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OHAP. XI. DF, L’ACIDE NITRIQUE

Donnons d’abord les caractères de cet acide pur. C’est un liquideincolore, d’une odeur nauséabonde. L’air et la lumière le colorent en jaune en y formant de l’ac‘de nitreux que le nitrique garde en dissolution. Sa saveur est caustique. Mis en contact avec les tissus animaux cl vé-

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gétaux , il les détruit et les jaunit. Pendant cette action , il se forme des acides acétique, malique, oxalique, bydro-cyanique et carbo-azotique : ce dernier donne à la matière organique animale jaunie une propriété éminemment combustible aussitôt qu’elle est desséchée. En même temps que ces acides , il s’est formé des gaz proto et cleutoxyde d’azote , plus de l’oxyde nitreux. L’aciile nitrique rougit fortement le tournesol. Mis en contact avec de la limaille de cuivre, il entre en effervescence, dégage de l’oxyde nitreux rutilant, et forme un sel vert que l’eau ne décolore pas ; cc sel est du nitrate de cuivre. L’acide a cédé une partie de son oxygène au cuivre et s’est uni à lui pour former un nitrate de deutoxyde de cuivre. Avec le fer, le zinc et plusieurs autres métaux, l’acide nitrique se comporte de la même façon. Mêlé avec le carbonate de potasse, cet acide forme un sel qu’on appelle nitre, et qui est un nitrate de potasse : ce sel, projeté sur les charbons arden ts, fuse en activant la combustion. Mêlé à du cuivre et traité par l’acide sulfurique , il se décompose et dégage des vapeurs rutilantes d’acide nitreux. La décomposition de l’acide nitrique par le cuivre et la formation du nitre par son mélange à la potasse sont les deux caractères importants et spéciaux dont on se sert pour le reconnaître. L’acitle nitrique étendu d’eau rougit le tournesol , mais n’a pas d’action sur le cuivre à froid. En chauffant Je mélange on peut obtenir quelques vapeurs nitreuses, mais la vapeur d’eau qui se mêle à elles peut empêcher de les apercevoir. Mais le bicarbonate de potasse mêlé à l’acide affaibli jusqu’à ce que la cessation de l'effervescence annonce la saturation, donne lieu à la formation du nitre : ce sel cristallise quand on évapore le liquide. On peut le reconnaître aux caractères déjà décrits et à ses effets sur le cuivre avec l’acide sulfurique. Voyez comment l’acide nitrique se comporte avec les liqueurs végétales , le vin , la bière, le cidre : la couleur du vin est avivée ; mais si l’acide y est mêlé en quantité considérable, le vin jaunit. La couleur du thé en devient plus foncée.

Passons aux liqueurs animales : le lait est coagulé ; si on met un excès d’acide, le coagulum est dissous j la chaleur aide celle dissolution, mais une couleur jaune persiste. L’eau régale produit le même effet. Ces deu x acides sont les seuls qui déterminent la couleur jaune en agissant sur les matières végétales ou animales :

tous les autres les brunissent. L’acide nitrique colore en jaune en se décomposant et cédant de l’acide nitreux. Mêlé a la bile, il se comporte comme l’acide sulfurique; mis en petite quantité, il la rend jaune-serin ; en plus grande proportion , jaune-orangé ou vert; avec les autres matières animales, et notamment avec les tuniques de l’estomac et les liquides qu’il y trouve, il produit la coloration jaune lorsqu’il est concentré ; lorsqu’il est étendu d’eau, il les noircit à la façon des acides sulfurique, hydrochloriquc et acétique. Quand ondoitanalyser des matières où l’on soupçonne la présence de l’acide nitrique, il faut tâcher d’abord de savoir si ce sont des matières animales ou végétales. Dans le premier cas, en supposant que l’acide soit mêlé au cidre , à la bière, au vin, au vinaigre, on met la liqueur à expérimenter dans une cornue de verre que l’on plonge dans un bain de chlorure de calcium ; on chauffe: la distillation fait passer d’abord de l’acide acétique ou de l'alcool provenant des liqueurs fermentées; il peut aussi passer de l’éther nitrique ; puis il passe de l’eau; à la fin , l’acide nitrique passe dans le récipient ; s’il n’est pas assez pur pour qu’on le reconnaisse , on le sature avec le bicarbonate de potasse; on évapore : on obtient du nitre qu’on expérimente par le cuivre et l’acide sulfurique. Quand on a affaire à des matières animales, par exemple, les parois de l’estomac ou des matières vomies, M. Orfila conseille d’essayer quelques portions de ces tissus ou de ces liquides au moyen du cuivre ; si l’on n’obtient pas de gaz nitreux, on introduit les tissus ou liquides dans une cornue avec la limaille de cuivre, on chauffe, et il passe des vapeurs nitreuses ; on peut prendre une autre portion de ces tissus ou liquides, les saturer par le bicarbonate de potasse; on filtre, on évapore et l’on obtient du nitre qu’on expérimente. Pour pouvoir risquer ces trois expériences, il faut avoir beaucoup de matière suspecte à sa disposition. Il vaut mieux aller plus droit au but, et pour cela on distingue deux cas : la matière est jaune ou bien elle estbrune ou incolore ; la présomption de la présence de l’acide est beaucoup plus forte dans le premier, ceci soit dit en passant. Versez dessus du bicarbonate de potasse : il se produit une effervescence ; la couleur jaune du tissu ou des matières passe au jaune-orange ; l’acide nitrique s’est uni à la potasse; on filtre, on évapore, et l’on fait cristalliser

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le nitrate de potasse. Ce sel sera sali et coloré par la matière animale ; sa cristallisation en sera troublée : on peut décolorer le liquide avant de faire cristalliser, en faisant passer au travers un courant de chlore. Quand on traite les membranes de l’estomac, on obtient une grande proportion de gélatine, qui , mêlée ensuite au nitrate de potasse , produirait un résidu charbonneux et des fumées ammoniacales qui masqueraient l’effet du sel sur les charbons ousur îe cuivre. MM. Orfila et Lesueur ayant mêlé une certaine quantité d’acide nitrique à une portion d’intestins qu’ils laissèrent ensuite enterrée pendant vingt jours , ne purent ensuite en retirer par la potasse qu’un sel dont les effets furent masqués par la matière animale qu’il avait entraînée en se précipitant. Il est donc plus nécessaire encore dans ces cas de décolorer le liquide au moyen d’un courant de chlore.

D’autres réactifs ont été proposés pour reconnaître les nitrates ou l’acide nitrique étendu d’eau. Yebitch recommande le sulfate d’indigo. Eu conctact avec l'acide nitrique concentré , le sulfate d’indigo se décolore, surtout si l’on ajoute quelques gouttes d’acide sulfurique.

Quand l’acide nitrique est étendu, il faut ajouter de l’acide sulfurique et chauffer; encore la décoloration du sulfate d’indigo n’est pas certaine. D’ailleurs cet eftet n’est pas borné à l’acide nitrique, l’acide liydrocyanique le produit aussi. Un autre auteur a proposé un réactif plus précieux, c’est la morphine. En contact avec cet alcali végétal , l’acide nitrique pur passe au jaune , puis au rouge. Etendu d’eau , cet effet sc produit difficilement. Cependant l’acide ou les nitrates étendus de quatre mille parties d’eau peuvent être reconnus par la morphine. On mêle donc un peu de c et alcaloïde au liquide à essayer, et puis on verse une goutte d’acide sulfurique; soudain la couleur rouge se prononce. Une partie de cette coloration tient au dégagement de l’acide nitreux , car elle est accompagnée d’une certaine effervescence du liquide , et en définitive c’est par l’acide nitreux que la présence de î’acide nitrique sc signale toujours. L’a-i eide nitreux anhydre, versé sur une solution de morphine , la colore en rouge foncé ; mais la couleur ne dure guère plus d’une heure. La potasse ou la soude l'avive et la rend persistante : ceci prouve que l’alcali végétal était réellement coloré. Cette expérience peut être faite di

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