RÉSECTION DE LA TÊTE DU FÉMUR
d’obstacles, et une incision longitudinale ou en T sur la face dorsale des têtes métacarpiennes et sur le côté des tendons extenseurs suffît sur le cadavre et paraît préférable au lambeau en V que l’on a conseillé de former.
Plialanges. Bobe fît avec succès la résection de la tête de la première phalange du pouce, qui était luxée et irréductible. J’ai agi de même dans un cas semblable , avec l’aide de M. le médecin principal Leuret, et le malade guérit parfaitement. On exécute l’extraction partielle ou totale des phalanges avec facilité, au moyen d’une simple incision dorsale, en attaquant d’abord l’articulation la plus éloignée de la racine du doigt. L’occasion peut certainement se présenter d’agir ainsi , et ce sermt dans quelques cas une ressource précieuse.
Résection de la tête du fémur. La l’ésection de l’extrémité supérieure du fémur a été appliquée aux blessures par armes à feu et à des lésions chroniques , et nous paraît très-préférable à l’amputation coxo-fémbrale.
Proposée par Charles White, approuvée par Vermandois, Petit- Radel , Rossi et Chaussier, cette résection fut exécutée la première fois par Antony White , vers l’année 1821 , au dire d’A. Cooper, mais l’observation ne fut publiée qu’ après la mort de l’auteur, en 1832 (voy. London med. Ga,z.), par des chirurgiens qui avaient revu son opéré. Hewson (de Dublin) en 1828 , agit de même dans un cas de carie; mais son malade mourut au bout de trois mois. Oppenheim, chirurgien de l’armée russe, réséqua la tête du fémur, brisée par une balle , à un soldat, qui mourut de la peste le dix-septième jour. Seutin tint la même conduite au siège d’Anvers , et ne fut pas plus heureux. Textor père perdit ses trois premiers malades (1834 , 1839) , et ce fut seulement en 1845 qu’il réussit sur un ■ jeune garçon de neuf ans, atteint de carie. A partir de ce moment, l’opération fut exécutée en Allemagne par divers chirurgiens, et dans la même année, Fergusson obtint un succès complet, et fut. bientôt imité par plusieurs de ses collègues. En France , la résection de la tête du fémur date de 1847, et fut pratiquée par Roux ; l’issue en fut malheureuse. M. Eug. Bœckel a présenté l’année dernière (1864) à la Société de médecine de Strasbourg un jeune garçon de dix ans , auquel il avait enlevé l’extrémité supérieure du fémur, au niveau du petit trochanter. R y avait eu coxalgie avec luxation et carie , et phlegmon de la cuisse ; la cavité cotyloïde était heureusement restée intacte. Les dernières fîstules ne se fermèrent qu’au bout de dix -huit mois ; mais au moment de sa présentation elles
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étaient complètement guéries , et le petit opéré marchait sans canne, en boitant un peu. Les mouvements de la nouvelle articulation étaient fort libres.
Nous avons vu à Würzbourg (1850) un opéré de ïextor, qui marchait assez bien en s’appuyant sur son membre. Il avait guéri, malgré l’altération concomitante de la cavité cotyloïde et un abcès de la fosse iliaque interne.
Nous fûmes moins heureux en 1858 chez un soldat atteint de carie de l’articulation coxo-fémorale. Il fallut diviser le fémur audessous du petit trochanter et évider le corps de l’os à une grande profondeur, pour enlever toutes les parties malades sans trop raccourcir le membre. L’opéré succomba au bout de dix mois à une suppuration intra-pelvienne.
Nous obtînmes un succès complet en 1865 sur un enfant de dix ans , atteint de coxalgie. Nous circonscrivîmes avec le bistouri le sommet du grand trochanter. La peau fut relevée ,, et une seconde incision servit à couper les insertions musculaires et à ouvrir l’articulation. Nous fîmes la section du col fémoral avec une scie à guichet, portée dans la jointure, en ménageant la presque totalité des insertions du ligament capsulaire. Le ligament rond n’existait plus et toute la surface sphérique et articulaire était à nu et cariée, ainsi que le fond de la cavité cotyloïde, qui fut ruginée. Après qu’on eut extrait la tête du fémur, l’articulation parut remplie d’épaisses fongosités et de pus. L’opération avait été très-facile et aucune ligature ne fut nécessaire. L’enfant , immédiatement délivré de toute douleur, fut pansé avec un simple linge cératé placé sur la plaie. Un tube volumineux de caoutchouc servit à l’écoulement du pus et à des injections aromatiques répétées plusieurs fois chaque jour ; aucun appareil de contention ne fut employé. L’enfant guérit parfaitement , en conservant la presque totalité des mouvements de la cuisse, et il m’a écrit deux années plus tard qu’il allait à l’école et continuait à se bien porter.
Sur soixante et onze cas, rassemblés par M. O. Heyfelder, on comptait autant de morts que de guérisons , et cinq, terminaisons inconnues. Fock (de Magdebourg) sur six opérations , obtint trois succès. M. Langenbeck, quatre sur douze (Arch. fur Chirurg. v. Langenh.,iS&T).
M. Syme (dÉdimbourg) a cependant soutenu , avec l’approbation d’un grand nombre de confrères, que cette opération n’avait pas sauvé un seul malade atteint de carie, coxo-fémorale et que les cas cités de guérison avaient eu lieu malgré la résection, qui n’avait servi quà aggraver la position des malades. Nous ne partageons pas cette opinion, et sans vouloir exagérer les avantages d’une opération