‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 125 sur 131 · TENDONS DU GENOU · texte numérisé non relu

TENDONS DU GENOU

quer que la ténotomie est toujours facilitée par la tension et la saillie des tendons.

Nous verrons , en parlant de l’aponévrotomie , que le ligament plantaire a été souvent divisé dans les varus compliqués d’enroulement de l’avant-pied, et cette opération peut sans doute être indiquée, mais nous n’en avons pas tiré grand avantage et nous la pratiquons rarement.

- Rétraction permanente des orteils. Il nous est arrivé plusieurs fois de ténotomiser les tendons fléchisseurs des orteils , pour remédier à des flexions permanentes, qui, forçant les malades à marcher sur les ongles, les incommodaient extrêmement. L’instrument doit être très-étroit et très-court, et l’orteil fortement redressé pour tendre le tendon, que l’on coupe au point le plus saillant ou au niveau de la première phalange. On maintient ensuite l’orteil étendu sur une petite attelle de carton ou de hois. Cette opération nous a bien réussi, et nous la préférons à l’amputation de l’orteil, que l’on pratiquait autrefois pour des cas semblables.

Pieds bots par paralysie. Dans le cas où la paralysie des nerfs poplités interne ou externe aurait amené la formation d’un valgus ou d’un varus par défaut d’antagonisme des muscles restés contractiles la ténotomie n’est pas habituellement indiquée, et il vaut mieux recourir à des appareils propres à utüiser les mouvements encore possibles. L’électricité d’induction, si bien étudiée par M. Duchesne , peut rendre alors les meilleurs services comme moyen de diagnostic et de traitement.

Clenou. Les tendons des muscles biceps, couturier, droit interne, demi-tendineux sont incisés tous les jours pour remédier à la flexion permanente de la jambe, et l’on peut également diviser celui du demi-membraneux un peu au-dessus du condyle interne du fémur.

Ces opérations favorisent et permettent le redressement du genou , à la suite de tumeurs blanches, de plaies, d’arthrites suppurées , guéries avec ankylosé. La peau traversée par d’anciens trajets fîstuleux est souvent rétractée, fibreuse, adhérente, et il faut la détacher des parties subjacentes, surtout au pli du jarret, pour en éviter la rupture, pendant les efforts de l’extension. Les aponévroses sont également tendues et réclament des sections sous-cutanées plus ou moins larges, et multipliées. On éprouve quelque peine à distinguer du tendon du biceps le nerf poplité externe qui en longe le côté interne. Il faut porter le ténotome d’arrière en avant , contourner avec soin les fibres tendineuses de dehors en dedans pour les séparer du nerf et les diviser franchement de

022 DE LA ténotomie EN PARTICULIER.

dedans en dehors* Bonnet a raconté (jue dans un cas ou il avait atteint le nerf poplité externe, la paralysie avait persisté et avait été longtemps compliquée de douleurs très-vives du pied. Nous connaissons d’autres exemples d’un pareil accident , que nous croyons possible d’éviter par le procédé que nous indiquons.

Si la section du tendon du biceps semble insuffisante , on coupe le tenseur de l’aponévrose , puis les tendons des muscles demitendineux et demi-membraneux.

M. Palasciano (de Naples) a proposé de diviser d’arrière en avant le tendon du triceps crural à quelques centimètres au-dessus de la rotule, pour faciliter la flexion du genou. Ceux qui ont suivi ce procédé se sont promptement aperçus de l’inefficacité de cette section , dans le cas où on ne l’étend pas aux aponévroses des parties latérales de la rotule et particulièrement au fascia lata. Il faut éviter de porter le ténotome trop près du fémur, pour ne pas blesser l’artère articulaire supérieure.

Cet accident , arrivé à Bonnet , entraîna un dépôt sanguin trèsconsidérable et plus tard un énorme abcès de la cuisse , dont la guérison exigea beaucoup de soins et de temps.

n ne faut pas désespérer trop tôt delà mobilité, que l’on parvient parfois à rétablir contre toute attente.

Une enfant de huit ans , fille d’un officier badois , me fut présentée par M. le baron Weiler, commandant de Kehl. Cette malade avait été atteinte d’une hydarthrose traumatique aiguë , qu’un médecin avait incisée pour diminuer la tension de l’articulation et évacuer le liquide épanché.

Écoulement de synovie les premiers jours , puis inflammation , douleurs excessives , formation de pus, expulsé tous les jours de la jointure par des pressions réitérées ; fièvre , diarrhée colliquative, insomnie, marasme. Je fermai la plaie, j’immobilisai le membre et j’attendis. La plaie , dont les bords étaient couverts, d’un peu de charpie , trempée dans de la teinture d’opium , se rouvrit plusieurs fois pendant trois semaines , en laissant écouler chaque fois moins de pus , puis elle se ferma définitivement. Les accidents disparurent et la guérison eut lieu avec une ankylosé angulmre , à laquelle nous remédiâines un an plus tard par la ténotomie et le redressement. J’ai montré à la Société de médecine de Strasbourg cette petite malade , dont la guérison était parfaite.

Cet exemple , tout extraordinaire qu’il paraisse , n’est pas le seul que nous ayons observé , et il prouve qu’on ne doit pas désespérer de la mobüité des jointures , même frappées de suppuration.

Nous avions déjà opéré en 1860 une quarantaine de redresse-

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