‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 11 sur 131 · CHARPIE · texte numérisé non relu

CHARPIE

fracture, un appareil à extension continue. On dit encore : poser un appareil, et lever le premier appareil d’une plaie, ce cpai signifie faire le premier pansement.

Les bandages sont préparés d’avance ou pratiqués par le chirurgien.

Les premiers sont les bandages de corps , le carré , le triangulaire , le^handage en T, l’écharpe , le suspensoir, la fronde , le brayer, le bandage à dix-huit chefs etc, ’

Les seconds, extemporanés, résultent, pour la plupart, de la simple application des bandes.

Les bandages ont été distingués d’après leurs usages , leurs formes, leur siège et la nature des parties qui les composent.

Ainsi les bandages sont contentifs , unissants, compressifs, expulsifs, divisifs, rétentifs, extensifs, contre-extensifs etc. Selon leurs formes , ils sont circulaires , en doloires plus ou moins ouvertes , spiraux, croisés, en spica ou huit de chiffre, récurrents ou capelines , noués etc. On les nomme encore , d’après leur siège, grand couvre-chef, monocle, étrier; et enfin, d’après la nature de leur composition , ils sont de toile , de laine , de peau , de carton , et peuvent offrir des ressorts ou des lames métalliques etc.

PRÉPARATION, USAGÉS ET RÈGLES GÉNÉRALES d’aPPLICATION DES PRINCIPALES PIÈCES DE PANSEMENT.

Les principales pièces de pansement sont d’un usage tellement habituel qu’on les retrouve dans presque tous les bandages et appareils , comme parties accessoires ou constitutives ; ce sont : la charpie, le coton cardé, les compresses, les bandes, le sparadrap de diachylon ; les substances médicamenteuses , telles que le cérat simple, la pommade épispastique, l’extrait de Saturne. Il y a en outre d’autres objets accessoires, d’un emploi moins fréquent: ce sont les cataplasmes, les chlorures, les alèzes, éponges, bassines etc.

Charpie. On nomme charpie l’assemblage des filaments qui composent le linge et que l’on en a isolés. On la distingue en charpie fine ou commune, selon la qualité de la toile dont elle a été retirée ; on appelle charpie râpée le duvet soyeux que l’on obtient en râpant la surface d’un linge avec le tranchant d’un couteau. C’est la charpie de linge dont on se sert presque exclusivement , et eomme il faut beaucoup de temps pour la préparer, on a cherché à la remplacer ; l’ancien chirurgien en chef du Val-de-Grâce , Gama , a fait avec de l’étoupe coupée par segments de 0®,06 à 0“,09 de longueur

et blanchis au chlore une charpie. très-belle et très-légère , qui pourrait , en cas de besoin , tenir lieu de la charpie ordinaire. On s’est également servi de coton , de laine et même de mousse et de foin , comme- le rapporte Percy ; mais ce sont là des ressources extrêmes , imposées par la nécessité. Les Anglais se servent, en place de charpie , d’une étoffe tissée exprès , que l’on connaît sous le nom de charpie anglaise , et dont une des faces , pelucheuse , est appliquée sur les plaies ; ce tissu , dont l’épaisseur ne dépasse guère celle du linge ordinaire , iie peut servir de remplissage ni de moyen d’absorption.

M. Demarquay a présenté à la Société de chirurgie (mai 1868) des échantillons d’une charpie de M. Sadon, de Roubaix, primée à l’Exposition universelle et assez semblable à celle des Anglais. C’est une étoffe légère, absorbante, d’une application facile , bonne pour les fomentations , les pansements à la glycérine et aux alcoolats et susceptible d’être lavée et réappliquée. L’expérience décidera de ses usages.

La charpie se prépare avec du linge demi-usé et parfaitement blanchi à k' lessive. On le coupe en morceaux de 0'",08 carrés , et on le fait effiler . Tenant le linge de la main gauche , entre le pouce et l’indicateur , on en détache successivement les filaments , et on les rassemble pêle-mêle et croisés en tous sens dans les paniers ou les boîtes où on les renferme.

Quelquefois cependant on a besoin de brins de charpie très-longs et parallèlement disposés ; on les obtient en coupant des morceaux de linge de 0'“,3 de longueur, par exemple , sur à 0“,05 de largeur, et les effilant transversalement; les filaments les plus longs, restent réunis , et sont conservés dans cet état.

La charpie sert à former- autour dès plaies une enveloppe douce et légère , capable d’absorber les liquides qui s’en écoulent. Elle permet d’égaliser les surfaces èii remplissant les vides ^ et empêchela pression des bandages de porter douloureusement sur les parties les plus saillantes. On l’emploie souvent comme moyen de dilatation , ou comme support des substances médicamenteuses.

On fait avec la charpie un certain nombre de pièces de panseméùt , qui ont reçu , à raison de la variété de leur volume et de leurs formes: , des noms particuliers : ce senties plumasseaux , les gâteaux, les boulettes, les bourdonnets', les mèches et les tentes. '

Les plumasseaux {fig . 6, a) sont des couches de charpie d’une épaisseur uniforme, et. en général de la grandeur de la main , tantôt ovales , tantôt carrées ou arrondies’ etc;

Fig. 6.

CHABPIE.

Pour les préparer, on prend de la main droite une petite poignée de charpie , dont on ramène grossièrement les brins au parallélisme , en les superposant entre le pouce et le bord radial de l’indicateur gauches, dans la paume de la main du même côté; ori les reprend alors de la main droite , et l’on recommence la même opération, en saisissant moins de brins de charpie à la fois, et les disposant parallèlement et en couches égales. Lorsqu’on a ainsi donné à son plumasseau une épaisseur suffisante, on en renverse les côtés vers le centre avec le bord radial de la main droite ; puis , allongeant les filaments qui se présentent à l’extrémité du plumasseau, on les réunit et on les renverse comme les bords. On agit de même sur l’autre extrémité , après l’avoir ramenée sur le côté radial de l’index gauche, et le plumasseau se trouve terminé. Il doit offrir assez de solidité pour être saisi dans tous les points de sa circonférence sans se défaire , et ne doit présenter ni saillies ni duretés. *

On voit souvent les élèves couper les bords de leurs plumasseaux avec des ciseaux pour s’éviter la peine de les renverser ; cet usage n’est bon que pour les plumasseaux petits et carrés.

Les gâteaux de charpie (ô) sont de très-grands plumasseaux préparés ordinairement sur la planchette de l’appareil à pansement. II. convient d’imbriquer habilement les couches de charpie les unes sur les autres j pour qu’elles offrent encore une certaine solidité et une égale épaisseur.

On obtient les houlettes (cc) en roulant une petite quantité de charpie entre les mains , afin de l’arrondir mollement. On s’en sert pour panser et tamponner les plaies.

On nomme hourdonnets (d) de petits tampons de charpie allongés , liés ou non par le milieu de leur longueur. On les prépare sur-le-champ en roulant sur lui-même un plumasseau ovalaire.

Les mèches et les fentes sont formées de filaments de charpie plus ou moins longs et disposés parallèlement. La mèche .(e) est mince , tandis que la tente,(f) est beaucoup plus volumineuse. Aujourd’hui on confond les tentes sous le nom de mèches, qui sont dès lors plus ou moins épaisses etc. Souvent la mèche est liée dans son milieu , et les extrémités en sont renversées sur elles-mêmes et réunies par un fil. La longueur du lien doit dépasser celle de la mèche , pour qu’il puisse être assujetti ; si l’on veut que l’extrémité libre de la mèche présente moins d’épaisseur que le reste de son étendue , on l’effile avec des ciseaux.

La mèche est employée comme moyen de dilatation ; on s’en sert aussi pour porter et maintenir des substances médicamenteuses en contact avec la surface de parties sinueuses ou profondément situées.

Compresses. Les compresses sont des pièces de linge de différentes grandeurs , coupées ordinairement en carré long , afin de recevoir facilement toutes les formes qu’il est nécessaire de leur donner. Les compresses dont on fait le plus usage ont 0m,3 de largeur sur 0'“,40 de longueur); les grandes compresses sont de0™,45 ou 0“,20 plus grandes : il y a au reste de nombreuses variétés à cet égard dans les hôpitaux ; mais comme il faut des modèles pour les grands approvisionnements , on pourrait remplir toutes les indications avec deux sortes de compresses , les unes de0m,20 de largeur sur On», 30 de longueur, et les autres de 0“,30 sur 0n»,45.

On se sert de draps un peu usés et bien blanchis pour préparer les compresses, dont les bords doivent être taillés à fil droit; on les plie ensuite en quatre selon leur longueur, et en deux dans le sens opposé.

Lorsqu’on applique une compresse , il faut avoir soin qu’elle ne présente aucun pli et que ses bords se correspondent exactement , pour que l’épaisseur en soit partout égale. Les côtés les plus longs sont ordinairement placés en dedans , ce que l’on obtient en rapprochant deux bords l’un de l’autre , et en pliant la compresse une seconde fois. Les compresses sont longuettes , quadrilatères, triangulaires , selon la manière dont on les dispose.

En fendant vers le centre les quatre angles d’une compresse , coupée en carré, on a la croix de Malte (p,g. 7, c). La régularité

Fig. 7.

est plus grande si l’on coupe du même coup les angles de la compresse pliée en quatre , ou seulement en deux (a).

Si l’on divise en deux ou en trois portions l’un des côtés d’une compresse , on forme une compresse fendue à deux (d) ou à trois chefs- (e) , dont on se sert pour relever les chairs après les amputations.

On nomme compresse fenêtrée ou criblée (f) celle qui a été percée, d’une multitude d’ouvertures ; on en recouvre les plaies qui doivent suppurer. L’emporte-pièce en est le meilleur mode de pré-

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