‹ Traité de médecine légaleChapitre 25 sur 167 · MERCURE , SUBLIMÉ CORROSIF · texte numérisé non relu

MERCURE , SUBLIMÉ CORROSIF

appliqué aux matières animales solides, l’inconvénient de n’agir que superficiellement. Le proto-chlorure d’étain ne pénètre pas dans la propre substance des tissus animaux , et là reste cachée une proportion considérable de calomélas.

y o ici le troisième procédé, il appartient à M.Orfila, qui l’applique seulement aux matières végétales liquides. On fait passer au travers de la liqueur un courant de chlore qui enlève la matière végétale, et de plus se combine en partie avec le calomélas de manière à reformer du sublimé, qu’il est aisé de reconnaître par les moyens donnés plus haut. M.Orfila veut qu’on applique ce procédé même aux matières animales solides : la fin de non recevoir déjà opposée au protochlorure d’étain devrait peut-être avoir retenu M. Orfila. M. Devergie a retrouvé du sublimé dans un tissu animal qui avait subi ce procédé , et qui conséquemment n avait pas été entièrement dépouillé. Le quatrième procédé, qui appartient à M.

Devergie , s’applique spécialement aux matières animales solides. Il consiste à dissoudre ces matières par l’acide hydrochlorique. Pour cela, on met ces matières dans une capsule de porcelaine, exposée à une chaleur douce ; on y verse quelques gouttes d acide concentré ; la matière animale commence par durcir; on ajoute de l’acide; elle se ramollit: dans les deux cas, elle prend une teinte bistre-foncé. Maintenant, le parenchyme ne peutplus dérober la moindre portion de sel mercuriel: le parenchyme est détruit. Ajoutez de l’eau , et continuez à chauffer

etre prises pour des globules de mercure, doucement , la maS Tune Tdis- inalcmcnt cc procédé ne découvrirait sont. Ensuite, on fait traverser ce li-

ïofson’lf réirabandn C°nSldfables de <ïllide P" un courant de chlore, qui pré- ? * i . 1 ,,bdndonne justement. Le cipile et blanchit la matière animale • on second, dont nous voulons parler, est ilù filtre, on fait bouillir pour chasser

nstison. On prend les matières ani- l’excès de chlore, et l’on expérimente par

aies contenant Je sel mercuriel ; on les la pile de Smithson. S’il y l beaucoup1 de

ranSbrm( VP?i liC10rT d’é‘am’ ,sullim<S’ 0,1 l,cut e" diminuer d’alSoixl nercure métailS TÜi ^ “T"" ™ ?uanl““.c'! jelaHt «Iniques morceaux

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s allie. La pile servira à poursuivre les dernières parcelles. Chrislison a critiqué ce procédé : selon lui, il retombe dans le délaut qu on reprochait au sien, il fait obtenir une matière animale durcie , qui elle aussi peut dérober le sel mercuriel. Mais cet inconvénient est évité quand on ne lait pas bouillir la solution de matière animale.

jNous imitons l’élude des préparations mercurielles en nous occupant de leur action sur l’économie animale. Aous

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avons dit en commençant l’autre leçon que le mercure coulant était le seul état dans lequel ce métal fut innocent. Nous le répétons ici, et nous allons le prouver.

Un homme sujet aux coliques, et croyant avoir un volvulus , prit huit onc'es de mercure coulant et n’en éprouva pas d’abord d’incommodité. 11 faut dire cependant qu’au bout de quatorze jours scs gencives se gonflèrent , et il éprouva de la salivation. Il y a loin de là à un empoisonnement , surtout eu égard à l’apparition tardive de ces accidents et à l’énorme quantité du métal avalé. On a cite comme une preuve du danger du mercure coulant, la mort d’un individu à qui on avait appliqué ce métal aux poignets dans des sachets de peau. Mais cet individu avait subi cette singulière médication pendant le cours d’une fièvre maligne. C’est cette fièvre et non pas le mercure qui le fit succomber. Dans les expériences chez les animaux, le mercure liquide ne produit aucun effet faclicux perceptible. On se souvient qu’à la fin dut 7e siècle, et pendant le milieu du 18e, les Anglais avaient l’habitude d’avaler tous les matins deux gros de mercure liquide pour se préserver de la goutte. Il n’est pas certain que la goutte ait etc provenue par ce moyen, mais il n a eu aucun inconvénient digne de remarque. Ou l’a employé souvent dans le cas de volvulus, ou bien lorsque des individus ayant avalé une pièce de monnaie, on voulait dissoudre le métal en l’amalgamant au mercure. Dans tous ces cas, on n’a pas vu se développer de symptômes dangereux propres au mercure. On peut donc conclure qu a valé, le mercure coulant n est pas vénéneux, il n’en est pas de même du métal à l’état volatil. Chez les mineurs, qui le respirent perpétuellement, il produit des maladies graves et affaiblit leur constitution! au point que leur vie en est toit abrégée. Les mineurs arrivent a cette fin prématurée avec des coliques, des paralysies , des ulcères aux gencives. On a vu à bord (lu vaisseau anglais le 1 nomphe les effets délétères de l’ atmosphère imprégnée de mercure. Ce vaisseau recueillit la cargaison d’un navire espagnol qui fit naufrage à l’entrée du détroit de Gibraltar. La cargaison consistait en mercure coulant enfermé dans des banls qui, mal cerclés, se défoncèrentaussitot qu ils furent placés abord du Triomphe • Le mercure inonda la cale de ce batiment.

Au bout de peu de temps, deux cents hommes de l’équipage étaient lombes

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malades en éprouvant tous les symptômes qu’on observe chez les mineurs illyricns ; il fallut désarmer le batiment , le vider de son lest et enlever minutieusement toutes les parties visibles du métal qui l’avait inondé. Cette opération finie, l’assainissement était loin d’êlre complet, car les marins qui y remettaient le lest éprouvèrent les mêmes symptômes que les matelots avaient ressenti. Les cliats qui y séjournaient quelques jours avaient des convulsions ; les rats sortaient de leurs retraites , sautaient, faisaient des cabrioles et mouraient dans de vrais accès d’épilepsie. Les moutons , les cochons qu’on mit à bord éprouvèrent aussi des effets délétères. M. Gaspard a expérimenté sur des œufs de poule 1 eide t des vapeurs mercurielles. Lxposés à cette vapeur à différentes périodes de l’incubation , les germes ont toujours été arrêtés dans leur développement, et l’ohd servateur a trouvé les poussins morts em ouvrant les œufs. Les larves d insectes exposés aux mêmes vapeurs en ont rcs-i senti les mêmes effets. On ne peut douter que même à la température ordinaire le mercure ne se volatilise. Faraday avais aperçu dans le vieux baromètre la por-j tion vide (lu cylindre ÿe verre parsemée de gouttelettes mercurielles qui ne pouvaient être venues qu’en s’y fixant aprèi avoir été évaporées du réservoir. Pou vérifier cette idée , Faraday suspendi des lames d’or et de cuivre au - dessu d’une couche de mercure ; d’autres physiciens ont couvert une capsule conte nant du mercure avec une cloche de verr doublée d’une lame d’or. Les métaux on toujours été alliés au mercure au bon d’un certain temps. Plusieurs des effet produits par le mercure à l’état de va peur ou de miasme ressemblent à ceo qu’il détermine quand on le donne à l’n teneur ou en frictions. Cependant dei effets sont particuliers à l’etat de vapeu ce sont le tremblement mercuriel et b paralysies. Tous les ouvriers qui travai lent le mercure subissent ces effets sp< ciaux à la longue. Avant de passer à 1’ tu.de des effets du mercure dans d’ antiétats , répondons à une question que l’< peut se faire après avoir entendu décri la transformation que le sublimé suL dans l’estomac. Si le deuto-chlorurcpasj à l’état de proto-cldorurc, comment pei on être certain que cc n’est pas du pro chlorure qui avait été avalé. Ce doit pourrait effectivement s’élever ; il ser ■ même insoluble , si par hasard le caloi

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se retrouvait dans l’estomac a 1 état de blancheur où nous le voyons dans les officines ; mais il n’en est point ainsi : lorsqu’il est formé aux dépens du sublimé, sa couleur est grise. D’ailleurs, la concomitance des symptômes de l'empoisonnement et des traces cadavériques qu’on aura rencontrées aidera singulièrement à arrêter une opinion à ce sujet.

On sait quel fréquent usage on fait du sublimé , plus encore que des autres préparations mercurielles, dans le traitement des maladies syphilitiques. A une dose très-petite , à celle d’un sixième de grain par exemple , surtout quand on a la précaution de l’associer avec l’opium , le sublimé peut être pris fort long-temps sans produire aucune incommodité. Cependant il y a des constitutions débiles ou susceptibles qui sont affectées péniblement même de cette faible dose. A dose un peu plus forte , le sublimé cause ordinairement le ptyalisme dans la première quinzaine de son usage. Viennent ensuite le gonflement des gencives, les aphthes, la tuméfaction des joues, les engorgeraens des glandes salivaires, les ulcérations aux gencives , aux piliers du voile du palais, parfaitement semblables i celles qu’occasionne la syphilis ellemême. Ce qui doit avoir bien fréquemment donné le change et augmenté le ual en poussant la dose de ce qu’on en croyait le remède. Un peu plus tard, les lents deviennent vacillantes, noircissent ;t se carient. Il se forme des exostoses, les caries. Ces effets peuvent arriver orsque le traitement mercuriel est déjà, ûni ; le mercure continue ses ravages i l’intérieur. Parfois, pendant que le raitement dure encore , le larynx devient loulourcux, la voix s’affaiblit ; il y a inc toux rebelle ; de l’anorexie avec ièvre, digestions difficiles, phthisie pulnonaire, marasme et mort. Ces effets rrivent egalement par l’usage extérieur t par l’usage intérieur du mercure. Us ontdoncunc preuve quecetagcnt exerce inc action élective et spéciale. Us prou- ■ ont que le mercure est absorbé. On est >orfé de là pour sc croire fondé à le rcrouver dans les humeurs. Nous allons oir jusqu’à que! point on y a réussi, lequel assure avoir trouvé du mercure oulant en disséquant le cerveau , le lobe de l’œil de vénériens. Dans les os,

I en a trouvé par grains et par onces!

) autres assertions de la même force sc rouvent dans les livres de beaucoup de

savants de l'époque où les noms propres se latinisaient, Uorrichius, Shenkius. Les observateurs d’un temps où la critique est plus sévère n’ont pas rencontré le mercure \yav Jleuves comme ceux-là; cependant il en est encore qui ont cru le retrouver. M. Colson a fait en 18:20 des expériences auxquelles M. Duméril a laissé mêler son nom. En mettant un peu d’or dans la main gauche d’un homme qui tenait sa main droite plongée dans le mercure, la pièce d’or blanchissait au bout d’un certain temps. Cependant, on convien tque l’expérience répétée troisl'ois n’a réussi qu’une. Une autre fois, on a plongé l’orteil dans le mercure , et au bout d’un certain temps une pièce d’or placée dans la bouche a blanchi. On le voit, selon ces messieurs, notre corps serait une éponge qui se laisserait traverser rapidement par le mercure. On a soutenu aussi bien des fois qu’une pièce d’or mise dans la bouche d’un vénérien en traitement se couvrait d’une couche de mercure. M. Cullerier oncle avait l’habitude de répéter tous les ans cette expérience dans les cours publics. J’en ai été témoin plusieurs fois. M. Cullerier ne l’a jamais vu réussir. D’autres expérimentateurs dignes de foi ont recommencé depuis, et de peur que quelques heures de séjour de la pièce dans la bouche ne fussent pas suffisantes , ils l’ont fait séjourner dès neuf heures du matin à neuf heures du soir, puis ils l’ont laissée toute la nuit dans la salive rendue sous l’influence du traitement mercuriel : l’or est demeuré jaune. Laloi dans la présence du mercure dans la salive était pourtant telle chez certaines personnes qu’on avait conseillé de tenir des fragments d’or dans la bouche comme moyen de neutraliser promptement l’ effet sialagogue. Le même M. Colson a traité parle cuivre les humeurs , le sang d’une femme qui avait pris trois grains et demi de sublimé, et il a eu le bonheur de voir blanchir le cuivre. Un autre observateur a été moins heureux avec la salive, avec le sang d’une femme, qui avait déjà pris 20fi pilules de mercure métallique. Il n’a pas mieux réussi chez deux autres malades qui avaient pris l’un 70, l’autre 120, pilules. Un chimiste de Turin, appelé Gantu, a analysé le dépôt fourni par GO litres <1 urine rendue par un vénérien en traitement; i! affirme en avoir retiré plus de 20 grains de mercure métallique. ]YJ. Dcvcrgie a répété l'expérience sur 10 litres d’uvine rendue le matin par

un vénérien en traitement : il n’a pas pu retrouver un atome de mercure. Ou ne peut pas accuser de cet éclicc son procédé chimique , car avec ce môme procédé il a retrouvé une fraction de grain très-minime de sublimé qu’il avait mêlé au sang. En Angleterre, Christison a répété l’épreuve, et en a obtenu le môme résultat négatif. Klaprotli et Bergmann en Allemagne ont vainement cherché du mercure dans le sangoùZeller avait prétendu en avoir trouvé. Christison et Macquer n’ont pas été plus heureux. La cause première des illusions de tant de médecins et chimistes peut tenir à quelque méprise, car nous ne voulons pas taxer légèrement l’accusation de mauvaise foi. Un cadavre dans lequel plusieurs enthousiastes parisiens ont retrouvé du mercure avait servi dans un amphithéâtre d’anatomie à démontrer les vaisseaux lymphatiques qu’on avait injectés. Ce fait a été prouvé après qu’on a eu crié au miracle. En résumé , les effets produits par le mercure dans l’économie nous forcent à admettre son absorption , mais elle n’a pas encore été démontrée par des preuves directes.

Nous reléguons parmi les merveilles auxquelles nous ne croyons pas ce fait auquel Fourcroy a donné de la publicité, d’un doreur qui eut la jambe couverte de phlyctènes au fond desquelles on trouva du mercure. D’abord il est singulier qu’on ait ouvert toutes ces phlyctènes et qu’on en ait recueilli la liqueur. Ensuite, on ne dit pas si le vase qui servit à cet usage appartenait au doreur; en tout cas, on ne s’était pas assuré d’avance que ce vase ne contenait pas quelques globules mercuriels. Arrivons aux symptômes produits par Je sublimé pris à haute dose. Commençons par ceux qui sont spéciaux à l’empoisonnement pefr cette substance. Nous y retrouverons ensuite tous ceux que nous avonsdéjà rencontrés dans tousles empoisonnements par les matières âcres. La saveur du sublimé est si désagréable qu’elle a arrêté parfois des personnes décidées a s’en servir pour mettre fin à leurs jours. Son contact avec la gorge a suffi trèssouvent pour déterminer une angine mortelle. Tel a été le cas. d’une jeune fille qui voulait se détruire, et que le goût métallique repoussant du sublimé empêcha d’en avaler un atome. Peu de temps après que le poison est parvenu dans l’estomac, il se déclare une vive excitation des organes génito-urinaires.

Il y a un priapisme violent et lu sécrétion

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des urines sc suspend ; quand le malade survit plusieurs jours, l’ischurie persiste pendant tout ce temps. Ensuite, il se manifeste une paralysie de la peau, qui perd sa sensibilité, en commençant par les pieds et remontant ensuite vers la tête ; les membres inférieurs se paralysent en totalité ; les contractions du cœur s’affaiblissent ; ses battements ainsi que le pouls sont imperceptibles. Les vomissements et les digestions sont mêlés de sang. Voici maintenant le reste des symptômes : saveur cuivreuse , chaleur à la gorge, puis à l’estomac, nausées , vomissements avec efforts excessifs, plus violents quand l’estomac est vide. Les matières qu’il amène sont filantes, épaisses, et se détachent difficilement de la bouche. Ces matières sont mêlées d’une poudre blanche ou grisâtre, qui est du sublimé partiellement transformé en calomel : l’agitation du malade est extrême , il se roule sur le carreau. Puis survient un abattement profond , une altération des traits de la face; le teint se plombe , les yeux sont caves, les lèvres contractées , l’intérieur de la bouche est blanc, la soif inextinguible , et cependant satisfaite avec répugnance à cause de la douleur du gosier. La chaleur de la gorge et de l’estomac augmente ; le pouls est filiforme ; la respiration s’accélère ; les déjections, sanguinolentes, sont si rapides et si brusques, que le malade n’a pas le temps de saisir le vase ; elles s’acccmpa-j gnent de vive cuisson à l’anus et d’épreintes douloureuses ; l’affaiblissemenl fait des progrès: c’est alors que la paralysie de la peau se manifeste, puis celle des membres inférieurs ; il y a des sueurs froides abondantes, des syncopes légère:

durant à peine une demi-minute. Elles de viennent de plus en plus fréquentes, eth mort survient. Les facultés intellectuelle se sont toujours conservées dans leu intégrité. La dose de sublimé capable di donner la mort varie selon la susceptibilité des individus. De cinq à hui grains suffisent le plus souvent. La mèm dose avalée fait périr les chiens. M.U.Or fila et Gaspard ont injecté dans la vein d’un chien un demi-grain de sublimé qu a causé la mort en très-peu de temps La moyenne du temps qu’il faut à l’em poisonnement par le sublimé pour eau ser la mort varie entre trois heures (, trois jours. Occupons-nous des altérajj tions ([lie l’on trouve dans le cadavre l’intérieur de la bouche est blanc , 1<

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