BANDAGES DE CORPS
ment ensemble , sont destinées à être ramenées d’arrière en avant sur les épaules , et assujetties de nouveau en avant et séparément au bandage , pour l’empêcher de glisser et de descendre. Ce bandage, employé très -fréquemment pour recouvrir la poitrine et l’abdomen , sert à soutenir des pièces de pansement , à maintenir les côtes fracturées etc. On peut très-bien le remplacer par une serviette pliée en trois selon sa longueur. Lorsque ce bandage est placé sur l’abdomen , on l’assujéttit quelquefois par des souscuisses, pour l’empêcher de remonter ; c’est la répétition des scapulaires , mais en sens inverse.
U écharpe ordinaire (fig. 15) est une pièce de linge triangulaire, de li“,50 environ de longueur sur un peu moins de largeur, destinée à soutenir le bras , l’avant-bras et la main. Pour l’appliquer , on place le plein du bandage sous l’avant-bras malade , l’angle du milieu tourné du côté du coude; puis on relève les deux autres angles , pour les croiser et les nouer sur l’épaule opposée , en plaçant sous le noeud une compresse ou tout autre corps qui préserve les téguments.
L’écharpe nouée ainsi, à une hauteur convenable , et de manière que la flexion de l’avant-bras dépasse un peu l’angle droit , on réunit les deux bords du bandage correspondant au coude, on les ramène en avant ou en haut, et on les fixe avec des épingles, ou mieux encore par un surjet. Le poignet répond aù grand bord de l’écharpe et le dépasse , ou y est renfermé, selon les indications.
L’écharpe carrée èst faite avec une grande serviette pliée en triangle, ou avec une serviette carrée dont on embrasse la poirtrine au-dessous des aisselles ; on place le bras etl’avant-bras dans la position voulue ; puis , relevant le côté libre de la serviètte au devant du membre malade, on l’unit au bord opposé, et l’on soutient le tout par des scapulaires. Ce bandage, très-préconisé par Mayor, et qui ressemble beaucoup à un bandage de corps, ne nous a pas paru avoir les avantages que ce chirurgien lui attribuait.
On nomme écharpe une grande compresse phée en trois ,
selon sa longueur , et assujettie par ses deux extrémités , placées l’une au devant de l’autre, tournées enhaute#fixées aux vêtements du malade et au devant de la poitrine. Le plein de la compresse, dirigé en bas, forme une anse où sont reçus le poignet ou là main.
On donne le nom de suspensoir {fig. 16) à un bandage propi-e
à soutenir les bourses dans les cas d’engorgement aigu ou chronique des testicules., d’urétrite, de varicocèle, etc. Ce bandage se
compose de deux pièces de linge arrondies en avant , où elles présentent une échancrure , et taillées à angle droit sur leurs deux autres côtés supérieur et postérieur. On réunit par une couturé ces deux pièces , en laissant libres les échancrures destinées au passage de la verge; puis on fixe à la partie supérieure du. bandage le plein d’unebandeassezlongue pour, entourer le bassin et le dépasser de quelques centimètres ; on y placé des boutons , des agrafes ou des boucles , à moins qu’on neseborneàfaireunnceud, dans le but de le fixer. Des sous-cuisses attachées à l’angle inférieur et postérieur du suspensoir sont relevées en dedans et en arrière de chaque cuisse et viennent rejoindre la bande horizon-: taie, de manière à fixer le bandage. Tel est le suspensoir communément employé , et il est d'un usage parfait lorsque les personnes, qui s’en servent doivent se tenir debout et marcher etc. ; mais dans la
position horizontale les sous-cuisses tirent inévitablement le suspensoir en arrière, et celui-ci comprime douloureusement le scrotum.
. SUSPENSO.IRS. 59
Il vaut mieux alors se servir d’une grande compresse dont le milieu embrasse les bourses , et dont les extrémités , ramenées en haut et en avant , sont fixées à un bandage de corps , en laissant une ouverture entre leurs bords pour le passage de la verge. Cette compresse soutient bien les bourses et l’on peut, pour en empêcher plus sûrement le glissement en arrière ou une compression trop forte, placer, entre les cuisses du malade et sur le lit, un ou plusieurs coussinets en crin. Les meilleurs suspensoirs sont de toile ; le coton , la soie et les tissus élastiques dont on se sert assez souvent irritent la pèau, et si oh les préférait, il faudrait les garnir en dedans avec un linge fin et doux , que l’on renouvellerait tous les jours. Les bourses doivent être simplement soutenues et nullement comprimées ; aussi doit-on donner au bandage une largeur suffisante pour que les testicules exécutent librement les mouvements .qui leur sont propres, La verge ne doit pas non plus être pressée à sa face dorsale par les bords de l’échancrure qu’elle traverse; elle se gonfle sous l’influence de cette cause, et devient le siège d’une congestion permanente que l’on cherche habituellement à éviter. '
Les bandages carrés sont des pièces de linge quadrangulaires attachées à deux longues bandes parallèles. On s’en sert pour les pansements de la région inguinale etc. Les bandes sont assujetties autour du bassin et des cuisses et nouées séparément (/ig. 17).
Le bandage triangulaire (fig. 18) se compose d’une pièce de linge taillée en triangle et d’une bande assez longue pour faire une fois et demie le tour du bassin , et cousue par son plein à un des côtés de la compresse triangulaire; une seconde bande est attachée par une de ses extrémités à l’angle resté libre du bandage., dont on se sert particulièrement à la région inguinale. La bande horizontale entoure le bassin, et la seconde bande passe au côté interne de là cuisse, la contourne, et revient se nouer au point.de départ ou à la bande supérieure.. Ce. petit bandage .est simple et commode, et l’emporte, dans la plupart des cas , sur tous les croisés de l’aine. Quelquefois on fixe à l’extrémité de la pièce de linge triangulaire deux bandes au lieu d’une, et l’on applique ce bandage aux pansements de la région çérinéale et anale ; les deux bandes fixées à l’angle inférieur se relèvent de chaque côté des bourses et vont rejoindre en haut et en avant la bande horizontale.
Le bandage en T (fig. 19) est formé d’une première bande horizontale a, du milieu de laquelle partent les extrémités de deux autres bandes disposées parallèlement (ô 6). Ce bandage est généralement employé pour les aiïections de l’anus {flg. 20). La bande horizontale embraSse le bassin , et les deux autres bandes, perpen-
BANDAGES ET xVPPAREILS , PANSEMENTS.
Fig. 19.
diculaire.s à la première et qui doivent se trouver en arrière et sur la ligne médiane , passent au devant du périnée , et sont ramenées de chaque côté du s crotum sur l’abdomen, où on les assujettit à la première bande horizontale , comme pour le bandage précédent.
Au lieu des deux bandes verticales, on peut se servir d’une large bande , unique à son point de départ (fig. 20), et dont l’autre extrémité a été fendue.
Bandages appliqués. Nous comprendrons sous le nom d’appliqués les bandages exécutés par le chirurgien au moment même de leur emploi. Nous examinerons d’abord d’une manière générale ceux qui se font avec une bande roulée à un ou deux globes.
Bandages roulés. Les circulaires sont ceux dans lesquels les jets de bande se recouvrent mutuellement. On peut les pratiquer sur toutes les parties du corps.
Les bandages spiraux ou doloires sont d’un usage extrêmement fréquent comme moyens contentifs , compressifs etc. Ils consistent dans, des jets de bande qui se recouvrent mutuellement dans le tiers , la moitié ou les trois quarts de leur largeur ; ces bandages sont trop faciles et trop simples pour que nous les décrivions dans leur application à chaque partie du corps ; nous nous bornerons à dire qu’une longue habitude est nécessaire pour parvenir à leur donner le degré de constriction convenable , éviter les godets et les plis par des renversés réguliers (voy. p. 48) , former des doloires également ouvertes, et en assurer la solidité. L’immobilité en est la principale condition ; une bande roulée sur le bras pour contenir un vésicatoire ou un cautère tombe presque constamment vers le coude ; dans les hôpitaux , où l’on n’emploie que la bande , on voit fréquemment les exutoires descendre peu à peu et gêner beaucoup les malades.
Le nom de gantelet a été donné au bandage roulé que l’on exécute autour de chaque doigt et de la main pour en prévenir l’engorgement. Les autres bandages roulés ne diffèrent entre eux que par leur siège et par le nombre de renversés que nécessite Informe plus ou moins conique des membres.
CROISÉS DE l’aisselle. 01
Bandages croisés, spica, ou huit de chiffre. Les jets de bande s’entre-croisent sur un ou deux points de leur trajet. Ces bandages s’appliquent sur les diverses régions du corps , mais particulièrement aux jointures des membres et à quelques parties du tronc. Ils sont en général beaucoup plus solides que les bandages roulés , et très-souvent employés.
Parmi les croisés de la tête , nous signalerons seulement le chevestre, qui était fort renommé autrefois, dans les cas de fractures ou de luxations de la mâchoire inférieure. Il se compose (fig. 21) de jets de bande horizontaux autour du front, du cou et de la mâchoire , ét de jets verticaux qui desendent du sommet de la têteaudessous de la mâchoire; les croisés se rencontrent aux tempes (a), à la nuque (b) et de chaque côté du corps de la mâchoire (c). Ce bangage se fait avec une bande roulée de six mètres , dont le chef initial est assujetti par trois circulaires horizontaux du crâne. Labande , ramenée à la nuque , est alors dirigée au-dessous de l’oreille , sous la mâchoire, puis remonte du côté opposé sur l’angle du même os , l’articulation temporo-maxillaire , atteint le sommet de la tête , en passant entre l’œil et l’oreille , et continue ainsi trois ou quatre circulaires verticaux; c’est alors que la bande est conduite de la partie inférieure de la mâchoire à la nuque , d’où elle revient par des circulaires horizontaux embrasser le corps de la mâchoire , en entourant le menton et la lèvre inférieure. On exécute encore un autre chevestre dit double ou à deux bandes, plus solide , mais plus compliqué, dont les croisés répondent, outre les précédents, au vertex. Les jets de bande verticaux , après avoir été passés entre l’œiLet l’oreille des deux côtés de la tête , sont croisés sur le sommet de la tête et ensuite dirigés derrière l’oreille du côté opposé , sur la nuque et sous le menton etc.
On remplace généralement aujoud’hui ces bandages par une simple fronde, qui soutient aussi bien les parties et gêne beaucoup moins les malades {fig. 30).
Les croisés de Vaisselle sont faciles à appliquer et d’une régularité qui plaît à l’œil ; on peut les multiplier de plusieurs façons , mais ils remplissent assez mal les indications pour lesquelles on y a recours. Le croisé du cou et de Vaisselle comprime les vaisseaux, et particuhèrement ceux de la tête , d’une manière fâcheuse. Il est formé de croisés répondant au dessus de l’épaule , d’où partent des
Fig. 21.
jets de bande qui vont entourer en forme d’annéaùx le cou et l’aisselle. Ge bandage peut être mis en usage pour les pansements dè l’aisselle et ceux des plaies de la partie inférieure du cou. Un autrè croisé constitue le huit de chiffre supérieur d’une épaule et de Vaisselle opposée. J5n des anneaux embrasse la poitrine, l’autre l’aisselle, et les croisés répondent à l’épaule malade. On l’exécuté' avec uiie bande de sept à huit mètres, large de trois tràvers de doigt, et roulée à un globe; deux ou trois circulaires en fixent le chef initial autour de la partie supérieure du bras malade , puis on conduit la bande en arrière et au-dessus de l’épaulè du même côté, obliquement au devant de la poitriné, sous l’aisselle du côté sain , derrière la poitrine, âu-dessus dé l’épaule malade , où le croisé est formé; puis au devant de l’épaule, sous l’aisselle malade ; et l’on se trouve revenu au point de départ, d’où l’on recommence le même croisé jusqu’à l’épuisement de la bande.
Le croisé antérieur des épaules . 22) otfre le point dé rencontre des bandes au devant du sternum et les deux anneaux du huit de chiffre autour des épaules , qu’il tend à ramener ainsi en avant.
Le croisé postérieur des épaules est le même bandage appliqué en arrière , et renversant les épaules dans ce sens.
Un fait encore un croisé de là poitrine, appelé quadriga, au moyen de quelques tours de bande horizontaux placés autour de la poitrine ét au-dessous des aisselles , et de circulaires obliques du coù et des aisselles qui entourent des épaules , en venant se croiser en -f. au-devant et en arrière du thorax.
Ce quadriga, appliqué avec une bande à un ou à deux globes , est assez solide , et a été nais en usage pour les fractures des côtes et du stermun; mais il gêne la circulation des membres supérieurs, et doit être abandonné , comme tous les précédents.
On peut encore exécuter des croisés d’une mamelle ou des deux mamelles. Le premier se compose de circulaires obliques du cou et de Faisselle du côté opposé , et de circulaires horizontaux de la poitrine; les croisés se rencontrent au-dessous de la mamelle. Le Second est formé des mêmes circulaires obliques et horizontaux , mais est double , au lieu d’être simple. Ces bandages , qui exigent une grande habitude d’exécution , sont avantageusement remplacés par le suspensoir du sein ou un simple bandage de corps.
CROISÉ OU SPICA DE l’aINÉ. 63
■ Le croisé de là poitrine et duhras forme un huit de chiffre dont le point de rencontre est au-dessus de l’épaule, et dont les deux anneaux sont dirigés, Tun verticalement de l’épaule au coude , et l’autre obliquement vers l’aisselle opposée. C’est un moyen contentif de quelques luxations du bras ou de l’extrémité externe de la clavicule, et quand on élargit inférieurement les doloires, ce bandage sert aussi à soutenir l’avant-bras.
Le croisé pu spica de Vaine est composé de jets de bande embrassant alternativement le bassin et la cuisse , et se croisant dans la région inguinalé. Ce bandage bien exécuté est solide , régulier , et peut servir à fixer la hanche et à exercer une compression assez forte sur des ganglions indurés, une hernie, des ulcères avec décollement des téguments , ou pour soutenir des pièces de pansement; on le remplace néanmoins dans la plupart des cas par les bandages triangulaire et carré.
Le croisé de l’avant-bras (fig. 21) sert à la suite de la saignée du bras. Son plein , ou point de rencontre , correspond au pli du coude, et ses deux anneaux entourent l’un le bras et l’autre l’avantbras.
‘Le croisé du genou {fig. 22) est employé comme moyen de contention et de compression ; on le moule très-bien à la forme de
Fig. 23. . Fig.'2i. Fig. 25.
l’articulation , en plaçant les croisés du côté du jarret , ét rapprochant peu à peu jusque sur la rotule les deux anneaux du bandage qui entourent la cuisse et la jambe. On peut aussi l’exécuter eh
rapprochant les doloires en sens oppose.
Le croisé du cou-de-pied (fig. 23) est d’usage à la suite de la saignée du pied; le point d’entre-croisement répond au cou-de-pied, et les anneaux au pied et à la jambe. Ce bandage ne prend le nom
à! étrier qii’autant qu’ après avoir laissé prendre au côté externe du pied le chef initial de la bande , on le croise obliquement en finissant de la plante du pied derrière le talon, ou de cette partie sous la plante du pied , pour revenir , en passant sur la face dorsale du membre, se nouer en avant de la malléole externe avec le chef terminal de la bande. Une épingle ou quelques points d’aiguille valent beaucoup mieux pour fixer la bande qu’un pareil nœud, qui empêche de chausser le pied et forme une saillie incommode et inutile (voy. Saignée du pied).
Les bandages récurrents ou capelines s’appliquent avec une bande roulée à un ou à deux globes et sont , dans ce dernier cas , beaucoup plus solides. On les emploie pour le pansement des moignons ; la capeline de la tête était autrefois fort en usage , et forme un bandage très- régulier ifig. 26).
L’opérateur, prenant une bande roulée à deux globes de plusieurs mètres de longueur, en applique le plein sur le front, et dirige circulairement lés deux globes en arrière, où il les croise en les changeant de main , avec la précaution de renverser méthodiquement les bandes l’une sur l’autre pour éviter les froncés. Après avoir assujetti la bande par deux circulaires, il porte un des globes alternativement d’arrière en avant , puis d’avant en arrière , en ayant soin de maintenir chaque jet de la bande par une circulaire de l’autre globe. Les jets de bande qui constituent les récurrents s’appliquent successivement du milieu de la tête vers les côtés , et alternativement de gauche à droite et de droite à gauche , de manière à représenter des doloires plus ou moins ouvertes, selon la solidité que l’on veut donner au bandage. On termine par quelques circulaires , après que la tête a été complètement recouverte.
Ce bandage peut être fait avec une bande roulée à un seul globe ; mais il est plus difficile à exécuter, et moins solide et moins régulier ; toutefois quelques épingles serviraient à le fixer, dans le cas où l’on y aurait recours.
On soutient souvent les pièces de pansemement des amputations par une capebne faite avec une simple bande roulée à un globe. Après avoir assujetti les compresses longuettes par quelques cir-
CAPELINE DES MOléNONS. 65
culaires , le chirurgien embrasse le moignon de la main gauche , le pouce dirigé en avant et les autres doigts en arrière , et s’en sert pour maintenir momentanément les jets de bande récurrents dont il recouvre le moignon ; il les fixe ensuite par de nouveaux circulaires, qui remplacent ses doigts et suffisent à la solidité du bandagé {fig. 27). On comprend que la main gauche tient lieu ici des circulaires , qui seraient appliqués sur chaque récurrent , si l’on se servait d’une bande à deux globes , dont il est rare qu’on fasse usage pour ce genre de pansement.
Nous mentionnerons encore la capeline de l’épaule , comme exemple de bandage récurrent, bien qu’elle soit complètement abandonnée. Elle s’exécutait avec une bande à deux globes inégaux ; l’un , confié à un aide , servait aux circulaires de la poitrine , et fixait les récurrents que le chirurgien pratiquait sur l’épaule avec le- second globe de la bandé , en passant au-dessus de la clavicule.- ■
Les bandages noués ne sont plus employés , et le nœud d’ emballeur, le seul qüé l’on décrive encore comme moyen de compression après la saignée de l’artère temporale, paraît plus dangereux qu’utile. On le pratique avec une bande roulée à deux globes égaux ; le plein' de la bandé, porté sur le point de la tête opposé' à la plaie , sert à faire en commençant deux circulaires horizontaux , puis on croise les deux globes de la bande à leur point de rencontre sur la plaie , et , les renversant l’un sur l’autre , en changeant leur direction, on fait autour de la tête un circulaire vertical , que l’on vient croiser au même point. Par ces alternatives de jets de bande successivement horizontaux et verticaux ,'on exerce dans le point où les noués se superposent une compression assez forte.
On pourrait produire le même effet sur une plaie d’une certaine étendue , en plaçant les noués l’un près de l’autre , au lieu de les superposer ; mais tous ces bandages sont très-imparfaits et doivent être abandonnés.
Bandages contentifs de la tête. Quelques' bandages contentifs de là tête ont joui d’une telle célébrité, qu’il faut' lés 'eoimaître : tels sont le grand couvre-chef , et lé bandage de Galien ou des pauvres. '
Le grand couwe-chef se pratique avec une serviette d’un -mètre environ de longueur sur un peu moins de largeur, ou avec une
Sédillot. — Méd. opérât, I — S
Fig. 27.
pièce. de linge, de soie ou de toute autre étoffe , de mêmes dimensions. On la plie en travers suivant sa longueur, de manière que l’un des bords libres dépasse l’autre de 0‘“,04 , et , plaçant le bandage sur la tête , on en dirige en avant les deux bords inégaux , le plus long mis en dessous et tombant sur l’extrémité du nez, tandis que le plus court en dépasse à peine la racine , on fixe alors sous le menton, ou l’on croise dans ce point pour les ramener sur la tête , les deux angles du chef supérieur, ou le plus court. On renverse ensuite d’avant en arrière le chef le plus long, pour qu’il soutienne le premier en dégageant le front, et l’on en assujettit les extrémités vers la nuque. Il ne reste plus alors qu’à relever autour de la tête , où on les assujettit , le chef postérieur et ses deux angles pendants sur les épaules , et l’on régularise les plis le mieux possible , ce qui n’est pas sans difficultés.
Ce bandage, bien que très-ingénieux, est irrégulier, d’un aspect désagréable et hérissé de godets , lorsque le linge dont on se sert est un peu épais ; la pression qu’il exerce est inégale , et son seul avantage est d’offrir une certaine solidité.
Le bandage de Galien {fig. 28) ou des pauvres est léger, d’une application facile, et constitue un des meilleurs moyens contentifs. Il se compose d’une pièce de linge assez grande dans tous les sens pour faire deux fois et demie le tour de la tête ; on la divise dans son sens le plus large en six chefs , trois de chaque côté , séparés par un plein de quatre ou cinq travers de doigt environ. Le bandage ainsi préparé est posé transversalement sur le sommet de
Fig. 28. Fig. 29.
la tête, de maniéré que les chefs regardent de chaque côté en dehors ; om croise sous le menton les extrémités des chéfs du milieu, et on les noue ou on les maintient avec des épingles en les croisant de chaque côté. Les chefs antérieurs sont dirigés horizontalement vers la nuque , où on les fixe de la même manière ,