ACIDE HYDROCHLORIQUE) EAU REGALE , ACIDE ACETIQUE
la manière suivante : on prend un tube fermé d’un côté; on y introduit une portion du résidu des matières animales a expérimenter ; on humecte ; on ajoute un peu de limaille de cuivre et d’acide sulfurique ; on ferme l’extrémité du tube par un bouchon traversé d’un tube dont le bout est édité et recourbé ; on a introduit dans cette portion effilée un peu de morphine qu’on y a fixé en l’humectant par i’haleine ; aussitôt que l’acide agit sur le contenu du gros tube , il se dégage des vapeurs rutilantes qui colorent la morphine en jaune. L’addition d’un peu de solution de carbonate de potasse ferait foncer la couleur jaune-orange. 11 peut ne se dégager d’abord que de l’acide carbonique; aussi, pour bâter le dégagement du gaz nitreux, fera-t-on bien de chauffer ic tube.
Cependant, la conclusion à la présence de l’acide nitrique n’est pas encore complètement certaine. Il y a un autre corps qui colore la morphine : le chlore lui donne une couleur verte qui peut quelquefois être prise pour jaune , quoi qu’elle n’aille jamais jusqu’au jaune rouge. Dans le cas où ia couleur verte ou jaune de lu morphine tient à l’action du chlore , la potasse décide une couleur orange foncée, tout comme dans le cas où l’acide nitrique aurait agi. Il faut donc ajouter à l’expérience que nous avons décrite une vérification : l’acide nitrique colore en noir le proto-suilate de 1er ; le chlore ne produit pas cet effet. On répète donc l’épreuve dans le tube fermé, et. au lieu de morphine, on introduit dans la douille courbure du petit tube effilé, une goutte de solution de proto-sulfate de fer. En nous résumant, nous dirons donc que, pour reconnaître la présence de l’acide nitrique après la mort d’un individu, on commence par traiter l’estomac p^r l’eau distillée; on introduit ce liquide dans une cornue ; on laisse diminuer le liquide de Moitié pour se débarrasser des produits volatils, alcool, éther, acide acétique ; puis on décante, on filtre , on reprend I estomac par l’eau distillée pour «puiser l’acide; on réunit ccs diverses liqueurs, et 1 on fait passer au travers un Courant de chlore pour les décolorer. Le liquide contient après cette opération un exces de chlore sur l'acide nitrique : l’exccs de chlore sc volatilisera par l’cbullilion ; puis on sature l’acidc nitrique par c bicarbonate de potasse; on filtre; on f.nt évaporer : on a un sel qui est du nili ate. On peut J 'essayer sur les charbons
et dans le tube avec la limaille de cuivre et l’acide sulfurique, d’abord sur la morphine, et puis sur le sulfate de fer. Règle générale : toutes les fois qu’on recherche des acides dans les matières végétales ou animales , on est obligé de procéder par la distillation. L’action de l’acide nitrique sur l’économie animale est tout-àfait semblable à celle de l’acide sulfurique ; on a remarqué que l’excitation nerveuse était même plus violente. Les effets escharotiques dans la bouche et dans le tube intestinal sont les mêmes, à cela près de la coloration , à l’égard de laquelle nous sommes déjà entrés dans des détails suffisants. Les remèdes et les contre-poisons sont identiquement les mêmes.
CilAP. XII. ACIDE II YDROCIïLORIQUE , EAU
RÉGALE, ACIDE ACETIQUE.
L’acidc muriatique ou hydrochlorique est un liquide presque incolore, d’une odeur suffoquante , d’une pesanteur spécifique de 1,203 , rougissant fortement et décolorant la teinture de tournesol.
Quand on l’approche d’un vase qui exhale de l’ammoniaque, les vapeurs qu’il exhale s’épaississent en rencontrant l’ammoniaque gazeux ; il se forme de l’hydrochlorate d’ammoniaque, qui est à un état de division extrême dans la vapeur d’eau.
Mêlé à la solution de nitrate d’argent, l’acide hydrochlorique forme un précipité blanc, lourd et cailleboté. Le nitrate d’argent se comporte de la même façon avec les acides hydroevanique et sulfosinapique; mais le précipité par l’acide hydrochlorique devient violet au contact de l’air. Un autre caractère qu’on assigne comme particulier est partagé par le précipité formé par les deux autres acides ; ce caractère est d’être insoluble dans l’acidc nitrique et très-soluble dans l’ammoniaque. Cependant le chlorure d’argent conserve son insolubilité, si l’on chauffe l’acide nitrique jusqu’à l’ébullition , tandis que ce moyen lait dissoudre i’hydrocyanate. Quant au sull'osinapat.c, il se dissout également à chaud dans l’acide nitrique ; mais quand il y bout, il noircit en sc dissolvant; il se charbonne, et forme un sulfure noir d’argent. Comme les hydroehloratcs se comportent avec le nitrate d’argent de la meme laçon que l’acide hydrochlorique lui-même, il faut chercher d’autres caractères pour affirmer que des matières qu'on examine contiennent cet acide libre. Nous les indiquerons bientôt. Mêlé a du peroxyde de manganèse, l’acide hy-
drochlorique dégage du cliloi'c pour peu <|u on élève la température. Le muriate de soude, qui en dégage aussi, en contact avec le même oxyde, a besoin d’addition d’acide sulfurique. L’acide hydrochlorique du commerce se présente avec une
teinte jaune-verdâtre ou jauner-ougeâtre,
qui tient à la présence du chlore et d’une matière huileuse qui se dégage pendant la distillation du sel marin. Le chlore pur décolore le tournesol plutôt qu'il ne le rougit.
Voyons maintenant les caractères de l’acide étendu d’eau. Il rougit le papier tournesol ; son action sur le nitrate d’argent est la même , mais pour qu’il donne des vapeurs de chlore par son mélange au manganèse, il faudra chauffer assez fortement et assez long-temps pour que l’eau soit évaporée presque entièrement.
La vapeur de l’eau qui restera quand le chlore commencera à se volatiliser pourra masquer le chlore au point qu’il soit difficile à reconnaître. Nous l’avons déjà dit à propos des autres acides, quand ils sont étendus d’un autre liquide , il faut toujours recourir à la distillation pour les reconnaître; il faut donc introduire dans une cornue le liquide à examiner , distiller , séparer l’eau qui passe d’abord le* récipient, et à la fin de l’opération on obtient l’acide, qu’on peut alors expérimenter avec certitude par le manganèse et par le nitrate d’argent : on est sûr qu’il était libre. Un muriate n’aurait pas dégagé son acide quand on n’avait rien ajouté/ dans la cornue qui pût décomposer te sel. On peut aussi après avoir obtenu l’acide le saturer par le bicarbonate de potasse ; il se formera un hydrochlorate de potasse qui précipitera le nitrate d’argent : ceci, dans le cas où l’acide obtenu serait trop étendu pour agir sur le manganèse. L’acide hydrochlorique ne trouble pas le vin rouge , il avive un peu sa couleur ; il en fait autant avec le vinaigre coloré. Il ne change pas non plus l’infusion de thé ni l’eau saturée de sucre. Quand il faut le rechercher dans son mélange avec les matières végétales, on doit se conduire absolument comme nous l’avons déjà conseillé pour lé cas où il est étendu d’eau. Avec la bile , le sang, l’albumine, la gélatine, l’acide hydrochlorique se comporte comme les autres acides que nous avons déjà étudiés. Quand on a à le rechercher dans son mélange avec ces matières ou avec les tissus animaux, avec les membranes de l’estomac, M. Orfiia conseille de distiller sim-
plement , et de traiter le produit obtenu comme l’acide hydrochlorique étendu d’eau : mais cela suppose que l’acide hydrochlorique est assez volatil pour passer aisément dans la distillation. Un autre expérimentateur ayant empoisonné un chien avec trois gros d’acide muriatique, mêla les membranes de l’estomac du chien à une certaine quantité d’eau, et distilla le tout. U poussa la distillation jusqu’à n’avoir dans la cornue qu’une liqueur sirupeuse , et cependant le récipient ne contenait encore que de l’eau.
Christison , qui a reconnu le même inconvénient , recommande de plonger la cornue j usqu’au col dans un bain de chlorure de calcium , qui peut produire une température de 240 : encore dans celte opération tout l’acide ne passe pas. Aussi, après avoir recherché l’acide dans le récipient , faut-il examiner le résidu. On le traite par l’eau distillée ; on filtre , et on examine si la liqueur rougit le tournesol et précipite le nitrate d’argent. Ici surtout , les caractères de l’acide libre étaient indispensablés à obtenir. Les tissus animaux, les matières alimentaires, les liquides de l’estomac, contiennent naturellement une assez grande quantité de muriates, qui, traités de prime-abord par le nitrate d’argent , auraient pu faire croire à la présence de l’acide. La distillation seule a prouvé que l’acide était libre.
Comme l’acide hydrochlorique a été rarement employé comme poison chez l’homme , les symptômes de cet empoisonnement sont peu connus ; il est probable qu’ils ressembleraient beaucoup à ceux’qui offrent l’empoisonnement par les autres acides. Quand on l’a essayé sur des chiens , on a vu qu’il ne cautérisait pas très-fortement l’estomac ; la muqueuse des lèvres et de la bouche est blanchie par son passage : étendu d’eau, il noircit l’estomac. Les contre-poisons et le traitement devraient être en tout semblables à ceux que nous avons déjà indiqués pour les acides sulfurique et nitrique.
Passons maintenant à l’étude de l’eau régale. On sait que c’est un mélange à parties égales d’acide nitrique et d’acidc muriatique: les deux acides en se combinant se sont décomposés en partie, il! s’est formé de l’acide nitreux et du chlore; la couleur rouge et jaune de l’eau régale est due à ces deux produits, qui y sont' mêlés. Mais l’acide nitreux , plus foncé / masque le plus souvent le chlore. La li-
ACIDE IIïDROCHLORlQtfË EAU
queür est donc complexe : outre le chlore et l’acide nitreux , elle contient de l’eau et des acides nitrique et hydrochlorique. Les caractères de tous ces corps peuvent y être signales. Le chlore en vapeur est masqué par les vapeurs nitreuses, avonsnous dit, mais son odeur suffoquante et son action sur l’ammoniaque en vapeur se trahissent; l’acide nitrique se montre par l’action de l’eau régale sur la limaille de cuivre ; l’acide hydrochlorique se manifeste par son action sur le nitrate d’argent ; enfin, l’eau régale elle-même a une propriété que n’ont aucun de ses facteurs; elle dissout l’or.
L’eau régale étendu d’eau a les caractcies que nous avons déjà trouvés aux deux acides nitrique et muriatique étendus d eau. Quand on doit signaler sa présence dans des matières végétales, on les soumet u la distillation , et l’on essaie le produit comme nous l’avons déjà vu par es deux acides. On sépare la liqueur en leux parties que l’on traite, l’une par la )otasse, et l’autre par le nitrate d’argent, .'eau régale est-elle mêlée à des matiè- ’es animales, on la sature par le bicarbonate de potasse ; on filtre , on évapore , H’on expérimente les sels obtenus, qui ioivent être du nitrate de potasse et du auriate de potasse. Dans ses effets sur 'économie animale, l’eau régale se monre le poison acide le plus violent; ses races cadavériques ressemblent à celles uc laisse l’acide nitrique : les tissus sont -rlenient colorés en jaune. Partout où le a passé ou séjourné, on trouve les ssus cautérisés , réduits en bouillie , ertores. La physionomie de l’empoisonsment par l’eau régale ressemble à celle î 1 empoisonnement par l’acide nitri- Ie ; seulement le mélange de l’acide hvrochlorique a rendu l’action plus vion e. Le traitement et les contre-poisons . 'den tiques avec ceux de l’acide ni- •qne, muriatique, etc. Nous finirons la ;on en nous occupant de l’acide acéti- • Le nest que depuis peu de temps
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mac , qui étaient noircis à tel point que les experts crurent d’abord à un empoisonnement par l’acide sulfurique. Mais après avoir essayé la liqueur sur le papier tournesol, et vu que le papier né rougissait que faiblement, ils regardèrent avec plus d attention les tuniques de l’estomac, et reconnurent qu’elles n’étaient cautérisées que très-superficiellement.
Ce fut alors qu’ils eurent la certitude qu’ils avaient affaire à un acide faible. L’acide acétique avalé par la jeune fille était celui qu on désigne par le nom de Mollerat ; il est obtenu par la distillation du bois. Le vinaigre radical obtenu parla décomposition du sel de cuivre est bien plus caustique. Des expériences sur des chiens ont démontré que l’acide acétique à la dose de quelques gros et le vinaigre à la dose de quelques onces, pouvaient causer la mort. Ces conclusions relativement au vinaigre ne peuvent être appliquées rigoureusement à l’homme, parce que le vinaigre de table est dans des états iorts variables de concentration, et l’expérience des personnes qui boivent le vinaigre par verrées pour se maigrir, est là qui prouve que ce liquide n’est pas vénéneux. L’acide acétique concentré est liquide , incolore et d’une odeur spéciale. C’est cette odeur qui doit guider et le faire reconnaître dans les analyses. Mêlé à l’eau de chaux , le vinaigre pur ne forme pas de précipité :
ceci le distingue des acides oxalique et tartanque, qui le précipitent. L’acide acétique ne précipite pas par le nitrate d’argent. Lorsqu’il est étendu d’eau , son odeur s affaiblit ; dans ce cas, on peut le saturer par la potasse : on évapore , et on obtient un sel déliquescent qui est de 1 acetate de potasse. On mêle ce sel à un peu d eau et d’acide sulfurique ; on distille dans une cornue; on entoure le récipient d’un mélange réfrigérant ; l’acide acétique concentré s’y condense. Si l’acidc était mêlé à des liquides végétaux il faudrait suivre le même procédé: s’il est mêle aux matières animales, il faut distiller ; 1 acide est volatile , et passe en totalité à la distillation , et on peut le reconnaître» son odeur particulière. Mais si la matière animale a subi un commencement de décomposition , ou si elle cède a action du leu , l’odeur du vinaigre pourra être masquée. Alors, il faudra prendre le produit de la distillation le saturer par la potasse, filtrer, évaporer, puis trader 1 acétate par l’eau et l’acide sulfurique , et le redistiller pour obtenir
le vinaigre pur. L’acide acétique pur essayé sur des chiens a produit des perforations à l’estomac. La coloration des membranes en noir tient à la formation d’ecchymoses pleines de sang coagulé. Ce fait se retrouvera dans les cas où l’acide aura été pris pur et en abondance. Les animaux sur lesquels on a fait les essais ont succombé en dix ou douze heures. Les contre-poisons et le traitement devraient être ceux que nous avons déjà indiqués pour les autres acides.