‹ Traité de médecine légaleChapitre 87 sur 167 · VIRGINITÉ , HYMEN · texte numérisé non relu

VIRGINITÉ , HYMEN

passage s’est fait d’un consentement mutuel. La lutte et la résistance rendent les traces plus manifestes. « llaque si virgo » de recenti violata sit et pluies con- » gressus sustinuerit, ea i’acili negotio , » vol à quâvis inexpertâ obstelrice dev prehendi poterit ex simplici locorum » inspectione. Nam et ipsœ uleri parles » adhuc sanguinolenlæ , et consucto ru- » bicundiores, et quasi inilammalæ con- » spiciuntur, si recens admodùmsluprum » fuerit; sin minus aut si una aut altéra » hebdomada intercesserit , vel ctiam » terlia , eæ naturali colore destilutæ ap- « parehunt, et eo magis ad lividium ver- « génie. Laxiores etiam \ias et humi- » diores notabit, quin etiam ad tactura >; dolorosas experietur. Si quid autem ab » ipsamel consluprala muliere vcrifalis » elici possif, cas parles referet calore » quodam ac veluli liviuscuio incudio « sibi molestas esse ; quod el iam incessus w ipse parl'nn attesiari polerit, si in hoc )) minus eauta mulier fuerit. Yix eniin a consuelo more incedere polerit, nàm, a distractis ac veluti disjunctis inter se » cruribus ambulare cogelur, prœcipue » si ætatc tenerior fuerit , et stupralor v valida vi usus aut benè mentuialus a extiterit. Quod si mulier unico con- )> gressu violata de recenti fuerit , cer- « tum est majorcm difficullatem affutuv ram in ejus rci cognitione : aderunt « lamen penè omnes eredein notæ, nona nullæ quidem leviorcs , ut tæ quæ a laxitudincm viarum et immutationem a locorum, colorum respiciunt, evidena tiores aliæ quæ dolorihcum sensum a partis commonstrant. a Toute cette séméiotique est marquée au coin de l’observation et de la sagacité. Je me permettrai seulement de critiquer un symptôme donné par Zacchias comme preuve de la défloration par un seul congrès.

C’est le relâchement du vagin et sou ampliation, laxiludincm viarum . De deux choses l’une , ou l’on examine la femme une. semaine et plus après le crime commis , cl alors une seule approche n’a pas pu empêcher le retour naturel des parties sur elles-mêmes, ou on l’examine peu de jours après , et dans ce cas Titilla munition , la contusion des parties doit les avoir gonflées; le vagin est donc rétréci plutôt qu’élargi, surtout si l’offenseur élait de ceux que Zacchias appelle benc me/ilufatus. Ceci me rappelle que dans une de ses consultations, cet auteur nous apprend qu’il lit absoudre uu homme injustement aecusé de

MÉDECîNE LÉGALE.

viol ; il argumenta de l'exiguïté extrême de son membre viril pour nier qu’il fût coupable du désordre dont la femme se plaignait et montrait trace. A l’exemple deZaechias, il faut, autant que possible, comparer les proportions de l’instrument avec la plaie ou les contusions qu’on lui attribue. Un homme atteint d’impuissance aurait un moyen de défense bien évident, au moins quant à la violence rapportée aux parties génitales de la femme et aux siennes. Chez une fille jeune, la défloration, fût elle consentie, produit le déchirement de l’hymen ou d’une partie de la fourchette; dans la défloration accomplie par violence, l’examen des parties fera voir les caroncules et les fourchettes enflammées, sanglantes ou en voie de cicatrisation; on devra trouver de plus un désordre causé par la lutte qui a eu lieu. Ainsi, les grandes lèvres , les aines, le haut des cuisses porteront trace de meurtrissures; les genoux, les cuisses, les seins, les épaules, les bras, seront empreints de contusions exercées par les mains, les pieds , les genoux de l’offenseur. En l’absence de ces signes manifestes d’une violence, on neserait pas en droit de conclure que la défloration est due au membre viril d’un homme. Les annales de l’art ont conservé plusieurs histoires de filles qui s’étaient blessées volontairement, ou que leurs mères avaient blessées pour simuler le viol et soutenir line fausse accusation contre un homme. D’ailleurs, le désordre, la mutilation, la meurtrissure des organes, peuvent être dus au passage d’un corps étranger autre qu’un membre viril , lequel aura été introduit par accident, par imprudence, en jouant, ou bien volontairement et pour satisfaire le goût de la masturbation. Souvent des chirurgiens ont été appelés pour extraire du vagin des pensionnaires ou des religieuses , des aiguilles sorties d’un étui qui s’était ouvert pendant une manœuvre précipitée; des corps plus volumineux ont été employés dans le même but ; des racines de carotte , des flacons cylindriques, et horresco referons , des pots de pommade. Nous n’insisterons pas sur les autres circonstances qui peuvent prouver la résistance de la femme : elles sont surtout de la compétence du jury. On sent qu’on devra être bien plus exigeant pour une femme faite et pourvue de toutes ses forces que pour un enfant, naturellement faible, et que la frayeur a pu encore paralyser. Il est même bien

difficile de croire qu’un homme doué d’une force ordinaire puisse consommer le viol sur une fille ou femme adulte qui ferait une résistance bien franche : le jugement de Sancho-Pança en est une preuve , et les annales de la justice contiennent, au rapport de Mugard de Vauglans, le procès-verbal d’une épreuve qui réalisa la supposition imaginaire du roman de Cervantes. Voltaire rapporte une autre parabole mise en usage par une reine à qui une femme se plaignait d’avoir été violée. Elle prit un fourreau d’épée, et, le remuant toujours, fit voir à la femme qu’il n’était pas possible de mettre l’épée dans le fourreau. Aussi, les hommes qui veulent commettre le viol s’adressent-ils de préférence à de très-jeunes enfants, qu’ils peuvent maîtriser parla force ou intimider. Dans quelques pays, un préjugé horrible rend ce crime plus fréquent, et, s’il sepeut, plus odieux encore. On s’imagine que d’anciens écoulements vénériens, des phimosis volumineux, sont guéris subitement par la cohabitation avec une trèsjeune fille. Dans de pareils cas, les désordres sont Irès-apparents, non à cause de la résistance, qui a été peu considérable , mais à cause de la petite dimension des parties de la victime. L’inoculation de la maladie vénérienne sera un signe nouveau de la défloration , si le coupable est infecté de la maladie. Mais il ne faut pas se prononcer légèrement sur l’existence du mal vénérien; nous ne répéterons pas ici les motifs que nous avons donnés dans une des précédentes leçons pour rendre l’expert circonspect. Chez la femme, le mal vénérien ne pourrait pas être manifesté immédiatement après le crime commis ; il faut au moins dix jours pour que les premiers symptômes se prononcent.

On devra donc, après avoir constaté l’état des parties, les examiner à plusieurs reprises et plus tard pour suivre le développement du mal qu’on soupçonne et dont le coupable est infecté. Bien des parents à idées grossières ne sont que trop enclins h rapporter à une cause vénérienne les moindres affections que leurs filles éprouvent aux parties génitales : des aphthes, auxquelles celle muqueuse est sujette, comme celle de la bouche , des écoulements catarrheux, de^ inflammations, des boursouflements, tout est pour eux cause de soupçon , cl alors les apparences les plus insigni-) liantes de privante d’un homme, d^, simples caresses adressées innocemment :

Page 1