‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 101 sur 131 · INDICATIONS · texte numérisé non relu

INDICATIONS

ont leur siège aux membres supérieurs. Un grand nomire de malades ont guéri de résections de l’épaule, du coude, du poignet et de la main dans les conditions qpie nous signalons , et il vaut beaucoup mieux aussi réséquer les fragments osseux altères et enlever les esquilles, pour une fracture des diaphyses de l’humérus ou des os de l’avant-bras, que de sacrifier inutilement un membre. On a vu les désordres les plus profonds, les plus étendus, ne pas empêcher la guérison , et nous avons été plusieurs fois témoin à l’armée de faits de cette nature.

Luxations. On a réséqué avec succès , dans le cas de luxations compliquées de l’issue d’une extrémité osseuse au travers des téguments , la tête de la première phalange du pouce, celle du cubitus, les extrémités inférieures réunies du radius et du cubitus, de l’extrémité inférieure de l’humérus etc. ; et ce sont des exemples à suivre , alors même que l’artère principale et quelques gros troncs nerveux ont été rompus , si l’engorgement et l’inflammation des parties molles mettent un obstacle insurmontable à la réduction.

Les amputations les mieux faites ne sont pas toujours à l’abri de la conicité du moignon et de la saillie de l’os ; une inflammation irritative, le spasme des muscles et les tremblements convulsifs prolongés peuvent occasionner cet accident. Faut-il, dans ce cas, détacher le périoste de la portion osseuse et la réséquer, ou en attendre ou en provoquer la nécrose ? Le premier de ces procédés donne des guérisons rapides et expose à peu d’accidents.

La nécrose n’est pas en elle-même une cause de résection, mais réclame parfois cette opération, d’une manière au mois partielle, lorsqu’il est nécessaire de procéder à l’extraction d’un séquestre : on peut alors être obligé d’enlever, avec le trépan, la scie ou la gouge, une portion du nouvel os pour donner passage à l’os nécrosé.

Les exostoses s’offrent sous tant d’aspects différents qu’on a employé contre elles des procédés de résection assez nombreux. Si la tumeur est formée par un noyau cartilagineux , recouvert d’une coque osseuse (exostose médullaire , cartilagineuse) , on peut se servir d’un fort scalpel et de la gouge ; si la substance osseuse occupe au contraire le centre de la tumeur (exostose cartilagineuse périostale), on l’abat d’un coup de scie. Roux, voulant enlevei- une exostose styloïde développée au-dessous du deltoïde , la découvrit en formant une espèce de pont musculo-tégumentaire , par deux incisions parallèles, et l’emporta en conservant toutes les parties molles. M. Eug. Bœckel a agi de même pour une exostose cubitale (1868). Si la base de l’exostose est très-large , on y applique le trépan , ou plusieurs traits de scie croisés en divers sens , et l’on détache ensuite chacun des fragments.

518 RÉSECTIONS EN GÉNÉRAL.

Les corps étrangers engagés dans l’épaisseur du squelette peuvent nécessiter la résection des parties osseuses en contact. Ainsi l’on comprend dans une couronne de trépan une tige métallique enfoncée dans les os du crâne ou dans une côte, et cassée au niveau de la surface osseuse de manière à ne laisser aucune prise au chirurgien. Une balle enclavée et impossible à extraire offre les mêmes indications. (Voy. Pseudarthroses, Cal vicieux, Ankylosé , Nécrose.)

Pronostic. Les résections constituent généralement, et en raison même de leurs causes, des opérations longues , compliquées et difciles. Les plaies en sont vastes, presque toujours exposées aux accidents des suppurations prolongées. Leurs dangers sont néanmoins moins redoutables que ceux des amputations, et avec la précaution d’éviter la rétention des liquides et l’étranglement, on, est surpris de la facilité de leur guérison.

Les résections partielles de continuité sont nécessairement plus bénignes que les articulaires. Celles de la face sont les moins graves, puis celles du membre supérieur, et enfin celles du membre inférieur.

Examen comparatif des diverses méthodes de résections. Un certain nombre de méthodes échappent , par leurs indications spéciales , à toute appréciation comparative. Ainsi les résections temporaires ont une valeur relative aux cas particuliers où l’on peut y avoir recours (voy. ablation des polypes naso-pharyngiens, cancers de la langue). L’indication principale est de conserver des points de continuité assez larges et assez vasculaires avec les parties voisines pour assurer la vitalité des os , momentanément séparés , et suffire au travail ultérieur de leur consolidation.

Les résections, partielles ou complètes, de continuité ou de contiguité offrent des conditions déterminées. Les résections sous-çapsulo périostées n’ont pas encore reçu d’applications cliniques ou rentrent dans l’histoire des résections articulaires, ou des résections longitudinales avec évidement. Nous nous en occuperons plus loin. Les ostéoplasties par transport de lambeaux de périoste ne sont pas des résections, et appartiendraient à l’histoire de l’ouranoplastie et de la rMnoplastie , si elles n’étaient pas d’une nullité radicale. Restent donc à étudier les résections simples , les résections sous-périostées. et V évidement des os.

Les résections simples , partielles ou complètes, de continuité ou de contiguité, sont bien connues et les seules dont on ait fait usage avant ces dernières années. L’expérience a prouvé que des portions de diaphyses ont été parfois reconstituées et que les membres ont recouvré leurs usages d’une manière plus ou moins parfaite.

Page 1