‹ Traité de médecine légaleChapitre 116 sur 167 · MALADIES SIMULÉES OU · texte numérisé non relu

MALADIES SIMULÉES OU

z les hommes, un quinzième des nés le devient depuis lit naissance pi a l’âge de vingt ans, tandis que r. les femmes, il y en a plus d un èine avant l'âge de vingt ans ; chez riches, un peu plus d’un quart des nés le’ sont avant cette époque. La portion de folie est plus forte chez femmes que chez les hommes avant e de vingt ans et après cinquante, trouble qui précède l’éruption des rè- 5 et leur disparition peut expliquer c circonstance. En France, la propori des femmes aliénées est supérieure n quart à celle des hommes; il n’en pas de même dans d’autres pays. Le ipéraincnt sanguin est commun chez maniaque ; le bilieux , le raélancole, le nerveux, plus commun dans la nomanie. Le lymphatique s’observe z beaucoup d’i dots. Quelques aliés ont l’iris des deux yeux de couleur érente. Quelquefois la tète ofîre des es de conformation chez les fous : ces es sont plus communs chez les idiots .

Foville a voulu attribuer quel- ;s idioties à la compression exersur le crâne par les liens circulaires bonnet qu’on fait porter aux enfants, tte assertion est tout-à-fuit hypothéuc.

^es maladies du cœur sont communes ;z les aliénés ; elles peuvent être effet ;si bien que cause de l’aliénation, .vpertrophie du cœur favorise le déoppement de la folie, comme elle faise celui de la congestion cérébrale et l’apoplexie. Mais souvent aussi la lence , l’agitation , les mouvements cés, les cris continuels des malades, uvent devenir cause d’altérations orga- [iics du cœur. La transmission hérédire de la folie paraît ne pas pouvoir ■e révoquée en doute : selon Willis, la ic héréditaire consiste plutôt en une position qu’en une malad’e bien cautérisée. Les guérisons n’y sont pas 'es, bien que difficiles, mais les rentes y sont très - communes. Selon Esquirol, pl us d’un tiers des indivis fous ont apporté en naissant une sposition héréditaire Selon M. Foville, disposition héréditaire peut se tnani- ;ter chez le fils avant que le père ait é attaqué de folie. La prédisposition soit donc transmise long-temps avant de Hrc manifestée. Cox a remarqué que s parents sujets à l’ivrognerie faisaient uvent des enfants sujets à la folie, irmi les fous, il y a beaucoup, plus de

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célibataires que de personnes mariées.

Parmi les professions , celles de cuisinier et de repasseuse exposent à la lotie à cause de la vapeur du charbon à laquelle les poumons sont exposés. Dans le golle Persique, on a observé que beaucoup de plongeurs devenaient idiots. Les professions qui exposent le plus aux vicissitudes de la fortune peuplent aussi les hôpitaux de fous. Mais comme toute profession peut etre exposee de cette manière , l’esprit aventureux, le caractère hasardeux ou faible , ont plus de part que la profession elle-même dans la production de la folie. Les travaux intellectuellesne rendenlfousque les gens faibles d’esprit. Un homme doué d’une raison saine proportionnera toujours le labeur à ses forces, et pour la qualité et pour la quantité. Le changement profond dans la manière de vivre ; le passage d’une vie inactive à une existence très-occupée, et plus encore la transition contraire, prédisposent à la folie. Beaucoup d’aliénés avaient présenté avant le premier accès de leur maladie un caractère bizarre, une vanité ridicule, une conduite désordonnée. Quelques autres au contraire s’étaient fait remarquer par une régularité rigoriste , par un éloignement pour les plaisirs et les amusements les plus lici tes.

Il nous reste à examiner les causes déterminantes. Plusieurs des causes prédisposants que nous avons déjà passées en revue devraient figurer ici : le retard ou la suppression définitive des règles, des hémorroïdes ; ajoutons-y la rentrée d’un exanthème, des dartres, de la rougeole ; l’abus des mercuriaux , des liqueurs spirilueuscs ; les suites de couches, l’insolation, l’hystérie, l’epilépsie, les émotions morales, surtout quand cl es sont imprévues; les coups sur la tête, les commotions, les paies pénétrantes du crâne. — Nous terminerons celte leçon en transcrivant le parallèle tracé par M. Esquirol des criminels véritables et des monomaniaques homicides :

« Les monomaniaques homicides sont isolés , sans complices qui puissent les exciter par leurs conseils ou par leurs exemples. Les criminels ont des camarades d’immoralité , de débauche, et ont ordinairement des complices. Le criminel a toujours un motif : le meurtre n’est pour lui qu’un moyen; c’est pour satisfaire une passion plus ou moins criminelle; presque toujours l'homicide se complique d’un autre acte coupable ; le

"ub MÉDECINE

contraire a lieu dans la monomanie homicide. Le criminel choisit ses victimes parmi les personnes qui peuvent faire obstacle à ses desseins ou qui pourraient déposer contre lui. Le monomaniaque immole des êtres qui lui sont indifférents, ou qui ont le malheur de se rencontrer sur ses pas au moment où il est saisi par l’idée du meurtre. Plus souvent il choisit ses victimes parmi les objets qui lui sont chers : une mère tue son enfant et non l’enfant de l’étranger, un mari veut tuer sa femme, avec laquelle il a vécu dans la plus douce harmonie pendant vingt ans ; une fille veut tuer sa mère qu’elle adore : celte horrible préférence ne s’observe-telle pas chez les aliénés? n’est-elle pas une preuve évidente que ni la raison, ni le sentiment, ni la volonté, n’ont dirigé le choix de la victime , et que par conséquent il y a perturbation des facultés qui président à nos déterminations. A-t-il consommé le crime, le criminel se dérobe aux poursuites, se cache. Est-il pris, il nie, il a recours à toutes les ruses possibles pour en imposer. S'il avoue son crime, c’est lorsqu’il est accablé sous le poids delà conviction. Encore son aveu est-il accompagné de réticences ; le plus souvent il niejusqu’à l'instantde subir la peine, espérant jusque là d’échapper au glaive delà loi. Lorsque le monomaniaque a accompli son désir, il n’a plus rien dans la pensée, il a tué, tout est fini pour lui ; le but est atteint Après le meurtre il est calme, il ne pense pas à se cacher. Quelquefois satisfait , il proclame ce qu’il vient de faire, et se rend chez le magistrat. Quelquefois, après la consommation du meurtre, il recouvre la raison, ses affections se réveillent, il se désespère, il invoque la mort, il veut se la donner. S’il est livré à la justice, il est morose, sombre; il n'use ni de dissimulation ni d’arliliee; il révèle aussitôt avec calme et candeur les détails les plus secrets du meurtre. »

La monomanie gaie est plus facile à dissimuler que la Jypimanie; elle est aussi plus difficile à reconnaître, car les actes graves qui sont tout à la fois symptôme et preuve de la lypimanie manquent ici. Les actes du charomaniaque pourraient être expli jués par un simple penchant vicieux, si leur répétition, leur suite, leur ténacité, ne leur donnaient tous les caractères d’irrésistibilité. On peut citer comme un des plus singuliers exemples de ce genre de monomanie l’histoire d’un M. d’Àrzac, qui

LEGALE

s’était acharné à jeter dans la voiture de la duchesse de Berry des lettres d’amour rédigées, non pas en style platonique, mais avec une verve et un cynisme d'obscénités que la femme la plus impudique n’aurait pu supporter. Le coupable était sans doute sujet à des hallucinations, car ce n’était pas tant pour solliciter des rendez-vous ou pour parler de son ardeur qu’il prenait la plume, c’était surtout pour décrire dans les détails les plus complaisants et les plus sales les plaisirs qu’il croyait1 avoir partagés avec la princesse. Le papier était souvent empreint des témoignages les plus dégoûtants de la réalité d’une partie de ces plaisirs. Arrêté et mis à la Force, il fut à plusieurs reprises interrogé, mais il nia toujours que ce fut lui qui eût lancé le3 papiers dans la voiture. Cependant les officiers et les gens de la princesse affirmaient l’avoir reconnu. Il adressa de sa prison une lettre à un avocat, lettre fort raisonnée, fort adroite, et dans laquelle il disait entre autres choses que la police, qui le persécutait, voulait supposer le délit réel pour prouver la monomanie, puis supposer la monomanie pour prouver le fait imputé. Et son avocat de rédiger un mémoire où il accusait l’autorité ad min strative. Quand on ne pourra pas dire, il est coupable, on dira, il est fou, et l’on verra Charenton remplacer la Bastille! M. Marc, chargé d'examiner le détenu, le reconnut pour l’avoir déjà interrogé dix ans auparavant au sujet de méfaits du même genre, c’était encore des lettres obscènes adressées à des princesses. « Le délire partiel , disait M. Marc dans son rapport, 11e se montre jamais par des discours, mais seulement par des actes. Lorsqu’on parle au sieur d’Arzac des lettres qu’il a écrites, il en conteste la réalité avec assurance, soit en vertu d’un oubli réel, soit en vertu d’un système de dénégation qu’il regarde comme utile à ses intérêts. » Le détenu fut transféré à Charenton. Les administrateurs de celte maison le reconnurent pour l’avoir déjà reçu plusieurs fois : il y avait été enfermé en 1800, puis en 1805, en 1 S l 4 et en 1 S 2 1 , toujours pour lettres obscènes adressées à des princesses, à l’impératrice Josépli ne, à la reine Hortense, et lorsqu’il n’y avait pas défailli le royale, aux datnes ayant le plus grand éclat de puissance, de mérite ou de beauté. En 1821, le directeur de la maison de Charenton fut obligé de demander au ministre de l’intérieur l’expulsion de M. d’Arzac, parce

MALADIES SIMULEES OU

troublait l’imagination des malades ramait avec eux des complots d’évalei la lolie était dissimulée. Elle est ent simulée après la perpétration crime. Mais la science de l’expert 'te aisément la ruse, parce que les inels, quiapparlicnnentpresque tous classe du peuple, croient, comme le de, que l’aliénation s’annonce par violence et un délire continuel. Partie cette fausse idée, ils méconnaisles personnes avec lesquelles ils nt les rapports les plus intimes, ils ent d avoir oublié toutes leurs acantérieures, répondent à toutes les ions par des divagations bizarres ou les injures. Nous avons déjà vu que est pas ainsi que se conduit le mate ou le lypimane après un délit iis. Les criminels plus instruits ou adroits jouent une folie sombre et rue ou même muette. Tel était ce d qui a été exécuté à Lyon , et qui i d excuser par la lolie le meurtre iemme. Les docteurs Biclly, Faivri ichet , chargés de faire un rapport »n état, observèrent avec raison que cusalion qui pesait sur Gérard était le de l’engager à jouer le rôle d’in- , elle était aussi de nature à prosur ses organes intellectuels une ssion assez lorte pour en déranger uctions délicates. Dix mois aupat, Gérard, renfermé dans les cachots prison de Roannes, avait cessé de r, était resté couché et immobile, ’ondant plus quand on l’appelait * uant a peine quand on lui secouait mbres ou le corps, et montrant sur fsionomie un air hébété et stupide araitre entendre, sans prononcer ot, sans même articuler un son.

sept ou huit jours , il se remit à •r, mais conserva sa stupidité et son " Les médecins demandèrent au tçe de la prison un homme adroit t et voulut engager brusquement l dans une rixe, afin de lui faire son impassibilité et rompre son ;* , conc*crge ne put trouver cet y, pc^ecins pensèrent alors

PT lIe ait r<:>cllc’ c’a<if un

ne accidentel, prolapsus au prceFre de paralysie du cerveau, case par la torpeur des fonctionsin-

Jelles par D surdité et le mutisme.

/ a.,cnl,n» dans son mémoire m pl o i du cautère actuel, assure "•e un parti très-avantageux de la sation superficielle de la peau. Ils

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