‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 118 sur 131 · TRÉPANATION DES OS DU CRANE · texte numérisé non relu

TRÉPANATION DES OS DU CRANE

dans ce cas , chercher à en préciser les indications , réunir tous les signes, tous les indices qui peuvent éclairer l’opérateur, et montrer, par leur examen raisonné , dans quelles circonstances on arrive à des prohahilités suffisantes ou même à la certitude. Au lieu de suivre cette marche, on prend chaque signe en particulier, on prouve qu’il n’a , ainsi isolé , aucune valeur nette , précise , pathognomonique , et l’on en conclut à l’impossibilité de reconnaître la nature , le siège et l’étendue des lésions !

C’est une faute , en chirurgie comme en médecine , de ne vouloir admettre que des caractères séméiologiques tranchés et positifs. Notre science n’arrive presque jamais à la certitude mathématique, et il est rationnel d’accorder la plus grande attention à une foule de signes qui , séparés , ont peu de valeur, mais offrent, l’orsqu’ils sont réunis, des indices précieux.

Certains auteurs tombent dans une exagération contraire , appliquent le trépan à une foule de cas où cette opération ne paraît nullement justifiée , et ont été jusqu’à en faire usage contre l’hémicranie , l’épilepsie , des douleurs fixes dans un point du crâne etc. Le trépan n’est pas toujours sans péril, et l’on a vu succomber des malades qui s’y étaient soumis pour des affectioxis nerveuses compatibles avec la vie. .

Les anciens admettaient la trépanation préventive , et ils étaient persuadés que cette opération est le meilleur moyen , à la suite des fractures du crâne par exemple , d’empêcher le développement des accidents. M. Littré a ressemblé dans ses savants arguments sur les livres d’Hippocrate des faits très-remarquables à l’appui de cette doctrine.

Aujourd’hui la trépanation curative est seule employée pour remédier à des complications ou à des lésions parfaitement déterminées, dont voici les principales.

1° La présence d’un corps étranger venu du dehors. Lorsqu’une halle , la pointe d’un instrument , d’un fleuret etc. sont engagés dans l’intérieur du crâne , le trépan est applicable , s’il en permet l’extraction. On sait les belles cures qu’a obtenues Larrey par cette conduite. Les recherches nécessaires pour constater le siège du corps étranger perdu dans l’intérieur du crâne nous paraissent parfaitement justifiées par les enseignements de l’art , comme nous l’avons longuement développé dans un autre ouvrage (voy. Campagne de Constantine , i831).

2“ La présence des corps étrangers appartenant à la boîte osseuse crânienne ou produits accidentellement. Une esquille provenant de la fracture complète ou incomplète du crâne comprime le cerveau ou en pénètre la substance ; un fongus ou une collection circons-

TRÉPANATION

crile de sang , de pus , de sanie , quelles qu’en soient les causes : contusions, plaies, nécrose etc., lorsque la nature et le siège de la lésion sont assez connus pour qu’on puisse extraire les esquilles ou donner issue aux liquides épanchés.

Si des symptômes de compression : perte de connaissance, torpeur, coma, hémiplégie, à la suite d’une fracture avec ou sans plaie , faisaient recourir au trépan , il faudrait rechercher les points où la dure-mère aurait été atteinte , s’assurer de 1 existence des esquilles et des corps étrangers , et chercher à les retirer.

Dans de pareils cas le diagnostic présente de grandes difficultés, mais l’application du trépan offre des ressources réelles. Comme les lois qui président aux phénomènes des corps vivants sont constantes, on doit, à l’aide de l’observation et de l’expérience , arriver à des données positives ou à peu près certaines.

M. le docteur G. Dufour a publié dernièrement {Arch. de méd. navale, t. III, 1865) plusieurs observations d’abcès sous-méningiens , consécutifs à des traumatismes , parfaitement guéris par le trépan , et ces exemples sont d’autant plus dignes de méditation que cette opération était le seul moyen d’arracher les malades à une mort inévitable.

Le pronostic varie selon que les méninges ont été blessées ou sont restées intactes , et aussi selon qu’il existe ou non des adhérences entre elles et l’encéphale. Les plaies p énétrantes des méninges donnent habituellement lieu à des inflammations et à des suppurations diffuses d’une excessive gravité.

Les instruments {fig. 350) employés pour le trépan sont :

Des bistouris pour inciser les téguments ;

Des rugines 9 , 10 , 9 bis , 10 bis , pour enlever le péricrâne ;

Des couronnes de trépan 2 , 3, 2 bis , 3 bis ;

La clef de la pyramide 5, servant à recevoir cet instrument et à le dévisser ; :

La pyramide 4, un trépan perforatif triangulaire 6 , ou en vilebrequin 7 ;

L’arbre du trépan 1 , terminé d’un côté par une plaque légèrement concave, et de l’autre par la couronne ; remplacé chez les Anglais par la tréphine 17, ou trépan à main , auquel M. Charrière a adapté un curseur 17 bis , destiné à limiter la profondeur à laquelle la couronne doit agir ;

Des tenailles incisives ;

Un couteau lenticulaire 11 ;

Un tire-fond 8 ,

Des élévatoires 14 , 15 , 16 , et une petite brosse 13, pour enlever les sciures de l’os.

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