‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 27 sur 131 · INCISIONS DE DEHORS EN DEDANS · texte numérisé non relu

INCISIONS DE DEHORS EN DEDANS

le chirurgien puisse également faire usage de la gauche pour inciser de droite à gauche, et dans quelques autres circonstances.

Le bistouri doit être parfaitement affilé , exempt de rouille ou de toute autre matière étrangère déposée sur la lame , que l’on essuie avant de l’employer ; il a été conseillé de la tremper dans de l’huile , de la plonger dans un liquide chaud, ou de la repasser sur sa pour la rendre plus glissante ou moins froide; mais ces précautions peuvent, être négligées.

Les téguments sur lesquels porte l’incision doivent toujours avoir été rasés et nettoyés, et être mis dans un état de tension, pour rendre l’action du bistouri plus facile et plus sûre. On peut tendre la peau de plusieurs manières , selon les régions où l’on opère : tantôt entre le pouce et l’indicateur ou les autres doigts de la main gauche ; tantôt entre le pouce et le bord cubital de la même main , ou avec l’extrémité des quatre derniers doigts , placés sur une même ligne et dans la direction que va parcourir le bistouri ; quelquefois on soulève un pli de la peau , que l’on divise perpendiculairement ; enfin , si l’opérateur seul ne peut imprimer aux parties une tension suffisante , il les soutient d’un côté, pendant qu’un aide les entraîne du côté opposé.

Les incisions doivent être pratiquées nettement, rapidement et d’un seul coup ; on leur donne, autant que possible, en les commençant , assez de longueur et de profondeur pour ne pas être obligé de les agrandir plus tard.

Une des règles les plus importantes est de rendre les incisions parallèles : 1° au trajet des cordons vasculaires et nerveux ; 2® à la direction des faisceaux charnus et de leurs prolongements tendineux ; 3® aux rides ou replis naturels des téguments ; 4® au grand axe de la partie ou de la tumeur que l’on opère.

Deux procédés peuvent être suivis pour inciser de dehors en dedans ; 1® porter perpendiculairement la pointe du bistouri, tenu comme un couteau ordinaire ou comme une plume à écrire , sur les téguments , la faire pénétrer à la profondeur convenable , incliner ensuite le tranchant de l’instrument sous un angle de quarantecinq degrés , et le relever de nouveau à angle droit en finissant l’incision , pour éviter de la prolonger sans nécessité. 2® Porter le tranchant du bistouri , tenu comme un archet ou comme un couteau , perpendiculairement sur les téguments , que l’on divise sans varier la direction de l’instrument : ce procédé est employé dans le cas où l’on veut intéresser les parties couche par couche et avec précaution. On le rend encore plus sûr en les soulevant avec des pinces et les coupant en dédolant dès que la peau a été intisée.

Ces procédés, applicables à toutes les incisions de dehors en de-

dans, réclament quelques préceptes particuliers lorsque ces dernières sont composées. On commence par l’incision la plus simple et la plus facile, pratiquant d’abord celle du plan inférieur, pour que les parties ne soient pas soustraites aux yeux du chirurgien par l’écoulement du sang. Si deux incisions se rencontrent sur un point commun, la seconde doit venir tomber en se terminant sur l’extrémité de la première ; aucune proportion absolue n’est fixée aux branches d’une incision composée ; ce sont les indications particulières qui en décident.

Vincision en V résulte de la rencontre à angle aigu de deux incisions droites, dont la longueur peut être inégale; si, au lieu de se réunir à angle aigu, elles forment un angle droit, elles constituent une incision en L ; lorsqu’une des incisions tombe perpendiculairement sur le milieu de la seconde, c’est une incision en T ; on la dit cruciale ou en croix ■+■, lorsque les deux branches se croisent à angle droit sur leur milieu ; en étoile lorsque les branches en sont multipliées.

Toutes ces incisions se pratiquent d’après les procédés généraux que nous avons signalés , et celles qui sont en croix ou en étoile peuvent seules être achevées de plusieurs manières. On fait tomber sur le centre d’une première incision droite , deux autres sections perpendiculaires qui se rencontrent au même point ; on soulève successivement les lèvres de la première plaie, que l’on divise l’une après l’autre ; ou bien encore , tendant fortement les bords de la première incision , on pratique d’un seul coup la seconde , ce qui rend l’opération plus courte ; enfin on incise chacune des lèvres de la plaie de dedans en dehors , comme nous le verrons plus loin, mais on a rarement recours à ce procédé.

Uincision ovalaire o est une incision en V dont on arrondit la base ; commencée au point où le sommet du V doit se rencontrer , on l’y ramène après avoir décrit l’ovale qu’elle doit former. Il est souvent avantageux de disposer cette incision en raquette 0~ , en la terminant à quelque distance en deçà ou au delà de son point de départ.

L incision elliptique se compose de deux incisions semi-lunaires fort allongées ; elle est très-employée dans les ablations de tumeurs où la peau est trop altérée ou trop lâche pour être conservée. Si 1 opérateur n est pas habitué à la pratiquer, il la trace d’avance avec de l’encre ou en marque seulement les extrémités.

^ On pourrait quelquefois substituer Vincision en croissant ^ à l-eUiptique, et elle se prêterait mieux à la réunion ; elle est composée de deux incisions courbes dans le même sens, réunies par leurs extrémités et appartenant à des cercles d’un diamètre diffé-

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