‹ Traité de médecine légaleChapitre 88 sur 167 · DÉFLORATION ET VIOL · texte numérisé non relu

DÉFLORATION ET VIOL

tsent pour élever contre un voisin emi, contre un ami même, des accuons odieuses Biessy de Lyon et Capuron ont rapporté quelques faits :e genre.

es vêtements que la femme portait moment de l’assaut ont été quelquemontrés aux juges comme des téns muets de la violence. Depuis que himie a donné une certitude si grande ertaines parties de la médecine léles experts ont eu l’idée d’analyser achesque pourrait porter la chemise a femme violée. Plusieurs espèces de Hures peuvent s’y trouver, d’abord sang. Farinai» voulait toujours en ver trace pour croire au viol, mais :anoniste espagnol, Torreblanca, fait •rver avec raison que chez les filles ides ou chez les femmes , des voies Tellement larges peuvent ne pas r fourni ce témoignage de la violence, udra s’assurer si le sang ne provient de l’écoulement menstruel , ou s’il >as été emprunté à quelqu’animal, et é ap ès coup pour tromper l’expert, souillure que l’on peut rencontrer fréquemment que le sang, est celle du ne qui aura été répandu par l’offen- . Quelquefois celui-ci est un homme ’leux et plus libertin que passionné, ie contente d’éjaculer sur le vestidu temple, sans faire, en essayant métrer dans l’intérieur, un désordre marrait témoigner contre lui. Alors 'ge de la fille est largement taché de ne. Enfin , un écoulement catarrhal •nérien , un écoulement lochial , si, in caprice inconcevable, le viol avait ’u sur une femme en couches, et en osant à la femme ou à la famille Binon de tromper les experts par defauspparences, la morve, la graisse, la ?, qui font des taches analogues aux •s fluides, l’expert peut avoir à rentre, à analyser tout cela sur une ise de femme. i\J. Orfila s’est livré, cette prévision, à une analyse à lae nous devons renvoyer; mais nous * transcrire ici une analyse plus e, faite par M. Chevallier, à la rc- ! d’une cour <1 assises. La chemise it trois espèces de taches , les unes .*s les autres jaunes, les autres ?. Les premières sont reconnues du sang : l’eau en contact avec le se charge d’une matière dcmi-solum se précipite sous forme de stries uleur rougeâtre. A u hou t d’une heu- : liquide, qui a gagné la partie infé-

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rieuredu vase, acquiert uiie couleur rouge-brunc. Ce liquide coloré bleuit le papier tournesol rougi par un acide; chauffé à 100 degrés dans un tube, il se trouble et donne naissance à un coagulum d’un gris rosâtre, qui, traité par quelques gouttes de potasse cautique, se redissout en donnant à la liqueur une couleur verte par réflexion , rouge-brune par réfraction ; la liqueur précipite en gris rosâtre par l’infusion de noix de galle. Les taches jaunes étaient produites par des excréments : elles ne se dissolvent qu’en partie dans l’eau distillée, et communiquent à l’eau une odeur fétide.

Le liquide filtré précipite par l’infusion de noix de galle ; évaporé dans une capsule de verre , à une douce température , il laisse dégager une odeur d’excrément et fournit un coagulum albumineux , rnelé à une matière jaune verdâtre, légèrement acide et sucrée, analogue par la saveur avec le picromel. Les taches grises examinées comparativement avec des taches de sperme n’en offrent pas les caractères ; elles paraissent provenir d’un écoulement vaginal. M. Chevallier ajoute cette remarque :

l’alcalinité qu’acquiert l’eau dans laquelle on fait macérer un linge taché ne doit pas être regardée comme une preuve de l’alcalinité de la matière qui a formé la fâche, puisque le linge non taché, dans une loule de circonstances, fournit luimeme cette alcalinité à l’eau, par suite de la lessive. Les auteurs recommandent encore de faire attention à la réputation de la lemme, à sa position sociale, à celle de ses parents, à la manière dont elle se conduit pendant celte visite de l’expert, qui est elle-même un attentat à la pudeur. Ces recommandations prouvent

ceque nous avons fait pressenlir quelquefois, que l’expert avait de temps en temps a sortir des limites strictes de sa science pour exercer sa sagacité comme un juré Nous finirons par deux questions à la solution desquelles nous avons déjà travaillé eu parlant de l’accouchement. Le viol estil possible pendant le sommeil? Ce que nous avons dit du coït ordinaire, nous pouvons le dire du viol : si la femme est jeune et vierge , il est dilfieile de croire que l’intromission puisse s’effectuer sans la réveiller; adulte, pourvue de voies larges naturellement ou élargies p.u le mariage, par l’accouchement la supposition contraire est admissible’ Cette espèce de viol serait moins coupai blc que celui qui aurait pour victime

une femme plongée dans le sommeil par l’effet d’un narcotique ou de l’ivresse.

La femme qui n’est paralysée que par le sommeil naturel peut reprendre sa raison et la défensive en se réveillant.

L’autre, au contraire, est entièrement paralysée, et selon toute apparence ce secours a été ménagé par l'offenseur, qui a ainsi commis un guet-apens et un empoisonnement pour préparer la satisfaction de sa passion brutale. L’outrage pourra être complet, être renouvelé plusieurs fois, sans que le sommeil s’interrompe : nous avons déjà vu que la comtesse de St-Geran était accouchée à son insu pendant l’effet d’un narcotique, et, nous l’avons déjà dit, le passage du membre de l’homme fait toujours moins de ravages que celui d’un enfant.

Un préjugé qui existe encore parmi le peuple , et que peut-être il a comme tant d’autres emprunté aux savants , fait croire que la fécondation et la grossesse ne peuvent jamais être la conséquence du viol. La jouissance serait la condition sine quânon de la conception. Nous avons déjà combattu ce préjugé, en traitant de la grossesse, et nous avons cité l’exemple de femmes qui ont conçu non-seulement dans le sommeil narcotique , mais dans un état de mort apparente , due à l’asphyxie , la syncope , la catalepsie. Il est bien probable que les organes génitaux de la femme ne partagent pas dans ce cas la passivité morbide du cerveau et du cœur, mais l’on ne sait pas assez au juste le degré de leur activité fonctionnelle pour soutenir que la volupté est le produit de cette action. Un homme, accusé de viol devant le parlement de Toulouse, se défendait en soutenant la complicité de la femme, et fondant cette complicité sur la grossesse qui en était résultée. Des médecins consultés parle parlement dirent dans leur réponse latine : « Posse c/uidern voluntalem cogi, sed non naiurani quœ semel nTilata voluptaLe fervcscit , rationis et voluntatis sensum amiltens. » Le parlement condamna l’homme, en décidant que la femme violée pouvait concevoir ; mais les médecins n’en avaient pas moins tort d’allirincrsi positivement l’existence de la volupté, là où ou ne pouvait affirmer que l’irritation. Quelquefois le viol a causé la mort de la femme, soit que le sentiment profond de l’outrage ait causé une mort subite, soit qu’un trépas plus lent ait clé la conséquence de la douleur p:olongée ou des violences concomitautes ,

LÉGALE

lorsque plusieurs hommes se sont succédé. Ce dernier cas a été observé chez les femmes surprises par des bandes de voleurs, sur des grandes routes ou par des soldats, dans les villes prises d’assaut. L’expert aurait alors à constater non-seulement l’état des parties génitales, mais à procéder à l’ouverture de toutes les cavités, et à faire un rapport sur toutes les autres parties du corps, de façon à pouvoir éclairer la justice sur la cause probable de la mort de la femme. Nous ne répéterons pas ici les préceptes déjà donnés sur l’ouverture des cadavres.

Les principes généraux que nous avons établis pour la recherche des traces du viol subissent des modifications assez aisées à concevoir lorsque la victime est un homme au lieu d’être une femme.

Disons-le pour tempérer le dégoût qu’un pareil sujet doit inspirer , celte modification particulière des crimes de Viol est fort rare. Les individus portés à la sodomie ont en général un caractère efféminé qui les fait recourir à la séduction plutôt qu’à la violence. Si la violence est employée , c’est par des hommes en qui ce penchant n’est pas naturel , mais chez qui il se développe par la longue privation de la société des femmes ; l’instinct charnel, excité jusqu’à la fureur, change momentanément d’objet pour sesatisfaire.

Voilà le secret des désordres qui se passent à bord des vaisseaux , dans les prisons, dans les pensions d’hommes, dam lesséminaires. Si le crime est commis hors de ces établissements, la victime ne pourra être qu’un enfant, car un adulte et même un adolescent sont pourvus d’une forci qui rendrait vaines toutes les tentatives L’échauffement.la phlogose, la contusion les excoriations, les écoulcmens, que non avons déjà signalés lorsque le viol a él< commis par devant, nous les retrouveron ici, maisà un moindre degré, à causcdel structure plus solide des parties. Des au leurs pudibonds ont dit que jamais 01 ne devait en croire les coupables lors qu’ils s’excusaient en plaidant la com plicité de la victime : le conscntemeu n’est pas supposable pour des actions : odieuses. Cependant, quand on ne ferai pas volontairement les yeux à toute évi dence qui fait rougir, on est forcé d reconnaître que la nature inspire bit rarement des passions condamnées a malheur de n’être pas satisfaites, et pui qu’il y a des hommes assez dépravés po;1 aimer leur propre sixe, celle p.issii trouve un aliment et un objet, puisque h

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