DES CALS DIFFORMES ET ANGULAIRES. S
cal soit peu résistant , on le redresse par des elforts immédiats ou par des appareils de compression. Ces moyens, applicables pendant les deux ou trois premiers mois, restent sans efficacité à une date plus éloignée de la fracture.
Séton. Weinhold passa un séton dans un cal fémoral de trois mois , avec une aiguille à trépan , montée sur un vilebreq[uin. Le cal se ramollit vers la septième semaine , et le redressement et la consolidation régulière du membre furent obtenus.
Rupture. Cette méthode très-ancienne comprend : la. percussion; des pressions brusques et violentes; ou des efforts lents et gradués. Les pressions graduées s’exercent au moyen d’une vis portant sur le point à rompre , pendant que les deux extrémités du membre servent de contre-support. Purmann fut déclaré l’inventeur de la première machine de ce genre, par un de ses élèves Bosch, qui en fit à Augsbourg l’application en 1783. Œsterlen se déclara partisan de ce procédé (1811 , 1817) , et en réunit quarante exemples avec d’assez beaux succès. La condition la plus importante est de faire porter la rupture sur le cal lui-même , pour éviter les esquüles.
Section du cal. Paul d’Égine, Fabrice de Hilden ont indiqué ce procédé, que des médecins modernes, Wasserfubr, A. Key, A. •Cooper, ont mis en usage. Le traitement est ensuite celui d’une fracture compliquée de plaie.
Résection. Lemercier paraît avoir pratiqué le premier cette opération (1815) , qui fut répétée par Biech (1826). On en possède .aujourd’hui de nombreux exemples. Clemot (de Bochefort) eut recours à une résection cunéiforme (1834) pour un cal vicieux du fémur.
Perforations. Brainard, (de Chicago) traversa le cal en différents sens , avec un perforateur introduit par ponction à travers la peau. Au bout de quelques jours, le cal se ramollit, et on put procéder à un redressement graduel et complet.
On a conseillé , en cas de raccourcissement très-considérable et de claudication gênant ou empêchant la marche, de fracturer le membre opposé, et de le consolider avec un chevauchement des fragments égal à celui de l’autre côté. Cette idée n’est peuLêtre pas uussi paradoxale qu’elle le paraît, une fracture simple de la cuisse présentant peu de gravité en comp^aison d’une claudication incurable.
Meyer (de Würzbourg) a pratiqué, chez un enfant, une résection de là cuisse saine , pour rétablir l’égalité de longueur des deux membres inférieurs.
J’ai donné des soins à un charpentier qui s’était brisé la portion ischio-pubienne droite du bassin et le fémur gauche dans une chute
NÉCROSE
d’un troisième étage. Contre toute attente, ce malade guérit , et pendant bien des années il reprit ses occupations et semblait parfaitement guéri sans claudication, mais il avait perdu 0m,09 de sa taille par chevauchement à peu près égal des deux fractures.
NÉCROSE
L’extraction des séquestres est une opération fréquente dont les résultats sont généralement heureux. Les exemples d’os parfaitement reproduits , sans gêne ni affaiblissement des usages des membres , sont innombrables , et l’étude de la nécrose montre que des couches osseuses de nouvelle formation se produisent rapidement autour des portions de l’os ancien , menacé ou déjà frappé de mortification , et qu’elles proviennent du périoste et des surfaces osseuses saines.
Les points où de la suppuration s’est formée ne donnent pas d’os et constituent des ouvertures ou cloaques communiquant avec des trajets fistulenx extérieurs pour l’écoulement du pus. Au fur et à mesure que l’os nouveau augmente d’épaisseur et de solidité , il se sépare de plus en plus du séquestre , par transformation graisseuse et résorption , et ce dernier finit par devenir complètement mobile et joue le rôle de corps étranger. Dans les cas beaucoup plus rares où l’os a été dénudé dans une partie ou la totalité de sa circonférence, et le périoste enlevé presque entièrement ou frappé de suppuration , la régénération osseuse est plus difficile et plus lente ; elle est due à la proligération des cellules plasmatiques, nées du périoste sain , qui s’étendent autour du séquestre , l’enveloppent et finissent par reconstituer un nouvel os , beaucoup plus volumineux et irrégulier, mais capable toutefois de fournir des points d’insertion aux tendons, aux aponévroses et aux ligaments, et de reprendre graduellement la force et la forme de l’os qu’il a remplacé. Le séquestre sert de moule et de support et ne doit pas être enlevé prématurément , avant d’être devenu mobile ; les anciens avaient déjà donné ce précepte , dont l’expérience confirme chaque jour la valeur.
Dans la carie on trouve des portions osseuses isolées , spongieuses, très-fragiles, parfois aréolaires comme de la dentelle. Ce sont des parcelles d’os séparées par la suppuration , tandis que les séquestres présentent tous les caractères de l’os normal et ne sont guère composés que de tissu compacte , très-sec et très-résistant. Il n’est pas rare de rencontrer des séquestres multipliés , entrete-
HYD ARTHROSES.
nant des ostéites chroniques, avec suppuration et ramollissement; mais le plus ordinairement on ne trouve qu’un seul séquestre, dont l’extraction exige des incisions plus ou moins profondes, et la résection et l’évidemeut d’une portion assez étendue des couches engainantes , au moyen de la scie , de la gouge et du maillet.
En cas de nécroses partielles , compliquées d’ostéites et d’hyperostoses d’un volume excessif, nous pratiquons, sur le côté du membre opposé aux nerfs et aux vaisseaux principaux et dans les points où l’os est le plus superficiel, une longue incision, dont les extrémités sont coupées à angle droit par deux petites incisions transversales. Nous formons ainsi deux lambeaux fort étroits, dont le renversement de chaque côté permet de mettre l’os à nu , de l’ouvrir largement pour en extraire les séquestres, et nous détachons ensuite, avec la gouge, toutes les portions osseuses altérées (évidement).
La plaie, devenue simple, se ferme avec la plus grande facilité, et de nouvelles ossifications remplacent rapidement les pertes de substance, dans le cas surtout où le pansement se fait à plat et où l’on procède à de fréquentes applications du cautère actuel.
HYDARTHROSES.
Les épanchements séreux articulaires , à marche chronique , sont difficiles a guérir; les moyens de traitement sont : la compression , les résolutifs et les révulsifs de toutes sortes , les eaux minérales, le repos, l’immobilité par des bandages inamovibles, les réfrigérants, les frictions prolongées, les douches, les pommades légèrement irritantes , la cautérisation ponctuée , les pustulations artificielles, les suppurations cellulo-tégumentaires de longue durée; les solutions légères de cyanure de potassium en fomentations , lorsqu’il y a de vives douleurs. Ces médications sont généralement heureuses , mais en cas d’insuccès on s’est demandé si des opérations spéciales ne seraient pas indiquées.
L’incision recommandée par Royer expose à la suppuration de l’articulation et à la perte du membre.
La ponction, moins dangereuse, est inefficace.
L’incision sous-cutanée, pratiquée par Goyrand sur la partie supérieure externe du genou , ou faite au-dessous et sur les côtés de la rotule , ne nous paraît pas plus avantageuse.
Les injections irritantes tentées en 1789 par Gay, qui se servait d’eau de Goulard, sont tombées en désuétude. Les injec-