‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 29 sur 131 · LIGATURES · texte numérisé non relu

LIGATURES

Les dissections rentrent dans les procédés de divisions, et l’habitude des recherches et des préparations anatomiques est le meilleur exercice préparatoire pour former la main du chirurgien. Les dissections sont particulièrement appliquées à l’ablation des tumeurs. (Voy. ce mot.)

Ponction. On donne le nom de ponction aux opérations dans lesquelles un instrument piquant, rond, aplati ou triangulaire, est porté plus ou moins rapidement au travers de nos tissus. Les instruments dont on se sert pour pratiquer la ponction sont des trois-quarts (fig. 67), des aiguilles exploratrices , le bistouri , les lancettes , les aiguilles à ligature , à suture etc.

Les ponctions se font de dehors en dedans ou de dedans en dehors; elles servent à commencer quelques incisions ; à extraire des liquides , tels que le pus d’une tumeur, la sérosité d’une hydrocèle ; elles forment le principal temps de la saignée , de la paracentèse etc. C’est un excellent moyen de diagnostic pour reconnaître la nature , la consistance , le cloisonnement des tumeurs. On a construit de petits trois-quarts , dits explorateurs , assez minces pour être employés sans danger. Mon collègue, M. le professeur Küss , a fait adopter un instrument dont la tige présente un emporte-pièce pour ramener une parcelle des tumeurs solides et en constater microscopiquement la composition. Divers instruments du même genre ont été proposés et mis en usage dans le même but.

li’ai*racliemeii.t met ordinairement à l’abri des hémorrhagies (voy. Plaies des artères.) Des blessés auxquels une aile de moulin ou une roue de voiture avait emporté un membre , ont parfois assez facilement guéri. On peut arracher une tumeur pédiculée par traction ou par torsion ou énucléation. Une amygdale incomplètement excisée et tombant sur le larynx , de manière à produire la suffocation, devrait être immédiatement arrachée avec les doigts. La déchirure des adhérences , des brides , des enveloppes celluleuses d’une tumeur est une sorte d’arrachement partiel et se pratique avec les pinces, une sonde cannelée, une spatule ou avec les -doigts.

Xiigature. On donne le nom de-ligature à l’opération par laquelle on étreint quelque partie de nos tissus avec une anse de fil dont le volume et la nature varient selon les indications.

La ligature s’applique comme moyen de striction temporaire (ligature momentanée des vaisseaux d’une région pendant une opération), ou comme procédé de division lente et sans écoulement de sang. Tantôt elle se pratique dans le but de produire une simple solution de continuité entre les parties , tantôt pour suspendre la circulation dans un organe ou une tumeur, et en déterminer la mortification , quelquefois enfin pour séparer complètement, comme dans le cas précédent, certaines parties malades du reste du corps, mais avec assez de rapidité pour en prévenir la mortification. (Voy. Écrasement linéaire.)

Nous renvoyons à l’histoire de Vhémostasie et à celle des opérations spéciales , les procédés de ligature des vaisseaux , des polypes des fosses nasales , de l’utérus etc. Nous nous bornerons ici à traiter d’une manière générale de la ligature appliquée aux tumeurs.

Les fils employés sont de chanvre, de soie ou de métal, et d’une force proportionnée aux résistances à surmonter. Lorsque la peau recouvre les parties sur lesquelles porteront les ligatures , on la divise quelquefois d’avance avec le bistouri , pour mieux fixer le fil et en rendre l’action plus rapide et moins douloureuse ; dans quelques cas on arrive au même résultat en trempant le lien dans une solution caustique. On se sert, pour placer les ligatures sur un plan donné, des doigts , de pinces ordinaires, d’érignes et d’instruments spéciaux. Si la tumeur est plus volumineuse à sa base qu’à son sommet , on peut la traverser avec des aiguilles ou des épingles , qui fournissent des points d’appui à la ligature.

Si la tumeur a trop de circonférence pour être embrassée et complètement étranglée par un lien unique , on en transperce la base avec une aiguille armée d’un fil double , qui permet d’en lier séparément les deux moitiés. Il est facile de multiplier les ligatures par ce procédé , et chacune d’elles exerce une striction d’autant plus forte qu’elle entoure une moindre épaisseur de parties.

Différents procédés sont employés pour serrer les ligatures : on se contente d’un nœud double or^naire lorsque la constriction est suffisante et définitive. Si les doigts , des pinces , ne peuvent servir à nouer le fil , en raison de la profondeur , de l’étroitesse et de l’obscurité des parties , on a recours aux serre-nœuds de Desault et de Roderic , que nous décrivons plus loin. Si l’on doit resserrer la ligature, on emploie l’un des procédés suivants :

Un ressort élastique exerce sur les fils une traction permanente ; ce moyen, compliqué et difficile, a été généralement abandonné.

Lorsque la tumeur est superficielle , on l’entoure d’un nouveau lien , dès que le premier se trouve relâché ; mais si elle est située

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