DE L ARSENIC
chose singulière, celle odeur manquera totalement si l’opération se fait sur une plaque de fer rougi ou dans un creuset incandescent au lieu de se faire sur un charbon. Un élève en médecine ayant remarqué cette différence en fit part à M. Orfila en l’an 1S28. Elle peut être expliquée de la manière suivante : l’oxyde blanc d’arsenic volatilisé n'est pas odorant par lui-même ; placé sur un charbon ardent , il est décomposé , cède son oxygène au charbon, passe à l’état métallique, et est volatilisé dans cet état. L’arsenic métal dégage seul l’odeur alliacée , odeur d’autant plus forte dans une quantité donnée de vapeurs que moins de métal a passé à l’état d’oxyde par son contact avec l’air ; ceci dans ie cas où l’on projette sur le charbon l’arsenic métallique. Dans le cas oii l’on se sert de l’oxyde, au contraire, l’odeur sera d’autant plus forte que plus d'oxyde sera converti en métal. ÎSur une lame de fer ou dans un creuset, l’arsenic métal peut seul donner l’odeur alliacée, puisqu’il n’a pas besoin de perdre son oxygène par le charbon. On a depuis trouvé que Berzélius, dans son traité de chimie 1S21 , avait dit positivement que l'arsenic métallique était la seule de toutes les formes arsénicales qui brûlât avec l’odeur alliacée. Poursuivons les caractères chimiques de l’oxyde blanc d’arsenic. Mêlé au charbon et à lapotasse ou la soude, ou mieux au flux noir et calciné dans un ‘ube, l’oxyde donne une couche métallipie brillante. L'alcali a rendu l’oxyde noins volatil en formant un arsenite de notasse ;lc charbon enlève l’oxygène. Puispie nous avons parlé d’une expérience chimique faite devant une cour d’assises, ions devons engager les experls à ne pas nontrer l’ampoule dans laquelle on conserve l’arsenic revivifié. Les jurés, hommes d’ordinaire peu instruits en chimie, ie veulent jamais croire qu’une petite larcelle de métal qu’ils voient mioiler l’ampoule, ait pu produire tous les lésordres éprouvés par la victime. Leur loute va plus loin, ils ne comprennent •as qu avec si peu de matière les caraclècs du toxique aient pu être franchement econnus. L’expert ne doit donc mettre en •on tact avec les jurés que ce qu’ils peu- ( n juger et comprendre, sa conviction : es motifs a l’appui de cette conviction loiventctre réservés pour les gens comlétcnts pourlesapprécier. L’ampoule méallique est mise en réserve , en cas que 1 autres experts soient appelés h répéter es expériences chimiques. Occupons-
nous maintenant de l’oxyde blanc dissous dans 1 eau. Celte solution est incolore , inodore, a la saveur de l’arsenic. On a dit long-temps qu’elle verdissait le sirop de violette et rougissait le tournesol, ce qui est contradictoire. L’effet sur le tournesoi est fort indécis, l’autre n’existe pas. Cette solution d’oxyde d’arsenic mêlée .à un peu d’acide hydrosulfurique prend une couleur jaune rousse, mais ne précipite pas. Si on y ajoute quelques gouttes d’acide hydrochlorique, il se forme un précipité jaune-serin floconneux, qui est un sulfure jaune d’arsenic. Le même effet serait produit avec tout autre acide ajouté en petite quantité. Aussi l’acide hydrosulfurique détermine - 1 - il de primeabord le précipité en question lorsque, ce qui est assez fréquent, il se trouve mêlé d’une certaine proportion d’autre acide.
Mais ce précipité jaune par l’acide hydrosulfurique n’est pas particulier cà l’oxyde d’arsenic, le sulfure de cadmium, le deutosullure d’étain, le donnent également.
Le précipité d’arsenic se dépose en flocons et non en poudre, comme le soufre des sulfures et des hydrosulfates, se dissout aisément dan s l’ammoniaque, et alors la liqueur perd même la couleur jaune transparanle qu’elle avait d’abord. Une nouvelle dose d’acide hydrochlorique y reforme le précipité, et il s’est créé de plus de l’hydrochlorate d’ammoniaque. Le deuto-sulfure d’étain présente les mêmes caractères. Pour se convaincre que c’est bien réellement à un sulfure d’arsenic que 1 on a aftaire, il faut laisser déposer le précipité floconneux, décanter, évaporer doucement, dessécher, puis mêler celte poudre à du flux noir, la calciner dans un tube et former l’arsenic métallique. Il
reste au fond du tube du sulfure de potassium qui exhale l’odeur d’œufs pourris quand on le mêle à l’eau. Une lame d’argent qu’on plonge dans cette eau* y noircit. Un chimiste anglais, Hume, à proposé un autre réactif. 11 traite la solution d’acide arsénieux par le nitrate d’argent ammoniacal, (c’est du nitrate précipité d’abord, puis redissous par l’ammoniaque en excès). Ce réactif, versé dans la solution arsenicale, donne un précipité jaune-serin; il s’est fait une décomposition compliquée ; il y a eu échange de bases et
d’acides. Mais ce précipité, jaune d’abord
verdit bientôt et brunit comme du phosphate d’argent; d’ailleurs, ce nitrate ammoniacal précipite aussi en jaune par le phosphate de chaux, qui se trouve abondamment dans les matières animales ; la
MÉDECINE LÉGAlE.
conclusion est clone certaine. Passons à d’autres réactifs. Un de ceux auxquels on attachait naguère le plus de valeur était le per -sulfate de cuivre ammoniacal.
Versé dâ&s la solution arsenicale, il donne un précipité vert ; mais ce précipité vert est soluble dans un excès d’ammoniaque, et le per-sulfate a toujours de cette ammoniaque en excès, un peu trop de ce pro-sulfate versé dans la liqueur empeche le précipité vert ou le redissout à l’instant.. Autres sources d’erreurs, le sulfate de cuivre ammoniacal ne précipite pas le phosphate acide de chaux. Ce précipite est bleu, mais il paraît vert à travers la couleur jaune du chlore ou de la matièie animale. Si l’on expérimente sur une liqueur qui soit colorée en jaune, ce jaune ajouté au bleu du per-sulfate ammoniacal forme une couleur verte. L’eau de chaux versée dansla solution d oxyded arsenic y forme un arsenite de chaux ,• qui précipite en blanc laiteux. En somme, les deux réactifs les plus sensibles et les plus surs pour signaler l’acide arsénieux sont l’acide hydrosulfurique et le nitrate d’argent ammoniacal ; ce dernier peut meme produire des effets visibles là où 1 auti e ne produit rien. La régénération du métal est toujours un complément indispensable des lumières fournies par les îécic tii s •
Quand l’acide arsenique est mélange à des liqueurs colorées, il faut d abord décolorer celles-ci par le charbon et non
nas parle chlore , celui-ci ayant l’inconvénient de convertir l’oxyde en acide
arsenique. M. Orfîla, qui s’est fait dans cette circonstance l’avocat du chlore, alfirme que l’acide arsenique précipite par l’acide hydrosulfurique aussi bien que l’oxyde d’arsenic. U faut ajouter que ce précipité arrive fort tard quand on 1 opère à froid ; il faut chauffer et faire bien bouillir. Il faut donc faire cette reserve si l’on veut absolument conseiller la uccoloration par le chlore. Si cependant l’on avait à faire à du vin, le chlore seiait cause d’erreur. Qu’à du vin additionne de solution d’arsenic on mele un peu cl acide hydrosulfurique aiguise d acide liydrochlorique, le précipité, au heudjtie jaune sera rouge-vmeux, car tout précipité entraîne matières colorantes, ici, la matière colorante du vin est avivée par l’acide liydrochloriquc , et le chlore p1 duiraitlemême effet. Il fautdonepre ei . la décoloration parle charbon .— Uxyac d’ arsenic mêle au lait.M.. Grilla conlond
Je lait avec les, matières végétales colo-
rées. Dans celles-ci, on ne trouve pas comme dans le lait une matière animale qui se coagule par l’acide liydrochlorique employé dans l’expérience. L’arsenic enveloppé d’une masse de caséum peut être masqué parles vapeurs empyreumatiques qui saliront le tube où on calcinera le précipité. Quand on cherche l’acide arsénieuxdans le lait, il fautcommencer par se débarrasser de la matière animale. Pour cela, on peut traiter le lait par cinq ou six foissonpoids d’alcool, agiter fortement le mélange et le laisser reposer pendant une heure , filtrer la liqueur , l’évaporer de manière à la réduire au cinquième de son volume , filtrer de nouveau et agir avec l’hydrogène sulfuré et les autres réactifs déjà indiqués. On peut aussi faire bouillir le lait, le coaguler par le vinaigre, filtrer, puis employer les réactifs. Règle générale, quand l’acide arsenique est mêlé aux matières animales, les réactifs et en particulier l’acide hydrosulfuj rique n’y déterminent pas toujours des précipités immédiats. 11 faut laisser le^ corps en contact plusieurs heures et quelquefois plusieurs jours pour que le préj ci pi té se forme. M. Devergie, dans son article arsenic du dictionnaire de méde-t cine et de chirurgie pratiques, raconte urj fait de ce genre où du bouillon empoisonné ne laissa précipiter le sulfure d’arsenic qu’au bout de sept ou huit jours Les procédés indiqués pour recherche l’acide arsénieux daus les matières anima les liquides ou solides peuvent se réduir à deux : le premier consiste à les traite par l’acide hydrosulfurique ; le second décomposer la matière animale par le ni trate de potasse. Quand on veut traite les matières par l’acide hydrosulfurique il faut avoir le soin de les faire bouillir plusieurs réprises. L’ébullition coagul l’albumine, précipitela fibrine, il ne res. que la gélatine. Cependant, à chaque noi velle ébullition, une portion d’albumn échappée se coagule et se précipite, ain que Bostock l’a reconnu. Après plusicu ébullitions et filtrations successix es, e verse enfin l’acide hydrosulfurique a guisé d’acide hydrochlorique, et l’on a tend quarante-huit heures la formation i
dépôt. Son absence au bout de ce tem ne suffirait pas pour nier absolument qu se trouve de l’acide arsénieux dans l<t queur; un reste de matière animale, gélatine, apu s’opposer à la précipitatic Dans ce cas, il faut verser dans la liqucl
1/2 gros d’acide nitrique ; on fait boi lie • le reste de matière animale se ce
HE l’arsenic. 65
dense, et le sulfure d'arsenic peut parai- on l’essaie par le nitrate d’argent, qui prêtre. Il est rare que l’on soit obligé de re- cipiteen rouge-violet ou brique. Avant
courir à l’acide nitrique. Mais le préci- de passer à l’étude des effets de l’acide
pilé jaune ne suffit pas pour conclure à arsénieux sur l’économie animale, recomla présence de l’arsenic ; la plupart des mandons aux personnes'chargées des ouacides forment des précipités jaunes fau- verturcs cadavériques de rechercher suives au contact des matières animales. La gneusement les grains d’arsenic qui aupreuve par le charbon et la régénération raient pu n’être pas dissous parles liquida métal est indispensable. Le précipité des de l’estomac. Toutefois, il ne faut pas de sulfure d’arsenic peut s’être formé de confondre avec les grains d’arsenic certaibonne heure, mais être mêlé à une cer- nés granulations graisseuses qui se ren-
tainc quantité de matière animale : dans ce cas, on laisse déposer, et au lieu de filtrer, on enlève le liquide au moyen d’une pipette; on sèche le. résidu, on le lave à l’eau distillée, on le laisse de nouveau dé
contrent par fois dans l’estomac des personnes qui ont succombé à des poisons végétaux. Chez les individusempoisonnés par l’arsenic en poudre, à plus lorte raison par l’arsenic en morceaux, on peut rencontrer
poser et de nouveau on enleve le liquide de ces petits cristaux fixés et comme en
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par la pipette; alors on verse de l’ammoniaque, qui doit dissoudrele sulfure d’arsenicet donner un caractère de certitude de plus à l’analyse. On met le liquide à évaporer dans une capsule, aussitôt que l’ammoniaque s’est volatilisée le sulfure reparaît ; on le dessèche et on l’expérimente dans un tube de verre. Comme il peut rester quelques débris de matière animale, la chaleur fera répandre sur les parois du tube un peu d’huile empyreumatique que l’on pourra de temps en temps
chatonnés dans certains points de la muqueuse ou de ses replis. On sait combien l’analyse d’un cristal d’oxyde d’arsenic serait plus prompte et plus sûre que celle d’un liquide ou d’un tissu où l’on ne fait que soupçonner la présence du poison.
L acide arsenique est dangereux pour tous les êtres vivants , même pour les végétaux. Jaeger a vu qu’inoculé ou mis près de leurs racines il les tuait. Ces racines brûlées répandent l’odeur d’ail, ce qui prouve que le venin a été absorbé.
i |, . 1 fi i wvy in a tit njisoroe.
enlever au moyen d un papier introduit Chez les animaux des classes inférieures sur '1111 mandrin, comme nous l’avons cou- l’arsenic est vénéneux à doses fort mi * se.lle en parlant du mercure. Le procédé nimes : on a vu des sangsues appliquées qn, consiste à détruire la matière animale à des hommes empoisonnés par ’arsenic prlemtele de pelasse est dû à Rapp : tomber mortes par l’effet du Lg‘ auoüét
il est tous et minutieux, mats empoche do était mêlée une quantité infiniment peperdte les moindres parcelles de poison. tite du poison absorbé. Pour l'homme Un commence par mettre dans unmatras it est vénéneux I, la dose de que” ùel
n long col du, nitrate dénotasse tres-nnr mviinc i * ^ .
■ - — ■ ~ i' * v» vx luujuui a. vy ii ic
ail chauffer jusqu’à ce qu’il soit fondu prouvé que le p efn ci pal “c lï^ré t^i t svin' ' Pt r°UP‘ ; al0r3’ J P.rojette 1-r petits pathiqui L’arsLc «U sur Je cœ„r le
tragnients la matière animale qu’on a eu système nerveux. Chaisier , en wrücu , c dessécher. Il se produit uneeffer- lier, a rapporté l’histoire d’un indivirt rescence, une flamme et une combustion qui avait pris une dose énorme d’arsenic -vcs. Si on mettait trop de matière à la et chez lequel l’estomac ne se trouva
ois^on pourrait avoir des explosions pourtant pas enflammé. Mais quelle est
pu brise rcy'ent le matras. Celui-ci doit !re P';,cé sur un bain de sable bien înaune. Le nitre décomposé a cédé de oxygéné à la matière animale et a formé > p up.irt des acides que nous avons iniqin s en parlant de l’acide nitrique ; une >.n tic de 1 oxygène s’est unie à l’acide ar- «‘meux pour le f.i ire passer à l’état d’aidearsenique : dans cette nouvelle forme
J, s T é t la po,assc- L’arséniate est 0,.,,b,c ,l;,ns 1 ca"- Quand l’opération est u«e , on reprend ce sel par le liquide et
Mal, Lcr;,
1 influence sympathique sur le coeur La. contractilité est-elle affaiblie ou stimula . le doute règne encore à ce sujet.
I nc fois on a trouvé les valvules rouges el la membrane interne ecchymosée: ceci tendrait à prouver un effet stimulant • maisd autres fois les contractions du cœur sont très- affaiblies pendant la vie et après la mort le cœur ne réagit pas quand, on le galvanise, et son tissu est trouvé flasque. Les symptômes de l’empoisonnement par l’acide arsénieux peuvent
commencer une demi-heure après son ingestion, ou bien être retardés jusqu’à cinq ou six heures après. Ces symptômes sc composent de nausées , de vomissements accompagnés d'efforts violents ; les matières rendues sont parfois mêlées de stries de sang ; il y a des déjections alvincs réitérées, avec des coliques vives, des convulsions et des douleurs atroces. D’autres fois le toxique ne s’annonce presque pas au dehors , si ce n est pai des syncopes qui precedent la mort. Loisque les symptômes que nous avons décrits ont eu lieu, il survient une suspension des douleurs et de l’agitation après laquelle le malade ressent une chaleur vive à la gorge et à l’estomac , une soif pénible à satisfaire , des convulsions et des syncopes ; le pouls et les contractions du cœur sont affaiblis ; la respiration est pénible et lente ; la face est profondément
altérée ; très-souvent la peau se couvre d’une éruption qui a le temps de faire des progrès, parce que la mort n arrive
que vers le troisième jour et peut être retardée jusqu’au huitième. Les altérations cadavériques sont parfois .nulles a 1 estomac , plus souvent le pharynx et la muqueuse gastrique vers le grand cul-de-sac sont vivement enflammés; on trouve aussi -parfois des traces d’inflammation au tectum et aux valvules tricuspide et mitrale du cœur et aux poumons. Enfin , la mu q ueuse gastrique peut offrir des érosions au fond desquelles sont enchatonnes ces grains d’arsenic que nous avons recommandé de rechercher soigneusement.
Jl Csi on ne peut pas plus rare de rencontrer des ecchymoses , ou la coloration noirâtre , qui est occasionnée par les acides forts. L’époquede viable suivant la maniéré dont l aisemc a été pris: solide, il tue moins vite qu en poudre, bien qu’avalé en plus giandc quantité -, en poudre , moins vite que ‘Usions dans l’eau ; divise et dissous , est absorbé plus aisément, et l’on ne peut douter que ce ne soit surtout apres avoir td absîrbé qu’il agisse. On peut citer en preuve : les empoisonnements qui ont lieu lorsqu’une pâte arsenicale (celle de Dubois ou de Rousselt , ou du lreie Côme ) a été appliquée à l’extcncur du corps Nous n'avons pas besoin de rap peler ici ce fait d’une femme-dc-chambre qui manqua périr pour s’etre apphffiiécsur la tète une poudre qui contenait Je r arsenic ; elle voulait se debarrasser de poux. Les faits particuliers qui sont dans les livres soulèvent presque tous
quelque question curieuse et intéressante pour étudier l’effet du poison ou sa recherche après la mort : ainsi , par exemple, on a demande à M. Orfila si de l’orge bouilli dans une solution d’arsenic donnerait trace de ce poison: Ouf, répond M. Orfila. Si le poison a été mis dans le vase au commencement et lorsque 1 orge n’était pas encore pénétré d’eau , l’eau qui l’aura pénétré déjà chargée d’arsenic en devra donner trace ; non , si l’orge était déjà cuit et saturé d’eau quand le poison aura été ajouté.
Plusieurs contre-poisons ont été proposés contre l’acide arsénieux : les sulfures, proposés par Navier, sont des poisons plus dangereux que l’arsenic lui-même.
Le charbon proposé par Bertrand ne décomposerait l’arsenic qu’a une température rouge. Les expériences de i\I. Renault sur les sulfures et l’hydrogène sulfuré ne sont pas encourageantes. Pour annuler l’action de 2, 3, 4 grains d oxjde d’arsenic, il a administré cinq grammes de sulfure de potasse ou de chaux, ce qui représente soixante grains de sulfures tlissous , dose plus eonsidérable qu’il ne la faut pour tuer les chiens : aussi ces animaux sont-ils morts sous l’influence du prétendu antidote. M. Renault auraii d’ailleurs du se souvenir que les sulfures alcalins ne décomposent l’oxyde d’arsenic qu’autant qu’on ajoute un acide au mélange. Les huiles, les graisses , le lait l’eau sucrée et même les décoctions astringentes de tannin, de thé, de quiu quina, de noix de galle, d ecorce, de pii agissent surtout en enveloppant le poi son. L’acide hydrosulfurique ou hydro cène sulfuré remis en vogue par MM Rayer et Chevallier mérite mieux le noi d’antidote , surtout dans le cas où 1 poison a été pris en solution et non pt à l’état solide. Des animaux à qui on
fait prendre jusqu’à dix grains d’acid eaq senique ont été sauvés par ce moyen. L, sulfure d’arsenic formé par.la décompos?
tion n’est pas innocent, mais il est moit, soluble et moins dangereux que l’oxyéj d’arsenic. Chez l’homme , si l’on voulu, employer cet antidote, il faudrait prêt rer une eau minérale sulfureuse nati relie aux eaux suif ureuses artificielles, q sont dangereuses , parce qu’elles co« tiennent de l’acide hydrosulfurique I; bre. Le traitement qui mérite le plus confiance est le vomissement, puis on mt
en usage les antiphlogistiques, et s il s < manifesté quelques symptômes nerveuj ou y joint une dose modérée d opiac»
AUTRKS COMPOSES ARSENICAUX, ET FAITS PARTICULIERS.
AUTRES èoMPOSÉS ARSÏNICAUÏ ET LAITS PARTICULIERS. 07
présence par les réactifs que nous avons indiques dans la précédente leçon Le
T1 . sulfure insoluble serait recueilli séché
il existe dans le commerce deux sul- mêlé à du flux noir, et calciné pour dô * f ares d’arsenic jouissant de propriétés ner l’arsenic métallique. Il resterai” chimiques communes , mais bien diffé- fond du tube ou du creuset un sulfure ï rents par la couleur : l’un, proto-sulfure potassium qui , mêlé à l’eau , répandrait
r£Æ^.?c.d Unr0Ue:e d(i Lri(ïlie’ rau' rotleur d’œui's Pourris, noircirait une
lame d’argent , et précipiterait du soufre au contact d’un des acides forts. M. Courdemanche a fait , relativement à cette operation, une observation qu’il est bon de noter : lorsqu’un sulfure d’arsenic bout long-temps avec de l’eau, celle-ci est en partie décomposée. Son oxygène se fixe en partie sur l’arsenic, et il se forme de acide arsemeux; une autre partie sature le soufre, et il se forme de l’acide sulfurique qui est évaporé. Nous devons a M. Renault une série d’exnéricnces sur l’effet des sulfures artificiels
— ■ - n 1 * i au
tre, deuto sulfure ou orpiment, est jaune.
Ils sont ordinairement en masses , mais on peut les rcucontrer en poudre : celleci, regardée attentivement, off re une foule de points brillants, débris de la cristallisation. Ces deux sulfures se trouvent à l’état natif , le réalgar dans les environs les volcans, à Kopnick en Transilsanie , et dans une île du Japon. Les ut ecs le connaissaient sous le nom de >andaraque , et paraissent l’avoir employé à L intérieur comme médicament.
-. orpiment se rencontre en Souabe , en nences sur l’effet des sulfurer. rc. ^ A longue , en Transylvanie el dans ,îlu- par opposé ion à ceux des s ZtlJ ^
,eurs de l'Orient. Comme tous Selon lui , trois ou onalre i™. n ‘S'
eux sont imités artificiellement il faut ment fanr f q * 8 8 d orP1“ ts distinguer avec beaucoup de soin du Stetaie S-îr" h'e‘' deS ,Cbiens ealgar el de l'orpiment fabriqués. Ceux- plus délétère - au contraire ' ‘*1» " n‘ pas
u. ”?alS.le,?0lnPacte.'.le Iti'illant naturels ont ’pu être n fs ’à
• , . -r—s.... .uuuijuc!,. Cieux-
i n odrent jamais le compacte, le brillant t le micacé des sulfures natifs ; ils sont 'oms lourds , moins solides et moins datants de couleur : leur composition dune ne diffère pas moins. Les doreurs ui emploient beaucoup le réalgar et l’oriment natifs, disent que le réalgar n’est nnt vénéneux; ils se défient davantage
• I orpiment. Cette défiance est encore
US fondée contre l’orpiment artificiel : lui-ci est nresoue pnlipromunt f r
- 7 ic:* àuiiures
naturels ont pu être pris à la dose de trois ou quatre gros. MM.Orfila et Smith qui ont répété ces expériences, ont obtenu ? autres résultats : selon eux, les sullures naturels sont plus délétères que M. Renault ne l’avance, mais d'autre part les sulfures artificiels ne le sont nas
1“’** l’a semblé à M.Renaul" &s
dissidences peuvent s’expliquer. M. Renault s est servi dans ses expériences orpiment faux du commerce: or nous
avons Vil rrnr> 7' -f a .. 1 ’ J1ÜUS
UX, ainsi que nous l’avons déjà vu le rpasse de beaucoup sous ce rapport.
’ , le faux orpiment se prépare en Alle- ‘ffiie en sublimant dans des vases de
par faction d“ ^rrnl
ce sulfure est très-pur et privé d'acîdè
arspnipnv T r» r i» J ^ u «ciuc
/nipi : ::‘*b7uaiürze parties d’acide fure d’ar Sculcrracnf de six parties de 'paré w‘Ci Le rcaIgar artificiel est
50,1 oxyde
près I analyse de M I m • -, " lc '
U nue 0 n>r ,, UlÏBier, il nC re
• 'Uc ü’°.15 de son poids d’acide ar eux: ceci posé, il serait aisé de rc naître ces sulfures. En 1p« r,'. 1 • Ic~ Poudre el les mêlant a Veau lV.f «mirait tout l'acide arsénieux’ 1“ iHudrmciil ; ou e„ démontrerait “
ci ,7 H Z "““om mire de médecine el chinit gte pratiques, ün homme
se réveilla dans la nuit pour se faire un
verre d eau sucrée ; il „,il dans son verre
de 1 orpiment en poudre au lieu de la c fs
sonnadequ ,1 croyaity répandre. Au bout
do trois heures il fu[ ^vfeillé par 1„ symptômes de l’empoisonnement J mourut le quatrième jour. A l'ouverture
tcslTA ^èTê e, rrl^" <1“-
ofl'r renl une ii; d“ gros i,ll«tin oui u uni une injection el une vive rnu
BCUtAla porltou pjlotiquc de l’estomac
était très-enflammée. Le mucus qui tapissait le viscère présentait une foule de petits grains d’une poussière jaune et brillante , que tout porte à croire avoir
été de l’orpiment, quoique l’analyse ne l’ait pas démontré : on en retrouva tout le long du tube intestinal. Les lieux où les grains étaient encbatonnés ne paraissaient pas spécialement altères ; seulement là la muqueuse était un peu plus rouge. Le cœur , qui était hypertrophie, offrit quelques taches irrégulières dans la valvule auriculo-ventriculaire gauche • elles ressemblaient à des ecchymoses /à cela près qu’elles n’occupaient que l’extérieur et non pas le dessous de la
muqueuse. .
Les autres préparations d arsenic capables d’occasionner des accidents graves sont l’acide arsenique et les arséniates. L acide arsenique est solide ou liquide, inodore, rougissant la teinture de tournesol. Mis sur les charbons ardents , il se com-
Î.ÉCAtE.
1Y1 1 o SU.L iCo Vjiiui ^ >
■porte comme l’arsenic blanc. Yersé dans du nitrate d’argent , il y fait naître un
■» * .IL nniimoiO fl
au miuuc u. , .
précipité rouge-brique darsemate d argent soluble dans l’acule nitrique. Pour obtenir ce précipité , il faut employer du nitrate neutre ; car s’il était avec excès d’acide nitrique , le précipité ne se formerait pas à cause de sa solubilité dans eide nitrique. Le sulfate de cuivre ammoniacal est précipité en bleu par 1 acide arsenique , et forme l'arsemate de cuivre ou vert de Schéele. Ces deux précipités desséchés et mêlés à de la potasse et du charbon, donnent dé l’arsenic métallique lorsqu’ils sont calcinés. Nous aurions rangé l’acide arsenique parmi les poisons acides , si son action ne ressemblait pas davantage à celle de l’acide arsenieux Comme celui-ci , il agit surle système nerveux en même temps qu il irrite le tube intestinal. L’acide arsenique est un poison aussi actif au moins que Uosydo lhanc • son action irritante est plus nx , néanmoTns, c’est moins par les antidote, des poisons acides qu’il faudrait le tiai tpr Pie vomissement est la ressource da
laquelle °il faut avoir le plus de foi. Di- Sois-en autant dessulfureset des sels p lesquels, nous .allons .finir.
ilsne rougissent pas toujours le tourne Sol • ils offrent de plus les caractcies nronres à leurs bases. La potasse peut se reconnaître dans la soude, à ce que celle-
ci ne précipite pas l’hydroclilorate de pi*
tine. L’arséniate de cuivre se reconnaîtrait aux caractères de l’acide arsenique et arsénieux , plus à ceux du cuivre. Les arséniates ou arsenites alcalins sont trèsvénéneux à cause de leur grande solubilité. La poudre aux mouches est le plus souvent formée de mine de cobalt arsenicale, quelquefois d’oxyde noir d’arsenic, c’est-à-dire d’un mélange d’arsenic métallique et d’oxyde blanc ; elle est d’un gris noirâtre , en poudre ou en morceaui friables et lamelleux, sans odeur ni saveur ; elle a tous les caractères chimi' ques ’de l’arsenic métal et de l’ackh arsenique. L’arsenite de cuivre ou ver de Schéele est très-employé dans 1 peinture : son insolubilité le rend pe propre à être mêle aux liquides , nia, cela ne l’empêcherait pas d’être incor poré avec les aliments solides. Les deu facteurs de cetle substance font préso mer que son action sur l’économie sera j délétère; toutefois, son insolubilité l’en j pêcherait d’agir promptement , et noi 1 n’avons pas d’exemple d’empoisonnemei occasionné par elle. L’arsenite de cuiv mis sur les charbons ardents s y cor porte comme tous les composés arsen eaux , et laisse pour résidu de l’oxv de cuivre brun ; bouilli avec une d solution de potasse , il donne une queur incolore, qui est de 1 arsenite potasse, et un précipité brun qui est deutoxyde de cuivre. A l’aide de 1 aci liydrochlorique , ce deutoxyde peut ê salifié. L’existence de l’arsenite de I lasse peut être constatée par les moy». indiqués plus haut : l’acide liydrosull; rique , le nitrate d’argent ammomaca ; la calcination dans un tube ; pour • preuves du cuivre , nous renvoyons ; t leçon suivante. L’arsenite de cuivre ne s à des matières solubles serait difliciU retrouver , à cause de son insolubil - L’incinération de ces substances amcrait à reconnaître l’oxyde de cuivre, n s l’oxyde d’arsenic, qui est volatil, sc.t perdu. Le procédé de Rapp serait ap cable ici : on obtiendrait de l’arsénif de potasse que l’on dissoudrait, et ui / sidu d’oxyde de cuivre que l’on poun reprendre par l’acide nitrique.
Les annales d’hygiène et de ni !• cine-légale contiennent plusieurs pr< « verbaux d’opérations chimiques fe dans le but de découvrir l’arsenic e résultats obtenus par des exper s oi contrôlés par des contr’ana lyses. u trouverons dans cette double opérai des échantillons de presque toute e
AUTRES COMPOSÉS ARSENICAÜX T.t FAITS PARTICULIERS* 69
chances de confusion que l’on peut rencontrer en cherchant l’arsenic ; la prévision et l’explication de ces erreurs empêcheront de les commettre à l’avenir.
lSTous allons donc reproduire en abrégé ces procès-verbaux. Un cadavre enterré depuis dix -sept mois est exhumé ; on analyse le cambouis que l’on recueille audessous des attaches fibreuses du diaphragme qui sont encore visibles ; on le traite par l’eau et l’acide nitrique. Le nitrate d’argent ammoniacal donne un précipité jaune qui , par l’addition de l’acide hydrochlorique devient blanc. La liqueur, débarrassée de ce précipité au moyen du filtre , jaunit légèrement par l’acide hydrosulfurique , mais l’addition de quelques gouttes d’acide hydrochlorique ne détermine pas de précipité jaune; saturée pat le sous-carbonate de potasse , un précipité brun a eu lieu; l’hydrosulfate d’ammoniaque y a déterminé un précipité blanchâtre sale , mais l’acide n’a point déterminé la couleur jaune.
L’hydrosulfate de potasse l’a coloré d’abord en brun-verdàtre, et un léger précipité brun s’est formé à la longue.
L’hydrosulfate de soude y a fait naître un précipité noirâtre abondant ; traitée par le sulfate de cuivre ammoniacal, la même dissolution fournit un précipité d’un beau vert clair. Le nitrate d’argent simple la précipite en blanc. L’analyse est reprise sur une autre partie de la dissolution saturée de sous-carbonate de potasse pur, puis filtrée et décolorée par le chlore. Les réactifs font toujours soupçonner la présence de l’arsenic. Une troisième partie est réduite à consistance d extrait mou, afin de mieux agir sur l’acide nitrique qui y était en excès. On la sature ensuite de potasse pure, et on redissout dans une faible quantité d’eau distillée bouillante ; on filtre le sulfate de cuivre ammoniacal dans un précipité vert dair. Une quatrième portion est évapo- :éeà siccité et traitée par le procédé Rapp; e sulfate de cuivre ammoniacal précipite 8n vert-tendre. MM. Chevallier et Barrucl, à qui l’on envoie une autre portion Caml,°u|8 recommencent l’analyse:
Se ^mandent d’abord pourquoi les premiers experts n’ont pensé qu’à l’arjemc. Lux procèdent de façon à rechercher toute espece de poison , même les poisons végétaux, qui , selon eux, poliraient se retrouver même après dix-sent "nous , et malgré les effets de la putréfac- ■um des matières au milieu desquelles ils -c trouveraient. Us ont une livre et demie
de matière animale , qu’ils étendent en plaques minces sur de grandes capsules de verre chauffées au bain de vapeur jusqu’à siccité. La matière est alors réduite en poudre fine et traitée à l’aide de la chaleur et à deux reprises par son poids d’alcool absolu. La liqueur alcoolique avait une couleur ambrée , une odeur désagréable et infecte. Évaporé avec soin , le résidu est repris à l’aide de la chaleur par l’eau distillée , et un léger excès d’acide acétique, quia tout dissous, moins une petite quantité de matière grasse rousse, qu’on en sépare par le refroidissement et la filtration : la liqueur filtrée avait une couleur fauve; traitée par un courant de gaz acide hydrosulfurique , elle n’a donné aucun précipité et s’est presque décolorée. Cette expérience prouve que l’alcool n’avait enlevé à la matière aucune combinaison métallique vénéneuse. On fait bouillir la liqueur assez long-temps pour chasser tout l’acide sulfurique qu’elle contenait, on laisse refroidir et on traite avec du charbon animal pur de tous sels et de toutes bases pour la décolorer ; on la réduit par l’évaporation à un très-petit volume. Dans cet état, elle n’avait qu’une saveur trèsfaiblement salée, sans arrière-goût d’amertume. Une portion de cette liqueur traitée par l’ammoniaque ne donne aucun précipité, même après un quartd’heure. On y verse alors de l’acide oxalique, et immédiatement il apparaît un léger précipité blanc d’oxalate de chaux ; une autre portion de la liqueur traitée par le nitrate très-acide d’argent donne un précipité blanc plus considérable qu’on ne devait l’attendre d’après le précipité d’oxalate de chaux,; ce précipité était du chlorure d’arg'ent. La liqueur séparée du chlorure par le filtre, concentrée sous un très-petit volume, et traitée par la potasse caustique, dégage une odeur prononcée d’ammoniaque. De cette première série d’expériences, il résulte que les restes du cadavre n’ont pas donné trace de poison végétal , mais qu’on en a extrait une quantité appréciable d’hydrochlorate, d’ammoniaque et de chlorure de calcium, muriate de chaux , dont l’existence s’explique par les réactions qui ont eu lieu dans la terre du cimetière, entre les éléments de celle-ci et les produits naturels, et ceux de la décomposition des cadavres humains.
La matière qui avait été traitée par l’alcool a été distillée de nouveau, puis elle u été traitée à l’aide de la chaleur avec
l'eau distillée, et l’on a filtré. La liqueur filtrée, qui avait une couleur brune répandait une mauvaise odeur ; elle a été acidulée par l’acide hydrochlorique et traitée pendant une heure par un courant de gaz acide liydrosulfurique ; elle s’est sensiblement décolorée, mais n’a donné aucun précipité, même après douze heures de repos. Alors la liqueur a été évaporée jusqu’à siccité dans une capsule de platine. Le résidu très-brun a été incinéré, et la cendre lessivée a donné une liqueur d’un goût salé, laquelle évaporée convenablement a fourni plusieurs cristaux de sel marin , reconnaissable à ce qu’il ne précipitait pas, soit par les alcalis , soit par le chlorure de platine ; qu’il précipitait abondamment par le nitrate d’argent un chlorure d’argent insoluble dans l’acide nitrique , soluble dans l’ammoniaque. Conclusion : nulle trace d’arsenic „ni de sels métalliques vénéneux ; présence de matière animale dans un état particulier de décomposition avec quantité appréciable de sel marin. — Cependant il serait possible que l'oxyde d’arsenic décomposé avec le cadavre eût formé un arsenite d’ammoniaque, lequel aurait réagi sur les sels calcaires des cadavres; et des doubles décompositions exercées, il eût pu résulter de l’arsenite de chaux, corps presque entièrement insoluble. Il doit donc se retrouver dans les restes du cadavre et dans le résidu non attaqué par l’eau bouillante. Ce résidu est mis dans un matras avec un litre d’eau distillée; on chauffe sur un bain de sable en ajoutant par petites portions de l’acide hydrochlorique jusqu’à ce qu’il ne se produise plus d'effervescence, et que la liqueur bouillante soit sensiblement acide. L’acide hydrochlorique est préféré à l’acide nitrique, parce que le premier dissout et décomposé parfaitement les arsenites, sans changer l’état d’oxydation de 1 arsenic; le second, surtout à chaux, fait passer l’oxyde d’arsenic à l’état d’acide arsenique, ce qui augmente un peu les difficultés pour en extraire le métal ; de plus, l’excès d’acide nitrique agissant sur l’acide hydrosulfurique en précipite du soufre, ce qui peut tromper l’œil. Dans l’opération que nous décrivions, une portion sensible de la matière s’est dissoute avec effervescence, ce qui prouve qu’elle contenait un carbonate insoluble. Ce carbonate est dit celui de chaux. Après une heure de légères ébullitions, on filtre : la liqueur filtrée est brune ; on y fait passer pendant
LÉGALE
une heure un courant d’acide hydrosulfurique, qui n’y produit aucun précipité même aprèsvingt-quatre heuresde repos dans un flacon bien bouché. Conclusion nulle trace d’arsenic. — On fait bouillir 1) liqueur pour en chasser l’acide hydrosul furique, on l’évapore au quart de son vo* lume primitif pour savoir quelles matières l’acide hydrochlorique avait dissoutes. C’était beaucoup d’hydrochlorate d< chaux , du phosphate acide de chaux , di chlorure de fer et de l’hydrochlorate d’a lumine. Si on eût employé l’acide nitrique au lieu de l’acide hydrochlorique comme les premiers experts, on aurai eu des nitrates de chaux, de fer, d’ala mine et du phosphate acide de chaux. L résidu insoluble dans l’acide bydrochlo rique bien lavé et séché avait une cou leur brune ; mis dans une capsule de poi celaine et chauffé dans un moufle poi té au rouge, il a noirci, a dégagé un odeur désagréable, puis s’est enflammé une fois arrivé au rouge , on a continu à le chauffer jusqu’à ce que tout le char bon fût incinéré : la cendre avait uni couleur blanc-grisâtre. Cette cendre pou vait contenir du cuivre ou de l’argent on l’a traitée à chaud par l’acide nitri que, et on l’a filtrée. La liqueur qui pass» traitée par la solution de chlorure c sodium , n’a donné aucune trace de chic rure d’argent ; traitée par l’ammoniaqi en excès, elle n’a fourni aucun précipih et n’a pas pris la couleur bleue que présence du nitrate de cuivre eût donné* La substance non attaquée par l’acic nitrique était une grande quantité de s lice.
Il reste maintenant à expliquer les di sidences de ces deux analyses. Jl’aborle produit de l’action de l’acide nitriqi sur les résidus du cadavre contenait c phosphate acide de chaux , des nilrat de chaux, de fer et d’alumine; plus ui certaine quantité de chlorure de sodiur de calcium, d’hydrochlorate d ammoni que et de la matière colorante jaune. O il n’est pas étonnant que cette lique précipite en jaune par le nitrate charge ammoniacal , car ce réactif est précipi en jaune par le phosphate de chaux ; précipité jaune obtenu dans ce cas t un mélange de phosphate d’argent, d’i peu de phosphate de chaux et de chl rure d'argent, lequel devient entièr ment blanc quand on le traite par 1 ac> hydrochlorique. Le précipité brun-vc dâlre produit dans cette liqueur par !
hydrosulfates de potasse et de soude, c
AUTRES composés arsenicaux et faits particuliers. 71
cl ù ci la décomposition du nitrate de fer qu’elle contenait, et à la formation du sulfure ferreux. Cependant la meme liqueur par l’hydrosultate d ammonia— que , à donné aux premiers experts un précipite blanchâtre , au lieu de noir, qu'il devait être comme avec les deux premiers hydrosulfates : cette différence prouve que l’hydrosulfalc d’ammoniaque dont ils se sont servis était très-ancien et avait été converti en liypo-sulfite, dont le soufre a été précipité par suite de la décomposition de l’acide hydrosulfurique, par l’acide nitrique en excès dans la liqueur. Le nitrate d’argent simple n’a pu être précipité qu’en blanc par cette liqueur, puisque le phosphate acide de chaux est sans réaction sur lui, et que le chlorure de sodium et l’hydrochlorate d’ammoniaque contenus dans la liqueur ont seuls agi sur lui; le sulfate de cuivre simple a été sans action sur elle, mais le sulfate de cuivre ammoniacal y a occasionné un précipité vert. En effet, le sulfate de cuivre ammoniacal est précipité par le phosphate acide de chaux, et le précipité est du phosphate de cuivre mélangé de phosphate de chaux. A la vérité, le phosphate de cuivre est bleu quand il est pur, mais quand il se précipite dans une liqueurqui a une teinte jaune, il parait vert. Et celle avec laquelle les premiers experts ont opéré était certainement jaune, car le chlore avec lequel ils ont tenté de la décolorer ne détruit pas la couleur jaune. D’ailleurs, quand même la liqueur eût contenu des traces d’arsenic, ce métal y aurait été à l’état d’acide arsenique , et à plus forte raison dans le cas oii ils ont brûlé un produit de leur opération par le nitrate de potasse. L’arséniate de cuivre est d’un bleu pale et non vert. D’ailleurs, les experts n’ont retiré de l’arsenic métallique d’aucun de leurs produits. Ce fait est extrait desA/inalesd’ Hygiène , janvier 1832.
Voici les conclusions d’uneautre contr’analyse, qui est insérée dans le cahier de juillet 1 830. « Les réactifs employés par les experts se bornent à l’eau de chaux, à ia solution du sultate de cuivre, et au courant de gaz acide hydrosulfurique.
Mais, disent MM.Orfdu et Barrucl, l’eau de Chaux n’est pas un réactif spécial pour reconnaître l’arsenic, car elle est précipitée sous la meme forme et la même couleur
par une multitude de corps. La solution de sulfate de cuivre ammoniacal ne peut servir a constater l'oxyde d’arsenic qu’autant que celoxydc est en dissolution dans
l’eau pure et n’est accompagné d’aucun corps organique. L’acide hydrosulfurique est le seul réactif capable de décéler dans toutes les circonstances l’oxyde d’arsenic, pourvu toutefois qu’il soit employé convenablement. Les experts disent : au moyen d’un courant d’acide hydrosulfurique dans la liqueur provenant d’une once et demie de ia matière
extraite des intestins grêles dissoute dans l’eau, nous avons obtenu un précipité d’un jaune blanchâtre, ayant beaucoup des caractères physiques et chimiques de l’arsenic.» Il y a déjà ici erreur ; car, si le précipité est d’un jaune blanchâtre, il ne ressemble point au sulfure d'arsenic, qui est d’un beau jaune, et que l’on ne peut que difficilement confondre avec d’autres précipités de couleur analogue. Us ajoutent : «Ce précipité se dissout de suite par l’ammoniaque liquide, ainsi que le fait le sulfure d’arsenic. Il est régénéré de celte solution en flocons blanchâtres, par l’addition de quelques gouttes d’acide hydrochlorique. » — Le sulfure jaune d’arsenic se dissout parfaitement dans l’ammoniaque.
Mais cette propriété n’est pas exclusive au sulfure d’arsenic : ce qui caractérise celui-ci , c’est que la dissolution ammoniacale est incolore, comme l’eau distillée , à moins qu’il ne soit uni avec une matière animale. Dans ce cas, il pourrait donner une solution plus ou moins colorée en brun, tandis que le précipité obtenu par les experts, en se dissolvant dans l’ammoniaque , garde une couleur jaune, ce qui est bien différent. La dissolution ammoniacale du sulfure d’arsenic traitée par l’acide hydrochlorique donne un précipité floconneux d’un beau jaune (sulfure d’arsenic). Celte opération répétée indéfiniment produira toujours le même résultat. La dissolution ammoniacale du précipité jaune des experts, traitée par l’acide hydrochlorique , leur a donné au contraire des flocons blanchâtres. Par aucun moyen ils n’ont pu extraire l’arsenic métallique.
Dans le cahier d’avril 1831, se trouve
une autre contr’analyse prouvant que de la matière animale a causé les mêmes erreurs avec l’acide hydrochlorique cl le sulfate de cuivre ammoniacal.
Ce cahier de janvier 1834 contient un rapport de MM.. Pelletier, Chevallier, etc., sur un mémoire envoyé par M. Ozanan à l’académie de médecine. Ce médecin fut chargé à Lyon, conjointement
avec un pharmacien, M. Idt, d’examiner les débris d’un cadavre enterré depuis sept ans , pour rechercher si la mort n’avait pas été causée par le poison. Dans un premier rapport, les deux experts établirent qu’ils avaient trouvé des traces d’arsenic. Plus lard, devant la cour d’assises, le pharmacien déclara que l’arsenic trouvé dans l’analyse provenait des tulles de verre mis en usage pendant les expériences analytiques. M. Ozanan, persistant dans son opinionpremière, référa la question scientifique à l’académie loyale. Voici les conclusions de ses commissaires : « L’arsenic n’est pas généralement employé en France dans la fabrication du verre. Cependant, il est encore quelques verreries où il est mis en usage à des doses extrêmement petites , 1/500 ou 1/1000 par exemple. Dans des proportions plus fortes , il en résulterait un verre opaque , une espèce d’émail. Si on faisait avec ce verre ou cet émail des vases destinés k contenir des boissons, il pourrait y avoir quelque danger. Mais en petite dose , l’arsenic ne reste pas ; il se volatilise par suite de la température élevée qu’on donne au, verre lors de la fabrication... Faute d’expérience directe, les commissaires croient que l’arsenic , s’il restait dans le verre, n’y serait pas combiné , mais seulement interposé entre les molécules.... Si le verre est transparent, tel qu’on l’emploie et doit l'employer dans les opérations chimiques, les réactifs mis en usage pour rechercher l’arsenic qu’on pourrait supposer dans ce verre ne pourraient passer dans les liquides employés, et induire en erreur sur le résultat des expériences et sur les
conclusions qu’on en pourrait tirer; enfin,
toujours en supposant des atomes d’arsenic dans le verre, il est probable que la chaleur donnée au verre ne suffirait pas pour dégager ce métal , le régénérer et donner lieu au miroitement. Cette assertion a été prouvée par une expérience subséquente; les essais Les plus minutieux n’ont pu faire retrouver l’arsenic dans un tube de verre fabriqué avec un quart de son poids d’oxyde blanc d’arsenic : l’oxyde s’était donc volatilisé. On a fabriqué un autre verre avec la préparation la plus fixe de l’arsenic , l’arséniate de potasse. L’analyse chimique a enfin retrouvé l’arsenic dans ce verre là , mais il était verdâtre et un peu opaque. Pour obtenir l’arsenic métallique de ce verre, il a fallu donner un coup de feu trèsviolent. Or, les tubes de verre dont on
se sert pour les essais pyrotechniques légers, tels que ceux qui régénèrent l’arsenic métallique du sulfure, ces tubes sont blancs, et conséquemment, quand même on eût introduit de l’arsenic dans leur pâte, cet arsenic n’y serait pas resté. Donc la supposition dcM. Idt est insoutenable. J’ai donné une analyse plus longue de ce mémoire curieux dans le n°du 23 mai 1834, de la Gazelle medicale.
Le docteur Bunsen de Goeltingue a proposé le tritoxyde de fer hydraté, comme contre poison de l’arsenic. M. Boulet l’a donné à des chevauxempoisonnés par l’arséniate de potasse et l’a vu retarder la mort de ces animaux. Dans les expériences communes aux docteurs Bunsen et Bertold, 8 grains d’oxyde arsénieux donnés à des chiens avec le tritoxyde étaient rendus à l’état d’arsenite de 1er.
2 ou 4 gros de tritoxyde de fer peuvent neutraliser 8 à 1 0 grains d’acide arsénieux en y ajoutant 1 C gouttes d’ammoniaque. Le tritoxyde est innocent parce qu’il est insoluble.
CIIAP. XVIII — nu CUIVRE.
Le cuivre est trop connu pour que nous ayons besoin de décrire ses caractères physiques. D’ailleurs, a l’état métallique, il n’est point vénéneux. Mis en contact avec l’acide nitrique , il détermine une effervescence et donne* lieu u une coloration en vert. Vous ayons déjà, expliqué ce phénomène en traitant det l’acide nitrique. Cet acide et le cuivra se servent mutuellement de réactifs. Lal préparation cuivreuse cause plus fré-i quente des empoisonnements est le vertde-gris. Le véritable vert-de-gris est. un acétate de cuivre avec excès d’oxyde ou un f-ous-deuloxvde de cuivre. J1 y a trois espèces de vert-de-gris dans le com-:
mcrce : le plus impur contient des débri:i de cuivre métallique, des pépins de ram sin, des rafles de pailles. Une autre csf pèce est purgée de ces corps étrangers» enfin, la plus raffinée de toutes est le ver! det cristallisé ou cristaux de Vénus. Ci cristal a été obtenu en dissolvant dan l’eau le vert-de-gris ordinaire. Jeau n’ dissous et laissé cristalliser que l’acctat. neutre de cuivre. Dans les vases de cuii vre qui servent aux usages culinaires, 1 se forme du verdet par l’action des acide*; libres que contiennent les matières ali* mcntaircs végétales ou animales. Ce vei*f det se forme surtout lorsqu’on laisse rél froidir ccs matières dans les vases de ci1