RÉSECTION DU COUDE
tendon du triceps et les ligaments latéraux , de scier l’olécrâne , de faire saillir l’humérus en arrière et de le détacher des chairs environnantes, pour le diviser à 0®,06 au-dessus de l’articulation. M. Syme paraît avoir appliqué une fois , sur le vivant , ce procédé, et de nos jours M. Langenbeck a de nouveau voulu en faire une règle générale ; mais il présente trop de difficultés pour être adopté. Park , au reste , avait reconnu en partie la justesse de ce jugement , car il proposa , dans sa lettre à Pott , de convertir l’incision longitudinale en incision cruciale, dans le cas où l’articulation serait malade ou gonflée.
M. Chassaignac a conseillé de porter l’incision longitudinale postérieure un peu en dehors vers l’intervalle qui sépare le radius du cubitus.
Liston l’a placée en dedans , au côté externe du nerf cubital.
On a fait tomber une petite incision transversale sur chacune des extrémités de l’incision longitudinale de Park.
Thore fit partir de l’incision verticale une incision transversale externe au niveau de l’interligne articulaire. ,
Moreau, qui le premier exécuta en 1782 j |
la résection du coude pour une carie arti- J l .
culaire , fit deux incisions longitudinales 1 /
sur les côtés de l’articulation, à 0»,06 au- JL^ a
dessus des condyles , et les réunit par une JM Ê ^ il troisième incision transversale e, pratiquée & yif L au niveau du sommet de l’olécrâne (fig. J ®
342) ; le tendon du triceps brachial ^ \ /
visé , il détacha de bas en haut le large c H \ lambeau quadrilatère d qu’il avait formé \
et découvrit la face postérieure de l’hu- !
mérus. La pointe d’un bistouri fut alors n
dirigée sur le contour antérieur de l’os, | /
de manière à le mettre à nu dans la hau- y j i
teur de quelques millimétrés et à pouvoir ////
engager une petite lame de bois flexible //7/
entre les chairs et l’os , qui fut scié. Le fragment osseux a, renversé en arrière, fut séparé sans difficulté du muscle brachial
antérieur, et la section des ligaments et des insertions musculaires de l’épitrochlée et de l’épicondyle permit de l’enlever. Si les extémités supérieures du cubitus b et du radius c étaient malades , on prolongerait les incisions longitudinales , de manière à former un second lambeau quadrilatère ; on le disséquerait de haut en bas , et
gg0 résections èn particulier.
la résection de l’extrémité supérieure des os de l’avant bras s’exécuterait comme celle de l’humérus.
Dupuytren a modifié ce procédé en sciant d’abord comme Parle le sommet de l’olécrâne et en dégageant ensuite le nerf cubital , ainsi que Jeffray l’avait conseillé.
On peut se dispenser de la section de l’olécrâne , et imiter la conduite de Moreau, en adoptant la précaution de ménager le nerf cubital.
Textor père tailla' un petit lambeau triangulaire à large base inférieure dont le sommet était placé au-dessus de l’extrémité de l’olécrâne.
C’est au procédé de Moreau que Jæger a donné la préférence en disséquant dès l’abord , comme nous le faisons , le nerf cubital-
Dans le cas o-ù l’on ne devrait enlever que l’extrémité inférieure de l’humérus, atteinte d’une lésion traumatique, on pourrait avoir recours au procédé suivant, qui donne un fort beau résultat :
On pratique , à la face postérieure de l’humérus , une incision à convexité supérieure qui tombe sur le sommet de l’olécrâne. Le bras restant fléchi à angle droit , on coupe successivement le ten- • don du triceps brachial et les ligaments latéraux, en suivant le contour de l’olécrâne , dont on détache le nerf cubital , et on luxe aisément l’humérus en arrière, lorsque les liens ligam'enteux et les attaches musculaires de l’épicondyle et de l’épitrochlée ont été complètement incisés. Rien de plus facile- ensuite que de dénuder la face antérieure de l’humérus jusqu’au point où l’on doit porter la scie.
Le pansement consiste à placer l’avant-bras, légèrement ployé, contre l’extrémité de l’humérus comprise et soutenue entre l’olécrâne en arrière , et l’apophyse corono'ide en bas.
Si la résection s’étendait à toute l’articulation huméro-cubitale , on pratiquerait, transversalement sur la face postérieure du coude , deux incisions semi-lunaires circonscrivant î’olécrâne entre elles. L’articulation ouverte, comme dans le procédé précédent, on scie la poulie humérale un peu obliquement d’arrière en avant et de bas en haut, puis les extrémités supérieures du cubitus et du radius obliquement aussi, mais en sens contraire, et en commençant par le radius , qui est le plus mobile , et l’on enlève avec les os le lambeau cutané compris entre les deux incisions. Lorsque l’avant-bras a été fléchi à angle droit, les extrémités osseuses se rencontrent par des surfaces unies et régulièrement opposées. Ces précautions ne sont pas, au reste, d’une bien grande importance dès qu’on se propose de conserver à la jointure sa mobilité, et l’on