LEVÉE ET OUVERTURE DES CADAVRES
afin qu’il sc déforme moins que sur un vase moins creux ou une table. 11 faut ensuite observer l’intérieur de la bouche; pour cela on fend la lèvre inférieure et la peau du cou jusqu’au sternum ; on fait en T renversé deux autres sections, qui courent parallèlement aux clavicules; on dissèque l’os maxillaire inférieur , et les muscles superhciels du cou ; d’un coup de scie on sépare l’os maxillaire au menton , on les écarte et l’on examine l’intérieur delà bouche, puis le pharynx, puis l’œsophage, la glotte, la trachée artère, le larynx, les vaisseaux du cou. Pour l’examen de la poitrine , on fait partir une incision de la partie moyenne de chaque clavicule , on dissèque ce grand plastron de peau en cherchant les contusions qui peuvent se trouver dans le tissu cellulaire ou à la surface des muscles, puis on scie les côtes à leur tiers antérieur, et l’on renverse le sternum avec le fragment de côtes de haut en bas, en ayant soin de respecter les veines sous-clavières. On n’est arrivé qu’à l’attache du diaphragme , et l’abdomen n’est pas ouvert ; on examine alors le thymus s'il existe encore , le péricarde , les poumons , leur volume ; on dissèque les vaisseaux qui partent du cœur, on note s’ils contiennent du sang , s’ils sont vides : il ne faut pas enlever les poumons trop tôt, voir d’abord leur état, leur rapport. Chaque organe doit être d’abord observé de face; dans l’intérieur des bronches, noter s’il y a de 1 écume , du sable, de la boue : ce dernier cas est fréquent chez les ivrognes qui sont tombés dans les cuvettes des boulevards de Paris. La présence de l’eau boueuse est une preuve certaine que l’individu était vivant quand il y est tombé. On fend le larynx du haut en bas, si on ne l’a déjà fait en examinant Je cou; quand on soupçonne l’asphyxie, on observe avec beaucoup de soin la base de Ja langue ; on cherche dans les rainikcations pulmonaires if quel point se trouve l’écume ; on note l’état des poumons, leur emphysème, leur engorgement, leur déchirure et infiltration sanguine dans l’apoplexie pulmonaire. Pour I abdomen, «" prolonge les deux sections jusqu a ,j partie moyenne de la longueur du pubis; on renverse le lambeau sur les cuisses, et l’on examine les viscères. Il est toujours nécessaire, après avoir fini I examen des trois cavités, de pratiquer de» sections dans l’épaisseur des muscles du dos et des membres. Au milieu de
LcS HMSaLS 11 J) GUI
suppurations ou d’épanchements sanguins que rien ne montre au-deliors. On a quelquefois trouvé le foie suppuré par suite d’une violence extérieure qui n’avait point fait trace sur la peau des fausses côtes et de l’abdomen. Pour mettre à nu la moelle épinière, on se sert du rachitome, ou de la gouge et du maillet. Quand on est appelé pour ouvrir le cadavre d’un individu qu’on soupçonne avoir succombé à l’empoisonnement, la plus grande attention doit être dirigée vers le canal digestif. On applique une ligature à l’extrémité cardiaque de l’estomac , une double ligature à l’extrémité pylorique, double ligature à l’extrémité anale du petit intestin , ligature simple au rectum ; on isole d’un coup de ciseau l'estomac du duodénum, et 1 ileum du cæcum , puis on achève de séparer du corps 1 estomac , le petit et le gros intestin. Avant de couper, on a noté ce que le tube intestinal en place présentait de particulier. On a trois bocaux à large bouchon fermant hermétiquement , dans chacun desquels on enferme une partie du tube intestinal avec le liquide qu’il contient ou qui s’en écoule. On ajoute par dessus un mélange de deux tiers d’alcohol et d’un tiers d’eau en assez grande quantité pour que l’organe immerge. On étiquete chacun de ces vases puis on le ferme et le scelle des cachets de l’autorité présente. Si l’on soupçonnait un empoisonnement par un alcali végétal, l’iode ou l’opium, il faudrait recueillir de plus la vessie et l’urine. Ou y retrouve trace de la matière vénéneuse. Dans le même cas, un soin particulier doit être dirigé vers le cerveau, qui oilre trace de congestion sanguine.
Loi squ on est appelé pour ouvrir le cadavre d’un individu qui a péri par suspension , il faut disséquer avec beaucoup de soin le sillon laissé par le lien. Pour cela, on fait une incision longitudinale sur la partie postérieure du cou, ou on fait partir deux incisions circulaires en haut et en bas du cou. On dissèque en n’enlevant que la peau et afin d’observer le tissu cellulaire. Dans les lieux ou il a cle étreint par le lien, il est condense, blanchi, et forme ee que M Es quirol appelle ligne argentine. Les ecchymoses sont rares. Les auteurs nui cn ont parle se reportent toujours au temps ou le supplice de la corde pouvait in occasionner, parce qu’il était accompagne' de tractions violentes. W, Devcrgie
o0 MÉDECINE
a ouvert plus de vingt individus qui s’épient pendus volontairement et n’a jamais trouve d’ecchymoses. ( )n met ensuite a n u les muscles, puis les artères carotides primitives, en ayant soin de ne pas les saisir avec des pinces. On remonte de leur sortie sous les clavicules à leur bifurcation ; on les ouvre dans la même direction de bas en haut , et l’on cherche si leur membrane interne est rompue, en ayant bien soin de ne pas prendre pour trace de rupture l’éperon ou repli membraneux qui se trouve à la bifurcation de l’artère. Le pincement de l’artère par un instrument de fer déchire presque toujours la membrane interne. Il faut observer aussi le larynx : il porte presque toujours quelque fracture ; observer aussi la mobilité de la tète sur le cou. Lorsque la strangulation a été faite par violence, le cou a été par fois tordu, et alors l’articulation des vertèbres avec la tête a été forcée. Dans le cas d’asphyxie par submersion, il faut ouvrir les poumons et la trachée sans les déplacer.
Dans les cas de blessures, il ne faut jamais inciser sur les blessures mêmes ; il faut les cerner et disséquer de cette incision extérieure en allant vers elles couche par couche. Il faut aussi s’abstenir de sonder les plaies. Un instrument dirigé sans précaution ou dans des organes mous, peut faire des fausses routes, que l’on prendrait ensuite pour des dépendances de la plaie. Quand on est appelé pour un cas présumé d’infanticide, l’ouverture du cadavre de l’enfant ne doit ressembler à celle de l’adulte qu’à la région du cou. A la tète , il faut s’abstenir d’incision cruciale qui pourrait tomber sur une fontanelle ou sur un espace interosseux. On ne sépare le cuir chevelu que par une section circulaire. Pour les os on ne sc sert point de scie. On introduit une pointe de ciseau au tiers inférieur du pariétal et du coronal , et on coupe en rond jusqu’à la fontanelle postérieure. On renverse de bas en haut les deux quarts de calotte, de manière à ce qu’elles se tiennent le long du sinus longitudinal supérieur. Quand on examine la poitrine, c'est d’abord pour y observer le trou de Botal et le canal artériel. Pour cela il faut disséquer les vaisseaux qui se rendent au cœur. On fend la veine cave supérieure de haut en bas, on coupe un peu de l’oreillette droite, et le trou de Botal est en vue. Pour le canal artériel, il faut biense garder de prendre son point de départ au cœur. Au contraire ,
LÉGALE
il faut prendre le poumon gauche, le renverser sur le poumon droit; on aperçoit soudain le canal artériel. Après la dissection des vaisseaux , il faut placer des ligatures doubles aux troncs vasculaires qui tiennent au cœur ; on fait une section dans l’intervalle des ligatures pour enlever le cœur avec les poumons et la trachée. Les ligatures ont pour objet d’empêcher l’écoulement du sang, il est essentiel de le conserver dan^le cœur, afin de ne pas changer les résultats importants que l’on aura en pesant les poumons et le cœur comparativement au corps entier. L’abdomen de l’enfant ne doit pas non plus s’ouvrir comme celui de l’adulte. Ce que l’on cherche principalement dans le ventre, c’est l’état des artères ombilicales et de la veine ombilicale. On détruirait ces trois vaisseaux en ouvrant l’abdomen en deux coupes , comme nous les avons décrites pour l’adulte. La veine ombilicale se dirige de l’ombilic vers le foie, qui à cet âge occupe le milieu de la région épigastrique ; les artères ombilicales partent du milieu de l’os des îles et se rencontrent eu angle à l’ombilic. Il faut faire la section de la paroi abdominale dans l’angle gauche et supérieur de cette sorte de patte d’oie, en débordant la ligne que l'on suppose occuper par les vaisseaux. Quand on a renversé le lambeau, on soulève l’autre coté de la paroi abdominale au moyen du cordon; on dissèque avec précaution l’ombilic, et puis l’on observe l’état des veines et de l’artère. On suit leur trajet en les disséquant ; on examine leur état d’oblitération ou de dilatation , en y introduisant une sonde plus ou moins volumineuse. L’ouraque aura été aussi isolé et observé.
CIIAP. VIII. — DE l/EMPOIS ORNEMENT EN GENERAL.
L’art. 301 ;du code pénal définit l'empoisonnement-, tout attentat à la vie d’une personne par l'effet de substances qui peuvent déterminer la mort , de quelque manière quelles soient employées ou administrées , et quclqu'cn aient été les suites. Le législateur a donc été préoccupé surtout de deux circonstances ; l’intention préméditée de porter atteinte à la vie ; l’emploi dans cette intention de substances capables d’occasionner la mort, que ces substances produisent ou non ce résultat. Sa définition n’embrasse pas tous les délits , car un
médecin qui force la dose d’un remède vénéneux commet un véritable empoisonnement , et cependant la loi ne le menace pas, quoiqu’il n’a pas eu l’intention de tuer. La définition n’embrasse pas tous les crimes, car il existe un ar-
Dlï ^EMPOISONNEMENT ÊN GÉNÉRAL. 31
une substance capable d’altérer la santé ou détruire la vie quand elle est est appliquée à l’extérieur ou prise à l’intérieur, sans entendre que l’effet de la substance sera chimico-dynamique et non pas mécanique. M. Focîéré a établi les
| ■ m U I — — — * — — » — — «avvuaajvj u • Ifl , X. \J VI X> J. f t Ctl U il J
rèt de cour de cassation déclarant que le sept classes suivantes de poisons, astrinmélange de l’acide sulfurique au vin gents, irritants, âcres, corrosifs, nar-
n’est pas un poison , et qu’une femme cotiques , narcotico-àcres , septiques,
qui avait donné de ce mélange à son M. O râla a réduit ces sept classes à qua-
mari ne pouvait être poursuivie. L’ignorance de la femme empêcha l’effet du poison , mais son intention criminelle était évidente. Un fait analogue a eu lieu une autrefois : une cuisinière , voulant empoisonner son maître, mêle du sublimé corrosif à une omelette. L’effet de l’albumine décompose le sel et le réduit à l’état vie calomélas. La définition vie l'empoi
tre , en enfermant les quatre premières sous le titre d’irritants. La raison semble être, nosologiquement parlant, du coté de AL Fodéré, car le zinc, poison astringent, agit d'une façon moins énergique, moins dangereuse évidemment, que l’acide su 11 urique, poison corrosif. M. Gucvin de Mamers , préoccupé de la dicotomie hioussique , n admet que deux classes de
1 — m ijuc uvux classes ne
sonnement pèche donc en ce sens, qu’elle poisons, les irritants et les sédatifs : ce rend la loi facile à éluder alors même n’est pas assez, les narcotico-àcres exisqu’il y a eu intention criminelle et coin- tent. Le stramonium, par exemple a des mencement d’exécution. Tandis que dans effets généraux narcotiques en ’même l’assassinat avec d’autres instruments que temps qu’un effet local irritant. Les poi- 1° P<»son, le poignard, une arme à feu sons septiques sont aussi réeels; tel est
par exemple , si Ja victime échappe le coupable n’en est pas moins puni. Voici maintenant la définition que le médecin donne de l’empoisonnement, ensemble de phénomènes se développant sous l’in
le gaz de 1 éclairage , l’hydrogène carboné, le venin des animaux. Les poisons peuvent s’offrir sous tous les états, liquide , solide , gazeux. Il faut admettre dans cette dernière classe une section à
, . ,, , , uwmui tusse une section a
lluence d une substance capable d’alterer part pour les poisons dont nos instru-
In Cü 11 f u Ail rl C» n nf nn ino I »» tt . n U1 .. "I. „ i
1.1 santé ou de détruire la vie. Cette substance peut être employée à l’extérieur ou a l’inférieur. Ajoutons qu’elle agit chiniquement et non mécaniquement. Cette é serve est pour exclure du catalogue des ■misons le verre pilé qu’on y a longeai ps mis, et que quelques toxicologistes mettent encore. En 1 S 1 0 , M. Lesau-
ments ne constatent point la présence , mais qui s’annoncent par d’autres effets aussi certains ; tels sont les miasmes des marais, des lieux où sont rassemblés les hommes , et ceux qui s’élèvent des corps en putréfaction. On pourrait croire cependant que l’analyse chimique reconnaît quelquefois les poisons et la nature
S,SItinl "nC î“* °U “"“i» >« P"- ce» miasmes. Ge„ n "se (netes toxiques du verre pilé; M. Franc cloche île verre par-dessus un cadavre
. dussiei en soutint une autre sur le en putréfaction très-avancé , en abaissa
nème sujet en IHI7 ; depuis, l’Academie ' décidé officiellement que le verre pilé l’était point vénéneux. L’exemple d'aeidenls graves occasionnés par l'inges- «on du verre pilé était rapporté par feu ’orlal. A la fin d’un repas, au moment " la gaîté s’échappe un peu par la tanen c de la folie , un jeune homme vou- " par cranerie broyer son verre entre es r cms et avaler les fragments ; il eût peine exécuté son dessein , qu’il fut en ro,c a des douleurs atroces , à des voussemens il J. Portai appelé, trouva
i ' l*asa,,(.VlanS a ma,son u»e soupe aux >0"': qn il fit avaler au malade, puis il 1 fit prendre un vomitif : le verre en eloppé par le pain mollet fut évacué ^ le malade soulagé. Le poison est donc
loui a coup la température en l’entourant de glace ; il vit alors la paroi interne se couvrir de gouttelettes d’une liqueui lu une : c était de l’eau ayant entraîné une certaine proportion de matière animale putréfiée. Le plomb et le mercure, qui occasionnent des maladies graves aux ouvriers qui vivent dans leurs atmosphères, peuvent compter aussi parmi les poisons miasmatiques. Si nous parcourons un catalogue de chimie, nous verrons que toutes les classes peuvent fournir des poisons , et les corps simples tels que le chlore , l’iode , le phosphore • les oxides , les sulfures, chlorures iodures, sels, acides, alcalis, les végétaux cntieis, leurs produits immédiats, les
substancesanimulcs, les venins élaborés, la
32 médecin é
cliair de certains animaux h l’état naturel ; d’autres chairs ordinairement saines deviennent vénéneuses par une certaine décomposition , telles sont les viandes fumées. L’analyse chimique est le moyen dont on se sert pour déterminer à quelle espèce de poison l’on a affaire. Les poisons peuvent être mêlés entre eux , mêlés aux aliments , aux remèdes. Il est rare qu’il reste près du malade des poisons qu’il a pris, en sorte qu’on est obligé dans tous les cas où mort s’en suit d’analyser les liquides dans l’estomac, ou les matières vomies lorsque le malade résiste. Les voies par lesquelles l’empoisonnement peut s’effectuer sont la peau et les muqueuses. La médecine endermique nous prouve l’action des substances appliquées sur la peau; le hasard la montre souvent aussi : une femme, voulant se débarrasser de poux, fit usage d’une poudre qui contenait de l’arsenic. Elle ne tarda pas à éprouver un érysipèle à la tête , gonflement à la face , vpmissement avec symptômes d’empoisonnement. Mort subite de Martina à Brindes , racontée par Tacite. On trouva chez cette femme un paquet de poison noué dans son chignon. Tous les points de la peau n’ont pas une susceptibilité égale pour l’action des toxiques : on peut dire que les plus susceptibles sont le long du trajet des vaisseaux lymphatiques. L’action est bien plus prompte et plus forte lorsque la peau est dénudée d’épiderme ; plus , quand le poison est liquide que lorsqu’il est solide. Le poison peut agir par les muqueuses extérieures , aux yeux, au nez , aux lèvres. Cela est bien démontré pour l’acide liydrocyanique. Nous devons dire que pour agir par cette voie , le poison doit être liquide. Cardan et Zacchias parlent de poisons qui tuent par l’odorat; s’il y a quelque chose de vrai dans ces assertions , il faut entendre que la mort ou la maladie ont etc causées par une asphyxie ou une absorption miasmatique. Outre les muqueuses dont nous avons parlé , il paraît que celle du vagin peut aussi absorber la matière vénéneuse. On lit dans les mémoires de la société de médecine de Copenhague , qu’un homme empoisonna une femme en lui introduisant de l’arsenic dans le vagin. Des médecins consultés firent une expérience sur deux juments auxquelles ils introduisirent dans le même lieu une certaine quantité d’arsenic; l’une des deux mourut en peu de temps. L’autre lut sauvée par des lavements qui enlrui-
LÉGALEf
nèrent au dehors le poison. Zacchias rapporte une espèce de contre-partie de faits de ce genre d’après Pline, Mercurialis et Schenck. Des femmes auraient trouvé le moyen d’empoisonner des hommes par la verge durant le coït. Le venin n’était pas la syphilis, et ce qui est plus singulier était sans effet sur ellesmêmes. Un auteur ancien raconte la môme chose d’une jeune esclave donnée à Alexandre-lc-Grand; elle empoisonnait ses amants par le fait du coït ; enfin , il passe pour certain que Ladislas , roi de Naples, périt victime de ce genre d’assassinat. Ce passage de Zacchias, comme tout ce qu’il dit des poisons , prouve que la toxicologie n’existe réellement comme science que depuis quelques années.
L’absorption du poison sur les membranes muqueuses est plus rapide quand ces poisons ne sont pas irritants. L’irritation diminue l’absorption. Il y a divers modes d’actions dans les poisons ; les uns irritent localement, tels sont les acides minéraux , les alcalis caustiques, et même l’ammoniaque : celui-ci pourtant a des effets sympathiques immédiats ; les sels métalliques, caustiques. La mort qu’occasionnent les poisons de ce genre est due à l’inflammation ou h ladésorganisalion locale ; plus , aux sympathies que le mal local suscite un peu plus tard dans les organes importants de la vie. Il y a d’autres poisons qui agissent primitivement sur plusieurs organes à la fois ; ainsi, l’émétique agit sur les poumons : on l’a vu clairement , quand la thérapeutique l’a employé en doses si fortes contre les pneumonies. Le sublimé corrosif a une action spéciale sur le cœur, les valvules et la membrane interne s’enflamment de même que la membrane du rectum. Les cantharides, le camphre, le nitre , ont une action spéciale sur d’autres lieux que le tube digestif. U y a des poisons qui, à part leur action irritante locale, réveillent promptement des sympathies dans
des organes éloignés, tels sont les poisons narcotico-àcres , l’alcool , le datura stramonium ; d’autres enfin n’agissent que sur le système nerveux, comme les narcotiques; il en est qui ont une action spéciale sur les liquides, comme l’acide liydrocyaniquc. Nous l’avons déjà dit à pro pos d’un auteur qui passe pour le pa-; triarchc de la médecine légale. Cetti science n’est pas assez ancienne ni asse: complète pour que les observations directes d’empoisonnements suffisent pou la constituer aujourd’hui. U a fallu
joindre la voie de l'expérimentation ; ne pouvant, ne devant pas exprimenter sur l’homme, on l’a lait sur les animaux.
Parmi ceux-ci, on a préféré le chien, d a— liord parce que cette espèce est commune. qu’elle est d’un volume assez considérable pour que les inductions soient applicables à l’homme. Pour essayer sur les chiens l’effet d’un poison, on peut procéder de deux façons: faire avaler le poison et lier après l’œsophage , ou bien observer les effets du poison sans prendre cette précaution. La ligature de l’œsophage est évidemment une maladie qu’on ajoute à celle que constitue l’empoisonnement ; il faut savoir isoler les symptômes qui lui sont propres de ceux que l’empoisonnement occasionne. M. Orfila a pour cela observé l’effet de la ligature de l’œsophage sur douze chiens. Il en sacrifia six, et ne trouva rien de remarquable sur leur cadavre. Les autres moururent du huitième au douzième jour, avec des ulcérations à la région pyloriquc de l’estomac. Cet effet delà ligature est aisé à distinguer des effets de l’empoisonnement qui cause des altérations au grand cul-de-sac de l’estomac.
En somme , la ligature a un avantage ; elle conserve le pylore, mais elle ajoute une complication de symptômes, l/empoisonnement sans ligature reproduit plus exactement les conditions qu’offre l’homme. On doit balancer l’un par l’autre ces expériences et leurs résultats. Il faudra, en concluant du chien à l’homme, s’attendre à des effets moindres chez celui-ci avec les doses qu’on aura vu agir sur celui-là. M.Orfila veut que ce principe soit sans exception. Il nous semble cependant que la règle n’est rigoureusement applicable qu’aux poisons agissant sur le sang. Pour les poisons irritants, il faut avant tout consulter la sensibilité de l’espècc. Or, on ne comparera certainement pas la sensibilité de l’estomac du chien, à celle de l’estomac de l’homme. Admettons que la différence de volume des deux espèces compense cette différence de sensibilité, c est déjà une concession assez >arge ; et nous serons autorisés à croire qu’en fait de poisons irritants, la dose qui tuera un chien pourra aussi bien tuer un homme. Avant d’entrer dans l’examen circonstancié de chaque poison , donnons quelques généralités sur les effets des quatre classes de poisons que nous admettons. Ce qui doit faire soupçonner «m empoisonnement et plus spécialement celui par les substances irritantes, c’est
Med. Lé g.
DE l’empoîsonpîëmEnt EN GENÉluti 33
la brusque ittVasidü cle symptômes graves au milieu d’une santé ferme, après l’ingestion d’aliments ou de boissons :
saveur acide caustique , salive urinense , métallique, acre; ptyalisme, ardeur à la gorge, constriction douloureuse, quelquefois avec escarre ; douleurs vives, affreuses , atroces dans toute l’étendue du conduit digestif, d’abord dans l’œsophage, puis dans l’eslomac, ainsi de suite; nausées , vomissements , quelquefois de matières mêlées de sang ; digestions alvincs douloureuses, quelquefois sanguinolentes. Symptômes des phlegmasies gastro-intestinales portées au plus haut degré , abdomen douloureux à la pression , météorisme, fièvre ardente, soif:
inextinguible, frissons, froid des extrémités. Lorsque l’action du toxiqiJb vai jusqu’à produire la mortification ou l'escarre des parties avec lesquelles il est en. contact, il survient une cessation ou un amendement de tous les symptômes qui ne tarde pas d’être suivi de la mort. Lorsque l’action est moindre et provoque une phlegmasie , l’établissement de la phleg— masie renouvelle les premiers symptômes de l’empoisonnement, qui dans l’intervalle s’étaient un peu calmés ; les facultés intellectuelles n’ont jamais éprouvé d’altération. Dans les poisons narcotiques, les effets arrivent plus tard que dans les poisons âcres ou irritants • ils sont moins nombreux; mais plus violents : pesanteur de tête , étourdissement , lassitude , abattement , somnolence, douleur eompressive des tempes trouble de la vue , ivresse , engourdissement , stupeur ; yeux rouges , livides , gonflés, languissants, immobiles , regard hébété ou féroce, sensibilité diminuée, pupille dilatée , battements de cœur tumultueux,puis affaiblis, délire furieuxou. gai, cm plaintifs , tremblement, mouve— ments convulsifs à la face et dans d’autres parties du corps, parfois légers et passagers, d’autrefois tenaces et comme tétaniques. Abolition des facultés intellectuelles, perle totale des sens, paralysie complète des membres , coma, respiration lente et haute, suspiricusc, stertovcusc. Pouls petit, lent, irrégulier, érection passive de la verge, distorsion de la bouche , face cadavéreuse , refroidis— sement, mort. Les poisons narcaUco-àcrcs offrent un mélange des deux, séries de symptômes que nous avonadécrits , mais la série première est moins prononcée que J a seconde. Les poisons sepliques gazeux ont souvent un effet mortel irutné-
34 MÉDECrNK
(liât ; d’autres fois, après avoir occasionné ch: délire , des mouvements convulsifs , ils amènent un affaiblissement profond.
L’individu se sent anéanti , il plie les jambes, et tombe pour ne plus se relever. Les poisons septiques inoculés produisent des effets généraux et des effets locaux. Les effets généraux sont le vomissement, l’ictère, la fièvre, la syncope ; les effets locaux , une phlcgmasie érysipélateuse des plus rapides et des plus douloureuses, se propageant rapidement aux parties supérieures des membres , et se terminant par la gangrène.
Alors, pouls petit, fréquent, irrégulier ; sueurs froides , affaiblissement de la vue, trouble des facultés intellectuelles. Les poisons causent des altérations pathologiques de diverses espèces. A la peau , on trouve des taches diversement colorées , blanches , rouges , livides. Elles se remarquent aussi aux lèvres, à l’extrémité des doigts , etc. A l’estomac , on trouve toutes les nuances par lesquelles passe la phlegraasie, depuis la coloration rose jusqu’à l’escarre et la perforation. Il est une altération spéciale aux poisons , c’est la plicature de l’estomac, et en particulier le froncement à plis rapprochés de la muqueuse de ce viscère. Le plus souvent dans le fond de ces plis , se retrouvent des parcelles de la matière vénéneuse. Nous avons déjà dit que c’était surtout dans le grand cul-de-sac de l’estomac que le poison faisait ses ravages et laissait ses traces. A l’autre extrémité du tube intestinal , le rectum offre des ulcérations plus ou moins larges et profondes. Dans les poumons, on trouve les muqueuses rubéfiées ; dans le coeur, les valvules enflammées , ulcérées ; le cerveau participe plus rarement au désordre dans le cas d’empoisonnement par les substances âcres. Dans l’empoisonnement par les narcotico-acrcs , ainsi que dans celui par les narcotiques , c’est principalement au cerveau qu’on observe les altérations. Ce viscère est gorgé de sang. Dans l’empoisonnement septique, le sang offre une couleur noire prononcée et une fluidité particulière. Maintenant, disons quelques généralités sur le traitement de l'empoisonnement, quoique la thérapeutique soit un accessoire dans un cours de médecine légale. Bien qu’on possède beaucoup d’agents chimiques capables de décomposer les poisons , il y a fort peu de cas dans lesquels ces agents réussissent à opérer cette décomposition dans le tube intestinal du malade. Tantôt ce réaclff est vomi
LÉGALE
avant d’avoir agi sur le toxique, tantôt celui-ci a abandonné l’estomac et se trouve dans l’intestin ; enfin , le mélange de certaines liqueurs ou matières animales peut empêcher l’action chimique.
L’indication principale à remplir quand on arrive auprès d’un empoisonné est donc de faire rejeter le poison en dehors par le vomissement. Je sais que cette opération peut avoir des inconvénients graves dans quelques cas : l’estomac corrodé , animé par une substance âcre et corrosive, peut se rompre pendant l’effort qui amène le vomissement , et le malade peut succomber à l'épanchement des matières dans la cavité abdominale ; mais dans ce cas aussi, la mort est à peu près certaine par le fait des escarres ; on doit risquer le vomissement. Comme le poison le détermine presque toujours , on n’a qu’à l’encourager par d’amples doses d’eau chaude , par la titillation de la luette. Il faut se souvenir que pendant la première période de l’action des poisons âcres , il n’y a pas encore d’inflammation; aussi n’esl-ce pas le moment de recourir à la saignée. Les forces sont appelées vers l’estomac et dépensées par la douleur : une saignée dans ce moment peut tuer le malade. La saignée d’ailleurs favorise l’absorption : on l’a vu souvent dans les hôpitaux où des internes peu expérimentés débutaient par cette opération. La saignée elle-même n’est pas sans danger quand l’inflammation s’est développée ; elle dépense trop rapidement les forces déjà épuisées en désemplissant la circulation générale. L’évacuation du sang par les sangsues doit lui être préférée. Comme les poisons narcotiques n’occasionnent pas d’inflammation, le traitement antiphlogistique est tout-à-fail inutile ; on emploie au contraire, aussitôt que l’estomac est débarrassé par le vomissement, les boissons stimulantes, telles que le café , le thé , l’ammoniaque étendu d’eau. Dans les narcotico -âcres, il faut faire lamédecine des symptômes : combattre le symptôme dominant, la phlcgmasie par les sangsues, les cataplasmes, les bains; le narcotisme par les boissons stimulantes que nous venons de mentionner, les convulsions par les antispasmodiques ; en un mot , cette maladie complexe et inconnue dans son essence, doit être traitée comme nous avons fait pour le choléra : c’est le provisoire , en attendant que l’expérience ou la théorie ait trouvé la nature du mal et son véritable remède. Lorsqu’un médecin appelé près
EMPOISONNEMENT PAR L’iODE.
d’un malade reconnaît un empoisonnement non volontaire, et qui n est pas le fait de l’imprudence du malade, il doit, après lui avoir donne les soins convenables, avertir l’autorité, afin que celle-ci fasse la recherche du criminel. Quelquefois., l’autorité est si jalouse de ses droits en pareille matière , qu’elle trouve mauvais que le médecin commence par soigner le malade avant de la faire prévenir. Sa prétention est évidemment injuste ; l’humanité a des droits qui passent avant les siens.
C1IAP. IX. — EMPOISONNEMENT PAR L’iODE.
Nous entrons maintenant dans l’étude spéciale de chaque poison âcre; nous commençons par l’iode: quoique ce corps ne soit pas un poison très-subtil, on possède déjà quatre faits authentiques d'empoisonnement causé par lui; deux des individus ont succombé. Il est si fréquemment employé comme médicament que d’autres cas ne peuvent éviter de se présenter par suite des imprudences des pharmaciens , des gardes ou des malades eux-mêmes. Nous allons commencer par décrire les caractères de l’iode isolé, afin qu’on puisse le reconnaître dans cet état, si par hasard il restait près du malade une portion du poison. C’est un corps brungris feuilleté, luisant, ressemblant assez à de l’oxyde de manganèse, et plus encore à des carbures de fer. A une température peu élevée, il se volatilise en vapeurs violettes; manié entre les doigts, il s’écrase en faisant à la peau une tache jaune, qui disparaît par la potasse, la soude et l’ammoniaque. Le plus ordinairement le poison est mélangé à de l’eau, du vin, du lait, de la bière, ou bien on est réduit à le chercher dans les matières alimentaires contenues dans l’estomac.
Dans tous ces cas, l’iode est aisé à retrouver et à reconnaître, parce qu’il a des caractères positifs et peu nombreux. Il est signalé par beaucoup de réactifs d’une valeur secondaire, que nous indiquerons après ceux auxquels nous attachons plus d’importance. Si on met de 1 iode pur dans un tube fermé par un bout, et qu’aubout ouvert, on introduise un papier imprégné d’amidon et humecté légèrement, puisqu’on chauffe le bout ferme, I iode en se volatilisant rencontre le papier amidonné et y détermine une couleur bleue. Cet effet est spécial, i )issoua dans l’eau pu l’alcop], pu iç rpepu-
naît aussi avec l’amidon : on a un verre à expérience demi-plein de solution d’amidon : on y verse quelques gouttes de l’eau ou de la teinture iodurée ; soudain l’amidon se colore en bleu très-foncé.
Si on chauffe dans un tube l’alcool chargé d’iode, l’alcool se volatilise, et bientôt l’on voit apparaître les vapeurs violettes de l’iode. La coloration bleue de la solution d’amidon pourrait être masquée si l’iode avait été mêlé à du vin rouge. Cependant, si la proportion d’iode était forte, quelques gouttes de ce vin feraient un précipité bleu très-visible. Pour agir avec plus de sûreté , on peut préalablement décolorer le vin en le passant à travers un filtre après l’avoir mêlé avec du charbon animal. Mêlé au lait, à la bière , au vin blanc, l’iode se reconnaît toujours par l’eau amidonnée : s’il est incorporé avec des matières solides ou avec les membranes de l’estomac, ou prend ces matières ou cet estomac ; on ajoute un mélange de parties égales d’eau et d’alcool; on laisse macérer quelque temps à une température tiède ; on filtre et on essaie par l’amidon. On sait que l’iode se dissout très - rapidement dans l’alcool. Si la proportion d’iode était très-grande, il suffirait de promener les matières ou les membranes sur le papier amidonné ou deles laisser un instant dans l’eau d’amidon, pour obtenir la couleur bleue. L’iode ingéré dans l’estomac y cause des ulcérations entourées d’une auréole jaune. L’ammoniaque détruit cette couleur, qui peut être occasionnée par quatre causes différentes : l’acide nitrique, labile, lebrôineet l’iode. Sielleest dueà l’acide nitrique, elle passe au rouge de sang quand l’ammoniaque y est mêlée; si elle est due à la bile, l’ammoniaque ne l’altère pas, donc la disparition par l’ammoniaque est une preuve qu’elle est due ii l’iode ou au brome. 11 faut de 1 gros à 2 gros et demi d’iode pour tuer un chien. Peu de temps après l’avoir pris, le chien éprouve des nausées , des vomissements.
Cela dure peu, bientôt l’animal éprouve un affaiblissement remarquable ; la prostration est telle qu’il ne change pas de place et de position ; la mort arrive sans être précédée de convulsions. Une préparation d’iode, plus employée que l’iode pur, détermine des accidents tout-à-fait semblables quand on l’expérimente suides chiens. Les deux substances produisent sur les membranes de l’estomac une plicature remarquable avec stries noirâtres Sur ces replis , ulcérations profçu-
des, taillées à pic, à bord boursoufflés , injectés avec l’acide jaune rougeâtre , dont nous avons déjà parlé. On ne connaît pas de contre-poison de l’iode. L’histoire de l’empoisonnement et des caractères chimiques de l’hydriodate de potasse a été faite par M. Devergie en 1825. Il n’est pas vrai que l’hydrochlorate de platine précipite l’hydriodate de potasse en jaune serin ; le précipité est amarante. L’hydriodate de potasse pur est un sel presque incolore ; si on l’introduit dans un tube fermé et qu’on y “verse une goutte d’acide sulfurique, l’iode est mis à nu ; on chauffe, et les vapeurs ■violettes paraissent. On peut leur faire rencontrer le papier amidonné , qu’elles bleuissent ; dissous dans l’eau , une goutte d’acide sulfurique met à nu l’iode ; l’amidon y est coloré. Si la dissolution est très-étendue, et qu’on y ajoute de la dissolution d’amidon , une goutte d’acide sulfurique donne la couleur bleue-violetïe. On a conseillé l’addition du chlore pour aider l’action de l’acide sulfurique. 'Voyons séparément l’action du chlore sur l’hydriodate : d'abord, l’iode est mis à nu, mais si on verse un excès de chlore, l’iode redisparaît ; c’est un inconvénient qui trouble la précision nécessaire aux expériences de ce genre. Nous allons passer en revue l’action d’autres réactifs auxquels nous attachons moins d’importance = l'acide nitrique met aussi l’iode à nu -, ie deuto-chlorure de mercure dissous dans l’eau précipite en carmin orange , mais ce précipité est soluble dans excès d’hydriodate et dans excès de deuto-cblorure; le proto-nitrate de mercure précipite en gris verdâtre la solution chargée d’hydriodate de potasse : la soluêion moins chargée est précipitée en jaune serin. On petit dire en général que des ïéactifs proposés pour signaler l’iode, le moins sensible est le deuto-chlorure de mercure ou sublimé corrosif ; le plus sensible l’ hydrochlorate de platine et le proto-nitrate de mercure ; l’amidon est un réactif plus sensible et plus certain encore. Quand l’bydriodate de potasse ioduré est mêlé à des liqueurs colorées , le moyen le plus certain de le retrouver est d’évaporer ces liqueurs jusqu’à siccité, même jusqu’à décomposer la matière végétale ; on reprend les résidus par l’eau; on filtre et l’on essaie la liqueur par les réactifs de l’iodure que iious avons déjà fait connaître. La décoloration préalable par le charbon a l’in—
convenient de Itvix’ç perdre une certaiue
quantité de la matière à expérimenter, et par conséquent du poison qui y peut être en fort petite quantité. On peut même déjà pousser l’évaporation jusqu’à l’incinération quand la matière suspecte est mêlée avec les liquides animaux colorés ou opaques, le lait, le sang, l’urine, la bile. Christison et d’autres expérimentateurs ont trouvé l’iodure de potasse dans l’urine plusieurs jours après l’empoisonnement ; d’autres médecins qui ont expérimenté sur l’urine de malades mis au régime de l’hydriodate de potasse, n’ont pas constaté la présence de ce sel, parce qu’ils se sont servis uniquement de l’amidon pour réactif .11 fallait évaporer et incinérer l’urine. M. Orfila nie que l’hydrochlorate de platine signale la présence de l’hydriodate de potasse ioduré dans le sang. Il faut distinguer ici, le sang se décompose naturellement en deux parties, le sérum et le caillot. Celui-ci entraîne presque toujours avec lui les matières suspendues dans le sang; ce n’est donc pas principalement dans le sérum qu’il faut les chercher, c’est dans le caillot ; après donc qu’on a essayé le sérum par ce réactif, on fait calciner le caillot du sang et l’on reprend par l’eau distillée les sels contenus dans le résidu. On traite ce liquide par les réactifs déjà indiqués. Il faut se comporter de la même manière pour l’estomac et les liqueurs qu’on en retire : si, après les avoir lavés , ajouté un peu d’acide sulfurique et touché par l’amidon , on n’obtient pas de résultat décisif , on coupe l’estomac par petites portions, on le fait dessécher ; quand il est bien sec , on jette ces morceaux dans un creuset et on les incinère. On reprend par l’eau distillée et l’on essaie la liqueur obtenue. Un quart de grain d’hydriodate mêlé à une demi-livre de sang, traité par ce procédé, a été signalé ensuite par les réactifs dans le liquide qui avait dissous les sels des cendres. L’action de l’hydriodate de potasse ioduré sur l’économie, expérimentéàladosede 15, de 20, de30 grains, consiste en des nausées et des vomissements peu prononcés. Peu de temps après l’apparition de ces symptômes, le calme arrive et la santé revient. Deux gros, trois gros, et trois gros et demi donnés à des chiens de forte taille ont occasionné la mort au bout de vingt-quatre ou de trente-six heures. La moyenne de ces doses, un gros et demi ou deux gros , serait-elle suffisante pour causer la mort d’un homme? non sans doute, si on jugeait d’après le volume. Mais nous avons déjà