‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 25 sur 131 · INCISIONS, BISTOURIS · texte numérisé non relu

INCISIONS, BISTOURIS

peut en sortir et y être replacée à la volonté de l’opérateur ; 6» cannelés , s’ils offrent une rainure conductrice , comme on en a fabriqué pour l’opération de la fistule lacrymale etc.

Les bistouris se composent de deux parties principales, la lame et le manche qui prend aussi le nom de châsse ; le point de rencontre de ces deux parties s’appelle le talon.

Différents mécanismes sont employés pour fixer la lame des, bistouris sur leur manche. Dans les bistouris ordinaires {fig. 57), deux châsses réunies à leurs extrémités soutiennent par un simple pivot la lame de l’instrument ; celle-ci , aplatie transversalement à son origine B , arc-boute contre le bord postérieur du manche , lorsqu’elle est ouverte , et ne peut se renverser en arrière. On nettoie l’instrument avec une grande facilité ; mais la lame n’est maintenue ouverte ou fermée que par la pression des châsses , et dès que cette pression diminue, la lame sans soutien retombe sur les doigts du chirurgien, le blesse ou retarde l’exécution d’une opération commencée. On a remédié à cet inconvénient à l’aide d’un ressort analogue à celui des couteaux de poche , et en unissant les châsses sur leur côté dorsal par une tige métallique , qui contribue à former une gaine à la lame et à augmenter la solidité du manche. Les bistouris ainsi modifiés sont les meilleurs et les plus généralement adoptés. Il faut se donner la peine de les bien essuyer, avant de les fermer, pour en éviter la rouille.

Récamier en a fait construire dopt les châsses , mobiles comme celles d’une lancette, s’articulent à leur extrémité inférieure au moyen d’un bouton mobile et d’une mortaise (fig. 58, c). La lame se termine p£p: un talon hh, assez élevé , dont chaque bord antérieur et postérieur présente sur ses faces opposées un double onglet saillant de 0n>,001 et séparé par un petit intervalle mousse. Les châsses jouent ainsi sur le talon dans un seul sens , se trouvant arrêtées par l’onglet, l’une en avant, l’autre en arrière , lorsque l’instrument est ouvert. Ce bistouri est facile à nettoyer , mais le manche en est trop flexible , si l’on ne donne pas aux châsses une assez grande épaisseur.

Un bouton mobile sert daiis quelques autres bistouris à fixer la lame de l’instrument. Ce bouton q, placé immédiatement au-dessous du talon du bistouri , est reçu dans une double mortaise de la lame et sert, selon sa position, à maintenir cette dernière ouverte ou fermée. Les châsses sont à jour, et on les nettoie facilement en passant un linge dans leur intervalle {fig. 59) , mais par un usage

Fig. 57. Fig. 58.

répété ,' le bouton joue trop librement dans la mortaise et ne soutient

plus convenablement la lame. ,

Larrey a fait adopter, pour les caisses d’amputation du service militaire, des bistouris {fig. 60) dont la lame est fixée par un petit anneau d’argent h , moulé sur le manche ; de ce dernier le diamètre est partout le même. Lorsque l’instrument est fermé, l’anneau est placé à quelques millimètres au-dessus .delà pointe de la lame, qui se trouve arrêtée dans cette position; lorsqu’on veut l’ouvrir, on pousse l’anneau vers l’extrémité inférieure des châsses , la lame s’en dégage en passant par une petite échancrure dont est percée la face antérieure et supérieure de l’anneau , et l’on porte ce dernier vers le talon de la lame, qu’il embrasse et qu’il assujettit. On est exposé , dans ce dernier mouvement , à se couper les doigts , si malheureusement ils glissent et abandonnent l’anneau , et dès que celui-ci est rouillé, il devient très-difficile de le faire avancer ou re¬

fis. 59. 60. culer. Ce sont des inconvénients graves qui doivent faire abandonner ce genre d’instrument.

On fabrique encore des bistouris à lame fixe sur le manche , qui portent le nom de scalpels, et de petits couteaux à amputation des phalanges. Ce seraient les meilleurs s’ils étaient plus portatifs.

M. Charrière a placé dans ses trousses des bistouris composés d’un manche mobile que l’on peut adapter à plusieurs lames.

C’est au chirurgien à choisir selon ses habitudes et ses préfé-' rences. La seule condition importante est d’avoir entre les mains un instrument parfaitement tranchant, dont la lame reste invariablement fixée sur son manche pendant tout le cours de l’opération.

Position du Mstoupi. Les différentes manières de tenir le bistouri ont reçu le nom de positions ; leur nombre varie extrêmement d’après les auteurs. Il n’y a toutefois que deux positions principales , selon que le manche de l’instrument se trouve en dedans' ou en dehors de la paume de la main ; mais on les a subdivisées en plusieurs autres positions secondaires , dépendant des différentes directions données à la lame et des diverses manières de placer les doigts. Nous én admettrons cinq, qui sont les plus employées , et qui eussent pu être encore réduites à un moindre nombre.

La première position (fig. 61) est celle où le bistouri est tenu comme un couteau ordinaire : le tranchant en bas , le pouce et le médius appliqués à l’union du manche avec la lame , l’indicateur étendu sur le dos de cette dernière. L’extrémité du manche repose dans la paume de la main , contre le bord cubital et vers l’articu-

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