‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 17 sur 131 · APPAREILS A PLANS INCLINÉS · texte numérisé non relu

APPAREILS A PLANS INCLINÉS

On peut encore établir une compression permanente sur le menton et sur les dents , comme dans le procédé de M. Houzelot , par une double plaque A, G (fig. 41), réunie par une tige intermédiaire B.

Le grand défaut de ces appareils est de rester dans la bouche et d’y contracter de l’odeur , d’ébranler parfois les dents et d’exiger des soins répétés. La simple fronde ou celle en lanières en caoutchouc du professeur Bouisson suffisent ordinairement aux indications de ces fractures.

Des appareils à plans inclinés ont été proposés dans le traitement des fractures afin de placer les membres dans une demiflexion propre à prévenir les contractions et l’irritabilité musculaires. On sait combien Pott a insisté sur cette pratique. Mais que l’on se serve d’oreillers représentant un plan incliné, ou de deux planchettes de bois articulées et ..disposées de manière que l’une soutienne la cuisse et l’autre la jambe , on n’a pas de moyens contentifs suffisants , et la fracture n’est qu’imparfaitement maintenue; aussi fautil entourer le membre d’un appareil deScultetordinaire, transformé , si l’on veut, en appareil inamovible , et appliqué de manière à laisser les jointures libres. Dans les fractures de la cuisse , on se sert delà jambe pour opérer l’extension. Dupuytren et d’autres . chirurgiens plaçaient seulement le membre demi-fléchi sur le côté; mais leurs résultats étaient détestables.. Le docteur Martin , dont tout le monde connaîtles beaux modèles de membres artificiels , a proposé un appareil fixe, à plan inchné,

opérant l’extension par près- Fig. 42.

sion contre la partie postérieure de la jambe, pour le traitement des fractures de la cuisse ; l’expérience n’en a pas confirmé les avantages , et des mortifications tégumentaires ont pu avoir lieu.

M. J. Roux, à Toulon, a décrit, sous le nom à\appareil polydactyle à plan incliné , un bandage ingénieux et commode qui- a déjà donné de très-bons résultats. Cet appareil se compose, sommairement, d’un plateau de bois A, A, de 0®,30 à ses extrémités, de 0^,38 dans sa partie moyenne , percé de trois rangées de trous ; d’une autre planche de bois brisée en deux planchettes inégales , l’une jambière, l’autre crurale, articulées par charnière, susceptibles de longueurs différentes, selon les malades, et • également percée de trous. Des chevilles mobiles se placent dans les trous pour s’accommoder à toutes les inégalités du membre et le soutenir, et la charnière permet de fléchir à volonté la jambe sur la cuisse. Il suffit de regarder la fig. 42 pour comprendre le mécanisme et les usages de cet appareil qui peut être étendu ou fléchi , suspendu ou placé sur un lit , et qui se prête à toutes les indications , telles que coaptation , contre-extension , extension continue etc.

Lits mécaniques. On possède un assez grand nombre délits mécaniques destinés à soulever les malades {fig. 43), à les panser et à satisfaire aux nombreuses exigences de leur position.

Ceux de Danjon, de Nicole, de Gros, cadre à sangles mobiles soulevé par une moufle {fig.

43), les cadres à suspension , en sont les principaux. Un système de poulies, dont le malade peut avoir la direction , sert à déplacer le corps , le tronc , la tête ou les membres , selon les indications. Presque tous les hôpitaux possèdent des appareils de ce genre , que l’on emploie avec avantage.

On se sert aussi de matelas remplis d’eau {fig. 44), connus sous le nom de matelas hydrostatiques de Galante, pour répartir mieux le poids du corps et prévenir les eschares du sacrum et des ischions dans certains cas d’irritabilité et de faiblesse générale. La plupart des malades auxquels nous en avions fait donner, amputés et autres, les ont habituellement mal supportés.

FRACTURES DE L’eXTRÉIIITÉ INFÉRIEURE DU PÉRONÉ. 87 Après avoir passé en revue les principaux bandages et appareils mis en usage pour le traitement des fractures , nous jetterons un

Fig. kk.

coup d’œil sur l’application particulière que l’on en a faite à quelques fractures considérées isolément.

Les fractures du pied n’exigent qu’un simple appareil contentif formé d’attelles de carton et d’une bande roulée , rendu, si l’on veut, inamovible.

La fracture du calcanéum, réclame l’extension du pied sur la jambe , et l’on peut y appliquer tous les moyens mécaniques imaginés pour la rupture du tendon d’Achille, tels que la pantoufle de Petit, la machine de.Monro etc. Le bandage amidonné est préférable.

Les fractures de la jambe se traitent par les diverses méthodes que nous avons décrites d’une manière générale ; c’est principalement pour celles qui sont compliquées de plaie qu’avaient été imaginés les appareils inamovibles coulés en plâtre et percés d’une fenêtre de la largeur de la blessure, au moyen de fils disposés d’avance sur les téguments et serv^ant à diviser le plâtre encore mou dans les directions voulues. Ces fenêtres doivent, autant que possible , être réservées pour des cas de nécessité. L’occlusion des plaies est préférable en principe. Nous avons vu quelles heureuses modifications l’emploi d’épaisses compresses a apportées aux bandages plâtrés , dont l’application est devenue plus facile.

Les fractures de l’extrémité inférieure du péroné présentent une indication capitale à remplir : soutenir le pied, pour qu’il ne se renverse pas en dehors sous l’influence des muscles péroniers , et ne devienne pas une cause de claudication incurable ; on y parvient par deux sortes d’appareils qui jouissent d’une certaine célébrité en raison de leurs auteurs. Dans l’un, préconisé par Boyer, on repousse directement le pied en dedans, au moyen d’un cous.sin de balle d’avoine placé en-dehors du membre et reployé sur luimême à son extrémité inférieure , contre laquelle presse l’attelle

gg bandages et appareils , fractures.

externe avec d’autant plus de force que le coussin offre plus d’épaisseur.

Dans le second (fig. 45) , mis en usage par Dupuytren , on entoure le pied d’une bande qui vient se fixer à l’attelle interne a, et sert à le renverser en dedans. Pour donner à œ bandage plus d’efficacité, on reploie sur lui-même le coussin interne fi au niveau de la malléole , et l’attelle correspondante, ainsi écartée du membre qu’elle dépasse en bas a , permet de serrer davantage la bande c et d’augmenter l’adduction du pied. Dupuytren ne se servait pas d’attelle externe, et plaçait le membre sur un oreiller ; beaucoup d’autres chirurgiens, tout en admettant le même mécanisme de traction, ajoutent à l’appareil une attelle externe d et une autre supérieure.

Ces appareils, fort utiles, surtout celui de Dupuytren dans le cas de fracture compliquée de plaie de la malléole externe et de luxation du pied, peuvent être remplacés avec avantage . « «

dans les fractures simples par l’appareil inamo- Fig- 45.

vible, avec la précaution de maintenir l’adduction du pied.

Les fractures transversales de la rotule se traitent par le bandage unissant des plaies en travers, le croisé du genou, l’appareil inamovible, ou des appareils formés d’une gouttière rembourrée, et garnie de courroies et de lanières destinées à embrasser et à rapprocher les fragments osseux. Ces moyens, séparés ou réunis, réussissent presque également, pourvu que l’immobilité soit conservée, et que la jambe soit maintenue dans l’extension.

Malgaighe implantait une griffe à deux branches {fig.

46) dans chacun des fragments et rapprochait les deux griffes l’une de l’autre au moyen d’un pas de vis et d’une tige d’acier, pour obtenir des consolidations osseuse Les ulcérations, les abcès, les caries et les nécroses que l’emploi d’un pareil instrument devrait faire redouter, s’ob- . servent rarement; mais le cal, s’il avait lieu, pourrait devenir un obstacle aux mouvements de l’articulation, et ce procédé a trouvé peu de partisans.

Les fractures de la cuisse réclament particulièrement l’extension continue. L’attelle perforée de Desault, les deux attelles . également perforées de Vermandois et de Gerdy, l’appareil méca-

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