‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 104 sur 131 · RÉSECTIONS DES OS DU TRONC · texte numérisé non relu

RÉSECTIONS DES OS DU TRONC

Tête. La trépanation est un mode de résection spécial, dont les principales applications sont au crâne , au sinus maxillaire , au rachis , au sternum , et à quelques autres os , exceptionnellement. Nous y consacrerons un chapitre particulier. (Voy. Trépanation.)

Résection de la mâclioire supérieure. l'ace. Historique. Les tumeurs du maxillaire supérieur en rendent parfois nécessaire la résection totale ou partielle. Cette opération , pratiquée par Siebold et par Deschamps au commencement du siècle, et déjà conseillée par Desault, ne fut cependant adoptée d’une manière générale qu’après que M. Gensoul l’eut perfectionnée et en eut étendu l’application en donnant un procédé simple et facile d’enlever le maxillaire en totalité , résection qu’il eut l’occasion de répéter huit fois sans perdre un seul de ses malades. Lizars fît éo-alement connaître trois succès, et tous les chirurgiens actuels ont suivi ces exemples avec des résultatsvariés, mais généralement heureux. Ces larges pertes de substance sont plus effrayantes que graves , et beaucoup de chirurgiens n’ont vu succomber, non plus que M. Gensoul , aucun de leurs opérés.

Anatomie. Les points de jonction du maxillaire supérieur avec les autres os de la face , quoique fort solides et parfaitement disposés pour soutenir les efforts dentaires , peuvent cependant être séparés avec assez de facilité. Ils sont au nombre de quatre , mais trois méritent particubèrement l’attention du chirurgien. L’un, en haut et en avant , constitué par l’articulation de l’apophyse montante du maxillaire avec le frontal, l’os du nez correspondant, l’un-

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guis etl’ethmoïde ; le second, en haut et en dehors, dû à la rencontre du maxillaire avec l’os malaire , qui se joint à son tour à l’apophyse zygomatique et à l’angle orbitaire externe du frontal ; le troisième antéro-inférieur (voûte palatine) , formé par la rencontre des deux maxillaires et des palatins ; le quatrième , tout à fait en arrière, avec l’apophyse ptérygoïde et le palatin, offre peu d’obstacles à l’opérateur.

De nombreuses branches vasculaires, provenant de l’artère maxillaire interne , se trouvent dans cette région, que le nerf maxillaire supérieur traverse. L’hémorrhagie peut être arrêtée par la lio-ature , le perchlorure de fer et le tamponnement, et le nerf sousorbitaire est aisément coupé dans son trajet au travers de la paroi inférieure de l’orbite.

Indications. Les tumeurs cancéreuses, fibreuses, cartilagineuses développées dans l’antre d’Hygmore , les fosses nasales et l’arrièrebouche sont les causes les plus ordinaires des résections totales ou partielles, définitives ou temporaires, des maxillaires supérieurs. Nous reviendrons , avec de plus grands détails , sur cet important sujet, au chapitre des polypes naso-pharyngiens.

Ablation totale. Procédés opératoires. Les incisions extérieures doivent être faites de manière à circonscrire et à enlever les téguments altérés , en ménageant avec soin les parties saines , destinées à recouvrir ensuite la plaie et à contribuer à la fermer . Si la lésion n’a pas envahi les téguments , on a le choix entre les différents procédés conseillés pour mettre les os à nu.

Dans le cas où l’on excise seulement le rebord alvéolaire , soit avec des tenailles incisives , soit avec la scie , il suffit de relever fortement la lèvre supérieure et d’en détruire les adhérences buccales ; mais s’il faut porter les instruments plus haut, il est néce.ssaire d’entamer plus ou moins largement la joue.

Procédé de M. Gensoul , 1827. Une première incision verticale est pratiquée du grand angle de l’œil à la lèvre supérieure , que l’on divise au niveau de la dent canine. Une seconde incision part du bord externe de la première à la hauteur de la base du nez , et se termine à 0“,008 au devant du lobule de l’oreille ; enfin une dernière incision , commencée à 0™,012 en dehors de l’angle externe de l’orbite, est continuée presque verticalement de haut en bas jusqu’à l’extrémité auriculaire de la seconde , à laquelle on la réunit. La face est ainsi partagée en deux lambeaux , dont l’un, supérieur, peut être relevé vers le front , tandis que le second se renverse en bas et en arrière vers l’angle de la mâchoire.

Le maxillaire mis à découvert par la dissection des lambeaux, le chirurgien coupe l’arcade orbitaire externe et l’arcade zygomatique,

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