FAUSSE GROSSESSE
Toutes les maladies peuvent compliquer la grossesse; nous ne voulons parler ici que de celles qui empêchent de i econnaitre la grossesse ou qui peuvent à elles seules simuler cet état. Parmi ces dernières , nous réserverons celles qui passent pour être toujours la suite de la dégénéralion d’un germe ou au moins d’un commencement de travail de la conception. Elles appartiennent à la dermeie classe, que nous devons étudier sous le titre de fausse grossesse. Nous pouvons encore emprunter à M. Dugès un résumé substantiel des principales maladies qui simulent la grossesse.
La rétention du sang menstruel développe le ventre , mais les obstacles physiques qui s’opposent à l’issue du liquide se reconnaissent au premier examen.
L’âge des malades , l’absence de menstruation anterieure, le renouvellement et 1 accioissemeul des symptômes à elm-
médecine Légale;
qucmois, l’absence des mouvements d’un enfant , mettront sur la voix du diagnostic ou serviront à le compléter dans les cas où l’atrésie serait difficile à découvrir, quand par exemple l’obstacle est placé au museau de tanche.
La simple suppression des menstrues est quelquefois accompagnée de gonflement des mamelles , de ballonnement du ventre et de symptômes hystériques qu’on rapporte à une grossesse. Le toucher indique que l’utérus est vide. Si l'utérus était malade, engorgé, tuméfié seulement dans son corps, l’incertitude serait plus grande, et il faudrait attendre quelques mois avant de se prononcer ; après un tel délai , l’absence du ballottement et des mouvements du fœtus , le peu de volume acquis par l’utérus lèveraient tous les doutes.
Il en serait de même d’un polype utérin existant depuis long-temps sans être soupçonné. Enfermé dans le corps de l’organe , il pourrait faire croire à un commencement de grossesse, mais il cause ordinairement des pertes sanguines au lieu de supprimer les menstrues ; il ne tarde guère d’ailleurs à dilater le col utérin et à se faire reconnaître au toucher.
L’hydrométrie ressemble aussi à la grossesse par la suppression des menstrues , et de plus par le développement quelquefois considérable de la matrice , par une fluctuation sourde. Mais sa marche est fort lente, et rien ne fait découvrir un fœtus flottant dans l’eau de l’amnios, soit vivant, soit mort.
La physométrie ou tympanite utérine ne présenterait point de fluctuation ; l’hypogastre résonnerait à la percussion, et des vents s’échapperaient avec bruit du vagin.
L’hydropisie ascite peut être accompagnée d’aménorrhée, soit symptomatique , soit due à l’âge. D’un autre côté, la grossesse est souvent accompagnée d’infiltration considérable des membres abdominaux. Delà vient qu’on a pu confondre l’ascite avec la grossesse, et réciproquement. Frank rapporte une double erreur sur le même sujet. Ici cependant la fluctuation est bien plus évidente, plus universelle dans l’abdomen; l’auscultation, la palpation, n’y fontpoint reconnaître la vie d’un fœtus; le toucher ne donne ni ballottement , ni mèmeaucun signe de développement au corps de l’utérus. Cet organe est léger, libre dans le bassin et facile à mouvoir, à soulever, soit par le vagia , soit par le rectum.
Une hydropisie enkislée Se distinguerait par les mêmes indices. L’erreur ici serait plus facile en raison de la circonscription de la tumeur , de son accroissement de bas en haut. Mais la lenteur de cet accroissement serait déjà une présomption contre l’existence d’une grossesse.
A plus forte raison éviterait-on l’erreur , au moins après quelques mois d’expectative , s’il s’agissait d’engorgement squirreux dans les ovaires ou dans d’autres viscères abdominaax, puisqu’on pourrait en outre s’appuyer ici sur la dureté , l’irrégularité de la tumeur.
La péritonite chronique développe l’abdomen et supprime souvent les règles : on y trouve une fluctuation obscure les borborygmes peuvent être pris pour les mouvements d’un enfant. Mais l’abdomen a une grande sensibilité ; il est le siège de douleurs ; il y a de la fièvre, etc., circonstances étrangères à une grossesse sans complication. Le ventre est d’ailleurs bosselé , résonnant à la percussion , et le toucher fait reconnaître la vacuité de l’utérus.
Quant à la tympanite due aune autre cause que l’inflammation du péritoine , la résonnance du ventre en est le signe caractéristique.
La vessie distendue par l’urine a été prise quelquefois pour l’utérus en plénitude. Si le toucher ne faisait pas cesser toute incertitude, indépendamment même de la rapidité avec laquelle le ventre s’est tuméfié en pareille circonstance , le cathétérisme en vidant l’organe qui soulève les parois abdominales, ferait disparaître toute cause d’équivoque.
Cette analyse, donnée avec ce tact fin et assuré qui caractérise le praticien auquel nous l’empruntons , prouve ce me semble l’embarras qu’elle coûterait à des experts moins habiles. Heureusement un des moyens , dont il aide sa sagacité , le temps, està la portée de tous les esprits, et, après avoir émisdesimplesdoutes dans une première déclaration , on peut demander à les xœrifier au bout de quelques mois dans un second rapport.
La grossesse extra-utérine peut être interstitielle ; elle peut occuper la trompe, l’ovaire ou la cavité ventrale. La première espèce est celle qui , à l’ouverture du cadavre, se trouve occuper la paroi même de la matrice. Le docteur Breschet, qui l’a dénommée et en a décrit un certain nombre de cas, n’a pas encore décidé si l’œuf s’est logé dans uae déclii-
GROSSESSE COMPLIQUÉE , EXÏHA
rurcde la trompe dans la portion de la longueur qui traverse les parois utérines, ou bien dans quelque canal insolite rampant dans ces mêmes parois et abouché avec la trompe même , ou bien dans une des cornes rétrécies et. oblitérées. Baucbotham , Eisenmann et M. Ollivier ont cité des laits qui peuvent appuyer ces trois suppositions. Les autres espèces de grossesse extra-utérine sont suffisamment définies par leur nom. Passons à leur diagnostic. La première moitié de la grossesse est obscure même pour la grossesse normale; on avait dit par hypothèse que la menstruation persistait durant la grossesse extra-utérine , parce que l’utérus était libre. Baudelocquea affirmé que les faits étaient contraires à cette assertion.
Le toucher fera constater que l’utérus est libre, quoiqu’un peu agrandi. On sent appliqué contre lui la paroi d’une poche qui l’avoisine , le déplace, l’incline et ! abaisse. Le doigt reconnaît le museau le tanche, assez largement ouvert; une ionde mousse pénètre assez librement lans la cavité utérine. Le toucher exercé far 1 anus peut compléter les notions accises par le toucher vaginal , surtout lans la grossesse interstitielle. L’un et 'autre peuvent , dit-on, faire apprécier nédiatement le ballottement du fœtus, lourvu que la grossesse ne soit pas déjà rès-ancienne, auquel cas le liquide aurait été absorbé et le fœtus mort. Par les )arois abdominales, on peut reconnaître in kyste plus irrégulier, plus inégal que utérus, souvent lout-a-fait dévié vers un des cotés , parfois descendu entre le ectum et le vagin, ce qui permet de l’exlorcr entre ces deux canaux. Selon Bau-
clocque , un kyste extra-utérin est gé- ■ér.ilement pourvu d arteres plus grosses t plus nombreuses que l’utérus luinèmc.De là des pulsations plus sensibles u stéthoscope et même sensibles à la iwiri. Si l’enfant est encore vivant , son xiir doit aussi s’entendre plus distinc- ■ment que dans la matrice.
Ln supposant que l’expert acquit des ° ions assez positives d’une grossesse
Ü.îeU|C a>M ’ il "c pourrait rien affircr ri'M.vcme,,U l'époque probable de
ème^T’- ■ *P ri,,s e,‘Core relali-
tmcnl " '» v‘o 'le l'enfant. Car il est exem ple que do enfants formés hors e la matrice soient sortis vivauls du Jrps delà mère. I.e s souvent, il,
! "‘“lls «vaut que la nature s'occupât e leur expulsion, mai, p|„s
icorela rupture du kyste a tué à la fois
Med. le g.
-UTERINE, FAUSSE GROSSESSE. 177
la mère et 1 enfant bien avant le terme de la u urée naturelle de la gestation.
Le germe produit par la fécondation peut être altéré dans sa texture, et détérioré au point de ne pouvoir jouir d’une existence isolée après son expulsion , bien plus, de ne pouvoir même pour l’ordinaire, séjourner dans la matrice aussi long temps que le produit d’une conception normale. Le terme générique de moles a été donné aux produits dont ils’agit. Morgagni lésa appelés moles légitimez, pour les distinguer d’autres masses non créées par l’acte de la génération. 31. Dugès distingue trois sortes de moles : le faux germe , la mole charnue et la mole vésiculaire. Zacchias et les auteurs plus modernes ont dit avec raison que les moles qui pouvaient exister seules , existaient souvent simultanément avec une grossesse véritable. Dans le faux germe, la dégénérescence de l’œuf humain a fait moins de progrès que dans la mole charnue. Le faux germe ne séjourne guère au-delà de deux ou trois mois, et il est impossible de distinguer la présence d’une grossesse régulière à pareil terme. La mole charnue peut-être creuse ou compacte; son volume varie depuis celui d’un œuf jusqu’à celui d’une tete d’enfant. Au centre de la mole creuse on rencontre le plus souvent de l’eau, parfois aussi un fœtus dont les enveloppes dégénérées ont formé la mole. Au eenlre de la mole compacte . on trouve des hydatides, des caillots fibreux , quelquefois meme des restes de fœtus, des os, des membres entiers. Quand la mole coexiste avec un produit normal , on la voit par fois laisser activer la gestation et sortir immédiatement ou quelques jours après 1 expulsion du fœtus vivant. Elle peut aussi causer l’avortement. On a aussi quelques observations rares de moles expulsées a sept mois , tandis que l’enfant a séjourné dans l utérus jusqu’au terme naturel de la gestation. Pendant les deux ou trois premiers mois , la mole seule ne donne aucun symptôme qui la puisse distinguer d'une vraie grossesse. Puis vient un sentiment de pesanteur et de gêne dans le bassin , des pertes peu considérables cl réitérées de sang séreux ou d eau incolore. Plus tard, le ventre na rail plus ample, l’hypogaslre plus sait Janl qu’il ne devrait l’être d’après la d .le présumée de la grossesse. Le toucher Lit leconuailre le corps de l’utérus plus ré s.sla.il, plus compacte; la main apposée sur le ventre le trouve inégal. 11 tsl
sant, sans ballottement ni pulsation de cœur, ni mouvement de fœtus. Le sentiment du poids est plus incommode de jour en jour, et ce poids tombe toujours du côté où la femme s’incline. La mole peut séjourner bien au-delà du terme de la grossesse normale ; on en cite qui ont resté des années entières. Fodéré en a rapporté une histoire d’autant plus curieuse que la femme poursuivait l’auteur supposé de sa grossesse en domina gesintérèls. La preuve décisive de cette grossesse , l’accouchement, n’arriva pas au terme ordinaire ; la mole ne sortit qu’au bout de 20 mois.
La mole vésiculaire n’est point due au développement d’acéphalocystes ; la vésicule est toujours assez manifestement formée par les rudiments d’un placenta ou des membranes de l’œuf. Le diagnostic de cette espèce de mole ressemble sous plusieurs rapports, à celui de la mole charnue , seulement la sensation du poids est moins forte ; il est douteux qu’on puisse percevoir cette sensation de frottement dont les auteurs ont parlé à propos des hydatides du foie. La mole hydatique co-exisle plus rarement que la mole charnue avec une grossesse véritable ; sa durée est plus longue : on cite l’exemple d’une femme qui en a porté une pendant six ans; encore ne l’a-t-on trouvée qu’à l’ouverture de son cadavre. Le peu de consistance de la mole hydatique ou vésiculaire permet qu’elle se rompe et sorte par fragments. Ces délivrances partielles renouvellent fréquemment les douleurs, les hémorrhagies, et rendent l’issue de la maladie plus dangereuse que dans la mole charnue.
IN'ous finirons par une autre espèce de fausse grossesse que Fodéré appelle nerveuse. Nous avons déjà parlé de mouvements des parois de la matrice ou du bas-ventre assez forts pour simuler les mouvements d’un fœtus et pour tromper les femmes et l’expert. Mauriceau en cite un exemple chez une femme de quarante ans : le ventre était fortement agité en divers endroits, et était volumineux, les lèvres étaient gonflées. Cet état dura huit ans. MM. Baudclocque et Girard ont observé des phénomènes semblables sur d’autres femmes et sur des femelles d’animaux : chez ces dernières, que la raison n'éclairait pas sur la non-realité de leur fécondation et de leur mise bas , l’instinct maternel se prononçait avec énergie; elles geignaient, poussaient des cris plaintifs comme pour appeler leurs
legale.
petits absents, et quand on leur donnait des petits étrangers, elles les recevaient avec plaisir, les caressaient, les allaitaient , car le lait s’était sécrété dans leurs mamelles. Ces phénomènes singuliers avaient succédé chez ccs femelles à une copulation qui n’avait pas produit de fécondation. Les observateurs en ont induit avec vraisemblance, que des phénomènes analogues arrivant chez la femme, supposent toujours l’impulsion donnée à la matrice par un commerce avec l’homme. Voici les signes qu’ils donnent comme caractéristiques de cette fausse grossesse : la matrice chez quelques femmes est au-dessous de son volume naturel ; chez d’autres , elle est un peu plus considérable, mais on a peine à la sentir en pressant au dessus du pubis. Le museau de tanche a la forme, l’étendue et la position qu’il a hors du temps de la conception. Les règles manquent totalement chez quelques femmes, sont médiocres chez les autres ; chez toutes , le ventre se développe graduellement, mais chez les unes, il est tendu comme dans le météorisme intestinal ; chez les autres, il est mou, flexible , et la femme n’éprouve au toucher aucune impression douloureuse. Chez toutes, les seins deviennent plus volumineux, et il en découle le plus souvent une humeur laiteuse. Cet état subsiste chez les unes pendant plusieurs mois ; chez d’autres, il ne se soutient pas au-delà du neuvième mois.
L’hystérie nous semble capable de produire tous ces phénomènes, et par conséquent, nous ne croyons pas que ces observateurs aient été toul-à-fait fondés dans la conclusion rigoureuse qu’ils ont tirée, que ces phénomènes supposaient toujours un coït antérieur. M.Marc, quia été arrêté par les mêmes scrupules, demande au moins que si l’impulsion , l’excitation de la matrice est le premier anneau de tous les mouvements morbides , on admette que cette impulsion peut provenir d’autres causes que des approches d’un homme, et par exemple de tous les succédanés par lesquels les pensionnaires, les religieuses , satisfont leurs désirs, apaisent leur imagination en délire. IN dus irons plus loin, nous estimons que, indépendamment d’un attouchement ou d’une excitation mécanique quelconque, les besoins de la jeunesse d’une complcxion ardente, avivée par la réclusion, par la rêverie, peuvent amener dans l’utérus une de ces déterminations spontanées»
LIMITES DE L’AGE DE La" FÉCONDITÉ , GROSSESSE IGNORÉE, ETC. 179
de ces orgasmes d’où nait l’hystérie et d’où étaient réglées. Mais on a des exemples peut naître aussi la grossesse nerveuse, certains de menstruation prolongée à qui n’est qu’une des mille formes que un Age très-avancé. Telle est cette femme
peut revêtir cet état. dont parle Yalesius de Tarente, qui ac-
coucha à soixante ans, et cette autre citée dans les mémoires des Curieux de la nature, qui a l’âge de 65 ans vit reparaître ses règles, qui l’avaient quittée au temps
» . . ordinaire, et fit une fausse couche à trois
Zacchias a eu raison de dire que les mois, d’un enfant bien conformé pour son limites de la fécondité sont celles de la âge. Le cas de la dame Fagot servit de menstruation , c’est la règle , mais ce se- prétexte à des collatéraux pour disputera rail se refuser à l’évidence que de nier son petit-fils le droit de lui succéder
LIMITES DE L’AGE DE LA FECONDITE, GROS- SESSE IGNORÉE , ENVIES DE FEMME GROSSE.
u a)ün,m jaiMucM, i aieuic n avau pu réellement le mettre réglées. Brassavole, Laurent de Joubert, au monde si tard. Sous la législation ac- T rinça t el , Marcellus Donatus, ont rap- tuelle , un pareil procès serait impossiporté des exemples de ce dernier cas , ble, caries registres de l’état civil suffihtarpart-'V anderviel a vu à La Haie la sent pour prouver la filiation, pourvu femme d’un tailleur qui accouchait tous que l’instription y ait été faite régulière les ans. quoiqu’elle n’eût jamais été ré- ment (art. 3 1 9 Code civil) , mais la miesglee. Dans l’Inde et dans tous les pays où tion médico - légale de l’âge avancé de 1 on marie les femmes extrêmement jeu- la mère ou de l’aïeule, pourrait être sounes, les exemples cle grossesse avant la levée dans le cas où l’acte de naissance première menstruation, ne sont pas rares. serait perdu ou n’aurait pas été dressé 1) a des exemples de l’excès opposé, en temps et forme convenables La fi lia— Lornelia au dire dePline, donnalejour tion pourrait être établie par la possession a soixante ans , a -Y olusius Saturmnus ; constante de l’état d’enfafit légitime d’aune Vénitienne moins âgée eut une près la formule prescrite par l’art 321 grossesse que Marsa prit pour une hy- Les faits exigés par cet article pourraient dropisie. M. Capuron cite une iemme avoir besoin de preuve, et alors l’invrài qui accouchaa soixante-trois ans. De La-, semblance d’une grossesse à 58 ans où motte parle d une fille qui ne voulut se plus tard, pourrait être invoquée oupar le marier qu apres cinquante-un ans pour ministère public ou par des collatéraux naxoïr pas d enfant, et qui pourtant en L’expert consulté pourrait répondre nar eut apres cet âge. Les mémoires de l’aca- les faits que nous avons énumérés ph,s demie de chirurgie font mention d’une haut. ^ ■
dame Fagot qui aurait été mère à cin- La femme neuf-elln
quante-huit ans. Hailer cite deux femmes sesse? Les femmes mariées cxpüquen"t dont lune accouchaa soixante, l’autre toutes Ipiu-q inrlier.r.c;t • piquent
à soixante-dix ans. Il ne faudrait donc pas sesse; les fiïûS ^ mêmes îïn U"e ?r°S" cire arrêté par l’âge avancé d’une femme sont exposées à se voir d\n«s i 7 ?7 SG condamnée à mort, et qui prétexterait une se servent jamais d’une Veille ht 116 grossesse pour retarder le moment de thèse quand elles sont malades I •» ‘ ^°" son supplice. L’art. 27 ne fait pas acccp- dence leur défend ^hHer tion d âge. Cinquante ans , soixante ans ment leur honte ; mais, à force de von ne devraient pas arrêter l’expert. Si une loir tromper autn.i, peuîenLelles finir'
tUudè^V div d.0nnait|I,0,ut dc cci;- Par se tromper elles-mêmes ? cela n’est tdude, il devrait demander un sursis pas impossible. L’amant a m is de,
pour que les progrès naturels de la gros- cautions ou du moins il l'a affirmé^ \ ~ sesse ou l’immobilité des phénomènes, le- retards dc trois, quatre c cina nlj l vassenl tous les doutes de la justice, il produit plusieurs*?!* dé à tout Z
RrM.Pc™eMûrd?»c ti"» Pl"f‘C"r CaS ‘le rcil ‘le qui se sont reprôdiutï
tout de 'frayeur ‘dca’enfants ‘I"‘ avj"1 «rosscssc marchcavec son cortège naturel pouvaient luire
iso
timie h se persuader ce qu'elle a tant d’intérêt à croire ; les remarques indiscrètes des voisins, les terreurs, le refroidissement de l’amant, les questions, les menaces des parents ou des maîtres , suppléeront à son inexpérience. Mais l’erreur peut durer plus long-temps ; elle peut durer jusque et pendant l’accouchement, chez une fille dont les facultés intellectuelles sont fort peu développées , comme cette coiffeuse dont M. Desgranges écrivit l’histoire à Fodéré. Avec une intelligence saine, l’erreur peut durer aussi lorsque le principe de la grossesse est complètement ignoré de la femme, c’est-à-dire lorsqu’elle a été approchée par un homme à son insu pendant l’ivresse causée par les boissons spiritueuses ou par l’opium , pendant le somnambulisme, ou le sommeil#naturel, ou la mort apparente. Ce qui éclaire le plus tôt et le mieux, le soupçon , le reproche intérieur, leur manque; d’ailleurs la grossesse peut marcher de façon à simuler des maladies avec développement de l’abdomen ; assez de femmes mariées, et qui n’avaient nul intérêt à tromper elles-mêmes et leur médecin , ont prouvé celte assertion, en accouchant sans s’être crues enceintes. Le même M. Desgranges en a fourni à Fodéré un exemple remarquable. M. Orfila a cité , d’après M. Duquesnel, un autre cas semblable arrivé chez une dame de Reims. Quant aux exemples de femmes abusées dans le sommeil naturel , artificiel ou morbide , ils sont aussi assez nombreux. Fodéré cite une jeune fille qui, endormie par une dose d’opium, se trouva victime de la scélératesse d’un jeune homme. Les causes célèbres racontent l’histoire d’un jeune religieux , qui étant en voyage , logea dans une maison où l’on venait d’ensevelir une jeune fille qu’on croyait morte ; il s’offrit pour passer la nuit dans la chambre où était le cercueil et pour veiller la morte. L’ayant découverte pendant la nuit pour l’examiner , étayant trouvé dans son visage des restes de beauté qui échauffèrent sa concupiscence, il résolut de l’assouvir, quoique l’objet fût dans un état à ne pas exciter de pareils désirs, lise contenta néanmoins, et partit de grand matin. Cependant la morte ressuscita le lendemain , et au boutde neuf mois elle fit un enfant au grand étonnement de ses parents et au sien. Le religieux passa dans le meme endroit à cette époque, et, feignant d être surpris de trouver vivante celle qu il
disait avoir crue morte, il s’avoua le père de l’enfant , et en épousa la mère, après s’être fait délier de ses vœux, qu’il prouva n’avoir prononcés que par contrainte.
Le sommeil de l’opium ou d’une mort apparente est assez profond pour que l’acte du coït ne l’interrompe pas , mais on s’est demandé si le sommeil ordinaire ne serait pas toujours interrompu par cet acte? Distinguons les circonstances: si la femme est vierge et naturellement étroite, et que l’homme soit de ceux que Zacchias appelle benè musculatw; , il est bien difficile que le coït s’exécute sans réveiller la femme. Avec d’autres dispositions et des parties en rapport, à plus forte raison , avec l’inégalité contraire, le sommeil pourra n’être pas interrompu. On est allé plus loin, et l’on s’est demandé si le sentiment vif de plaisir qui accompagne l’acte ne doit pas toujours réveiller la femme ?Ici on a supposé ce qui est en question, que la femme ait joui ; on sous-entend aussi sans doute que la jouissance est indispensable pour que la fécondation s’accomplisse, mais cette dernière assertion n’est pas soutenable. La génération s’est opérée dans des circonstances où l’horreur était évidemment le seul sentiment que la femme put éprouver: dans le sac d’une ville prise d’assaut, dans une rencontre avec des brigands de grande route , da:;s un viol plus commun. L’homme dont la femme subissait les caresses, non-seulement n’était pas l’ami de son choix, l’amant selon son cœur, mais c’était un étranger, un ennemi , un infâme. La génération s’opère aussi dans des circonstances où un autre ennemi du plaisir, l’ennui, préside au rapprochement des sexes. Que d’épouses seraient stériles, disait M. Prunelle dans ses cours de médecine légale, si la volupté était un élément indispensable de la génération ! Ici donc, il faut encore une fois reconnaître celte vie privée, cette indépendance des organes. L’utérus fonctionne selon le but de sa création , selon ses profils particuliers, tandis que le cerveau, au lieu de seconder l’orgasmede l’utéruspar l’ivresse du plaisir, est en proie à des émotions opposées ; bien plus il a cessé de fonctionner, et a presque cessé de vivre, comme chez la fille que le religieux veillait. Le fruit de ce commerce renouvellera l’impure merveille à laquelle la famille de Morteinart doit son nom, il sera le fils d’une mère déjà morte ( mot tua muter).
LIMITES DE l’aGE DE LA FECONDITE, GROSSESSE IGNOREE, ETC. 181
Le motif de l’ignorance de grossesse, souvent allégué parles femmes pour excuser l’infanticide par omission, ou les tentatives d’avortement, est presque toujours combattue par la preuve des efforts faits par cette femme pour cacher sa grossesse et par celle des prépara tifs qu’elle faisait pour un événement attendu. L’ignorance véritable ne se cache pas et n’anticipe rien. IJ ne fois pourtant l’excuse d’ignorance a été admise par la justice sur un rapport de seize médecins de Paris. Louise Bunâl, prévenue du crime d’infanticide et condamnée par le tribunal d’Avranches, en appela et fut acquittée par le conseil supérieur de Bayeux. Les experts motivèrent leur avis sur l’incertitude des signes d’une grossesse commençante, sur la facilité de la confondre avec toute autre maladie. Ils invoquèrent l’autorité d’Astruc, de Zacchias, de Senac et dTIebenstreit. Ce dernier professeur de jurisprudence médicale h Lcipsick a affirmé qu’on pouvait dans certain cas admettre l’ignorance absolue de la grossesse au moment même de l’accouchement. En parlant de l’accouchement, nous pourrons confirmer cette dernière partie de l’opinion, au premier abord paradoxale, d’IJcbenstreit.
Les appétits bizarres que la femme éprouve pendant la grossesse peuvent se convertir en des désirs ou des penchants presque irrésistibles, et donner lieu à des actes contraires à l’ordre social. La femme traduite en justice alléguera son état de grossesse pour excuse de ses méfaits. M. Ca puron raconte qu’une femme accusée d’avoir voulu ouvrir la porte d’une chambre oii étaient certains objets de prix , prétexta pour sa défense, un motif violent de jalousie contre son mari , qu’elle croyait renfermé dans cette chambre avec une de scs maîtresses. Une couturière emporte un couvert d’argent qu’elle aperçoit dans un saladier sur un buffet : accusée de vol, elle répond que ce couvert s’était malheureusement trouvé dans une poignée de laitue qu elle avait prise en passant pour satisfaire une envie de grossesse. Ces deux faits, dans lesquels la culpabilité ainsi présentée n est nullement douteuse, ont rendu [VI. Capuron un peu sévère pour les envies de femmes grosses. Cependant ces femmes auraient embarrassé les juges, si au lieu de faire des contes invraisemblables, elles avaient nettement
confessé l’envie de voler, l’une des bijoux,
1 autre des couverts. En 1818, la cour
d’assises de la Seine a acquitté une femme qui confessait un vol, mais en affirmant qu’elle avait succombé à une envie de femme grosse. Les journaux dirent que la cour avait admis cette excuse, ce qui était la vérité, mais, pour ne pas cacou rager par l’impunité la récidive de pareilles fautes, ces mêmes journaux eurent l’ordre de publier que c’était cà son repentir et à sa jeunesse, que la femme avait du l’indulgence de la cour cl du jury. Le principe a donc été reconnu : les circonstances accessoires éclaireront suffisamment les jurés pour n’en pas fairel’application là ou la morale a été blessée avec une liberté évidente. Le médecin consulté ne peut donner qu'un avis général : répondre abstraclivè et non pas applicative , selon le langage des professeursdela faculté de Halle. Comme cette célèbre corporation , il devra résoudre affirmativement la question posée par la justice, parce que le raisonnement et l’expérience établissent que la grossesse est susceptible de déranger l’imagination des femmes, de dépraver leur volonté; que cet effet doit avoir lieu de préférence chez les personnes d’un tempérament très-irritable, mélancolique(Aibcrti,Aj^/.y«/75/7.
t.vi, p. 75G). Avec ces restrictions, le tribunal n’aura pas besoin des réticences de la cour d’assises delà Seine. Mais, en méconnaissant l’influence profonde de la grossesse sur l’imagination, on exposerait bien des innocents aux supplices et h l’infamie. Ce n’est pas seulement à des larcins comme ceux des femmes citées Par M, Marc, par Baudelocquc , par M. Capuron, que la grossesse peut pousser : des faits authentiques prouvent que des actions plus odieuses, plus criminelles, ont été inspirées par cet état et accomplies avec un irrésistible penchant. Rodcric à Castro parle d’une femme enceinte qui voulait absolument manger l’épaule d’un boulanger qu’elle avait vue nue. Langius cite une femme des environs de Cologne qui, désirant manger la chair de son mari, l’assassina pour satisfaite son féioce appétit et en sala une grande partie pour prolonger son plaisir. "Vives, dans son commentaire sur la Ci/c de Dieu de St-Augustin , parle d’une femme qui mordit au cou un jeune homme qui eut la complaisance de s’y prêter, mais qui en souffrit horriblement. Hans tous ces cas, si l’instruction judiciaire prouve clairement qu’aucun motif de vengeance ou d’intérêt ne se cachait sous le prétexte des envies, on ne peut
Ï32 MÉDECrNË
sc refuser de reconnaître que la volonté est dépravée, la raison aliénée sur une certaine série d’idées, précisément comme dans les mpnomanies, dont nous aurons occasion de parler plus tard.
CIIAP. XXXIV. — DE l’aCCOUCIIEUHNT.
A partie crime d’infanticide, cause la plus fréquente pour laquelle on ait à constater l’accouchement, les preuves positives ou négatives de celui-ci sont demandées dans les poursuites pour suppression, exposition ou substitution de part. L’accouchement peut être aussi une des preuves invoquées dans la recherche de la maternité. Nous avons donné la législation de l’infanticide, il nous reste à donner celle de la suppression , exposition ou supposition de part. Voici le texte du Code pénal :
Art. 349. Ceux qui auront exposé et délaissé en lieu solitaire un enfant audessous de l’âge de sept ans accomplis; ceux qui auront donné l’ordre de l’exposer ainsi si cet ordre a été exécuté, seront pour cc seul fait condamnés à un emprisonnement de six mois à deux ans, et à une amende de 1 6 f. à 200 f .
Art. 350. La peine portée au précédent article sera de deux ans à cinq ans , et l’amende de 50 à 400 f., contre les tuteurs ou tutrices, instituteurs ou institutrices de l’enfant exposé et délaissé par eux ou par leur ordre.
Art. 351. Si par suite de l'exposition et du délaissement prévus parles articles précédents, l’enfant est demeuré mutilé ou estropié , l’action sera considérée comme blessures volontaires à lui faites par la personne qui l’a exposé et délaissé, et si la mort s’en est suivie, i’action sera considérée comme meurtre: au premier cas, les coupables subiront la peine applicable aux blessures volontaires, et au second cas, celle du meurtre.
Art. 352. Ceux qui auront exposé en un lieu non solitaire un enfant audessous de l’âge de sept ans accomplis, seront punis d’un emprisonnement de trois mois à un an , et d’une amende de
Art. 353. Le délit prévu par le précédent article, sera puni d’un emprisonnement de six mois à dix ans et d’une amende de 25 fr. h 200 fr. , s’il a été commis par les tuteurs ou tutrices, instituteurs ou institut riccs de l’enfant.
Art. 34 5. Les coupables d’enlèvement, de recelé ou de suppression d’un enfant, de la substitution d'un enfant à un autre
LÉGALE
ou de supposition d’un enfant à une femme qui ne sera pas accouchée, seront punis de la réclusion.
Remarquons par rapport aux articles de 349 à 353, que l’exposition d’un enfant nouveau-né ne devrait motiver l’application des peines que lorsqu’elle a été suivie de délaissement. La femme expose le fruit de sa faiblesse, mais veille sur lui jusqu’à ce que des mains charitables l’aient recueilli. La sollicitude du législateur pour l’enfant peut être tranquille. Il faut de plus, pour motiver l’application de la loi , que l’enfant exposé soit né vivant et viable.
La suppression de part prive l’enfant, non pas de vie, mais d’état civil. Cette suppression peut être faite par la cour elle-même : dans ce cas , c’est au ministère public à ordonner la visite pour prouver l’accouchement. La suppression peut être faite par des collatéraux, que cette naissance prive d’une succession convoitée: alors lanière ellemême peut demander à prouver l’accouchement par une enquête et par la visite des experts.
L’art. 345 est rédigé de façon à ne pas donner à entendre que la supposition soit le fait de la femme elle-même. Cependant ce cas est assez fréquent. Tantôt une femme se suppose mère pour exciter davantage la commisération publique , tantôt elle se suppose enceinte et accouchée pour enchaîner un amant, pour en obtenir mariage, pour satisfaire un mari que sa stérilité afflige ; d’autres fois, le père et la mère sont d’accord pour substituer à un enfant mort où à des enfants dont le sexe ne répondait pas à leurs vues un enfant vivant ou d’un autre sexe. L’enfant peut avoir été supposé sans accouchement réel pour frustrer des collatéraux. Dans ce dernier cas, la fraude ne pourra être prouvée que s’il n’y avait pas eu d’accouchement antérieur, ou en cas d’accouchement antérieur si la visite est faite à une date récente de l’accouchement supposé.
Les accouchements auxquels sont aussi liées les destinées des empires se font toujours devant des témoins nombreux.
Celte publicité officielle des couches royales n’a pas toujours empêché les insinuations de la médisance ou les doutes de l’histoire. Les témoins grands seigneurs se tiennent à une distance respectueuse et voientet entendent ce qu ils sont payés pour entendre et pour voir : cependant, leur déclaration pèse plus que