BANDAGES ET APPAREILS EMPLOYÉS POUR LE TRAITEMENT DES LUXATIONS
Les luxations sont des déplacements permanents, partiels ou complets , des surfaces articulaires. On les distingue en traumatiques ou accidentelles ; en symptomatiques ou consécutives à une affection articulaire , à l’exercice de certaines professions , à la présence d’une cicatrice vicieuse etc. ; et en congénitales , parmi lesquelles celles de l’articulation coxo-fémorale sont les plus communes, mais toutes les autres jointures y sont sujettes , et le. coude , l’épaule , le genou , le piêd nous en ont offert des exemples. Humbert de Morlaix, MM. Jules Guérin, Duval, Pravaz, ont essayé la réduction des luxations du fémur, et je suis persuadé, d’après la disposition anatomo-pathologique de ces sortes de déplacements , que l’on peut y parvenir. Dans les mémoires que j’ai présentés à l’Institut sur ce sujet , j’ai rapporté l’observation d’une jeune femme dont la luxation , datant de plus de vingt ans , était réductible ; l’étroitesse triangulaire de la cavité cotyloïde était compensée par l’atrophie et la disposition conique de la tête fémorale , dont on obtenait là réduction en fléchissant la cuisse à angle droit sur le tronc, et en la portant dans l’adduction. Des exercices convenables auraient allongé les ligaments et ramené la liberté des mouvements. Nous ne nous occuperons ici que des luxations traumatiques. La réduction est le rétablissement des rapports normaux des extrémités osseuses, et comprend , comme pour les fractures , trois temps principaux: V extension, ldi contre-extension, Isl coaptation. L’époque de l’irréductibilité dépend du temps écoulé depuis l’accident , de l’âge du malade , du siège de la luxation et de la nature des complications.
Si la luxation date de quelques heures, rien n’est plus facile que de réduire l’os déplacé, et les hommes les plus étrangers aux préceptes de l’art y réussissent par des mouvements ou des tractions dont nous expliquerons plus loin le mécanisme. Au bout de plusieurs jours, les difficultés sont plus grandes, et, après cinq ou six semaines, il arrive souvent qu’on ne peut plus les surmonter. Ce-