RÉUNION DES FRAGMENTS
as
claudication, et sans la moindre trace d’infirmité. J’ai été aussi heureux dans la cure de plusieurs fractures de jambe avec plaies , et nous avons vu des consolidations vraiment remarquables par l’absence de toute complication. Cependant lorsque les plaies sont fermées, et qu’on n’a plus d’accidents à redouter, l’appareil inamovible me paraît plus sûr pour compléter la formation et la solidification du cal , et je m’en sers dans les' dernières semaines du traitement.
Si la fracture est simple, je laisse le membre pendant deux ou trois jours dans la boîte , pour être certain que je n’ai pas à craindre de gonflement inflammatoire. Si cette complication se présente, j’en attends la disparition, et aussitôt que je suis rassuré contre les accidents inflammatoires , j’ai recours à l’appareil amidonné ordinaire, que je laisse en place sans le fendre, jusqu’à la fin de la cure.
Les appareils de Bonnet sont des espèces de moules en fil de fer, dans lesquels on fixe les Tuembres et même le tronc. Pour les fractures de la cuisse , le moule correspond au bassin et aux deux extrémités inférieures et permet des points d’appui pour l’extension et la contre -extension, en même temps qu’il assure l’immobilité des fragments et se prête aux déplacements de totalité du malade pour ses divers besoins et ses pansements.
La réunion des fragments par des moyens directs et immédiats , tel qu’un fil de fer, une ligature , une griffe métallique etc., a été essayée avec des avantages divers.
Flaubert, de Rouen, a fixé les deux fragments de l’humérus , à la suite d’une résection, par un fil de fer. (Voy. Pseudarthrose.) Baudens a passé un lacet autour de deux fragments obliques du maxillaire inférieur ; j’ai proposé un appareil à pression et à vis pour la coaptation des deux moitiés du maxillaire inférieur scié sur la ligne médiane , dans mon procédé d’ablation de la base de la langue etc. Malgaigne a vanté l’action d’une griffe d’acier pour la fracture delà rotule. (Voy. p. 88 et /îgf. 45).
Le même chirurgien a fait connaître un autre moyen de réduction et de contention des os :
une vis pointue est fixée à un arc métallique , dont une courroie bouclée complète la circonférence, {fig. 39),. La vis, implantée danslefragmentdéplacé, le maintient parpression.NousÆrons incidemment, quenousavons tiré un excellent parti de petits sacs en caoutchouc, placés vides
. Fig. 39.
entre les attelles et le fragment, puis insufflés au degré convenable. La pression est uniforme, régulière, répartie sur des surfaces plus ou moins larges, et la réduction est opérée le plus ordinairement et maintenue sans difficulté et sans douleur.
Ces tentatives sont moins dangereuses qu’on ne l’imaginerait de prime abord; mais il est sage de n’y recourir qu’en cas de nécessité.
Pour donner une idée de quelques-uns des appareils de contention en partie immédiate auxquels on a eu recours , nous dirons encore un mot de ceux de MM. Houzelot et Morel-Lavallée , pour les fractures avec déplacement du maxillaire inférieur,
Le premier se compose d’une tige métallique verticale A fîg. 40 , , rivée à une plaque supérieure B, garnie, en haut, d’une lame de liège C , correspondant aux dents de la mâchoire supérieure , et en bas d’une autre lame de liège, creusée en gouttière E , pour recevoir l’arcade dentaire inférieure. Une deuxième plaque F, mobile, joue sur une fente de la tige A, où on l’assujettit par un
Fig. 41.
écrou G, et soutient le bord libre de la mâchoire inférieure. Les fragments sont ainsi maintenus par les deux plaques rapprochées et serrées à un degré convenable.
Le second appareil est en gutta-percha , moulée sur l’arcade dentaire , après qü’on a opéré la réduction de la fracture avec un fil métallique , placé momentanément sur les dents. On retire le moule refroidi D, E (fig. 41), par un jet d’eau froide ou un peu de glace ; on le façonne, on l’amincit, et il devient par sa réapplication un moyen de contention, n’empêchant ni la mastication ni la parole.