine à reconnaître leur structure. Plus tard, ils sont noitâtres à l’intérieur, d’un rouge lie de vin et d’un bk-u ardoisé par places à l’exlét leur, encoi e plus emphysémateux et beaucoup plus ïamollis. Ils uageul sur l’eau ; mais si on b s <‘xprime fortement , on dégage les gaz qui cjustiiuaieui rcm|-hy>èine, et üs ÿ>e f recipitent ; o'où ii résulte éyideminenl que les eeliuks Lior.chiques oui été détruites par la putréfactiou, et que lair inspire eu a été chassé; leur sliuclure est méconnaissable.

Le diaph^'cgme commence par se ramollir et par se colorer en bleuâtre, eu vicdoi ou ( ii bi un, sui tout aux parties qui correspoiideut au foie et à la rate. Plus tard, le ramollissemeut a fait des progrès, et la couLur est devenue vert loncé, melée de

violet, ou tirant sur l’ardoise; déjà il n’est guère possible de distinguer le centre tendineux. A une époque plus éloignée encore, ce muscle est en partie détruit , et présente quelquefois à sa face supérieure des granulations de phosphate de chaux semblables à celles dont j’ai fait mention en parlant de la peau {Foyez page 790).

Organes de la digestion. Bouche. La membrane muqueuse buccale, d’un gris rosé pâle ou jaunâtre dans toute son étendue, se ramollit , et présenté assez ordinairement , dès les premiers jours , vers le milieu de la voûte palatine j une tache couleur d’ardoise , ou d’un vert bleuâtre qui se fonce de plus en plus , et au centre de laquelle il existe quelquefois une excoriation qui laisse les os à nu. La langue acquiert de la mollesse, et au bout de quelque temps devient rosée ou d’un rouge pâle; bientôt après le ramollissement a fait de grands progrès. Le mile du palais, les piliers, la luéttè êt \é pharynx^ sont d’abord pâles oti d’un gris rosé pâlë ; quelque temps après , ils sont très ramollis et rougeâtres, ou d’un gris verdâtre, OEsophag'e. membrane interné est d’abord grisâtre , pointillée çà et là de petites taches rougeâtres, surtout vers sa partie inférieure ; quelque temps après elle devient verdâtre, et se colore à-peu-près comme l’estomac. Estomac. A l’extérieur et dans toutes les parties qui avoisinent le foie et la rate, ce viscère est d’un rouge plus ou moins foncé ; partout ailleurs il est d’un jaune verdâtre; sa membrane muqueuse est verdâtre , jaunâtre et rougeâtre par places ; les portions rouges ne sont le siège d’aucune arborisation vasculaire. Quelque temps après , cette membrane est soulevée par des gaz qui forment de grosses vésicules ; elle est déjà amincie, très ramollie, et de couleur gris rosé. Quoiqu’elle paraisse verdâtre à cause d’une certaine quantité d’un liquide vert dont elle est èndnite, et qu’on peut enlever par le lavage, toutefois on remarque, même après plusieurs lavages, que la teinte verdâtre persiste dans les environs du pylore ; l’extérieur de ce viscère est également verdâtre. Plus tard , l’estomac est d’un bleu ardoisé à l’extérieur, et gris verdâtre à l’intérieur ; à la vérité, ces couleurs sont en grande partie dues à un enduit que l’on enlève par le lavage, et alors le viscère devient d’un gris blanchâtre quand on

rétend, et d’un bleu beaucoup plus clair lorsqu’il est ramassé. A cette époque, déjà l’amincissement est à son comble , et le plus léger effort suffit pour déchirer les trois tuniques. Intestins. La coloration des tuniques des intestins suit à-peu-près la même marche que celle de l’estomac, excepté pour ce qui concerne les taches produites extérieurement par le foie et par la rate ; je puis en dire autant pour l’amincissement et le ramollissement de leurs tuniques. En outre , j’ai yu deux fois une grande partie du canal intestinal détruite , à la suite de la corrosion des parois abdominales.

Foie. Cet organe se ramollit assez promptement ; sa couleur est verdâtre , brunâtre ou bleuâtre , et finit par devenir ardoise foncée ; il diminue de plus en plus de volume, acquiert plus de mollesse, et ne présente aucune apparence de sa structure nor-^ male ; au bout de quelques semaines , on reconnaît tout au plus en le coupant quelques vaisseaux vides. La vésieule biliaire^ au contraire, conserve pendant long-temps tous ses caractères, quoiqu’elle se ramollisse, et que sa couleur soit un peu plus foncée.

La rate , d’abord d’un bleu ardoisé , ne tarde pas à devenir noire ou lie de vin , et alors son ramollissement est déjà teL que par la plus légère pression, elle se réduit en une bouillie fluide de même couleur, qui s’échappe à travers la membrane extérieure de l’organe.

lie pancréas se ramollît et devient grisâtre ; il finit par devenir comme pultacé.

Organes urinaires èt génitani». Les reins., de couleur verdâtre ou rougeâtre , passent bientôt au violet , èt se ramollissent au point qu’au bout de quelqües semaines on ne peut plus reconnaître leur structure J plus tard ils deviennent emphysémateux, et souvent de couleur ardoise ; ils sont aussi beaucoup plus mous.

La vessie n’éprouve pas de changement notable d’abord, mais après elle se ramollit et se colore en gris rosé à l’intérieur ; quelquefois aussi , lorsqu’il y a éventration , elle est en partie détruite.

Ilutérus se ramollit de plus en plus , et acquiert une couleur violacée ou simplement rosée ; quelquefois aussi cette teinte est d’un jaune oehraeë. Les parties externes de la génération ac-

quièrent ordinairement une couleur jaunâtrè sale , perdent un peu de leur consistance , mais en général n’éprouvent pas de changement notable pendant les deux premiers mois.

M. Devergie, tout en regardant ces données, ainsi que colles que j’ai déjà fait connaître en parlant oie la putréfaction dans les gaz des fosses d’aisances p.502) comme propres ào^claiier les phénomènes de la décomposition putride dans ces matières, craint que la description ne soit pas le tableau fidèle de ce qui se passe lorsque une mère vient à jeter son enfant dans un pareil milieu, peu de temps après raccouchement. Malgré les efforts de son opposition systématique. M. Devergie ne pourra jamais détruire la valeur des faits sur lesquels sont fondées mes recherches. Il a beau s’étonner du développement considérable des gaz dans les premiers temps de la putréfaction, il n’en résulte pas moins que c’est pour moi un fait d’observation que des faits exceptionnels ne sauraient détruire.

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