LUXATIONS, MOUFFLE ET DYNAMOMÈTRE
du bras, et il n’est pas de chirurgien qui n’ait pu faire les mêmes remarques. On se sert encore en Angleterre de draps ou de serviettes roulés et appliqués sur les meinhres, préalablement entourés d’une compresse mouillée. Ces moyens de traction sont insuffisants, et exposent à des meurtrissures et à des excoriations de la peau, n faut que le bandage extensif fasse corps avec l’os et ne puisse glisser. Nous avons employé des bracelets de cuir épais et solide, rembourrés et garnis de peau de chamois. Une première bande de flanelle était Toulée autour du membre, dans la position qu’on devait lui donner pendant toute l’opération. Ainsi; en supposant l’existence d’une luxation du bras en arrière (voy. 42), l’avant-bras était fléchi à angle droit sur le bras, et les doloires de la bande remontaient jusqu’auprès de l’aisselle, d’où l’on conduisait un jet de bande au poignet, pour empêcher tout mouvement d’extension de l’avant-bras sur le bras. Le bracelet était mis aur dessus de l’épicondyle et de l’épitrochlée, et fortement serré avec des cordes dont on enroulait les extrémités sur des bâtons arrondis, pour exercer une constriction plus énergique, avec l’assistance de plusieurs aides. Le bord inférieur du bracelet était échancré en avant, pour recevoir la saillie de l’avant-bras fléchi, et supportait latéralement deux anneaux d’acier, auxquels se fixaient des métalliques destinées à supporter une anse de corde se continuant, comme nous le verrons, avec le reste de l’appareil.
J’avais fait préparer d’autres bracelets analogues; pour le genou, le poignet etle cou-de-pied; mais j’y ai renoncé, et j’ai adopté un appareil plus commode et d’une application plus rapide. Cet appareil, fabriquéparM.Elser, se compose d’un ruban de soie assez épais pour résister aux plus fortés tractions, et s’enroulant sur un petit treuil au moyen d’une clef a (fig. 47). Une des extrémités du ruban est fixée à demeure sur une boucle î, qui sert également à en assujettir l’autre extrémité sur des pointes d’acier d, comme cela existe pour le tourniquet de J. L. Petit. Deux anneaux c c, engagés dans des lanières mobiles sur le ruban , offrent des. points d’appui à l’extension.
On commence par garnir de quelques tours de bande de flanelle et de remplissages de ouate les parties sur lesquelles on veut placer ce bahdagè, et lorsqu’on n’a plus à craindre la constriction des téguments, on embrasse le membre dans le ruban , que l’on assujettit eh di
Il suffit alors de .tourner la clef a pour obtenir le degré de resserrement nécessaire, et les anneaux c c, que l’on a eu le soin d’éloigner l’un de l’autre et de maintenir aux deux côtés du membre, donnent au chirurgien des moyens parfaits d’extension.
Il faut prendre garde d’exercer une constriction trop xiolente, et mieux vaut imprimer quelques nouveaux tours à la clef a, au moment où l’on commence la traction par les poulies, si l’on s’aperçoit que l’appareil a quelque tendance à céder. Ces soins ne sont pas sans importance, et on les accomplit aisément avec un peu d’attention.
La contre-extension et l’extension réglées, reste à disposer les poulies, et un dernier instrument propre à faire cesser subitement la traction au signal du chirurgien.
Voici comment nous agissons.
L’expérience nous a appris qu’il faut supprimer les nœuds, beaucoup trop difficiles à attacher et à défaire. Nous y sommes parvenu en les remplaçant par des m métalliques et par des liens circulaires de 0“,2 environ de rayon. Ces liens, fabriqués d’avance par l’entre-croisement et la fusion de leurs extrémités, se prêtent à beaucoup d’usages. On les dispose en nœuds coulants, en anses , en cordes, en les entre-croisant ensemble (fig. ^8), et on les convertit ainsi en liens plus ou moins longs selon les besoins , s’attachant très-aisément à un barreau de fer, à un arbre, à une poutre etc., aux bracelets, au dynamomètre et aux poulies, soit seuls, soit au moyen de nos co métalliques.
Le dynamomètre {fig, 53, g) est un ressort supportant un cadran sur lequel deux aiguilles indiquent les forces employées. L’une des aiguilles, toujours mobile, montre à tous les moments de l’opération le degré actuel de la traction, et permet d’en reconnaître les variations. On arrive ainsi à produire des extensions continues, c’est-à-dire maintenues à la même puissance, ou graduellement et régulièrement augmentées ; ce qui est de toute impossibilité avec les aides. L’autre aiguille .marque seulement les maxima de l’extension, et l’on sait, au moyen des divisions inscrites sur le cadran, à combien de kilogrammes s’est élevée la traction.
Fig. 4S.
L’instrument de détente sert à faire cesser l’extension à la volonté du chirurgien.
Fig. 49. Le relâchement succesif des
poulies ne donnerait pas un résultat assez prompt. On pourrait à, la rigueur, couper la corde avec, un couteau' bien affilé; et mon ami le docteur Colette, de