TRÉPANATION DU CRANR , PANSEMENT
aomène sur l’homme vivant. Plus on avance , plus on redouble d’attention , pour ne pas porter l’instrument plus profondément sur un point que sur un autre. Si l’on juge à propos de se servir du tire-fond, on le fait pénétrer par deux ou trois tours de rotation dans le trou formé par la pyramide , afin de lui frayer la voie et de sculpter quelques pas de vis dans la pièce osseuse, pendant qu’elle est encore résistante. On pourra ensuite , dès qu’elle sera devenue mobile, replacer le tire-fond sans crainte de blesser l’encéphale. Après atoir presque entièrement scié l’épaisseur de l’os, on ne doit plus appuyer . sur l’instrument , dans la crainte de voir ce dernier pénétrer tout à coup dans le crâne et dans la substance cérébrale , accident arrivé à A. Gooper. Il faut donc avancer lentement, en essayant d’ébranler l’os avec l’élévatoire ou de l’amèner à soi avec le tire-fond.
On égalise alors les bords de l’ouverture faite au crâne, s’ils sont aigus ou tranchants , avec lé couteau lenticulaire , et si une seule couronne de trépan ne suffit pas pour les indications à remplir , on en applique une ou plusieurs autres , soit en empiétant légèrement avec la couronne sur les ouvertures déjà faites , soit en laissant entre elles des espèces de pont, que l’on enlève avec la scie en crête de coq ou toute autre scie, ou que l’on fait sauter avee un ciseau. Non- seulement on doit relever les pièces d’os enfoncées et extraire les esquilles et les autres corps étrangers , mais il faut débrider la dure-mère , si elle les étrangle et en empêche l’extraction. On a même divisé les lames superficielles du cerveau pour, arriver aux corps solides qui les avaient pénétrées , ou ouvrir une collection de liquides ; cette conduite est rationnelle , et le chirurgien prend pour guide les circonstances et ses connaissances anatomo-pathologiques.
On a conseillé, pour favoriser l’issue des liquides épanchés, de faire exécuter de grandes inspirations au malade ou même de pratiquer des injections d’eau tiède; en général, il vaut mieux attendre que la détersion naturelle de la plaie entraîne ces matières au dehors.
Le pansement consiste à maintenir la plaie ouverte , pour prévenir l’accumulation du sang ou du pus ; cependant, dans les cas simples où l’on vient d’extraire un corps étranger qui n’a pas intéressé la dure-mère, on peut essayer la réunion immédiate, en laissant une mèche de charpie dans un des angles de la plaie. Au lieu du sindon, on applique, si la plaie n’est pas fermée, sur l’ouverture du crâne , un hnge très-fin , par-dessus lequel on pose quelques houlettes de charpie pour prévenir la hernie du, cerveau. Si ce dernier était à nu dans une assez grande étendue , on pourrait
TRÉPANATION
peut-être le recouvrir d’une lame de baudruche huilée pour le préserver de l’action de l’âir et des pièces de pansements. On assujettirait l’appareil avec un mouchoir triangulaire, ou le bandage de Galien.
Le traitement consécutif consiste à renouveler les pansements , selon l’abondance de la suppuration , et à donner à la plaie les soins ordinaires. L’indication principale est de prévenir l’encéphalite , accident redoutable , que le chirurgien doit toujours chercher . à prévenir ou à combattre.
On a cité des cas où des portions très-considérables du cerveau avaient été enlevées à chaque pansement, et où, malgré ces excisions journalières, la hernie cérébrale continuait à se produire. Nous avons été plusieurs fois témoin de ce fait , et nous en avons , je crois, découvert le mécanisme. Dès que le crâne est ouvert, la pression normale de l’encéphale par la boîte osseuse diminue, et la .sécrétion ventriculaire augmente sous l’influence de cette cause et aussi en raison de l’état inflammatoire des parties. L’épanchement intérieur fait saillir en dehors de la surface cérébrale d’enveloppe , et l’excision des parties médullaires n’empêche pas la hernie de reparaître, puisqu’il suffit d’un accroissement du liquide ventriculaire pour comprimer le cerveau de dedans en dehors. Chez un de nos malades , une fistule ventriculaire prévenait la hernie des surfaces cérébrales tant qu’elle restait ouverte; mais dès que le trajet s’en oblitérait , la hernie se manifestait , et il suffisait pour y remédier de rétablir l’ecoulement au dehors de la sérosité intracrânienne , à l’aide d’un stylet.
Quelques praticiens ont dit avoir fermé l’ouverture du crâne avec une pièce d’os , d’un égal diamètre , enlevée à un chien , et avoir vu la réunion s’en opérer. Cet exemple ne saurait faire oublier les dangers que provoque habituellement la présence d’un corps étranger , et ne doit pas être imité.
Il est rare qu’une cicatrice osseuse remplace la portion d’os enlevée par le trépan. Le baron Larrey a publié un mémoire remarquable sur le mode de consolidation de ces plaies. Les bords de l’os s’amincissent, s’unissent aux bourgeous charnus voisins, et on observe une espèce de cicatrice cartilagineuse assez résistante et quelquefois même osseuse. Le professeur Dubreuil a conclu , d’expériences directes, que la régénération des os du crâne avait lieu toutes les fois que le péricrâne et la dure-mère étaient ménagés , tandis qu’elle manquait dans le cas de destruction de ces membranes. L’âge des malades et l’étendue de la perte de subsance exercent beaucoup d’influence sur ces résultats. Il est important de recouvrir la cicatrice , lorsqu’elle est restée fibreuse , avec une