‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 21 sur 131 · LUXATIONS, PROCÉDÉS DE RÉDUCTION · texte numérisé non relu

LUXATIONS, PROCÉDÉS DE RÉDUCTION

plus long , et , en exerçant une pression brusque sur l’extrémité de l’os , et exagérant le sens de l’allongement, on obtient la réduction. Le mécanisme de ce procédé dépend de l’intégrité des ligaments du côté opposé au déplacement ; leur tension ramène l’os luxé dans sa ’caiité articulaire.

Ainsi, dans les luxations en avant du bras, la capsule reste complète en arrière. Si l’on dirige le coude en dedans et en avant^ de la poitrine , on met dans un allongement forcé la portion conservée du ligament capsulaire , qui force la tête de l’os à décrire un arc de cercle vers la cavité glénoïde et à y rentrer. C’est de cette manière que se comprend le succès de tant de gens qui réduisent les luxations en imprimant aux membres de grands mouvements en différents sens, sans en chercher ni en comprendre la raison. Il arrive un moment où les parties intactes de l’appareilligamenteux font basculer sur elle-même l’extrémité osseuse déplacée , et la font rentrer dans sa cavité. Ces réussites sont impossibles dans les luxations anciennes, où les os, fortement arc-boutés l’un contre l’autre, sont fixés par les ligaments et les muscles dans leur nouvelle position.

On réussit encore en opérant avec les mains de simples efforts de coaptation. On peut , en repoussant directement les os l’un vers l’autre, surmonter les obstacles intermédiaires, et les muscles contractés ramènent quelquefois la tête osseuse avec un bruit de choc caractéristique et très-connu , lorsqu’on n’a pas eu recours aux anesthésiques.

Procédé par rotation : les os subissent en se luxant une rotation régulière selon le sens dans lequel ils se déplacent. Ainsi, dans toutes les luxations en avant de l’épaule , le membre supérieur et par conséquent la main sont tournés en supination, et sont en pronation dans toutes les luxations en arrière. Il suffît pour les premières , lorsqu’elles sont récentes , d’imprimer à l’humérus un mouvement de rotation opposé à celui qu’on lui a fait subir pour le réduire. J’ai réussi , par ce moyen , à replacer aisémentdes membres que d’habiles confrères avaient inutilement soumis à des efforts de réduction réitérés et violents.

H est souvent utile d’ajouter à l’action des mains la ressource d’un point d’appui fixé entre les os déplacés. Le talon, l’avant-bras, le genou , placés dans l’aisselle pendant qu’on. abaisse le bras en le tirant en bas , en sont des exemples.

Lacs. Dans le cas où les mains sont insuffisantes , on a recours à des lacs. Ceux-ci sont extenseurs ou contre-extenseurs. Le premiers sont confiés à des aides, les seconds doivent être fixes, et on les assujettit ordinairement à des anne'aux scellés dans la muraille ou à quelque autre point résistant.

- , ii|0 bandages- ET APPAREILS , LUXATIONS.

tractions exercées par des aides , au moyen de lacs extenâçi^s , sont très-dangereuses dès qu’elles doivent avoir une cerî énergie. Nos expériences nous ont démontré que chaque;

aile peut développer une force de 100 à 150 kilogrammes , en ^^/oyenne, par un effort subit. Qu’on calcule les effets de cinq ^'^■^ou six aides tirant brusquement sur un lacs, au signal du chirurgien. La peau est froissée j confuse, déchirée; les muscles, les: artères, les nerfs arrachés; les os brisés; et dernièrement un membre de la Société de chirurgie racontait à ses collègues que quand il voulut réduire une luxation de l’épaule et qu’il fît l’extension sur le poignet, avec des aides, l’avant-bras toutentièr s’est détaché au pli du coude, et est tombé par terre. La malade succomba quelques jours plus tard.

Extension continue par des lacs élastiques en caoutchouc. Ce moyen est excellent , simple , facile , sans danger et peut toujours être essayé. Les tractions sont dirigées dans le sens de la réduction et s’opèrent spontanément par l’élasticité des liens. (Voy. le Mémoire de MM. O...

Incisions sous-cutanées. Applicables dans un certain nombre de cas aux ligaments et aux muscles, particulièrement dans les luxations anciennes.

Moufles. Parmi les machines et appareils mis en usage, les poulies ou moufles tiennent la première place depuis que nous en avons régularisé les effets par l’application du dynamomètre, et, quoique la découverte des anesthésiques ait rendu le traitement des luxations plus facile, cependant l’occasion de recourir aux poulies est encore assez fréquente.

La contre-extension se fait sur un point fixe a (/Iq. 42), et doit porter sur le tronc ou sur les membres par des surfaces larges, convenablement garnies de ouate ou de tout autre remplissage, pour éviter les froissements. Ce n’est plus ici une force subite et momentanée, destinée à surprendre les résistances plutôt qu’à les surmonter ; ce sont des tractions lentes, régulières, incessantes, qu’il s’agit de continuer longtemps sans lésion des parties molles.

Nous appliquons l’extension au membre luxé , et nous nous sommes écarté de la- règle posée par l’ancienne Académie de chirurgie, de l’exercer sur le segment du membre le plus éloigné de la luxation. Nous y trouvons l’avantage d’une action, plus sûre et plus directe, d’un bras de levier plus puissant pour les mouveniénts de coaptation, et nous évitons les ébranlements douloureux des articulations intermédiaires que l’on avait niées à tort. Nous ayons vu des malades ne se plaindre que du coude pendant des efforts d extension faits sur le poignet et la main pour des luxations

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