PASSIONS , MELANCOLIE , HYSTERIE , 1VRESÎE , ETC
nie sur les facultés intellectuelles que :r les forces physiques. Les pensées •mblent couler avec plus de facilité ; on exprime avec plus d aisance et de jussse ; on est plus social le , et 1 on se •ouve dans une disposition que 1 on juhaiterait toujours pour soi et pour les titres. Jusque-là il n’y a pas d’appaence d’ivresse. Bientôt le torrent des lées devient plus rapide et plus violent; n a peine à les réprimer ; c’est là le loment des saillies heureuses. Mais on st obligé de faire un grand effort pour iconter quelque chose d’un peu emrouillé ; car les pensées se succèdent vec trop de rapidité pour qu’on ait le mips de les arranger dans l’ordre qu’exie le récit ; c’est là le premier sympîme tranché de l’ivresse. Plus tard , les lées se succèdent avec une violence îujours croissante, les sens perdent leur élicatesse ordinaire, et l’imagination agne à mesure qu’ils perdent. Le lanage du buveur est, du moins dans quelues expressions et dans quelques tourures de phrase, plus oratoire et plus oétique ; il parle plus haut que de outume. De ces deux particularités , la remière dépend de l’exaltation de l’imaination; la seconde d’un émoussement es sens, qui devient de plus en plus narqué : le buveur parle plus fort parce u’il s’entend moins , et qu’il juge de ouïe des autres par la sienne. Cepenant l’activité et la rapidité de la pensée ont aussi quelque part. Bientôt les sns deviennent encore plus obtus. Ceû qui est arrivé à ce degré d'ivresse con- >nd par instants les personnes au miicu desquelles il sc trouve, et qu’il reonnait encore parfaitement. Il laisse omber à terre un verre qu'il croit reneltre sur la table, quoiqu’on ne remarfuc pas encore en lui la maladresse et incertitude des mouvements qui ont lieu dus tard. A en juger par scs discours, es idées commencent à manquer d’encmble, malgré leur vivacité, qui brille t s’éteint comme une étincelle; mais ctte vivacité de ses idées et leur rapiilé, donnent à ses passions une force inurm on table , contre laquelle la raison ie peut rien. Ils se laisse entraîner par Mes à moins qu’un hasard ne le déourne de leur objet. Sa langue bégaie , es jambes sont avinées, il chancelle et ombedans un sommeil profond, où tours ses facultés physiques et morales s’éeignent a la fois. Les mêmes effets sont iroduits par l’opium et par les autres
Méd, le g.
substances enivrantes. Le sommeil profond doit plutôt être regardé comme un effet que comme un degré de l’ivresse.
Cet état, dans lequel un homme ne peut faire ni bien ni mal , n’appartient à la psychologie légale qu’en ce qu’il peut occasioncr des négligences , des pertes de temps, etc., dont celui qui s’y est exposé est responsable, parce qu’il est responsable de son ivresse. L’état de bienêtre qui précédé immédiatementl’ivresse, ne peut pas non plus être pris en considération par les tribunaux, puisqu’il n’altère en rien l’intégrité des facultés physiques ou morales. Il suffit de distinguer trois degrés, trois périodes dans l’ivresse. Pr emière période : exaltation ordinairement gaie, mais passant aisément à l’emportement et à la colère. Intégrité parfaite des sens et de la mémoire. Seconde péùode : affaiblissement des sens, trouble de la mémoire et de l’intelligence, perte du libre arbitre, abandon rapide et sans mesure à tous les sentiments les plus opposés. Troisième période : perte totale du libre arbitre, de la conscience et du moi ; le trouble des sens va jusqu’à priver de leur usage. La première période diminue beaucoup la responsabilité morale, les deux' autres l’anéantissent tout-à-fait. Mais si l’homme ne répond pas des actes commis dans l’ivresse, il est souvent responsable de cette ivresse elle-même, qui est un fait volontaire, et par suite , des délits où il s’est laissé entraîner par elle. Tel serait surtout le cas où la boisson n’aurait été dans l’intention du coupable , qu’un moyen de s’exalter et de s’enhardir au délit qu’il méditait. Les tribunaux ont en général fait preuve d’indulgence lorsque le délit commis dans l’ivresse était accidentel , et que la pensée ou le sentiment qui y a poussé s’était pour la première fois présenté lorsque la raison était déjà aliénée par le vin. Dans l’armée, oii la sévérité est nécessaire à ce sujet, pour le maintien de la discipline, il passe en principe que l’ivresse n’excuse jamais les méfaits qu’elle fait commcltre, attendu qu’un délit ne peut s’excuser par un vice. Cependant les conseils de guerre ont imité assez souvent les autres tribunaux, et l’ivresse, admise connue circonstance atténuante, a empêché l’application des terribles lois martiales.
L’individu ne peut jamais être considéré comme responsable de son ivresse lorsque celle-ci est occasionéc par de l’opium ou autres substances prises à titre
de remède ; lorsque cette ivresse s’est opérée par des voies extraordinaires, comme, par exemple, par l’action des émanations alcooliques d’une cave où l’individu aurait séjourné sans boire, par l’effet des gaz délétères agissant sur les poumons, enfin lorsque l’individu a été trompé par le vin auquel il n’est pas accoutumé ou par des liqueurs données par des camarades comme faibles , et qui en véalilé étaient chargées d’alcool. L’habitude de l’ivrognerie n’est pas toujours la conséquence d’une mauvaise éducation ou d’une intempérance volontaire.
Elle est parfois le premier symptôme de la folie. Selon M. Esquirol, à qui est due cette observation curieuse , tantôt le malade , au début de la folie, éprouve un affaissement physique extrême, qui est dû à un état particulier de l’estomac, et ce viscère appète des boissons fortes avec une ardeur comparable au pica ; tantôt l’affaissement est moral; le malade se sent incapable de penser et d agir , il est accablé d’ennui et de morosité. 11 boit d'abord pour s’exciter, puis s’enivre.
Dans les deux cas, le besoin de boire est impérieux, irrésistible; tout parait bon pour le satisfaire. Le malade se précipite sur toutes sortes de boissons fortes, s’irrite et devient dangereux s’il ne peut se contenter. Ce besoin persiste pendant toute la durée du paroxysme, après lequel le convalescent redevient sobre et reprend to u tes 1 es lia bi tud e s d’ un e vie te m përan te . Cette variété particulière d’ivresse se reconnaît au contraste de cette intempérance momentanée, avec les habitudes sob'es de l’individu. Quelque désordre moral , quelque signe précurseur annoncent ce changement; quelquefois les récidives sc reproduisent a des périodes fixes , elles sont annoncées par les mêmes phénomènes. On sent bien qu’un délit commis pendant une ivresse de ce genre devrait exciper et des excuses de l’ivresse involontaire et de celles de la lolie.
Si les besoins impérieux de la faim et de la soif n’aliènent jamais complètement le libre arbitre, ils doivent cependant affaiblir unpeula responsabilité des délits auxquels ils auraient pousse. Un sait les horribles excès auxquels se sont portées les populations soulevées par la famine , non pas seulement dans les pays de l’Orient, ou des gouvernements sans prévoyance ont laissé pendant tant ce siècles, au milieu du sol le plus riche et le plus fécond, consumer par la disette le luxe des populations asiatiques ; mais
LÉGALE
dans des pays où une civilisation plus avancée semblerait devoir empêcher et la disette et la barbarie. Les cadavres humains ont été dévorés ; la nécessité persistant, la loi de la nature a reçu une infraction plus atroce, les malades ont été sacrifiés vivants , les enfants ont été dévorés par leurs familles. Si donc un malheureux était traduit devant une cour d’assises pour avoir dérobé un pain, quel juré oserait le condamner s’il fournissait la preuve qu’au moment du délit il jeûnait depuis vingt-quatre heures. Si à bord d’un bâtiment, si dans unearmée campée au milieu d’un désert de sable , un matelot ou un soldat, pressé pair la soif, dérobait une ration d’eau ou de vin, quel conseil de guerre oserait le punir!
Un autre besoin non moins irrésistible que celui de la soif , le besoin du sommeil, peut excuser quelques délits qu’il aura fait commettre. Un courrier qui s’était engagé à aller à franc étrier porter une nouvelle dms un lieu fort éloigné, succombe au sommeil dans une auberge où il a pris un repas ; la nouvelle dont il était chargé était importante, son retard peut compromettre la vie, la fortune de bien des gens, b s intérêts d’une nation entière ; mais le malheureux courrier a lutté trois jours et trois nuits contre la fatigue et le besoin de dormir ; qui oserait le rendre responsable du retard de la dépêche? A l’armée, où les lois disciplinaires sont impitoyables, au moins dans leur langage , l’officier de ronde qni surprend une sentinelle endormie a son poste a le droit de lui passer son ét ée au travers du corps. Mais quelle ne doit pas être la puissance du sommeil pour s’exercer même sous l’empire de la crainte d’une pareille loi, que la sentinelle connaît tout comme l'officiei? Il faudrait Punie de fer d’un Frédéric, pour exécuter à la lettre cette effroyable consigne. Ce roi punit dans toute la rigueur de la loi qu’il avait faite un malheureux officier qui avait gardé de la lumière dans sa tente , quand il était défendu d’en avoir sous peine de mort; il aurait sans doute tué sur place une sentinelle qu’il aurait surprise endormie à son poste : un autre grand homme, qui comprit l’avantage delà discipline aussi, Napoléon, surprenant une sentinelle endormie, se mit en faction à sa place, et attendit qu elle eût satisfait au besoin de la nature. Çe trait d’humanité, de magnanimité, lui assura plus d’obéissance que le supplie* du coupable. Nous finirons celle le-
passions , mélancolie ,
pn en nous occupant du somnambulisme.
L'histoire psychologique cl physiologique de cet état particulier est encore peu îvanece, nous ne pouvons donc pas le létinir. Le décrire est inutile , la description s’en trouve partout. Contentonsnous de noter l’irrégularité singulière des fonctions des sens chez le somnambule. Certains objets ne produisent aucune impression sur eux , de même que d. ns le sommeil profond. D’autres impressions d’un plus grand intérêt pour le moment actuel sont perçues. L’ouie, le tact, fonctionnent avec une acuité remarquable ; bien plus , le somnambule paraît lire plus maître des mouvements volontaires de son corps que pendant la veille, car >1 exerce ses mouvements avec plus d’adresse et de précision. Les yeux, soit ouverts, soit fermés, ne perçoivent pas l images. Ce sens parait être par excelence le sens de la veille. Les songes qui lortent le plus à la déambulation nocturne ont relatifs aux actions les plus habiuelles de l’individu : un rimeur se lève ont endormi et va écrire des vers; une cuisinière va laver sa vaisselle, un pal erenier étriller scs chevaux. La forte iréoccupation d’une idée accidentelle •eut, lorsque l’imagination s’en empare rendant le sommeil , lui donner la puissance des habitudes, et faire agir le rê- ’cur pour l’accomplissement de celte déc. Ainsi , Fodéré raconte qu’un noinc qui en voulait beaucoup à un de es confrères entra une nuit dans sa hambre pour l’égorger , et perça le lit un gnnd nombre de coups de couteau.
,e confrère était heureusement absent le sa chambre. Lorsque le somnambule n sortit , il fut rencontré parle surveillant et réveillé ; il fut bien honteux le se trouver un couteau à la main. L’aucur à qui nous emjiruntons cette anec- !ole juge tous les méfaits des somnam- «les comme celui-là, et pourtant il esime que ces méfaits sont punissables, ttendu que l’intention criminelle ne eut y être révoquée en doute. Cetteopiion rappelle un peu le jugement de cet mpercur romain qui condamna à mort |n hommc qui avait rêvé qu’il tuait empereur; celui-ci sc souvenait sans toute de son Lucrèce, et punissait comme in crime accompli une pensée qui deait avoir occupé le coupable nu moins me lois pendant la veille. Fodéré aisonnc à peu près ainsi, seulement il st plus conséquent que le despote roîain, parce qu’au moins il condamne le