‹ Traité de médecine légaleChapitre 17 sur 167 · DE L’ACIDE · texte numérisé non relu

DE L’ACIDE

plus de force et les membranes qu’il a touchées peuvent être noires comme le jai. Comme l’acide sulfurique coagule le sang , soit après la mort, soit pendant la vie, ou s’est demandé comment on pourrait reconnaître ces deux circonstances. On peut répondre à cela que l’acide ne coagule le sang- que par le contact immédiat; donc, pour que le sang que l’on trouve parfois solidifié dans tous les vaisseaux qui entourent l’estomac, pour que ce sang ait été coagulé, il faut que les membranes intermédiaires entre lui et l’estomac aient été corrodées ou désorganisées. La difficulté de trouver des réactifs indiquant l’acide sulfurique d’une façon précise se complique lorsque l’acide est mêlé à des liquides végétaux, avec le vin par exemple.

l 0 Par le fait de ce mélange, l’acide est étendu d’eau.

2° Le vin peut contenir des sels à base métallique.

3° Il contient certainement des sulfates solubles.

On élude toutes ces difficultés en agissant comme si on avait affaire à de l’acide étendu d’eau. Il résulte des expériences de Christison et de Turner que, lorsque l’acide sulfurique a fait des taches sur les vêtements , on peut y retrouver et y reconnaître cet acide au bout de quinze jours. Humphry-Davy l’a reconnu après six semaines. Pour cela faire, on dessèche le fragment d’étoffe, puis on l’introduit dans un tube avec la potasse. Christison commence par constater la réaction acide sur le tournesol, puis fait bouillir 1 étoile dans l’eau distillée à plusieurs reprises; il concentre et met le liquide en contact avec le carbonate de plomb; il fait bouillir ; l’acidc carbonique se dégage, et il se forme un sulfate de plomb insoluble qui se précipite au fond du vase; on recueille ce sel sur un filtre; on le traite par l’eau, mêlée de partie égalé d’acide nitrique. Si on a affaire à du sulfate de plomb , le précipité persiste : on peut encore mêler le précipité a eau et faire passer au travers un courant d’acide hydrosulfurique. M. Grilla «i proposé de substituer dans le procédé de Christison le carbonate de chaux à celui de plomb ; mais ces procédés ont toujours l’inconvénient de confondre l’acide sulfurique avec le sulfate d’ammoniaque, à plus forte raison avec des sulfates acides. Ces sels pourraient aussi décomposer le carbonate de plomb et en

Page 1