TRÉPANATION DES OS DU CRANE
Ces divers instruments sont ordinairement renfermés dans une boîte particulière que l’on nomme hoite de trépan. Ils servent particulièrement pour la trépanation du crâne , et l’on y ajoute
parfois les scies de Heyne et de Martin. A défaut de ces instruments , les petites scies en crête de coq deviendraient indispensables.
Les pièces de pansement se composent :
1° D’un sindon ou disque de linge, d’un diamètre un peu plus grand que celui de la couronne du trépan, et dont le centre est traversé par une anse de fil ;
2o D’un méningo-phylax , tige métallique terminée par une lentille , et destinée à placer le sindon dans l’ouverture du crâne ;
3° D’objets ordinaires de pansement , que l’on veuille ou non réunir la plaie.
Il était autrefois de règle de ne pas appliquer le trépan : .
1° Sur les sinus frontaux , où l’inégale épaisseur des deux tables • osseuses du crâne rend la trépanation difficile;
2“ A l’angle inférieur et antérieur du pariétal , qui reçoit, dans un sillon creusé dans la table interne, l’artère sphéno-maxillaire qui serait nécessairement ouverte ;
3“ Sur le trajet de la suture sagittale, afin d’éviter la blessure du sinus longitudinal supérieur ;
4® Au milieu de la fossé temporale , où se trouvent des vaisseaux assez nombreux et un muscle important à ménager.
■ Ces règles sont bonnes et méritent d’être suivies à défaut de
TRÉPANATION
contre-indications manifestes ; mais si le corps étranger a été reconnu dans un des points dont nous venons de faire mention , il faut aller l’y chercher, et l’on remédiera aux accidents qui auront été prévus. Ainsi l’hémorrhagie de l’artère sphéno -maxillaire sera arrêtée avec un petit bouchon de cire , de liège ou de charpie (B. Physik), par la ligature (Dorsay) ou la cautérisation avec un stylet rougi à blanc (Larrey). Un léger tamponnement suffit d’ailleurs pour le sang des sinus , et avec des précautions convenables on parvient à perforer le crâne , malgré l’inégalité d’épaisseur des parois osseuses.
Si une plaie existe aux téguments dansle point où l’application du trépan est indiquée, on se borne à l’agrandir; autrement on pratique une incision en T ou en croix +. S’il fallait intéresser le muscle temporal, on pourrait tailler un lambeau triangulaire, dont la base serait en haut et la partie étroite ou le sommet tourné vers l’apophyse zygomatique.
Les os mis à nu , on incise et on détache le péricrâne dans l’étendue de la couronne du trépan , que l’on applique armée de la pyramide, pour- marquer le centre de la portion d’os à enlever. On porte alors le trépan perforatif , fixé à l’arbre dont on a détaché la couronne , sur le point qu’occupait la pyramide , et , pendant que la main gauche soutient supérieurement la palette qui termine l’arbre du trépan et que l’on appuie sur elle avec le front ou le menton, on imprime à l’instruction, saisi de la main droite par la boule mobile de sa partie moyenne, un mouvement rapide de rotation de droite à gauche.
Dès que l’os a été assez profondément entamé , pour loger et soutenir la pointe de la pyramide , qui doit dépasser le niveau de la couronne , on remplace le trépan perforatif par la couronne armée de la pyramide que l’on fixe à l’arbre , et engageant la pointe de cette dernière dans le trou pratiqué à l’os , on commence à tourner lentement l’instrument. Les dents de la couronne , que la pyramide soutient en l’empêchant de glisser, déterminent un sillon circulaire à la surface de l’os. Quand ce sillon est assez profond pour maintenir la couronne , on détache la pyramide au moyen de sa clef; car, en la laissant en place , on s’exposerait à blesser les méninges et le cerveau. On continue ensuite à scier circulairement le disque osseux eh dégageant de temps à autre la couronne de sa rainure pour juger de la profondeur de l’entaille, et enlever la sciure qui entraverait la manœuvre. On dit qu’au moment où l’on parvient sur le diploé , la sciure est plus rouge et plus humide ; c’est une remarque facile à vérifier sur le cadavre , mais le sang qni coule ordinairement de la blessure masque en partie ce phé-