DU MARIAGE
uï données fournies par les ressem- ■lances? Si l’enfant est encore trèseune, ses traits sont rarement assez protoncés pour fournir des secours réels ; nais alors, ou plus tard , la re-seinblance, idée de quelques autres circonstances ccessoires, pourra guider l’esprit. Zachias a fourni dans ce genre plusieurs •bservations où la sagacité du savant et lu moraliste brille de tout son éclat.
Dans le commencement de la peste deNades, Antoine, âgé de quarante ans, avait pousé Jéronime, très-jolie fille, et était aort de la peste le surlendemain de son îariage. Aniello, parent de la fille, et epuis iong-temps son amant chéri, deicurait dans la maison, et obtint les jveurs de Jéronime immédiatement près la mort du mari. Il ne tarda pas à 'épouser, en ayant obtenu les dispenses écessaire-. Naissance d’un garçon, 273 )urs après la consommation du mariage vec Antoine , et 2C8 jours après le preiier commerce avec Aniello. La queson était de savoir lequel des deux en lait le père. Zacchias, pour la résoudre, asse en revue les deux maris, la mère t l’enfant : Antoine avait quarante ans, tait replet et d’une faible conAitution ;
était haï de Jéronime, qui ne l’avait :cepté que par force, et à cause de sa ichesse; Aniello n’a pas encore trente ns; il est maigre, robuste et aimé. L’enint est aussi fort que son âge le permet , t quoiqu’il ne ressemble par les traits i à l’un ni à l’autre des maris, il a ceendant toute la vivacité d’Aniello. Par date de sa naissance , l’enfant semblent appartenir au premier mari , niais • force le rapporte plutôt à Aniello ; sa )rlie précoce ne contredit point cette ipposition, Hippocrate et Avicenne voient observé cette tendance des enintsfortsà naître prématurément. Zaciias fait valoir beaucoup d’autres raims tirées des circonstances du premier du second coït; il arguë aussi de la uiicdeJéronirncpourson premier mari, ;»is nous avons démontré déjà que la aine pas plus que l’indilTérence, n’emèchaient la conception. Voici un autre is, où l.i ressemblance a aidé davantage, uoi que les circonstances de la paternité cri table fussent encore plus manifestes, n homme infirme, Agé de soixante-douze ans, avait chez lui une concubine ui vivait avec un nommé Ferraio, jeune omme de 2i ans, bien fait, et aux cliceux rouges. Elle fit successivement deux liants entièrement ressemblants à Fer-
raio, et porteurs comme lui de chevelures rouges. Deux ans après , le vieillard étant mort, la concubine emmena les enfants à son pays, d’où elle revint à Rome au bout de quelques années, solliciter des aliments et une dote pour ses deux enfants comme appartenant au vieillard chez qui ils étaient nés. Celte demande fit faire une procédure, d’où il résulta qu’elle s’était entièrement livrée à Ferraio , et que la ressemblance était telle que les enfants ne pouvaient avoir eu pour père aucun autre homme que lui. La sauta rota débouta la femme de sa demande. Elle fit appel, et Zacchias fut consulté pour savoir s’il était possible que le vieillard eût pu procréer ces deux enfants. Il répondit par la négative en s’appuyant sur le grand âge du défunt, qui avait eu trois femmes, et n’en avait pu obtenir qu’un seul enfant; il soutint que depuis cinquante ans le vieillard était inapte à la génération : il était accablé d’infirmités et de fluxions qui l’obligeaient à porter plusieurs cautères et à recourir sans cesse aux remèdes. Tout cela, joint à la ressemblance frappante des enfants à Ferraio, écartait toute présomption de paternité de la part du vieillard.