‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 113 sur 131 · RÉSECTION DU PREMIER MÉTACARPIEN · texte numérisé non relu

RÉSECTION DU PREMIER MÉTACARPIEN

Pansement. Quelques points de suture réunissent la plaie tégumentaire, si elle occupe toute l’étendue transversale du poignet; autrement on se contente de bandelettes agglutinatives. Les parties sont maintenues dans l’immobilité , et l’on prévient ou l’on combat les accidents inflammatoires. L’ ankylosé du poignet est une terminaison fort heureuse , et rien n’empêche d’espérer, comme résultat plus avantageux encore, le développement d’une fausse articulation.

Résultats. Le succès des résections radio-carpiennes est sans doute fort rare en cas d’inflammation chronique et de carie du poignet. Mais comme on est généralement obligé de recourir à l’amputation , quand l’emploi des eaux minérales a échoué, il est indiqué de tenter d’abord la résection.

Résection du premier métacarpien. La résection de l’extrémité carpienne du premier métacarpien n’est pas difficile. Une incision longitudinale , cruciale ou en L , pratiquée sur le côté externe de l’articulation, met le métacarpien à nu ; on en détache le périoste avec les tendons qui le recouvrent ; on divise l’os d’un coup de scie avec les précautions convenables, puis, le renversant en dehors vers le carpe , on atteint le côté interne de l’article , et l’on achève l’opération en coupant les ligaments externes. Si la surface du trapèze était altérée , on l’enlèverait en ayant soin de ménager l’articulation carpo-métacarpienne de l’index.

La résection de l’extrémité phalangienne du premier métacarpien commanderait la même manœuvre ; seulement on commencerait par ouvrir l’articulation. La première phalange serait portée en dedans, vers la paume de la main, et on scierait l’extrémité métacarpienne rendue saillante au dehors de la plaie.

Ei^traetion du premier métacarpien en totalité.

Troccon, en 1816, avait proposé l’ablation de la totalité du premier métacarpien en Conservant les phalanges du pouce. Roux pratiqua cette opération avec un succès complet , et le malade put continuer son état de tailleur. Le pouce , ramené près du carpe , exécutait parfaitement les mouvements de flexion et d’extension. Blandin a répété, avec le même bonheur, cette opération, et on la pratique aisément par une simple incision longitudinale faite sur le côté externe de l’os. Les tendons fléchisseur propre a, extenseur & et grand abducteur c du pouce sont portés en dedans (voy. fig. 343) ; l’articulation phalangierine ouverte, on fait saillir l’extrémité du métacarpien , comme nous l’avons exposé ; et l’on termine en divisant les ligaments qui l’unissent au trapèze; Dans le cas où l’os serait tuméfié et entouré de parties indurées, deux petites incisions per-

RÉSECTIONS EN PARTICULIER.

pendiculaires , dirigées en avant, devraient être ajoutées aux extrémités de l’incision longitudinale, pour former un lambeau quadrilatère allongé, que l’on renverserait en arrière pour faciliter l’ablation de l’os (fig. 343).

Nous avons pratiqué deux fois cette résection , et les malades ont très-heureusement conservé les mouvements des phalanges et l’opposition du pouce.

Cinquième métacarpien. On

peut appliquer au cinquième métacarpien l’opération décrite pour le premier. Mais l’exécution en est plus difficile et le résultat moins avantageux. Les mouvements du petit doigt n’ont pas l’importance de ceux du pouce parce qu’ils manquent de ceux d’opposition.

Les incisions ne devraient pas être faites sur le bord interne de la main , mais un peu plus en arrière et en dehors , sur le bord interne du métacarpien lui-même , dépassé en dedans par les muscles de l’éminence bypothénar. Une seule incision longitudinale ne suffirait pas pour l’extraction de l’os entier, ni pour la résection de son extrémité carpienne ; il faudrait pratiquer sur le poignet une incision en T , en L ou en croix , pour ouvrir l’articulation qui est commune au cinquième et au quatrième métacarpiens.

Deuxième, troisième et quatrième métacarpiens.

Extraction du deuxième métacarpien. Il ne serait pas impossible d’enlever la totalité du second métacarpien , en ménageant le doigt correspondant ; mais ce serait une opération des plus difficiles , en raison de l’épaisseur de l’extrémité carpienne, de l’irrégularité et du nombre des surfaces articulaires , qui sont unies au trapèzê , au trapézoïde , au grand os et au troisième métacarpien ; on aurait de graves accidents à redouter, et un résultat peu favorable dans la supposition du succès.

Wardrop a enlevé la tête du deuxième métacarpien , et Troccon a généralisé cette opération et l’a soumise à des règles particulières ; mais , à moins d’indications traumatiques précises , il y a peu d’avantages à conserver au noilieu de la main des doigts qui manquent de force et de soutien et qui gênent beaucoup plus le malade qu’ils ne lui seront utiles. La manœuvre opératoire offre, au reste, peu

Fig. 343.

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